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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 21:00

Une fois par an n'est pas tout à fait coutume, parlons bouquins. Parce qu'au final, je le réalise maintenant, en 2009, j'en aurais bouffé du livre sur le Rock. Et pas qu'un peu.

Plutôt que de vous en livrer de longues critiques complètes et exhaustives comme je sais si peu les faire, je vous propose de passer en revue les plus et les moins les hauts et les bas accueillis cette année par ma bibliothèque.

 

Nous sommes jeunes nous sommes fiers, la culture jeune d'Elvis à Myspace, par Benoît Sabatier.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51IPoYbLI8L._SL500_AA240_.jpgVoilà, ça a commencé avec ça. Un énorme pavé sur l'évolution de la culture jeune, écrit par le rédac chef adjoint de Teknikart, et, promis, je l'avais déjà acheté quand je m'en suis rendu compte. Et franchement, si la somme documentaire est impressionante, j'en suis ressorti avec une sorte de goût amer, à cause d'un livre qui… sent un peu le vieux. Une sorte de côté assez réac, qui est là pour soutenir une thèse tout à fait honorable, par des moyens qui le sont moins.

L'idée c'est de considérer 1984 comme une année charnière avec, dans cette année là, Madonna, Mickael Jackson et MTV qui explosent… Et les dérives associées qui vont avec. Et, pour moi, pas de problème, je veux bien y croire. Mais chercher à faire de l'avant 1984 un monde idyllique de productivité et d'art pur et dur, pour l'opposer à un après 1984 purement mercantile et basé sur l'exploitation et l'abêtissement de l'ado commun et de son porte feuille, on a connu plus fin, et, surtout plus vrai.

Heureusement d'ailleurs que Cobain a fini par se suicider, il est le seul à trouver grâce aux yeux de l'auteur, pour qui chaque personne rencontrant le succès est forcément le pillard des idées des anonymes, d'Elvis aux Beastie Boys.

Je passerai rapidement sur le bien fondé de l'idée de prendre Taxi Girl comme exemple parf&ait de cette évolution: un groupe connu d'une personne sur six et apprécié d'une personne sur douze, on a fait mieux.*

 

http://pan5.fotovista.com/dev/5/5/03676755/l_03676755.jpgAlors évidement, derrière ça, souillé (beuh, Teknikart) et piteux, je suis revenu vers la maison mère: "Génération Rock & Folk, 40 ans de culture rock".. Il me faisait de l'œil depuis un bout de temps, je me sentais mal, pas sur de moi, piteux, vaguement honteux, je me suis pas fait prier. Bon, faut être lecteur régulier pour apprécier toutes les subtilités, mais les autres peuvent apprécier aussi. Parce qu'outre le destin (bourré de remous) d'un magazine qui, qu'on le veuille ou non, est historique, c'est surtout 40 ans de pop qui sont réusmés ainsi, des évolutions, des trains pris en marche ou ratés, des aiguillages mal agencés, un récit fascinant entrecoupé d'extraits d'articles pour certains quasi mythiques , de "Je chante le Rock électrique" aux fameux "40 pires groupes de Rock".

Bon, la continuation logique, derrière ça, ça reste le fait que j'aihttp://medias.fluctuat.net/livres/44/4418-medium.jpg lu, oui, je l'avoue, "Dur à cuir", le recueil d'articles de Philippe Manœuvre, que, je dois l'avouer, j'ai adoré. Car il faut pas oublier qu'avant d'aller se pavaner tout en Ray – Ban et T-shirt Stones sur la plateau de la Nouvelle Star, tonton Philippe fut avant tout un journaliste de Rock à la plume alerte qui a vu du pays. Et qu'il aille à un concert de Status Quo ou suive Mötorhead en tournée de concert ou Gainsbourg en tournée des bars, il a (avait, malheureusement), une gouaille typique au service de la création d'un personnage, d'un "rock – critic" à moitié mythomane dont on suit les aventures avec plaisir…

Et n'oublions pas non plus les extraits de la rubrique "simplet", véritables collection d'anathèmes et d'aphorismes sur les singles de l'époque dont certains sont (malheureusement) encore d'actualité…

Bref, un grand moment de réjouissance… qui malheureusement laisse vite place à la rancœur à la lecteur de n'importe quel édito de n'importe quel R&F de l'année (sauf celui sur la proposition de l'ouverture de coffee shops pour lutter contre la crise, celui là c'était drôle au moins.)

 

De Tonton Philippe à la "collection Philippe Manœuvre" des éditions Hoebecke, il n'y a qu'un pas, que constitue ce paragraphe. Mais nous verrons cela demain.

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 21:00

Voici donc la suite... et c'est ici que les dates risquent d'un peu se brouiller...



Arctic Monkeys – Humbug

 

http://4.bp.blogspot.com/_BFUfxr95HAU/SpZOe03MfkI/AAAAAAAAAJ0/8S6P8ubMT1Y/s320/arctic-monkeys-humbug-300x300.jpgEh ben... Pour un groupe qui jusqu'à présent m'avait pas plus convaincu que ça, le retournement de situation est grandiose, y a pas à dire. Moi qui trouvait les albums précédents trop longs, pas assez fin, trop... trop chiant pour le premier, trop bourrin pour le second. Et là, enfin, un album mélodieux mais sombre, puissant mais sans être bourrin... un album quasi – parfait. Au point que non content d'avoir l'album, le 45 tours de Crying Lightning (avec une reprise de Nick Cave en face B)... Quand j'ai appris que Cornerstone sortait en EP avec 3 inédits, je me suis rué dessus. Un groupe à même de me faire acheter, sans attendre la baisse de prix ou l'occase, 3 de ses disques dans la même année, voilà qui se fait très très (trop) rare.

 

 



Sunset Rubdown – Dragonslayer


 http://www.suprememanagement.com/being/wp-content/uploads/2009/06/sunsetrubdown.jpg

Bizarrement, la grosse découverte de l'année, à l'occasion d'une visite chez le disquaire (et pas n'importe lequel, mais le disquaire le plus « in » des bords de Rhône). Alambiqué, chargé sans être lourd, tout empli d'une voix vibrante et émouvante, beau, envoutant. Je ne sais pas comment le mettre plus en valeur qu'en vous disant de vous ruer dessus... Mais vraiment, un album splendide, plein, parfait ou presque (juste le dernier titre qui est un peu long, mais tout ce qu'il y a avant est si grandiose qu'on pardonne.)

 








Peter Doherty – Grace / Wastelands.

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51LvIPmIDeL._SL500_AA240_.jpgC'est tellement cliché en fait, que c'est à peine étonnant de la part de Doherty... Faire un troisième album (oui, personnellement, je considère les Babyshambles comme étant déjà plus ou moins sa carrière solo, donc pour moi, ça c'est le troisième album qu'il sort en solo...), dit « de la maturité » en acoustique. Quoiqu'il en soit, et au delà des clichés comme des préjugés, c'est surement le meilleur album qu'il ait sorti depuis sa première couverture de Voici. Un album qui, par génie du timing est sorti pile au bon moment: un album printanier, qu'on apprécie d'écouter en voyant les arbres retrouver leurs feuilles, en flânant dans la rue, tranquillement... et dont on profitera encore au printemps 2010, plus intrigué qu'inquiet pour la suite de la carrière du mec pas coiffé préféré de ces pages.

 



 

Sparklehorse and Danger Mouse – Dark Night of the Soul.


 

http://www.lesinrocks.com/uploads/tx_inrocksttnews/dark_night_of_the_soul.jpg

Un album bizarre, foutraque, avec une liste de guests longue comme un jour sans pain (mais un jour sans pain qui ferait plaisir. Alors certes, on s'y perd un peu, le passage d'un morceau contemplatif à une petite bourrinerie ne se fait pas toujours sans problème, et pourtant, la magie opère, on se laisse prendre dans le tourbillon, on s'excite à l'idée d'être surpris, pris à revers par le morceau suivant, et on finit par se laisser emporter dans un voyage aussi bizarre que réjouissant. Et bizarrement, quelques mois plus tard, on se surprend à avoir envie de remettre un petit coup de voyage dans la platine.

 

 

 

 


 

Et tout ça, sans oublier le Years of Refusal et le Swords de Morrissey, le Century of Self de Trail of Dead, le Nico Teen Love des BB Brunes, Et bien sur A tout moment d'Eiffel, sur lequel je voudrais pouvoir m'épancher plus longtemps, mais à part dire que c'est un grand album prouvant que le Rock français existe et est loin d'être moribond, je vois pas quoi dire d'autre.

Demain, on parle bouquins. Enfin, on commmence.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 21:00

Interessons - nous ici aux albums qui m'auront accompagné dans l'année, avec ici en gros lle premier semestre. Je n'ai pas forcément les dates de sortie précises en tête, donc ne m'en voulez pas. De toutes façons, cette remarque reste valable plus pour la deuxième partie, je sans même pas pourquoi je l'écris ici...



Franz Ferdinand – Tonight Franz Ferdinand

 

http://media.paperblog.fr/i/150/1503465/franz-ferdinand-tonight-franz-ferdinand-2009-L-1.jpeg

J'en avais parlé à l'époque, et, si je n'écoute plus cet album aussi souvent que j'étais susceptible de l'écouter en Janvier dernier, mon avis n'a pas vraiment changé à son sujet. Cet album a été la vraie bonne surprise du début d'année, un album qui, pour un album de Franz Ferdinand, se montre franchement abouti, au point, comme je le disais à l'époque, d'être une sorte d'album pas concept avec un concept. Quelques ajouts électro, suffisamment pour paraître original sans pour autant dénaturer le côté purement binaire de la musique de FF et... et puis merde, cet album est tout simplement foutu de me faire danser, et ça, c'est déjà énorme.

 

 


 

Jarvis Cocker – Further Complications

 

http://www.secteur7.net/site/wp-content/uploads/2009/08/jarvis-cocker-further-complications-300x300.jpg

C'est bizarre... J'adore sans mesure aucune les deux albums britpop de Pulp (Different Class et His n' Hers), mais pas le Pulp d'avant, ni celui d'après. Et le premier album solo de Cocker, mis à part « Cunts are still running the world » (peut – être son meilleur titre), c'était pas ça... La raison? Malgré des paroles géniales, des rythmes trop lents, bref des morceaux pop, ok, mais pas assez entrainants pour le gars convaincu via « Common People » que je suis resté. Et là, un album de rock, étonnamment dur de la part du dandy pop des 90's, la faute à la production de Steve Albini, surement, mais en tout cas de morceaux très lourds, et pourtant entrainants comme on en attendant de l'auteur de Disco 2000. Et à côté de cela, des ballades, douces mais pas chiantes, dans lesquelles l'accent de prof d'anglais de Jarvis est si limpides que les paroles se dévoilent d'elles – mêmes, et ça, moi, perso, j'aime.

 

 

 

 


Les Wampas – Les Wampas sont la preuve que Dieu existe


 

Mon album préféré des Wampas, c'était, et en fait ça rhttp://www.spirit-of-rock.com/les%20goupes/L/Les%20Wampas/Les%20Wampas%20Sont%20la%20Preuve%20Que%20Dieu%20Existe/Les%20Wampas%20Sont%20la%20Preuve%20Que%20Dieu%20Existe.jpgeste, Chicoutimi. Celui de tous les hymnes (Oï, For the Rock, Jalabert, etc...). Et ce dernier album est le seul à l'heure actuelle à même de receler du même potentiel hymnique: Elle est où ma loge?, Les Wampas sont la preuve que Dieu existe, bref, tout ce qui fait la formule Wampas: des mélodies simples des paroles à peu près aussi drôles que fondamentalement cons (c'est pour ça qu'on les aime)... Alors autant reprendre en coeur U.N.I.V.E.R.S.A.L. Et oublier cinq minutes la recherche à tout prix d'une musique fine ou intelligente ou de bon goùt, et juste apprécier une bonnne fois pour toutes un disque dont la grande qualité est le fun. Et on en a bien besoin.

 

 


 

Rivers Cuomo – Alone II

 

http://www.waxx-music.com/photos/editorial/chroniques/web/Rivers-Cuomo-House-recordin.jpgLa grosse déprime de l'année, quand même, non? A la fin de l'année sortait le dernier Weezer... décevant, selon la majorité des avis, décevant mais avec quelques morceaux à sauver, eh, oh, quand même, selon quelques autres. Ce second, c'est le mien, mais je rajouterai quand même super déprimant, vu l'opus solo enregistré en live in the garage dont le nerd binoclard préféré des amateurs de pop-rock nous avait gratifiés en début d'année... Symboliquement,, 2009, c'est un peu comme les années 2000 en résumé pour Cuomo et Weezer... Au début, on avait notre nerd binoclard loser et dépressif mais bourré de talent pour écrire des titres qui remuaient les tripes d'entre autres le nerd binoclard loser et déprimé que j'ai été et resterai toujours un peu, et en fin 2009 il est marié, apaisé, a découvert les joies de la méditation et sort des titres auxquels on a beaucoup plus de mal a croire. Raison supplémentaire de chérir cet album, parce qu'on va quand même pas souhaiter qu'il arrive malheur au petit Rivers.




 

Viol – Love Boat

 

On va pas en reparler, et surtout je ne serais pas capable de faire une critique ni objective, ni très avisée de cet album, mais il est important pour moi qui suis surement le plus « mainstream » de http://2.bp.blogspot.com/_Uxg-z1DnraA/Sj0rG7wPxnI/AAAAAAAABB4/Qs5F93qnF7A/s200/LoveBoat.jpgce côté de la blogosphère, de rappeler que cet album se place parmi mes préférés de l'année passée, que c'est (répétons nous), un petit bijou, que pour un album autoproduit, les arrangements sont tout à la fois très bien trouvés et très bien gérés (quand on voit le nombre de mecs signés qui, quand ils mettent des violons ou de l'orgue juste histoire d'en mettre, sans savoir ni qu'en faire ni trouver un mec foutu d'en jouer correctement, on hallucine de se dire que VIOL se démerde par lui-même)... Bref, je ne saurais tarir d'éloges (quoique le seul fait que j'aime cet album alors que je ne suis pas plus folk que cela devrait suffire), mais je vais me limiter à ça: c'est l'album idéal pour se réveiller avec une énorme gueule de bois, quand le soleil filtre déjà à travers les volets.

 

(La Suite Demain...)

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 21:29
http://www.evasion.cc/images/blog/evasion/happy-new-2009.jpg

Si je voulais me la péter, je dirais que, moi, au moins, j'ai attendu que 2009 soit achevée pour faire mon bilan de cette année. La vérité c'est que je suis totalement à la bourre, et, surtout, avouons le tout net: 2009 c'était pas très bandant.

 

Je ne sais pas, c'est bizarre. Entre des sorties attendues qui se sont montrées décevantes, des découvertes réjouissantes, et quelques très bonnes surprises... Ce fut une année bizarre, et assez peu complète. Disons surtout que je crains ne pas avoir été dans le bon état d'esprit: cette année, j'avais envie d'aller de l'avant, de bouger, pas de me lamenter sur ma condition de loser pas foutu d'accorder une guitare correctement...

 

Voilà, si je dois retenir une chose de cette année c'est bien celle là: le revival rock 00's touche à sa fin, mais ses conséquences se font déjà sentir: foin de garage bands dans tous les sens (it's so passé), et les survivants qui avaient un album à sortir cette année, suivant la ligne déjà tracée par leurs seconds albums (ou pas): Arctic Monkeys vers un rock plus posé et plus tendu sous la houlette de Josh « dans tous les bons coups » Homme, Franz Ferdinand assume son côté disco rock à grands renforts de bidouillages électro, et l'ami Pete Doherty, histoire de conclure la décennie qui aura fait de lui un symbole (de quoi, on verra en 2010), nous sort le classique album acoustique de la maturité et de la rédemption, comme si, a défaut d'y arriver par la désintox, Pete a eu besoin de la musique pour comprendre ce que voulait dire sobriété.

 

Le revers de la médaille, c'est qu'on perd un revival pour finalement en gagner un autre: l'indie – rock est de retour.

Bon, je suis d'accord, ce n'est pas un revival au sens premier du terme, ce genre n'a pas disparu avant de revenir, mais, sans doute parce que le rock est redevenu médiatiquement à la mode ces derniers temps, les albums qu'on pourrait classer comme indie ont eu droit à plus d'exposition que jamais cette année.

 

Conséquence directe: en Décembre 2009, la seule phrase que j'aurais eue à la bouche si j'avais eu à parler des derniers albums dont j'ai entendu du bien était la suivante: « C'est pas parce que Sonic Youth a sorti un album pourri cette année qu'il faut encenser n'importe quel crétin qui a enregistré un album avec les guitares en open tuning et la voix sous – mixée, quand même, merde, soyons sérieux... (ad lib). »

(Kurt Vile, si tu me lis...) Vous imaginez pas à quel point, en cette fin d'année, le concept même d'open tuning me gonfle, ni à quel point entendre une voix mixée en arrière est foutue de me faire couper le son direct. Pas étonnant que j'aie finalement passé mon mois de Décembre à écouter des vieilleries des années 70, l'époque ou on pensait encore que si la voix portait les paroles, c'est bien que c'est pas « un instrument comme les autres » (rhaa ça m'énerve quand j'entends dire ça....) En effet, conséquence habituelle de l'indigestion de disques de fin d'année, une certaine amertume personnelle à l'écoute de certains trucs...

 

Enfin bref. Là j'ai a peine esquissé le bilan que déjà j'ai presque rempli une page, donc je sens qu'on va découper ça en plusieurs partie, histoire de pas vous accabler trop.

 

Reste que 2009 fut pour moi à l'image de ces dernières années : une permanente oscillation entre la gargarisation de choix esthétiques et la jubilations de trucs pas glorieux mais qui me plaisent tellement... et l'attente, toujours, l'attente d'un truc pouvant mêler les deux, ce truc si rare. Ce truc qui, en 2009, ne sera arrivé qu'à … quatre ou cinq reprises... Mais on détaillera cela demain.  Oui, ce bilan sera une série dite (A suivre...)

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25 décembre 2009 5 25 /12 /décembre /2009 14:00

Tout est parti d'une discussion dans un bistro parisien. Ska expliquait qu'il aurait bien du mal à faire son top 5 vu les groupes que je proposais (Pas de Springsteen, il est perdu, le Ska.)

Christophe était là, lui aussi.

Reste qu'au final, l'idée a germé, bizarrement, et finalement on en arrive là.

 

Donc oui, c'est Noël, on aime tout le monde. Oui, tout le monde, même (c'est exceptionnel pour célébrer la naissance du Sauveur, rêvez pas, demain on revient à nos bonnes vieilles rancunes) les fans de Queen.

 

Que vouliez-vous qu'il sorte de l'alliance du fan de Queen, de l'amateur de mauvais bon goût (ou l'inverse) et du maniaque du top 5? Ceci: voici un top 5 hors série crossover, featuring Ska, Mario Cavallero Jr, Chtif et Guic… Le Best Of de Queen.

 

 

Laïus introductif: Entendons – nous bien, Queen reste un groupe fondamental pour moi, un groupe qui a marqué mes vacances d'été pendant des années, à grands coups de Greatest hits II. Queen et les Beach Boys resteront longtemps pour moi associés à l'insouciance de l'enfance, aux après – midis ensoleillés du mois de Juillet…

 

Mais bon, passé 15 ans, ne déconnons pas, c'est Queen.

 

 

Reste que, pour des raisons toutes plus ou moins valables, … Bon, voilà comment on va le dire: ceci est le top 5 des morceaux de Queen que je suis incapable de détester (et même, parfois, que j'aime).

 

 

Seven Seas of Rhye:

 

Que ce soit le moti introductif au piano, la comptine pop rythmée mais classieuse qui s'enchaîne dessus, je sais pas, il y a là dedans tout ce qui fait que Queen, finalement, parfois, c'est pas si dégueu que ça. Ce qui rend l'écoute du reste d'autant plus frustrante.

 


 

Bohemian Rhapsody.

 

C'est même pas vraiment pour le morceau. C'est juste à cause de… Wayne's World. Ca a beau être très très con, je suis toujours aussi mort de rire à chaque fois. Un jour elle sera mienne. Oh oui, un jour, elle sera mienne.

 


 

Don't stop me now

 

Outre sa présence dans une scène que je considère comme déjà mythique, cette chanson est également, et surtout, un titre imparable, dansant, fou, "baroque" comme le veut l'expression consacrée, bref, grandiloquent dans le fun, un putain de régal.

 




 

(Désolé, y avait pas meilleure qualité...)

 

I want to break free

 

Ah…. Ce clip. Et ce beat, ce rythme entêtant, ce hurlement "I want to break free"… Je sais que c'est un mauvais morceau, pas de problème. C'est juste que… je sais pas, il y a une fraîcheur réjouissante, qui fait que, ben… j'arrive pas à le détester.  Et puis c'est tellement sympa comme fond pour passer l'aspirateur.

 

 


 

Under Pressure

 

Attention, aveu: J'adore ce morceau. Vraiment. Je ne sais pas pourquoi, mais l'entrelacement des voix de Bowie et Mercury, les hurlements suraigus de la fin, cette volonté de faire passer une souffrance mélée d'espoir en lequel on ne croit pas par avance, tout cela… Ca me parle plus que de raison, et il m'est presque impossible de ne pas frissoner en l'écoutant. Miracle de la musique, même quand elle est mauvaise?

 


 

 

 

Et maintenant, l'avis d'un Queenophile invétéré et néanmoins ami: Chtif, qui nous offre sa version des faits:

 

Le Top 5 de Queen, oh la vache, que c'est dur.
Disons que choisir dix, ou  plutôt quinze titres parmi la large discographie du groupe est encore jouable. La première sélection est facile : ne se concentrer que sur l'époque seventies du groupe (les 7 premiers albums sur la quinzaine qu'ils ont commis), celle où ils affirmaient fièrement "No synthetizers" sur les pochettes. Après, faut reconnaître, ça s'est un peu corsé.
Par contre, réduire à cinq implique forcément de passer par des choix déchirants. Impossible alors de prouver (à un auditoire que l'on imagine forcément moqueur...) tout l'éventail des styles avec lesquels s'acoquinaient les anglais. Mais puisqu'il faut s'y mettre, le voici, ce Top cinq :


'39


Une bizarrerie folk non pas chantée par Freddie, mais par Brian May, le guitariste. C'est le genre de refrain très simple à entonner avec un tambourin autour du feu de camp, et pourtant souffle là-dessus un irrésistible vent d'aventure que je n'arrive toujours pas à m'expliquer.


You're my best friend

 

 Invitez votre meilleur pote, ouvrez du vin au soleil, sortez le fromage, parlez gonzesses et passez-lui l'air de rien cette sucrerie pop écrite par le bassiste, John Deacon. Le message passera en subliminal. L'un comme l'autre comprendrez que rien d'autre ne compte. Et merde, j'écoute Queen et je deviens gay, tiens. Rattrapons-nous tout de suite avec...



...Fat bottomed girls


Un morceau parfaitement salace (chanson d'ouverture appropriée du film "Supersize me", tiens...), qui balance des fesses comme un cul de black. Avec en prime un roulement de toms imbattable de Roger Taylor, qui n'a pas fait que de bonnes choses, mais qui s'est vraiment déchiré sur ce coup. Air-batterie obligatoire.

Death on Two legs (dedicated to...)


Doux Jésus que je n'aimerais pas être à la place de leur ancien manager qui s'est pris cette chanson en pleine gueule. Elle ouvre "Night at the opera", leur album le plus vendu, et depuis 1975, le monde entier lui souhaite un bon suicide au son de la guitare vitriolée de Brian.Un immense morceau rock.

Good Old Fashioned Lover Boy


Tout le talent de Freddie Mercury résumé en un seul morceau. Moins grandiloquent que "Bohemian Rhapsody", mais tout aussi charmant avec sa mélodie désuète et son esthétisme de galant gentleman. Il y a quelque chose de victorien dans ces compositions chargées d'enluminures, qui relève certes plus de l'aménagement d'intérieur que de l'architecture fine, mais qui enivre les sens comme les effluves d'une putain de maison close. La fin du morceau, avec les voix en harmonie, ces "Wouhou Wouhou ! " dans les coins,  est un pur régal.

 


 

 

 

Voilà. Bon… Sachant que c'est une opération "C'est Noël on aime son prochain", je compte sur vous pour laisser les quolibets de côté… Au moins durant la journée du 25.

Reste maintenant à Christophe et Ska de livrer leurs versions!

 

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Published by Guic ' the old - dans Top à ...
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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 15:10

 

On ("on" désignant l'équipe de choc dépêchée pour admirer Ernesto sur scène) était pas arrivés* dans l'enceinte de l'école qu'on tombait sur Ernesto s'allumant une sèche. (Là, je réalise qu'en fait, je ne l'aurais pas imaginé fumant autre choses que des roulées, et j'avais raison). Au cours de cette rapide discussion, il nous appris que c'était, réellement, son second concert seulement, qu'il avait prévu deux sets d'environ 1 heure chacun, et que bon, il fait soif. Direction le foyer.

 

Le Foyer de l'ENS, c'est un peu le cliché ultime du foyer étudiant: en sous – sol, recouvert de graffitis divers et sentant bon un mélange si caractéristique de bière éventée, de tabac froid et d'autres substances, froides elles aussi. Des canapés qu'on arrive pas à imaginer neufs, et pourtant bien confortables, et, au milieu, une scène. Etonnant comme ce foyer est bien équipé pour recevoir les concerts. Alors qu'on entre dans cet antre c'est Led Zep (le premier si mes souvenirs sont bons), qui résonne. On prend des bières (elles sont si peu chères qu'on se croirait pas à Paris – et on comprend pourquoi même les normaliens n'ayant rien à foutre du concert traînent dans le foyer en ce vendredi soir plutôt que d'aller draguer dans les bistrots de la Rue Mouffetard avoisinante).

 

DSC00476.JPGFinalement, on discute 10 minutes, et Ernesto nous laisse, du pas décidé du mec qui, finalement, s'en fout. Le concert s'ouvre sur un extrait du premier album, peu écouté par votre serviteur, mais qui se rattrape depuis ce concert, "Love don't tame the Drunk", juste génial. On part sur les chapeaux de roues. Je ne vous ferais pas le détail de l'ensemble, mais bon, retenons en quelques grandes lignes:

 

Ernesto chante dans un anglais vraiment splendide, avec pour conséquence qu'on comprend aisément les paroles, y compris des titres joués ce soir là en avant première de son nouvel album (un double LP à symbolique biblique, on a hâte).

 

Même si on regrettera l'absence de petites feintes d'orchestration qu'on aimait sur disque (la petite guitare électrique de "Song against Darwin" en tête), la prestation offerte, seul en scène, ce soir là est quand même vraiment impressionnante – au point qu'on doute ici que ce soit seulement son second concert (on doute juste pour se rassurer: un artiste accompli à ce point, alors qu'il est plus jeune que moi, ça me frustre à mort. Alex Turner, lui, a la décence d'offrir des prestations scéniques sympa mais pas parfaites, au moins.)

 

Pour preuve, cette façon amusante de jouer avec son public au gré d'annonce toutes plus marrantes et/ ou perturbantes les unes que les autres: "Voici un medley de mes 3 tubes", "Maintenatn, le grand final, oui, grand, parce qu'il fait 6 titres", "ceci est une reprise d'un chant traditionnel qui a été repris par Led Zeppel… Qui a été très mal repris par Led Zeppelin", et tutti quanti.

 

Finalement, cette atmosphère (cave enfumée, relents de houblon, foule qui s'en tape du concert) s'avère être quasiment le cadre idéal pour écouter Ernesto interpréter ses titres (dont certains s'avèrent sublimés), les montées en puissances devenant l'occasion de voir l'ami Violin martyriser un peu plus sa guitare et sa voix pour se faire mieux entendre, et offrant au public, enfin à moi, quelques frissons contrastant sévèrement avec l'atmosphère embuée du lieu. Et moi de me dire que, finalement, la musique de Viol est faite pour être entendue dans ce genre de conditions: Atmosphère un brin glauque, au milieu d'un bar enfumé, un bar de marins quoi, un coin où l'interprète lutte pour se faire entendre, tout de rage intérieure, forçant juste ce qu'il faut pour acquérir définitivement à sa cause ceux qui sont là pour l'écouter.

 

Alors certes, je suis râleur, donc capable d'emettre quelques menues réserves, de – ci de là, sur ce qui fut pourtant un concert presque parfait, mené de main de maître de bout en bou par un Ernesto qu'on sent plus à l'aise entre sa guitare et sa bière qu'au milieu d'une foule d'admirateurs.

Sans compter que chacun eut droit à son morceau à lui, de "Frownland", à "Love Boat" en passant par, évidement, "Song against Darwin". Et ce, sans compter des reprises fascinantes (si fascinante que certains cons (moi) iront dire que c'est leur préféré parmi les nouveaux titres), parmi lesquelles "Diary of a Monk" surnage largement à  mes yeux (si vous voyiez de quelle facture sont les autres, vous pourriez espérer le meilleur de ce titre, et ce serait justifié.)

 

Le concert terminé, on se rue (c'est une image), sur le pressage exceptionnel qui a été fait des albums du sieur, on glane une dédicace, puis on vide quelques bières… [ la suite de cette soirée, en plus d'être floue, a été censurée par la rédaction de "Laisseriez – vous…" ]

 

http://2.bp.blogspot.com/_Uxg-z1DnraA/Sj0rG7wPxnI/AAAAAAAABB4/Qs5F93qnF7A/s200/LoveBoat.jpgLe lendemain, une fois le mal de crâne évacué (et encore), il est temps de ressaisir les albums, de se les repasser encore une fois, puis de les ranger. Pas définitivement, loin de là, pour être honnête, je n'ai jamais autant écouté Viol que depuis ce concert.

Mais lorsqu'ils sont rangés…

 

Monsieur Violin, s'il vous arrivait d'errer sur ces pages, sachez que, chez moi, vous êtes placé entre Boris Vian et les Violent Femmes. Bizarrement, je trouve que cette place vous va bien, et j'espère qu'elle vous satisfait. Encore merci, et rendez – vous lors de votre prochain concert (à Polytechnique, sûrement).

 

 

N'oubliez pas, l'album "Love Boat" est en téléchargement gratuit ICI.

 

 

 

* Question à destination de tous les Bernard Pivot et assimilés de cette planète: quand "on" a valeur de "nous", les adjectifs, on les accorde comme avec "on", ou comme avec "nous"?? (Ex: "on est génial", ou "on est géniaux"?)

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 21:00

Comme vous vous en doutez sûrement, quand je ne suis pas en train de remplir ces pages de mes délires, j'ai une vraie vie, disons une vie "civile". Et dans le civil, je bosse aussi. Un boulot classique, dans un bureau, avec des gens en costume – cravate qui boivent des cafés en réunion. Bon, en fait je suis dans un "opeune spèce", je porte pas la cravate et j'ai très peu de réunions, mais bon, question café je me rattrape.

 

Le fait étant que je ne suis pas la personne la plus Rock n' Roll du monde, je réussis presque à me fondre dans la masse. Pourtant, ma condition de Rock-Critic a eu l'occasion de fuiter pour de nombreuses raisons:

 

-         je m'enflamme extrêmement vite dès qu'une conversation porte sur la musique


-         je me réfugie dès que possible dans le doux confort que m'offrent mes écouteurs et leur délicate musique.


-         Je bois mon café dans un mug Rolling Stones.


-         Je ne peux m'empêcher de faire une mine renfrognée quand un ou une de mes collègues dit qu'il/elle est allé(e) voir (ou va voir) en concert Coldplay ou Nightwish (pour la quatrième fois)


-         La phrase que mes collègues m'ont le plus souvent entendu prononcer (si l'on excepte "Putain!") doit être "faut que je passe chez le disquaire" (et ses variantes).


 

Reste que, alors que je m'attendais à ce que ma passion revête le côté un peu ridicule de celle du collectionneur d'étiquettes de camembert, j'ai eu l'impression bizarre que pour mes collègues, c'était totalement l'inverse. A leurs yeux, le fait d'avoir une passion (a fortiori une passion pour un truc culturellement acceptable), c'est presque classe, c'est une motivation, une chance. D'autant plus que je réussis miraculeusement à me contrôler et à m'empêcher d'aligner les jugements péremptoires tombant comme des couperets sur les goûts de mes collègues. Mais par contre je multiplie les arguments bidon (me drappant d'une connaissance des choses de l'esthétique que vous savez, vous, lecteurs fidèles, bien lacunaire chez moi). Sauf sur Coldplay, parce que non, là, je peux pas. A quoi bon argumenter face à quelqu'un ayant entendu le nom de Brian Eno pour la première fois en 2008?

 

 

Là, vous l'aurez deviné, j'ai une vie profondément schizo: autant ici, je reste dans mon rôle de jeune padawan, avide de savoir et convaincu de rien connaître à rien au milieu de la meute des érudits, autant dans le civil… Et que j'y vais de ma petite phrase assassine, et que je me gargarise à sortir des noms de groupes que personne connaît, et vas-y que je te raconte les concerts de groupes que tu connais pas dans des salles dont tu ignorais l'existence. Bref, dans le civil, je suis un petit con snob et suffisant dès qu'on parle de musique.

 

Pourtant… pourtant je me retrouve à être considéré comme un gars qui s'y connaît. Si quelqu'un cherche un album un peu rock, il n'hésitera pas à me demander si je l'ai et peux lui passer… Et ce genre de trucs, après des années de "Fous-nous la paix avec ta musique de vieux", c'est véritablement grisant.

Certes, c'est une évolution réjouissante: De "Fous-nous la paix",  je trouve d'autres grands barges comme moi sur les blogs, calme mon ton, apprends à parler moins mais mieux, puis, enfin, la respectabilité de ma passion. Foutrement réjouissant. Pendant quelques mois malgré ma distribution de jugements sans appel sur quelques-unes des galettes préférées de mes collègues, je suis resté le gars avec lequel on peut parler musique, parfois apprendre un truc ou un autre… Et Dieu sait que j'ai adoré ça.

 

Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et là, comme tout héros victime de son Destin… j'ai fini par me condamner moi-même. Ca doit être ça, l'ironie du sort.

 

Car voyez-vous, bien que me posant en mec qui s'y connaît, à aucun moment je n'ai caché mon goût malsain pour l'écoute de certains trucs qu'on qualifierait de honteux: Billy Idol, Mötley Crüe, oui, je cite toujours les mêmes, mais bon, je n'ai pas que des goûts de merde non plus. Bref. La méconnaissance des ces artistes (doublé du fait qu'au fond, tout le monde s'en fout), m'avait préservé de la déchéance.

 

Et puis un jour, comme ça, on discutait, tranquillement. Je ne me rappelle plus du contexte précis, mais on devait parler de musique, à tous les coups, d'albums à passer ou que sais-je… reste qu'à un moment, j'ai laissé échapper la phrase qui scellera mon Destin (scélérat, mon destin!):

 

"Si tu veux, je peux te passer aussi l'album des BB Brunes, le nouveau."

 

Réponse (prévisible): "Non, mais tu plaisantes, t'as quand même pas ça?!"

 

"Ben si…. Attends…"

 

Alors que je gratte ces mots, je réalise qu'à cet instant là, en fait, il y a une issue de secours (métaphorique) au dessus de laquelle clignote en lettres de néon rouge géantes "Mais non, rhôoo j'déconne!". Sauf que dans l'instant, j'ai fait tout autre chose. J'ai sorti mon iPod, l'ai allumé et ai tendu vers mes collègues effarés l'écran, affichant la pochette noir et blanche et rose de Nico Teen Love.

 

Silence dans la salle puis éclats de rires moqueurs.

 

Sans même m'en rendre compte, je viens de perdre d'un coup toute crédibilité, tout droit à la critique (même de Coldplay), toute la respectabilité de mon bon goût, tous mes acquis ces derniers mois.

 

Et donc, depuis une semaine, mon tout nouvel album chouchou est devenu le running gag. On se moque, de mes goûts, à moi! Moi dont le bon goût était resté indiscuté pendant de longs mois, moi le conseiller en chef, moi le… spécialiste, l'érudit, rhaa putain, merde.

 

 

Pourtant, je vous le dis ici (je suis plus à une moquerie près), je l'aime vraiment bien, ce Nico Teen Love. Certes, c'est pas non plus le chef d'œuvre absolu, et, fatalement, les trucs de rock chantés en français étant généralement si indigents (à part Eiffel, bien sur) je partais forcément avec un a priori positif, moi qui avait déjà trouvé le premier album pas si mal (son gros problème était de commencer très bien et d'être un peu plus en roue libre sur la fin: on aurait cru un EP avec du remplissage pour tenir le LP)

 

Et là, je n'ai pas été peu surpris d'entendre un album qui s'affine au fil des écoutes, agréable, presque poétique par moment (Britty Boy), un peu plus pop et abouti que le précédent.

 

Oh bien sur, les textes restent très "jeunes": On nique et on picole dans tous les sens. Sauf que pas seulement, et le tout est au service d'une sorte d'imagerie romantique glauque voire même parfois un peu morbide (Peut-être pas cette fois) qui me plait automatiquement… Ne vous fiez pas à l'allure enjouée de la musique. La gentille comptine peut dissimuler une histoire pas si joyeuse (Gare au Loup).

 

Oh, certes, certains trucs sont énervants, entre autres une voix qui à certains moments rappelle… Jean – Louis Aubert, voire Raphaël,  mais ce n'est rien, pour un album qui développe, cette fois ci, vraiment une démarche pop-rock à la française… Oui, il y a de la pose (et ces gamins sont d'extraordinaires têtes à claques), mais ils ne ressentent pas la nécessité de prendre cette pose de rebelles beaux gosses et dangereux mais qu'on présenterait bien à sa mère quand même… Non, là on est en plein dans le lover loser, l'ado romantique torturé dans ce qu'il a de plus cliché… Mais bon, on ne se refait pas, les lovers losers, j'adore.

 

(De toutes façons, l'adolescence, c'est cliché: c'est l'âge où on croit tous être des marginaux, tous être des incompris avec une démarche trop originale pour être compris… Mais fatalement, comme tout le monde le croit, on est comme tout le monde.)

 

J'ai bien du mal à le défendre cet album, car je sais que c'est peine perdue. Moi –même j'ai eu beaucoup de mal à assumer qu'il me plaise à ce point. Il a fallu que mon PC me dise que j'ai écouté en moyenne 7 à 10 fois par jour cette dernière semaine, pour que je réussisse à m'avouer que le titre "Cola Maya" m'obsède véritablement, me fascine, et ce pour deux misérables lignes de chant qui me foutent sur le cul à chaque fois ,vers les 2 minutes.

 

Voilà… Bizarrement je me réjouis (pour la première fois depuis longtemps) d'un engouement adolescent général… Et ce, non pas parce que "c'est mieux que la Star Ac'", mais justement, parce que ces petits gars sont foutus de trousser des petites chansons qui ne payent pas de mine mais sont putain de bien au final. Et pourtant je m'en veux, oui, je sais pertinement que pour être un esthète, je me dois de le mépriser, et ce ne sont pas les arguments contre qui manquent, je sais qu'ici j'ai quand même mille fois plus de chance de prêcher des convertis à la cause adverse qu'autre chose, mais bon… Voilà, moi cet album, il me plaît, je l'aime, il est doux, un peu sombre juste ce qu'il faut, et pourtant, bizarrement, il est quand même frais (Seul ou accompagné est imparable, pour moi), voire ensoleillé, et vous n'imaginez pas à quel point je déplore le fait qu'il soit sorti en ce gris mois de Septembre et non pas en Mars, putain ce que j'aurais aimé passer le printemps à l'écouter en flanant dans les ruelles parisiennes, ou sur les quais ou leurs adeptes se mettent leurs premières cuites en regardant passer les bateaux – mouches.

 

Mais ne vous en faites pas, je garde mon sens critique: j'ai toujours autant de leur claque le beignet. Voire même plus encore qu'avant.

 

Alors autant vous dire que mes collègues qui passent leur temps à me rappeler que je suis pas une gamine de 14 ans… ils me font bien marrer.

 

Chacun son tour. Au votre maintenant.

 


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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 10:00

Tout commence au métro Oberkampf, un peu avant 19 h 30. Je retrouve un camarade de mon ancienne école aujourd'hui thésard, qu'on nommera dans la suite de ce récit (par souci de commodité), François.

 

Car voyez – vous, depuis la débandade PJ Harvey, je redoute deux choses. 1) Faire un concert en solo, en connaissant personne (si tu te fais chier tu peux même pas dire du mal…) 2) Le Bataclan. Et ne pouvant négocier le point deux, je contrecarrais le premier, ravi de plus de recroiser François, que je savais friand du groupe. C'est juste que je savais pas à quel point. Car s'il est comme moi un fan de la première heure, lui, c'est un fan historique: de son propre aveu, il "traînait sur Eiffelnews 1 à l'époque où [ils] étaient juste 5 à flooder sur un forum". Ben tiens, d'ailleurs, en voilà le webmaster, bien le bonjour, ça va, ah, t'étais déjà au concert d'hier, c'était bien? Oui c'était bien. Outre quelques private jokes un peu surprenantes ("T'as amené des confettis?"), ces gens ne tarissent pas d'anecdotes sur les multiples concerts du group qu'ils ont vu (St Amand les Eaux, ou encore le jour où "Ca a fini en acoustique parce que la salle était tellement petite que la sono a lâché").

 

Bref, me voilà à faire la queue au milieu de gens fort sympathiques (et vachement accueillants!!) qui donnent tous l'impression de connaître la moitié de la salle. La soirée s'annonce bien.

 

 

Nous voici entrés dans la salle. Directement, sans même un détour au bar, nous nous dirigeons vers le pied de la scène, et nous plaçons, tranquillement, au troisième rang. On est tellement bien, tellement en confiance qu'on confie nos sacs à la surveillance de demoiselles du premier rang (des connaissances de connaissances, ok, mais on est à Paris!), et on commence à discuter.

 

Puis le silence se fait (et se mue très vite en hurlements) quand Romain Humeau monte sur scène pour introduire la première partie. Il porte un T-shirt des Pixies, petit détail qui me réjouit quand même. Et, même si après m'être fait la réflexion que je commence à me faire vieux, j'ai accepté la paire de bouchon d'oreilles que m'offrait gentiment mon voisin, je me dis que la soirée commence bien.

 

Kid Bombardos, donc. Quatuor bordelais. Quand ils montent sur scène la bière à la main, la première réflexion que je me fais reste: mais à leur âge, ils ont pas le droit de boire de l'alcool non? En effet, ils sont jeunes, très jeunes. J'a même pensé à Hanson. (C'est d'autant plus ironique qu'après vérification, trois des membres du groupe sont frères.)

Reste que quand le groupe se met à jouer… Non j'ai pas non plus été scotché, halluciné par la qualité du groupe, mais bon. Reste que c'était une prestation tout à fait honnête, enjouée, motivée et motivante, bref du bon rock qui donne envie de bouger, entre les Strokes et Franz Ferdinand… Bref, une confirmation de plus que le revival rock 2000's n'est pas rien: c'est la porte d'entrée qu'auront empruntée une bonne partie des groupes qui vont pas tarder à débarquer.

 


 

Juste une question: y a-t-il un contrat tacite, ou une loi fondamentale qui veut qu'un groupe qui fait une première partie à le droit de dire 4 fois merci, 3 fois son nom et d'annoncer le titre d'un morceau, pas plus pas moins?

 

Et là, entre les deux concerts, je m'attendais à passer une sale demie-heure, vu qu'étant au pied de la scène, je ne pouvais pas me permettre d'aller chercher un truc au bar sans risquer de passer l'intégralité du concert accoudé à ce même bar.

 

Sauf qu'il s'est passé un truc purement hallucinant pour l'habitué des concerts industriels que je suis. Dans les cinq minutes suivant la première partie, juste après installation de la batterie par un roadie entre sur scène Estelle, la bassiste (une de plus à mettre sur la longue liste des bassistes craquantes que je tiens depuis ma découverte des Pumpkins). Qui… s'accorde. Puis Romain, qui fait de même, puis le mec que j'avais vu sur le côté de la scène (un mélange, physiquement, de Jarvis Cocker, Frederic Beigbeder et… Garth Hallgar), qui est en fait Nicolas, second guitariste.

Bref, tout ce petit monde fait les derniers réglages, sous nos yeux, plutôt que d'envoyer les autres le faire à leur place.

Manque de moyens ou habitude (je dirais habitude, vu la non surprise affichée par des ahuris qui ne le sont pas autour de moi), je comprends pourquoi un groupe aussi… simple ne peut que créer un lien si particulier avec son public.


 

Les accordages finis, tout ce petit monde disparaît… Pour mieux revenir 2 minutes plus tard, et attaquer le concert. Alors que la première partie s'est achevée il y a pas 10 minutes. L'ahuri, sur le moment, c'était moi.

 

Et Romain ouvre avec… Minouche, titre introductif du dernier album. Une bonne mise en jambe, mais bon, on attends un peu que ça envoie du Rock n' Roll, quand même. Ce sera chose faite dès le second titre, "Le Cœur Australie", de dernier album également, joué en trombe, le sourire hargneux et la rage aux lèvres.

 

Ca  se calme un instant, Romain salue le public et le remercie d'être venu, puis l'ambiance s'allourdit soudain. Il pleut des cordes. Et pour un mec censé être un arbre, il bouge beaucoup le Romain, sautillant toujours plus haut, avec toujours plus de pèche.

Reste que je suis encore un peu sur ma faim (il m'en faut beaucoup, moi, je suis comme ça.) J'ai faim de Tandoori. Et je vais être servi.

 


 

Saoul et le génial Ma part d'ombre. Comme ça, à la file, d'un coup, sans prévenir. Ou comment me convaincre en moins de 10 minutes. On se calme un moment pour accueillir le tube "Tu vois loin", puis on se calme encore un peu pour "Mort J'appelle".

 

Les lumières changent, et c'est le moment de "A tout moment la rue", qui se révèle alors, plus qu'un énorme morceau, qu'un génial single, comme un hymne fait pour être repris en cœur par une foule dont la colère se réveille un peu plus à chaque mesure.

 

Le concert contine tranquillement, alternant moments de calme émouvant, instants rageurs (dantesque bigger than the biggest), le tout, avec, en permanence, cette sincéritè et cette simplicité (Romain pris d'un fou rire à mi- chemin de "Dispersés" parce qu'un mec a hurlé "Spersééééés" du balcon… C'est très con, mais ça réjouit) qui ne peuvent que toucher même le plus blasé des Rock – critics.

 

Le set s'achève dans la sueur et la joie, avec un enchainement de titres remue – tripes: "Mille voix rauques", " Inverse-moi" (qui est à coup sur le vrai tube d'Eiffel, le chouchou de son public, le morceau dont on serait déçu qu'il ne soit pas là), et "Sombre". Les lumières se ralument, mais pour le suspens on repassera: il est impossible que le groupe parte sans rappel, a fortiori sans jouer "Hype", non?

 

Le groupe revient. Bon, "Les yeux fermés", ok. "Ma Blonde", oui. Et là…

Romain s'empare du micro pour nous dire "On va faire un truc qu'on a envie de faire depuis longtemps… Une reprise… On va vous jouer "Search & Destroy" (imaginez qu'il a presque l'air de s'excuser en disant ça…).

 

Moi dans ma fosse, j'ai pas forcément tout compris, parce que, comme Romain a accordé sa gratte avec le riff de "Seek & Destroy" de Metallica, je flotte en plein doute. Mais quand résonnent les premières notes, il se passe un truc en moi que je ne saisis pas. Moi, le mec calme, le mec qui supporte pas de se prendre un slammeur dans le dos en concert, le réfracteire du pogo, me voilà soudainement en train de sauter, me tordre, beugler "Somebody gotta save my soul", ressentir le Rock n' Roll m'emplir, me donner cette force que je recherche si souvent et trouve si peu.

 

Un pur moment de Rock n' Roll.

 

Derrière ça, "Hype", moment paroxystique du concert, est presque moins réjouissant – même si c'est un truc à voir, quand, comme moi, on l'a jamais vu. Comme sur le live, Romain en profite pour geindre à quelques reprises "I've got a broken face", histoire de rappeler d'où il vient…

Et alors qu'au milieu d'un public acquis depuis longtemps, je continue à gueuler "Hype! Hype! Hype!", les lumières se ralument.

 

On rappelle le groupe une seconde fois, et le titre du morceau réclamé est sans appell: "Douce Adolescence". Quiconque a posé une oreille sur "Les Yeux Fermés", comprendra pourquoi, et comprendra pourquoi, moi aussi, je le hurle.

 

Mais non. Ce sera "Je voudrais pas crever". Bref, les frissons assurés pour conclure. L'émotion, la colonne qui tremble, les larmes aux yeux, je regarde Romain conclure le morceau en jouant de la table d'éveil Playskool 2.

 

Les lumières se rallument vraiment… Et personnellement, je suis tellement réjoui, encore à quelques pieds de hauteurs, que je ne pense même pas à essayer de récupérer une set-list ou un truc comme ça: le simple souvenir du concert lui-même me suffira amplement.

 

Bref, heureux et conquis, j'ai pas eu droit à "Douce Adolescence", mais bon, qui sait… On se reprendra une place pour le concert parisien de fin de tournée histoire d'espérer l'entendre à nouveau, vu que, par défaut, ce sera quand même un putain de bon concert, à coup sur.

 

 


 

Setlist: Minouche / Le Cœur Australie / Il pleut des cordes / Saoul / Ma part d’ombre / Tu vois loin / Mort J’Appelle / A tout moment la rue / Sous Ton Aile / Je M’Obstine / Bigger than the Biggest / Dispersés / Mille Voix Rauques / Inverse-moi / Sombre
Rappel : Les Yeux Fermés / Ma Blonde / Search & Destroy / Hype
Rappel 2 : Je voudrais pas crever

 

 

 

 

1 Permettez moi une parenthèse ici. Le site Eiffelnews s'avère très important rapport au groupe. A l'origine site de fans, il est devenu avec le temps, tout d'abord le "site alternatif" au site officiel du groupe (géré, lui, par leur label – Labels), puis à la demande de Romain Humeau himself le site officiel du groupe. (C'est du moins ce qu'on m'a raconté le soir du concert). Il est également le lien entre le groupe et sa fan base, Romain y faisant parvenir régulièrement quelques mots, et le repère des ahuris (non que se donnent les fans du groupes).

Principal fait d'armes: quand le groupe s'est fait lâcher par son label peu après la sortie de Tandoori, avec, sur les bras, un Olympia à remplir, mais sans pub aucune… C'est le prosélytisme des ahuris dévoués à leur groupe qui permettra de remplir la salle mythique.

Voilà, c'est fini pour le passage historico- sociologico – anthropologique.

 

 

2 Comme je suis quand même du genre à toujours faire du mauvais esprit, je me demande quand même à quoi ressemble la partition (Cheval Cheval Cheval Vache?)

 

 

 

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 20:00

Because it's back...



Il y a deux choses qui sont, finalement, insupportable chez un artiste.

 

La première, c’est la recherche à toutes fins du succès public. La putasserie. Tout le monde s’accorde à le dire, blogueurs, Rock-critics, mélomanes… Bref tout le monde sauf le grand public.

 

La seconde, c’est plus vicieux, car les blogueurs, mélomanes, rock-critics auraient presque tendance à l’encourager, depuis qu’ils ont décidé que la pop, c’est censé être un truc sérieux. C’est la quête de respectabilité. Bien sur, ça ne touche pas que les artistes mainstream désireux de se refaire une rock-credibility, mais aussi les artistes « normaux », ceux qu’on aime et qui pourtant restent indie. Et veulent à toutes fins le rester, même s’ils ont signé sur une major et seraient foutus de remplir des stades entiers ou à défaut un Bercy.

 

Et ça, c’est la faute des Rock-critics. Comme je le disais dans un article précédent, le Rock-critic ne supporte pas que les artistes stagnent dans le même registre, mais accueille généralement le changement de style de façon plutôt tiède.

 

En 2000, lorsque Polly Jean Harvey (car c’est d’elle qu’il est question là) sort « Stories From the City, Stories from the sea », l’accueil est assez mitigé, face à cet album beaucoup plus pop que les précédents, réalisé avec l’aide du magnat de la pop dépressive moderne, Thom « je vends des disques mais force le respect de la critique quand même » Yorke.

Donc sur l’album suivant, back to basics, PJ remets les couilles qu’elle n’a pas sur la table. Pas de chance, le retour aux sources espérés passe pour une régression, voire un aveu d’échec.

 

Octobre 2007. L’album intrigue, et a très vite fait de truster les premières places d’un CDB tout juste né. Tout le monde salue la performance, l’originalité, l’émotion de cet album.

 

Euh… Ouais. C’est sur que l’émotion est efficace et que le côté tire – larmes du disque peut à la rigueur jouer en sa faveur lors des premières écoutes et venir perturber les connexions neuronales du Rock-critic, connexions déjà bien attaquée par les excès.

 

Mais en 2007, qui viendra clamer que cet album est un des plus grands de la décennie ? Personne de sérieux, j’espère (a fortiori après le ridicule essai de 2009  - ou White Chalk pour les Nuls (on a mit des guitares et un single potable, enfin non, même pas : Audible)).

 

En 2007, PJ Harvey, certainement une des seules artistes à avoir réussi à réunir dans une même communion musicale les lecteurs des Inrocks et ceux de « Rockefok » réalise que c’est la crise et donc décide de sortir un album spécialement destiné à son public Inrocks, soit donc les cadres et professions libérales qui désirent garder leur côté indie, et non les routiers et les éleveurs de chèvres pas redescendus de leur bad trip de Mars 1974. Afin de passer à nouveau pour une artiste qui compte, elle lorgne du côté de ces gens dont le journal saluerai la performance même s’ils enregistraient un disques de reprises de chansons paillardes en rotant, genre Björk, Beck, et autres artistes – onomatopées.

 

Si je mets la main sur le con qui a tagué ma robe.... Je le force à écouter mon album.

 


 

S’il est possible de garder un bon souvenir de la performance commune PJ – Björk reprenant « Satisfaction », il n’en va pas de même de ce disque, où, sur fond de piano désaccordé, PJ alterne vrillement de tympan de l’auditeur uniquement égalé par les imitations de phoques adolescents en rut offerts par l’islandaise sur Medulla, et feulement intimiste et lourdingue (je soufre donc je parle pas fort) à la Carla B pas encore S à l’époque. L’auditeur, pendant ce temps là, garde la main sur la télécommande pour pouvoir baisser à tout moment : il n’ose pas encore couper le « chef d’œuvre » tant encensé.

Cependant, si l’écoute est atroce, elle n’est pas superflue. Cet album est effectivement un chef d’œuvre de concept, dont on se demande s’il n’est pas sponsorisé par l’OULIPO. En effet, tous les morceaux se ressemblant (on a quand même l’impression d’écouter le même morceau pendant 33 minutes), cet album est le premier « Album palindrome », et même plus, c’est le seul album qui reste strictement le même qu’on l’écoute dans l’ordre ou en random.

 

J’exagère, là, ça a déjà été fait par Sunn O))). Et dépassé par Manu Chao dont la discographie solo toute entière réalise cette même performance.

 

Je ne sais pas vraiment quel accueil a finalement reçu cet album (et à vrai dire je m’en contrefous), mais il est presque sur qu’il a du trouver une bonne place chez tous ceux qui veulent montrer qu’ils n’écoutent pas la même chose que tout le monde, entre un recueil de chants diphoniques mongols (Manu Chao, c’est si surfait) et la dernière compilation des meilleurs larsens de Thurston Moore bourré (on l’entend cependant étouffer un vomissement à 14 min 17 sec de la plage 23, ça gâche un peu le truc.)

 

Reste que le grand coup de génie de cet album est de rester dissimulé sous l’impression permanente de malaise qu’il distille : l’auditeur est saisi, au bout de trois titres, d’une telle crise de claustrophobie qu’il se sent obligé de couper et d’aller faire un tour. C’est après, à la lueur de l’efficacité de cet album à le faire se sentir mal qu’il saluera la performance (terme toujours à double tranchant que pourtant beaucoup considèrent comme un compliment).

Mais l’auditeur à l’esprit ferme que je suis vous le dit : après ces trois titres fatidiques, l’impression de malaise s’intensifie et serre le ventre au point de provoquer rien moins que suées et estomac noué, aboutissant à des vomissement convulsifs, mais des vrais, pas comme ceux de l’ami T.M.)

 

Mais bon. On ne peut s’empêcher de bien aimer PJ quand même, et, pour sur, à chaque album, on continuera à jeter une oreille, quitte à être déçu, quitte à devoir consulter son médecin (mystères du système hormonal… vous êtes insondables)

Reste qu’à chaque fois…. On se repassera un vieil album derrière, pour se rappeler pourquoi on a un jour aimé PJ avant qu’elle ne cherche à plaire aux gens sérieux.

 

Et là, pour le coup, pour moi, ce sera « to Bring you my love », histoire de se dire que, quand même, elle aura réussi à sortir au moins un album intéressant tout en ne dévoilant pas ses genoux.

 

Mais un seul.

 

 

 

 

 

 

PS : Si après lecture de cet article, vous ressentez le besoin de (au choix, plusieurs choix possibles) m’insulter, défendre les Inrocks, m’accuser de réécrire l’histoire, m’accuser de faire des comparaisons miteuses, me dire que je n’y connais rien, ou autres délicatesses vous êtes cordialement invité à la fermer  (cette page) et à passer votre chemin.


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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 19:33

Ce n'est pas sans esquisser un sourire malsain que j'ai découvert qu'après Nick Cave sous le très biblique n° 12, nous retrouvons aujourd'hui Nirvana sous le très funeste n° 13.

 

Mais bon, une fois le sourire passé, la constatation est sans appel: c'est la merde.

 

Pourquoi, mais bon Dieu pourquoi j'ai collé Nirvana dans cette sélection d'artistes? La réponse je la connais, pourtant: c'est juste que je devais le faire. Parce que j'ai dormi pendant 6 ou 7 ans avec un poster de Nirvana accroché au dessus de la tête de mon lit. Parce que Nevermind, c'est le premier album pour lequel je me suis amusé à créer une pochette moi-même (sublime découpage collage qui assurément vaudra des millions à ma mort.) Et aussi parce que le premier T-shirt d'un groupe de Rock que j'ai acheté, c'était un T-shirt Nirvana.

 

Mais faudrait pas non plus que ça nous fasse oublier la réalité de l'instant, et le fait est que Nirvana est très certainement le groupe que j'écoute le moins, dans ma vie. Et aussi le groupe que j'ai le moins souvent envie d'écouter.J'étais trop jeune pour etre grunge, donc ça ne me rappelle pas de bons souvenirs de jeunesse. J'ai découvert Nirvana déjà mort et enterré, et n'ai donc eu qu'une admiration retrospective pour Cobain… doublée d'une évolution surprenante: Cobain est certainement la seule Rock star sur laquelle plus j'en apprends, moins je l'apprécie.

 

On reste cependant dans la logique de cette sélection, qui réunit des artistes qui m'ont vraiment marqué, qui ont été importants à mes yeux, rien n'oblige qu'ils le soient encore, ou que je continue à vouer un culte à leur œuvre (y a bien eu Muse.)

 

La conséquence logique sera que j'aurais pas forcément grand-chose à dire, donc veuillez excuser certains silences.

 

Evidement, je vais faire mon malin, et ne mettrais pas "Smell Like teen Spirit" dans la sélection. Et je ne me priverai pas de dire que de toutes façons, je préfère Hole.


 

Love Buzz

 

Vous avez déjà vu, dans une soirée un mec mettre ce morceau dans la platine, s'approcher d'une fille qui lui plait, s'agenouiller et lui chanter "Would you believe me when I'll tell you that you're the queen of my heart", pour se voir offrir un splendide râteau en conséquence?

Moi si. Et je peux vous assurer que 1. Non, ce n'était pas moi, le mec, mais quelqu'un d'autre. 2. Ca calme, quand même.


 

Lithium

 

Bizarrement, la façon dont on découvre tel ou tel groupe doit en général beaucoup à un hasard capricieux. Par exemple, si on me demande Comment j'ai découvert les Pixies, je vais parler de Fight Club, obligatoirement.

Alors qu'à ce moment là, ça faisait déjà 4 ans que je connaissais Lithium. Et si Lithium c'est pas un énorme portail encadré de flèches en néons avec marqué "Pixies" en dessous, je sais pas ce que c'est.


 

Been a son

 

Ca c'est juste parce que finalement, Nirvana a aussi sorti quelques chansons purement "pop" (enfin, plus que leur registre habituel), et que c'est parfois vachement réjouissant.


 

Heart Shaped Box

 

Pour la voix. Quand on réussit à trouver la voix de Cobain sur ce morceau vraiment mélodieuse, c'est qu'on est mur pour passer à des trucs plus corsés. Quand même !

 

Et pour la cinquième… J'aurais tendance à hésiter entre Aneurysm et Touette's, mais ce sera…

 


Tourette's.

 

En version live. Pour se rappeler que la hargne n'est pas non plus un vain mot quand on parle de Nirvana.

 

 

 


(Et comme je suis un gars mesquin, voici en petit Bonus "You know you're Right", l'"inédit" de Nirvana du best of de 2003… repris par Hole lors de son MTV Unplugged en 1995 – quel taquin ce Guic')

 


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Published by Guic ' the old - dans Top à ...
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