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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 11:00

 

Guic' traine du côté du 7 ème sous-sol.

 

http://www.labovirtuel.ch/artlive/artlive/enfer01.jpg48 heures en enfer. Même Bruce Willis n'a tenu qu'une journée. 48 heures d'angoisse, suite au mélange détonnant entre le miracle de la vie et ma maniaquerie toute personnelle. Car voyez-vous, je suis devenu tonton. Oui, Tonton Guic' the Old, c'est moi, c'est officiel, c'est déclaré à l'état civil.

 

Et donc, il s'est déroulé 48 heures pendant lesquelles, à tout moment, mon portable pouvait sonner, pour annoncer prénom, taille, poids, et tout le monde va bien. Or évidement c'est une chose importante. Et qui dit chose importante pour moi, dit "musique associée à cet évènement important". Je suis comme ça. Mon Bac? "Rooftop" de Stereophonics. Mon premier râteau? "Zero" des Smashing Pumpkins. L'ouverture de ce blog? "I can't make it on time", des Ramones. Et ainsi de suite.

 

Et là… j'ai finalement passé 48 heures à redouter d'écouter le mauvais truc au moment où j'allais apprendre que j'étais effectivement tonton. Au point de… finalement me priver de musique, car les seuls trucs que j'avais envie d'écouter étaient des "défouloirs" qui auraient été du pire mauvais goût. Ma seule dérogation furent les morceaux de Guitar Hero que je jouait en mode batterie pour me passer les nerfs… finassant par briser ma baguette gauche sur la fin de "Mr Crowley" (d'Ozzy Osbourne). Comme quoi je devais vraiment atteindre genre le 7 ou 8 ème cercle, tout exutoire m'étant retiré.

 

Dans les faits, j'en écrasais méchamment au moment M, et c'est en me réveillant dans un sursaut vers 4 heures du matin que j'appris que c'était bon, c'était fait, j'étais une génération plus vieux. Peu de musique pour quelques temps encore, hors un "Let Down" (de Radiohead) qui cadrait particulièrement bien en ce dimanche matin lumineux et doux.

 

Ernesto Violin flirte avec les limbes.

 

26768 1380572919594 1390051708 1046119 5434097 nPendant ce temps là, sur ma boîte mail arrivait (mais je ne le savais pas encore) la nouvelle que le dernier album de Viol, Welfare Heart était sorti, tout prêt tout chaud, du studio.

Après "Love Boat" et son concept de recherche (et de perte) de l'amour trésor, on se retrouve plongé, le temps de 14 titres et de trois faces, dans l'Amour sous toutes ses formes.

Oui, l'Amour avec un A majuscule, tant rien ne parvient à lutter contre lui, et tant il est une émanation de nature divine, de Dieu, qu'on retrouve, outre sur cette splendide pochette, aux quatre coins de l'album. L'amour, si doux, si délicieux qu'on se surprend à dodeliner (voire sautiller au milieu du salon) à l'écoute de "Flavour of Love", le morceau purement pop qui ouvre l'album, simple et beau et qui ne parait contenir aucun sous entendu ou vice caché… L'amour, juste l'amour, toujours l'amour, pur et beau.

C'est au sein de cette première face (Found Letters) le pivot: aimer, sans limite ni raison, qu'on soit moine (Diary of a Monk), que la promise soit manchote (For the love of young Rose), ou que l'objet de l'amour (su partagé) n'existe tout simplement pas (Make me believe in Santa Again).

 

Puis sur la seconde face on se recentre sur soi, on revisite avec plus ou moins de joie son passé, on règle quelques comptes, on s'offre un "Time Travel" du plus bel effet… Et au sein de la dernière face (la "fameuse" face religieuse annoncée lors du concert), on se frotte à l'Amour Divin. On affronte ses démons, quitte à y perdre son amour (2000 pigs in the sea*)…Et l'album de se clore sur ce qui paraît une épreuve initatique, les déclarations d'amour cédant le pas à une déclaration de Foi vibrante déguisée en ritournelle de marin: c'est la traversée de The Bridge.

 

Aimer les autres, apprendre à s'aimer soi – même, pour pouvoir, enfin, peut-être, aimer Dieu… On pourrait passer des heures à philosopher là-dessus. Sur Love Boat, l'amour "matériel" se voyait voué à l'échec et finalement le trouver était plus excitant que de le posséder. Ici l'amour atteint le niveau supérieur, spirituel, se fait déclaration de Foi vibrante à tous les étages, même si la musique lui servant de support va plus chercher du côté de Liverpool que du côté de St Jean de Latran.

Tout cela est affaire de Foi, c'est-à-dire… de Confiance. Et question confiance, il est indéniable qu'Ernesto a gagné du galon. Confiance en soi, enfin, en le lui –musicien d'abord, de par un éventail d'instrument encore plus large que dans les efforts précédents (accordéon et piano – non, pas orgue, piano) font une entrée remarquée et réjouissante. Mais aussi parce que l'Ernesto-conteur laisse à l'occasion la place à l'Ernesto-guitariste quelques envolées dont on commence à ne pas se lasser. (Make me believe…, mais surtout Avalon)

 

Toutes ces choses mêlées font que certaines des chansons sont encore un cran au-dessus de Love Boat, voire deux crans. Le verso de la médaille explique donc en des termes très clairs que je suis bien en peine pour juger les autres. Tout ce que j'ai à dire, c'est "Jetez-vous sur cet album", ne serait-ce que pour pouvoir écouter ces splendeurs que sont "Flavor of Love", "Time Travel", "The Bridge", "Living in a cemetary", et… ben disons toutes celles que j'ai déjà cité, parce que là on arriverait déjà à lister les 2/3 de l'album facilement.

 

On pouvait s'attendre à ce que le successeur de "Love Boat" soit bon. Il l'est. Par contre je m'attendais pas forcément à ce qu'autant de chansons de cet album, disséminées de-ci de-la, refusent finalement à quitter mon esprit, et restent en permanence ancrées, sinon dans mes oreilles, du moins dans ma tête (certaines mélodies assez imparables sont du genre à rester, quand même).

 

Bref… Ernesto Violin nous régale une fois de plus (et avec quelle réactivité! Love Boat est sorti, je vous le rappelle, il y a à peine 10 mois!) d'un album délicat et fort agréable à écouter: une quinzaine d'écoutes en un peu plus d'une semaine quand même, et plus du double pour certains titres!)

 

Epilogue: Purgatoire et Rédemption

 

 

21/02. Après une rapide visite l'après – midi même, encore tout ému et fasciné et impressionné par la petitesse, la fragilité qui peut s'exhaler d'un enfant si jeune… Ce n'est qu'à ce moment que j'ai appris la sortie du nouvel album

 

L'ayant récupéré, je l'écoutais d'une oreille distraite, devant la porte de mon immeuble en fumant une clope, en réfléchissant au temps qui passe, aux responsabilités qui arrivent, à cette nouvelle génération qui arrive et refait passer à 3 le compte des générations dans la famille.

 

http://adelescostumes.com/santa_claus_costume_los_angeles_santas_beard_disguise_hollywood/santa_claus_costumes_los_angeles_santas_beard_disguises_hollywood_5.jpgEt soudain "Make me believe in Santa Again". Voilà, c'est ça. Face à un gamin si petit, on se sent finalement Père Noël, obligatoirement. Une sorte de tendresse infinie envers ce qui n'est pas encore vraiment quelqu'un qui n'a même pas vraiment de raison d'être. Une sorte d'amour inconditionnel et à peu près aussi absurde que beau, indiscutable… divin, presque. Béatitude. Car si on y réfléchit, en fait, le Père Noël, c'est jamais que "Dieu pour les 2  - 7 ans", non?

 

Et soudain (bis)… Tout le stress qui retombe d'un coup. Tout va bien, et la vie est belle.

 

Retenez donc d’ores et déjà la légende qui finira par remplacer les faits : A l’apparition de la nouvelle génération, j’écoutais « Make me believe in Santa Again ». Autant dire que j’ai aussitôt trouvé que d’un point de vue symbolique, ça collait vachement bien.

 

Arrivés là ;, on pourrait me reprocher de ne pas avoir fait de véritable critique de l’album… Franchement, vous croyez que c’est facile de critiquer un album qui a à ce point compté dans ma vie ?

 

Non…Plutôt que de pinailler de la sorte vous feriez mieux d'aller télécharger l'album à la source, à savoir ici.

 

  Et à l'occasion de ce V - Day, je ne suis pas le seul à en parler. Allez voir aussi ce qu'il en est chez Thomas, Laiezza, Cissie et Klak.

 

* Présentée au concert comme "inspirée d'un passage des Evangiles dans lequel le Christ envoie l'esprit d'un démon sur 2000 cochons", ce passage a depuis titillé ma curiosité… Si vous aussi ça vous intéresse, c'est dans l'Evangile selon Saint Matthieu, 8: 28-34

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 21:14

Les chansons de Fevrier se retrouvant décalées à la semaine prochaine pour d’obscures raisons de planning qui s’éclairciront en temps venu, retour aux « Top 5 ».

 

http://www.voir.ca/blogs/nouvelles_musique/noir%20d%C3%A9sir.jpgNoir Désir… C'est marrant, c'est un des rares groupes dont je me rappelle parfaitement bien comment je les ai découverts. Ma sœur avait, sur une cassette, une copie de 666.667 Club. On était donc en 1997.

Un mercredi après-midi que je trainais mon désarroi pré-adolescent devant les clips de la 6, je vis le clip de "Un jour en France", avec Noir Des' en personnages de manga. J'étais fan de DBZ, j'aimais bien ce clip. Puis, quelques mois plus tard, le clip de "L'Homme pressé" et sa parodie de Boys Band, me réjouissait tout autant.

 

Puis rien pendant 3 ans.

 

Lors de ma découverte du Rock, j'empruntais la cassette de 666.667 Club à ma sœur. J'aimais bien l'album, même si pas entier, même si sans les titres je comprenais les chansons de travers: au lieu de "Ernestine", je comprenais "Elle reste digne". Foutue jeunesse. Ma préférée, celle que je pouvais me passer en boucle, les yeux fermés, allongé sur mon lit, dans mon walkman (un Panasonic argenté et bleu qui repérait les blancs entre les chansons pour se caler), c'était "Lazy".

 

Puis mon Walkman est tombé en panne.

Et rien pendant 3 ans. Sauf la "fin" du groupe.

 

Puis, un jour, chez un pote, j'ai entendu "Les écorchés", et "Aux sombres héros de l'amer". Je ne déconne pas: pensez que j'avais 4 ans quand ce morceau est sorti, et que Noir Désir, pour moi, ce résumait à 666.6667 Club, même Tostaky, je ne connaissais que de loin, je savais pas qu'ils avaient fait d'autres "morceaux connus".

Vous pouvez être surs que je lui ai emprunté tout ce qu'il en avait le jour même. Ca tombait bien: il en avait tout.

 

La sélection (je me force à pas mettre 2 titres du même album, mais c'est dur):

 

Pyromane

 

C'est simple, j'adore "Ou veux tu qu'je r'garde?" La production n'est pas forcément, pas toujours au top, mais ces six titres sont six grands titres. Le groupe ne s'y trompera pas, et continuera de jouer certains de ces titres en live jusqu'au bout. Et, sur le témoignage live de leur dernière tournée, ce "Pyromane", totalement incandescent (ha ha), enflammé (ho ho), splendide (euh…) C'est simple, c'est un de mes titres préférés, non pas de Noir Désir, mais tout court.

 

The Wound

 

Dur de choisir un titre. On prendre, au final, The Wound, arrivée d'un long cheminement, qui aura traversé le désespoir rageur de Sweet Mary, la folie rebelle, adolescente, et écorchée vive… des Ecorchés, justement (c'est par pur snobisme que je la mets pas, mais le cœur y est.), et surtout des deux Joey, du Fleuve, tous ces passages où le spectre de Morrison plane plus bas que jamais au dessus de l'âme torturée du groupe.

 

The Chameleon

 

C'est très, mais alors très con, le choix de cette chanson: je l'ai découverte via cette version, et la personne qui me l'a faite découvrir (soit-elle remerciée) l'a fait car j'étais, à l'époque, rédacteur (ex – en chef) d'un journal nommé Le Cameleon, et que ce refrain, "You gotta love the Chameleon", la faisait délirer.

D'autre part, ce fut ma porte d'entrée vers ce splendide album qu'est le "Prehistoric Sounds" des Saints, et ça…

  

Marlene
 

La vraie grande ballade de Noir Désir (avec Sweet Mary). Une chanson languissante, délicate, déchirante. Une guitare délicate. Un rythme métronomique. Et la voix de Cantat, aussi rêche que languissante, aussi décharnée que les cuisses des Marlène sont tendres et charnues…

Un déchirement, assurément.

En fait j'ai du mal à en parler, mais résumons ainsi: je relis en ce moment le "voyage au bout de la nuit", et je réécoutais Noir Désir en vue de cet article… La première partie du roman, avec ce titre en fond, voilà, on touche simultanément au sublime et au macabre, et les deux (livre comme morceau) touchent simultanément à leur but.

Derrière, vaut mieux aller fumer une clope.
 

Lazy

 

Last but not least. Il y a eu dans ma jeunesse, une période ou j'adorais ce genre de morceaux, qu'on qualifiera gentiment de "morceaux qui n'en finissent pas": Hey Jude, I want you (she's so heavy), et, pour Noir Désir, Lazy, donc. Ce "Lazy. La la la la lazy", qui dure, dure, dure de longues longues minutes… C'est un passage vraiment fabuleux. Surement, au final ,celui qui m'aura converti à Noir Désir, avec le recul. Le reste ne fut qu'une question d'avoir accès à leur musique.


La playlist (faute de présence sur Grooveshark, la majorité sont des versions studio, mais pour Pyromane et Lazy, le "En Public" s'imposerait) : 
 

 

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Published by Guic ' the old - dans Top à ...
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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 19:00

http://c5.img.v4.skyrock.net/c50/cam0uw-gram0ph0ne/pics/1668442944.jpgPlacebo. Dernier membre du Triumvirat de mes 15 ans. Voilà un groupe auprès duquel j'ai fini par observer des sentiments plus que mitigés, au point d'en faire une Mort en Rock avant l'heure.

Si j'ai toujours conservé le plus grand respect pour Radiohead au fil des ans, si j'ai toujours conservé une sympathie coupable à l'égard du trio de Matt Bellamy (jusqu'à très récemment),  Placebo par contre est un groupe qui a subi à plus d'une reprise mon ire et mon ironie. Pourtant j'ai passé un temps finalement incroyable à bramer tant bien que mal, mêlant accent anglais raté et voix nasillarde imitée ce "Piouuure Mornaing" qui ouvre "Without you I'm nothing".

Il était prévu de longue date que cet album figure dans cette sélection personnelle, et pourtant, il a un instant failli passer à la trappe (au profit d'une étude comparative de "Celebrity Skin" de Hole et d'"Adore" des Smashing Pumpkins, avant que je me rende compte que l'entreprise, même si non dénuée de sens, est bien trop grande pour un petit gratte – papier de ma trempe).

 

Puis le hasard (ou le Destin) a fait son œuvre, et, le jour ou j'ai failli ne pas reconnaître "Without you I'm nothing" (le morceau) lors d'un blind test (reconnaître Placebo étant à la portée du premier téléspectateur d'Ardisson venu, je me devais de retrouver le titre, absolument), je me suis dit que j'allais devoir réécouter cet album.

 

Cet album que j'ai toujours cité en référence, dont je sais qu'il est intimement lié à la période "romantisme noir" de mon adolescence, et que, finalement, le temps aidant, j'avais fini par moins écouter, voire pire: commencé à oublier.

 

Certains se disent très certainement devant leur écran "Ca y est, il nous refait le coup du certes c'est pas un album génial mais il a tellement changé ma vie que franchement…". Qu'ils se détrompent: cet album est toujours, plus de dix ans après sa sortie, un grand album.

 http://img370.imageshack.us/img370/5403/placebo1nn4.jpg
Où l'on voit que Brian hésite à se mettre à poils lui aussi.

 

 

Dès l'insertion du CD dans le lecteur, je me retrouvais à nouveau en terrain connu: Pure Morning, son frottement de cymbales, son alarme, on rythme entêtant, ses rimes en "-eed". Finalement, un hymne toujours aussi vif et vibrant. On a beau dire: c'est de la paresse que de vouloir écrire un hymne, c'est du génie que de parvenir à en écrire un malgré soi.

 

Certes, dix ans se sont écoulés depuis ma découverte de cet album, et il y a bien des choses que je ne réalise que maintenant. A quel point l'intro de "You don't care about us" sonne new—wave par exemple. Ou celle de "Allergic (to thoughts of mother Earth)" peut faire indus. Evidemment, je ne pouvais pas le réaliser à l'époque, vu que je ne connaissais pas ces genres musicaux. Et si je trouvais à l'époque que cet album était un chef-d'œuvre, je dois dire qu'aujourd'hui, si je lui ai retiré ce qualificatif, c'est pour lui apposer ceux de Grand album, et, surtout, d'album riche.

 

Un album riche en genres abordés, effleurés, attaqués de front. Riche en grands morceaux, qu'il s'agisse des tubes (Pure Morning, ou évidement Every you every me), ou de morceaux un peu moins connus (Scared of Girls, ou Burger Queen, qui eut l'honneur d'une version française, bien avant, et bien meilleure que "Protect me from what I want")

 

Bon, évidement, tout n'est pas parfait, et une ballade comme "Ask for answers", malgré l'émotion évidente qui s'en dégage, me laisse encore, aujourd'hui, de marbre. Au même titre qu'attendre que 15 minutes aient bien voulu défiler, le doigt coincé sur la touche ">>" de la télécommande pour entendre un vague riff en fond de Brian Molko consultant les messages de son répondeur rend à cette piste cachée une saveur bien amère, même si, avec le recul, je sais que c'est quand Placebo cessera de cacher des pistes à la fin de ses disques que la chute commencera véritablement.

 

Mais quand même… Without you I'm nothing et sa progression fatale, Every you every me, qui dix ans après n'a pas pris une ride, et toujours Pure morning, son son obsédant, hypnotisant, sa construction en anaphore, sa continuité, sa beauté…

 

C'était une époque lointaine, une époque ou Placebo pouvait encore paraître sulfureux sans avoir à attaquer Voici en justice (pour "cassage de cette image sulfureuse" (je résume)), où ce groupe était sexy, tendu, comme sa musique, une musique travaillée certes (plus que sur le premier album – l'autre grand album du groupe), mais toujours suffisamment brute pour toucher droit au cœur, pour qu'on y croie.

 

 

 

Depuis, Brian Molko, Samson moderne, a coupé ses cheveux et perdu l'inspiration. Ou peut-être est-ce moi qui ne peux plus le comprendre car j'ai coupé les miens. Mais ce n'est pas une raison pour se laisser aller à la nostalgie: "Without you I'm nothing" est là, bien là, destiné à rester. Parce que, finalement, sans lui, je ne suis plus grand chose.

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 20:00

Voilà.

Voilà voilà voilà… Nouveau design (« très pro » qu’on m’a dit…), nouvelle bannière (« digne de ce nom » qu’on m’a sorti) … Voilà… Bon ben plus d’excuse pour rien foutre alors… Va falloir envoyer de l’article, du scoop saignant, de l’analyse sérieuse et tout ça…

Pas sur que ça soit vraiment une bonne idée ce changement de design…

Bon, allez, bienvenue sur le Nouveau « Laisseriez – vous votre fille coucher avec un Rock-addict ? », le blog que ne changera plus de design… Jusqu’à la prochaine fois.

En attendant, je tiens à remercier publiquement Christophe / Mario, qui derrière ses névroses floodeuses et sa folie furieuse cache un cœur d’or, et qui m’a construit cette sublime bannière alors que j’en étais encore à « donner » dans la phrase « S’il te plaît, tu pourrais juste me donner un coup de main pour la bannière ? »

 

Bon, au boulot. Laissez moi juste deux jours pour me remettre en jambes.

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 09:45

Préambule:


Ben quoi? Y a pas de raison. L'idée m'avait effleuré à partir du mois de Novembre dernier, mais finalement, je me suis dit qu'il était aussi bien de me lancer avec la nouvelle année. Eh oui, à mon tour de faire mon malin et de lancer mon top à moi. Avec, cependant, un certain nombre de différences, par rapport à ceux que les autres entretiennent:


 

1. Ce sera un top, non pas d'albums, mais de chansons.



2. Il ne se limitera pas aux sortie de la seule année 2010. En fait, ce sera mon top de 2010, mais pas mon top sur 2010 si vous voulez.



3. Il ne classera pas vraiment "mes chansons préférées", mais les classera selon une donnée bien plus objective: le nombre de fois que je les ai écoutées. (Plus objectif, certes, mais ça reste un bon indicateur de mon goût du moment.)




Normalement, là, vous avez compris que je vais vous recopier le top 10 du nombre de lectures dans mon iPod, et vous tombez juste, mais non c'est pas "juste un truc de branleur", c'est au contraire extrêmement représentatif de mes écoutes du moment.

 

En effet, j'écoute de la musique principalement de cette façon. Dans les transports, au boulot, parfois même en m'endormant, soit donc, au final, la majeure partie du temps que je passe éveillé.

Fixons cependant un truc: comme je suis malgré tout un grand auditeur d'albums complet, seule la chanson la plus écoutée de chacun sera mise dans le classement, on évitera ainsi qu'un même album truste les 10 premières places ce qui serait presque le cas ce mois – ci.

 

Ne vous en faites pas, j'ai conscience des limites du truc, à savoir que n'y seront pas comptés les CDs et les vinyles que j'écoute autrement. Mais, comme c'est ma façon majoritaire d'écouter de la musique, d'un autre côté…

 

Avant de passer au top 10 du mois, j'ai cependant une question à vous poser: que préfèreriez vous pour février et les mois suivants? Un top du mois écoulé, ou un classement sur l'année et son évolution au mois par mois?


 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f4/Janus-Vatican.JPGAllez, pour ce mois de janvier finalement encore bien influencé par les découvertes de fin 2009, ça donne ça:


 

1. Sunset Rubdown – You go on ahead (Dragonslayer, 2009)

 

Une chanson de mon album de l'année 2009 pour démarrer, c'est logique. Que ce soit celle-ci, moins. Si on m'avait demandé l y a encore deux mois ma chanson préférée de cet album, j'aurais à coup sur cité une des quatre premières. Mais les faits sont là: elles sont peut-être splendides, mais la grandiloquence, au bout d'un temps, ça peut lasser, et, fatalement, ça lasse. D'où finalement celle – ci, un ton moins flamboyante, mais finalement bien plus émouvante, tenaillante, plus simple et donc plus belle, finalement.

 

2. Benjamin Biolay – Si tu suis mon regard (La Superbe, 2009)

 

Eh oui, je me suis fait avoir, comme les autres. Une grosse claque dans ma gueule, certes pas par l'album entier, mais bien par la moitié de celui-ci, par une dizaine de chansons qui sont au – dessus, mais tellement au-dessus de ce que j'ai pu entendre de récent en langue française… Celle-ci est en tête car plus légère (pas plus joyeuse, cependant), plus entraînante, moins plombante qu'un "Ton Heritage" par exemple, mais nombreuses sont celles qui squattent dans les premières places du "vrai classement".

 

3. Black Sabbath – Black Sabbath (Reunion (Live), 1998)

 

Idem, présence logique. Ce morceau en particulier, un peu moins. Raisons: 1. Dans ce live, il y a du bavardage à la fin de N.I.B., ce qui fait que j'en saute généralement la fin. Et que cette écoute n'est pas comptée par la machine (la méthode choisie montre déjà ses limites, merde). 2. C'est un des morceaux que j'ai "redécouverts" via ce live (pour tout dire, je croyais bien m'en souvenir, alors que j'avais oublié à quel point la fin était rapide et enlevée… Dingue, non?) 3. En général, quand je m'attaque au CD 2 du live, je démarre par celui-là, donc, fatalement, il passe plus souvent que les autres. 4. L'autre jour j'étais bloqué dans le RER pendant 30 minutes, je l'ai écouté en boucle. Ca l'a bien fait avancer dans la course à la lecture.

 

4. Wolfmother – Far Away (Cosmic Egg, 2009)

 

Quota midinette en vue. J'y peux rien, j'adore ce morceau. C'est juste un slow parfait, avec entrée tardive de la batterie, levée de batterie, solo, refrain larmoyant et con, et re-solo. Autant Cosmic Egg était décevant, autant ce morceau est… décevant vu ce qu'on aurait attendu de  Wolfmother, mais quand même vachement bien pour avoir envie de retrouver ses 15 ans. Gros défauts: Je crois qu'il parle effectivement d'amour (les bons slows n'ont aucun rapport avec les sentiments, mais parlent de drogue), et il dure 3 min 30. Cette durée en fait un slow imparfait, mais un morceau qui peut boucler allègrement pendant qu'on gueule comme un damné.

 

5. Guns N' Roses – Think about you (Appetite for Destruction, 1987)

 

N'allez jamais boire des bières avec Xavier et Chtif si vous êtes réfractaires aux Guns. Parce que c'est une référence commune ("non, mais sérieux, y a eu quoi dans le Rock qui soit vraiment mythique, depuis les Guns, j'te demande?"), et parce que fatalement vous allez vous sentir obligé de les réécouteR. Et moi comme un con, j'ai bloqué sur un morceau noyé au milieu de leur grand album, pour la raison la plus con du monde: pendant le refrain, y a une petite ligne de guitare derrière qui, d'un coup, rendrait presque le truc déprimant, alors que merde, les Guns c'est fun normalement. Et moi, si ne serait-ce que 10 secondes me plaisent dans la chanson, je suis capable de me la repasser 10, 20 fois rien que pour les réentendre. Dont Acte.

 

6. Mano Solo – Je taille ma route (Dehors, 2000)

 

Je le confesse ici: avant qu'il ne meurre, je ne m'étais jamais vraiment interessé à Mano Solo. Pour un mec qui déplorait de ne découvrir en général les artistes que trop tard, ça la fout mal. On se dit qu'on a le temps de s'interesser aux vivants, et puis, d'un coup… Bon, je savais qui il était, mais ne m'était jamais penché sur sa musique. Erreur réparrée, ou presque: la sensation qu'on ressent en entendant cette chanson vibrer de vie, et en se disant qu'il vient de mourir, c'est quand même quelque chose d'assez bizarre.

 

7. Rancid – East Bay Night (Let the dominoes fall, 2009)

 

Il est pas dégueu en fait, le dernier Rancid. Je l'écoute pas mal, quand même. Cette chanson étant celle qui l'ouvre, je l'ai écoutée plus que les autres. Voilà. Sinon, ça va vous?

 

8. Ramones – The K.K.K. took my baby away (We're outta here! (Live), 1997)

 

Hasards du mode Shuffle. Quand j'ai envie d'avoir un fond, un truc pas prise de tête, je me mets les Ramones dans les oreilles. C'est simple, du Ramones, j'en ai quasiment tout le temps dans mon lecteur (du Beatles aussi mais pas pour les mêmes raisons). Après, bon, c'est pas le genre de groupe dont les albums doivent obligatoirement s'écouter dans l'ordre. Les lives, encore moins. Alors bon, Shuffle. Et c'est comme ça qu'on se retrouve avec une chanson, qu'on aime bien, certes, mais quand même, toute seule comme ça, à se colleter avec les cadors qui trustent les hautes sphères. Boarf, ça fait pas de mal. 1, 2, 3, 4!

 

9. Adam Green – Jessica (Friends of Mine, 2003)

 

Bon, j'ai découvert Adam Green très récement, c'est un fait. Par conséquent, cette petite chanson, cette ode à Jessica Simpson (qui n'a, finalement, rien fait pour la mériter), mignonette, et pourtant acide, elle est juste très bien. Son seul problème, c'est qu'il faut écouter No Legs, quelques piste plus tard, pour réaliser à quel point, en fait, Jessica était une chanson classe.

 

10. Romain Humeau – Beauté du Diable (L'éternité de l'instant, 2005)

 

Conséquence du concert de Novembre dernier: j'ai réécouté l'album solo de Romain Humeau. Il n'est pas parfait, certes, mais contient quelques titres pas dégueu du tout: Sans faire exprès, Je m'en irai toujours, S'enflammer, Leurs échines… Et bien sur, Beauté du Diable. Tout y est parfait dans cette chanson, le rythme saccadé (idéal pour quan don doit se motiver à marcher parce qu'on a raté le bus), les guitares, le texte, le côté sarcasme désoeuvré… Voilà une chanson dont je crains qu'elle ne soit pas assez connue, et dont je suis ravi de pouvoir vous parler. Ecoutez la bien.

 


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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 19:33

http://supercoolitude.fr/wp-content/uploads/2009/12/gainsbourg1.jpgSamedi, j'ai vu "Gainsbourg (vie héroïque)", de Joan Sfar. Et depuis, bizarrement, je n'écoute QUE du Gainsbourg. Pas tant parce que ce film a changé mon point de vue à ce sujet que parce qu'il m'a donné envie de me rappeler que, quand même, Gainsbourg était un putain de compositeur, parolier, interprète. Musicien, quoi.

Je ne referai pas une critique du film: Ska et Laiezza s'en sont chargés avec talent, et je n'ai rien de mieux à dire que je suis d'accord avec eux, allez les lire.

 

Je n'aurais que peu de choses à ajouter au final, sinon que:

 

-l'absence de tout indicateur temporel rend quand même le film assez hermétique pour le néophyte, je le crains.

- mon esprit scientifique a du mal à s'habituer à ce genre de distorsion temporelle qui font que les années 70 durent 40 minutes, et les 80's, 10 minutes (grand max). D'ailleurs, dans les années 80, Gainsbourg a fait un fils et c'est tout, dirait-on.

- le montage de la deuxième heure a été fait au massicot, enchaînement de scennettes dont la seule logique est la chronologie (mais, je vous le rappelle, le néophyte ne sait pas en quelle année on est)

 

 

N'en restent pas moins quelques scènes vraiment géniales, à commencer par celles avec Vian, les Frères Jacques et Gréco: un moment parfait dans ce film.

 


 

Tout ça pour dire que j'en ai écouté récemment du Gainsbourg, et qu'il est temps de faire un petit top 5 de derrière les fagots, histoire que cela n'ait pas été en vain.

 

Intoxicated Man

 

Autant pour les quatre autres, ce fut facile de choisir. (quoique, ça tenait qu'à moi je vous collais tout Melody Nelson.) Mais la dernière… Evidemment j'avais envie de varier un peu. N'étant pas plus fan que ça du Gainsbourg post – 78, ce devait fatalement être une des premières (ce qui fait cependant 10 ans de marge). Alors? En relisant ta lettre? Les Goémons? Baudelaire? Baudelaire? L'alcool?

Ben non, finalement, ce sera Intoxicated Man. Parce que… bon, c'est un scoop pour personne, je suis pas très jazz. Et pourtant, il y a dans ce titre, ce cool qui fait qu'on a envie de se poser, de s'intoxiquer à son tour, en claquant des doigts, le cul bien calé dans un fauteuil club.


 

 

Requiem pour un con

 

Outre un mépris jouissif qui se ressent à travers les paroles, la construction sur… uniquement des percussions, tout en parlant d'orgues et d'air... Voilà une ironie qui fait bien plaisir. Et puis c'est juste un morceau qu'on rêve de pouvoir balancer dans la gueule de quelqu'un, voilà. L'insulte mesquine et classe par excellence. Pas pour rien que c'est dans un film d'Audiard, tiens.


 

Initials BB

 

Pour la beauté des paroles, l'aisance qui s'en dégage, ce piano entêtant, et évidement, pour les arrangements cordes / cuivres dans cette montée avant le refrain (qui ne sont pas vraiment, totalement, de lui, certes, ok, mais bon…), et pendant le refrain lui-même… Ce gimmick fabuleux. Tout cet ensemble dont finit par se dégager une sensualité trouble, un érotisme à fleur de peau (putain cet empilage de clichés que je m'offre)… Si je ne devais, finalement, n'en garder qu'une, ce serait sûrement celle là, finalement.


 

Cargo Culte


Dénouement tragique et envoutant de Melody Nelson, voici un titre qui m'avait laissé perplexe, la première fois que je l'ai entendu, isolé, dans une émission de "l'Odyssée du Rock". Pourtant, la guitare avait tout pour me plaire, lancinante, légèrement distordue comme je l'aime…

Des fois, il faut croire ce qu'on nous dit. Oui, Melody Nelson est un chef-d'œuvre. Et Cargo Culte, en fin, en est l'apothéose, l'aboutissement. Il faut avoir écouté ce qui précède (ou du moins l'avoir bien en tête) pour l'apprécier. Il faut se laisser qguider par la voix cassée de Gainsbourg, les chœurs fantômatiques, la guitare hypnotisante, et prier les cargos de la nuit avec Serge.

 

Je ne vous le cacherai pas: j'adore m'en dormir en écoutant cet album. Gainsbourg qui me raconte cette histoire tragique avant que je m'endorme… j'adore.


 

Variations sur Marilou

 

Pendant du Cargo Culte pour "L'homme à tête de chou", apothéose mais cependant pas épilogue… Morceau fatalement… glauque et déprimant dès l'intro, bizarrement, c'est peut-être la prmeière fois que c'est la voix de Gainsbourg qui appaise l'ambiance. Longue description, à de nombreuses reprises, d'une femme qui bien que désirable arrive à s'occuper très bien d'elle-même. Variation des descriptions, des rythmes, du degré de détail, morceau fleuve, hypnotique (à croire que c'est ce que je préfère chez Gainsbourg), le groove s'installe petit à petit dans le morceau alors que Marilou monte vers les sommets… Avec, peut-être ici, l'apothéose du jeu sur les allitérations avec lesquelles Gainsbourg s'amuse depuis longtemps déjà (et il n'a pas fini), qui permettent à sa voix de chanter alors qu'il ne fait finalement que parler, pourtant.

 

 


 

 

Je ne vous cacherai pas, non plus que la fin du film m'a déçu. Parce que j'avais déjà, dans mon esprit, une "fin idéale", une façon de voir ça. Et, évidement, la musique qui allait avec. Alors, quitte à ramener Katerine dans l'histoire, voilà "mon" générique de fin idéal, en bonus.

 


 


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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 16:44
http://images.google.fr/url?source=imgres&ct=tbn&q=http://www02.r7g.com/6344/p/0/AK5.gif&usg=AFQjCNEapMN5gpwao76Cek_6Cu98rX25PQComme vous pouvez vous en rendre compte à la vue de l'anarchie que peut représenter cette page (et son manque de symétrie proprement choquant), quelque chose a déconné sévère dans la mise en page.
C'est par conséquent l'occasion où jamais de faire quelques aménagements dans le design postmoderne de cet antre.

Bien entendu, ça reste ouvert pendant les travaux.

Toutes mes excuses pour le dérangement occasionné.
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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 19:23

http://3.bp.blogspot.com/_aeKED8wOQzw/Ssh_Y2_5JEI/AAAAAAAACL8/uBIqbr5qdNU/s400/folder.jpgY a pas à dire. J'en aurais mis du temps à venir à Black Sabbath. Et en plus, pour des raisons musicales. Si ça avait été pour cause d'allergie totale au satanisme de bastringue, ce serait compréhensible. De mépris d'Ozzy, aussi. Parce qu'un groupe qui a lancé R.J. Dio, auteur de l'impérissable (malheureusement) "Holy Diver", à la rigueur. Mais non, c'était quelque chose dans la musique qui me bloquait.

 

A croire que j'étais quand même sacrément con, jusqu'à récemment.

 

Entendons-nous bien: évidement que comme l'auditeur de passage j'aimais bien Paranoid et Iron Man (comme tout le monde: ma mère aime Paranoid). Conséquence évidente: m'intéressant à l'album "Paranoid", je le trouvais très bien (on a beau dire, un album de 8 titres avec 4 chefs d'œuvre, on voit pas ça tous les jours.) Mais les autres… Rien à faire. Avec, surtout, cette ironie mordante: De "Sweet Leaf" en "Black Sabbath" comme de"War Pigs" en "Sabbath Bloody Sabbath" (qui n'est pas une reprise thrash de U2, non), j'ai toujours adoré un titre sur les albums du Sab': le premier. Passé cela, souvent, je m'ennuie un peu.

 

Alors quoi de mieux, finalement, pour faire un investissement minime et posséder tous ces titres, mais également les 4 chefs d'œuvres de Paranoid (ce qui fait 7 titres au final, ça se recoupe), que d'investir dans un live?

 

Bon, je vous mens en fait éhontément, ce live, je l'ai juste vu en promo et l'ai pris, comme ça, parce que, de 1) J'avais que Paranoid dans ma discothèque, de 2) Ce live me rappelait le bon souvenir d'une soirée passée, dans l'appart le plus funky de la capitale des Gaules. Vous savez, ces soirées, où plein de gens sont réunis, dont certains font péter le compteur de la geekerie musicale (ce soir là on comptait un fan de Metallica, un fan de Megadeth, un fan des Smashing Pumpkins et… un fan de Phil Collins qui se sentait un peu à l'écart), et où, au milieu d'une conversation agitée, il y en a toujours un pour lever la main, dire "écoute moi ça", et se lancer dans un solo d'air batterie qui serait vraiment affligeant, si on était à jeun (le fan de Metallica, ce soir là).

 

Là où réside le mystère, c'est que, mis à part avoir réclamé qu'on diffuse "Sweet Leaf", je n'ai aucun souvenir du passage de ce disque dans la soirée – mis à part qu'il fut remplacé par un demi- Gloria de Patti Smith, lui-même remplacé par du Megadeth.

Pourtant, quand j'ai acheté ce CD, c'est cette soirée, précisément, où j'appris l'existence même de ce Live de Reformation, qui m'est revenue en tête.

 

Et puis, le temps passant, les écoutes s'affinant, les fixations défilant, j'ai fini par enfin mettre le doigt sur la réponse à l'éternelle question "pourquoi les mecs qui détestent le métal aiment quand même Black Sabbath, au moins un peu ?". Pourtant la réponse est d'une simplicité démoniaque, vu que c'est une simplicité démoniaque. En écoutant Sabbath en l'an 2000, on a finalement du mal à croire que c'est du métal. On le sait. Mais on le croit difficilement. Tout comme à 14 on sait que Madame Bovary est un chef d'œuvre, mais on le croit pas tellement on s'emmerde.

 

C'est juste que, bizarrement, "le Sab'", c'est un peu le métal à l'état pur. A peu près tout ce qui a été fait derrière (à commencer par la carrière solo d'Ozzy) ne ressemble déjà plus à Black sabbath (et donc au Heavy Metal), qui, finalement, produit une musique assez éloignée des clichés du Métal actuel: pas tant de gobelins que ça, des solos juste comme il faut, et surtout, pas de démonstration vaine, des manches simples, des pédales simples, et finalement y a que le live qui est double ce qui ne l'empêche pas d'être très bon. On peut aller chercher dans les 8 minutes pour une chanson, mais pas vers le quart d'heure comme chez Led Zep' (la demi-heure pour Manowar), bref, on a connu quand même vachement moins audible.

 

http://www.boston.com/bostonglobe/ideas/brainiac/BlackSabbath005.jpg

 

Non, mais vraiment... me dites pas que ces gars-là font peur quand même...

 


 

J'ai vu à plus d'une reprise que la majorité des clichés du métal étaient déjà en germe chez Black Sabbath… Pourtant, j'ai beau me creuser, mais à part le satanisme, et, peut-être, la drogue, je trouve pas. La drogue, passons, avec des arguments pareils, ce sont les Stones qui ont inventé le métal. Quant au Satanisme, c'est certes un super fond de commerce, mais quand même, Ozzy c'est sûrement le seul sataniste capable d'appeler Dieu à l'aide quand ça dérape (Black Sabbath, le morceau). On a connu plus téméraire.

Black Sabbath ressemble plus à de la pop psychédélique plombée à mort, minimaliste, lourde, et légèrement bruyante qu'à du métal comme on l'entend communément maintenant. Les Doors pervertissaient le psychédélisme, Sabbath le renverse complètement.

 

Finalement, à part Paranoid, morceau qui résonne comme un "Le Hard – Rock? Ben tiens, en voilà un, fais pas chier, tu vois qu'on a rien à prouver.", la majorité des bons morceaux reposent sur le même gimmick qui fait mouche à chaque fois: un bon gros riff, une section rythmique militaro – plombée, la voix aigre d'Ozzy. Et un thème à la con: Drogue, Satanisme, principalement, et puis, pour le fun, Comics. Surtout pas de Fantasy, ou alors, si, à la rigueur, mais juste pour pouvoir parler de drogue (Fairies Wear Boots). Et puis bien sur un bon solo, et, généralement, une accélération finale histoire de permettre aux Rock – critics de caser "cavalière" dans leur article. La formule est étonnement solide, finalement tout y est. Et ça reste, même 40 ans plus tard (enfin un peu moins) d'une efficacité vraiment… ben oui, démoniaque.

 

Finalement, de retour dans l'appart du fan de Metallica il y a peu, autour d'un café (d'un thé pour lui, les fans de Metallica ne sont plus ce qu'ils croient), mes yeux s'égarant dans les multiples rayonnages, on se décide à le rebalancer. Arrivé à "N.I.B.", la même phrase jaillit presque instantanément des deux côtés: "Tu trouves pas que c'est vraiment le meilleur celui-la? Mais carrément", et lui de rajouter: " Rhaa y a un riff qu'est… Et puis la batterie elle est…" (Comme quoi la simplicité nous désarme), puis de se lancer dans un enchaînement air – guitar / air-batterie, comme de juste.

 

Ben moi, comme de juste aussi, j'ai commencé à air-headbanguer.

 

 

 

(J'ai mis une vieille video parce que finalement, avec les images, le Reunion paraît moins bien...)

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 19:33

http://petsound.files.wordpress.com/2007/08/country-life.jpgJe sais pas pourquoi je vous parle de ce disque. Franchement, pour tout vous dire, ça m'a pris – comme on dit par chez moi – comme un coup de pied au cul.

En fait, jusqu'à très récemment, j'avais assez bêtement snobé la discographie de Roxy Music post- Brian Eno. Assez bêtement, certes, mais assez logiquement aussi: je craignais, par habitude et ouï-dire, que ce "second" Roxy Music soit décevant, a fortiori pour moi, qui idolâtre avec un manque total de retenue la face A de leur premier album.

Aaaah, la face A du premier album. Re-Make / Re-Model, Ladytron, If there is Something et Virginia Plain. Quatre titres vraiment fascinants, sinueux, uniques. Dès le moment où on les découvre, on sait déjà, au fond de soi, qu'on ne redécouvrira jamais un truc qui ressemble de près ou de loin à cette musique. Une musique qu'on devine unique dès la première écoute, voilà quelque chose qui n'est pas banal. (D'habitude faut écouter d'autres trucs, aussi, pour s'en rendre compte.)

 

Et quand on a écouté ça, qu'on sait de quoi est en partie responsable le Sieur Eno (je parle de la trilogie berlinoise de Bowie là, pas des derniers Coldplay et U2), on craint un manque d'intérêt de cette œuvre sans ses soins. Logique, vous disais-je.

 

Et puis, en fait, un jour on tombe, par hasard, sur un titre qui va tout changer. Enfin, quand je dis par hasard… J'ai simplement laissé tourner Spotify au-delà des 4 morceaux (habituels) que j'avais sélectionné, ayant du m'absenter pour une quelconque raison, de genre préparer le café. En revenant, ce n'étaient plus les virevoltantes bizarreries de Virginia Plain qui m'attendaient, mais un piano fait pour apprendre aux rock-critics ce que signifie crépusculaire veut dire, avec, par-dessus, un mec chantant en latin.

 

Remettant le morceau à son début, et après vérification que le morceau était bel et bien de Roxy Music, je m'installai et profitai du morceau comme ça faisait un bout de temps que j'avais pas profité d'un morceau comme ça: Pleinement, entièrement, fasciné, hypnotisé. Et quand Brian Ferry se mit à chanter en français, je n'ai pu réprimer un frisson.

 

Et c'est donc grâce à Song for Europe que j'ai franchi le pas.

 


 

Et que je me retrouve à avoir un album préféré de Roxy Music, en plus de ma face préférée. Pour la chanson préférée, cela n'a pas bougé, c'est toujours If there is Something.

 

Mais bon… Voici Country Life. L'album qui vous vaut des regards désagréables de la part de la caissière de la FnacCountry Life un côté grandiloquent, décadent du plus bel effet. On pourrait le résumer en disant qu'il y a là-dedans tous les arguments utilisés habituellement pour défendre Queen, mais en bien. Cet album est souvent baroque (The Thrill of it all), avec une ambiance récurrente de cabaret un peu foutraque (It takes all night), un Casanova arrogant, bref autant de morceaux fascinants, rythmés, passionnants, s'achevant sur Prairie Rose. C'est beau, c'est bon, et sans qu'on s'en rende compte, on se retrouve à chanter à l'unisson avec Brian Ferry "Prairie Roooooooose! Yeah eee" On se sent con, mais c'est bon, si bon… quand vous l'achetez, certes, mais aussi l'album qui offre un grand plaisir à l'écoute.

 

 

Alors certes, ce n'est pas un album révolutionnaire, loin s'en faut (j'ai d'ailleurs l'impression personnelle que c'est l'album de Roxy Music dont personne ne parle jamais). Et pourtant, même si Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno (fallait que je le mette en entier au moins une fois, désolé) n'est plus là, parti avec sa volonté d'innover vers des terres plus froides, son ombre reste, et Roxy décline ses deux premiers albums plutôt que de rester dans le cadre un tantinet plus classique offert par son prédécesseur, "Stranded".

 

http://userserve-ak.last.fm/serve/_/2932825/Roxy+Music.jpg

 

Non, ici, Casanova se fait castagneur mais garde sa perruque poudrée, Out of the blue rappelle les premières heures du groupe, avec ses fonds en envolées S-F, The Thrill of it all ne cesse d'en rajouter, de s'alourdir, et pourtant ne cesse jamais de monter vers les sommets. Tout est un régal dans cet album, y compris Three and Nine, alors que pourtant, ça s'annonçait pas sous les meilleurs auspices, l'intro me faisant définitivement penser à un générique de dessin animé des années 80. (Bon, on pourrait dire que c'est en avance sur son temps, à la rigueur).  Il est amusant de voir que, les arrangements d'Eno maintenant dilués (mais sa "patte" reste présente, elle appuie moins fort, c'est tout), on prend enfin pleinement la dimension de la voix de Brian Ferry. Chaude, caressante, sexy en diable, et pourtant… au fond de tout cela, on décèle un côté malsain caché, un peu plus mis en avant quand la voix se hausse… Et on réalise qu'en fait, cette voix ne caresse pas: elle amadoue, elle hypnotise, elle persuade. Mais on se laisse faire avec plaisir.

 

Concluons avec cette délicieuse chanson que je n'ai pas encore évoquée: All I want is you. All I want is you est un de ces morceaux qui ne payent pas de mine… Qu'on écoute un coup et qu'on aime bien… Qu'on se remet à l'occasion, car il donne le sourire, avec en plus ce genre de petit passage de détail comme on peut les aimer ("L'amour, toujours, l'amour" ici), un solo génial (c'est très subjectif, ça, la "génialité" d'un solo de guitare, je suis d'accord), des chœurs entraînant à vous faire danser dans la rue, et puis, sans même qu'on s'en soit vraiment rendu compte, il trône, là, fièrement en tête des morceaux que vous avez le plus écouté ces derniers temps (J'ai un arbitre infaillible: iTunes.)

 

Alors je vous laisse avec lui. Ca m'évitera d'avoir à trouver une chute.

 


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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 21:00

Revenons en donc à la "collection Philippe Manoeuvre".

 


http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/9/4/5/9782842303549.jpg

Forte de … 2 titres, cette collection a publié "Cabala, Led Zeppelin occulte", de Pacôme Thiellement. Alors, je sais pas vous, mais moi, on me dit "Led Zep occulte", tout de suite je pense 1. Aleister Crowley, 2. Passer "Stairway to Heaven" à l'envers. Rien de tout cela dans ce livre, mais une sorte de longue, longue, longue étude sur le rapport entre la musique de Led Zep et la majorité des cultes païens passés, présents, et surement à venir. Pour résumer: ce livre qui utilise plus que de raison l'adjectif "hermétique" en son sens premier (relatif à Hermès, le Dieu, pas les foulerd, donc), l'est plus d'une fois en son sens second. A esquiver, sauf peut-être, au cas ou vous ne connaitriez pas l'histoire de la pochette intérieure de Led Zep 4 et le miroir. Je l'y ai découvert, je suis fan.

 

 

 


 http://www.canalb.fr/shows/un-poco-too-much/garageland.jpg

L'autre titre, c'est le « Garageland » de Nicolas Ungemuth, compilation sous forme de livre format 45 tours de tous les « Swinging London » passés et surement à venir, soit donc la rubrique sur les gloire souvent éphémères de la pop 60's, tous ces one hit wonders de type Easybeats et de nombreux autres. Si ce liovre n'est pas forcément une extraordinaire mine d'informations utiles (en fait, il l'est si on cherche des infos sur des groupes dont on ne soupçonnait même pas, en général, l'existence), il permet surtout de redécouvrir de nombreuses petites pépites du temps passé, et s'avère finalement un parfait symbole du retour « aux chansons plutôt qu'aux albums » auquel on pourrait croire assister ces derniers temps.

 

 

 

 

 


http://www.garage-gibraltar.ch/perso/ecrits/iggy.jpghttp://www.garage-gibraltar.ch/perso/ecrits/david.jpgTiens, d'ailleurs, en parlant de Nicolas Ungemuth (dont on ne sait toujours pas comment se prononce le nom, va falloir que je me décide à écrire à Rock & Folk), il ne faudrait pas faire l'impasse sur les deux mini biographies qu'il a sorti sur Bowie et Iggy Pop, ça se lit tout seul, le bougre réussit même parfois à proposer un angle de vue ou une approche original, bref, c'est pas cher, ça se lit vite, et c'est bien. Jettez vous dessus. Surtout le Bowie.

Sans compter que chacun de ces deux petits livres offre en fin un compilation de critiques de la discographie du sujet, et qu'on y retrouve la verve si réjouissante de celui qu'on appelle, dans ces pages, par devers-soi, "le cousin Nico" (y a bien tonton Philippe…)

 

 

 

 


http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/7/3/9/9782351640937.jpgRestons chez Rock & Folk et évoquons donc le petit volume publié par Basile Farkas et son comparse Josselin Bordat: Le petit livre de la mauvaise foi musicale. Et là, franchement, il y a pas à dire…Mon "parlez – vous le Rock – Critic?" au même titre que les Lexiques du Guide du Rockeur de G.T. peuvent aller se rhabiller fissa. Si, si. Ce livre, pour l'amateur que je suis, n'est rien moins qu'une bible extraordinaire de vachetés, de vannes perfides car tout à la fois méchantes et justes, bref, un bonheur. D'ABBA à ZZ Top (logique), on assiste à un enfilage de définition toutes plus malines et drôles les unes que les autres (et quel ne fut pas mon plaisir en voyant: "Album de la maturité: troisième album qui se vend moins bien".).

Je pourrais vous citer tout le bouquin, quasiment, mais vais m'abstenir, et vous encourage, si jamais vous tombez dessus au détour d'un rayon, à vous jeter sur les définitions / liste de "pochette", "paroles", ou "nom (de groupe)"… Le bouquin finira à coup sur dans votre bibliothèque le soir même. Bon, le seul bémol que je pourrais voir, c'est le côté hermétique de certaines définitions pour le non-initié… Lire: "Nigel Godrich: producteur de Nathalie Imbruglia", perso, ça me fait éclater de rire… Je pense pas que ce soit le cas du commun des mortels.

 

 

 


 

http://www.yodawork.com/images/EDITIONS%20GENERALES%20FIRST/zf/9782754008198R1.JPGEnfin, on ne saurait éviter d'évoquer "Le Rock pour les Nuls", somme documentaire que nous livre notre estimé collègue Nicolas de chez Crosstown Traffic. Le premier truc qui fait que ce livre est bien, c'est le fait de citer ce blog dans l'annexe "Sites Internet", ce qui flatte mon ego (on y retrouve également SysTooL, Arbobo et bien d'autres…) et pas qu'un peu.

Ensuite, soyons bien clairs: je pense que tout passionné de musique Rock a un jour envisagé vaguement d'écrire ce genre de livre sur l'histoire du Rock. Et, même si l'on sait pertinement qu'on ne peut pas tout y mettre… tout ce qui n'y est pas nous saute aux yeux: "Pourquoi cette criante absence des Smashing Pumpkins, quand même Blink – 182 est évoqué ?!" hurlais-je dans ma chambrette l'autre jour, feuilletant l'index.

Disons que ce livre porte bien son titre, et constitue une formidable porte d'entrée. Plein de choses à y apprendre, même moi j'y ai découvert des trucs, des noms de groupes que j'avais délaissé, et d'autre part, c'est quand même assez exhaustif du point de vue genres, et, pour une fois, ça fait  vraiment plaisir de voir le Hard Rock (même le plus mauvais) vraiment évoqué, et pas juste au détour d'une vanne. En effet, c'est pas parce que Mötley Crüe c'est naze que ce n'est pas un groupe Important (sans Mötley, pas de rejet de Mötley, et donc pas de Grunge, je vous le dis.) par exemple.

Le livre est formidable et quasi exhaustif (du point de vue litanie de groupes importants) sur les années 60 – 70, très bon sur les 80 et un peu léger sur les années 90, mais c'est vrai que… Enfin bon. Pour résumer, ce livre est très bon, le problème c'est que je suis tellement maniaque que ses défauts (l'absence des Pumpkins, ou "Angel Dust" dans les dix albums les plus importants de tous les temps (un peu de modération, un semblant d'objectivité siouplaît)) me sautent aux yeux. Reste que, courrez –y l'acheter, même si c'est pour l'offrir à votre sœur. Ce bouquin est extrêmement réussi pour l'entreprise délirante que c'est, ce serait trop bête de le négliger.

 

Allez, Fini de parler bouquins. Pour un an encore?

(Faute de temps, il y aura un peu de latence avant la fin du bilan annuel. Veuillez m'en excuser)

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