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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

***


Here, There And Everywhere

9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 19:19

Selon une étude récente, la vie sentimentale de tout adolescent mâle né dans le dernier quart du vingtième siècle serait composée de 40 % de bons moments, 20 % de remords, 20% de regrets, et 20 % d'alcool en volume. (Etude réalisée sur un échantillon de 1 personne)

 

 

 


 

Quand j'ai choisi, dans le cadre de "Songs of the Beatles", de vous parler de "The Night Before", G.T., organisateur de cette réjouissance, m'a fait remarquer que j'étais l'un des rares à avoir sélectionné une chanson de leur "première période".

 

Je n'ai pu retenir un sourire en coin.

 

Car en effet, c'est une chanson de la seconde période des Beatles, pas de la première. Reste que je ne sais pas s'il s'agit là d'un désaccord sur les limites ou sur les périodes. J'explique.

 

Pour moi, il y a chez les Beatles, 3 (voire 3.5) périodes. La discographie des Beatles, c'est comme la vie faite musique.


D'abord il y a l'enfance. La joie, le sourire, la simplicité, la naïveté. Bien, sur, occasionnellement, quelques gros chagrins, mais rien de bien gravissime. Chez les Beatles, ça va de Love me do à A hard day's night.

Puis l'adolescence, le temps des questionnements comme le veut la formule consacrée, mais surtout le temps des remises en questions: de soi, des autres, de tout ce qui est déjà bien en place, et, bien entendu le temps des expérimentations. Chez les Beatles, cela va de Beatles for Sale (qui s'ouvre sur le fabuleux "I'm a loser") à Revolver.

Enfin, à l'âge adulte (d'ailleurs on voit qu'ils ont fini leur puberté), on sait enfin ce que l'on veut faire, et on le fait, jusqu'à l'épuisement. Chez les Beatles, ça s'ouvre avec Sgt Pepper's (enfin, disons, symboliquement, avec Strawberry fields / Penny Lane), et ça se ferme avec… Disons Abbey Road, la dernière demi-période étant dès lors "Let it be" qu'on peut considérer comme la cotisation des derniers points retraite.

 

Dans l'enfance Beatlesienne l'amour c'est cool et mignon. A l'adolescence, c'est douloureux. Une fois "adultes", les Fab Four s'autorisent à parler de cul, certes, mais les setiments restent prédominants sur l'ensemble de leur discographie. Parce que les Beatles ne sont pas "juste un autre groupe de Rock".

 

 

En effet,  s'il y a une chose plus souvent évoquée que les stupéfiants dans le monde du Rock, c'est fatalement le Sex, et parfois, mais seulement parfois, son corollaire qu'est le sentiment amoureux. En effet, dans le fabuleux monde du Rock n' Roll le sexe précède l'amour, c'est bien connu et éprouvé: Elvis pilonnait déjà l'Amérique puritaine à grands coups de bassin avant de réclamer de l'amour tendre, tout comme les Stones faisaient des trucs bizarres avec leurs pouces avant de demander à Angie de rester.

 

Ca c'est le Rock n' Roll.

 

Mais les Beatles ne font pas du Rock n' Roll, ils font de la Pop. Les Stones draguent, séduisent, envoûtent, choppent, se tapent des gonzesses, alors que les Beatles tombent bêtement amoureux.

 

C'est pour ça que, fatalement, ils sont plus à même de plaire à n'importe quel crétin acnéique. (comme celui que j'ai été, évidement, vous croyiez quand même pas que j'allais oublier de ramener ma petite existence dans l'affaire, quand même.)

 

Ben oui: on rêve d'être Mick Jagger, mais la vie fait qu'on est le plus souvent (toute velléité de génie mise à part) des Mc Cartney, voire, pour les moins chanceux d'entre nous, des Ringo.

 

Bref.

 

Qu'en est-il de ce fameux "The Night Before"? Eh bien ce n'est rien d'autre qu'une de ces anecdotes à la con de l'adolescence, ce genre de passage obligé qu'on passera une bonne partie de sa vie à regretter, ce genre de chose idiotes qui font qu'on devient ce qu'on est (ouais, l'adolescence quoi.)

 

C'est juste un lendemain de soirée. Mais de quelle soirée! Une soirée sympathique, où, au cours d'une fête (boum, party, chouille, le terme dépend de votre âge), une chose en amenant une autre, on s'est retrouvé, à sa grande joie, avec une délicieuse jeune fille dans les bras. Une fille qui nous plaisait déjà avant, mais qu'on avait pas forcément osé aborder auparavant – quoique.

Mais l'atmosphère de la soirée aidant, et peut-être un peu l'alcool aussi, on a réussi à la conquérir, certes un peu piteusement, mais on s'en réjouit. On passe la soirée sans se lâcher, on l'embrasse, on veut profiter de la grisante sensation de ses lèvres sur les siennes, s'en rendre encore plus ivre qu'on ne l'est déjà, on fait, sans s'en rendre vraiment compte (enfin pas intentionnellement disons), le tour de tous ses potes, on discute avec eux, on leur paye un coup à boire, mais avec sa conquête à ses côtés, discrètement mais ostensiblement quand même, oui c'est antinomique et alors, on se sent bien, bizarrement, ce soir là, on se sent différent, passablement joyeux, soudainement confiant en soi, sur de l'avenir, et si certains ne sont pas là pour assister à votre réussite (et s'en réjouir avec vous, parce qu'ils savent, eux, à quel point cette fille vous tient à cœur), eh bien, à la faveur d'un court éloignement de votre toute fraîche moitié, vous vous isolerez pour leur envoyer un message téléphonique – certes à des heures indues, mais votre victoire sur votre propre lose ne peut que réjouir n'importe qui, même au réveil, je sais pas, c'est tellement génial, le monde vous appartient, oui, cette fille, elle est là, là à vos côtés, et ce n'est assurément que le début d'une histoire qui sera couronnée de succès – c'est obligé.

 

Puis vous la raccompagnez chez elle. Avant de rentrer chez vous, évidement, quelle utilité de vouloir "consommer" cette union maintenant, hors de questions de passer pour un misérable goujat aviné, quelle utilité oui, vu que cette histoire ne peut que durer, et qu'on en aura l'occasion de multiples, d'innombrables fois!

 

Puis le réveil sonne.

 

On ne tient pas en place, on ne peut focaliser ses pensées sur autre chose que l'après – midi qui s'annonce, oui, à 16 h 30 précises on doit passer chez elle la saluer, on lui a promis la veille, on va la revoir, et les choses seront enfin différentes, finie la gène, la maladresse, on va pouvoir assumer enfin ses sentiments, certes sans les déclarer clairement, mais on pourra les laisser se manifester, rhaaa… vivement cet après – midi!

 

Cet après – midi, où, alors que vous rentrez dans son appartement… Elle vous fait la bise.

 

C'es cette après – midi là, durant cette entrevue précise que "The Night Before" a sa place, et prend tout son sens.

 


 

(Les paroles pour ceux qui en ont besoin:


We said our goodbyes, ah, the night before.
Love was in your eyes, ah, the night before.
Now today I find you have changed your mind.
Treat me like you did the night before.
Were you telling lies, ah, the night before?
Was I so unwise, ah, the night before?
When I held you near you were so sincere.
Treat me like you did the night before.

Last night is a night I will remember you by.
When I think of things we did it makes me wanna cry. )


 

Durant cette après – midi, celle précédent la nuit où vous vous repasserez la soirée de la veille en boucle dans votre cerveau, cherchant à comprendre le pourquoi du comment de ce changement d'avis, de ce soudain rejet, et de vous sentir à nouveau tel un moins que rien. Et d'avoir, en la recroisant plus tard, l'obligation de dissimuler son amour, plage suivante.

 

 

Il est là, le génie des Beatles. A partir de leur adolescence discographique, les Beatles n'ont de fait plus écrit de chanson d'amour. Mais un paquet de chansons sur l'amour.

 

Vous remarquerez que les chansons d'amour, en général, se divisent en deux catégories: "Tu me plais, sors avec moi", et "Tu m'as quitté, ça fait mal". Chez les Beatles, l'amour revêt (pour une fois) de multiples facettes, tout comme la conquête et la rupture. Rupture douloureuse et passive (Yesterday), violente et méchante (Run for your life), ruprure qu'on ne s'avoue pas (For no one) ou non-conquête difficile à vivre (I want you), ou simple déclaration d'amour et ode à la simplicité de cet amour (Something).

 


S'il te plait Ringo tu me regardes meilleur, merci.

 


 

Et donc, du retournement d'opinion de lendemain de soirée dans "The Night before", cette chanson qui, l'air de rien, dès ses premières notes, nous propulse au sein de cette surprise-party  qui défile, défile, et défile encore derrière nos yeux, et dont on cherche à se souvenir du moindre détail pour mettre des raisons sur ces petites souffrances mesquines.

 

Les Beatles sont des ados, les Beatles sont l'Ado. Mais surtout des génies, susceptibles de parler à tous, en ne parlant en fait que de détails et de cas particuliers.

 

Et donc capables, à la faveur d'une chanson vieille de plus de quarante ans, de relater une soirée particulière, perdue au milieu de monceaux de souvenirs brumeux d'un mois de Mars nancéien.

 

 

 

(Par contre, comme les Beatles n'ont pas écrit de chanson s'appelant "Will you please, dear get the fuck out of my heart and memory", je laisserai des punks conclure en beauté, avec la chanson qu'on qualifiera de chanson "du surlendemain.")

 

 

 



La prochaine fois : Les filles, arrêtez de nous saouler avec votre « il m’a pas rappelé », nous on a le « elle répond pas » et c’est pire. 

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 12:00

Rha là là… 10 ans déjà. 10 ans, donc, que je sacrifie ma vie sociale au culte démesuré de la musique binaire, mon budget à l'acquisition de petites (et maintenant, aussi, de grandes) galettes, et bien sur, mes tympans.

 

10 ans que je vais me remémorer sans pudeur devant vous, histoire de faire mon bilan de la décennie tranquillement, avant tout le monde, parce que de toutes façons, fin décembre j'aurais pas plus de recul sur l'année qui vient de s'écouler alors autant la zapper du bilan (non?)

 

Si, le 4 Novembre 1999, on avait dit au jeune Guic' (tiens, ça va faire 10 ans que je me traîne le même surnom dans le civil, d'ailleurs), qu'en 2009, il aurait fini ses études, et passerait son temps à tergiverser sur la meilleure chanson des Beatles avec des gens qu'il ne connâit ni d'Eve ni d'Adam ou presque… Il aurait haussé les épaules, puis serait retourné bosser ses maths, sûrement, timide comme il était. Mais il n'en aurait pas pensé moins.

 

Mais en 10 ans, finalement… il y a tant de choses…

 

- 2,5 ans d'abonnement à Rock Sound.


- 8,5 ans de lecture plus ou moins régulière de Rock & Folk


- 4 ans d'errances blogosphèriennes.


- 4… numéros des Inrocks lus.


- 3 déménagements.


- Plus de 400 CDs achetés, empruntés et jamais rendus, rangés par ordre alphabético-chronologique.


- Je sais pas combien de gravés, copiés sur PC, perdus, donnés, offerts, prêtés et jamais retrouvés.


- Certains achetés à plusieurs reprises (Recordman: Doolittle des Pixies, 4 fois), entre autres à cause du point précédent


- La découverte du premier sampler de Rock n' Folk. Couverture du magazine: les Stones (étonnant). Contenu: "Up the Bracket", et "My Generation".


- Une douzaine d'idoles successives dont la moitiè était morte avant même ma naissance: Jim Morrison, Matt Bellamy (oui, j'étais jeune), Jimi Hendrix, Nick Cave, Keith Moon, Morrissey, … Paul McCartney puis John Lennon puis George Harrison et toujours pas Ringo


- Une quinzaine de visite au Père Lachaise pour aller saluer l'une d'entre elles.


- La découverte d'Elliott Smith, et la découverte que...trop tard.


- Vilnius.


- "Ma" première mort de Beatles.


- Des heures écumées à passer en revue les occases chez Gibert Joseph à Paris comme à Lyon, chez Crocodisc à Paris, Dangerhouse à Lyon, La Parenthèse et le Hall du livre à Nancy, et les bouquinistes des bords de Seine comme de Rhône, mais pas de Meurthe.


- Des heures, également, de déambulations, écouteurs vissés aux oreilles, à m'imaginer dans un film dont je choisirai la B.O., de préférence de nuit dans la ville (et si il pleut c'est mieux (remember: je suis un cliché ambulant)), mais aussi parfois à la campagne  au milieu de rien.


- Ben tiens: la passage du Walkman au discman à l'iPod à l'iPod touch.



 Essai stylistique: Les albums tirés de l'étagère sont ceux sortis entre 2000 et 2008...

 

 

 

Mais c'est aussi… plein de disques donc. Raison suffisante pour dresser la liste des albums qui m'auront le plus marqué, ou tout simplement accompagné tout au long de cette décennie.

Et je ne parle que de ceux publiés au cours de cette décennie, je ne saurais pas faire un bilan de mes découvertes issues du passé en moins de 10 pages. Surtout que le passé on n'a de cesse de le découvrir.

 

 

Allez. 20 albums grandioses ou du moins vachement bien qui m'auront marqué dans la décennie:

 

PJ Harvey – Stories from the city, Stories from the Sea (2000)

The Dandy Warhols - Thirteen tales from urban bohemia (2000)

Elliot Smith – Figure 8 (2000)

 

System of a down - Toxicity (2001)

The White Stripes - White blood cells (2001)

Muse – Origin of Symmetry (2001)

Weezer – Weezer (Green) (2001)

The Strokes – This is it (2001)

Dogs – Short, Fast and tight (Live, 2001)

 

Queens of the Stone Age - Songs for the Deaf  (2002)

The Libertines - Up the bracket (2002)

 

Radiohead – Hail to the Thief (2003)

 

Les Wampas – Never Trust a live! (Live, 2004)

Nick Cave and the Bad Seeds – Abattoir Blues / The Lyre of Orpheus (2004)

 

Arcade Fire – Funeral (2005)

Hushpuppies – The Trap (2005)

Noir Désir – En Public (2005)

 

Smashing Pumpkins – Zeitgeist (2007)

The Hives – The Black and White album (2007)

 

Babyshambles – Oh what a lovely tour it was (Live, 2008)

 

 

Certains disques (genre Gomm, La Maison Tellier, I love UFO – tiens, que des trucs dont a parlé Chtif (et klak, aussi.)) ont finalement été supprimés, pour revenir à 20, d'une façon permettant finalement de résumer ma position actuelle: celle d'un connaisseur, d'un amateur éclairé, mais qui n'en a strictement rien à foutre de dénicher le future grand talent, et qui vit très bien de ne pas pouvoir se vanter d'avoir assisté à la première date française de telle ou telle nouvelle sensation.

 

Traitez-moi de mainstream si vous voulez: vous aurez raison. Et je suis fier de vous dire que je m'en fous. (Oui, en dix ans, j'ai appris à m'affirmer)

 

 

5 albums qui par la force des choses seront rentés dans le club très fermé de mes albums fétiches:

 

(Remarque: il y en a là-dedans qui sont carrément meilleurs que certains dans la liste précédente, mais j'ai un lien tout particulier avec ceux-là, en fait)


 

… And you will know us by the trail of Dead – Sources, Tags and Codes (2002)

Dirty Pretty Things – Waterloo to anywhere (2006)

Eiffel – Tandoori (2007)

The Bishops – The Bishops (2007)

Brimstone Howl – We came in peace (2008)

 

 

5 albums qui n'ont pas grand-chose à voir avec ce dont je vous parle ici, mais que j'adore quand même, n'empêche.

 

Rubin Steiner - Lo-fi Nu Jazz #2 (2000)

Amon Tobin – Out, from out where (2002)

Kid Koala – Some of my best friends are DJ (2003)

The Herbalizer – Take London (2005)

Le Peuple de l'herbe – Cube (2005)


 

 

Et totalement à part:

 

Alain Souchon – J'veux du live (Live, 2002)

 

 

J'aurais pu faire plus long, mais je ne veux pas non plus vous innonder.

 


Voilà. Comme ça …

 

1. J'ai fait mon bilan.


2. Je l'ai fait avant tout le monde (enfin sauf klak, mais comment lutter?) pour faire mon malin (mais vous couperez pas au bilan de 2009)


3. J'ai contrecarré le problème de pas trouver, cette année, de chanson avec mon âge dans les paroles (si vous en trouvez une, je suis preneur.)


4. Je peux garder l'esprit tranquille, c'est bon, c'est publié.


5. Je rappelle à leurs détracteurs que je "kiffe" les Libertines (et les DPT, et les Babyshambles)


6. Je rappelle que l'album de reformation des Pumpkins était pas si dégueu.


7. Je rappelle ma maniaquerie des Pumpkins (Ca faisait longtemps) (10 ans de maniaquerie!)


8. Je montre que quand même je suis vachement éclectique (Attends, j'aime beaucoup ces… 5 disques d'électro / abstract / trucs comme ça…)


9. Je suis d'autant plus éclectique que je vous ai quand même casé un grand écart Wampas / Nick Cave sur 2004 qui force mon propre respect.


10. Au moins, pendant que j'ai écrit cet article, j'ai pas pensé que pma maniaquerie de la musique aura déjà duré … 41,7 % de mon temps d'existence.

 

Allez… On est repartis pour un an, cinq ans, dix ans comme ça! Ouais, voilà, rendez vous pour le bilan de la décennie 2010, je devrais bien trouver du temps, entre le Scénic, le Labrador et les Gosses (1 Garçon, Stephen, et une fille, Courtney: ne vous moquez pas, aveat, j'envisageai Pierre et Marie.)

 

A bientôt.

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 20:42

Nick Cave. Voilà un nom qui a une résonance toute particulière pour tout fan de rock. Car bizarrement, où qu'on aille quoiqu'on cherche, ce nom est là, tapis, prêt à bondir à la face de l'aspirant Rock-addict que chacun a été un jour, ou est peut-être encore.

 

Et si la musique de certains peut attirer des sentiments mêlés d'attirance, de sympathie, voir de reconnaissance (comprenez par là qu'il existe des chansons dans lesquelles on se reconnaît), la musique de Nick Cave (en particulier, et c'est le cas qui nous intéresse, avec l'appui des Bad Seeds, groupe au line-up aussi vacillant que son talent est important, en apporte un que d'autres échoueront toujours à faire naître: la fascination.

 

Et le goût pour les phrases interminables, ai-je aussi l'impression.

 

De plus, dans mon cas personnel (qui s'avère être celui qui nous préoccupe ici), Nick Cave est peut-être le premier que j'aie rencontré et qui m'ait à ce point fasciné à faire partie de la caste des "Rockeurs lettrés". (Evidement, plus tard, arriveront Morrissey et Jarvis Cocker, mais là on est en 2006 et je suis encore en formation, si vous permettez)

 

En fait c'est presque flippant: aucun album des Bad Seeds n'est vraiment mauvais. Oh, bien sur, il en existe des "un ton en dessous", mais qui sont tous, toujours, sauvés, par quelques chansons purement géniales. Car Cave est un extraordinaire songwriter, un génie concernant l'alchimie Musique / Paroles, et les Bad Seeds un groupe complet, au service d'un leader, certes, mais oeuvrant main dans la main avec lui: rien d'étonnant, donc, que chaque changement de line-up donne l'impression d'un nouveau départ, d'une nouvelle orientation de la musique du collectif.

 

C'est par conséquent assez difficile de sélectionner cinq titres sur une carrière en comptant je ne sais combien, dont la majorité sont des joyaux. Alors, ça s'est fait plus ou moins au premier arrivé premier servi… Et je m'octroie le droit de livrer un bonus.

 

Mais malgré cela, alors que je tape ces lignes, me viennent en tête tant de titres, pour certains des classiques, pour d'autres des monuments, que je regrette déjà de n'avoir pas mis… Je vous serais donc reconnaissant de ne pas me lister mes oublis. (Et tapant cela, je sais déjà que certains vont s'empresser de le faire)

 

Ah, j'oubliais, un dernier petit détail: Nick Cave, c'est aussi… le premier artiste vraiment important dans mon existence que j'ai découvert via mes errances blogosphériennes… Donc merci.

 


 

Papa won’t leave you Henry

 

La version du Live Seeds s'il vous plait. Vous le saviez, vous, qu'avec une guitare acoustique on peut arriver à être mille fois plus violent qu'avec des litres de disto sur une Ibanez mal accordée?

Eh bien moi, non, en tout cas jusqu'à la découverte de ce morceau, rageur, puissant, et qui malgré son titre ne recèle pas beaucoup d'espoir… Du Cave tendu à son meilleur.

 


 

 

Lay me low

 

Cette chanson, je veux qu'on la joue à mon enterrement! Voilà, au moins, maintenant, ce sera écrit quelque part.

Cette chanson devrait être au programme de toutes les écoles de Rock – addiction, Coef. 20, mention: "Pourquoi il FAUT écouter les paroles des chansons" (Ben oui, si les paroles n'avaient pas d'importance, on ferait des instrumentaux.)

Sans prendre en compte les paroles, cette chanson est belle. En les comprenant mal, elle est sublime. En les comprenant vraiment, elle est… splendidement atroce. Car Nick Cave (ou Henry?) y décrit rien moins que son propre enterrement et ses conséquences: et là, toute la noirceur de l'âme humaine se révèle à la lueur de la mort des autres: l'hypocrisie, l'égoïsme, la vanité des gens… sur cette musique si apaisante pourtant… Comme écartelé, on est incapable de savoir à quoi s'en tenir… Quand je vous parlais de fascination.

 


 

 

 

Stagger Lee

 

Ca commence par une basse hypnotique et profonde… Ca finit dans un déluge de larsens et de stridences. Entre temps, Cave nous aura narré une mésaventure de western, glauque à souhait comme la majorité des Murder Ballads.* Sauf que… Le gros problème avec Cave, c'est sa capacité à tout distancier, en particulier, distancier la musique des paroles. Et donc, quand même, un carnage aussi funky, aussi chaloupé si on veut, c'est quand même un coup à se poser des questions… Mais surtout à se remettre le truc sur la platine.

 


 

 

Oh my Lord

 

C'est glauque, et ça monte, ça monte, c'est beau… Et pourtant bizarrement, quand on écoute bien, si ça c'est pas déprimant, de la descente aux enfers comme Orphée n'aurait jamais osé la pratiquer…

En plein milieu de l'album le plus déprimant jamais écrit par notre ami Nick cette chanson arrive, pleine de vigueur désespérée, côte à côte de la lumineuse "God is in the house", et terrasse définitivement un auditeur  déjà bien amoché…

Fatal.

 


 

There she goes, my beautiful world

 

Il fallait quand même finir sur une note positive non? Alors, voilà, une splendide chanson, codée, lumineuse et joyeuse, plein d'hommages en vrac aux inspirateurs, à l'inspiration elle-même d'ailleurs. Ah qu'il est dur de se dire que ce titre splendide, fascinant, risque de ne jamais être cité comme référence de l'œuvre des Bad Seeds…Que j'aime ce titre, qu'il est agréable de l'écouter, un dimanche matin, accoudé à la fenêtre, à admirer passer la vie dans la rue, vers le mois de Mars… Ah…

 


 

 


Et le Bonus:

 

No pussy blues, par Grinderman.


Simplement parce que le mec qui vous offre cette sélection, c'est quand même le loser ultime qui s'amuse à vous narrer ses mésaventures pathético – sentimentales sur fond de Rock n’Roll à longueur de "Le Rock Critic est un con".

Par conséquent, pas étonnant que ce titre soit un de mes préférés. En plus, ce morceau est terrassant.

 

Et puis ce titre, aussi…

 


 

Et pensez bien que je suis le premier marri de ne pas avoir trouvé de video live de "Lay me low".

 

 

 

 


 

* Thomas, si tu peux me dire à laquelle de tes critiques (voire lesquelles) j'ai trouvé moyen de piquer cette intro, ce serait sympa: parce que je me suis rendu compte du plagiat psychique seulement à la relecture, mais depuis ça m'obsède.

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Published by Guic ' the old - dans Top à ...
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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 17:03

"Non mais j'vais te dire un truc: la musique ça part en couille. En même temps, c'est les majors, là, mais si les gros bonnets du disque là, ceux qui passent leur temps à râler qu'ils perdent de la thune à la télé, la crise du disque et tout ça, mais bon. D'un côté, notre crise à nous, ils sont pas au courant ou quoi? Et pis en plus, franchement, vu tout ce qu'ils dépensent en pub pour nous refourguer le dernier album de l'autre, là… mais si, là, le castrat qu'était dans le Roi Lion… Mais putain, si, le truc sur Louis XVI… Enfin bon, toute la thune qu'ils dépensent en pub, ben ils la garderaient, ptêt qu'ils nous feraient plus chier…

 

Et puis de toutes façons, je sais pas comment ils font, mais genre, t'as un groupe, que t'aime bien… Un jour il veut faire un album avec un peu plus de budget que là où il est. Il décide de signer sur une des majors, là… Et ben tu peux être sur que ça va être lisse, chiant, que tu vas pas retrouver ce que t'aimais chez eux. Et pourquoi? Mais c'est des histoires de gros sous ça! Ils veulent leur single, leur album banquable, là, comme ils disent les mecs des écoles de commerce, ils s'en foutent de la recherche esthétique et tout ça.

 

(…)

 

Mais me fait pas chier avec tes indés, toi! Parce que franchement. Les Indés. Y a quoi?... 2 types d'indés en gros. T'as les gros indés… Et ben en fait c'est rien d'autres que des petites majors, ils valent pas mieux, le fric, le fric, le fric tout ça… OK, surement qu'ils laissent un peu plus de place pour la recherche esthétique tout ça, c'que j'en sais moi, mais quand même: le fric, voilà. Et puis t'as les petits indés, eux ils sont réglos, ils sont sympas, ils bossent par goût de la musique, c'est limite la maison de disques parfaite… Sauf que bon, tu me permettras de te rappeller que je suis pas foutu, et toi non plus surement d'ailleurs de citer le nom d'une seule d'entre elles de ces super maisons de disques! C'est vrai ou c'est pas vrai? Eh ben c'est vrai, ils peuvent être aussi géniaux que tu veux tes petits indés, le seul truc c'est qu'à part eux personne sait qu'ils existent, merde!

 

(…)

 

Rhoo mais ouais bien sur! Et moi j'suis Albert de Monaco. La presse Rock. Kestucrois? Eux aussi ils ont des obligations à cause de la pub et tout ça. Eux aussi ils veulent vendre, faire du chiffre.Regarde, roquéfolk. Roquéfok, moi j'me rappelle, quand j'ai commencé à le lire, c'était vachement bien, même si c'était déjà Manœuvre, c'était intéressant, j'ai appris plein de trucs sur tous les groupes qu'ils sont devenus mes préférés depuis dedans. Et d'ailleurs, j'te l'dis, c'est bien pour ça que jamais JAMAIS tu m'entends, j'en dirais que c'est à chier. Je leur dois trop. M'enfin, n'empeche que leurs trips mégalos, ça commence à saouler sévère. En fait, depuis kek'temps, moi j'l'achète tous les mois pendant quoi, 5 ou 6 mois, et puis après je laisse tomber 4 ou 5 mois, et puis j'redémarre. Pask'en fait (attends, tiens, j'vais t'faire une métaphore: ) Roquéfok, c'est comme quand t'es jeune et que tu reviens en vacances dans ta famille. Au début c'est super, tu retrouves tout tes repères, tes onc' un peu chiants avec leurs mêmes vannes depuis ta naissance ils te font marrer un peu, et tout… Mais ça te saoule vite quand même, au final. Alors t'es content de repartir, mais après t'es content de revenir. Moi je vois bien, le premier que je rachète, je le lis entier (même les annonces et les articles de l'autre, là, la fan de Doherty, c'est dire), et pis à la fin, le dernier avant la pause, je lis les brèves et pis les rééditions. Pasque au moins, les rééditions, il est drôle, le mec. Même si je sais toujours pas comment qu'on prononce son nom.

Non mais tu vois, c'est ptet le magazine le plus pourri du monde pour toi, mais c'est mon magazine pourri à moi. Même si ce seraient des connards, tes parents c'est tes parents et tu les aimes quand même. Merde,v'là que j'me mets à citer Eudeline maintenant moi.

 

(…)

 

Mais tes Inrocks, mais Fuck bordel. Attends, arrête, là tu vas m'enerver. Attends, question: Est-ce que tu trouve que la fille qui fait la rubrique musique dans l'émission à Denisot c'est une référence en matière de musique? Non, ben non, évidement, tu vois, on est d'accord. Eh ben kestuviens me faire chier avec tes Inrocks. Regarde, toi qui t'y connais un peu en rock, si j'te dis NME, tu vas me dire quoi? Versatilité? Monte en épingle des groupes qui servent à rien? Hype, vu que t'es bilingue, toi? Eh ben d'une part ça veut dire que, quand même t'en tiens une plus légère que moi (paske bon, là chuis plus trop en état de prononcer correctement versatimachin), et d'autre aprt que désolé, mais tu peux pas te permettre de dire du mal du énémi et du bien des Inrocks en même temps pask'ils font le même sale boulot.

 

(…)

 

Nan mais d'tout'façon on est dans une impasse pasqu'on compare du pas comparable. Moi j'te dis que dans tes Inrocks ils font chier avec, soit des groupes arty que ça j'y reviendrais pas c'était la discussion d'l'aut'jour, soit des groupes de jeunes qui jouent de la musique comme les vieux, alors que chez roquéfok, ils parlent des groupes de vieux qu'essayent de nous faire croire qu'ils sont jeunes. Les deux ils sont ridicules, ok. Sauf que les vieux ils ont un passé que tes jeunes, là ils ont rien. D'toute façon y a que ceux qui ont pas d'avenir qui reprochent aux autres de se reposer sur les lauriers de leur passé. Bon OK, ceux qui se reposent sur leur passé aussi ils ont pas d'avenir, ouais. Mais on a dit qu'on arrêtait avec Eudeline, merde.

 

(…)

 

P'tain, ouais, Internet. Comment qu't'appelles ça, déjà, des Webzines? Des bogues? Ouaif, c'est sympa. Mais bon. J'me rappelle j'avais été traîner dessus, genre pas longtemps après la mort de Jackson. Eh ben ils en parlaient tous, juste pour en plus dire que ça allait créer un emballement médiatique (ils adorent c't'expression chais pas pourquoi) de tous les diables et que c'était une connerie. Mais en même temps, ça ressemeblait à une quète du scoop minable, et pis, franchement, l'emballement machin, là, finalement, ils en faisaient partie aussi. C'est con hein. Mais bon, les mecs, ils écrivent, c'est sympa, et puis des fois ils ont pas trop mauvais goût, même si finalement ils passent leur temps à critiquer des albums qu'on sait qu'ils sont bons et que des milliers d'autres sont passés avant. L'autre truc qu'est marrant c'est qu'ils passent leur temps à torcher des trucs qui font des pages et des pages en se plaignant dès qu'un autre fait un article qui passe les quinze lignes. Moi c'qui m'a fait marrer, c'est l'jour ou chuis tombé sur un mec, sur son bogue, y avait une rubrique "le Rock-critic est un con", ou il s'amusait, genre, à démanteler comment qu'ça marche un rock critic à se moquer vite fait des habitudes à la con, sauf que… ben la majorité du temps, il parle de son adolescence comme Eudeline, avec une sorte d'argot titi parisien du Faubourg Saint Antoine comme Manœuvre, et genre le gars te dis que la critique Rock c'est cliché mais lui-même c'est un p'tain de cliché ambulant.

 

(…)

 

Limite il entendrait notre conversation qu'il se sentirait obligé de la reproduire et d'l'analyser. Lol comme qu'ils disent."

 

 

 

L'analyse, la voilà: En fait, un Rock-Critic, c'est jamais rien d'autre qu'un pilier de PMU qui a une putain de discothèque.

 

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 19:16

C'est marrant, depuis que j'ai commencé ces tops, c'est donc la seconde fois que l'ordre alphabétique se retrouve à se recouper avec l'actualité. Bon, on verra plus tard si c'est une bonne ou une mauvaise chose.

 

Alors donc, pour parler de Muse, je n'ai pas le choix. Je dois convoquer le jeune Guicard, plus connu dans ces pages sous le nom de "Moi quand j'avais 16 ans". Parce que finalement, seul lui pourra parler de ce groupe, si important dans mon existence, sans se sentir obligé de pratiquer l'ironie ou le sarcasme qu'imposent les deux dernières productions du trio anglais. (On le rappellera, d'ailleurs, quand il faudra parler de Placebo, je pense)

 

Muse est un groupe comme on en rencontre peu dans une vie de fan de rock… Un groupe qu'on trouve talentueux, grand, et éminemment sympathique alors que ses membres ont tout juste quelques années de plus que vous. Et donc évidement un groupe qui donne envie de se passionner encore plus pour la musique, mais aussi qui vous fait caresser le rêve bizarre d'un jour en faire. Pendant mes années de prépa, les rares fois où je parvenais à rêver d'autres choses que d'équations, je rêvais qu'un artiste que j'admirais me faisait monter sur scène avec lui (j'exagère, ce genre de rêves n'a du m'arriver que trois fois… Les artistes, hein, parce que les équations…)

 

Et finalement… c'est resté à l'état de rêve. Mais ce n'est pas plus mal. Reste que j'ai envers eux une dette, et qui, bizarrement, j'ai l'impression qu'ils ont une dette envers moi: garder vivant l'ado que j'ai été et croit être encore.

Alors passons maintenant à la sélection.



Showbiz

 

Issu de l'album du meme nom, ce morceau reste un must. Représentation idéale de mots que j'ai depuis utilisé à m'en faire péter la jugulaire, à savoir "montée en puissance", "tension", "explosion" etc… je n'arrive toujours pas à me lasser de ce titre. Il est beau, ses paroles (niaises, oh mon Dieu qu'elles sont niaises) restent gravées dans mon mental, il est fascinant, il est… l'incarnation de ce que j'aurais voulu que Muse reste. Simple mais pourtant puissant.


 

Host

 

Attention, quota de snobisme en vue. Mais c'est doublement logique: Muse est le premier groupe dont j'ai commencé à collectionner les faces B. Et certaines de leurs faces B sont leurs meilleurs morceaux. Host en fait partie. Une légère fuzz pour une intro splendidement sombre, qui s'achève dans une débauche d'effets, une explosion de souffrance… Bref, un grand moment de bipolarité adolescente. Un petit moment de vie dans le corps d'un ado.

 

 

Hate this and I’ll love you

 

J'ai hésité entre ce titre ci, et "Escape". Finalement j'ai gardé la ballade. Pour les incursions de bruit d'oiseau et de ruissellement d'eau claire tout droit sortis d'un disque de relaxation new age. Pour les paroles, oui, les paroles, codées, mais surtout à interprétations multiples, comme j'aime… Et puis pour la voix, haute, pompeuse, emphatique, qui, malgré le temps, le reniement, et le vieillissement, réussit toujours à faire un petit quelque chose au vieux que je suis devenu.


 

New Born

 

Choix de morceau purement symbolique. Septembre 2001, je traîne les magasins pour les courses de rentrée avec ma génitrice: je vais rentrer en terminale. Au détour d'un rayonnage du Leclerc, je tombe sur cet album. J'aimais déjà bien Muse, j'avais entendu cet album, qui m'avait paru pas dégueu au détour d'une soirée chez un pote, à l'autre bout de la ville, au mois de Juin précédent. Je n'avais pas réussi à ma le fournir (par contre, aucun problème pour récupérer le dernier Blink, sorti une semaine plus tard – étonnant.)

Je ne détaillerais pas plus, mais… Rentrant chez moi, je glisse l'album dans ma (regrettée) chaîne de l'époque. Et, même si j'avais déjà entendu le morceau en radio, l'irruption du riff de New Born, au bout d'une petite minute… Ca m'a juste cloué sur place. Oh certes, j'aime nombre de titres sur cet album (la reprise de Feeling Good est peut-être le seul qui me saoule – trop entendu – et Micro cuts le seul qui me gonfle…), il y a Plug In baby, Dark Shines, que j'adore… Mais non, New Born, ses paroles à la con, son riff démentiel… Oui, toujours, encore, New Born.

Ah, oui, j'oubliais. Cet album quittera la rotation lourde de ma chaîne hifi seulement quand sortira le live associé. C'est-à-dire en Juillet 2002.

 

 

The Small Print

 

Tiens, continuons dans la symbolique. Novembre 2003. Prepa. J'achete cet album le jour même de sa sortie, durant ma pause de midi. Copié sur cassette, il tournera des heures, des heures dans mon walkman. Mais bon, à ce moment là, je connais déjà plus de choses. Par exemple, mon best of des Doors et celui de Bowie ont déjà bien tourné dans ma ch&mbre et mes oreilles. Je n'en ai pas encore conscience, mais je m'élève (musicalement) en quelque sorte.

Conséquence, cet album n'aura pas le loisir de rotationner aussi lourdement que son prédecesseur. Celui-ci, ce n'est pas sa rotation, mais lui-même qui est d'une lourdeur impressionante. Et pourtant… Pourtant, au milieu de tout cela, on dirait que le "vieux" Muse a eu un sursaut d'orgueil. Le temps d'un titre, on laisse tomber les samples, les pianos, les clochettes, les artifices. Et on s'offre un morceau de Rock, de vrai, bien rentre dedans, bien direct.

A l'heure actuelle… Il est encore le seul morceau parfaitement réussi qu'ait offert ce groupe dans lequel j'avais placé tant d'espoirs… aujourd'hui déçus.

 

Eh ben putain j'ai fait long quand même… Allez, player.

 

 


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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 20:23

Très chers lecteurs,

 

Je vous adresse cette lettre ouverte pour vous mettre en garde contre ce que je dis à l'occasion: méfiez – vous. Des fois, je fais des erreurs de jugement graves. Et même pire. Des fois, je n'ose pas recouper les informations.

 

C'est pourquoi, je dois l'admettre, j'ai péché. Mais genre grave.

 

J'avais évoqué, il y a quelques temps, toute la drôlerie que m'évoquait la chanson Poison interprétée par Vincent "Alice" Furnier. Et avais dit, vite fais que, ouais, bon, Alice Cooper ptet que ses albums du début 70's étaient bons, mais bref ça c'est marrant, voilà."

Le premier péquin venu aura remarqué la réponse toute prête, et il aura raison: j'ai délibérément évité la question à l'époque, sachant que ma réponse aurait été Rock n' Rollement incorrecte: en effet, je trouvais pas ça transcendant Alice Cooper, même les vieux. Ouais, School's out c'est sympa, mais bon. Sans doute n’ai-je pas osé le dire par courtoisie envers Vincent/Alice, car, d’aussi loi que je me souvienne, le gaillard m’a toujours paru éminemment sympathique.

 

Mea Culpa, Mea maximae maxima culpa (sua matris).

 

J'avais commis ce jour là plusieurs erreurs fondamentales. La première, et la plus grave, ayant été de ne pas recouper les infos, ne me fiant qu'aux quelques "tubes" dans leur incarnation live en fin de mon best of d'Alice (acheté 2 € dans le seul but de pouvoir me réveiller en écoutant Poison). Et ça m'avait pas fait rêver plus que ça.

La seconde erreur est une écoute pas plus attentive que ça, sûrement au détour d'une lecture, dans un RER bondé.

 

Bref, j'ai merdé.

 

La délivrance vient des efforts conjoints de Xavier (grand Cooperiste devant l'éternel) et de Chtif.

Cela se passait un mercredi, le Chtif et moi-même étions invité à une grande cérémonie de maltologie dans l'antre de perdition que Xavier à construit de ses blanches mains, le "In Heaven's Bar". Au milieu de tergiversations diverses sur nos collections de disques, Xavier nous sortit quelques exemplaires vinyle de l'œuvre du shock rocker de l'ère Nixon. Oui, en plus d'être Cooperiste, il est Alissologue. J'ai toujours bien aimé les vinyles classes, avec de petits dispositifs amusants, or Alice Copper fut (furent?) génial(aux) dans ce sens. Bon, évidement, je connaissais l'histoire de School's out, mais là, avec sous les yeux des exemplaires de From the Inside et surtout Billion Dollar Babies de belle facture… Ben j'étais quand même sur le cul (intérieurement).

 

Pour ce soir là, j'en restais là.

 

Cependant, le lendemain, alors que je traînais mon désarroi et ma gueule de bois en caleçon chez Chtif, je décidai d'écouter, enfin non, d'enclencher dans la chaîne "A fistfull of Alice", live daté de 1997. Ai-je consciemment cherché du Cooper dans les rayonnages monstrueux de Chtif, ou ai-je choisi ce disque après être tombé dessus en écumant les étagères, je ne saurais le dire. Reste que c'est cet album que j'ai choisi.

 

Il s'ouvre sur "School's out", morceau que j'apprécie, certes, mais connais suffisamment pour n'y prêter qu'une oreille distraite, alors que je dégustais une cigarette en feuilletant une BD issue, elle aussi de rayonnages fort bien achalandés.1 La suivante, je l'avais certes déjà entendue, mais jamais écoutée. Elle s'appelle I'm Eighteen. Et là, quand elle est passée dans la chaîne…

 

Ben rien.2 Tout au plus ai-je légèrement opiné en rythme, et tapoté mon pied, en me disant "Tiens, en fait elle est pas mal celle là". Mais rien de plus.

 

Je laissais alors courir le disque, allant jusqu'à "Poison", morceau sur lequel je délaissais ma BD, et me levait pour aller me resservir un coca en esquissant quelque pas de danse.

 

 

Bizarrement, la suite me branchait un peu moins, et, arrivé à "Feed my Frankenstein", je stoppais le disque dans sa course. Ou plutôt: je décidai de revenir à ce titre qui avait légèrement attiré mon attention un peu plus tôt. Découvrant par la même quel était son titre, puisque la boîte était loin de moi (sur la chaîne) et que par conséquent, je remettais, de fait, "la 2". Ce fameux "I'm Eighteen".

 

 

I'm Eighteen and I don't know what I want

 

Moi non plus

 

I wanna get out of this place

 

Tu parles de ton boulot? Ouais, moi aussi, en quelque sorte, pour ça que je suis en vacances dans l'antre du Rock n' Roll d'ailleurs.

 

I got a baby's brain and a old man's Heart

 

Tu parles de mon rapport à la musique ou de mon rapport à la vie Alice? En même temps, p'tet que tu parles des deux… Ben t'aurais raison.

 

Took me eighteen years to get this far

 

P'tain t'es un rapide, 23, moi.

 

 

Partant de là, je me suis intéressé à la discographie studio du groupe Alice Cooper. Et je sais pas, mais bon, je crois que les termes "putain de révélation" ne sont pas encore assez forts pour exprimer à quel point cette rencontre s'est avérée forte.

 

Oh, tous les titres ne sont pas des chefs d'œuvre, certes. Mais Alice sait taper là où il faut… Et bizarrement, on se dit que, finalement, l'humanité ne changera jamais (oui, oubliez vos conneries de révolution des 70's tout ça, hein). L'ado de "I'm Eighteen" est le même en 71 et en 2009 (et en 2003 aussi)."Elected", écrit pour Nixon? Ouais, mais ça s'applique encore vachement aujourd'hui, même si pas au même. "I love the Dead", c'est toujours aussi vénéneux, le shock rocker arrive encore à me choquer, moi, le vieux jeune de l'an 2000 en contant "Million Dollar Babies"…

Ca fait franchement plaisir de retrouver, comme ça, un petit moment, ce côté grandiloquent, non pas de la musique, mais de son auteur, le côté sexy, légèrement glauque…

 

Le Rock est chiant quand il est prétentieux… mais quand c'est le Rocker qui l'est, ça peut faire des merveilles, et en ce sens, Is it my body, Under my wheels, Be my lover sont juste… j'allais dire jouissives, eh bien ce serait certes de mauvais goût mais ce serait ça.

 

Et face à Alice, tout plein de remords, je me sens, à l'instar de Wane Campbell, comme une larve.

 

Car finalement, draguer les filles en conduisant des Cadillac bourré à la bière, c'est ça le Rock… n' Roll.

 

C'est juste dommage d'être obligé de s'en retourner en 1970 pour en avoir une dose.

 

Ah j'oubliais.

 

Quand Chtif est rentré (ouais, parfois il travaille, aussi), je lui fis part de ma "découverte". A laquelle s'associait une interrogation finalement légitime:

 

-         Dis-moi, tu crois que c'est raisonnable qu'à 23 ans je me reconnaisse parfaitement dans une chanson qui s'appelle I'm Eighteen?

 

-         Boarf… Tu sais, moi j'en ai bien 29."


 

Merci, Obi Wan.


 

Sur ce, très chers lecteurs, je vous laisse et vous prie de m'excuser. Je le ferais plus.

 

Cordialement,

 

Guic' the old.

 

 

Je me sens bien obligé, maintenant, de propager la bonne parole, d'où cette rapide playlist, qui pour une fois n'est pas un top 5.

 

 

 


 

1 Oui, le Rock – Critic que je suis, en plus de souffrir de la peur du vide qualificatif, est aussi sujet à la peur du vide actif. Par conséquent, je lis en écoutant de la musique et en fumant et buvant (le plus souvent du café) en alternance, parce qu'on a que deux mains, si vous le voulez bien.

 

2 Oui, là on parle de la vraie vie.

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 18:46

Quitte a reprendre une formulé éculée, j'aurais bien envie de dire que Metallica est tout à la fois le meilleur et le pire groupe du monde. La musique de Metallica a tout pour déplaire, en ce sens qu'elle regroupe à peu près tous les clichés du Hard et du Metal: Morceaux qui s'étirent en longueur, cavalcades de batterie (Bat-te-ry!), Soli dans tous les sens qui prennent moitié du morceau, vois rauque qui fleure bon la bière…

 

Mais bizarrement, tous ces clichés (sans lequel le métal ne serait pas le même, quand même!), la team de Metallica réussit à les transcender, et c'est pas pour rien que c'est le groupe de Metal le plus connu au monde. (Derrière Evanescence, quand même, certes.)

Forts d'un bassiste fasciné par la musique classique au point de connaître un destin tragique (à l'image de ses idoles), le quartet thrash de la Bay Area (enfilons les poncifs, mes amis)  a longtemps (sinon toujours) livré une musique qui est bien plus que bourrinage vain, mais un truc… presque "érudit" oserais-je dire. Enfin, tout ça pour dire que dans Metallica, il y a plus que ce que beaucoup veulent y voir.

 

J'arrête là avant de me retrouver à citer Reznor comme tout le monde… Parce que ce salaud là avait raison.

 

La sélection:

 

For Whom the Bell Tolls

 

Un jour, dans votre vie, vous croiserez un morceau dont la structure diffère légèrement de ceux que vous connaissez. Ou la place des instruments n'est pas la même que dans tous les morceaux de Rock que vous avez entendu auparavant. Un morceau ou, pour une fois, on demande un peu plus de boulot à celui qui d'habitude est le branleur du lot.

 

Ce jour là, vous arrêterez de dire "La basse, c'est nul, ça fait "toudoum, toudoum" et c'est tout, je voudrais pas faire bassiste franchement."

 

Ben pour moi, ce morceau, c'était "For Whom the Bell tolls." (Et puis c'est pazs ma faute j'ai toujours adoré les morceaux avec des cloches dedans.)

 

 


 

Fade to Black

 

Tout simplement parce que c'est leur plus beau morceau, ne serais-ce que parce que le premier que j'aie entendu du genre. Plus tard, en découvrant un peu plus le métal et le hard, j'ai vu que le côté lent – montée en puissance – explosion – solo pouvait très vite virer à la recette facile, mais la première fois qu'on entend ça… On est juste cloué à son siège et on déguste (dans tous les sens du terme).

Et puis merde, du "métal romantique" (enfin je trouve) c'est pas tous les jours qu'on en entend du bon!

 


 

 

Enter Sandman

 

Ben quoi? L'hymne par excellence de Metallica. La conclusion de tous leurs concerts… Et de toutes façons, je me suis trop souvent battu pour faire entraver aux gens de ma génération que c'était "Sandman" et pas "Sadman" (quand je dis que les paroles sont importantes aussi!!) pour ne pas faire apparaître cette… tuerie dans ma sélection.

 

 


 

Nothing Else matters

 

On peut dire ce qu'on veut, mais Nothing Else Matters dépasse largement le cadre  de Metallica, et même du métal, pour entrer dans un domaine tout à la fois plus éclaté et plus réservé: celui des premières amours. Celui de la guitare, tout d'abord, car avant même de m'attaquer à "Come as you are", "Nothing Else Matters" est le premier son que j'ai fait sortir d'une guitare. Mais surtout, surtout, "Nothing Else Matters" est susceptible de prétendre à une place dans le Top 5 des plus grands slows jamais écrits. Surtout. Rien que d'écouter ce titre, mes hormones s'emballent et ma jeunesse revient… Un peu plus et l'acné ferait son retour.

 


 

Until it Sleeps

 

Premières amours again… Mais surtout première rencontre avec la voix unique de Lars Ulrich, au gré d'un CD 2 titres habilement subtilisé à ma frangine. (Face B: 2 x 4). Un morceau moins bourrin que beaucoup d'autres, mais pourtant plein de rage, de virulence, bref, un de mes premiers pas dabns le monde fabuleux (si si) du métal, le vrai, le "pas néo".

 


 

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 19:02



Matthew,

 

Permets moi de t'appeler Matt, ne serais-ce que parce que je t'appelle ainsi par-devers moi depuis des années, et que quitte à insulter copieusement les gens comme je m'apprête à la faire, autant prendre un ton familier.

 

Donc.

 

Mon petit Matt, je viens d'écouter ton dernier-né (enfin, le dernier-né de ton groupe), et pour ne rien te cacher… C'est très mauvais tu sais. Très très mauvais. Je me permets de te le dire gentiment car, vois-tu, je suis un fan de la première heure, enfin, de la seconde, disons depuis Showbiz. Reste que je connais tous tes albums par cœur, ainsi que les faces B et même certaines démos trouvées de façon tout à fait malhonnête. Et c'est aussi pourquoi, même si depuis déjà deux albums je n'adhérais plus vraiment à tes délires mystico – SF, tu gardais à mes yeux un capital sympathie non négligeable. Peut-être étais-je naïf, mais pour moi, depuis deux albums, tu t'égarais.

 

Quand j'ai écouté le dernier, "The Resistance", je me suis bien marré. Et j'ai l'impression que c'est le cas pour beaucoup de monde. En ême temps, je m'étais déjà marré par avance en voyant la pochette de l'album, ce montage "Word/ Couleur de la police / autres couleurs" mélangé à un screenshot de "rencontres du troisième type". Mais bon, c'est toujours sympa de filer du boulot à des stagiaires, quand même.

 

Donc, comme je te le disais, je me suis bien marré en écoutant "The Resistance". C'était trop. Trop grandiloquent, trop cliché (tu as conscience que tes morceaux sont désormais prévisibles comme des épisodes de Dr. House?), trop tout. Et, bien évidement, trop mauvais. Même les plagiats éhontés disséminés le long de l'album m'arrachaient des sourires, même si, je dois l'avouer, j'ai passé la majorité de l'écoute les yeux "inorbités" (c'est l'inverse d'exorbité, si tu veux, en gros c'est quand t'as l'impression, sous le choc de l'affliction, que tes yeux rentrent à l'intérieur…)

 

Et puis, tous ces "plagiats" (je mets des guillemets, car je sais à quel point cette accusation est forte) ont commencé à avoir un goût amer. Celui de la bile, peut-être. Parce Que bon… On ne va pas tous les lister, le très bon article de PlanetGong le fait très bien, le gros problème pour moi, c'est les conséquences possibles de tout ça.

 

J'ai bien une hypothèse, mais je n'ose croire qu'elle soit valide. Peut-être qu'après l'affaire Coldplay – Satriani, qui a vu une majeure partie du grand public prendre parti pour Coldplay (ben, oui, c'est qui, ce "Satriani"? Encore un illustre inconnu qui cherche à se faire mousser en diffamant un groupe génial et plein de succès…), tu t'es dit qu'en multipliant les opportunités d'attaque, tu pourrais réaliser ainsi un plan com' dantesque pour pas un rond. Ben oui, maintenant que Muse est sur son propre label (Helium 3,  le secret de ta voix?), faut se charger de la promo un peu plus, non?

 

Tu ne dois pas me lire, pas plus que tu ne lis les blogs de mes petits camarades de jeu. Mais sache qu'en Janvier dernier, quand est sorti "Working on a dream", le dernier Springsteen, beaucoup ont été effarés par les ressemblances incroyables entre "Outlaw Pete" et un morceau de Kiss, "I was made for lovin' you". Et bizarrement, nulle part dans la presse officielle cette similarité n'est apparue, et même pire: dans chaque critique de l'album ce morceau là, tout particulièrement, était encensé.

Je crains malheureusement qu'il en soit de même pour "The Resistance" sur lequel, pourtant, il n'y a pas un seul morceau dessus qui ne pue pas le plagiat ou l'influence si mal digérée qu'elle est revomie directement sur disque. C'est d'ailleurs déjà bien parti quand on voit à quel point la presse anglaise se motive à aligner les étoiles.

 

Il est là, mon problème: même quand tu nous sortais des morceaux pourris, c'étaient TES morceaux pourris. Là on a l'impression que tu as sorti ta discothèque, fait ton marché de riffs, de phrases de piano, de rythmiques, mélangé le tout, recollé quelques morceaux pour atteindre le temps désiré pour un morceau, écrit des paroles à la va-vite (tu n'as certes jamais été un grand parolier, mais bon, là, tu me ferais réévaluer à la hausse Grand Corps Malade), et enregistré le truc, avec des ingés son si bons que finalement, c'est plus eux qu'on a envie de féliciter que toi (réussir à reproduire à ce point de similarité le son de guitare de Brian May, ça dépasse l'entendement).

 

Finalement, après "Supermassive Black Hole", Muse vient de sortir "Massive Music Quiz, le disque"... The Resistance n'est qu'un méga blind test qui va de Chopin à Blondie en passant par Robert Miles et Depeche Mode, sauf que pour DM on t'en voudra pas, "Map of the Problematique" était déjà un morceau d'eux en fait.

 

Maintenant, ce que je crains, c'est à quel point tu vas réussir à usurper cette position de "génie musical" que t'offre une grande part de ton public en pompant allègrement dans le répertoire des autres. Parce que bon: dans ton public, au complet, combien vont véritablement acheter le disque, et combien liront dans le livret autre chose que les paroles (car j'ose espérer que les morceaux de classique pompés directement, tu les a quand même cités – c'est bien le minimum) ? La majorité a du l'écouter via Deezer sur son iPhone et puis voilà…

 

Après un rapide tour du net, j'ai quand même vu à plusieurs reprises des gens saluer "l'originalité" de "Exogenesis"… j'ai failli faire un infarctus direct… Même moi, moi le mec qui y connaît rien au classique, au jazz, à tout ce qui n'est pas Rock, j'ai été foutu de reconnaître "Rhapsody in Blue".

 

Bon, j'avais dit que je ne ferais pas la liste, mais je l'ai quand même bien entamée… Mais bon. La critique évoquée ci-dessus présente un avis sur l'album en lui-même que je partage totalement.

 

Reste que, en ces temps où on nous tanne et où on s'apprête à nous couper l'Internet sous prétexte de droits d'auteur, je trouve cet album… à la fois du dernier mauvais goût et du plus grand humour. C'est pourquoi, Matthew, je te propose le deal suivant: tu peux continuer à faire ce que tu veux, mais ne viens pas pleurer si ton "œuvre" est trop téléchargée, car bon: au nom de quel droit d'auteur pourras-tu venir te plaindre?

 

Sinon, mes conseils, avant de te laisser, sont les mêmes que ceux prodigués la dernière fois: n'oublie pas que si les stupéfiants s'accordent parfois bien à la démarche artistique, il n'en est pas de mêmes de la démarche scientifique, donc s'il te plait, arrête de lire les bouquins de Stephen Hawking en fumant du crack, et entame une thérapie.

 

Bien cordialement,

 

Prends soin de toi,

 

Guic' the old.

 

 


 

Ps: Je disais "Stephen Hawking", mais peut-être préfères-tu les livres des frères Bogdanov… Ca expliquerait certaines choses.

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 10:00

Et ouais, un Bowie "mineur", ça existe. Un Bowie en demi teinte, ça existe...

J'aurais pas cru.


Nous sommes donc en 1993. La terre entière ne jure que par le grunge, et David Bowie, le Génie des 70's, est peut – être le seul à être plus Has Been que les Stones, vu que même Lou reed et Iggy Pop ont déjà réussi à signer un album de retour presque gagnant. Maintenant, c'est au Dave de faire son come – back. Pas de chance, attends encore un peu.

 

Si l'on jette un coup d'œil à la carrière de David Bowie, enfin, à sa discographie, il y a un truc assez fascinant à remarquer: on n'a jamais vu le Thin White Duke évoluer. Il a touché à tous les styles, excellé dans certains, mais chaque nouvelle période apparaît plus comme la conséquence d'une transformation plus que d'une évolution… En gros: le concept même d'album de transition est quasiment absent de la discographie de Bowie.

 

A la rigueur, on peut considérer Station to Station, Let's dance et Hours comme tels. Mais sur une vingtaine, ça fait peu. Non, l'évolution de la musique de l'ex – Ziggy se déroule dans une boité noire dont on ne connaît pas les ficelles.

C'est pourquoi les années 80’s bowiennes resteront pour longtemps un des mystères les plus fascinants de l'histoire du Rock n' Roll. Au sortir des années 70 qui l'ont consacré comme génie, prolixe, et imposant les modes, il trouve moyen de réussir un triple exploit (triple exploit pour l'époque, de nos jours c'est presque devenu la norme dira le vieux con que je suis): rencontrer un succès mondial, se faire connaître de tous, et ce, en produisant peu et mal. Mais comment fait-il ?

(Non, je suis taquin, Let’s Dance était pas mauvais : il manque juste de génie.)

 

Passons sur la parenthèse Tin Machine, sinon pour dire que ce groupe, dont Bowie aurait voulu simplement être le chanteur reste encore dans les mémoires comme "le groupe de Bowie", ce qui explique son échec.

 

Reste qu'en cette année 1993, cela fait 6 ans que David Bowie n'a pas sorti d'album "en tant que lui-même", un record pour lui qui ne sera égalé qu'en … 2009. (A ceci près que là ca fait 6 ans sans rien à se mettre sous la dent, ça commence à faire longuet David.)

Et Bowie de surprendre son public de la façon la plus surprenante venant de lui… C'est-à-dire en ne surprenant personne. Pour la première fois en 25 ans, il regarde en arrière, et sort un album de soul qu'on résumera juste par les mots suivants: "Pas dégueu".

 

On trouve sur cet album tous les collaborateurs mythiques de Bowie ou presque, Reeves Gabriel, Mike Garson, et même Mick Ronson, et Nile Rodgers (le coupable de Let's Dance) à la prod. Manqueraient juste Eno et Visconti – vous en faites pas, c'est pour le prochain. D’habitude, quand on réunit autant d’habitués, c’est pour marquer la fin de quelque chose : enterrement de vie de garçon, dernier épisode d’une série, un truc comme ça.

(Dans le cas de Bowie, c’est d’autant plus ironique que, si c’est « l’artiste solo par excellence », c’est aussi le mec qui a su le mieux s’entourer tout au long de sa carrière : il a beau bouffer ses collaborateurs, sans eux, il est quand même un ton en-dessous.)

 

 


 

 Eh bien là, on est en plein dedans : Black Tie, White Noise, c’est certainement le dernier épisode de la série noire. Et si la « chute » fut soudaine, là, on assiste à la remontée, tranquille : Dave se remet en jambes, et l’on peut donc facilement voir dans cet album le jumeau pendulaire du maudit « Let’s Dance »… et l’on aurait pas forcément tort. En effet, « Black Tie White Noise », c’est un peu comme Let’s Dance sans les défauts… et sans les qualités aussi.

 

Un peu moins accessible (même si pas hermétiquement clos non plus !), moins dansant (par moments), mais bon… pas dégueu non plus.

 

Alors, au final, sur cet album, qu’y a-t-il ? Eh bien, des titres de soul bowienne fort sympathiques (Black Tie White Noise), manquant quand même un peu de relief, des trucs dansants (Jump they say, Lucy can’t dance (tellement bon qu’il est pas sur l’album mais dans les bonus du CD)), et même une petite escapade aux frontières du trip hop (Pallas Athena). Mais aussi des morceaux « justes  bons », dont, par exemple, « Miracle Goodnight », gâche par un jingle en arrière plan assez horripilant…

 

Mais on a aussi droit à des reprises, dont le « I feel free » de Cream, sympa, mais manquant du groove de l’originale (le comble pour une reprise « soul »… Non, j’exagère, c’est juste la voix traînante qui gâche le truc : la première fois de ma vie que j’aime pas la voix de Bowie, tiens.), ou  « I know it’s gonna happen someday » de Morrissey, qui elle s’avère fascinante car… c’est quand même un titre de Morrissey tiré de son album « revival glam » (« Your Arsenal »), et qui ressemble à s’y méprendre à… Rock n’ Roll Suicide de Bowie himself. Entendre Bowie reprendre une reprise de lui (si j’ose dire) c’est fascinant… surtout quand il s’agit d’en offrir, comme ici, une sorte de gospel hanté franchement touchant. Je ne parle pas de la reprise de Scott Walker, ne connaissant pas assez le bonhomme. Et sinon, malgré le titre, pas de reprise de Madness.

 

Bref, avec le recul, rien que de très commun, mais certainement qu’à l’époque… ça devait être… surprenant.

 

Voilà un des problèmes qui se pose maintenant à moi : avec le recul, et surtout connaissant ce qui a été produit derrière, je juge très certainement cet album à la baisse. Disons que c’est un bon album dans l’absolu. Mais ce n’est pas un bon Bowie, car un bon Bowie, dans l’absolu, c’est un chef d’œuvre. Mais bon… Après une décennie en bad boy rapportant des bonnes notes, puis une de premier de la classe se laissant aller à la facilité et cultivant les taules, … On a ici un Bowie travaillant juste ce qu’il faut pour assurer le passage, mais bon, la troisième décennie sera décisive, attention ! (Au dernières nouvelles, David est bien passé dans la classe supérieure : génie intemporel qui regarde son passé  et le narre avec tendresse dans des albums calmes)

 

Bref, concluons : Black Tie White Noise, c’était le seul album de Bowie que j’avais jamais écouté. Le seul que j’aurai été capable d’oublier si on m’avait demandé de sortir la liste des albums qu’il a sorti de tête. Alors autant dire que quand Xavier m’a dit que j’allais devoir le chroniquer dans le cadre du David Bowie Blog Tour 2009, j’en menais pas large : pas possible de faire une critique déballant mon admiration et mon adolescence, ni de me faire plaisir en tirant à vue sur une des rares daubes qu’a commis le Thin White Duke… J’allais être obligé de faire une critique …. Objective ! Bref, un sacré numéro d’équilibriste pour moi. J’espère juste avoir respecté ma gageure.

 


 

Allez, pour finir:

 

 



Eh, merde, critique objective = mettre des notes ou pas ? Bon, disons 14/20. Pour t’encourager, Dave.
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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 18:00

Pour Chtif et Thom, récents compagnons de galère.





"Nan, mais, s'tu veux, je te graverai un CD".

 

Je commence souvent de mes phrases par "Non, mais, … ". Trop souvent. Et je regrette 90 % de celles-ci. Celle qui a été reproduite ci-dessus (et qui d'après nos soins serait du Guic' circa 2000 – 2003) et certainement la pire de toutes, d'autant plus que je trouve moyen de la sortir encore à l'occasion.

 

Parce que Rock-critic, c'est la classe. Tant que ça reste en superficie. Une personne, quand elle sait le temps que je passe à acheter des disques, ça la fait rire. Si elle est là pendant que je les achète, si elle assiste à mes incessants va-et-vient au sein des rayonnages, au fil des noms à vérifier qui me passent en tête… Elle risque de tout simplement péter un sévère câble.

De même, quand on rencontre de nouvelles personnes, il y a un laps de temps profitable qui sépare la découverte de votre passion musicale et le moment ou vous passez pour un snob qui n'aime rien. Un moment ou votre maniaquerie est drôle. Voire intéressante, parce que bon, évidement, vous connaissez plein de trucs. Et pendant un temps, les gens seraient presque intéressés à l'idée de partager votre savoir.

 

 

Enfin, je dis les gens… Mais les gens on s'en fout. Je pense surtout … à "la gent". Féminine.*

 

Des fois, les choses s'arrangent de telle sorte qu'une demoiselle s'intéressant peu ou prou à la musique vous intéresse, vous. Et là, la phrase maudite risque de passer vos lèvres sans que vous vous en rendiez compte.

 

J'ignore encore quel rouage de l'esprit est capable de nous faire faire (non: de me faire faire) des mixtapes, des compilations, des trucs comme ça. C'est un cliché, j'en ai conscience, et pourtant j'arrive pas à m'empêcher. Ca arrive en troisième place au grand concours de la manœuvre d'approche sentimentale la plus vouée à l'échec de tous les temps (Derrière "Tu veux être ma copine ?" et " On boit un verre ou on nique? Perso j'ai pas soif"). D'expérience je crois pas avoir eu d'histoire tenant plus d'une semaine avec une fille à laquelle j'ai refourgué de la musique pour la séduire.**

J'ai bien une hypothèse: je suis si timide que j'ai besoin de passer par le biais d'autres artistes pour exprimer ce que je ressens de façon correcte. Cette hypothèse fera sûrement marrer ceux qui connaissent ma grande gueule, mais bon.

 

Sans compter que proposer cette idée,  c'est signer pour s'offrir une grande séance d'analyse de sa propre psyché. (Façon classe de désigner la branlette intellectuelle)

 

Car sous couvert de graver un simple CD, c'est tout un lot de questions qui se ramène tel des lemmings au bord d'une falaise.

 

Déjà tu commences par être écartelé entre le but avoué (faire découvrir des morceaux et / ou des artistes que tu trouves sympa) et le but sous-entendu (une déclaration discrète, mais classe). Sachant qu'à moins d'avoir affaire à une gourdasse finie, le but sous-entendu risque d'être plus cherché par la destinataire que le but avoué. C'est bien pour ça qu'il est sous-entendu, et pas caché.

 

Alors au final, tel un funambule des sentiments,  on se retrouve à tenter de sélectionner des morceaux qui sont pile entre les deux domaines: des morceaux romantiques mais pas trop, sentimentaux, mais pas trop. En fait, si Mötörhead a jamais écrit une chanson d'amour (d'amour, pas de cul) c'est le moment idéal de la caser, sauf que non, en fait elle risque de prendre peur.

 

Pensez bien que mon cas personnel est assez difficile à gérer, parce qu'évidement, au départ, chacun va tenter de placer ses groupes préférés dans l'histoire. Et regardez donc la gueule de mes groupes préférés! C'est simple, pour une personne qui ne se passionne pas déjà pour la musique Rock, je vais passer, au choix, soit pour un suicidaire (Radiohead, Elliott Smith, Arcade Fire…), soit pour un serial killer en devenir (Stooges, Sex Pistols, Metallica…). Sans compter que mon groupe fétiche, lui, m'offre gentiment la possibilité de passer pour les deux à la fois, selon qu'on choisira ses morceaux "enlevés" ou "Adore".

 

Quoiqu'il arrive, on a plus le choix, on a proposé de préparer cette compilation, c'est un accord tacite, on est obligé de livrer la marchandise commandée… Et par conséquent, on est obligé de s'offrir une bonne grande séance de parano. La sélection de morceaux prend une ampleur démesurée, devenant tout à la fois une présentation de ses goûts propres (une sorte de carte de visite), une tentative de déclaration et un ensemble de morceaux sensé devenir le symbole d'une relation n'existant pas encore.

 

Car oui, si jamais "ça se fait", les morceaux de ce disque risquent d'être à jamais imprégnés de cette relation dans la mémoire du "sélectionneur". Idem pour la version négative… Et ça vous ferait pas franchement chier de penser à ce râteau que vous vous êtes pris il y a déjà tant de temps, chaque fois que vous écoutez un morceau que vous aimiez tant, avant? Le cas m'est d'ailleurs arrivé il y a pas longtemps, réentendant par hasard un slow que j'ai dansé il y a quoi … 7 ans, et qui s'était soldé par un échec monumental. Eh bien au bout de 30 secondes j'étais déjà énervé à nouveau. Mais bon, d'un autre côté, si ça marche? Faut quand même que dans ma tête, la musique associée à cette relation soit bien, non? (Vous savez ce que c'est, quand une personne avec laquelle vous avez vécu une histoire vous laissant un bon souvenir est associée dans votre esprit à… "Mr. Blue Sky" d'E.L.O. et au clip de "Thriller"? Non? Et ben moi, si.)

 

Et là, Guic se retrouve devant son PC, à s'amuser comme un petit fou. Sous un monceau de contraintes, il laisse libre court à … la créativité des autres. La contrainte principale étant évidement de ne caler ni chanson de drague, ni chanson de rupture, ni chanson trop sexy d'un point de vue strictement musical, le tout ne contenant aucune allusion grivoise dans les paroles, de préférence.

Remarque: certaines personnes dans mon entourage sont surprises par mon (très bon) niveau en anglais… L'explication est aussi simple que ça. La crainte que la fille à laquelle on va refourguer se disque maîtrise mieux l'anglais que vous et y décèle un sous –entendu sentimentalo-sexuel qui vous a échappé… C'est la meilleure raison qui soit pour bouffer du Harraps matin midi et soir.

 

Et chaque groupe que vous appréciez de se voir passé au tribunal de vos craintes et anticipations, chacun son tour.

 

 

"Bon , allez, un Beatles… The Word? I wanna hold your hand? She loves you? Non, mais mettre du Beatles, ça risque pas de faire un peu "C'est pas que je te prends pour une conne, mais au moins pour une inculte"… A moins que j'aille sortir un petit morceau du fin fond d'un album… Ouais mais là ça va faire super snob, non? Bon, joue dans la catégorie que tu connais.

 

Allez, les Pumpkins. Alors. Adore, tu zappes, Machina aussi. Gish aussi. Bon, Siamese Dream, il y a Disarm, mais non, trop déprimant, Today, oui mais non, si jamais elle découvre en se renseignant que c'est une chanson sur le suicide ça va pas passer… Cherub Rock, j'ai jamais compris ce que voulait dire le refrain ou ce que symbolise le "honey" dont il parle, alors faute de mieux on va pas le mettre, au nom du principe de précaution. Bon ben on va prendre sur Mellon Collie. Allez, on fait la blague? "Bodies". Mouhahaha. Non mais c'est bon, te prends pas la tête: tu vas pas mettre un morceau violent, tu vas pas mettre "Tonight tonight" (trop déclaration franche, même si tu sais pas ce que cette chanson raconte), ça va encore être "1979".

Et le pire c'est qu'elle va peut être me sortir qu'elle aime pas parce que la voix du chanteur est désagréable.(Ce à quoi je répondrais que le gros problème est que la production a vieilli, citant des noms qu'elle ne connaît pas tels que Butch Vig, Flood, et peut-être même Trent Reznor, alors que la pauvre ne sait même pas qui est Lou Reed…)

 

 

Radiohead… Et merde. Entre les trucs pas si accessibles que ça des derniers temps, les niaiseries des débuts, reste l'axe The Bends – OK Computer. Youpi, je mets quoi maintenant de telle sorte à ce qu'elle ne croie pas soudain que j'envisage de me tirer une balle dès que possible?

 

Placebo, Muse… Tu vas pas lui écrire un sonnet aussi tant que t'y es?"

 

 

Et au fur et à mesure que les morceaux se sélectionnent (ou plutôt, justement, ne se sélectionnent pas), se passe une transformation bizarre. Certaines personnes  pensent qu'on ne fait jamais des compilations que pour soi – même, y compris quand il s'agit de les offrir. C'est faux. Cependant, très vite, on cesse quand même de réaliser la sélection pour la fille à laquelle elle est destinée. Mais on réalise au final une compilation parfaite pour la fille qu'on voudrait qu'elle soit. Et bien que cette fille ne doivent certainement posséder, au final, "que" Nevermind, le Black Album, et peut – être un White Stripes, on se retrouve à aller sortir des petites pépites qu'elle est bien loin de pouvoir apprécier. C'est comme ça qu'on colle du Pavement dans une sélection pour quelqu'un ne connaissant même pas Radiohead, ou du Big Star pour quelqu'un qui ne connaît même pas Weezer. Alors autant dire que du point de vue "CD de découverte du monde de la pop", on aurait pu choisir des portes beaucoup moins dérobées. Mais que voulez – vous: on est snob, mais ça elle ne le sait pas encore.

 

Toujours est-il qu'on refourgue une fois de plus, après moult tergiversations inutiles avec soi-même, la même sélection que d'habitude, sélection que ne pourrait vraiment apprécier que l'idée que vous vous faites de la femme idéale.

 

Puis un jour, ça y est, c'est bon, la sélection est finie, le disque prêt, tout le monde content pour un moment encore. Tu lui offres gentiment le truc, comme ça, d'un air qui se veut détaché, comme si c'était un hasard que tu lui offres ça, histoire qu'elle comprenne bien qu'il n'y a aucun message caché et que non,tu n'as pas passé 3 nuits blanches à réfléchir dessus. D'ailleurs, quand, feignant d'être touchée par ce geste (ou l'étant vraiment, la question importe peu), elle te remercie, toi tu sors un "mais c'est normal", un "mais de rien", un "mais c'est tout naturel", bref un "mais – je déprécie mon propre boulot".

 

 

Et puis tu t'en vas, et tu n' oseras pas lui demander si elle veut aller boire un coup ou un truc comme ça, et puis, bêtement, tu vas finir par zapper, t'enticher d'une autre à qui tu offriras le même disque avec le même insuccès, de toutes façons tu sais bien que pour que tu réussisses à séduire, faut que t'aies 3 grammes.

 

Elle de son côté, fera l'effort d'écouter le disque, au moins une fois. Et alors qu'elle s'attendait à de la pop musclée, du rock bien comme il faut, légèrement arrogant, distingué et assez rentre dedans quand même, celui qui sous entendrait que t'es un homme fort et sur de lui (peut-être même capable de coller une droite à un mec qui la ferait chier…), en plus d'être un esthète légèrement snob… Et se retrouve avec un top 10 des plus grands titres de pop dépressive du XX ème siècle, entrecoupés, au hasard, de geignardises pumpkinsiennes, de beuglements porcins de Black Francis, et d'un "My Generation" qui lui aussi se demande ce qu'il fout là.

Évidement, elle reparlera à l'occasion de musique, mais ne demandera que rarement conseil. De toutes façons, chaque fois qu'elle évoque un truc qu'elle a découvert et aimé récemment, tu trouves moyen de déclarer que t'as préféré leur debut-EP, ou que c'était bien, mais depuis qu'ils ont du succès c'est nul. Pas dans ces termes là, mais c'est ce qu'on en retiendra.

 

Mais bon, tu t'en fous, la prochaine fois, on ne t'y reprendra pas: quitte à utiliser les mots des autres, autant être franc. Et ta nouvelle compilation, elle est déjà prête. Non contente d'être d'une grande qualité, elle est claire et nette: tu prendras peut-être une grosse claque dans ta gueule, mais au moins, tu seras fixé. Et puis comme ça, t'auras une bonne raison d'écouter de la pop dépressive.

 

 

 

* Faut définitivement que j'arrête de parler filles ici parce que je ne sais jamais quel terme utiliser: filles est trop enfantin, femmes trop adultes, nénettes trop rétro, gonzesses trop vulgaire… (J'en profite pour dire à Ama-L, si jamais lui venait l'idée de poser la même question que la dernière fois, que non, ma soirée d'hier fut tout à fait classique et sympathique)

** Evidement, il m'arrive d'en offrir après, quand tout se passe bien, quand même.

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Published by Guic ' the old - dans Le Rock-Critic est un con
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