Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

***


Here, There And Everywhere

1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 11:19

« Merde il l’a fait ! » Voilà ma première pensée en m’appercevant que Xavier avait décidé de mettre en application l’hommage Thomien que j’avais banlancé comme une blague au bas du dernier MDAM de la première saison.

Je me suis pas senti con d’avoir lancé ce défi, de voir quelqu’un le relever, et de savoir que c’était pas avec mon piètre niveau musical que j’allais reprendre des grands morceaux. Donc j’ai décidé d’utiliser ce que je maitrise le mieux, à savoir mon clavier, pour offrir non pas des reprises de morceaux, mais des reprises … de chroniques. Ou plus précisément écrire des chroniques sur « comment les disques d’un autre ont pu devenir des disques à moi ». Soit donc « Les disques à Thom (Mais Un Peu A Moi Aussi) »

 

Première session donc.

 

Appetite for Destruction ( Guns n’ Roses, USA, 1987)

 

http://img.over-blog.com/202x200/0/32/42/35/appetite.jpgCe qui est marrant avec le fait d’avoir un blog qui tient sur le long terme (5 ans  déjà !) c’est de réaliser à quel point ont peut être un Saint Pierre en puissance, d’une capacité incroyable à se renier soi-même à plusiseurs reprises.

Les plus anciens ont certainement tiqué en voyant les Guns n Roses présenté ici comme « disque à moi ». Et c’est logique, vu qu’il y a quelques années j’écrivais des trucs comme ça.

Depuis, j’ai lu The Dirt, appris à apprécier le genre tout en pondérant sans qualité sans jamais ô grand jamais dénigrer son importance car je sais être homme de sagesse et que oui, ce fut un mouvement important.

Et c’est vrai que pendant très longtemps, je n’ai tout simplement pas réussi à comprendre que, dans le cadre de l’intelligentsia rock n’ rollement correcte, on défende les Guns (et attention, que le premier album). Qu’au milieu d’un genre honni comme le hard FM, on décide de sauver le groupe le plus connu (avec les innénarables Mötley Crüe, évidement) me paraissait aller tellement à l’encontre de la doxa habituelle… surtout venant de la part de gens encensant habituellement Nirvana, parce que, justement, ils nous avaient débarassés desdits Guns n’ Roses.

Et là ne s’arrête pas le paradoxe. Sauver, du seul groupe qu’on daigne sauver de la mouvance Hard FM, leur album LE PLUS hard FM ? Pire encore, sauver cet album, qui résume à la perfection tout ce qu’ont pu apporter au genre des groupes aussi fascinants (pour moi du moins) que Mötley Crüe, Bon Jovi, Poison, Ratt, Cinderella, et la liste et longue*… Voilà le genre de trucs à même de perturber l’esprit logique mais sensible qui hante ma boîte crânienne. Car oui, cet album est d’une facture tout ce qu’il y a de plus classique pour le genre, avec tout ce qu’il faut de guitares, de cris, de soufre et de sexe (et de talkbox! Non mais sérieux, un album avec de la talkbox considéré comme grand?!). D’ailleurs, il ne faut pas oublier qu’à l’époque, loin d’être le Freddy Mercury redneck auquel il est à jamais associé dans l’inconscient collectif de nos jours**, Axl Rose tenait plus de la version rouquine de Vince Neil. On conseillera à ceux qui en doutent de revoir le clip de Welcome to the Jungle, édifiant à plus d’un titre.

 

 


 

 

 

 

Edifiant car très pratique pour comprendre le vrai fond de l’album. Quand on connaît le genre, on s’attend à avoir affaire à des poseurs de L.A., péroxydés et en moule-burnes, qui vont nous expliquer à quel point la vie est cool au milieu des meufs et des cadillacs, dans la cité ou le truc le plus triste qu’il puisse t’arriver est de découvrir que Chaque rose a ses épines. Sauf que cet album, par l’entremise de ses trois grands morceaux (accessoirement ses trois grands tubes) ne narre rien d’autre que la perdition d’un gamin du fin fond de l’Indiana dans la tentaculaire cité des anges. C’est là que le fait de voir pour la première fois le clip de Welcome to the jungle marque l’esprit : avant, on pourrait croire qu’Axl nous accueille dans la jungle. Après, on sait qu’il nous raconte comment il fut accueilli à son arrivée dans cette jungle urbaine***.


Et soudain tout fait sens à nouveau. Paradise City (where the grass is green and the girls are pretty) ne peut pas être L.A. La fille de Sweet Child of Mine est à coup sûr une Girl Next Door de l’Indiana. Chaque cri d’Axl n’est pas une menace mais un appel au secours. Chaque solo de Slash n’est pas une démonstration technique mais une plainte. Et le déchirement atteint son appogée à mi-album, quand le groupe, pour clore Paradise City nous balance dans la gueule une gigantesque rafale de puissance et de son, une décharge provoquant selon les personnes convulsions ou headbang incontrôlé.

Oh, bien sur, il n’y a pas que ces trois titres sur l’album, et il n’y en a quasiment aucun à jeter (mis à part le fait que je préfère la version acoustique de You’re Crazy, et que My Michelle m’emmerde un peu, l’album tient le haut du pavé). Pourtant chacune de mes écoutes de l’album focalise quasi totalement sur ces titres là (de la même façon que chacune de mes écoutes de GNR Lies se focalise sur Mama Kin / Used to love her / One in a million), pour la simple raison que ce sont sûrement les plus symboliques de la raison pour laquelle GNR a réussi à surpasser la pourtant irrémédiable scission entre grungeux et hardeux :  tout simplement parce qu’ils sont le chaînon manquant.

 

http://www.feelnumb.com/wp-content/uploads/2009/07/picture-2.png

Passage de témoin?

 

 

Toutes les années 80 ont été marquées par des musiciens auxquels le public aurait voulu ressembler, les années 90 par des musiciens qui ressemblaient à leur public. Axl Rose est pile le cul entre ces deux chaises : il est le membre du public qui a réussi à passer sur scène. Et il le vit plutôt mal, dès le premier album, n’interrompra le flot de haine contre tout et tous de « One in a million » que pour se plaindre de n’être qu’un « small town white boy », et au moment de Use your illusion, il aura déjà été bouffé par la matrice. En un certain sens, c’est peut-être celui-là, le premier suicidé du rock des années 1990.

Reste donc un album frôlant les limites de la perfection, dont on ne saurait même pas regretter qu’il n’ait pas été suivi d’aussi bon : c’est un instantané de rage et d’innocence mélée, de l’énervement de celui qui sait qu’il va perdre son âme :  Axl aboie comme un chihuahua perdu au milieu des tigres. Et on se reconnaîtra toujours plus en lui qu’en aucun autre. Where do we go, now ?

 

 

 

* Ne cherchez pas la discographie de « la liste est longue » sur megaupload, c’est une expression.

** Dans l’hypothèse où votre inconscient est individuel, je veux dire par là, le Axl de 1992 : Perfecto Blanc sur short blanc, bandana, long cheveux lisses, dandinement autour du micro, saisie du pied de micro, coourse à traver la scène, pose du micro, s’installe au piano en attendant que Slash monte sur le piano. Axl Rose quoi.

*** Essayez de sortir du métro ligne 14 vers l’extérieur à la gare St Lazare aux alentours de 8 h 15… Vous verrez que WTTJ est le morceau idéal pour cette circonstance.

Partager cet article

Published by Guic ' the old - dans LDAT (MUPAMA)
commenter cet article

commentaires

Guic' the old 07/03/2012 16:05


Merci beaucoup!


 

Frank 06/03/2012 16:34


le meilleur article que j'ai lu sur Apertite For Destruction !


Félicitations !

Xavier 02/02/2012 01:45


Hé Hé, belle pirouette... un peu décu de ne pas entendre tes talents de musicien, mais je savoure le plaisir de lire au moins 10 nouveaux articles sur ce blog!


En plus tu commences par un de mes groupes fétiches ! (d'ailleurs ils passent à Lyon cette année. Enfin, le Tribute Band rassemblé autour d'Axl Rose...)

Thomas 01/02/2012 19:40


Hé mais vous êtes graves, les mecs... y'en a pas un qui aurait l'idée de me prévenir que vous vous lanciez dans cet exercice ? Tu parles d'un tribute :-)


 


Sinon quel choix hilarant qu'AFD quand on sait, effectivement, ce que tu en disais autrefois ;-)