Guic is in the radio

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Jeudi 26 novembre 2009

Comme vous vous en doutez sûrement, quand je ne suis pas en train de remplir ces pages de mes délires, j'ai une vraie vie, disons une vie "civile". Et dans le civil, je bosse aussi. Un boulot classique, dans un bureau, avec des gens en costume – cravate qui boivent des cafés en réunion. Bon, en fait je suis dans un "opeune spèce", je porte pas la cravate et j'ai très peu de réunions, mais bon, question café je me rattrape.

 

Le fait étant que je ne suis pas la personne la plus Rock n' Roll du monde, je réussis presque à me fondre dans la masse. Pourtant, ma condition de Rock-Critic a eu l'occasion de fuiter pour de nombreuses raisons:

 

-         je m'enflamme extrêmement vite dès qu'une conversation porte sur la musique


-         je me réfugie dès que possible dans le doux confort que m'offrent mes écouteurs et leur délicate musique.


-         Je bois mon café dans un mug Rolling Stones.


-         Je ne peux m'empêcher de faire une mine renfrognée quand un ou une de mes collègues dit qu'il/elle est allé(e) voir (ou va voir) en concert Coldplay ou Nightwish (pour la quatrième fois)


-         La phrase que mes collègues m'ont le plus souvent entendu prononcer (si l'on excepte "Putain!") doit être "faut que je passe chez le disquaire" (et ses variantes).


 

Reste que, alors que je m'attendais à ce que ma passion revête le côté un peu ridicule de celle du collectionneur d'étiquettes de camembert, j'ai eu l'impression bizarre que pour mes collègues, c'était totalement l'inverse. A leurs yeux, le fait d'avoir une passion (a fortiori une passion pour un truc culturellement acceptable), c'est presque classe, c'est une motivation, une chance. D'autant plus que je réussis miraculeusement à me contrôler et à m'empêcher d'aligner les jugements péremptoires tombant comme des couperets sur les goûts de mes collègues. Mais par contre je multiplie les arguments bidon (me drappant d'une connaissance des choses de l'esthétique que vous savez, vous, lecteurs fidèles, bien lacunaire chez moi). Sauf sur Coldplay, parce que non, là, je peux pas. A quoi bon argumenter face à quelqu'un ayant entendu le nom de Brian Eno pour la première fois en 2008?

 

 

Là, vous l'aurez deviné, j'ai une vie profondément schizo: autant ici, je reste dans mon rôle de jeune padawan, avide de savoir et convaincu de rien connaître à rien au milieu de la meute des érudits, autant dans le civil… Et que j'y vais de ma petite phrase assassine, et que je me gargarise à sortir des noms de groupes que personne connaît, et vas-y que je te raconte les concerts de groupes que tu connais pas dans des salles dont tu ignorais l'existence. Bref, dans le civil, je suis un petit con snob et suffisant dès qu'on parle de musique.

 

Pourtant… pourtant je me retrouve à être considéré comme un gars qui s'y connaît. Si quelqu'un cherche un album un peu rock, il n'hésitera pas à me demander si je l'ai et peux lui passer… Et ce genre de trucs, après des années de "Fous-nous la paix avec ta musique de vieux", c'est véritablement grisant.

Certes, c'est une évolution réjouissante: De "Fous-nous la paix",  je trouve d'autres grands barges comme moi sur les blogs, calme mon ton, apprends à parler moins mais mieux, puis, enfin, la respectabilité de ma passion. Foutrement réjouissant. Pendant quelques mois malgré ma distribution de jugements sans appel sur quelques-unes des galettes préférées de mes collègues, je suis resté le gars avec lequel on peut parler musique, parfois apprendre un truc ou un autre… Et Dieu sait que j'ai adoré ça.

 

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et là, comme tout héros victime de son Destin… j'ai fini par me condamner moi-même. Ca doit être ça, l'ironie du sort.

 

Car voyez-vous, bien que me posant en mec qui s'y connaît, à aucun moment je n'ai caché mon goût malsain pour l'écoute de certains trucs qu'on qualifierait de honteux: Billy Idol, Mötley Crüe, oui, je cite toujours les mêmes, mais bon, je n'ai pas que des goûts de merde non plus. Bref. La méconnaissance des ces artistes (doublé du fait qu'au fond, tout le monde s'en fout), m'avait préservé de la déchéance.

 

Et puis un jour, comme ça, on discutait, tranquillement. Je ne me rappelle plus du contexte précis, mais on devait parler de musique, à tous les coups, d'albums à passer ou que sais-je… reste qu'à un moment, j'ai laissé échapper la phrase qui scellera mon Destin (scélérat, mon destin!):

 

"Si tu veux, je peux te passer aussi l'album des BB Brunes, le nouveau."

 

Réponse (prévisible): "Non, mais tu plaisantes, t'as quand même pas ça?!"

 

"Ben si…. Attends…"

 

Alors que je gratte ces mots, je réalise qu'à cet instant là, en fait, il y a une issue de secours (métaphorique) au dessus de laquelle clignote en lettres de néon rouge géantes "Mais non, rhôoo j'déconne!". Sauf que dans l'instant, j'ai fait tout autre chose. J'ai sorti mon iPod, l'ai allumé et ai tendu vers mes collègues effarés l'écran, affichant la pochette noir et blanche et rose de Nico Teen Love.

 

Silence dans la salle puis éclats de rires moqueurs.

 

Sans même m'en rendre compte, je viens de perdre d'un coup toute crédibilité, tout droit à la critique (même de Coldplay), toute la respectabilité de mon bon goût, tous mes acquis ces derniers mois.

 

Et donc, depuis une semaine, mon tout nouvel album chouchou est devenu le running gag. On se moque, de mes goûts, à moi! Moi dont le bon goût était resté indiscuté pendant de longs mois, moi le conseiller en chef, moi le… spécialiste, l'érudit, rhaa putain, merde.

 

 

Pourtant, je vous le dis ici (je suis plus à une moquerie près), je l'aime vraiment bien, ce Nico Teen Love. Certes, c'est pas non plus le chef d'œuvre absolu, et, fatalement, les trucs de rock chantés en français étant généralement si indigents (à part Eiffel, bien sur) je partais forcément avec un a priori positif, moi qui avait déjà trouvé le premier album pas si mal (son gros problème était de commencer très bien et d'être un peu plus en roue libre sur la fin: on aurait cru un EP avec du remplissage pour tenir le LP)

 

Et là, je n'ai pas été peu surpris d'entendre un album qui s'affine au fil des écoutes, agréable, presque poétique par moment (Britty Boy), un peu plus pop et abouti que le précédent.

 

Oh bien sur, les textes restent très "jeunes": On nique et on picole dans tous les sens. Sauf que pas seulement, et le tout est au service d'une sorte d'imagerie romantique glauque voire même parfois un peu morbide (Peut-être pas cette fois) qui me plait automatiquement… Ne vous fiez pas à l'allure enjouée de la musique. La gentille comptine peut dissimuler une histoire pas si joyeuse (Gare au Loup).

 

Oh, certes, certains trucs sont énervants, entre autres une voix qui à certains moments rappelle… Jean – Louis Aubert, voire Raphaël,  mais ce n'est rien, pour un album qui développe, cette fois ci, vraiment une démarche pop-rock à la française… Oui, il y a de la pose (et ces gamins sont d'extraordinaires têtes à claques), mais ils ne ressentent pas la nécessité de prendre cette pose de rebelles beaux gosses et dangereux mais qu'on présenterait bien à sa mère quand même… Non, là on est en plein dans le lover loser, l'ado romantique torturé dans ce qu'il a de plus cliché… Mais bon, on ne se refait pas, les lovers losers, j'adore.

 

(De toutes façons, l'adolescence, c'est cliché: c'est l'âge où on croit tous être des marginaux, tous être des incompris avec une démarche trop originale pour être compris… Mais fatalement, comme tout le monde le croit, on est comme tout le monde.)

 

J'ai bien du mal à le défendre cet album, car je sais que c'est peine perdue. Moi –même j'ai eu beaucoup de mal à assumer qu'il me plaise à ce point. Il a fallu que mon PC me dise que j'ai écouté en moyenne 7 à 10 fois par jour cette dernière semaine, pour que je réussisse à m'avouer que le titre "Cola Maya" m'obsède véritablement, me fascine, et ce pour deux misérables lignes de chant qui me foutent sur le cul à chaque fois ,vers les 2 minutes.

 

Voilà… Bizarrement je me réjouis (pour la première fois depuis longtemps) d'un engouement adolescent général… Et ce, non pas parce que "c'est mieux que la Star Ac'", mais justement, parce que ces petits gars sont foutus de trousser des petites chansons qui ne payent pas de mine mais sont putain de bien au final. Et pourtant je m'en veux, oui, je sais pertinement que pour être un esthète, je me dois de le mépriser, et ce ne sont pas les arguments contre qui manquent, je sais qu'ici j'ai quand même mille fois plus de chance de prêcher des convertis à la cause adverse qu'autre chose, mais bon… Voilà, moi cet album, il me plaît, je l'aime, il est doux, un peu sombre juste ce qu'il faut, et pourtant, bizarrement, il est quand même frais (Seul ou accompagné est imparable, pour moi), voire ensoleillé, et vous n'imaginez pas à quel point je déplore le fait qu'il soit sorti en ce gris mois de Septembre et non pas en Mars, putain ce que j'aurais aimé passer le printemps à l'écouter en flanant dans les ruelles parisiennes, ou sur les quais ou leurs adeptes se mettent leurs premières cuites en regardant passer les bateaux – mouches.

 

Mais ne vous en faites pas, je garde mon sens critique: j'ai toujours autant de leur claque le beignet. Voire même plus encore qu'avant.

 

Alors autant vous dire que mes collègues qui passent leur temps à me rappeler que je suis pas une gamine de 14 ans… ils me font bien marrer.

 

Chacun son tour. Au votre maintenant.

 


Par Guic ' the old - Publié dans : It's a long way to the top.... if you wanna rock - Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires
Mercredi 25 novembre 2009

Tout commence au métro Oberkampf, un peu avant 19 h 30. Je retrouve un camarade de mon ancienne école aujourd'hui thésard, qu'on nommera dans la suite de ce récit (par souci de commodité), François.

 

Car voyez – vous, depuis la débandade PJ Harvey, je redoute deux choses. 1) Faire un concert en solo, en connaissant personne (si tu te fais chier tu peux même pas dire du mal…) 2) Le Bataclan. Et ne pouvant négocier le point deux, je contrecarrais le premier, ravi de plus de recroiser François, que je savais friand du groupe. C'est juste que je savais pas à quel point. Car s'il est comme moi un fan de la première heure, lui, c'est un fan historique: de son propre aveu, il "traînait sur Eiffelnews 1 à l'époque où [ils] étaient juste 5 à flooder sur un forum". Ben tiens, d'ailleurs, en voilà le webmaster, bien le bonjour, ça va, ah, t'étais déjà au concert d'hier, c'était bien? Oui c'était bien. Outre quelques private jokes un peu surprenantes ("T'as amené des confettis?"), ces gens ne tarissent pas d'anecdotes sur les multiples concerts du group qu'ils ont vu (St Amand les Eaux, ou encore le jour où "Ca a fini en acoustique parce que la salle était tellement petite que la sono a lâché").

 

Bref, me voilà à faire la queue au milieu de gens fort sympathiques (et vachement accueillants!!) qui donnent tous l'impression de connaître la moitié de la salle. La soirée s'annonce bien.

 

 

Nous voici entrés dans la salle. Directement, sans même un détour au bar, nous nous dirigeons vers le pied de la scène, et nous plaçons, tranquillement, au troisième rang. On est tellement bien, tellement en confiance qu'on confie nos sacs à la surveillance de demoiselles du premier rang (des connaissances de connaissances, ok, mais on est à Paris!), et on commence à discuter.

 

Puis le silence se fait (et se mue très vite en hurlements) quand Romain Humeau monte sur scène pour introduire la première partie. Il porte un T-shirt des Pixies, petit détail qui me réjouit quand même. Et, même si après m'être fait la réflexion que je commence à me faire vieux, j'ai accepté la paire de bouchon d'oreilles que m'offrait gentiment mon voisin, je me dis que la soirée commence bien.

 

Kid Bombardos, donc. Quatuor bordelais. Quand ils montent sur scène la bière à la main, la première réflexion que je me fais reste: mais à leur âge, ils ont pas le droit de boire de l'alcool non? En effet, ils sont jeunes, très jeunes. J'a même pensé à Hanson. (C'est d'autant plus ironique qu'après vérification, trois des membres du groupe sont frères.)

Reste que quand le groupe se met à jouer… Non j'ai pas non plus été scotché, halluciné par la qualité du groupe, mais bon. Reste que c'était une prestation tout à fait honnête, enjouée, motivée et motivante, bref du bon rock qui donne envie de bouger, entre les Strokes et Franz Ferdinand… Bref, une confirmation de plus que le revival rock 2000's n'est pas rien: c'est la porte d'entrée qu'auront empruntée une bonne partie des groupes qui vont pas tarder à débarquer.

 


 

Juste une question: y a-t-il un contrat tacite, ou une loi fondamentale qui veut qu'un groupe qui fait une première partie à le droit de dire 4 fois merci, 3 fois son nom et d'annoncer le titre d'un morceau, pas plus pas moins?

 

Et là, entre les deux concerts, je m'attendais à passer une sale demie-heure, vu qu'étant au pied de la scène, je ne pouvais pas me permettre d'aller chercher un truc au bar sans risquer de passer l'intégralité du concert accoudé à ce même bar.

 

Sauf qu'il s'est passé un truc purement hallucinant pour l'habitué des concerts industriels que je suis. Dans les cinq minutes suivant la première partie, juste après installation de la batterie par un roadie entre sur scène Estelle, la bassiste (une de plus à mettre sur la longue liste des bassistes craquantes que je tiens depuis ma découverte des Pumpkins). Qui… s'accorde. Puis Romain, qui fait de même, puis le mec que j'avais vu sur le côté de la scène (un mélange, physiquement, de Jarvis Cocker, Frederic Beigbeder et… Garth Hallgar), qui est en fait Nicolas, second guitariste.

Bref, tout ce petit monde fait les derniers réglages, sous nos yeux, plutôt que d'envoyer les autres le faire à leur place.

Manque de moyens ou habitude (je dirais habitude, vu la non surprise affichée par des ahuris qui ne le sont pas autour de moi), je comprends pourquoi un groupe aussi… simple ne peut que créer un lien si particulier avec son public.


 

Les accordages finis, tout ce petit monde disparaît… Pour mieux revenir 2 minutes plus tard, et attaquer le concert. Alors que la première partie s'est achevée il y a pas 10 minutes. L'ahuri, sur le moment, c'était moi.

 

Et Romain ouvre avec… Minouche, titre introductif du dernier album. Une bonne mise en jambe, mais bon, on attends un peu que ça envoie du Rock n' Roll, quand même. Ce sera chose faite dès le second titre, "Le Cœur Australie", de dernier album également, joué en trombe, le sourire hargneux et la rage aux lèvres.

 

Ca  se calme un instant, Romain salue le public et le remercie d'être venu, puis l'ambiance s'allourdit soudain. Il pleut des cordes. Et pour un mec censé être un arbre, il bouge beaucoup le Romain, sautillant toujours plus haut, avec toujours plus de pèche.

Reste que je suis encore un peu sur ma faim (il m'en faut beaucoup, moi, je suis comme ça.) J'ai faim de Tandoori. Et je vais être servi.

 


 

Saoul et le génial Ma part d'ombre. Comme ça, à la file, d'un coup, sans prévenir. Ou comment me convaincre en moins de 10 minutes. On se calme un moment pour accueillir le tube "Tu vois loin", puis on se calme encore un peu pour "Mort J'appelle".

 

Les lumières changent, et c'est le moment de "A tout moment la rue", qui se révèle alors, plus qu'un énorme morceau, qu'un génial single, comme un hymne fait pour être repris en cœur par une foule dont la colère se réveille un peu plus à chaque mesure.

 

Le concert contine tranquillement, alternant moments de calme émouvant, instants rageurs (dantesque bigger than the biggest), le tout, avec, en permanence, cette sincéritè et cette simplicité (Romain pris d'un fou rire à mi- chemin de "Dispersés" parce qu'un mec a hurlé "Spersééééés" du balcon… C'est très con, mais ça réjouit) qui ne peuvent que toucher même le plus blasé des Rock – critics.

 

Le set s'achève dans la sueur et la joie, avec un enchainement de titres remue – tripes: "Mille voix rauques", " Inverse-moi" (qui est à coup sur le vrai tube d'Eiffel, le chouchou de son public, le morceau dont on serait déçu qu'il ne soit pas là), et "Sombre". Les lumières se ralument, mais pour le suspens on repassera: il est impossible que le groupe parte sans rappel, a fortiori sans jouer "Hype", non?

 

Le groupe revient. Bon, "Les yeux fermés", ok. "Ma Blonde", oui. Et là…

Romain s'empare du micro pour nous dire "On va faire un truc qu'on a envie de faire depuis longtemps… Une reprise… On va vous jouer "Search & Destroy" (imaginez qu'il a presque l'air de s'excuser en disant ça…).

 

Moi dans ma fosse, j'ai pas forcément tout compris, parce que, comme Romain a accordé sa gratte avec le riff de "Seek & Destroy" de Metallica, je flotte en plein doute. Mais quand résonnent les premières notes, il se passe un truc en moi que je ne saisis pas. Moi, le mec calme, le mec qui supporte pas de se prendre un slammeur dans le dos en concert, le réfracteire du pogo, me voilà soudainement en train de sauter, me tordre, beugler "Somebody gotta save my soul", ressentir le Rock n' Roll m'emplir, me donner cette force que je recherche si souvent et trouve si peu.

 

Un pur moment de Rock n' Roll.

 

Derrière ça, "Hype", moment paroxystique du concert, est presque moins réjouissant – même si c'est un truc à voir, quand, comme moi, on l'a jamais vu. Comme sur le live, Romain en profite pour geindre à quelques reprises "I've got a broken face", histoire de rappeler d'où il vient…

Et alors qu'au milieu d'un public acquis depuis longtemps, je continue à gueuler "Hype! Hype! Hype!", les lumières se ralument.

 

On rappelle le groupe une seconde fois, et le titre du morceau réclamé est sans appell: "Douce Adolescence". Quiconque a posé une oreille sur "Les Yeux Fermés", comprendra pourquoi, et comprendra pourquoi, moi aussi, je le hurle.

 

Mais non. Ce sera "Je voudrais pas crever". Bref, les frissons assurés pour conclure. L'émotion, la colonne qui tremble, les larmes aux yeux, je regarde Romain conclure le morceau en jouant de la table d'éveil Playskool 2.

 

Les lumières se rallument vraiment… Et personnellement, je suis tellement réjoui, encore à quelques pieds de hauteurs, que je ne pense même pas à essayer de récupérer une set-list ou un truc comme ça: le simple souvenir du concert lui-même me suffira amplement.

 

Bref, heureux et conquis, j'ai pas eu droit à "Douce Adolescence", mais bon, qui sait… On se reprendra une place pour le concert parisien de fin de tournée histoire d'espérer l'entendre à nouveau, vu que, par défaut, ce sera quand même un putain de bon concert, à coup sur.

 

 


 

Setlist: Minouche / Le Cœur Australie / Il pleut des cordes / Saoul / Ma part d’ombre / Tu vois loin / Mort J’Appelle / A tout moment la rue / Sous Ton Aile / Je M’Obstine / Bigger than the Biggest / Dispersés / Mille Voix Rauques / Inverse-moi / Sombre
Rappel : Les Yeux Fermés / Ma Blonde / Search & Destroy / Hype
Rappel 2 : Je voudrais pas crever

 

 

 

 

1 Permettez moi une parenthèse ici. Le site Eiffelnews s'avère très important rapport au groupe. A l'origine site de fans, il est devenu avec le temps, tout d'abord le "site alternatif" au site officiel du groupe (géré, lui, par leur label – Labels), puis à la demande de Romain Humeau himself le site officiel du groupe. (C'est du moins ce qu'on m'a raconté le soir du concert). Il est également le lien entre le groupe et sa fan base, Romain y faisant parvenir régulièrement quelques mots, et le repère des ahuris (non que se donnent les fans du groupes).

Principal fait d'armes: quand le groupe s'est fait lâcher par son label peu après la sortie de Tandoori, avec, sur les bras, un Olympia à remplir, mais sans pub aucune… C'est le prosélytisme des ahuris dévoués à leur groupe qui permettra de remplir la salle mythique.

Voilà, c'est fini pour le passage historico- sociologico – anthropologique.

 

 

2 Comme je suis quand même du genre à toujours faire du mauvais esprit, je me demande quand même à quoi ressemble la partition (Cheval Cheval Cheval Vache?)

 

 

 

Par Guic ' the old - Publié dans : It's a Live - Communauté : Le Monde du Rock - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Lundi 23 novembre 2009

Because it's back...



Il y a deux choses qui sont, finalement, insupportable chez un artiste.

 

La première, c’est la recherche à toutes fins du succès public. La putasserie. Tout le monde s’accorde à le dire, blogueurs, Rock-critics, mélomanes… Bref tout le monde sauf le grand public.

 

La seconde, c’est plus vicieux, car les blogueurs, mélomanes, rock-critics auraient presque tendance à l’encourager, depuis qu’ils ont décidé que la pop, c’est censé être un truc sérieux. C’est la quête de respectabilité. Bien sur, ça ne touche pas que les artistes mainstream désireux de se refaire une rock-credibility, mais aussi les artistes « normaux », ceux qu’on aime et qui pourtant restent indie. Et veulent à toutes fins le rester, même s’ils ont signé sur une major et seraient foutus de remplir des stades entiers ou à défaut un Bercy.

 

Et ça, c’est la faute des Rock-critics. Comme je le disais dans un article précédent, le Rock-critic ne supporte pas que les artistes stagnent dans le même registre, mais accueille généralement le changement de style de façon plutôt tiède.

 

En 2000, lorsque Polly Jean Harvey (car c’est d’elle qu’il est question là) sort « Stories From the City, Stories from the sea », l’accueil est assez mitigé, face à cet album beaucoup plus pop que les précédents, réalisé avec l’aide du magnat de la pop dépressive moderne, Thom « je vends des disques mais force le respect de la critique quand même » Yorke.

Donc sur l’album suivant, back to basics, PJ remets les couilles qu’elle n’a pas sur la table. Pas de chance, le retour aux sources espérés passe pour une régression, voire un aveu d’échec.

 

Octobre 2007. L’album intrigue, et a très vite fait de truster les premières places d’un CDB tout juste né. Tout le monde salue la performance, l’originalité, l’émotion de cet album.

 

Euh… Ouais. C’est sur que l’émotion est efficace et que le côté tire – larmes du disque peut à la rigueur jouer en sa faveur lors des premières écoutes et venir perturber les connexions neuronales du Rock-critic, connexions déjà bien attaquée par les excès.

 

Mais en 2007, qui viendra clamer que cet album est un des plus grands de la décennie ? Personne de sérieux, j’espère (a fortiori après le ridicule essai de 2009  - ou White Chalk pour les Nuls (on a mit des guitares et un single potable, enfin non, même pas : Audible)).

 

En 2007, PJ Harvey, certainement une des seules artistes à avoir réussi à réunir dans une même communion musicale les lecteurs des Inrocks et ceux de « Rockefok » réalise que c’est la crise et donc décide de sortir un album spécialement destiné à son public Inrocks, soit donc les cadres et professions libérales qui désirent garder leur côté indie, et non les routiers et les éleveurs de chèvres pas redescendus de leur bad trip de Mars 1974. Afin de passer à nouveau pour une artiste qui compte, elle lorgne du côté de ces gens dont le journal saluerai la performance même s’ils enregistraient un disques de reprises de chansons paillardes en rotant, genre Björk, Beck, et autres artistes – onomatopées.

 

Si je mets la main sur le con qui a tagué ma robe.... Je le force à écouter mon album.

 


 

S’il est possible de garder un bon souvenir de la performance commune PJ – Björk reprenant « Satisfaction », il n’en va pas de même de ce disque, où, sur fond de piano désaccordé, PJ alterne vrillement de tympan de l’auditeur uniquement égalé par les imitations de phoques adolescents en rut offerts par l’islandaise sur Medulla, et feulement intimiste et lourdingue (je soufre donc je parle pas fort) à la Carla B pas encore S à l’époque. L’auditeur, pendant ce temps là, garde la main sur la télécommande pour pouvoir baisser à tout moment : il n’ose pas encore couper le « chef d’œuvre » tant encensé.

Cependant, si l’écoute est atroce, elle n’est pas superflue. Cet album est effectivement un chef d’œuvre de concept, dont on se demande s’il n’est pas sponsorisé par l’OULIPO. En effet, tous les morceaux se ressemblant (on a quand même l’impression d’écouter le même morceau pendant 33 minutes), cet album est le premier « Album palindrome », et même plus, c’est le seul album qui reste strictement le même qu’on l’écoute dans l’ordre ou en random.

 

J’exagère, là, ça a déjà été fait par Sunn O))). Et dépassé par Manu Chao dont la discographie solo toute entière réalise cette même performance.

 

Je ne sais pas vraiment quel accueil a finalement reçu cet album (et à vrai dire je m’en contrefous), mais il est presque sur qu’il a du trouver une bonne place chez tous ceux qui veulent montrer qu’ils n’écoutent pas la même chose que tout le monde, entre un recueil de chants diphoniques mongols (Manu Chao, c’est si surfait) et la dernière compilation des meilleurs larsens de Thurston Moore bourré (on l’entend cependant étouffer un vomissement à 14 min 17 sec de la plage 23, ça gâche un peu le truc.)

 

Reste que le grand coup de génie de cet album est de rester dissimulé sous l’impression permanente de malaise qu’il distille : l’auditeur est saisi, au bout de trois titres, d’une telle crise de claustrophobie qu’il se sent obligé de couper et d’aller faire un tour. C’est après, à la lueur de l’efficacité de cet album à le faire se sentir mal qu’il saluera la performance (terme toujours à double tranchant que pourtant beaucoup considèrent comme un compliment).

Mais l’auditeur à l’esprit ferme que je suis vous le dit : après ces trois titres fatidiques, l’impression de malaise s’intensifie et serre le ventre au point de provoquer rien moins que suées et estomac noué, aboutissant à des vomissement convulsifs, mais des vrais, pas comme ceux de l’ami T.M.)

 

Mais bon. On ne peut s’empêcher de bien aimer PJ quand même, et, pour sur, à chaque album, on continuera à jeter une oreille, quitte à être déçu, quitte à devoir consulter son médecin (mystères du système hormonal… vous êtes insondables)

Reste qu’à chaque fois…. On se repassera un vieil album derrière, pour se rappeler pourquoi on a un jour aimé PJ avant qu’elle ne cherche à plaire aux gens sérieux.

 

Et là, pour le coup, pour moi, ce sera « to Bring you my love », histoire de se dire que, quand même, elle aura réussi à sortir au moins un album intéressant tout en ne dévoilant pas ses genoux.

 

Mais un seul.

 

 

 

 

 

 

PS : Si après lecture de cet article, vous ressentez le besoin de (au choix, plusieurs choix possibles) m’insulter, défendre les Inrocks, m’accuser de réécrire l’histoire, m’accuser de faire des comparaisons miteuses, me dire que je n’y connais rien, ou autres délicatesses vous êtes cordialement invité à la fermer  (cette page) et à passer votre chemin.


Par Guic ' the old - Publié dans : Gros Blogage - Communauté : Le Monde du Rock - Ecrire un commentaire - Voir les 22 commentaires
Mardi 17 novembre 2009

Ce n'est pas sans esquisser un sourire malsain que j'ai découvert qu'après Nick Cave sous le très biblique n° 12, nous retrouvons aujourd'hui Nirvana sous le très funeste n° 13.

 

Mais bon, une fois le sourire passé, la constatation est sans appel: c'est la merde.

 

Pourquoi, mais bon Dieu pourquoi j'ai collé Nirvana dans cette sélection d'artistes? La réponse je la connais, pourtant: c'est juste que je devais le faire. Parce que j'ai dormi pendant 6 ou 7 ans avec un poster de Nirvana accroché au dessus de la tête de mon lit. Parce que Nevermind, c'est le premier album pour lequel je me suis amusé à créer une pochette moi-même (sublime découpage collage qui assurément vaudra des millions à ma mort.) Et aussi parce que le premier T-shirt d'un groupe de Rock que j'ai acheté, c'était un T-shirt Nirvana.

 

Mais faudrait pas non plus que ça nous fasse oublier la réalité de l'instant, et le fait est que Nirvana est très certainement le groupe que j'écoute le moins, dans ma vie. Et aussi le groupe que j'ai le moins souvent envie d'écouter.J'étais trop jeune pour etre grunge, donc ça ne me rappelle pas de bons souvenirs de jeunesse. J'ai découvert Nirvana déjà mort et enterré, et n'ai donc eu qu'une admiration retrospective pour Cobain… doublée d'une évolution surprenante: Cobain est certainement la seule Rock star sur laquelle plus j'en apprends, moins je l'apprécie.

 

On reste cependant dans la logique de cette sélection, qui réunit des artistes qui m'ont vraiment marqué, qui ont été importants à mes yeux, rien n'oblige qu'ils le soient encore, ou que je continue à vouer un culte à leur œuvre (y a bien eu Muse.)

 

La conséquence logique sera que j'aurais pas forcément grand-chose à dire, donc veuillez excuser certains silences.

 

Evidement, je vais faire mon malin, et ne mettrais pas "Smell Like teen Spirit" dans la sélection. Et je ne me priverai pas de dire que de toutes façons, je préfère Hole.


 

Love Buzz

 

Vous avez déjà vu, dans une soirée un mec mettre ce morceau dans la platine, s'approcher d'une fille qui lui plait, s'agenouiller et lui chanter "Would you believe me when I'll tell you that you're the queen of my heart", pour se voir offrir un splendide râteau en conséquence?

Moi si. Et je peux vous assurer que 1. Non, ce n'était pas moi, le mec, mais quelqu'un d'autre. 2. Ca calme, quand même.


 

Lithium

 

Bizarrement, la façon dont on découvre tel ou tel groupe doit en général beaucoup à un hasard capricieux. Par exemple, si on me demande Comment j'ai découvert les Pixies, je vais parler de Fight Club, obligatoirement.

Alors qu'à ce moment là, ça faisait déjà 4 ans que je connaissais Lithium. Et si Lithium c'est pas un énorme portail encadré de flèches en néons avec marqué "Pixies" en dessous, je sais pas ce que c'est.


 

Been a son

 

Ca c'est juste parce que finalement, Nirvana a aussi sorti quelques chansons purement "pop" (enfin, plus que leur registre habituel), et que c'est parfois vachement réjouissant.


 

Heart Shaped Box

 

Pour la voix. Quand on réussit à trouver la voix de Cobain sur ce morceau vraiment mélodieuse, c'est qu'on est mur pour passer à des trucs plus corsés. Quand même !

 

Et pour la cinquième… J'aurais tendance à hésiter entre Aneurysm et Touette's, mais ce sera…

 


Tourette's.

 

En version live. Pour se rappeler que la hargne n'est pas non plus un vain mot quand on parle de Nirvana.

 

 

 


(Et comme je suis un gars mesquin, voici en petit Bonus "You know you're Right", l'"inédit" de Nirvana du best of de 2003… repris par Hole lors de son MTV Unplugged en 1995 – quel taquin ce Guic')

 


Par Guic ' the old - Publié dans : Top à ... - Communauté : Le Monde du Rock - Ecrire un commentaire - Voir les 21 commentaires
Lundi 9 novembre 2009

Selon une étude récente, la vie sentimentale de tout adolescent mâle né dans le dernier quart du vingtième siècle serait composée de 40 % de bons moments, 20 % de remords, 20% de regrets, et 20 % d'alcool en volume. (Etude réalisée sur un échantillon de 1 personne)

 

 

 


 

Quand j'ai choisi, dans le cadre de "Songs of the Beatles", de vous parler de "The Night Before", G.T., organisateur de cette réjouissance, m'a fait remarquer que j'étais l'un des rares à avoir sélectionné une chanson de leur "première période".

 

Je n'ai pu retenir un sourire en coin.

 

Car en effet, c'est une chanson de la seconde période des Beatles, pas de la première. Reste que je ne sais pas s'il s'agit là d'un désaccord sur les limites ou sur les périodes. J'explique.

 

Pour moi, il y a chez les Beatles, 3 (voire 3.5) périodes. La discographie des Beatles, c'est comme la vie faite musique.


D'abord il y a l'enfance. La joie, le sourire, la simplicité, la naïveté. Bien, sur, occasionnellement, quelques gros chagrins, mais rien de bien gravissime. Chez les Beatles, ça va de Love me do à A hard day's night.

Puis l'adolescence, le temps des questionnements comme le veut la formule consacrée, mais surtout le temps des remises en questions: de soi, des autres, de tout ce qui est déjà bien en place, et, bien entendu le temps des expérimentations. Chez les Beatles, cela va de Beatles for Sale (qui s'ouvre sur le fabuleux "I'm a loser") à Revolver.

Enfin, à l'âge adulte (d'ailleurs on voit qu'ils ont fini leur puberté), on sait enfin ce que l'on veut faire, et on le fait, jusqu'à l'épuisement. Chez les Beatles, ça s'ouvre avec Sgt Pepper's (enfin, disons, symboliquement, avec Strawberry fields / Penny Lane), et ça se ferme avec… Disons Abbey Road, la dernière demi-période étant dès lors "Let it be" qu'on peut considérer comme la cotisation des derniers points retraite.

 

Dans l'enfance Beatlesienne l'amour c'est cool et mignon. A l'adolescence, c'est douloureux. Une fois "adultes", les Fab Four s'autorisent à parler de cul, certes, mais les setiments restent prédominants sur l'ensemble de leur discographie. Parce que les Beatles ne sont pas "juste un autre groupe de Rock".

 

 

En effet,  s'il y a une chose plus souvent évoquée que les stupéfiants dans le monde du Rock, c'est fatalement le Sex, et parfois, mais seulement parfois, son corollaire qu'est le sentiment amoureux. En effet, dans le fabuleux monde du Rock n' Roll le sexe précède l'amour, c'est bien connu et éprouvé: Elvis pilonnait déjà l'Amérique puritaine à grands coups de bassin avant de réclamer de l'amour tendre, tout comme les Stones faisaient des trucs bizarres avec leurs pouces avant de demander à Angie de rester.

 

Ca c'est le Rock n' Roll.

 

Mais les Beatles ne font pas du Rock n' Roll, ils font de la Pop. Les Stones draguent, séduisent, envoûtent, choppent, se tapent des gonzesses, alors que les Beatles tombent bêtement amoureux.

 

C'est pour ça que, fatalement, ils sont plus à même de plaire à n'importe quel crétin acnéique. (comme celui que j'ai été, évidement, vous croyiez quand même pas que j'allais oublier de ramener ma petite existence dans l'affaire, quand même.)

 

Ben oui: on rêve d'être Mick Jagger, mais la vie fait qu'on est le plus souvent (toute velléité de génie mise à part) des Mc Cartney, voire, pour les moins chanceux d'entre nous, des Ringo.

 

Bref.

 

Qu'en est-il de ce fameux "The Night Before"? Eh bien ce n'est rien d'autre qu'une de ces anecdotes à la con de l'adolescence, ce genre de passage obligé qu'on passera une bonne partie de sa vie à regretter, ce genre de chose idiotes qui font qu'on devient ce qu'on est (ouais, l'adolescence quoi.)

 

C'est juste un lendemain de soirée. Mais de quelle soirée! Une soirée sympathique, où, au cours d'une fête (boum, party, chouille, le terme dépend de votre âge), une chose en amenant une autre, on s'est retrouvé, à sa grande joie, avec une délicieuse jeune fille dans les bras. Une fille qui nous plaisait déjà avant, mais qu'on avait pas forcément osé aborder auparavant – quoique.

Mais l'atmosphère de la soirée aidant, et peut-être un peu l'alcool aussi, on a réussi à la conquérir, certes un peu piteusement, mais on s'en réjouit. On passe la soirée sans se lâcher, on l'embrasse, on veut profiter de la grisante sensation de ses lèvres sur les siennes, s'en rendre encore plus ivre qu'on ne l'est déjà, on fait, sans s'en rendre vraiment compte (enfin pas intentionnellement disons), le tour de tous ses potes, on discute avec eux, on leur paye un coup à boire, mais avec sa conquête à ses côtés, discrètement mais ostensiblement quand même, oui c'est antinomique et alors, on se sent bien, bizarrement, ce soir là, on se sent différent, passablement joyeux, soudainement confiant en soi, sur de l'avenir, et si certains ne sont pas là pour assister à votre réussite (et s'en réjouir avec vous, parce qu'ils savent, eux, à quel point cette fille vous tient à cœur), eh bien, à la faveur d'un court éloignement de votre toute fraîche moitié, vous vous isolerez pour leur envoyer un message téléphonique – certes à des heures indues, mais votre victoire sur votre propre lose ne peut que réjouir n'importe qui, même au réveil, je sais pas, c'est tellement génial, le monde vous appartient, oui, cette fille, elle est là, là à vos côtés, et ce n'est assurément que le début d'une histoire qui sera couronnée de succès – c'est obligé.

 

Puis vous la raccompagnez chez elle. Avant de rentrer chez vous, évidement, quelle utilité de vouloir "consommer" cette union maintenant, hors de questions de passer pour un misérable goujat aviné, quelle utilité oui, vu que cette histoire ne peut que durer, et qu'on en aura l'occasion de multiples, d'innombrables fois!

 

Puis le réveil sonne.

 

On ne tient pas en place, on ne peut focaliser ses pensées sur autre chose que l'après – midi qui s'annonce, oui, à 16 h 30 précises on doit passer chez elle la saluer, on lui a promis la veille, on va la revoir, et les choses seront enfin différentes, finie la gène, la maladresse, on va pouvoir assumer enfin ses sentiments, certes sans les déclarer clairement, mais on pourra les laisser se manifester, rhaaa… vivement cet après – midi!

 

Cet après – midi, où, alors que vous rentrez dans son appartement… Elle vous fait la bise.

 

C'es cette après – midi là, durant cette entrevue précise que "The Night Before" a sa place, et prend tout son sens.

 


 

(Les paroles pour ceux qui en ont besoin:


We said our goodbyes, ah, the night before.
Love was in your eyes, ah, the night before.
Now today I find you have changed your mind.
Treat me like you did the night before.
Were you telling lies, ah, the night before?
Was I so unwise, ah, the night before?
When I held you near you were so sincere.
Treat me like you did the night before.

Last night is a night I will remember you by.
When I think of things we did it makes me wanna cry. )


 

Durant cette après – midi, celle précédent la nuit où vous vous repasserez la soirée de la veille en boucle dans votre cerveau, cherchant à comprendre le pourquoi du comment de ce changement d'avis, de ce soudain rejet, et de vous sentir à nouveau tel un moins que rien. Et d'avoir, en la recroisant plus tard, l'obligation de dissimuler son amour, plage suivante.

 

 

Il est là, le génie des Beatles. A partir de leur adolescence discographique, les Beatles n'ont de fait plus écrit de chanson d'amour. Mais un paquet de chansons sur l'amour.

 

Vous remarquerez que les chansons d'amour, en général, se divisent en deux catégories: "Tu me plais, sors avec moi", et "Tu m'as quitté, ça fait mal". Chez les Beatles, l'amour revêt (pour une fois) de multiples facettes, tout comme la conquête et la rupture. Rupture douloureuse et passive (Yesterday), violente et méchante (Run for your life), ruprure qu'on ne s'avoue pas (For no one) ou non-conquête difficile à vivre (I want you), ou simple déclaration d'amour et ode à la simplicité de cet amour (Something).

 


S'il te plait Ringo tu me regardes meilleur, merci.

 


 

Et donc, du retournement d'opinion de lendemain de soirée dans "The Night before", cette chanson qui, l'air de rien, dès ses premières notes, nous propulse au sein de cette surprise-party  qui défile, défile, et défile encore derrière nos yeux, et dont on cherche à se souvenir du moindre détail pour mettre des raisons sur ces petites souffrances mesquines.

 

Les Beatles sont des ados, les Beatles sont l'Ado. Mais surtout des génies, susceptibles de parler à tous, en ne parlant en fait que de détails et de cas particuliers.

 

Et donc capables, à la faveur d'une chanson vieille de plus de quarante ans, de relater une soirée particulière, perdue au milieu de monceaux de souvenirs brumeux d'un mois de Mars nancéien.

 

 

 

(Par contre, comme les Beatles n'ont pas écrit de chanson s'appelant "Will you please, dear get the fuck out of my heart and memory", je laisserai des punks conclure en beauté, avec la chanson qu'on qualifiera de chanson "du surlendemain.")

 

 

 



La prochaine fois : Les filles, arrêtez de nous saouler avec votre « il m’a pas rappelé », nous on a le « elle répond pas » et c’est pire. 

 

Par Guic ' the old - Publié dans : It's a long way to the top.... if you wanna rock - Ecrire un commentaire - Voir les 34 commentaires

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