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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

***


Here, There And Everywhere

18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 11:28

http://img.over-blog.com/278x300/0/38/64/59/images2/Gun_Street-Cover.jpgVIOL, Gun Street.

 

Je suis le premier à souffrir de voir le dernier album de l'ami Ernesto Violin apparaître ici, dans cet enchaînement de chroniques à la va-vite. C'aurait été volontiers que j'aurais offert au sieur Violin une vraie chronique, longue et ampoulée et chamarrée faisant l'apologie de cet album fabuleux. Mais les choses sont ce qu'elles sont: Ernesto m'épuise, par son talent comme par sa prolificité (je doute de l'existence de ce dernier terme, mais vous me comprenez). Je n'ai pas le tiers de l'inspiration fabuleuse ou de la flamme qui habitent ce jeune homme, et, au moment d'aborder un des plus beaux albums de ce début d'année, ma plume s'avère aussi sèche que la guitare et la voix de notre folkeux préféré sur cet album.

Alors oui, cela a été dit un peu partout… Cet album est fabuleux, passionnant, rugueux, sombre, habité… On pourrait le résumer avec cette formule (à la va-vite, elle aussi): Ernesto vient d'enregistrer le pendant de "VIIOL" réécrit à l'aune de la maturité acquise au cours des trois derniers albums. Avec toujours ce talent qui nous fait chanter des vers prêtés à des serial killers, faire sa déclaration de "Nazi Love", et draguer des galloises en choeur avec lui.

Finalement, c'est peut-être ça la touche Ernesto: des mélodies si tendres et / ou fascinantes qu'on se rend même plus compte qu'on est parfois en train de chantonner des horreurs: évidement, voilà qui est hautement addictif.

 

Plus chez Le Golb, Le Bal des Vauriens,  Tasca Potosina


 

 

http://awmusic.ca/1/photos/PJ%20Harvey%20-%20let-england-shake.jpgPJ Harvey, Let England Shake

 

N'en faisons pas trois tonnes: album décevant, production minable, minauderies insupportables, concept absurde, et arrangements définitivement mous du cul.

Après, j'aime bien certains titres quand même, mais reste que les gens, s'ils avaient deux sous de logiques et de réalisme vis-à-vis de PJ, devraient se poser des questions sur des sujets autrement plus primordiaux que les trois trompettes de cavalerie à la fin de la plage trois (débat vu non seulement sur les blogs, mais également dans les Inrocks, Rock & Folk, Tecknikart… Oui, j'ai beaucoup pris le train ces derniers temps). Mon avis perso est que ces trompettes leur ont fait interrompre leur écoute, mais que, bien incapable de dire du mal de PJ, ils ne veulent pas l'avouer. Et débattent donc sur ce qu'ils ont supporté d'entendre.

 

Plus sur Le Golb, Le Bal des Vauriens, Playlist Society

 

 

 

http://toulouse.viciouscircle.org/images/the-kills_blood-pressures-200x200.jpgThe Kills, Blood Pressures

 

Je vais peut-être en faire gueuler quelques-une. Moi je l'aime bien cet album. 'Tention, j'ai pas dit qu'il était génial, hein. Mais perso, je trouve qu'il gagne en concision par rapport au précédent, qui était certes vachement sympa, mais que je trouvais un peu trop long.

Après, ouais, on est quand même sévèrement loin d'un bon "Fuck the people" ou "Fried my little brains", et il n'y a pas vraiment de grand titre qui ressort de l'album, n'empèche moi ça me déplait pas forcément.

Résumons ça vite fait mal fait: C'est une déception, mais tellement moindre par rapport aux autres déceptions qu'on a subi ces derniers temps, que finalement, ça passe. De justesse.

 

 

Plus sur Planetgong, Tasca Potosina, Playlist Society

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT6QvRjCLrcG6vABRK9QNAtdsd2WglgsnydMYkoS63S4yzCr_fWhQ&t=1Josh T. Pearson, Last of the country gentleman.

 

C'est un ami qui m'a fait découvrir Lift to Experience. Il m'avait narré comment cet album l'avait accompagné lors de trajets d'une durée incroyable en train à travers la France, en bus à travers des pays que je ne connaîtrais sûrement jamais. Un ami capable de m'envoyer un texto pour me dire, soit qu'il est en train d'écouter des vinyles de Black Sabbath dans un rade du Cambodge, soit qu'il est en train d'admirer ce qu'il reste de la façade du CBGB.

Tout ça pour vous dire que cet album n'offre aps le voyage. Mais il l'accompagne parfaitement.

Il en est – et en sera sûrement – de même pour cet album solo de Josh T. Pearson, qui m'accompagnera, moi, dans mes déambulations actuelles et à venir. Je pense. Car c'est un album pesant à écouter, mais fabuleux à entendre, ce genre de truc idéal en fond, qui occasionnellement te saisit l'oreille et refuse de la laisser partir, au détour d'un accord surprenant ou d'une voix qui se brise sous le coup de l'émotion. Très bon. Mais très exigeant. De l'auditeur.

 

Plus par Playlist Society


 

http://imados.fr/content/8/1/8/528183/The-Strokes-Angles-Artwork1_s200.jpgThe Strokes, Angles

 

Jamais auparavant je n'avais entendu due ma vie un album dont je pouvais assurément dire, dès la première écoute, que c'était fondamentalement à chier. Cet album, surtout, me pose problème d'un point de vue théorique. Tout le monde nous parle du revival 80's dont on est censé être tout juste sortis, et voilà qu'on nous sort un album qui est en plein dedans. Enfin, disons plutôt qu'il est entré en phase 2. Après tous ces albums qui s'inspiraient du post punk Joy disionno- siouxsiesque / Cure première période (ouh que voilà un adjectif démesurément long qu'on réutilisera pas de sitôt) comme ce qu'a fait Interpol de par le passé, on est donc maintenant entré en phase garçons-coiffeurs. Pochette atroce (si, si, faut vraiement être dans une sorte de snobisme post-moderne pour apprécier les damiers de Penrose fluo à la 3D avatarienne), quelques morceaux à sauver (mais qui ressemblent à des morceaux écartés des sessions des deux premiers albums), et du bidouillage flippant, vain, insupportable.

Finalement, le groupe qui était le plus fascinant des années 2001 réussit vraiment un parfait revival 80's, sauf qu'ils décident de revivaliser les Stones, qui, de meilleur groupe du monde en 1971 publiaient en 1981 Tatoo You. (Dont quelques morceaux sont à sauver, qu'on dirait échappés des sessions de Sticky Fingers, genre Start Me up.)

En quelque sorte l'inverse total de ce que nous offrait MGMT l'an passé. J'ai cru que j'allais en vomir mes Raider.

 

Plus avec Tasca Potosina, Planetgong  Playlist Society

 

 

PS: Si vous trouvez ces quelques phrases alambiquées à tort, lourdes, et vides, voyez-y une impressionnante mise en abyme de l'album, et non pas une maladresse scripturale, évidement.

22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 13:44

Alors qu'Alice Cooper se voit accueilli au Rock n' Roll Hall of Fame, il me semble nécessaire de revenir rapidement sur cette formation qui a souffert bien plus de son image que de raison.

 

Et en particulier pour vous rappeler à quel point il est indispensable de se repencher (avec plaisir) sur son chef d'œuvre, à savoir Love it to Death:

 

http://metal-blogs.com/blackiss/files/2007/12/aclove.jpeg1. Cet album a vu sa pochette censurée, parce qu'on voyait un peu trop explicitement un des membres se toucher… ben le membre, sur la pochette. Si la censure n'est pas toujours gage de qualité, ca le reste tout de même assez fréquement: ça veut dire que le groupe a quelque chose à dire. Ou à montrer.

 

2. C'est un album charnière: c'est le premier album qu'a publié le groupe à partir de son arrivée sur Detroit, après avoir quitté la Californie. En 1971. Le rêve hippie vient de finir, les Stooges ont déjà sorti Fun House… Cet album est issu du mélange de tout cela. En témoigne Black Juju, qui arrive à égaler les plus glauquement chamaniques des titres des Doors: long, sombre, tribal, fascinant.

 

3. C'est le premier album du carré d'as du groupe. A peine un an après, le groupe sort Killer, puis School's out et Billion Dollar Babies. Bob Ezrin s'occupe de la production de tous ces albums, qui sont autant de réussites. Autant commencer par le commencement.

 

4. Il est temps (si besoin est pour vous) de réévaluer le jugement qu'on a d'Alice Cooper, qui est un groupe véritablement important.. Certes, depuis 25 ans, Vincent " Alice Cooper" Furnier livre aux quatre coins du monde le même concert ultra mis en scène de grand-guignol, alignant les vieux tubes qui s'ils gardent leur efficacité, perdent leur sens dans cette mise en scène, mais… il est temps de redécouvrir la vraie provocation et la justesse du propos de ce groupe. Bref d'y voir enfin, un peu plus qu'un proto-Marilyn Manson.

 

5. I'm Eighteen: peu de titres sont aussi fabuleusement universels que ce morceau captant à la perfection l'essence profonde de l'adolescence. Les tirallement,s les hésitations, l'impression d'être perdu et incompris, résumés simplement et efficacement en 3 minutes.

 

6. Ballad of Dwight Fry: Si Cooper a pris l'habitude de désormais bazarder ce titre dans ses concerts, le jouant, mais le réduisant à 3 minutes, il est temps de redécouvrir ce titre à sa vraie place, parfaitement serti entre Second Coming et Sun Arise, intro et outro s'enchaînant parfaitement… Et surtout, ce morceau proprement fascinant, plongée dans les affres de la folie, Alice au top de son interprétation…

 

7. Is it my body: un glam-rock à l'ancienne, tendu, sexy, à la T-Rex, et pourtant… morceau presqeu mineur de l'album. Quand un si fabuleux morceau compte parmi les moins fondamentaux d'un album, n'est-ce pas là la raison ultime de se jeter dessus?

 

 

http://userserve-ak.last.fm/serve/500/106366/Alice+Cooper.jpg

 

Allez, mes enfants… Il est temps d'aller réparer vos torts: L'album en écoute sur Deezer

12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 14:20

http://3.bp.blogspot.com/_Uxg-z1DnraA/TEg8A3GNiaI/AAAAAAAAEMk/Hyaa1dVWxIE/s1600/OlympusinReverse.jpgDes fois, je prends ma guitare, et je gratte quelques accords. Parfois, c'est même "pas mal" je trouve. Et Dieu sait que je suis exigeant vis-à-vis de moi-même. Quoique, d'un point de vue musical, je fais preuve d'un peu plus de tolérance vis-à-vis de moi-même: je sais que je ne suis pas vraiment doué.

Pourtant, je m'acharne, car j'ai un rêve. Écrire une chanson. Rien qu'une. Ma vie quotidienne n'a rien de bien artistique, j'ai depuis longtemps laissé tomber toute idée de faire de ma prose une œuvre quelconque (je sais ce que c'est que ressentir le besoin d'écrire, mais suis totalement dépourvu d'imagination – c'est pour ça que j'écris sur la musique), je n'ai que peu de talents de compositeur, et en tant que dessinateur, n'en parlons pas (j'ai cependant un certain talent pour gribouiller des cubes en perspective cavalière – l'influence de ma formation scientifique, sans doute.)

Pourtant, dans un coin de ma tête, j'ai envie d'écrire une chanson. Simple. Belle, évidement. Émouvante, si j'y arrive. Évidement, ce sera ma chanson à moi, et personne ne l'entendra sûrement jamais – je suis incapable de chanter et de gratter en même temps. Pas compliquée comme chanson: 3, peut-être 4 accords. Couplet, Refrain, Couplet, Refrain, peut être un pont, Refrain Couplet Refrain Refrain Refrain ad lib.

Mais bon. Déjà, il faudrait sélectionner avec soin les accords, puis le tempo, la rythmique. Et surtout écrire des paroles. En anglais les paroles. Les écrire en français me paraît irréalisable.

Dans un coin de ma tête (il s'en passe des choses, dans ce fameux coin), je sais déjà à quoi je voudrais que ressemble ma chanson. Enfin, je ne veux pas que ça y ressemble (non, le plagiat, très peu pour moi), mais c'est une sorte de Graal, inaccessible, sorte de perfection lointaine que j'aimerai effleurer. Je voudrais que ma chanson exprime ne serait-ce qu'un millième des émotions qui me traversent quand j'écoute ce titre. Say Yes, d'Elliott Smith. Car oui, ma chanson sera une ballade. C'est tout ce que j'en sais.

 

 

Sachant cela, il vous est aisé de comprendre pourquoi j'adore autant que je déteste le travail d'Ernesto Violin. A chaque album, c'est la même difficile confirmation: Ernesto a du talent, un sens mélodique fascinant, et en plus c'est un bon parolier. Je hais ce mec, mais je l'admire. Même quand une de ses nouvelles chansons nous déçoit un peu, c'est malheureusement pour de bien mauvaises raisons. En général, c'est qu'on se dit qu'écrire celle-là, pour lui, ça a du être trop facile. Et vu que ça fait quatre ans que je lutte sur le simple espoir d'écrire une chanson, ben moi ça m'énerve.

 

D'autant plus que ce garçon est plus jeune que moi – mais on ne saurait lui en tenir rigueur. A mon âge actuel, Bowie avait déjà sorti Hunky Dory, McCartney déjà écrit Yesterday, et Ian Curtis s'était déjà pendu.

 Pourtant, en découvrant ce (déjà!) cinquième album, Olympus in Reverse, j'ai cru que mes griefs allaient se calmer; Les deux premiers titres sont déroutants - pour celui qui n'a pas fait attention dans les albums précédents. Il s'y exprime une rage déjà présente auparavant, mais ici elle s'exprime dans la composition, et non plus seulement dans l'interprétation. Et quand la rage se dissipe c'est l'amertume qui l'emporte: le texte de "I wanna marry you" ne laisse aucun doute à ce sujet. Dans cette chanson smithienne en diable (doublement smithienne même: une mélodie digne d'Elliott, un texte digne de The.), (enfin je trouve) et sous des airs faussement guillerets, on  aconfirmaton, sur le papier (à musique) qu'on est pas seul à trouver que notre époque pue. Cette chanson, que je n'aimais pas plus que ça à la première écoute, (soit donc avant de me pencher sur les paroles - erreur classique) est finalement la plus emblématique du malaise qui traverse Ernesto – et l'auditeur: même dans les meilleurs moments, il y a un truc qui déconne quand même, et le bonheur de se faire de plus en plus illusoire. Après l'épiphanie spirituelle et sentimentale de Welfare Heart, ça fait sévèrement mal. Olympus in Reverse, en effet. Downfall from Olympus. Zeus Got a Huge Hangover.

 

Non content de faire des chansons qui me plaisent, il arrive maintenant à faire des chansons que j'admire: je l'ai déjà dit, je hais ce type. Mais aussi  je l'admire.

 

Mais s'il faut vraiment être honnête, avouons que la fin de cet album, bien que réussie, je ne l'écoute quasiment jamais. Si d'aventure cet album sortait en vinyle, nul doute qu'il ne quitterait que rarement la platine, mais aucun doute non plus quant au fait que ce serait la face A qui tournerait dans 95% des cas*.Il y a sur cet album une sorte de scission (au moment du solo de guitare final d'Olympus) qui sépare les cinq premiers titres  des quatre derniers. Et si tout est bon, c'est tout de même la première partie qui s'avère la plus fascinante.

 

Sur ce début d'album, ça joue pas mal du xylophone, mais surtout… Ca grogne, ça distord, ça fuzze, et jamais ça ne dissone. Pas besoin: l'agression est déjà suffisamment forte pour ne pas jouer de cet effet. Un très bon ami m'a dit un jour: "Bowie, le truc, c'est qu'il a un sens mélodique inné tellement puissant, qu'au bout de dix ans de carrière il s'est senti obligé de passer son temps à dissoner". Par contre il ne m'a pas dit si, selon lui, Bowie voulait s'excuser de son talent ou que sa musique reste un défi.

On pourrait croire qu'après quatre albums sur la voie de la mélodie parfaite (et c'est vrai qu'on peut se demander comment dépasser, sur le plan mélodique, un "Flavor of Love" ou un "Make me believe in Santa again", enfin moi je me le demande), Ernesto ait subit la même crise mélodique, pour des raisons qui lui appartiennent. Sauf qu'ici, Ernesto ne franchit pas les limites de la mélodie. Il joue avec, frôle les bords, le tout au service d'une rage de moins en moins contenue (Victoria Falls) et d'un désespoir que même l'amour ne parvient plus à éviter (Chinatown's Blues)

 

"Are you happy with the life you live?" C'est ainsi qu'Ernesto nous cueille à l'orée de l'album (The Kidney Sweeper, meilleure métaphore 2010). Nous accueille? Nous agresse? On ne saurait le dire. Nous parle-t-il, se parle-t-il à lui-même, voire à son double maléfique et alcoolique? On ne le sait pas plus. Ernesto se joue de la narration comme des règles de composition, il connaît sa place: à cheval sur cette frontière qu'il n'a aucune envie de détruire. "Les règles sont faites pour être brisées", tout le monde le sait. C'est donc choisir la facilité que de le faire.

Alors, plutôt que de creuser les murs pour s'échapper comme le premier venu aurait envie de le faire, il tambourine dessus, se fracasse le crâne contre les parois d'une cellule dont on sait de moins en moins si elle est celle d'un moine ou d'un dément. Et ainsi, l'hypothèse qu'il s'échappe est encore plus effrayante que ne le paraîtrait sa liberté effective. Les pistes sont brouillées, on ignore s'il est un génie ou un fou. On ne sait si l'on doit l'admirer ou le détester. On sait juste qu'on se doit de prévenir le maximum de personnes de son existence. Et, pour la seconde fois cette année**, on remet à plus tard l'instant d'écrire une chanson à soi, pour prendre une grande leçon de talent auprès d'Ernesto, et la plume pour propager sa bonne (mais triste) parole. Et c'est avec plaisir qu'on ira le voir précher dans le rade le plus proche, si d'aventure il rejoue en un lieu accessible à nos oreilles.

 

Vous connaissez maintenant le mécanisme: Vous allez sur le  VIOL's Boat me télécharger ça, c'est gratuit, et c'est du très bon, n'hésitez pas à faire circuler la bonne nouvelle du retour d'Ernesto.

 

 

Ce qu'en pensent Thomas Sinaeve, et Benjamin F.

 

 

 

* C'est d'ailleurs le cas de beaucoup de disques chez moi: le Premier Roxy Music, Master of Puppets de Metallica, Figure 8 (Encore plus pervers, c'est la face A du Disque 1), Love it to Death (Alice Cooper)… Pour ce que j'ai en vinyle.


** En 2010, époque ou l'on s'est habitué à attendre 3 ans pour qu'un artiste qu'on aime sorte un album décevant, une telle productivité, a fortiori une telle productivité de qualité n'est-elle pas de la dernière indécence? Dans les années 60 ça passerait, mais de nos jours… (Nous aborderons le sujet  "Ernesto Violin, anachronisme ou intemporalité ?" lors d'un autre séminaire)

26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 17:36

 

La vache. Ca devait faire au moins 5 ans que j'avais pas écouté cet album, convaincu que j'étais (et suis toujours) de son effet néfaste sur mon moral (effet confirmé d'aiileurs). Je n'ai jamais été un énorme fan de Marilyn Manson, pour des raisons que je ne saisis pas bien moi-même, tant le personnage a toute ma sympathie, par rapport à, au hasard, les Jonas Brothers). Disons que j'aime bien, mais n'écoute jamais ses albums directement à leur sortie, et, pour être honnête, à part peut-être les singles, aucun de ses albums d'après "Holy Wood" n'a du dépasser les 5 écoutes de par chez moi.

 

http://i50.photobucket.com/albums/f335/rOOkrOc/marilynmanson_mechanical.jpgPourtant, je réussis à avoir un vague souvenir d'une époque où "Mechanical Animals" a tourné plus qu'à son tour dans ma piaule (avec, évidement, des chœurs additionnels des parents reprenant "Mais baisse ta musique de dégénéré s'il te plaît"). Après une introduction au monde Mansonien via le live de la tournée ayant suivi la sortie de cet album, je m'étais, à l'époque, penché sur ce"Mechanical Animals" car il contenait le titre le plus populaire de MM en ce temps, "Rock is Dead" (oui, le plus connu, enfin celui connu de tous, c'est la reprise de "Sweet Dreams", mais à cette époque là, parmi les gens que je fréquentais, non), merci Matrix*

 

Mechanical Animals, donc. L'album dit "glam" de Manson, second pan de la trilogie Antichrist / Mechanical / Hollywood. Et comme souvent dans les trilogies, c'est le second tome qui est le meilleur**

 

Le meilleur, car le plus humain. Manson se lance pour cet album dans une relecture à sa sauce du "mythe" de Ziggy Stradust (constituant ici avec son groupe "Omega and the Mechanical Animals"), et laisse plus grande part à sa part sentimentale.*** La simple écoute de "Great Big White World", ouvrant l'album, peut surprendre quand on est habitué aux cavalcades martiales de "Antichrist Superstar". Même si la musique est toujours aussi fortement influencé par le hard rock, le métal, et l'indus (l'album précédent ayant été, rappelons –le si besoin, produit par Trent Reznor (leader, rappelons-le si besoin, de Nine Inch Nails (groupe qui, si vous avez besoin qu'on vous rappelle cela, vous feriez peut-être mieux de passer votre chemin direct parce qu'on est sacrément mal barrés, a pour ainsi dire inventé l'indus.))), il est surprenant de voir à quel point ces morceaux ont une teneur… sacrément, non, pas pop, quand même pas, mais bel et bien mélodique. L'ami Brian chante au lieu d'éructer, et sur le refrain entre autres, c'est même sacrément joli.

 

Mais méfions-nous, c'est là qu'est l'entourloupe. Ce n'est pas parce que cet album est doux à l'oreille la plupart du temps que c'est une sinécure. Entre les boucles new-waviennes qui tapissent chacun des morceaux, le chant de Brian Warner, qui se lamente plus qu'il ne chantonne, il y a là – dedans autant de choses plombantes, glauques et malsaines qu'il faut redouter. Car si danger il y a dans cet album, c'est bel et bien son côté… vénéneux.

 

 

Si la musique s'est lissée en apparence, c'est pour y gagner en vice, en mahttp://userserve-ak.last.fm/serve/_/27983093/Marilyn+Manson+omega.jpglsain. Ne rebuter personne au départ pour en saisir plus dans un filet englué et suffocant. Suffisamment agréable pour qu'on y revienne, mais suffisamment dérangeant pour qu'on ne s'y sente jamais vraiment bien. Où comment cet album finit par devenir une parfaite incarnation de son propos, à savoir (c'est quand même le gros du propos), l'addiction aux drogues dures. (The Dope Show, The Speed of Pain, Coma White, ou encore Dissociative, narration d'un bad trip qui vire presque à la Near Death Experience, et, peut-être – bizarrement quoiqu'il en soit- un des morceaux les plus émouvants du Révérend.****). Un tour de maître qu'il ne parviendra jamais à rééditer, trop occupé à se marier avec de pulpeuses brunettes et à diriger un des groupes au line-up les plus mouvants qu'on ait jamais rencontrés.

 

Et le fait est que, presque 10 ans après l'avoir découvert, et même si les circonstances ont changé depuis l'époque ou je l'écoutais seul, enfermé dans ma chambre en me disant que le glauque c'est trop cool… Je n'arrive toujours pas à écouter cet album sans me traîner une boule désagréable dans le ventre, une sensation de malaise, limit de nausée… Capable de virer au début de crise d'angoisse au milieu de "Last Day on Earth".

Et ça a beau ne pas être agréable, c'est peut-être là la marque des grands.

 

Reste que si vous ne supportez pas Manson par a priori, ce qui pourrait être tout à fait compréhensible, tant la majorité des fans hardcore du Révérend que j'ai eu l'occasion de croiser… ne donnent aucune envie de découvrir plus avant leur idole, repenchez-vous sur cet album, non sans oublier d'aller faire des emplettes de Lexomyl auparavant, tant le voyage, même fascinant, est dur.

 

Allez, posez un premier pied dans ce monde malsain mais si délicat au goût:

 


 

 

* On n'insistera jamais assez sur l'importance symbolique de ce film pour les gens qui auront eu dans les 15 ans vers l'an 2000. C'est, pour beaucoup, le premier film possédé en DVD et/ou en DivX, et sa B.O. un grand succès dans les graveurs naissants qui servit porte d'intro, entre autres, à RATM, et à toute une catégorie de musique type métal / indus.

 

** Matrix, cependant, fait exception à cette règle, tiens.

 

*** Il est à noter que si l'on s'intéresse uniquement au concept de chacun des trois albums de cette trilogie, chacun reprend, un peu à sa manière, un concept album réalisé par un autre de par le passé. Mechanical Animals serait Ziggy, oui, et à côté de cela, Antichrist Superstar serait la relecture de The Wall, Holy Wood, celle de Downward Spiral. (Cette façon de voir, qui ne prend en compte les concepts mansonniens que de façon très superficielle, n'engage que moi, cela va sans dire.)

 

**** Marilyn Manson, fait. Brian Warner, fait. Révérend, fait. Désolé, là je suis à court, je vais devoir me répéter. Excusez-m'en par avance.

25 mai 2010 2 25 /05 /mai /2010 09:55

Paul Gray, bassiste de Slipknot, est mort cette nuit.

 

Ca n'a jamais été un de mes groupes préférés, même dans mes pires années de perdition musicale.

Je n'en ai jamais été fan, et j'ai arrêté de suivre les mésaventures de ce groupe peu après leur second album (il y a donc quelque chose comme 8 ans, sûrement)

 

Pourtant, en 2001, on m'avait prêté leur premier album: ma porte d'entrée dans le monde du métal, via une porte néo / thrash… Le côté masqué nous intriguait, et avec le recul, je me dis qu'on a du avoir les mêmes interrogations que les fans de Kiss dans les années 70.

 

Du bruit, de la fureur, de la violence. Un fabuleux défouloir. Aujourd'hui, c'est le gamin de 14 ans que j'ai été qui se dit que tiens, un bout de sa jeunesse est partie.

 

(Et là je me dis que le décès de Damien Saez aussi risque de me faire bizarre, ce qui est loin de me rassurer.)

 

Il est facile de moquer ce groupe de clowns, de bourrins masqués dont le leader a créé un des pires groupes de post-grunge qui soit (influences Nickelback / Chris Cornell solo), mais n'oublions pas qu'en 1999, ce premier album de Slipknot avait tout d'une tuerie démentielle et réjouissante. Putain c'était bon quand même.

 

Ca ne mérite pas une mort en Rock, mais j'allais pas me priver d'une part d'un accès de nostalgie, d'autre part, de l'occasion de vous coller ce titre que j'aime encore beaucoup aujourd'hui, et dont je n'aurais jamais parlé autrement…

 


 

 

12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 14:10

http://4.bp.blogspot.com/_iRTj3YHEhNY/SMrN7lzptnI/AAAAAAAAEys/tAo2yV0CnBk/s400/1989+-+Tin+Machine+-+Front.jpgL'envie. Voilà quelque chose de Beau. Voilà ce qui nous motive, ce qui nous porte, ce qui nous fait rester en vie.

Si le terme, lorsqu'il désigne autre chose que le péché capital du même nom ou ce foutu bout de peau qui s'effiloche sur le côté du doigt (et qui fatalement se terminera par une petite zone de votre index écorchée vive et source de douleurs atroces) a été totalement fourvoyé par Johnny Hallyday (bien aidé en cela par Jean-Jacques Goldman, qu'on ne remercie pas), le sentiment associé est incroyablement noble.

 

C'est l'envie qui fait que j'écris ici. C'est l'envie qui fait que j'écoute des disques. En choisir un plutôt qu'un autre? L'envie, encore.

 

Bien évidement, c'est facile de jouer sur les mots, et, bien souvent, l'envie n'est jamais qu'un besoin dont on veut faire croire qu'on le contrôle. Par exemple, moi, j'ai souvent envie de fumer, et, bizarrement, je n'en ai jamais besoin. Un besoin, c'est nul, c'est sale. Une envie, c'est classe, c'est maîtrisé, c'est assumé. J'ai si souvent envie d'aller acheter des disques que c'en est pathologique, mais jamais, ô grand jamais je n'avouerais que j'ai besoin de traîner les étalages et rayonnages de galettes, alors que merde, je suis discomane, je le sais.

 

C'est comme ça qu'on reconnaît un adulte d'un enfant. L'enfant essaye de convaincre ses parents que, ce dont il a envie, il en a besoin. L'adulte, dans toute sa splendide vanité, considère que tous ses besoins sont des envies. Par exemple, le soir, il ne se demande pas ce qu'il a besoin de manger, mais ce qu'il a envie de manger. Pourtant, s'il ne cède pas à cette envie, il risque de pas tenir très longtemps.

 

Quand on a envie de rien, ça commence à être grave. "Boarf, j'ai pas envie" qu'on dit. Généralement, c'est le signe qu'on est amoureux, ou dépressif, ce qui finalement revient à la même chose, à ceci près que quand on est amoureux, la dépression a un petit nom, qu'on trouve en général charmant (et ce, même si c'est  Justine ou Casimir (là vous devinez que j'ai eu envie de regarder le calendrier à début Mars pour trouver des prénoms moches – désolé si vous avez des Justine et des Casimir dans vos familles) ce qui prouve que le manque d'envie fait perdre le sens des réalités).

 

L'envie me fait écouter une centaine de disques nouveaux par an. Pas plus, parce que j'en ai pas envie. J'écoute des disques par envie, pas par curiosité, boulimie, ou volonté d'exhaustivité, non. Par envie. Juste histoire de ne pas perdre le goût des choses: j'ai trop souvent voulu être au fait de tout par le passé, j'ai trop souvent risqué de perdre goût et envie, je veux pas jouer au con.

 

L'envie… voilà le moteur tant de mon goût musical que du fonctionnement de nombre d'artistes que j'apprécie. Trop d'artistes font des albums qu'ils disent faire par envie alors qu'ils ne les font que par besoin: besoin d'argent, besoin d'un prétexte pour repartir en tournée histoire de recycler une fois de plus le vieux répertoire, besoin de retrouver un succès passé, besoin d'exposition médiatique. Vanité que tout cela.

Mais certains travaillent à l'envie. Quand les Smashing Pumpkins décident de balancer un album entier gratos à leurs fans, c'est bien qu'ils avaient envie de le faire. (Les mauvaises langues diront besoin de se faire remarquer, certes… C'est là aussi qu'est la faille de mon raisonnement: ce qui sera une envie selon l'un serait un besoin selon l'autre, ah, beauté de la critique ou tout peut se dire de deux façons différentes selon qu'on aime ou pas)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/b3/Tin_machine.jpg


Par exemple là, je n'avais pas envie de mettre une image, mais j'en avais besoin par souci de lisibilité.


Mais revenons donc à ce sujet qui nous intéresse (moyennement, en fait). Dans les années 70, Bowie a toujours travaillé à l'envie. Envie de faire de la musique, sacrifice du groupe qui l'a porté au pinacle par peur de ne plus avoir envie, de s'essouffler… L'envie l'a mené tour à tour au succès, puis à l'avant-garde, à l'aube des années 80.

Puis, dans les années 80, le besoin le cède à l'envie. Au lieu d'être en avance sur la mode, David la suit (et c'est pas toujours heureux.) Ce n'est plus l'envie d'essayer qui domine, mais le besoin de réussir, le besoin d'être sur le devant de la scène.

 

On en arrive alors en 1989, deux ans après le minable Never Let me Down.Bowie, au détour, surement d'une descente de came, ou peut-être parce qu'il a vu ce que donnait son clip d'avec Mick Jagger, a décidé soudain d'arrêter les conneries.

Reste que soudain, Bowie a eu envie de redevenir un artiste musicalement valable. Et il s'est dit que pour arriver à ses fins, il avait besoin de disparaître quelques temps. Mais comme il a besoin de faire de la musique… L'idéal est de devenir membre d'un groupe (synonyme, pour un artiste qui compte, de rétrogradation en National, d'habitude, on quitte un groupe pour une carrière solo, pas l'inverse).

 

Puis, après deux albums, il dissout Tin Machine. Même si dans le Rock & Folk de Mars 1992, ils disent que le groupe se porte très bien et envisage de sortir un live, un an plus tard David ressortait son premier album solo depuis 6 ans, sur lequel on va quand même pas revenir.

 

Maintenant, la question se pose: en 2010, qu'est-ce qui peut donner envie à quelqu'un d'écouter cet album? Réponse: rien. Mais vraiment. Qui a quoi que ce soit à foutre de Tin Machine? De toutes façons, même pour un gros maniaque Bowien tel que moi (c'est quand même le seul artiste dont j'ai tant de disques que je peux pas les faire tenir sur une seule étagère dans mes tours! *), il y a un trou dans la discographie de Bowie entre 1983 et 1995 – et dans ma discothèque, aussi. C'est vraiment le pervers du dernier degré, le maniaque de l'exhaustivité qui va avoir envie de fouiller dans cette période, qu'il s'appelle Xavier ou Thomas.

 

Au départ, je voulais faire une chronique ironique, mais ça ne tenait que deux titres: Effectivement, "Bus Stop" est super pour attendre le bus, et "Run run run" ferait magnifiquement tapis d'une pub Nike (pour les premières Nike Air, par exemple).

Et puis je me suis dit que ça tenait pas debout. Puis j'ai réalisé que finalement, ce qu'il manque à cet album… C'est de la niaque. De... (tous en chœur!)... l'envie . Sur cet album, Bowie doit très certainement être le seul à se faire plus chier que l'auditeur. Qui lui, passé la quatrième minute de l'album, fait déjà autre chose. Parce qu'il est là le problème. Non seulement j'avais pas vraiment envie de l'écouter cet album (j'étais contraint et forcé par un accord tacite passé avec le magnat du David Bowie Blog Tour), mais j'y arrivais même pas. Ca ressemblait vraiment à du boulot. J'étais contraint de la faire, et la moindre raison d'y échapper faisait l'affaire, même, parfois, sans faire gaffe. J'en arrivait presque à siffloter un air n'ayant rien à voir alors que j'avais "Under the God" qui crachait à fond dans mes oreilles. Impossible de me concentrer. Obligé de penser à autre chose, ou alors je dérivais de moi-même, au hasard des choses.

 

 

D'ailleurs, si j'ai réussi mon œuvre, on atteint ici le point de non retour, celui où vous vous y êtes déjà pris à trois fois pour relire le dernier paragraphe, relisant de plus chaque phrase deux fois, sans pour autant toujours les saisir. Cet article vous gonfle malgré vous et vous pensez déjà à celui que vous devriez écrire, au menu de votre repas du soir, au gamin qui beugle, au prochain match du XV de France, à l'endroit ou vous avez rangé le Doliprane.

 

Dans ce cas, vous comprenez ce que j'ai ressenti en écoutant "Tin Machine", l'album que David Bowie n'avait pas vraiment envie de faire.

 

Et que moi, j'avais pas vraiment envie de chroniquer.

(Mais bon, Xavier avait besoin de cette chronique.  David Bowie Blog Tour oblige)

 

 

* Nick Cave, c'est pas pareil, c'est les coffrets qui le font tricher

4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 11:00

 

Guic' traine du côté du 7 ème sous-sol.

 

http://www.labovirtuel.ch/artlive/artlive/enfer01.jpg48 heures en enfer. Même Bruce Willis n'a tenu qu'une journée. 48 heures d'angoisse, suite au mélange détonnant entre le miracle de la vie et ma maniaquerie toute personnelle. Car voyez-vous, je suis devenu tonton. Oui, Tonton Guic' the Old, c'est moi, c'est officiel, c'est déclaré à l'état civil.

 

Et donc, il s'est déroulé 48 heures pendant lesquelles, à tout moment, mon portable pouvait sonner, pour annoncer prénom, taille, poids, et tout le monde va bien. Or évidement c'est une chose importante. Et qui dit chose importante pour moi, dit "musique associée à cet évènement important". Je suis comme ça. Mon Bac? "Rooftop" de Stereophonics. Mon premier râteau? "Zero" des Smashing Pumpkins. L'ouverture de ce blog? "I can't make it on time", des Ramones. Et ainsi de suite.

 

Et là… j'ai finalement passé 48 heures à redouter d'écouter le mauvais truc au moment où j'allais apprendre que j'étais effectivement tonton. Au point de… finalement me priver de musique, car les seuls trucs que j'avais envie d'écouter étaient des "défouloirs" qui auraient été du pire mauvais goût. Ma seule dérogation furent les morceaux de Guitar Hero que je jouait en mode batterie pour me passer les nerfs… finassant par briser ma baguette gauche sur la fin de "Mr Crowley" (d'Ozzy Osbourne). Comme quoi je devais vraiment atteindre genre le 7 ou 8 ème cercle, tout exutoire m'étant retiré.

 

Dans les faits, j'en écrasais méchamment au moment M, et c'est en me réveillant dans un sursaut vers 4 heures du matin que j'appris que c'était bon, c'était fait, j'étais une génération plus vieux. Peu de musique pour quelques temps encore, hors un "Let Down" (de Radiohead) qui cadrait particulièrement bien en ce dimanche matin lumineux et doux.

 

Ernesto Violin flirte avec les limbes.

 

26768 1380572919594 1390051708 1046119 5434097 nPendant ce temps là, sur ma boîte mail arrivait (mais je ne le savais pas encore) la nouvelle que le dernier album de Viol, Welfare Heart était sorti, tout prêt tout chaud, du studio.

Après "Love Boat" et son concept de recherche (et de perte) de l'amour trésor, on se retrouve plongé, le temps de 14 titres et de trois faces, dans l'Amour sous toutes ses formes.

Oui, l'Amour avec un A majuscule, tant rien ne parvient à lutter contre lui, et tant il est une émanation de nature divine, de Dieu, qu'on retrouve, outre sur cette splendide pochette, aux quatre coins de l'album. L'amour, si doux, si délicieux qu'on se surprend à dodeliner (voire sautiller au milieu du salon) à l'écoute de "Flavour of Love", le morceau purement pop qui ouvre l'album, simple et beau et qui ne parait contenir aucun sous entendu ou vice caché… L'amour, juste l'amour, toujours l'amour, pur et beau.

C'est au sein de cette première face (Found Letters) le pivot: aimer, sans limite ni raison, qu'on soit moine (Diary of a Monk), que la promise soit manchote (For the love of young Rose), ou que l'objet de l'amour (su partagé) n'existe tout simplement pas (Make me believe in Santa Again).

 

Puis sur la seconde face on se recentre sur soi, on revisite avec plus ou moins de joie son passé, on règle quelques comptes, on s'offre un "Time Travel" du plus bel effet… Et au sein de la dernière face (la "fameuse" face religieuse annoncée lors du concert), on se frotte à l'Amour Divin. On affronte ses démons, quitte à y perdre son amour (2000 pigs in the sea*)…Et l'album de se clore sur ce qui paraît une épreuve initatique, les déclarations d'amour cédant le pas à une déclaration de Foi vibrante déguisée en ritournelle de marin: c'est la traversée de The Bridge.

 

Aimer les autres, apprendre à s'aimer soi – même, pour pouvoir, enfin, peut-être, aimer Dieu… On pourrait passer des heures à philosopher là-dessus. Sur Love Boat, l'amour "matériel" se voyait voué à l'échec et finalement le trouver était plus excitant que de le posséder. Ici l'amour atteint le niveau supérieur, spirituel, se fait déclaration de Foi vibrante à tous les étages, même si la musique lui servant de support va plus chercher du côté de Liverpool que du côté de St Jean de Latran.

Tout cela est affaire de Foi, c'est-à-dire… de Confiance. Et question confiance, il est indéniable qu'Ernesto a gagné du galon. Confiance en soi, enfin, en le lui –musicien d'abord, de par un éventail d'instrument encore plus large que dans les efforts précédents (accordéon et piano – non, pas orgue, piano) font une entrée remarquée et réjouissante. Mais aussi parce que l'Ernesto-conteur laisse à l'occasion la place à l'Ernesto-guitariste quelques envolées dont on commence à ne pas se lasser. (Make me believe…, mais surtout Avalon)

 

Toutes ces choses mêlées font que certaines des chansons sont encore un cran au-dessus de Love Boat, voire deux crans. Le verso de la médaille explique donc en des termes très clairs que je suis bien en peine pour juger les autres. Tout ce que j'ai à dire, c'est "Jetez-vous sur cet album", ne serait-ce que pour pouvoir écouter ces splendeurs que sont "Flavor of Love", "Time Travel", "The Bridge", "Living in a cemetary", et… ben disons toutes celles que j'ai déjà cité, parce que là on arriverait déjà à lister les 2/3 de l'album facilement.

 

On pouvait s'attendre à ce que le successeur de "Love Boat" soit bon. Il l'est. Par contre je m'attendais pas forcément à ce qu'autant de chansons de cet album, disséminées de-ci de-la, refusent finalement à quitter mon esprit, et restent en permanence ancrées, sinon dans mes oreilles, du moins dans ma tête (certaines mélodies assez imparables sont du genre à rester, quand même).

 

Bref… Ernesto Violin nous régale une fois de plus (et avec quelle réactivité! Love Boat est sorti, je vous le rappelle, il y a à peine 10 mois!) d'un album délicat et fort agréable à écouter: une quinzaine d'écoutes en un peu plus d'une semaine quand même, et plus du double pour certains titres!)

 

Epilogue: Purgatoire et Rédemption

 

 

21/02. Après une rapide visite l'après – midi même, encore tout ému et fasciné et impressionné par la petitesse, la fragilité qui peut s'exhaler d'un enfant si jeune… Ce n'est qu'à ce moment que j'ai appris la sortie du nouvel album

 

L'ayant récupéré, je l'écoutais d'une oreille distraite, devant la porte de mon immeuble en fumant une clope, en réfléchissant au temps qui passe, aux responsabilités qui arrivent, à cette nouvelle génération qui arrive et refait passer à 3 le compte des générations dans la famille.

 

http://adelescostumes.com/santa_claus_costume_los_angeles_santas_beard_disguise_hollywood/santa_claus_costumes_los_angeles_santas_beard_disguises_hollywood_5.jpgEt soudain "Make me believe in Santa Again". Voilà, c'est ça. Face à un gamin si petit, on se sent finalement Père Noël, obligatoirement. Une sorte de tendresse infinie envers ce qui n'est pas encore vraiment quelqu'un qui n'a même pas vraiment de raison d'être. Une sorte d'amour inconditionnel et à peu près aussi absurde que beau, indiscutable… divin, presque. Béatitude. Car si on y réfléchit, en fait, le Père Noël, c'est jamais que "Dieu pour les 2  - 7 ans", non?

 

Et soudain (bis)… Tout le stress qui retombe d'un coup. Tout va bien, et la vie est belle.

 

Retenez donc d’ores et déjà la légende qui finira par remplacer les faits : A l’apparition de la nouvelle génération, j’écoutais « Make me believe in Santa Again ». Autant dire que j’ai aussitôt trouvé que d’un point de vue symbolique, ça collait vachement bien.

 

Arrivés là ;, on pourrait me reprocher de ne pas avoir fait de véritable critique de l’album… Franchement, vous croyez que c’est facile de critiquer un album qui a à ce point compté dans ma vie ?

 

Non…Plutôt que de pinailler de la sorte vous feriez mieux d'aller télécharger l'album à la source, à savoir ici.

 

  Et à l'occasion de ce V - Day, je ne suis pas le seul à en parler. Allez voir aussi ce qu'il en est chez Thomas, Laiezza, Cissie et Klak.

 

* Présentée au concert comme "inspirée d'un passage des Evangiles dans lequel le Christ envoie l'esprit d'un démon sur 2000 cochons", ce passage a depuis titillé ma curiosité… Si vous aussi ça vous intéresse, c'est dans l'Evangile selon Saint Matthieu, 8: 28-34

21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 19:23

http://3.bp.blogspot.com/_aeKED8wOQzw/Ssh_Y2_5JEI/AAAAAAAACL8/uBIqbr5qdNU/s400/folder.jpgY a pas à dire. J'en aurais mis du temps à venir à Black Sabbath. Et en plus, pour des raisons musicales. Si ça avait été pour cause d'allergie totale au satanisme de bastringue, ce serait compréhensible. De mépris d'Ozzy, aussi. Parce qu'un groupe qui a lancé R.J. Dio, auteur de l'impérissable (malheureusement) "Holy Diver", à la rigueur. Mais non, c'était quelque chose dans la musique qui me bloquait.

 

A croire que j'étais quand même sacrément con, jusqu'à récemment.

 

Entendons-nous bien: évidement que comme l'auditeur de passage j'aimais bien Paranoid et Iron Man (comme tout le monde: ma mère aime Paranoid). Conséquence évidente: m'intéressant à l'album "Paranoid", je le trouvais très bien (on a beau dire, un album de 8 titres avec 4 chefs d'œuvre, on voit pas ça tous les jours.) Mais les autres… Rien à faire. Avec, surtout, cette ironie mordante: De "Sweet Leaf" en "Black Sabbath" comme de"War Pigs" en "Sabbath Bloody Sabbath" (qui n'est pas une reprise thrash de U2, non), j'ai toujours adoré un titre sur les albums du Sab': le premier. Passé cela, souvent, je m'ennuie un peu.

 

Alors quoi de mieux, finalement, pour faire un investissement minime et posséder tous ces titres, mais également les 4 chefs d'œuvres de Paranoid (ce qui fait 7 titres au final, ça se recoupe), que d'investir dans un live?

 

Bon, je vous mens en fait éhontément, ce live, je l'ai juste vu en promo et l'ai pris, comme ça, parce que, de 1) J'avais que Paranoid dans ma discothèque, de 2) Ce live me rappelait le bon souvenir d'une soirée passée, dans l'appart le plus funky de la capitale des Gaules. Vous savez, ces soirées, où plein de gens sont réunis, dont certains font péter le compteur de la geekerie musicale (ce soir là on comptait un fan de Metallica, un fan de Megadeth, un fan des Smashing Pumpkins et… un fan de Phil Collins qui se sentait un peu à l'écart), et où, au milieu d'une conversation agitée, il y en a toujours un pour lever la main, dire "écoute moi ça", et se lancer dans un solo d'air batterie qui serait vraiment affligeant, si on était à jeun (le fan de Metallica, ce soir là).

 

Là où réside le mystère, c'est que, mis à part avoir réclamé qu'on diffuse "Sweet Leaf", je n'ai aucun souvenir du passage de ce disque dans la soirée – mis à part qu'il fut remplacé par un demi- Gloria de Patti Smith, lui-même remplacé par du Megadeth.

Pourtant, quand j'ai acheté ce CD, c'est cette soirée, précisément, où j'appris l'existence même de ce Live de Reformation, qui m'est revenue en tête.

 

Et puis, le temps passant, les écoutes s'affinant, les fixations défilant, j'ai fini par enfin mettre le doigt sur la réponse à l'éternelle question "pourquoi les mecs qui détestent le métal aiment quand même Black Sabbath, au moins un peu ?". Pourtant la réponse est d'une simplicité démoniaque, vu que c'est une simplicité démoniaque. En écoutant Sabbath en l'an 2000, on a finalement du mal à croire que c'est du métal. On le sait. Mais on le croit difficilement. Tout comme à 14 on sait que Madame Bovary est un chef d'œuvre, mais on le croit pas tellement on s'emmerde.

 

C'est juste que, bizarrement, "le Sab'", c'est un peu le métal à l'état pur. A peu près tout ce qui a été fait derrière (à commencer par la carrière solo d'Ozzy) ne ressemble déjà plus à Black sabbath (et donc au Heavy Metal), qui, finalement, produit une musique assez éloignée des clichés du Métal actuel: pas tant de gobelins que ça, des solos juste comme il faut, et surtout, pas de démonstration vaine, des manches simples, des pédales simples, et finalement y a que le live qui est double ce qui ne l'empêche pas d'être très bon. On peut aller chercher dans les 8 minutes pour une chanson, mais pas vers le quart d'heure comme chez Led Zep' (la demi-heure pour Manowar), bref, on a connu quand même vachement moins audible.

 

http://www.boston.com/bostonglobe/ideas/brainiac/BlackSabbath005.jpg

 

Non, mais vraiment... me dites pas que ces gars-là font peur quand même...

 


 

J'ai vu à plus d'une reprise que la majorité des clichés du métal étaient déjà en germe chez Black Sabbath… Pourtant, j'ai beau me creuser, mais à part le satanisme, et, peut-être, la drogue, je trouve pas. La drogue, passons, avec des arguments pareils, ce sont les Stones qui ont inventé le métal. Quant au Satanisme, c'est certes un super fond de commerce, mais quand même, Ozzy c'est sûrement le seul sataniste capable d'appeler Dieu à l'aide quand ça dérape (Black Sabbath, le morceau). On a connu plus téméraire.

Black Sabbath ressemble plus à de la pop psychédélique plombée à mort, minimaliste, lourde, et légèrement bruyante qu'à du métal comme on l'entend communément maintenant. Les Doors pervertissaient le psychédélisme, Sabbath le renverse complètement.

 

Finalement, à part Paranoid, morceau qui résonne comme un "Le Hard – Rock? Ben tiens, en voilà un, fais pas chier, tu vois qu'on a rien à prouver.", la majorité des bons morceaux reposent sur le même gimmick qui fait mouche à chaque fois: un bon gros riff, une section rythmique militaro – plombée, la voix aigre d'Ozzy. Et un thème à la con: Drogue, Satanisme, principalement, et puis, pour le fun, Comics. Surtout pas de Fantasy, ou alors, si, à la rigueur, mais juste pour pouvoir parler de drogue (Fairies Wear Boots). Et puis bien sur un bon solo, et, généralement, une accélération finale histoire de permettre aux Rock – critics de caser "cavalière" dans leur article. La formule est étonnement solide, finalement tout y est. Et ça reste, même 40 ans plus tard (enfin un peu moins) d'une efficacité vraiment… ben oui, démoniaque.

 

Finalement, de retour dans l'appart du fan de Metallica il y a peu, autour d'un café (d'un thé pour lui, les fans de Metallica ne sont plus ce qu'ils croient), mes yeux s'égarant dans les multiples rayonnages, on se décide à le rebalancer. Arrivé à "N.I.B.", la même phrase jaillit presque instantanément des deux côtés: "Tu trouves pas que c'est vraiment le meilleur celui-la? Mais carrément", et lui de rajouter: " Rhaa y a un riff qu'est… Et puis la batterie elle est…" (Comme quoi la simplicité nous désarme), puis de se lancer dans un enchaînement air – guitar / air-batterie, comme de juste.

 

Ben moi, comme de juste aussi, j'ai commencé à air-headbanguer.

 

 

 

(J'ai mis une vieille video parce que finalement, avec les images, le Reunion paraît moins bien...)

18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 19:33

http://petsound.files.wordpress.com/2007/08/country-life.jpgJe sais pas pourquoi je vous parle de ce disque. Franchement, pour tout vous dire, ça m'a pris – comme on dit par chez moi – comme un coup de pied au cul.

En fait, jusqu'à très récemment, j'avais assez bêtement snobé la discographie de Roxy Music post- Brian Eno. Assez bêtement, certes, mais assez logiquement aussi: je craignais, par habitude et ouï-dire, que ce "second" Roxy Music soit décevant, a fortiori pour moi, qui idolâtre avec un manque total de retenue la face A de leur premier album.

Aaaah, la face A du premier album. Re-Make / Re-Model, Ladytron, If there is Something et Virginia Plain. Quatre titres vraiment fascinants, sinueux, uniques. Dès le moment où on les découvre, on sait déjà, au fond de soi, qu'on ne redécouvrira jamais un truc qui ressemble de près ou de loin à cette musique. Une musique qu'on devine unique dès la première écoute, voilà quelque chose qui n'est pas banal. (D'habitude faut écouter d'autres trucs, aussi, pour s'en rendre compte.)

 

Et quand on a écouté ça, qu'on sait de quoi est en partie responsable le Sieur Eno (je parle de la trilogie berlinoise de Bowie là, pas des derniers Coldplay et U2), on craint un manque d'intérêt de cette œuvre sans ses soins. Logique, vous disais-je.

 

Et puis, en fait, un jour on tombe, par hasard, sur un titre qui va tout changer. Enfin, quand je dis par hasard… J'ai simplement laissé tourner Spotify au-delà des 4 morceaux (habituels) que j'avais sélectionné, ayant du m'absenter pour une quelconque raison, de genre préparer le café. En revenant, ce n'étaient plus les virevoltantes bizarreries de Virginia Plain qui m'attendaient, mais un piano fait pour apprendre aux rock-critics ce que signifie crépusculaire veut dire, avec, par-dessus, un mec chantant en latin.

 

Remettant le morceau à son début, et après vérification que le morceau était bel et bien de Roxy Music, je m'installai et profitai du morceau comme ça faisait un bout de temps que j'avais pas profité d'un morceau comme ça: Pleinement, entièrement, fasciné, hypnotisé. Et quand Brian Ferry se mit à chanter en français, je n'ai pu réprimer un frisson.

 

Et c'est donc grâce à Song for Europe que j'ai franchi le pas.

 


 

Et que je me retrouve à avoir un album préféré de Roxy Music, en plus de ma face préférée. Pour la chanson préférée, cela n'a pas bougé, c'est toujours If there is Something.

 

Mais bon… Voici Country Life. L'album qui vous vaut des regards désagréables de la part de la caissière de la FnacCountry Life un côté grandiloquent, décadent du plus bel effet. On pourrait le résumer en disant qu'il y a là-dedans tous les arguments utilisés habituellement pour défendre Queen, mais en bien. Cet album est souvent baroque (The Thrill of it all), avec une ambiance récurrente de cabaret un peu foutraque (It takes all night), un Casanova arrogant, bref autant de morceaux fascinants, rythmés, passionnants, s'achevant sur Prairie Rose. C'est beau, c'est bon, et sans qu'on s'en rende compte, on se retrouve à chanter à l'unisson avec Brian Ferry "Prairie Roooooooose! Yeah eee" On se sent con, mais c'est bon, si bon… quand vous l'achetez, certes, mais aussi l'album qui offre un grand plaisir à l'écoute.

 

 

Alors certes, ce n'est pas un album révolutionnaire, loin s'en faut (j'ai d'ailleurs l'impression personnelle que c'est l'album de Roxy Music dont personne ne parle jamais). Et pourtant, même si Brian Peter George St. John le Baptiste de la Salle Eno (fallait que je le mette en entier au moins une fois, désolé) n'est plus là, parti avec sa volonté d'innover vers des terres plus froides, son ombre reste, et Roxy décline ses deux premiers albums plutôt que de rester dans le cadre un tantinet plus classique offert par son prédécesseur, "Stranded".

 

http://userserve-ak.last.fm/serve/_/2932825/Roxy+Music.jpg

 

Non, ici, Casanova se fait castagneur mais garde sa perruque poudrée, Out of the blue rappelle les premières heures du groupe, avec ses fonds en envolées S-F, The Thrill of it all ne cesse d'en rajouter, de s'alourdir, et pourtant ne cesse jamais de monter vers les sommets. Tout est un régal dans cet album, y compris Three and Nine, alors que pourtant, ça s'annonçait pas sous les meilleurs auspices, l'intro me faisant définitivement penser à un générique de dessin animé des années 80. (Bon, on pourrait dire que c'est en avance sur son temps, à la rigueur).  Il est amusant de voir que, les arrangements d'Eno maintenant dilués (mais sa "patte" reste présente, elle appuie moins fort, c'est tout), on prend enfin pleinement la dimension de la voix de Brian Ferry. Chaude, caressante, sexy en diable, et pourtant… au fond de tout cela, on décèle un côté malsain caché, un peu plus mis en avant quand la voix se hausse… Et on réalise qu'en fait, cette voix ne caresse pas: elle amadoue, elle hypnotise, elle persuade. Mais on se laisse faire avec plaisir.

 

Concluons avec cette délicieuse chanson que je n'ai pas encore évoquée: All I want is you. All I want is you est un de ces morceaux qui ne payent pas de mine… Qu'on écoute un coup et qu'on aime bien… Qu'on se remet à l'occasion, car il donne le sourire, avec en plus ce genre de petit passage de détail comme on peut les aimer ("L'amour, toujours, l'amour" ici), un solo génial (c'est très subjectif, ça, la "génialité" d'un solo de guitare, je suis d'accord), des chœurs entraînant à vous faire danser dans la rue, et puis, sans même qu'on s'en soit vraiment rendu compte, il trône, là, fièrement en tête des morceaux que vous avez le plus écouté ces derniers temps (J'ai un arbitre infaillible: iTunes.)

 

Alors je vous laisse avec lui. Ca m'évitera d'avoir à trouver une chute.