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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 15:31

http://www.sourdoreille.net/beta/wp-content/uploads/2011/09/Smashing-pumpkins-2011-welovemusic.gifCa y est, j’ai enfin vu les Smashing Pumpkins sur scène. C’est purement et simplement un rêve de « moi à 16 ans » qui se réalise. Et autant le dire dès le début de cet article, ce ne fut pas le plus grand concert que j’aie jamais vu. Cela dit, ce fut tout de même une très bonne soirée.

 

Les appréhensions que j’avais avant le concert résument finalement assez bien mon ressenti du concert lui-même. Comprenez : alors que j’allais enfin les voir sur scène, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Un peu comme quand on va voir un groupe qu’on adore pour la première fois quand celui-ci vient de sortir son pire album, on fait tout pour ne pas bouder son plaisir, mais pourtant, on a du mal à ne pas regretter de les avoir ratés sur la tournée d’avant.

 

Enfin. Bien installés dans la fosse du Zénith (pluriel, car concert familial : ce n’était que justice que d’embarquer ma frangine – à qui je dois en grande partie mon amour des citrouilles pour ce concert, et le « moi à 16 ans est aussi présent, surtout que quand on voit Ouï FM sponsoriser un concert des Pumpkins, on a l’impression d’être de retour en 2000…), on endure la première partie en attendant qu’arrive le vrai show. Pour la première partie, on dira juste que ce groupe cumulait les bonnes idées et références (viennent d’Austin, TX, influences Sonic Youth / Jesus & Mary Chain, bassiste en jupette / bas) mais c’est comme la morue aux fraises, c’est pas parce qu’on ajoute mille bon trucs qu’on évite d’obtenir une bouillie dégueulasse.

 

21 h 15 : Ca y est, le groupe entre en scène, salue discrètement le public, le rideau tombe pour révéler un décor de pseudo fête foraine dorée et attaque. Nouveau morceau. Puis encore un nouveau morceau. Logique, le groupe a un album qui doit sortir en début 2012, il est logique de venir le défendre… Mais le concert commence exactement comme je le redoutais : le public, les nouveaux morceaux, il s’en fout. Il est là pour réentendre les tubes de sa jeunesse. De plus, les nouveaux morceaux ne sont pas grandioses. Un peu trop fouillis, encore.  Mais heureusement pour les nostalgiques, Le groupe a une autre actu : la prochaine réédition de ses deux premiers albums (fin du mois). J’avais un peu peur de bouffer trop de Gish et des Siamese Dream et j’avais a moitié raison* Mais cela ne se fera pas sans petit clin d’œil / cadeau pour les fans : on commence par s’enchaîner, après ces deux inédits, donc,  Starla (face B du premier single du groupe – I am One** - et accessoirement chef d’œuvre caché), Geek U.S.A., un Muzzle qui fait plaisir par où il passe (And I knew… the meaning of the world ) puis … Window Paine. Clairement le morceau que je ne m’attendais pas vraiment à entendre.

Et après ce moment de joie n°1, nouveau morceau (enfin, pas inédit, mais un récent : Lightning Strikes, et là, bam, le public se calme. Et ce sera comme ça toute la soirée. Par moments, j’avais limite mal pour le groupe de voir ainsi le public ne pas réagir aux nouveaux titres… Mais d’un autre côté, je me dois d’avouer que les nouveaux titres ne valent pas tous qu’on s’enflamme, loin de là. Et le rythme de la soirée est ainsi donné : 2/3 vieux morceaux qui enflamment la salle suivis de 2 morceaux récents qui plombent tout. En toute logique, c’est pourquoi le concert ne fut pas dantesque, mais plein de bon moments et de bons morceaux. Par exemple, juste alors que l’ambiance est calmée par ce morceau récent (que j’ai l’impression que personne, mais personne connait dans l’assistance…), voilà, tout s’enflamme à nouveau sur Siva / Soma… Puis nouveau morceau… Puis nouvelle plongée dans Pisces Iscariot (Frail & Bedazzled). L’indispensable Silverfuck  - moi qui ne suis pas le plus grand agité de la fosse, j’en fus pour mes frais, j’ai encore des courbatures deux jours après -histoire de bien mettre le feu avant de te recalmer tout le monde avec des nouveaux morceaux, et longs en plus ! Je ne suis pas tendre avec les nouveaux morceaux, je vous l’accorde. Mais je verrais sur l’album. Je dois admettre que par moments, les basses et la grosse caisse surpuissantes résonnant dans le Zénith me faisaient littéralement mal et que j’étais pas forcément dans le meilleur état pour apprécier.

 

Quoiqu’il en soit, à partir de là le concert claque un quasi… non, un sans faute, sérieux. Thru the Eyes of Ruby (The night has come… to hold us young…), qui dégénère en I am one, pour rouvrir sur Cherub Rock fut véritablement le meilleur moment du concert – et peut-être le plus éprouvant physiquement. Derrière ça, les nouveautés sont rafraichissantes : Owata (déjà connue) et My Love is Winter (à venir) sont deux morceaux mignons et plein d’entrain qui ne sont pas sans rappeler Zwan et sont idéales pour reprendre son souffle, se laissant écouter sans déplaisir aucun. Et le set de s’achever sur (enfin !) un morceau de Adore, le déchirant For Martha – qui ne fut pas si déchirant que cela bizarrement, et tint plutôt de salut cordial et émouvant au public.

 

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 Portrait du critique en fan.

A ce moment… On sait que le groupe reviendra (logique de Setlist : trop de tubes manquent) mais on réalise aussi qu’on a eu droit à deux belles heures de concert. Fatigué,  peut-être pas heureux non plus, mais quand même très content, clairement (surtout que ce concert m’a permis de redécouvrir des morceaux dont j’avais oublié qu’ils étaient si bons…).

Et le groupe de revenir pour le rappel peut-être le plus téléphoné de l’histoire, mais peut-être aussi le meilleur que j’aie vu. Après avoir discuté un peu avec le public ( pour la première fois du concert : Corgan donne beaucoup pendant les morceau, mais entre, juste quelques mercis.), expliquant : «  When I came into this showroom earlier today, I realised that I’ve already come in this place. It was in 1992. But, I wasn’t playing with the Smashing Pumpkins, I was in the audiance, over there, and I came to see play The Rita Mitsouko. Do you know the Rita Mitsouko? Tiny Woman. Tiny, tiny, but noisy woman. Was great .»

Et le rappel d’éclater, Zero puis Bullet with Butterflies Wings. Et bye – bye. Lights on. Bien sur, oj’ai un pincement au cœur en pensant aux chansons qui n’ont pas été jouées (Today, Tonight, tonight, 1979…) mais d’un autre côté, je suis pleinement repu, et content. Pas le meilleur concert de ma vie (par contre, pour ma sœur, je sais pas), mais assurément, je me sens bien, car je viens de boucler une boucle, et de régler un compte avec moi-même : moi à 16 ans ne peut plus me reprocher de ne pas avoir tenté plus de convaincre mes parents de me laisser aller les voir en 2001, de les avoir ratés au Rex en 2007. Et Corgan a toujours une classe et une présence affolantes. Certains passages a cappella sur Silverfuck ou Siva, où le public fermait enfin sa gueule... Voilà un truc où le terme mystique retrouve son sens.

Allez, moi à 16 ans, je t’emmènerais peut-être voir Radiohead en 2012, mais Mc Cartney c’est trop cher. Au pire, on retournera voir les Pumpkins en 2012, si l’album est bon. Mais pour l’instant, profite tout ton saooul de la chance qu’on a eu. C’était bien, hein ?

 

Setlist: Quasar / Panopticon / Starla / Geek U.S.A. / Muzzle / Window Paine / Lightning Strikes / Soma / Siva / Oceania / Frail and Bedazzled / Silverfuck / Pinwheels / Pale Horse / Thru the Eyes of Ruby / Cherub Rock / Owata / My love is winter / For Martha

Rappel: Zero / Bullet with Butterflies wings

 

 

Pour la vidéo, heu, ben, y en a plein sur Youtube... Alors j'ai pris celle ci, parce que vraiment ce fut la claque que je n'attendais pas ce morceau. L'image est pas top, le son est étonnament bon pour une vidéo youtube de concert.

 

 

 

* En fait, il s’avère qu’on a jamais trop de Siamese Dream en fait.

** I am one qui fut, disons.. . une sorte de running gag du concert, Corgan en chantant quelques paroles durant le pont de Siva, puis le groupe en enchainant intro, solo et outro pour finir Thru the Eyes of Ruby (mais ça on y revient)

 

 

PS: Nicole F., si tu me lis, tu as atteint la seconde place du "top des bassiste de Guic" en dépassant alégrement D'arcy. Ta tenue de mercredi t'as aidé beaucoup. Le mugshot de D'arcy aussi.


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Published by Guic ' U.S.A. - dans It's a Live
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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 16:57

Après deux semaines à ce qu’on nous rappelle à quel point Nirvana fut un grand groupe et Nevermind un grand album… Je dois vous l’avouer, je n’en peux plus. Ca me plombe le moral totalement. Ce qui est normal, cela dit, on parle tout de même de Nirvana… Dont il faudrait, peut-être enfin, remettre en question les conséquences néfastes.

 

http://static.nme.com/images/05921_132628_Nirvana281.jpg

Chanteur sérieux cherche emploi comme sosie de Rivers Cuomo

 

Houlà, houlà, stop, je m’engage dans un chemin dangereux – Nirvana faisant partie de ces groupes qui ont changé des vies et modelé des destinées, je ne voudrais blesser personne (et cela, je le pense sincèrement) c’est pourquoi, afin de ne pas être accusé de crime de lèse-macchabée alors que j’ai tapé à peine cinq lignes, il me semble indispensable de préciser quelques points.

 

Parenthèse – Préambule :

 

  1. Cet article ne se veut en rien une critique négative de l’œuvre musicale de Nirvana. Pour ceux qu’un tel article intéresserait, je vous invite à aller lorgner là
  2. Cet article ne se veut en aucun être un manifeste de révisionnisme musicale visant à minimiser l’importance qu’a pu avoir le trio d’Aberdeen entre fin 1991 et début 1995.
  3. Cet article adopte l’hypothèse selon laquelle la mort de Kurt Cobain n’est aucunement au centre d’un complot d’Etat. (Comprendre par  là : de l’Etat de Washington)
  4. Cet article ne se veut en aucun cas une chronique au sujet de la réédition – remasterisation de l’album au centre de tous les débats ces derniers temps.

 

 

-          Rha, encore Nirvana… Commencent à faire chier avec la réédition de Nevermind.

 

-          Ben tu voudrais entendre parler de quoi à la place ? L’affaire Karachi ? Les primaires socialistes ? La défaite face aux Tonga ?1

 

-          Non, je sais pas… Les rééditions de Pink Floyd ? Non, même, plus osé encore : entendre parler d’un groupe qui était encore en activité il y a moins de 15 ans, tiens, voilà qui serait audacieux.

 

-          Mais merde, d’un autre côté, tu devrais te réjouir d’entendre du Nirvana à la radio, toi qui rale tout le temps que tu supportes pas ce qui passe…

 

-          Youpi, entendre Come as you are version unplugged pour la six millième fois de ma vie…

 

-          Mais merde, t’aimes bien Nirvana pourtant.

 

-          Leur musique, oui. C’est plutôt le mythe qui me gonfle.

 

-          Attends, ils le méritent le mythe… C’était un groupe super important, et puis voilà, quoi, Cobain, le « club des 27 », bon, ok, ils nous ont gonflé avec leur club ces derniers temps mais bon…

 

-          Surtout que Cobain, lui-même, déjà, a rien à y foutre.

 

-          De quoi ?

 

-          Ben oui. Le club des 27, ils sont 4 dedans, ils resteront pour toujours 4. Tu peux pas chercher des concepts symboliques et en faire n’importe quoi derrière,  bordel. Ils sont 4 (Jones, Hendrix, Joplin, Morrison), morts d’overdose ou assimilé, en l’espace de 2 ans exactement, marquant ainsi la fin du rêve hippie et délimitant par la même ses limites (et rappelant les limites du corps humain, aussi, un peu.) Tout le monde sait ça, tout le monde s’accorde là-dessus. Cobain, lui, tous 27 ans qu’il ait pu avoir lors de son décès, sa mort n’a jamais marqué que la fin de son groupe. Celle du Grunge, de façon toute symbolique (celle de l’engouement mondial pour le grunge, en fait), et surtout, et j’ai presque l’impression que tout le monde l’a oublié : il a choisi de mourir. Alors le concept de malédiction rock n’ roll dans de telles circonstances, très peu pour moi.

 

-          OK, bon, pas sur ce point « mythologique », mais tu peux pas nier que Nirvana ça a été un groupe super important dans l’histoire du rock.

 

-          Oui. Bien sur. Genre de dernier sursaut avant l’agonie tu vas me dire ?

 

-          Si tu veux…

 

-          Mais bizarrement, ce qui m’intrigue c’est que j’ai vachement l’impression que Nirvana, au contraire, c’est le début de l’agonie… Déjà, au niveau même du Grunge, ils ont un côté « arbre qui cache la forêt… » Je sais pas, J’ai un mal fou à retrouver un autre mouvement du rock où un groupe a à ce point vampirisé l’attention des gens.Certes, des groupes comme les Beatles, les Pistols, ont parfois été plus en avant que les autres, mais tu avais toujours un pendant direct, et quelques groupes derrière, pas forcément anecdotiques d’ailleurs, mais là, et en particulier en dehors des frontières ricaines, Pearl Jam, Alice in Chains ou Mudhoney… J’ai souvent l’impression que c’est rétroactivement qu’on les a redécouverts et estimés à leur juste valeur. Et pour moi, Nirvana brouille l’équation pour plusieurs raisons : ça a été le groupe le plus mis en avant, sans non plus être vraiment le plus représentatif, et avec, en plus de ça, un héritage discutable…Parce que si tu regardes en arrière, tu réalise que chaque mouvement  adirectement influencé celui qui a atteint son pic  dans les .. 5 ans qui suivent. Avec Nirvana, rien de cela (à moins que tu viennes me dire que l’héritage de Nirvana c’est… le néo-métal.), voire pire : 5 ans plus tard, le rock est cliniquement mort, et l’album de l’année de Rock & Folk est un album des Chemical Brothers.

 

-          Tu peux pas non plus les accuser d’un vieillissement qui était logique, et puis, il a bien retrouvé des couleurs derrière, le rock… même dans l’après direct : Oasis, Radiohead… Ouais, ils sont anglais, mais bon…

 

-          Ouais, mais tous ces groupes, et c’est une évidence concernant Oasis, mais aussi, plus tardivement, les Libertines, White Stripes ou Strokes on été fouiller dans un héritage beaucoup plus ancien, dans les 60’s / 70’s… Des fois, j’ai l’impression que Nirvana ça a été pour beaucoup de groupe le déclic qui leur a donné envie de faire de la musique, mais que c’est pas un groupe qui les a inspirés plus que ça… C’est logique cela dit, le Grunge était un tel cuumul d’influecnes des générations précédentes, que derrière, il est extrêment difficile de s’inspirer sans tomber dans le pastiche, qu’on appellera Nickelback. Alors ils ont tous été plus ou moins obligés de diluer le bouillon, et de repartir de plus haut, en se focalisant sur un truc parmi la foultitude d’influences. Enfin bon, je sais pas trop, je me paume un peu dans mon propre raisonnement pour tout dire…

 

-          Mais donc, au final, tu leur reproches quoi ?

 

-          Je leur reproche un truc un peu con… Et assez égoïste. Je leur reproche d’avoir faussé la notion de « Rock, musique de l’adolescence ». Comprends-moi : je suis fan d’Oasis, des Libertines, des Smashing Pumpkins. Quand tu te retrouves dans une sorte de joute orale avec des fans de Rock, il est assez fréquent, en particulier au sujet des groupes pré-cités que tu te prennes dans la gueule un « ouais, t’aimes bien parce que ça te rappelle ton adolescence ». Ce qui est, finalement, l’argument le plus con de l’histoire. Surtout venant de gens qui vont te parler de vieux rock (Elvis, Sex Pistols, peu importe) comme portant en soi « les frustrations / la rage / la vigueur de l’adolescence » Comme si au final, le fait d’avoir eu l’âge idéal pour être touché par telle ou telle musique quand je l’ai découverte me dédouanait d’avoir à trouver des raisons objectives à leur qualité, certes, mais aussi me privait de tout sens commun, et m’interdisait par conséquent d’avoir une appréciation esthétique du truc

 .

-          Ouais, mais… Qu’est-ce que Nirvana a à foutre dans cette histoire ?

 

 

 

http://vultureculture.fr/blog/wp-content/uploads/2011/03/nirvana-20051116-847921.jpg

Et puis... snif... je vais fuguer.. snif... et quand je serai morts, vous serez bien contents!!

 


 

-          Ben… je pense que Nirvana a joué un rôle énorme dans la définition de l’adolescence Rock n’ Roll… pour ceux qui étaient ados à l’époque, ou qui ne l’étaient déjà plus, mais qui ont aimé ce groupe au moment ou il existait encore. Le Rock n’Roll en quelque sorte, c’est la musique des rêves. C’est pour cela que c’est un truc très américain (le Rock n’ Roll – les anglais sont plus de fabuleux popeux), avec ce côté « quand on veut, on peut », un peu couillu,  tout ça, tu vois. S’il a cristallisé tous les espoirs d’une jeunesse en révolte contre ses parents, c’est que le Rock n’ Roll célébrait le fait de se taper des gonzesses et de conduire de belles bagnoles, pas parce qu’il te parlait de conflit de génération et du drame qu’était la guerre de Corée – m’emmerde pas sur la chronologie, c’est un exemple. L’adolescence c’est le moment des grands élans charismatiques, le moment ou tu te passionnes pour de grandes choses, idées, livres, philo, c’est le moment ou tu vois le monde comme un tout dont tu fais partie, pas encore comme le truc qui t’entoure et te fais chier, et ce, alors que tu dépends à près de 200 % de tes parents. Tu as envie de faire la révolution, mais à 20 h tu es rentré à la maison parce que c’est l’heure du diner. Voilà, en gros, le grand paradoxe de l’adolescence. Alors quand le Rock n’ Roll arrive et te parle de liberté, de grands espaces et de filles faciles, tu signes des deux mains, même si en fait tu vas écouter ça enfermé dans ta chambre parce que t’as pas eu le droit d’aller au concert. C’est ça la beauté du Rock n’ Roll : dans cette période où tu n’es pas encore résigné à la vie que tu vas te trainer derrière, dans cet instant où tu t’imagines que les choses changeront en mieux, c’est le catalyseur de tes rêves, c’est tout simplement ton dealer d’espoir. Evidement, c’est un rideau de fumée, la vie n’est jamais aussi géniale que celle que te vendent les rockstars – même pour les rockstars. Mais voilà, le Rock, c’est l’espoir de sortir un jour de ta chambre pour voir autre chose. Nirvana, c’est l’art de chanter à quel point on se fait chier dans sa chambre… et c’est tout.

 

-          Ouais mais bon, les punks aussi ils chantaient plus ou moins sur ce sujet là… Comment c’est chiant de vivre dans une banlieue pourrie en période de chômage…

 

-          Sauf que l’espoir était encore vif : « I don’t know what I want, but I know how to get it ». Et puis, il y a une rage, une volonté que ça change.  Chez les Smiths, c’est un peu pareil, mais il reste une sorte de volonté de lutter contre, via le sarcasme. Chez Nirvana, non, juste l’état de fait, sans espoir, ni rien. Tout le monde se réjouit que l’arrivée de Nirvana ait mis fin à une hégémonie du Hard FM sur le Rock à la fin des années 80 (et encore… en dehors des US, pas sur que ça avait tellement de succès par rapport à U2 par exemple)… Mais au moins, ça, c’était ce genre de vrai Rock n’ roll, un truc totalement fantasmatique qui te parle de belles bagnoles, de gonzesses, de seaux de coke, le rock n’ roll 50’s avec l’overdrive poussé à 11. Et le public de se taper des grosses doses de Bovarysme Rock n’ Roll. Et d’un coup, le nouveau Rock n’  Roll, c’est un mec qui te ressemble (et s’il ne te ressemble pas, c’est toi qui va bientôt chercher à lui ressembler), qui te raconte à quel point sa vie daube comme la tienne, à quel point il la déteste et comment elle lui parait sans issue. D’ailleurs, s’il y a un point que je veux reconnaître comme réussi  c’est bien le nom du groupe. Nirvana. Tout le monde y voit le côté « paradisiaque » indien, le côté orgasme cosmique, alors que techniquement (enfin, théologiquement), le Nirvana c’est ce que tu atteins quand tu as abandonné tous tes désuirs. Nir-vana, ça veut dire « non – désir ». Et Nirvana c’est ça : tout est à chier, et je ne veux rien, je ne veux même pas imaginer qu’il puisse y avoir mieux. La résignation dans toute sa splendeur. C’est quand même atrocement triste, merde. Alors pourquoi pas, mais qu’on ne vienne pas me dire que c’est le Rock ça. Centrer l’intégralité de son œuvre sur ses névroses et les exposer au grand public pour en faire de la musique, c’est un truc de progueux ça. Et encore, ça resterait comme ça un cas isolé… Mais non, ça a eu des conséquences inattendues : je sais pas pourquoi, malgré 40 ans d’histoire derrière, les gens se sont mis à croire que c’était ça  1. Le Rock, 2. L’adolescence, 3. La sincérité. D’ailleurs, ça, pour moi, c’est le top de la crétinerie dans cette histoire… Mais depuis quand on réclame aux artistes d’être sincères ? Talentueux, innovateurs, doués, intéressants, oui, mais sincères ? Qu’est-ce qu’on s’en fout ? Bowie il était sincère quand il se déguisait en Ziggy Stardust ? Est-ce que c’était important ? Non, et non. La sincérité, c’est un truc qu’on invoque pour justifier le fait d’aimer un artiste dépourvu de talent, pas une norme objective qu’on exhibe pour démontrer que machin est doué. Même moi je peux être sincère, pourtant, je suis un piètre chanteur. Bref. Tu vois.

 

-          En fait… Non. Je comprends qu’il y a un truc qui te défrise, mais tu t’exprimes comme une merde.

 

-          Bon, autant résumer : Ce que je reproche à Nirvana, c’est qu’après eux, il a été considéré comme étant la norme que le Rock n’ Roll c’est l’endroit où doivent s’exprimer les gens qui souffrent, que la seule façon d’être pris au sérieux par les amateurs du genre, c’est de geindre sur des arpèges de guitare et de s’y complaire. Et c’est même pas vraiment la faute au mouvement Grunge, parce que chez Pearl Jam par exemple, tu trouves quand même cet élément  épique et cette volonté d’aller de l’avant  totalement absente, au final, de la pop des années 90. Alors que pour moi, je sais pas, le goût du fun, et même la volonté de réussir et de faire carrière ne sont pas rédhibitoire. Le premier Oasis, avec son « Rock n’ Roll star », c’est arrogant, fouteur de merde, teigneux, et tout le monde accuse les Gallagher d’être des poseurs, mais non, putain, ça c’est de la sincérité. « On sort un disque, parce qu’on veut bouffer le monde et devenir des putains de rockstars »: There's no easy way out... mais je vais le trouver ce putain de chemin.  J’ai jamais compris le côté « je signe sur une major mais je supporte pas le succès » de Cobain. Ca, ça me dépasse. Bref, ça me saoule que depuis 1990 le rock se doive d’être, pour gagner ses galons auprès des critiques autoproclamés, un truc déprimant, un concours d’exhibition de traumatismes, qu’on adule les « albums de la maturité », qu’on ne pardonne pas l’arrogance pour préférer encenser des autistes et des névrosés. J’en ai marre qu’on me dise qu’un disque est beau parce qu’il est déprimant – je sais, ça m’arrive de le faire, mais bon-  ténébreux ou quoi ou qu’est-ce. Au final, je me dis que tous les Oasis, Libertines, Miles Kane, Arctic Monkeys, ils peuvent bien se planter parfois, eux, au moins, ils ont tenté, à un moment, de faire revivre la flamme du rock n’ roll. Et rien que pour cela, même leurs mauvais disques me font plaisir. Tu vois ce que je veux dire ?


-          Yeah, yeah.

 

 

 


 

 

 

 

1 Oui, la rédaction de cet article a commencé il y a trois semaines.

 

PS: Il est autre chose à mettre au crédit de Nirvana (et que je n'ai pas pris le temps de présenter dans l'article, désolé): le fait d'avoir intitulé une de leurs chansons "Lithium". Le Lithium est un élément (symbole: Li) qui dans mon esprit correspond parfaitement à l'état d'esprit adolescent: c'est un métal, maléable, qui devient rigide lorsqu'il se corrode, et qui s'enflamme au contacte de l'eau et peut attaquer le verre. Seul problème: Nirvana n'a appelé sa chanson comme ça que parce que le lithium est aussi un antidépresseur.

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Published by Guic ' the old - dans Why Bother
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 16:55

En 2005 / 2006, mon magazine de chevet Rock & Folk a fait sa une, pour la première fois, sur un groupe de gamins parisiens nommés les Naast, et ce après nous avoir saoulés comme pas permis pendant des mois avant.

 

On a appelé ça les « babys rockers ».  Et quand l’album est sorti, la réaction majoritaire fut… « Tout ça pour ça ? ». Depuis, le mouvement s’est essoufflé,  sans pour autant s’éteindre forcément, mais personne n’a oublié. Moi le premier. C’est entra autres à cause de cela que, depuis maintenant 5 ans, je suis à peu près aussi disposé à dire du bien d’un groupe français jouant au Gibus qu’un militant de Greenpeace ne l’est à parler positivement du nucléaire.

Que voulez vous, on a vécu les Tchernobyls qu’on peut1.

 

Cela dit. Mon esprit scientifique et mon gout pour l’investigation étant ce qu’ils sont, je m’en suis quand même bouffé pas mal de ces albums de ces groupes : Naast, BB Brunes, Plasticines, Second Sex, Shades…  Et, il faut l’avouer, des fois, ce n’était pas forcément dégueu, j’ai eu quelques bonnes surprises au détour d’un album ou d’une chanson.  Certains vont dire que j’ai cherché sciemment à me faire du mal, mais vous n’imaginez pas ce que c’est d’être à la fois de mauvaise foi, paranoïaque, et pourvu d’un sens moral. Je me sens obligé de connaitre pour critiquer, de peur que, si j’ai le malheur de pourrir un truc que je ne connais pas vraiment, on me la joue : « Ok, ben dans ce cas, c’est quel morceau que tu aimes le moins ? » et que moi, évidement, comme avant j’ai cherché à faire mon malin, je suis infoutu de sortir ne serait-ce qu’un seul titre, et là, non seul je me sens con mais mon escroquerie est révélée à la face du monde.

D’où cette tendance à appliquer à la lettre le précepte maternel qui veut qu’on goûte avant de dire qu’on n’aime pas.

 

 


http://media.paperblog.fr/i/297/2975555/the-parisians-shaking-the-ashes-of-our-enemie-L-1.jpegCela dit, personne n’est parfait, et malgré tous mes efforts pour tout passer au crible, certains ont réussi à échapper à ma vigilance. Donc j’étais passé à côté du fameux groupe qui me ferait changer d’avis sur la meute quand on m’a parlé des Parisians, à grands renforts de « non mais eux c’est pas pareil, ils chantent en anglais, en plus ils sont plus vieux, franchement c’est juste trop bien genre génial. » Le genre d’argumentation, qui, évidement, est à même de me faire plier direct. Heureusement que je n’aime pas l’idée de laisser le doute s’immiscer : il fallait que je vérifie.

 

Qu’ils soient plus vieux, je veux bien y croire, mais c’est une grosse galère que de trouver des infos sur ça sur le Net. Qu’ils chantent en anglais, pas de problème, ça s’entend… Sont-ils meilleurs ? La question se pose.

 

Parce que comme ça, au débotté, j’aurais tendance à dire que oui, ils sont quand même meilleurs que la grande majorité des groupes avec lesquels ils ont partagé la scène du Gibus et le tracklisting des compilations « Paris Calling ». Mais c’est très certainement parce que,  à mes yeux, ils ne jouent pas forcément dans la même court – parce qu’ils chantent en anglais, certes, mais pas que : on peut considérer le chant en anglais comme tenant plus du symptôme que de la cause première.

C’est là qu’intervient leur âge. Ils doivent être un peu plus vieux que les autres, parce que leurs influences sont 1. Plus anciennes, 2. Mieux digérées – quoique.

 

Vous aurez remarqué déjà que je passe presque tout cet article à modérer mes compliments : ce n’est pas que parce que je suis incapable de faire un compliment direct, c’est juste que mon avis est mitigé. L’exemple type : par moment, et c’est super réjouissant, ce groupe sonne comme les Dogs. C’est quand même génial, bordel, qu’un groupe de rock français montre dans un de ses morceaux qu’il a comme inspiration un groupe de rock français qui ne soit pas Noir Désir. Franchement, les Dogs ont commencé il y a 30 ans, tout le monde s’accorde (à quelques pinailleurs près) à dire que c’était un putain de grand groupe, mais pourtant, on a l’impression qu’aucun groupe français en activité ne les a jamais écoutés, coincés qu’ils sont entre des influences directement anglo-saxonnes ou celle de la vague « alterno » 80’s et de ses conséquences. Sauf que là où ça pêche, c’est qu’on a vraiment l’impression d’écouter les Dogs sur ces morceaux, avec un degré de mimétisme à la limite de l’angoissant (« Just like », je l’avais déjà entendue avant, sauf qu’elle s’appelait « M.A.U.R.E.E.N. » si vous voulez – enfin, c’est surtout sur l’intro que c’est flagrant), ce qui laisse un arrière gout pas désagréable, mais un peu trop prononcé.

Le revers positif de la médaille étant que, justement, avec ces résurgences dogsiennes, les Parisians ramènent dans le paysage rock français un truc qui faisait cruellement défaut : une forme de distinction et surtout de romantisme raffiné qui n’était que trop rare depuis quelques temps. Si l’on prend comme exemple les leaders de la vague, les BB Brunes, on réalise que, malgré l’efficacité pop directe de leur morceaux, ils sont, d’un point de vue « sujet », le cul coincé entre deux chaises : d’un côté une niaiserie sans fond, de l’autre une gravellerie trop directe pour être sincère. Pas étonnant, après ça, que leurs meilleurs morceaux soient ceux qui parlent de trainer avec ses potes.

Alors que chez les Parisians, on trouve des mélodies et des textes qui parviennent à évoquer la gente féminine avec tendresse, mais sans être complètement cul-cul.  La seconde partie de « Kiss your smile », par exemple, entre à part entière dans le cadre de « ces chansons qui donnent envie de tomber amoureux »

Mais la grande majorité de l’album est empli d’une pop musclée qui n’est pas sans rappeler les morceaux les plus posés des Queens of the Stone Age (sans la force de frappe, malheureusement – Hips n’ Lips, c’est carrément ce genre de morceau), qui reste agréable, malgré une seconde guitare qui prend un malin plaisir à égrainer sans interruption le même riff d’un bout à l’autre du morceau,  et généralement vient , bizarrement, plomber l’ambiance d’ensemble du morceau (comprendre par là l’attrister, pas le foutre en l’air – sauf pour moi : au début j’adore le morceau parce qu’il envoie du lourd, puis arrive cette guitare aigrelette, et au bout d’un moment je focalise que sur elle et ça me fout le truc en l’air. Le pire c’est que j’avais jamais vraiment réalisé avant à quel point ce tic de composition me gonfle.) De façon évidente, ce sont les morceaux où ce gimmick est absent qui me plaisent le plus : The Way you got me,  Next Round is on me

 

http://www.rocknfrance.fr/visuelsFiches/1808_sta.jpgEn plus, je sais pas, j'ai moins envie de leur coller des tartes qu'aux autres...Mais c'est peut-être parce qu'il y en a un qui ressemble à Dave Grohl - vite fait.

 

La ballade de rigueur  « Difficult Times » ne réclame aucun commentaire.

Le final, « Stop the movement », est  presque un cas d’école : j’ai beau ne jamais avoir vu le groupe sur scène, je suis certain que c’est avec ce morceau qu’il conclut son set principal. Effectivement, morceau standard, puis break (accessoirement : break qui n’est ni plus ni moins qu’un bout de celui de Keith Moon dans « Won’t Get fooled again »), puis démarrage en semi-jam heavy hypnotique dont on ne cherchera pas trop loin par qui elle a été inspirée. On entendrait presque les lumières s’éteindre à la fin du morceau, et de toute façon le titre du morceau annonçait la couleur.

 

Alors au final, oui, cet album rappelle plein de trucs divers, et ne brille pas forcément par son originalité. Mais au final, il ne fait que révéler un paradoxe qu’on se traîne depuis un bout de temps : le rock français actuel étant devenu ultra référencé, on se retrouve presque à se réjouir quand un groupe ne brillant pas par son originalité va pomper dans des références qu’on n’entend pas 600 fois par numéro de Rock & Folk. Au final, reste un album bizarrement rafraîchissant, bien pêchu, très agréable, qu’on ne va pas se passer en boucle une fois cette chronique publiée, certes (ce n’est d’ailleurs le cas que de très peu d’album et de chroniques, soyons sérieux), mais qu’on ressortira avec plaisir de l’étagère pour se le repasser un petit coup à la faveur d’un jour d’été, et qui mériterait donc, par cette caractéristique, de venir se coincer entre le premier Fratellis et le premier Dirty Pretty Things quand on fera une nouvelle sélection pour remplir le lecteur mp3 à la nouvelle saison. Et aussi, suffisamment convaincant pour donner envie de se pencher sur l’EP qu’ils ont sorti il y a 6 mois.

 

Enfin… Cet album vient de réussir à me faire gratter trois pages, et à me faire retrouver inspiration et motivation perdues ces dernies temps, c’est pour moi une raison suffisante de lui offrir un tour de platine supplémentaire.

 

 

 


 

 

 (Le choix du morceau s'est juste fait sur "tiens, c'est pas une vidéo captée à l'arrache sur un téléphone en concert", donc c'est vraiment pas le morceau que j'aurais choisi... Si j'avais vraiment eu le choix. Mais j'aime bien le petit côté "je danse le Mia" du clip)

 

 

 

1 A ceci près qu’en fait, les Naast c’est à peu près l’inverse total de Tchernobyl : on en a parlé beaucoup plus que nécessaire et c’était pas vraiment grave.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 15:11

 

http://bluestormmusic.com/store/images/smallfaces_ogdens.jpgIl serait faux de dire qu’on parle là d’un groupe méconnu. Bien au contraire, c’est d’ailleurs ce qui est surement le plus dommage. Toute personne ayant un peu chercher à creuser dans l’histoire du Rock n’ Roll pour obtenir la réponse à certaines questions (en tête desquelles « Pourquoi Rod Stewart ? » et « Pourquoi Peter Frampton ? ») sera tombé sur le nom des Small Faces. Mais bizarrement, c’est un groupe qu’on ne cite pas plus osuvent que cela.

 

A la question « Beatles ou Stones ? », il y aura bien souvent un qui se croira malin en répondant Kinks, ou Who. Mais il faudrait vraiment être un sacré peigne-cul pour aller répondre « Small faces ». Poutant, on aurait tort de sous-estimer ce groupe. En effet, la discographie des Small Faces contient un certain nombre de pépites et pas des moindres. En particulier cet album assez fascinant qu’est « Ogden ‘s Nut Gone Flake »

C’est un disque un peu particulier, celui où le groupe mod par excellence, qui s’est fait connaître par des hymnes frekbeat démentiels (« Whatcha gonna do about it ? » ou le toujours aussi fabuleux « Here comes the Nice » (quelle chanson !)) prend la tangente vers le psyché tout juste né.

 

La face A, outre un instrumental d’ouverture ultra planant, reste assez classique, est un enchaînement assez classique de titres dont aucun n’est à jeter, tous dans une sorte d’ambiance bon enfant, des titres mignons assez… mignons et trippants. Je défie quiconque appréciant la pop 60’s de résister à un « Lazy Sunday », ou à un « Afterglow » sur lequel l’orgue fait des merveilles..

On retrouve donc assez bien l’esprit du groupe d’origine, même s’il s’offre le luxe de quelques orchestrations un peu plus complexes.

La face B, elle, s’offre le luxe d’un opéra-rock. En version réduite, mais quand même. Quand un groupe principalement connu pour ses singles tubesques décide de commettre l’hybris  rock n’ roll de la fin des 60’s (après, dans les 70’s, ce sera les guitares à plusieurs manches), on ne s’attend pas forcément à une réussite. De toutes façons, l’expérience le prouve : quand un groupe décide de faire un opéra-rock, c’est généralement qu’il n’y a plus grand-chose à en attendre.

Pour le « scénario », on ne s’étendra pas dessus, sinon pour dire que, si on me forçait à le noter, je dirais qu’il est plus crétin / drogué que Tommy, mais moins que The Lamb lies down on Broadway. (Je sais, dur de trouver échelle plus grande.)

 

http://i.telegraph.co.uk/telegraph/multimedia/archive/01451/small-faces_1451559i.jpg

Paul Weller et Paul McCartney se sont cachés dans cette image, les retrouveras-tu?

 

 

Reste que cette face B, qui fait assez penser aux Who de « Sell out » (l’ouverture d’Happiness Sam fait irrémédiablement penser à Silas Stingy, les interruptions du narrateur aux jingles – sauf que là, ça gâcherai plus qu’autre chose…), vaut le détour. Je suis le premier surpris de dire ça, mais, débarrassé de la necessité d’écrire des chansons – ou du moins d’en écrire des susceptibles de sortir en single- les Small Faces se libèrent, et s’offrent le luxe du psyché teinté de freakbeat et de soul. Sur Rollin’ Over  (fabuleux morceau présageant déjà du virage qui sera pris par les Faces – on jurerai Miss Judy’s Farm au début), on se dit que Steve Marriott n’a jamais aussi bien chanté a part peut-être sur la face A, on s’offre un gros triop à l’acide sur « The Journey », on vocode la voix avec du Farsifa, et on obtient une face entière magnifique et bizarrement peu connue. Ca dure six titres, ce n’est bizarrement pas très chiant… mais pas très original non plus  ( à peu près tout avait été déjà fait quelques…6 mois auparavant, par d’autres – mais je n’ai pas dit « mieux » parce que c’est faux)

Alors on pourrait qualifier un peu vite les Small Faces d’habiles faiseurs, mais ce serait un peu rapide. On a surtout un album quasiment parfait, sur lequel les deux faces font sens, qui est là pour nous rappeler que Immediate n’était pas le moindre des labels, que les Small Faces étaient ftranchement impressionants sur album aussi, et que c’est mesquin de leur en vouloir pour les conséquences négatives qu’ils ont pu avoir sur la musiqeu moderne (ils ne sont pas responsables directement de « Baby I love your way », ni de « Baby Jane ».)

Vraiment, un album à réécouter. Dommage, juste que ce narrateur vienne tout gâcher entre les morceaux.

 

 

 

 

 

 

 

Note : pour ceux qui ne seraient pas au courant – sait-on jamais. En 1969, Steve Marriott quitte les Small Faces. Il montera par la suite Humble Pie avec Peter Frampton, guitariste chanteur coupable de « Frampton comes alive », l’album n°1 dans tous les bacs à soldes du monde, parce que tout le monde l’a déjà et que plus personne ne le veux. Les trois autres membres des Small Faces recruteront au chant Rod Steward, le Johnny Halliday anglais (comprendre par là : très bon interprète, mais son répertoire propre est assez déplorable à partir de 1975)

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 14:26

Des fois, la déprime pointe son nez dans l’horizon morne que contemple le Rock-Addict. Et, tout Rock-Addict qu’il est, il a du mal à trouver comment s’en sortir. En conséquence, il décide généralement de noyer son mal-être dans l’alcool, les clopes, et la musique. Mais au bout d’un moment, l’argent venant à manquer et le cliché Bukowskien devenant trop lourd, il en est réduit à ne se satisfaire que de la musique pour passer outre ces moments de déprime.

 

Allez, les amis, composons ensemble une compilation de déprime idéale. L’idée première est la suivante : commencer par une phase descendant, une face A dont le but est de descendre encore et toujours dans les tréfonds du chagrin et de la souffrance, dans cette sorte de masochisme forcené qui consiste à écouter des morceaux plombants quand on a déjà pas le moral.

Et évidement, la face B, c’est celle qui consiste à remonter. A petit à petit, partir de ce point bas pour rehausser peu à peu les indicateurs de moral, redonner un peu de sourire, afin de pouvoir conclure sur (l’illusion de) la félicité retrouvée.

 

Alors attaquons par la face A, celle qui fait bien morfler. Je la fais simple, abvec une logique de 5 morceaux par face, ce qui me rapprochera, en termes de réflexions, de mes habituels top 5.


 

1. The Killing Moon – Echo & theBunnymen.  

 

J’ai peur de na jamais avoir véritablement saisi le sens de cette chanson, certes.  Mais il y a dedans une telle mélancolie, une telle tristesse en fond… Et un abandon dans la voixde McCulloch, en particulier sur la fin du morceau, où on sent qu’il lache vraiment prise, qu’il laisse tomber le peu de hargne et de motivation qui lui restait.

 

 

 

 

Too late to beg you or cancel it, Though I know it must be the killing time, Unwillingly mine…

 

2. I know it’s over – The Smiths.


Passé l’erreur involontaire mais chère de conséquences de la chanson précédente, arrive l’auto-apitoiement et surtout, l’autodestruction rhétorique, cette tendance à se haïr, à s’agonir d’injures soi-même, à se réduire à moins que rien.

 

 

 


tonight is just like any other night That's why you're on your own tonight…

 


3. The River – Bruce Springsteen


Vient maintenant l’heure (l’heurt) de la nostalgie, du temps béni ou tout allait mieux, à commencer par soi – même, avant qu’on ne perde tout, à commencer par sa confiance en soi, les choses qui nous sont chères, et le moral – fatalement.

 

 

 


Now those memories come back to haunt me They haunt me like a curse Is a dream a lie if it don't come true Or is it something worse


 

4. Tear – The Smashing Pumpkins

 

Allez, achevons nous dans la joie et la bonne humeur. Cette chanson m’a toujours fascinée pour une raison un peu absurde : Le son produit par les cordes et la batterie, enfin… la musique, quoi, juste avant ce qui peut faire office de refrain dans cette chanson, m’a toujours fait l’effet de vouloir donner l’idée du bruit que peut faire le ciel quand il tombe, se fend, et éclate en larmes de feu sur nos têtes insouciantes.

Bon, je fais un peu dans le lyrisme abusif, mais ce passage me fait toujours l’effet d’un échantillon sonore de l’apocalypse.

 

 

 

 

 

where is your heart? where is your heart gone to? tear me apart…


 

5. Let Down – Radiohead.

 

Nous y voila. A l’heure de la transition , le bas de la pente, l’endroit où il nous faut acquérir suffisamment d’élan pour espérer pouvoir remonter. Evidement, c’est à cette chanson de faire la transition : Particulièrement plombante, mais pleine d’espoir dans les derniers vers… Bientôt le moment d’attaquer la montée. Courage, reprends espoir.

 

 

 

 

 

you know where you are with floor collapses floating bouncing back and one daaaaaaaaaaaayyyyy  I am gonna grow wings 

 

 

 

Maintenant, nous viola à la croisée des chemins. C’est l’heure de s’harnacher (s’acharner ?) pour se préparer pour la montée.

Mais, ça, on verra plus tard. (Parce que pour l’instant j’ai que 3 titres en tête)

 

 

 

Il va de soi que si, à votre tour, vous voulez proposer vos 5 titres pour votre phase / face A personelle, vous y êtes bien évidement invités.

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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 16:00

  

http://4.bp.blogspot.com/_BANKv-P04_A/Sh2tUUKbcVI/AAAAAAAAJpk/ne7s6DvhSDM/s400/smashing-pumpkins-01.jpgRespirer un grand coup et se dire que non, ce n'est pas important, parce que de toutes façons cela ne restera pas gravé dans le marbre. Ne pas oublier que de toutes façons, les Pumpkins n'intéressent plus forcément grand monde. Que les gens ne liront pas un article aussi long, aussi. Assumer que ce groupe a tellement d'importance pour toi que, finalement, tu vas peut-être te livrer un peu trop dans ce ridicule top.

Mais cela n'est pas grave. Ton top sera peut-être différent demain, seul toi le sais, cet article ne changera rien dans ta vie. Aucun de tes articles précédents n'a jamais rien changé à ton existence, que pourrait changer celui-ci?

 

Envisager de fermer les commentaires, histoire de pouvoir révéler mes cicatrices et la noirceur de mes rêves dans le silence, noircir la page blanche sans que quelqu’un vienne, comme à l’habitude, pinailler sur un détail ou lancer un fabuleux hors sujet. Mais s’obstiner à les rouvrir, en toute connaissance de cause, en sachant que c’est ce genre d’article à la limite du trop personnel qui fait que tu écris.

 

Seulement te préparer et espérer. Te préparer à répondre "Je vous emmerde, c'est mon groupe préféré, si j'explose pas les quotas sur celui-ci sur qui je vais le faire?!" à ceux qui vont te reprocher de mettre plus de 5 titres dans ton top 5. Espérer que Xavier, ton comparse sur ce coup là va choisir des titres un peu différents des tiens, parce que même si tu te limitais à 20, tu trouverais qu'il en manque.

 

C'est parti.

 

Today

 

J'ai longtemps été un énoooorme loser avec les filles. Ce n'est un scoop pour personne, et de toutes façons on appelle ça l'adolescence. Un jour pas fait comme un autre, j'avais échangé, lors d’un samedi après-midi, un baiser avec cette fille, qui me plaisait vraiment. Pour la première fois sûrement s'ouvrait à moi la perspective d'une histoire avec une fille qui me plaisait vraiment, pas quelques semaines de relation piteuse avec une fille dont la seule qualité était de bien vouloir de moi. J'étais jeune, disons que j'avais quoi, 16 ou 17 ans. J'avais acheté peu avant "Siamese Dream", en l'occurrence le premier album de mon groupe préféré que j'aie possédé "en vrai", c'est-à-dire pas gravé ni copié sur cassette (cette sorte de piratage 1.0).

En cette fin d'après-midi là, lançant cet album qui me décevait quand même pas mal sur la platine, au hasard du sélecteur 3 CD de ma première mini-chaîne, je me posais sur mon lit en repensant à ces instants délicieux passés en sa compagnie. Puis, d'un coup (tous les fans des Pumpkins savent à quoi je vais en venir): "Today is the greatest day I've ever known, can't live for tomorrow, tomorrow's much too long".

Cet arpège délicat d'intro, cette explosion, et, à ne surtout pas négliger, ce solo heureux (rareté!) qui explose aux 2/3 du morceau…

Autant l'avouer, même aujourd'hui, à chaque début d'histoire sentimentale, je m'écoute ce morceau en rêvassant. Même si, depuis, j'ai appris qu'en fait il parlait de suicide. Mais à moi, il ne m'en parlera jamais.

 

 

(Et accessoirement, le hasard fait que cet album qui me déplaisait à l’époque est certainement celui que j’écoute le plus souvent à l’heure actuelle. Sans lien avec le paragraphe précédent, juste que j’ai redécouvert à quel point il était bien)

 

Tonight, tonight

 

Après today, tonight. Voilà ce que j'appelle faire preuve d'une belle originalité. Mais bon. Le fait est que si j'ai commencé à adorer les Pumpkins, moi qui à l'époque écoutait Slipknot, ce fut via le biais de "Bullet with Butterflies wings". Et si ce titre reste une grande chanson, c'est cependant à "tonight, tonight" que je dois d'être finalement passé à autre chose que les Pumpkins derrière. Car il est des choses qu'on ne peut nier: en l'état, j'aurais tout à fait pu ne jamais m'intéresser à la musique. C'était même l'hypothèse la plus probable venant de moi qui me passionnais pour un truc différent tous les six mois. J'aurais très bien pu me passionner pour ce groupe, puis en rester là, ne pas chercher à creuser (ce qui, je dois l'admettre, aurait eu d'importe conséquences sur le reste de mon existence).

Mais si Tonight, tonight est certainement LE morceau le plus important que j'aie rencontré dans mon existence, c'est surtout à cause de sa richesse. Les cavalcades de batterie, les arrangements de cordes, les arpèges sur les couplets et accords sur le refrain, le romantisme échevelé et un peu niais, les aphorismes à deux sous qui, bien accompagnés, donnent un fol espoir en l'avenir comme en l'instant présent (ici: "The impossible is possible tonight"), ce mélange perturbant de nostalgie et d'espoir au sein du même texte, ce texte, bordel, ce texte si mystérieux que plus de dix ans (mon Dieu, déjà!) après avoir découvert cette chanson, je ne sais toujours pas vraiment s'il parle d'une histoire sentimentale nouvelle, d'une rupture ou d'un suicide (encore!)! Cette chanson dont je ne supporte plus la production à l'heure actuelle mais qui m'a tant fait rêver, et surtout sourire, moi le râleur, moi l'introverti déprimé en permanence, le complexé fini… Un sourire béat face aux portes de l'avenir, ces portes qui allaient s'ouvrir, à peine un an plus tard,sur Radiohead, les Beatles puis tant d'autres, tous ces sentiments et ces instants volés à des disques  qui tracent désormais le parcours de ces 10 dernières années le long des murs de mon salon. Une chanson, une seule, peut changer votre vie. Moi, c'est celle-ci, et c'est pourquoi je serais à jamais redevable à Billy Corgan. Merci.

 

 

Bodies

 

A l'heure actuelle encore, ce morceau reste un mystère pour moi – ce qui ne m'empêche pas, bien évidement, de l'adorer. Il est fabuleusement heavy, pesant, agressif mais sans être violent. C'est peut-être le meilleur morceau écrit par le groupe. Il y a tant dans ce titre… La voix, plus acérée que jamais, aigrelette, pas toujours facile à digérer. La batterie, évidement, toujours chez les Pumpkins, toute syncopée, ces parties de batteries qui ne ressemblent qu'à un enchaînement de breaks, truc parfois lassant, mais souvent proprement fascinant. Les guitares. Ces guitares fabuleuses, qui tournent, tournent, tournent, une accord tellement répété qu'il en finit par tourner, au sein d'un enchainement d'accords qui donne aussi cette impression de rotative – la rotative, la machine, hein, ce côté ultra heavy limite indus – qui au final dessine une sorte de fractale sonore, toujours au bord de l'éclatement, on ne sait jamais trop ce qu'on voit réellement, ce qui fait que chaque écoute est différente de la précédente. C'est le premier morceau que j'ai cherché à analyser, disséquer, de toute mon existence, car c'était pour moi un grand mystère: comment peut techniquement réaliser un truc qui sonne comme ça? Je vous parle là d'une époque aujourd'hui lointaine, où il ne me serait jamais venu à l'esprit de prendre en compte des trucs tels que la production du morceau- concept qui m'échappait alors totalement, enfin, disons plus encore qu'aujourd'hui.

Accessoirement, ce genre de morceau offre un texte fabuleux pour l'ado que j'étais, à savoir du genre à vénérer les Fleurs du Mal et capable d'en retenir certains passages par cœur  mais les lisant de façon totalement premier degré: ouaouh, c'est romantique, déprimant et glauque, trop cool. Alors "All my blisters now revealed in the darkness of my dreams", ou le tout simple refrain "Love is Suicide", s'avérait être le parfait réceptacle de mes névroses.

Et ce morceau reste le premier jalon que j'aie posé de ma "théorie de l'énergie musicale", cette idée selon laquelle, des fois, j'ai l'impression que toute l'énergie et l'électricité déployées dans un morceau se fraye un chemin depuis mes oreilles vers mes organes vitaux, pour leur redonner une force, une pêche qui en était absentes 3 minutes plus tôt: le cœur s'emplit d'espoir et de joie, les jambes marchent plus vite… Par contre le cerveau est totalement déconnecté, entièrement focalisé sur la chanson diffusée.

 

 

 

 

 

Sinon, je réalise que le hasard m'a fait placer dans ce top… Les deux plages 2 de Mellon Collie. J'ai toujours aimé ce chiffre, certes, mais c'est pas fait exprès.

 

 

To Sheila

 

Il me parait fondamentalement saugrenu que d'extraire une chanson d'Adore. Pourtant il fallait bien le faire apparaître ici d'une façon ou d'une autre, et jouer la carte de l'album "entier" était de la lâcheté pure et simple. Puis j'ai pensé à garder "Pug", ou "For Martha", ou "Shame".

Puis je me suis rappelé. On vient de rentrer chez moi, elle m'a accompagné faire les disquaires alors qu'elle ne partage pas vraiment la même passion pour la musique que moi. Je viens d'acheter Adore en vinyle, même si je l'ai déjà en CD.

Occasionnellement, par-devers moi, je déplore un peu (pas beaucoup, hein, juste un peu), le fait de n'arriver à lui associer aucune chanson. Je l'aime, hein, là n'est pas le problème, mais moi qui ai tendance à associer en permanence des chansons aux gens, et plus particulièrement aux filles que j'ai fréquenté – ou pas, celles qui m'ont éconduit ont elle aussi leur chanson attitrée – histoire de ne plus jamais l'écouter derrière, ça me rend un brin triste que de ne pas avoir de chanson qui me fasse penser à elle, qui fasse surgir son image dès que j'en entend trois notes.

Nous rentrons chez moi, et, évidement, comme à chaque retour de disquaire, je m'assois par terre, juste à côté de la platine, et commence à m'échiner pour ouvrir ce putain de blister. D'ailleurs, sans faire exprès, je corne le coin supérieur droit de la pochette. Elle est assise dans le canapé avec le thé qu'elle vient de préparer pour nous deux quand j'arrive enfin à placer le diamant sur le disque enfin libéré.

Je la rejoins sur le canapé, le morceau s'écoule… Ava Adore commence à peine, quand:

"- Tu veux bien la remettre s'il te plait?

- Non, mais elle est vachement bien celle-là aussi, tu vas voir.

- Oui, sûrement, mais celle d'avant, je sais pas, elle m'apaise… Quand je l'entends, d'un coup, je me sens bien, je sais pas, c'est bizarre."

Et alors que je me levais pour replacer le saphir au début du sillon, je réalisai que la réponse était là, sous mes yeux mais pas mes oreilles. La chanson d'ouverture de mon album préféré de tous les temps, celui que j'ai tant écouté par le passé au point de ne plus avoir besoin de le faire, tant je le connais par cœur, tant j'ai l'impression de l'avoir entièrement digéré: "je l'aime, mais ne l'écoute jamais", peu de disques répondent aussi bien à cette expression à mes yeux. C'était elle la chanson associée. C'était… la première chanson que je lui aie fait écouter à partir du moment ou nous avons commencé à nous fréquenter.

Et après des années à faire découvrir cet album à tous les gens que je connais pour en récolter toujours le même "c'est super beau mais vachement déprimant" – quand j'ai la chance d'éviter une remarque sur la voix nasillarde du chanteur… Cette simple demande, ce "tu veux bien la remettre s'il te plaît?" résonne encore à mes oreilles comme la plus tendre des déclarations.

 

 

 

 


Remarque:  En l'état actuel des choses, elle est la seule personne a jamais s'être ainsi  retrouvée associée à jamais à un titre des Pumpkins.

 

I of the Mourning

 

Je n'ai jamais vraiment aimé "Machina". Il y a certainement dedans quelque chose de trop adulte, de trop abouti pour avoir saisi l'ado en moi qui a découvert cet album. Mais ce fut durant longtemps le dernier album qu'a publié le groupe, et donc il m'a fallu faire avec.  Et pire encore… Nous sommes en Avril 2001 je crois, quelque chose comme ça. Alors que j'écoute la radio, j'apprends que ma station fétiche de l'époque diffuse, pendant les vacances, le soir, quelques lives des groupes passés à Paris ces derniers temps. C'est ainsi que je vais enregistrer puis faire tourner en boucle jusqu'à plus soif le dernier live français des Smashing Pumpkins, à Bercy le 19 Octobre 2000. Bien entendu, c'est un concert un peu particulier pour une tournée un peu particulière. Corgan a toujours eu une tendresse spéciale pour son public français, et sur cette tournée, promouvant le dernier effort du groupe mais également tournée d'adieu (le groupe avait déjà annoncé sa séparation à la fin de la tournée au moment de cette date française), la setlist oscille entre best of du passé et défense du dernier album.

En dépit des efforts déployés sur ce live pour soutenir les derniers morceaux (et pas mal de Machina II, aussi), certains ne me convaincront jamais vraiment (Glass & the Ghost Children, par exemple).

Chaque fois que je réécoute ce live dans mon petit walkman Panasonic à détection de blancs entre les morceaux – ce qui est parfaitement vain sur un live capté à la radio - j'ai tendance à zapper les morceaux de Machina… Sauf que, au moment du rappel, le groupe joue I of the Mourning

, entre Porcelina of the vast oceans et la présentation des membres du groupe (juste avant de clore sur 1979). Et la fin de ce morceau est tout simplement dantesque. "Radio, Radio, Radio, Radio"…. La folie soudaine qui s'empare de ce morceau, qui devient soudain tout en tensions – explosions, Corgan susurrant dans son micro pour mieux se remettre à hurler à la prochaine détonation de la caisse claire, ces soli que je n'ai, bizarrement, rencontrés que chez ce groupe (bon, oui, chez Zwan aussi), il y a là-dedans une charge émotionnelle fascinante pour moi, qui, à ce moment là, sait que je ne verrais jamais cela sur scène, moi qui réécoute ce live comme le dernier message que me laisse un ami disparu, qui m'a accompagné durant les moments les plus difficiles comme les plus réjouissants, et qui sera présenté, ce soir là, juste après ce morceau, comme "Guillaume Patrick Corgan".

 

 

 

 

 

 

 

On ne saurait cependant, en rester là. Ajoutons une face B.

 

Believe

 

C'est une face B de… Mellon Collie, évidement (face B de 1979, je crois). Et c'est James Iha qui chante. C'est, chronologiquement, le dernier morceau qui ait trouvé sa place dans ce top 5 (qui va être bien plus que 5 au final…), en ce sens que c'est le dernier dont j'ai réalisé la valeur. Au départ, je n'étais pas fan des titres chantés par Iha (ils ne sont pas nombreux, pourtant: Take Me Down, Farewell & Goodnight doivent être les deux seules sur l'ensemble des albums où il ne se limite pas aux chœurs…)

J'étais stagiaire, à Lyon, je vivais en colloc' avec une hippie qui me forçait à manger bio et à utiliser des détergents qui n'attaquaient pas l'environnement… Et de par ma condition de stagiaire présent pour quelques mois, je tenais à ce que ma vie tienne dans un sac à dos, histoire de pas avoir de problème quand serait venu le moment de faire mes valises. Evidemment, avec mon indemnité de stage, je ne faisais pas de folies discomanes – surtout qu'à l'époque, je n'avais pas rencontré le disquaire lyonnais qui serait la némésis de mon portefeuille – et m'était replongé aussi ardemment que par défaut dans les quelques disques de ma jeunesse qui étaient restés chez mes parents, et que j'avais descendu. Parmi lesquels, ce disque gravé par un pote de lycée qui avait acheté le Greatest Hits des Pumpkins juste pour le CD bonus, celui avec les inédits, le "Judas 0". Comme à cette époque (celle de la sortie de Judas 0) Internet  n'était pour moi qu'un concept vaguement familier, mais aucunement une application de tous les jours, l'accès à l'info concernant la discographie du groupe m'était assez difficile. Bref, tout ça pour dire que la phrase d'ouverture de ce paragraphe, j'aurais bien été en peine de l'écrire à l'époque, et que donc, Judas 0, j'avais pas la moindre idée de l'origine des morceaux qu'on y trouvait.

C'est une conversation, des années et des années plus tard – donc à l'époque ou j'étais à Lyon -  avec l'ami Thomas qui m'a fait découvrir l'origine de ces morceaux. Le soir même, je remettais ce disque dans la platine pour la première fois depuis des années. Et là, d'un coup, je me suis pris cette chanson en pleine gueule. Les petites montées de violon, les arpèges, la délicatesse de la voix de James Iha, et ces paroles, aussi tendres que niaises… Cette chanson est fabuleuse, non seulement parce qu'elle est bien, mais aussi – surtout – parce que, par sa vision "mignonne" de l'amour, elle est un cas à part, presque unique, dans l'œuvre des Pumpkins.

 

 

 

 

 

Et le truc un peu à part : Honestly, de Zwan

 

Je réalise que je n’ai pas encore vraiment évoqué la voix de Billy Corgan de front. C’est une voix qu’on dit particulière quand on est poli, assez atroce et nasillarde quand on est sincère. Mais c’est aussi ce qui fait la pleine particularité de ce groupe, et fait partie intégrante de mon amour et de mon goût pour cette œuvre.

C’est pourquoi, dans le flottement qui a suivi la séparation du groupe et précédé sa reformation, j’ai eu l’occasion que, plus encore que la musique des Pumpkins, ce fut la voix de Corgan qui m’a manqué. Cette voix qui était devenue familière, dont je réécoutais ce qu’elle m’avait déjà dit mille fois, mais dont, finalement, je n’espérais que de nouveaux mots, de nouvelles mélodies.

Alors… alors la première fois que j’ai entendu ce titre, qui était le premier single de Zwan, imaginez l’émotion pour moi. Je passerai sur le fait que cet album est mécompris, qu’il a souffert de n’être pas empli de souffrance, et conseillerai juste d’y jeter une oreille neuve, de profiter de ce versant positif de la musique de Corgan. Depuis, le « miracle » des retrouvailles s’est reproduit plusieurs fois, et à chaque fois, réentendre cette voix, c’est quelque chose de tellement émouvant que ça me prive un peu de mon sens du jugement (quand j’ai écooutéé Zeitgeist, je pleurais presque de joie et d’émotion à la plage 5. Bon, les choses se gâtent à partir de la 7, malheureusement.)

Mais bon. Aucune de ces retrouvailles n’aura jamais la puissance de celles-ci, de celles faite via ce morceau, sa mélodie enjouée, son côté bluette et son solo – oui – queenien que j’adore 

 

(J'avoue, c'est surement un des pires clips que j'aie jamais vus)

 

Le pire, arrivé ici à la sixième page de texte, c'est que je garde l'impression de ne pas avoir su faire passer le tiers des raisons qui font mon attachement à ce groupe. Mais disons que j'espère au moins vous en avoir donné une bonne idée..

 

 

Allez, finissons de parler du groupe qui a changé ma vie avec quelques titres en plus que je suis obligé d’évoquer :

 

Le top 5 alternatif : même logique, mais en évitant les morceaux précédents.

 

Cherub Rock

Bullet with Butterflies Wings

By Starlight (pour me faire pardoner d’avoir si longtemps negligee les 4 derniers titres de Mellon Collie)

Blank Page (de préférence une version live circa 1998 pour le solo de guitare fabuleux qu’ils collent sur ce morceau)

The Everlasting Gaze (pour le clip. Je ne détaille pas plus, on risquerai de me prêter des intentions qui ne sont pas les miennes)

Bonus : Tarentula – le morceau qui a scellé les retrouvailles.

 

Enfin,les 3 morceaux que je ne supporte pas, mais alors pas du tout :

X.Y.U. sur Mellon Collie

A night like this, la reprise – massacre de Cure en face B de Bullet

United States sur Zeitgeist (aka X.Y.U. en plus mauvais)

 

 

Allez, maintenant, pour moi, retour à la vie normale (donc à l'écoute de Pisces Iscariot, voir si j'aurais pas pu en sauver un morceau pour ces tops), pour vous, l'heure d'aller voir la sélection de Xavier sur le sujet!

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 12:20

 

Cheveu – 1000 Mille

 

http://1.bp.blogspot.com/_Uxg-z1DnraA/TUwq1fFbATI/AAAAAAAAFdY/CYNNms4wvAo/s1600/226152654.3.pngTout le monde sait que cet album s'appelle "mille". Mais est-ce en chiffres, en lettres, ou les deux comme indiqué dans le titre que j'ai donné à ce paragraphe? Je crains que personne ne soit foutu de me le dire.

Et si le fait que personne ne soit capable de s'accorder sur le titre "officiel" d'un album, celui par lequel le désigner et que tout le monde capte immédiatement,  c'est bien la marque des grands. Pensez à Led Zep IV, au Double Blanc.

De même, s'il fallait classer cet album dans une catégorie particulière de musique, on serait bien en peine de le faire. Par moments on dirait du post-punk, à cause des boites à rythmes et des rythmiques basses omniprésentes et des paroles codées déprimantes. Des fois on dirait des grosses tueries hardcore, limite métal. Si transcender les genres et s'avérer inclassable n'est pas un critère de grand album…

Bref: Mille (1000) est donc un grand, voire très grand album. Un grand album, composé de grandes chansons, œuvre d'un groupe qui confirme et même transcende les espoirs qu'on avait placé en lui au moment de l'EP (le premier album m'avait assez moyennement convaincu).

Résumons ainsi: je reste convaincu que "Heroin" du Velvet est la meilleure illustration musicale d'un shoot d'héro. Maintenant, je suis aussi convaincu que "Charlie Sheen" est son équivalent cocaïnomane.

 

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Art Brut – Brillant!!! Tragic!!!

 

http://www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2011/03/04/f1b1000f2e7126bcb76a2c0e5af9af34_w350.jpgJusqu'ici, j'adorais Art Brut, ses textes, ses mélodies, ses qualités comme ses faiblesses. C'est pour moi le groupe le plus drôle en activité à l'heure actuelle, et les textes hilarants étaient supportés par une musique imparable, rythmée et fun.  Ce dernier album, malheureusement, est produit par Frank Black.  On va me répondre que celui d'avant aussi, ce à quoi je répondrais, moi, que je le savais pas et qu'en plus ça s'entendait pas je trouve.

Alors que là… Même si cet album n'est pas non plus atroce (certains titre s'en sortent bien), on sent un peut trop la présence d'un Franck Black plus nostalgique de "Teenager of the Year" que des Pixies. Conséquence: certaines plages virent un peu à la démonstration instrumentale, assez loin des morceaux harangueurs et gouailleurs qu'on avait aimé sur les précédents opera*. Restent quelques morceaux, comme ce "Axel Rose" narquois, ou "Bad Comedian" qui résonne comme la suite de "Think Twice (it's not alright)" de l'album de "Everybody's in the French Resistance … Now!"

C'est toujours un plaisir que de retrouver Eddie Argos, son charisme, et son sens de l'aphorisme, mais là, malheyreusemetn,; des fois ça ne passe pas, à l'instar de ce "Sexy" long comme un jour sans pain.


 

Alex Turner – Submarine EP.

 

http://2.bp.blogspot.com/-ISGuJr6GoqY/TYe-bXmbNII/AAAAAAAABag/XtUmf1YV5_s/s1600/Submarine.jpgDécidément, les Arctic Monkeys sont un cas à part. Comme j'en discutais récement avec un éminent ami, c'est un groupe qui est parti étiqueté un peu comme les… "Silverchair du revival rock 2k's", et qui s'est forgé sa réputation, construit son image par le talent et le travail, capable de dépasser la hype pour devenir un groupe sur lequel on compte.

Au point que moi, qui aurait été le premier à cracher sur ce groupe en 2007 (leur deuxième album est sorti, j'en avais strictement rien à carrer), j'aie eu envie de me pencher sur le prmeier sique que son leader sort en solo.

Surtout que… Humbug avait montré la capacité du groupe à créer des ambiances. L'incartade Last Shadow Puppets avait montré la capacité du duo à trousser des mélodies. Que vaut Alex Turner solo? Eh bien il vaut quand même pas mal. En effet, On retrouve ici un songwriter surprenant, émouvant, capable de trousser de jolies ballades avec des petites instrumentations franchement sympa. Alors certes, ça tient le coup sur six titres, et on se demande ce que ça donnerai sur un album entier. Mais, d'un côté ça rassure sur le très proche quatrième album des singes anglais, mais jette le doute: s'il se met à trop faire de trucs tout seul, risque-t-il d'abandonner son groupe? (ben oui, Josh Homme n'est pas forcément le meilleur exemple à suivre de ce point de vue… Et la jurisprudence Jack White, aussi, jette le doute.)

Mais pour l'instant, un bel album, en attendant un album qu'on devient assez péchu… Des chansons maintenant, et des ambiances pour Juin, que demander de plus?

 

 

* Je suis latiniste strict, je fais mes accords comme il faut et je vous emmerde.

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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 14:09

C'est en quelques sorte le "Spinal Tap" Beatlesien. C'est-à-dire qu'il a les mêmes qualités (il est hilarant) et les mêmes défauts (il est exigeant)

 

Monté par un ancien Monty Python (Eric Idle) et un ex- Bonzo Dog Band (Neil Innes), The Rutles – All you need is Cash est un documentaire retraçant la carrière des PreFab Four: Ron, Dirk, Stig et Barry.

 

http://4.bp.blogspot.com/_OG8Hz_LSUCQ/S5y60KhtloI/AAAAAAAAAEY/n3NIkJqgc6Q/s1600/The%2BRutles.jpg

 

Documentaire ressemblant à s'y méprendre à un docu de la BBC (journaliste voyageur qui parle face caméra, extraits d'interviews et d'archives télé – là où Spinal Tap joue la carte de l'immersion dans la vie du groupe), il retrace la carrière pleine de rebondissement du groupe qui a fasciné le monde entier, en particulier à cause de la coupe de leurs… pantalons.

 

C'est le genre de trucs qui réduit la portée du truc: pour saisir toutes les blagues, références, allusions, il faut quand même assez sévèrement connaître la carrière des Beatles, et pas que superficiellement. Mais quand on maîtrise un peu le sujet, toutes les parodies, exagération, tous les parallèles prennent sens et se montrent hilarants. Qu'il s'agisse des morceaux – qui ne sont pas de simples parodies de l'existant, mais en mêlent 3 pour recréer un morceau tout nouveau qui se fout de la gueule d'une période complète de l'œuvre beatlesienne – ou des albums et de leurs pochettes, toutes les parodies sont bien trouvées. Pas toujours d'une finesse extraordinaire, mais disons que quand ça va dans le foutage de gueule ça tape dans le mille.

 

C'est évidement là qu'on sent que le film est hilarant surtout pour le gros maniaque des Beatles que je suis. Qu'il s'agisse de la rumeur selon laquelle Stig est mort et a été remplacé par son mannequin de chez Madame Tussaud, du film "Tragical History Tour", ou du mariage de Ron avec une artiste contemporaine exposant des objets qu'elle a jeté du 10ème étage d'un building (et dont je vous laisserais découvrir qui elle est réellement), nombre de blagues font appel à une connaissance déjà avancée de l'histoire du vrai groupe.

Ajoutez à cela l'humour Montypythonesque, qui est, avouons le, un brin clivant, mais qui contribue à faire un film totalement délirant et vachement jouissif. Kill Your Idols (a fortiori s'ils sont All Hippies en fait), disaient les autres.

 

Rajoutez là – dessus des interventions diverses et variées qui sont toujours, sinon marrantes, du moins réjouissantes (comme toute guest star, finalement) d'humoristes du moment (le film date de 1977) genre Dan Aykroyd, Bill Murray (fabuleux en animateur radio) ou John Belushi, mais aussi d'artistes se revendiquant influencés par les Rutles (Mick Jagger, Paul Simon), ou encore… George Harrison.

 

Allez, avant de regarder le film, je vous mets la bande-annonce. Si à ne serait-ce qu'un instant, vous êtes hilare, jetez-vous dessus sans vous poser plus de question. Si ça vous fait juste marrer, hâtez-vous avec lenteur. Si vous vous sentez obligé de couper avant la fin, laissez tomber.

 

 

 

 

 

 

 

Remarque: Je parle bien de "All you need is cash", le film de 1977. Dans les années 2000, Idle a essayé de remettre au goût du moment ce faux docu, c'est sorti sous le nom "Can't buy me lunch", et on peut s'en passer.

Par contre, le disque "Archaeology" (1996) , écho a l'Anthology de la même époque, est assez fun. Et peut s'écouter sur Deezer

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 11:28

http://img.over-blog.com/278x300/0/38/64/59/images2/Gun_Street-Cover.jpgVIOL, Gun Street.

 

Je suis le premier à souffrir de voir le dernier album de l'ami Ernesto Violin apparaître ici, dans cet enchaînement de chroniques à la va-vite. C'aurait été volontiers que j'aurais offert au sieur Violin une vraie chronique, longue et ampoulée et chamarrée faisant l'apologie de cet album fabuleux. Mais les choses sont ce qu'elles sont: Ernesto m'épuise, par son talent comme par sa prolificité (je doute de l'existence de ce dernier terme, mais vous me comprenez). Je n'ai pas le tiers de l'inspiration fabuleuse ou de la flamme qui habitent ce jeune homme, et, au moment d'aborder un des plus beaux albums de ce début d'année, ma plume s'avère aussi sèche que la guitare et la voix de notre folkeux préféré sur cet album.

Alors oui, cela a été dit un peu partout… Cet album est fabuleux, passionnant, rugueux, sombre, habité… On pourrait le résumer avec cette formule (à la va-vite, elle aussi): Ernesto vient d'enregistrer le pendant de "VIIOL" réécrit à l'aune de la maturité acquise au cours des trois derniers albums. Avec toujours ce talent qui nous fait chanter des vers prêtés à des serial killers, faire sa déclaration de "Nazi Love", et draguer des galloises en choeur avec lui.

Finalement, c'est peut-être ça la touche Ernesto: des mélodies si tendres et / ou fascinantes qu'on se rend même plus compte qu'on est parfois en train de chantonner des horreurs: évidement, voilà qui est hautement addictif.

 

Plus chez Le Golb, Le Bal des Vauriens,  Tasca Potosina


 

 

http://awmusic.ca/1/photos/PJ%20Harvey%20-%20let-england-shake.jpgPJ Harvey, Let England Shake

 

N'en faisons pas trois tonnes: album décevant, production minable, minauderies insupportables, concept absurde, et arrangements définitivement mous du cul.

Après, j'aime bien certains titres quand même, mais reste que les gens, s'ils avaient deux sous de logiques et de réalisme vis-à-vis de PJ, devraient se poser des questions sur des sujets autrement plus primordiaux que les trois trompettes de cavalerie à la fin de la plage trois (débat vu non seulement sur les blogs, mais également dans les Inrocks, Rock & Folk, Tecknikart… Oui, j'ai beaucoup pris le train ces derniers temps). Mon avis perso est que ces trompettes leur ont fait interrompre leur écoute, mais que, bien incapable de dire du mal de PJ, ils ne veulent pas l'avouer. Et débattent donc sur ce qu'ils ont supporté d'entendre.

 

Plus sur Le Golb, Le Bal des Vauriens, Playlist Society

 

 

 

http://toulouse.viciouscircle.org/images/the-kills_blood-pressures-200x200.jpgThe Kills, Blood Pressures

 

Je vais peut-être en faire gueuler quelques-une. Moi je l'aime bien cet album. 'Tention, j'ai pas dit qu'il était génial, hein. Mais perso, je trouve qu'il gagne en concision par rapport au précédent, qui était certes vachement sympa, mais que je trouvais un peu trop long.

Après, ouais, on est quand même sévèrement loin d'un bon "Fuck the people" ou "Fried my little brains", et il n'y a pas vraiment de grand titre qui ressort de l'album, n'empèche moi ça me déplait pas forcément.

Résumons ça vite fait mal fait: C'est une déception, mais tellement moindre par rapport aux autres déceptions qu'on a subi ces derniers temps, que finalement, ça passe. De justesse.

 

 

Plus sur Planetgong, Tasca Potosina, Playlist Society

 

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT6QvRjCLrcG6vABRK9QNAtdsd2WglgsnydMYkoS63S4yzCr_fWhQ&t=1Josh T. Pearson, Last of the country gentleman.

 

C'est un ami qui m'a fait découvrir Lift to Experience. Il m'avait narré comment cet album l'avait accompagné lors de trajets d'une durée incroyable en train à travers la France, en bus à travers des pays que je ne connaîtrais sûrement jamais. Un ami capable de m'envoyer un texto pour me dire, soit qu'il est en train d'écouter des vinyles de Black Sabbath dans un rade du Cambodge, soit qu'il est en train d'admirer ce qu'il reste de la façade du CBGB.

Tout ça pour vous dire que cet album n'offre aps le voyage. Mais il l'accompagne parfaitement.

Il en est – et en sera sûrement – de même pour cet album solo de Josh T. Pearson, qui m'accompagnera, moi, dans mes déambulations actuelles et à venir. Je pense. Car c'est un album pesant à écouter, mais fabuleux à entendre, ce genre de truc idéal en fond, qui occasionnellement te saisit l'oreille et refuse de la laisser partir, au détour d'un accord surprenant ou d'une voix qui se brise sous le coup de l'émotion. Très bon. Mais très exigeant. De l'auditeur.

 

Plus par Playlist Society


 

http://imados.fr/content/8/1/8/528183/The-Strokes-Angles-Artwork1_s200.jpgThe Strokes, Angles

 

Jamais auparavant je n'avais entendu due ma vie un album dont je pouvais assurément dire, dès la première écoute, que c'était fondamentalement à chier. Cet album, surtout, me pose problème d'un point de vue théorique. Tout le monde nous parle du revival 80's dont on est censé être tout juste sortis, et voilà qu'on nous sort un album qui est en plein dedans. Enfin, disons plutôt qu'il est entré en phase 2. Après tous ces albums qui s'inspiraient du post punk Joy disionno- siouxsiesque / Cure première période (ouh que voilà un adjectif démesurément long qu'on réutilisera pas de sitôt) comme ce qu'a fait Interpol de par le passé, on est donc maintenant entré en phase garçons-coiffeurs. Pochette atroce (si, si, faut vraiement être dans une sorte de snobisme post-moderne pour apprécier les damiers de Penrose fluo à la 3D avatarienne), quelques morceaux à sauver (mais qui ressemblent à des morceaux écartés des sessions des deux premiers albums), et du bidouillage flippant, vain, insupportable.

Finalement, le groupe qui était le plus fascinant des années 2001 réussit vraiment un parfait revival 80's, sauf qu'ils décident de revivaliser les Stones, qui, de meilleur groupe du monde en 1971 publiaient en 1981 Tatoo You. (Dont quelques morceaux sont à sauver, qu'on dirait échappés des sessions de Sticky Fingers, genre Start Me up.)

En quelque sorte l'inverse total de ce que nous offrait MGMT l'an passé. J'ai cru que j'allais en vomir mes Raider.

 

Plus avec Tasca Potosina, Planetgong  Playlist Society

 

 

PS: Si vous trouvez ces quelques phrases alambiquées à tort, lourdes, et vides, voyez-y une impressionnante mise en abyme de l'album, et non pas une maladresse scripturale, évidement.

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31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 15:56

Voilà. C’est à n’y point croire, mais à peine avais-je mis la clé de ce blog sous la porte que tout s’est enchaîné. Je serais un brin plus parano que je ne le suis déjà que je crierai au complot, au scandale ou que sais-je encore. Alors que « Le Rock critic est un con » devait s’offrir ce qui s’annonçait comme une pause saine et salutaire, tous les éléments se sont ligués pour m’offrir plus de grain à moudre en l’espace de deux mois que je n’aurais pu rêver en récupérer en un an.

 

http://www.ordinarydesigns.com/wp-content/uploads/2011/02/16.jpgRadiohead et PJ Harvey qui sortent de mauvais disques. Les symboles d’une génération qui s’effondrent : les artistes dont on pouvait se gargariser, dans les années 2000, de les suivre depuis 1995 sans essuyer de quolibets qui publient « enfin » leur disque de trop. Un tournant historique dans ma formation musicale, rien moins. Quand le monde s’effondre, les gens se révèlent tels qu’ils sont vraiment, c’est pourquoi lire toutes les critiques disponibles sur ces sujets a quelque chose de fascinant. Qui l’emportera de fanatisme ou du désaveu de ses amours ?

 

Ce qui m’a le plus marqué reste la réaction des non-fans de Radiohead. Déjà, la première révélation a été de découvrir leur existence, à ce groupuscule. Entendons – nous bien : je comprends qu’on puisse ne pas aimer Radiohead, qu’on puisse trouver ce groupe surestimé. J’ai moi-même de très bons amis qui n’aiment pas Radiohead. Mais qu’il y ait des gens qui haïssent suffisamment ce groupe pour se retrouver à exulter sur le ton du « j’avais bien raison » en découvrant la médiocrité de leur dernier album m’a proprement sidéré, au point de me faire me poser la question : Etais-je un prosélyte trop zélé de ce groupe, avais-je à ce point opprimé ces personnes avec mon goût pour ce groupe pour qu’elles donnent l’impression d’enfin découvrir la liberté d’expression quand sort ce mauvais album, pour qu’elles soient à ce point contre un groupe qui, ces dernières années, est resté parmi les plus discret qui soient, tout de même ?

 Car voyez-vous, prenons un exemple : je n’aime pas U2. Mais c’est parce que j’en ai marre des les entendre partout (RTL, NRJ, TF1, ONU…) à la sortie de chacun de leurs disques, le tout soutenu par une promo démentielle à laquelle il est impossible d’échapper. Mais je me sens libre de dire que c’est à chier, et pas que sous pseudo sur Internet, dans la vraie vie aussi, et en public, même ! Et je n’ai jamais pensé qu’il en était différemment du « quintette d’Oxford »1.

 

Bref. Je me demandais bien ce qui pouvait pousser à la haine de ce groupe. Et en lisant les critiques diverses et variées… j’ai réalisé à quel point ce n’est pas forcément le groupe qu’il faut détester, ou du moins mépriser tant que ses fans. Qui, explosion du Net oblige, compensent la promo agressive que le groupe ne juge pas utile de faire (c’est fou comme « geek » et « fan de Radiohead » ça va bien ensemble)

 

Il y a presque un an, j’évoquais avec vous à quel point la passion musicale ne trouve de salut aux yeux des autres que par la « noblesse » de son support. Il n’y a pas grande différence, dans les faits, entre un geek musical et un fan de jeux vidéos. Seulement, la musique est aux yeux de tous plus « noble » que les jeux vidéos, donc c’est moins inquiétant, voire sain que d’entretenir un passion sur ce sujet.

 

Adapté à la musique, on assiste ici au même paradoxe. Le fan crétin de Radiohead paraîtra toujours moins con, aux yeux du passant moyen, que le fan crétin de Christophe Maé. Mais ça reste tout de même un sacré crétin.

A lire toutes ces critiques décortiquant, analysant, retournant cet album sous tous les angles et coutures, alors qu’il est juste… ben pas génial quoi, j’ai eu l’impression, moi qui me suis désintéressé presque totalement de cet album à la troisième écoute (il fait un bon « fond » pour moi, pas beaucoup plus) d’être un scientologue repenti, un survivant de secte, désespéré de voir ses anciens camarades s’échiner à découvrir un sens, une mystérieuse signification kabbalistique dans un disque qui n’est jamais qu’un disque de pop décharnée habilement rempli d’injections d’électro2, en étant pas forcément choqué de payer 36 € pour un packaging super lourd d’un disque dont ils n’ont même pas entendu un seul titre !!

 

Et évidement des litres et des litres d’encre ont été déversés en vain sur les pages des blogs, les murs de Facebook est les vestes que la presse s’est empressée de retourner pour qu’on ne voie plus les taches, dans un angoissant gâchis, dans une folie d’onanisme papetier. C’est fou comme lorsqu’il s’agit d’encenser un album vide et décharné, désincarné, le critique ne tarit pas d’adjectif, de superlatifs, et fait de sa critique un summum de pompiérisme et de maniérisme qu’il ferait payer cher à n’importe lequel de ses équivalents musicaux. (Mais pour être totalement honnête, je dois avouer que oui, moi aussi il m’arrive d’ainsi virer dans la « critique prog », mais c’est légitime : on a toujours plus facilement les mots pour aller droit au but quand on n’aime pas. Quand on aime, on ne sait comment le formuler sans que ça sonne con, alors on tourne autour, on en rajoute… Voilà, les gentils hippies prog et les méchant punks, appliqués à la critique de disque.)

Ce n’est pas Christophe Maé qu’ »on déteste : c’est sa surexposition, et le fait que des gens essayent de nous persuader que c’est bien, « Parce que tout le monde le dit ». Autrement, on aurait juste un cordial mépris pour ce personnage

 http://morisset.files.wordpress.com/2011/01/thom-yorke.jpg?w=333&h=500De la même façon, ce n’est pas Radiohead qu’on déteste mais l’absurdité dont est capable de faire preuve son auditoire persuadé qu’il y a une raison profonde et réfléchie à ce que cet album ne soit pas très intéressant (parmi lesquelles : « c’est la première partie d’un diptyque », ou « c’est une métaphore de l’état actuel de l’industrie du disque » – que j’ai vraiment entendues.), parce que persuadé par son propre fanatisme (qu’ill n’avouera cependant jamais en tant que tel) qu’il y a forcément une raison profonde et réfléchie.

 

Pendant ce temps là, Thom Yorke doit bien se marrer, dans son bureau à jongler avec son chapeau melon.

En ce qui me concerne, j’aurais tendance à dire que, si la carrière de Radiohead se stoppait après cet album, elle aurait l’allure d’une de mes dissertations de philo de terminale : un album d’intro appliqué mais maladroit, deux albums de thèse, deux d’antithèse, deux de synthèse, et un de conclusion, baclé parce qu’au bout de quatre heures le cul sur une chaise (serait elle au sommet du monde), on a surtout envie de se barrer, plus que de conclure proprement. Mais cette théorie n’engage que moi, évidement. (Merde…. Je serais pas en train de chercher un sens à cet album, moi aussi ?)

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