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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

***


Here, There And Everywhere

8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 19:17

Fargo Rock City... Derrière ce titre assez ridicule se cache le bouquin sur lequel j'ai lorgné un bout de temps avant de l'attaquer... Le dernier Klosterman qu'il me restait à lire avant de les avoir tous dévorés. C'est maintenant chose faite, mais bon, il en a sorti un autre en septembre dernier, ca devrait compenser.


1983 - Chuck est gamin. Vit à Wyndmere, Dakota du Nord. De retour du service militaire, son frère lui ramène la cassette de « Shout at the Devil ». Passion immédiate - Traumatisme éternel.


1998 - Chuck est moins jeune. Presque adulte. Et il commence à écrire ce bouquin. Sur l'importance qu'a pu avoir le heavy metal sur sa vie, dans les années 80.Warrant, Poison, Mötley Crüe, Metallica, Van Halen, Slayer, tout le monde y passe. Parce que quand on est critique rock et qu'on possède l'intégralité des albums des groupes suscités, qu'on peut annoncer sans mentir que « Mötley Crüe est le groupe qui a changé [notre] vie », ça doit pas être facile tous les jours.


2009 - J'attaque « Fargo Rock City ».


Alors que dire de ce livre. Ben qu'il est vachement bien. Que dès son premier bouquin, l'ami Chuck a ce sens de la phrase qui tue, de la vanne de fin de paragraphe, qui arrache toujours au moins un sourire, même quand la vanne est totalement pourrie.  Que, même construit sur la répétition d'une même structure à chaque chapitre (Anecdote personnelle - Argument d'un détracteur du Heavy Metal - Analyse de la validité de cet argument) se laisse lire avec plaisir, plein d'enseignements pour un novice de la scène glam-metal comme moi.


Un seul passage moins marrant : la série de (au moins) 20 critiques de disques sur les albums les plus emblématiques du mouvement. Certes bien écrites, souvent justes (en tous cas au sujet de ceux que je connaissais déjà), mais passage un peu lassant à la longue.


Plein d'humour, plein d'une tendresse vers les jeunes années passées à déambuler en ville en rêvant d'avoir les cheveux longs... mais totalement dénué de regrets, de honte, ou de quoique ce soit qu'on pourrait associer à cette période. Chuck a grandi en écoutant ça, et, au final, l'assume complètement. Parce que c'est un élément clé de sa génération, parce que c'est ce qui lui a permis de se construire. Non, le Glam-metal n'était pas bon, ce n'était pas une musique de qualité. Juste une musique qui s'est montrée importante, juste de reflet de l'époque où elle est née et juste réponse aux attentes des ados de l'époque (qui devraient d'ailleurs diriger le monde d'ici 10 ans, il y a de quoi commencer à flipper).


Fargo Rock City : A heavy metal Odyssey through rural North Dakota, non content d'être un très bon document et une étude intelligente au point par point (argent, satanisme, sexe, puissance*, grosses guitares, clips sur MTV... Sans oublier de passer par le nécessaire historique du mouvement, sa mort, et sa « renaissance ».s'offre le luxe d'une mission supplémentaire: une apologie des gouts de nos 15 ans...  Et du Rock, quel qu'il soit, qui permet de faire rêver et s'évader quand on s'autoproclame loser, et qu'on reste convaincu qu'on le sera pour toujours.


Avec un tel fond, comment vouliez-vous que cela ne me plaise pas ?

 

 

Allez: Pour le fun.

 

 




* Ou « L'inversion de la balance dans les années 80  : Comment le heavy metal s'avère le plus souvent « hard » tandis que le hard-rock se montre souvent « heavy ».»

 

 

Et pour rappel: L'article de G.T. sur le même sujet que ce livre (binomez le avec son parcours musical, et vous avez la vision opposée de celle de ce bouquin.)

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 17:27

Un tag littéraire que m'a transmis lou, et qui me permet de remplir une petite page de ce blog... Faute d'article interessant, vraiment (plein en maturation, mais pas en phase de rédaction, en fait.)

 

 

 

1. Le dernier livre que vous ayez acheté et terminé.

 

Alors, déjà c'est un peu con comme question dès le départ... les livres je les achete par 4 ou 5.... Faut bien profiter des occases tant que c'est encore des occases. Alors ma dernière session, j'en suis sorti avec :


Mon idée du plaisir, Will Self

Electrons libres, James Flint

Sex, Drugs and Cocoa Puffs, a low culture manifesto, Chuck Klosterman

Le crime de Lord Arthur Saville, Oscar Wilde


Et était offert avec (super promo de chez Points pour Noël et pour écouler les stocks, je le crains...) Verre Cassé, d'Alain Mabanckou.

2. Quel est le livre que vous êtes en train de lire ? Qu'en pensez-vous pour l'instant ? Quelle est la phrase qui se trouve à la ligne TREIZE de la page QUARANTE-DEUX (parce que c'est important, 42) ?


Ben c'est le « Electrons libres » de la liste ci-dessus. Pour l'instant c'est franchement bien, et même marrant parfois... Cet enchainement de mésaventures pour un geek loser timide... j'adore. En plus ca parle nucléaire, donc j'aime bien. Non, le seul truc c'est que c'est un livre assez barré, très documenté, qui mêle hippies en flashback, geeks au présent, et centrales nucléaires au futur... donc en fait, je m'ennuie pas en le lisant et déjà ca c'est beaucoup pour moi... Mais le jugement final, pour ça, faudrait.... Que je le finisse. Ce que ce tag m'empèche de faire, d'ailleurs !


Bon, la page 42, vous avez de la chance que je l'ai passée, sinon jamais j'aurais été la lire. Donc :


Merde, la phrase commence ligne 13, mais va jusqu'à la 17...


« Armes de dissuasion nucléaire, toilettes à chasse d'eau, grands immeubles de banlieue, chauffage central, fast foods, hygiène individuelle... tout ça, c'était l'ennemi. »



3. Choisissez l'un de vos livres favoris, quel est-il ? Pourquoi fait-il partie de vos favoris ? Quelle est la dernière phrase qui se trouve à la page 65 ?


Je vais pas vous reparler de High Fidelity, hein... Alors vu que c'est l'Aristochat actuel, je vais évoquer Edgar Poe. A défaut, « les nouvelles Histoires extraordinaires », mais ca tiendrait qu'a moi je vous parlerai que de la nouvelle « Le Chat Noir ». (Ca tombe d'autant mieux que dans mon edition, la page 65 est dans cette nouvelle là.). C'est une nouvelle que j'adore parce que c'est le premier.... « truc d'adulte » que j'ai lu, je devais avoir... 11 ou 12 ans, et ca m'a traumatisé si j'ose dire. Cette histoire de chat noir-porte-malheur, qui, une fois tué se réincarne en un autre chat noir symbole de chatiment... le tout raconté par l'homme qu'on va bientôt executer, les images qui s'imposent, tout ça... c'est vraiment marquant pour un esprit comme le mien à l'époque. Bon, j'en raconte aps plus parce que  sinon je gache tout. L'autre nouvelle m'ayant marqué, c'est « Le puis et le pendule » mais pour des raisons autres : l'imagerie de la torture de l'inquisition, de la condamnation à mort lente ... c'est tellement fascinant.


La phrase :

« Le lecteur se rappellera sans doute que cette marque, quoique grande, était primitivement indéfinie dans sa forme. »



4. Quel est le dernier livre que vous avez lu et pas vraiment aimé ? Pourquoi ?


Oh là... c'est assez dur à définir parce que bon, généralement...un livre que j'aime pas je le finis même pas, angoissé que je suis à l'idée du temps que je perds à lire un truc mauvais alors que je pourrais l'employer à découvrir un chef d'œuvre. Ah, si ! « Au secours pardon » de Frederic Beigbeder. Il n'y a même pas a expliquer pourquoi j'ai pas aimé ce roman : pour cela il faudrait déjà que c'en soit un, de roman, ce qui n'est pas la spécialité de Beigbeder, qui préfère délirer sur son auguste personne, d'anecdote egocentrique en phrase choc rappelant son ancienne condition de publicitaire.... Sauf qu'il y avait un humour mordant, un cynisme pas désagréable, un j'm'en foutisme sympa, un je ne sais quoi qui rendait cette bouillie lisible. avant... Et il a perdu tout ça à la moitié de « 99 Francs ».... Donc, c'est a fortiori absent dans cette suite. Qui n'a qu'un mérite : c'est le premier Beigbeder post 99 F que j'arrive à finir.



5. Quelles sont les 5 bloggeurs à qui vous passez le relais et pourquoi ?


Non, aucun, je n'en choisis aucun : prenez le si ca vous tente, les cinq premier arrivés seront les 5 premiers servis, et je les ajoute ici. Voilà, c'est simple comme ça.

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 10:40

John Densmore fut pendant toute leur courte carrière, batteur des Doors. Dans « Riders on the Storm » (bizarrement rebaptisé en français « le vaisseau de Cristal »), il nous conte ses années, derrière les futs, sur scène ou en studio, auprès de la joyeuse bande formée par Jim Morrison, Ray Manzarek et Robbie Krieger. Et donc, lui aussi, et l'avantage certain qu'il tirera d'avoir écrit cette biographie, c'est qu'à partir de maintenant, au moins, je n'oublierais plus son nom (c'était, justement, le « Door » dont je me rappelait jamais du nom...). Et je suis sur que ca lui fait déjà plaisir.




Ce livre est... surprenant. « Ouais bof, c'est une biographie des Doors, encore une », allez vous me dire. Ben non, justement. Pas « encore une ». Parce que bon, les biographies des Doors sont peu nombreuses. Des biographies de Morrison, ah ca oui il y en a. Mais des Doors, en tant que groupe ? Eh bien, pas tant que ça, et celle-ci en est une.


Un livre qui est là pour rappeler que, malgré le charisme de son frontman, musicalement, les Doors sont issus des inspirations diverses (le jazz pour Densmore, les musiques hispanisantes pour Kriegger) des différents membres du groupe. Pour rappeler que si les morceaux sont crédités « The Doors », ce n'est pas nécessairement une largesse de Morrison, mais bel et bien le résultat du fait que chaque membre apportait une pièce à l'édifice. (Dans les faits, Morrison et Kriegger étaient les principaux paroliers, mais la composition des titres était collégiale.)


Et en plus, on a « enfin » j'oserai dire un point de vue interne sur la personnalité morrisonnienne... Parce que bon, quand un des techniciens de studio ou je sais plus trop quoi (un livreur peut être) est embauché comme consultant pour « No one here gets out alive », on se demande quand même un peu à quoi tient la réalité historique. Là non. Densmore a quelque chose que les autres n'ont pas forcément dans cette entreprise... La légitimité (c'est cette légitimité d'ailleurs qui fait que par défaut je me tourne plutôt vers les autobiographies que vers les bio rédigées par le critique littéraire du courrier du Nord qui, tiens, d'un coup a décidé, après son coup d'essai sur Bénabar, de rédiger une bio des Who... qui s'avère moins complète que l'article leur étant consacré sur Wikipedia. Ce raisonnement s'applique tout aussi bien, à, au hasard, je sais pas moi... le bouquin de Bégaudeau sur les Stones par exemple.)


Mais Densmore réussit à flirter avec le contresens sans pour autant jamais y tomber... La volonté de ce livre est de montrer que lui, John Densmore, était batteur des Doors, pas de Jim Morrison, et pourtant... les mésaventures du Lizard King occupent une grande place dans l'histoire, en particulier le ressenti qu'en a John... C'est-à-dire cette sensation prégnante que rester dans ce groupe est dangereux, que Morrison est un fou, que... ben que personne ne sortira vivant de cette histoire. Honnêtement, vu ce qu'il nous raconte, on le comprend.


Mais pourtant... il ne peut s'empêcher de narrer avec émotion et tristesse la descente aux enfers de son frère d'adoption, d'honorer à sa manière sa mémoire...

Rappelons que s'il s'acharne ici à montrer que les Doors étaient un véritable groupe, et que Morrison était leur chanteur, (pas leur leader) , il est celui qui a refusé de participer à la reformation du groupe avec, au chant, le leader de The Cult, celui qui a réalisé le premier que musicalement, les Doors lui colleraient toujours à la peau... Celui qui considère que respecter Jim n'est pas en faire une pub permanente... Bref il n'est pas Ray Manzarek.


Et c'est non sans une certaine émotion qu'on referme le livre, arrivé à la conclusion que nous offre John Densmore... « On me demande souvent si Morrison était un génie sympathique ou un sale trou du cul... Je pense qu'il était les deux. »



PS: Malgré l'image, je vous jure que ma version, le titre sur le bouquin (dans cette collection, hein, les éditions Camion Blanc qui regorgent de très bonnes biographies Rock), le titre c'est "Le vaisseau de cristal, je vous jure!!!)

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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 19:45

J'ai longtemps tergiversé avec moi-même avant de faire cette critique. Et encore, critique c'est pas le terme juste. Je ne suis pas foutu d'émettre un avis, et encore moins un avis cohérent, sur ce livre. Je ne sais même pas vraiment ce que j'en ai pensé.


J'ai longtemps hésité, non pas sur le fait de parler de ce livre, non ça, depuis que je me suis remis à bloguer régulièrement, la question, je ne me la pose même plus. (Le blog a une influence néfaste sur moi qui fait que je commence à croire que tout ce que je raconte peut s'avérer intéressant pour quelqu'un (ce qui entraîne chez moi des accès de mégalo assez frappants qui m'angoissent moi-même, décidément faut que je lève un peu le pied.))


Non, le point sur lequel j'ai pas réussi à me décider tout de suite, c'est : « Ce roman, je le critique ici ou chez les Chats ? », oui, parce que bon, je fais pigiste occasionnel pour les Chats maintenant, aussi.


Alors finalement, presque idiotement, je me suis dit que... c'était surement mieux de le faire ici, ne serai-ce que parce qu'il y a de plus grandes chances de croiser des amateurs de Nick Cave ici. Il y a aussi le fait que Les Chats sortent d'un cycle Philippe Jaenada, on va peut-être pas les traumatiser avec un bouquin aussi glauque que celui-ci. Et puis surtout... parce que je vais peut-être parler d'un livre, ok, mais ce que je vais écrire n'aura rien d'une critique littéraire. Du tout.


J'aime bien Nick Cave, le chanteur. Cela dit j'aime bien Bob Dylan le chanteur et je n'ai jamais lu son roman Tarantula, et n'ai aucune envie de le faire. Alors au final, qu'est-ce qui m'a poussé à le faire... On va dire que j'avais un a priori positif, en avait entendu de bons échos, et pensait que, bon, ben oui, Cave peut me tenir en haleine presque 500 pages. Et puis bon, un rockeur qui préfère écrire directement un bouquin plutôt que d'en faire un concept album imbittable, c'est forcément quelqu'un de bien intentionné.


Mais quand même, qu'est ce que ça raconte ? Euchrid Eucrow est l'honnête fils muet, à moitié autiste et légèrement psychopathe d'une alcoolique et d'un braconnier. Il vit dans Ukulore Valley, dont les productions principales sont la canne à sucre et les prédicateurs de la parole de Joseph Ukulore, fondateur de la secte des Ukulites qui règne en maître dans la vallée.


Admettons qu'on a, rien que dans cette description, suffisamment de choses : un muet, à moitié barge (qui d'ailleurs se parle à lui-même et vit un peu dans son monde), et un mysticisme franchement présent, assez de choses disais-je pour rappeler les pires des concepts album et opéra Rock jamais publiés. Ne manquent que des scooters.


Bon, vous voyez bien que je suis mal barré pour la critique littéraire.



Et je suis pas le seul à être mal barré, m'est avis.


Alors, d'un, ce livre est glauque. De deux, il est blindé de délires mystiques, pourtant pas toujours si délirants que ça. De symboles aussi. De malaise, de bêtise humaine, de cruauté, de... tout ce qui peut ne pas aller chez l'homme. Pour vous dire, même la météo est pourrie jusqu'à la moelle dans ce bouquin.


Et en fait je suis même pas capable de vous dire si j'ai aimé ce bouquin. Je l'ai fini, c'est bon signe. Mais j'ai hésité à le lâcher à une ou deux reprises (surtout au début du livre troisième, en fait...) . Mais le style, mes aïeux, le style !! Cette écriture, cette façon de prendre aux tripes, de tirer dessus et de retourner le lecteur comme une chaussette... Ce livre est saisissant.... On frémit d'horreur, on s'inquiète parfois pour la santé mentale de l'auteur...


Et puis on se rappelle que le bouquin est sorti à peu près au même moment que « Tender Prey »... Et qu'il faut le voir très certainement comme un morceau de l'œuvre Cavienne. On va pas non plus dire que les albums d'après le roman sont plus apaisés, mais ils sont moins... bruitistes, ou même foutraques. (Si, les premiers le sont un peu quand même pour une oreille non habituée, permettez-moi de le dire...)


A croire qu'il a lâché toute une part de son malaise dans le bouquin. Le bouquin, dans lequel on recherche sans même forcément le vouloir, des références aux albums. Un livre encore plus agréable, dans lequel on s'immerge plus encore, à l'écoute des (premiers albums des Bad Seeds  - « Tender Prey »). A croire que dans « From Her to Eternity », « The Firstborn is Dead », et « Your Funeral my trial », ce livre est en germe (et en toute logique il l'est surement), tandis que dans « Henry's Dream », « Let Love In », et «  Murder Ballads », il y résonne encore comme un écho.


Il occupe une place forte en fait dans l'œuvre cavienne, et explique pourquoi je trouvais que « Tender Prey » dépareillait dans la discographie... C'est parce que ce livre (sorti en 1989) y trouverai presque mieux sa place que l'album de 1988. Tiens, c'est marrant... C'est presque devenu un acte manqué révélateur, j'oublie toujours « The Good Son » dans la discographie du sieur Cave.


Bref. Je ne saurais dire si ce livre est bon ou non. Je ne saurais y trouver les références littéraires que tout le monde y attribue, ignorant tout ou presque de Faulkner, de Steinbeck, et de tant d'autres. Je sais que j'y ai trouvé une écriture franchement intrigante, mais qui porte l'histoire. Un gout pour la symbolique que je partage assez. Une folie que j'aime trouver dans ce que je lis. Des références, et quand il y a des références, mon égo est toujours flatté de les relever. Et surtout, j'y ai trouvé une ambiance cavienne comme je les aime. Même si , avec son goût du non-dit et de l'ellipse, je suis même pas sur d'avoir tout compris. Mais bon... c'est presque dans mes habitudes avec lui maintenant*.


Re - bref. Un livre à lire à tout prix si on aime Nick Cave. Malheureusement je ne suis pas apte à juger pour l'autre position.


Allez, je vous laisse avec le morceau que j'ai du écouter le plus durant la lecture de ce roman ... Et le pire c'est que c'en est un des rares qui, au final, me fait pas trop penser au roman.



A lire aussi, la critique du livre par BBB., mais chez Thom


* Ben oui, j'ai beau adorer le morceau, je sais toujours pas qui c'est ce gars qui a une main droite rouge.

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 13:53

« Conne de légende, tiens ». La phrase est d'Arbobo. Bon, certainement que d'autres ont déjà dit des trucs approchant avant, mais bon, là, au moins, ça a été dit ici.


« Les filles foutent la merde dans tous les groupes ». Ca c'est de Chtif.


Bon, maintenant vous avez toutes les clés pour comprendre pourquoi j'ai été déçu par ce livre.


Ah non, il faut en rajouter une quand même... Je gardais le souvenir d'une critique positive dans Rock n Folk quand ce livre était sorti en français, il y a maintenant 3 ans.


Voilà, maintenant vous comprenez.


« Confessions d'une groupie » a le mérite de bien porter son titre, et d'arborer une couverture qu'on s'efforce de cacher quand on lit dans le métro. Les mésaventures sentimentalo- sexuelles de Mlle Miller dans le monde du Rock de la fin des années 60 aux années 80 sont certes intéressantes, mais posent de nombreux problèmes.


Tout d'abord, on est alléché par la liste de Rock star qui sont, on le sait citées dans ce bouquin... Des Byrds aux Stones, Mlle Miller a traîné avec un grand nombre de génies musicaux que, personnellement, j'admire. On s'attend, ou du moins moi, je m'attendais, à avoir une vision du Rock de cette période depuis les coulisses, un point de vue brut de décoffrage qui apporte ce qu'on ne pourrait pas lire dans les biographies officielles.


Car Pamela n'est pas n'importe qui, elle est quand même une des personnes qui a soutenu Mick Jagger au soir d'Altamont ! Elle a couché avec 50 % de Led Zeppelin (confirmant la théorie que le chanteur et le guitariste ont plus de chance que les autres.) !  Elle a vécu pendant 2 ans avec les Zappa !


Et vous savez quoi ? Malgré tout cela, ce livre ne présente pas grand intérêt. Pour une raison simple et pourtant annoncée partout : Pamela Des Barres est : « la groupie de référence ». Cela ne veut pas dire que son avis, ou son histoire, sont intéressants ! Ca veut juste dire que c'est une petite gourde (j'aime les insultes désuètes) qui se fait une fixette sur les Rock stars.


En ce sens on se dit qu'elle a bien réussi à rendre le truc en écrivant ça, du fait qu'une page sur deux on a envie de lui coller un claque tellement on la trouve niaise. La première fois qu'elle se fait avoir et devient un coup d'un soir, ok, on est attendri par sa naïveté, mais bon, la 4 ème fois ou Jimmy Page la trompe et qu'elle tombe toujours des nues on en vient à se demander si elle est pas un peu conne...

 

 

Bon j'ai été gentil parce que j'ai pas voulu sortir une photo de la dame aujourd'hui. Mais en en voyant, je me suis dit que les groupies devraient mourrir quand leurs groupes fétiches splittent, ca serait plus humain. Ah, merde, les Stones sont toujours ensemble.


Et cette sensation ne fait que s'amplifier quand elle avoue qu'elle ne supporterait pas de faire un concert du côté de la foule et veut à tout prix être côté coulisses, quand elle se plaint de ne pas atteindre la clébrité qu'elle recherche après publication d'un album (son seul) ou d'un petit rôle (entre autres dans le 200 Motels de Zappa)...


Bref, qu'a-t-on dans ce livre ? Une vie, un parcours d'une jeune fille, dont la vie fut Sex, Drugs, mais finalement pas très Rock n' Roll, bien que des Rockstars parcourent tout le livre. Et même dans le cas ou sa vie à elle n'est pas très Rock n' Roll, on s'attendait à un bouquin satisfaisant nos plus bas instincts de lecteur de Voici, on voulait, à la rigueur, savoir si Noel Redding est plus slip que caleçon, certes, mais... là, soit on en apprend trop, soit on apprend rien. Les performances sexuelles de Mick Jagger m'indifèrent, et ce n'est un scoop d'apprendre que « la folie de Keith Moon ébranlait l'univers ». Et j'en ai rien à foutre de savoir que Frank Zappa et sa femme aimaient prendre le thé à heures fixes. Et quand arrive dans le paysage Don Johnson (oui, vous savez, Nash Bridges) dont j'ai appris à cette occasion le passé de chanteur country, eh ben, on se dit, « c'est bon, on va pas pousser non plus. » Heureusement qu'il restait que 100 pages et Keith Moon sinon j'abandonnais direct.


Bref, Confessions d'une groupie, ou un bouquin écrit par une féministe, sur le Rock, mais qui n'est pas prêt d'arranger la misogynie inhérente au genre : You can't always get what you want.

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 00:00
Récemment, j'ai été atteint d'une crise de boulimie. De biblioboulimie Rock. Plein de bouquins, de musiciens, sur les musiciens, pour les musiciens, avec des musiciens... Tout ça. Bien entendu, le crossover 2008 n'y est pas étranger. Alors, tout comme j'avais (déjà une fois) passé les rattrapages discographiques (faudra d'ailleurs que je pense bientôt à la session de Juin), me voici devant l'examinateur en matière de rockologie livresque...

 


On va commencer par le classique, l'alpha et l'oméga de la critique Rock : Lester Bangs.


Lester Bangs : Psychotic reaction et autres carburateurs flingués, Fêtes sanglantes et mauvais goût.




C'est bien facile, le seul résumé que je pourrais vous en faire serait de raconter sa vie. Mais ça nous mènerait pas loin, vous savez : il est mort à 33 ans. Alors finalement, le moyen sûrement le plus simple de présenter ce qu'est l'œuvre de Bangs, c'est de dire ce qu'il n'est pas : il n'est pas Philippe Manœuvre. (Oui, je sais, normalement la proposition se prend dans l'autre sens.) Encore moins Patrick Eudeline (qui, je dois bien lui accorder cela, a signé récemment deux très bon papiers sur le thème « mode et Rock n' Roll » que j'ai dévoré). En bon critique Rock (et vu que c'est le fondateur de la discipline il a intérêt à être bon...), Lester ne parle pas de musique. Enfin, pas vraiment... Il aime bien parler de lui.


Tout comme Rob rangeant ses disques par ordre autobiographique dans High Fidelity, la musique permet à Lester de se rappeler de sa vie, de l'imaginer, de... Lui permet tout en fait. Qu'il s'agisse de lister les 16 raisons d'adorer Metal Music


Machine de Lou Reed ou interviewer Jimi Hendrix depuis l'au-delà pour lui faire avouer que Wilma Pierrafeu est la femme la plus bandante qui soit, il n'oublie rien. Pas même de descendre en flèche le Dionysos Bozo qu'était Morrison ou de nous rappeler en quoi Bob Dylan n'est pas (ou plus) un artiste engagé. (Songez que cet homme est mort AVANT la sortie de Saved). Adorant l'œuvre de Lou Reed autant qu'il méprise l'homme (Lou Reed est à Bangs ce que Napoléon était à Chateaubriand, presque), Bangs va a 200 à l'heure, passe d'une idée à une autre sans demander à personne si ça le dérange. Il nous emporte, nous prend en stop, se fait un rail sur le tableau de bord et roule portière ouverte parce qu'il a trop chaud et nous comme des cons on se laisse porter parce que, bon, le style est là, ces grandes phrases sans fin qui s'achèvent sur une anecdote, une blague, bref un bon mot. Ces grandes phrases que beaucoup auront essayé d'imiter sans jamais toucher à la grâce de vraiment pénétrer la critique dans ce qu'elle a de plus génial et vicieux.


Accourez, mes petits-nenfants aux cheveux filasses, et laissez le blaireau vous faire sauter encore sur ses genoux. Pendant que vous me reconnaissez encore, bande de petits cinglés. Vous le savez, le gong a sonné, c'est à nouveau la saison. Maintenant, laissez ruminer ma vieille cervelle, ah, quel conte alambiqué de ces jours d'autrefois vous narrerai-je aujourd'hui ?


N'importe lequel tonton Lester, nous on te suit.


Ca a été chroniqué par Systool, ici et là.


Lester étant l'alpha et l'oméga, penchons nous sur le Saint Esprit, le petit dernier de la famille. Mon chouchou Chuck Klosterman. Eh oui, vous avez pas fini d'en entendre parler.



 
IV, de Chuck Klosterman. Pas encore sorti en français, et je crains bien que cela n'arrive jamais. Car voyez vous, ce n'est pas un roman (le gars en a quand même 3 à son actif, d'où le titre de ce recueil, IV, malin, non ?), mais un recueil de ses articles parus dans divers journaux. Autant le dire, ici on ne parle pas que de Rock. Pour preuve la liste des journaux ayant publié ses méfaits : Esquire, GQ, Spin, The New York Times magazine, The Washington Post, The Believer, et... ESPN. Oui, il parle pas mal de sport là dedans.

Comme cela est (très bien) expliqué sur la quatrième de couverture, ce bouquin comporte 3 parties (2 et demi en fait) :


  • Things that are true. C'est là que ça parle musique, en vrac Radiohead, les White Stripes, Metallica, Robert Plant, et aussi une interview de Val Kilmer. Le style est plaisant, le mec n'est pas capable de se focaliser sur ce pour quoi on l'a payé (rappel, dans Killing yourself to live, il est envoyé pour réaliser un reportage, il finit avec un roman en bonus... enfin, c'est vrai à 85 %). Il passe plus de temps à raconter les conditions de l'interview que les réponses à ses questions (d'ailleurs, on ignore généralement les questions). Et dans ce domaine, je peux vous dire que son interview de Britney Spears dépasse certainement tout ce que j'ai pu lire comme article musical : on se retrouve passionné par la façon dont l'interviewée réussit à ne pas répondre aux questions qu'on lui pose.



Mais bon, pour vous faire goûter son style et sa façon de repérer des détails, je ne saurais résister à un extrait : il s'agit de l'interview de Radiohead, présentation de Thom Yorke, après la sortie de Hail to the Thief :


Thom Yorke is weird, sort of. But you've met weirder. He's mostly just an intense, five-foot-five-inch thirty-four-year-old who wears hooded sweatshirts with sleaves too long for his limbs and this makes him look like a nervous kindergartener. He doesn't appear to have comb his hair since The Bends came out in 1995, and his beard looks "undecided" if that's possible. [...] That's what everyone seems to miss about him, and about Radiohead as a whole: they may make transcendent, fragile, pre-apocalyptic, math rock for a generation of forward thinking fans, but they're still just a bunch of dudes.


Franchement, si tous les journalistes Rock d'outre atlantique écrivent comme ça, je m'abonne à SPIN direct.


  • Things that might be true : alors là c'est la quintescensse du style Klosterman, la branlette intellectuelle dans sa plus pure expression. Ce mec se cale devant la télé et en déduit des théories plus ou moins fantasques sur la vie. Quand sa copine se sent trahie par la fin de Sex and the City, il échafaude tout un argumentaire prouvant que les gens n'aiment pas les Happy endings (en général, pas que celui de Mika), et toutes autres sortes comme l'apparition proche des êtres humains dotés de pouvoir spéciaux ou la façon de distinguer votre Némésis de votre Archenemy. Sans compter une que j'aime bien, parce qu'il fallait y penser, le top 10 des groupes jugés à leur juste valeur. Je sais pas si la pop culture existe vraiment, mais si oui, elle doit ressembler à ça.


  • Something that isn't true at all est juste une vieille nouvelle, sortie des cartons pour l'occasion.



Franchement un bouquin agréable, à picorer à l'occasion... A mon rythme de lecture, 4 articles vous font déjà les 2/3 d'un trajet Nancy Paris, il vous reste juste le temps d'aller traîner en voiture bar avant d'arriver.

Mais bon, on attaque le plus gros : les biographies. Sachant qu'elles ont déjà été fort bien commentées (dans le cadre du crossover, justement), je vais essayer de rester modeste.


Un démocrate : Mick Jagger, 1960 - 1969, par François Bégaudeau.




Le principe du bouquin (fort court) est simple. Mick Jagger a vécu 9 ans, de 1960 à 1969, là je vous apprends rien, le titre se suffit à lui-même pour vous le faire comprendre. Naissance : dans une gare, quand il rencontre Keith Richards. S'ensuit une belle métaphore sur comment la foule empruntant un train dans cette gare leur a transmis l'énergie du Rock n' Roll via frottement et électricité statique. Mort : Altamont, le concert avec les Hell's angels, la mort de Meredith Hunter, la « trahison » du public.


La théorie qui y est filée est que Mick Jagger, le vrai, est le rocker qui vit sur la scène, qui s'offre à son public, c'est le sens du « démocrate » du titre, celui qui sert, qui est la pour et par le public, la foule, le peuple.

L'idée est intéressante, le truc pas trop mal écrit, franchement, et agréable à lire. Bien documenté sur cette période et particulièrement sur la naissance du groupe. La vision sur les morceaux (en particulier considérer « You can't always get what you want » comme le morceau de la fin, le chef d'œuvre qui marque la fin du Rock n' Roll et le début de la musique... Je vous mettrais bien l'extrait mais j'ai pas le bouquin sous la main, là.)


MAIS (oui, c'est un gros mais) il y a eu quelques trucs qui m'ont dérangé. Et pas forcément du petit dérangement. D'abord, ce gimmick qui revient tout le bouquin du « Mick est mort en 1969, vous ne le savez pas, mais moi si, je vous l'ai déjà dit, vous ne suivez rien. Je vous expliquerai pourquoi je vous expliquerai comment ». Ca revient, ça revient, et à un moment on a envie de coller une grosse tarte à l'auteur parce que, bon, à la fin, c'est lassant. L'auteur, tiens : je sais pas qui est ce « François Bégaudeau ». Mais je suis pas sur que ce soit un fan des Stones. Il a beau qualifier chaque chanson qu'il évoque de « plus grande chanson du monde », chaque album, chaque film sur les Stones et chaque scène de chacun de ces films comme étant « le (la) plus grand(e) du monde » (autre gimmick, pas énervant mais lassant quand même), ça ne suffit pas à ce qu'on sente le passionné, qui se lance à corps perdu dans son sujet. Ca ressemble finalement un peu à tous ces bouquins sur la « sociologie du Rock », ce côté je m'intéresse mais je veux pas me mouiller, le Rock c'est intéressant dans le concept mais trop violent dans les faits... (Ca me fait penser que j'ai un bouquin d'un sociologue sur le mythe Elvis qui m'attend, d'un coup j'hésite). Bref j'envisage trois possibilités, ce mec est sociologue, journaliste aux Inrocks ou romancier qui a voulu aller traîner du côté obscur. Mais je ne renie pas que j'en ai apprécié la lecture (le manque de passion, je m'en suis rendu compte après, avec le recul), appris quelques trucs, mais bon, voilà. Le vrai Rock n' Roll des Stones, ça reste ça :


 



Ca a été chroniqué pour le crossover par Laiezza, ici même.


Enfin, last but not least... « Mort aux Ramones ! » (Poison Heart : Surviving the Ramones), de Dee Dee Ramone.


Bon, j'ai mis le titre en français parce que je l'ai lu en français. Si un jour j'en ai l'occasion, je le lirais en anglais (pas moyen de le trouver en V.O. à Paris, c'est fou ça). La traduction en français est de Virginie Despentes, et... on sent la traduction. Mais ça j'y reviendrai.


 


Bon, d'abord, je vais être honnête, les Ramones j'aime bien, mais je connais pas plus que ça. Quelques albums, des titres ici et là, bref on peut pas vraiment me qualifier de spécialiste. Pour tout dire, jusqu'à peu je savais pas qu'il avait quitté le groupe avant la fin du groupe (7 ans avant quand même). Par contre je savais qu'il était mort. Quand même. Je connaissais pas bien les mésaventures de la carrière des Ramones après End of a Century. Avant non plus d'ailleurs, qaund j'y réfléchis Bref, j'avais de nombreuses lacunes, qui m'ont peut être empêché de correctement saisir le contexte de cette autobiographie, mais pas d'en apprécier la lecture, parce que franchement, c'est extrêmement bien gratté (le comble pour un gars à qui on a reproché la stupidité des textes).

L'autre surprise, c'est que franchement, je sais pas si vous retrouverez ailleurs une autre biographie de musicien ou ça parle aussi peu de musique ! Le père Dee Dee étant défoncé franchement une bonne partie du temps ça parle de dope en majeure partie. Y a un côté « guide du routard de la dope », chapitre New York, section Héroïne... Assez fabuleux en fait. Après ça parle aussi du groupe, mais pas forcément de musique. Surtout de la face cachée de la « Happy Family ». De comment tout le monde se tire dans les pattes et déteste les autres mais continue à bosser avec, parce qu'il faut bien. On parle souvent d'artistes vieillissants qui montent sur scène comme s'ils pointaient à l'usine. Et ben pour Dee Dee à 30 ans à peine c'était déjà comme ça.

Vraiment un livre Sex, Drugs et Rock n' Roll, sauf que le Rock n' Roll est en arrière plan, et que les femmes sont évoquées avec beaucoup de pudeur (il a beau évoquer les femmes qui ont traversé sa vie, impossible d'établir l'enchaînement chronologique précis.)

La traduction, maintenant. Je ne saurais juger des talents d'écrivain de la dame, n'ayant lu aucun de ses livres, ni de sa qualité particulière de traductrice (sans avoir la V.O., c'est toujours plus dur). Mes problèmes se posent sur des points de détail, O.K., mais j'aime pinailler sur des conneries, c'est connu. Et surtout, maintenant que j'ai réussi à m'habituer au parler anglo saxon, je réussis à distinguer les « francismes » dans un texte. Vous savez, c'est comme dans ces séries américaines qu'on regarde doublées, où, d'un coup, ils se mettent à parler de Claude François ou de Jean Pierre Coffe parce qu'en V.O. ils parlent en fait d'une célébrité qu'on connaît pas en France. (Oui, la carrière internationale de JP Coffe ou de Claude François...). Eh ben là c'est pareil, sauf que... c'est ici le verlan utilisé pour remplacer, à mon avis, le slang (argot) anglo-saxon. Alors, à partir de là, il y a plusieurs possibilité, je sais pas, Dee Dee s'étant essayé au rap sur la fin, peut être s'exprime-t-il comme un rappeur et Despentes a voulu rendre compte de ça en utilisant la marque des rappeurs français. Ou alors c'est juste choisir un équivalent à l'argot, mode moderne... ce que je trouve un peu trop facile, voire fainéant : franchement, la drogue c'est un des champs lexicaux les plus larges de l'argot non ? Mais après, peut être que Schnouff c'est trop rétro. Ou peut-être que je traîne pas avec assez de dealers pour connaître toutes les evolutions syntaxiques du jargon.

Dernier détail : page 240, « personne là-bas ne pense que le blues doive être jouer si salement », ça fait pas sérieux, franchement (je vous interdit de rechercher les possibles fautes que j'ai pu faire dans cet article pour la simple raison qu'il est gratuit et ne possède pas d'ISBN.)


Au final, on a le livre d'un junkie talentueux, en tant que parolier mais aussi qu'auteur, qui livre là des mémoires touchantes, émouvantes... humaines. Vraiment. Et pour ne rien vous cacher, à la toute fin du dernier paragraphe, sur la phrase : « Mon livre raconte cette histoire - ça n'est pas rien, et je suis heureux de l'avoir racontée », j'ai du écraser ma larme. Heureux de l'avoir lue.


Conséquence bizarre, je me suis penché suite à ce livre, sur la seconde partie de la carrière des ramones (le CD 2 de mon anthologie, en fait), et franchement il y a du très bon (rien que Pet Semetary, c'est un très bon morceau ! Pop, OK, mais très bon !). Alors, l'extrait du jour sera « The K.K.K. took my baby away » qui est aussi une merveille pop.



 



Celui là a été chroniqué par Thom (en parlant plus du bouquin que de la traduction), ici, en ouverture du crossover, qui s'achève dans quelques jours. Fort belle opération, dont cet article ne fait pas partie, mais bon.


I don' t want to live my life... again...

 




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14 mars 2008 5 14 /03 /mars /2008 13:39

 

Quoi de mieux à choisir pour la participation d’un aspirant Rock – critic au crossover 2008 que le livre d’un … Rock Critic ?
Quoi de mieux pour finir cette série de mes réflexions sur la Mort et le Rock que ce livre au titre traduit en français de "Je, la Mort et le Rock n' Roll?"
 
Chuck Klosterman est journaliste à Spin, le journal américain. Entre autres. Il bosse aussi pour ESPN, Esquire, The Washington Post, plein de journaux. Et il s’agit ici de son troisième roman : « Killing Yourself to live ».
 
Son premier, « Fargo Rock city », narre sa découverte du Heavy metal au fin fond d’un petit village des States… Une sorte de Guéret américain, ou de Privas de Cow-boy. Le second, « Sex, drugs and cocoa puffs » narre une nuit de déambulations MTViennes et les réflexions qu’elle peut inspirer.
 
Voilà pour la présentation générale de l’auteur, faisons court.
 
killingyourself.jpgPour celui-ci, Chuck se base sur une vraie mésaventure. « Killing yourself to live » (en V.F. « Je, la Mort et le Rock n’ Roll ») présente Chuck à la rédaction de SPIN, envoyé dans un Road trip morbide pour les besoins d’un article. Un article sur les morts de Rock star. Du Chelsea Hotel (ou Nancy Spungen, la promise de Sid Vicious a été poignardée) jusqu’à Seattle (je vous ferais pas l’affront…) en passant par le crash d’avion de Lynyrd Skynyrd ou « The Day where Music Died », Chuck nous relate ses émotions, réflexions à la vue de ces différents lieux majeurs mais glauques mais rock.
Mais notre héros – enquêteur – narrateur n’est pas n’importe qui. Si Rob, de High Fidelity était un monomaniaque de musique totalement snob et qui a fait de sa passion son travail, Chuck c’est la même chose mais en nettement plus tordu et pervers. Déjà, c’est un fan monomaniaque de Kiss au point de passer 3 pages à décrire la qualité des albums solo de chacun de ses membres. D’autre part, la scène ou il décrit les disques qu’il considère comme indispensable d’avoir avec lui lors de son trajet (2 semaines, il emporte 300 CD, mais à le mérite de prendre un album des Pumpkins) est flippante pour le commun des mortels mais fait rêver le blogueur musical que je suis.
 
Dans HF, la musique était présente en fond, comme une B.O. des déambulations de Rob. Ici, on atteint le niveau supérieur, et LA question de Rob prend deux fois plus de sens : « Did I listen to pop music because I was miserable ? Or did I become miserable because I listened to pop music? ». La musique devient à la fois cause et conséquence de la vie de Chuck. Il arrive qu’on écoute un morceau parce que les conditions s’y prêtent. Mais on oublie trop souvent ces cas ou la musique conditionne la situation. Il est plus facile de séduire sur « Let’s Get it on » que sur « La bonne du Curé ». Mais là je m’égare, quand même…
 
Le principe, au final, de ce roman est simple. Chuck est un journaliste envoyé en pèlerinage morbide pour 2 semaines. Il en reviendra avec l’article qu’on lui aura demandé, et beaucoup (trop) de réflexions métaphysiques. Dont il fera au final un roman. A partir de là, difficile de différencier le vrai du faux. D’ailleurs le sous – titre du roman nous le dit : 85 % of a true story. Ce qui rend le roman d’autant plus passionnant.
De plus, d’un strict point de vue structure (je parle pas de style, du tout), c’est comme si on suivait un des psychopathes ordinaires de Palahniuk, ou un sociopathe classique chez Nick Hornby *, le tout entrecoupé de chroniques à la Bangs, le disque, la musique étant tout à la fois le prétexte, la cause et aussi la plus réussie des caractérisations du trouble d’ado attardé qui habite l’auteur. Cette phrase est tellement tordue que je trouve qu’elle me parle particulièrement bien aujourd’hui.
 
Mais attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : ce livre n’est pas illisible. Même pour un non rockeur. Le seul truc c’est que l’auteur est définitivement un rockeur, comprenez : un ado attardé un peu monomaniaque, qui, de la même manière qu’il ne vivra jamais vraiment bien le fait d’être né trop tard pour voir Hendrix en concert, vit dans son propre passé et ressasse ses aventures sentimentales passées, tout en essayent d’oublier tout ça à grands coups de Vodka orange et de Gardénal. Franchement, comment voulez vous que moi, j’ai pas eu de la sympathie à m’égard de ce mec ?! Non ?
 
Mais Klosterman est doué pour parler de musique. Assez doué pour que ça parle à tous. (Assez doué pour qu’on réussisse à lire 3 pages de délire total où il raconte que Kid A de Radiohead constitue plus ou moins la B.O. de rêve du 11 Septembre, et qu’on se dise… C’est vrai que ça colle.) A chaque lieu de décès, il nous rappelle rapidement de ce qu’il s’agit, de qui il s’agit, et nous fait part de quelques unes de ses opinions à ce sujet. J’ai en tête en particulier les pages sur Jeff Buckley ou Kurt Cobain, ou il décide de remettre les pendules à l’heure sur quelques idées reçues, et nous rappeler par la même que d’un point de vue strictement artistique, la mort reste la meilleure des stratégies musicommerciales, qu’on s’appelle Dalida, Jeff Buckley ou Gregory Lemarchal. Et il faut du talent pour écrire un roman sur la Mort, tout en restant joyeux (Pratchett, ça compte pas, il a réussi à rendre la Mort fun.), en étant cynique mais pas au point d’être désagréable, jamais larmoyant… juste émouvant et doué.
 
Et un des derniers aspects que je vais évoquer, même s’il est primordial dans le roman : les femmes. Chuck est bloqué entre une relation qui semble suivie mais ne le satisfait pas complètement, et une série de « one night stand » avec la femme parfaite (enfin selon lui), sans compter qu’il va falloir qu’il retombe sur son amour de jeunesse, à l’époque ou c’était bien et pas prise de tête… Et franchement, des fois, la musique n’a pas la réponse à tout. La Mort non plus du reste.
 
Tout ça pour qu’au final Klosterman ait révolutionné le tryptique. Sex, Drugs and Rock n’ Roll c’est bon pour les stars. Pour le fan, ce sera Love, Drugs, Death and Rock n’ Roll qui mèneront sa vie.
 01-fargo-copie-1.jpg
Les réflexions que mène Klosterman sont souvent superficielles en première approche, mais relèvent de dilemmes beaucoup plus profonds. Ce roman ne pourrait être qu’un énième roman sur la mort et l’amour, auquel on a décidé de rajouter un petit plus via le Rock n’ Roll. Or justement, cela va beaucoup plus loin que ça. Il est la preuve formelle que le Rock n’ Roll est la dernière chose qui réussit à rattacher notre époque à la grande épopée du Romantisme XIX ème siècle. Ce n’est pas un hasard si l’on découvre en général simultanément les Doors, Placebo ou Pete Doherty en même temps que Baudelaire, Rimbaud ou Lamartine…
Et plus l’on traverse le livre, plus ces réflexions se font fortes jusqu’à atteindre un parallèle marquant, si logique qu’il en est gênant… La Mort d’un artiste et une rupture ont bien plus en commun que ce que l’on voudrait bien croire.
Quand quelque chose disparaît, on n’en retient que les côtés positifs. C’est la nature humaine. Quand Ringo Starr nous quittera, on se souviendra de lui comme le batteur (peut être même certains le qualifieront de génial) des Beatles. Pas comme le Beatles qui, durant sa carrière solo n’a pas réussi à sortir un seul album qui mériterait qu’on s’y arrête. Et là, c’est pareil, le temps passant, on finit par ne se souvenir que des bons côtés de ses histoires passées. Jusqu’à, parfois, les regretter, comme on voudrait que Hendrix ne soit jamais mort, restant bêtement persuadés qu’il aurait continué à être une bête de scène… Alors qu’il y a des chances que beaucoup l’ait renié dès les années 80 et que tous se moquent aujourd’hui du « papi du Rock » qui peut desormais jouer « Purple Haze » à la main ET avec les dents, pour le plus grand bonheur de son prothesiste dentaire. Réflechissez un peu, les plus grands admirateurs de la décadence et de la provocation du Summer of Love sont les premiers à dire qu’il serait peut être temps que les Stones raccrochent pour ménager ce pauvre Keith.
 
Eh oui, finalement, ceux qui sont morts jeunes auront réussi une carrière sans faux pas : on ne leur en aura pas laissé le temps. De même les histoires qui se seront achevées à la première dispute sont celles dont on ne gardera que des bons souvenirs, non ?
 
Mais les Romantiques, comme les Rockeurs, doivent bien devenir adultes un jour ou l’autre non ? Sans pour autant oublier que deux qualités font que les choses peuvent être précieuses : qu’elles soient rares… ou éphémères.
Et choisir le rare plutôt que poursuivre l’éphémère, c’est peut être ça être adulte. Et c’est autrement moins cliché que « Carpe Diem »
 
 
 
 
Résumé à l’attention de ceux qui ont décroché quand je suis parti en délire tout seul : Croisement des mésaventures sentimentales d’un personnage de Nick Hornby, des errements d’un paumé jet set à la BEE, d’un sociopathe cherchant sa place à la Palahniuk, sous l’ombre d’un Lester Bangs omniprésent… Chuck Klosterman nous offre une vision décalée, drôle, émouvante… Rock n’ Roll des déambulations d’un paumé, d’un ado de 25/ 30 ans, qui passionne sans qu’on ait vraiment envie de lui ressembler, qui fait rire sans jamais être drôle, qui fait réfléchir sans jamais être sérieux. Bref un mec normal.
 
Un mec normal qu’on suit dans ses déambulations. Dans un road trip qui, en lui faisait traverser les Etats – Unis, le fera grandir. J’ai presque envie de sortir le terme roman initiatique. Un Siddhârta Rock n’ Roll. Qui a un grand mérite. Un livre qui parle de femmes et de Mort et dont la morale n’est pas un banal « Carpe Diem », formule tellement employée qu’elle en a perdu tout son sens, ne peut pas être foncièrement mauvais. Il peut même être bon… ce qui est le cas de celui – ci.

 
NOTA : En fait, j’ai fait cette critique, mais pour être honnête, je dirais que ce livre est typiquement un livre « fait pour moi ». Les non connaisseurs de Rock pourraient s’y ennuyer ferme sur les passages musicaux, les trop connaisseurs aussi, n’y apprenant rien et pouvant être en désaccord total avec les opinions exprimées. Mais bon. Un roman qui s’achève par une table des matières des artistes, chansons, albums évoqués plus tôt ne pouvait mieux convenir au cadre de ce crossover, non ?
 
* Oui, soyons clair, le monomaniaque de musique rock n’est pas l’exemple type du personnage qui réussira sans problème son insertion sociale. Surtoutquand sa passion confine à l’addiction.
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2 octobre 2007 2 02 /10 /octobre /2007 18:00

Cette chronique est faite dans le cadre du crossover des blogs organisé par Thom


Il y a des livres qui vous marquent pour un bout de temps. Ceux qu'on se retrouve à relire meme quand on s'en souvient parfaitement. Et meme pas par petits bouts, comme ca, d'une traite.

C'est ce qui m'est arrivé il y a peu avec ce livre, High Fidelity, de Nick Hornby.


Un livre, un disque, un film a toujours un contexte duquel on ne peut le dissocier... Remontons un peu le temps, vers ma première lecture de ce livre. Rob Gordon a 35 ans, j'en ai 16, bientôt 17. Il est passionné de pop music, je suis en train de le devenir. Il vient de se faire larguer par une fille prénommée Laura ... moi aussi. Voilà les conneries qui font qu'au bout de 3 pages, on arrive parfois à s'identifier sans problème à un personnage sans que l'auteur n'ait rien fait pour ça.


High Fidelity donc, ce livre que je lisais dans le RER, que j'ai relu dans le tram. Le roman d'une avancée dans la vie. Trois points de vue à s'offrir dans un unique roman.


Le point de vue du fan de musique, celui qui s'allimente des top 5 de Rob, Barry et Dick, la joyeuse équipe de vendeurs de Championship Vinyl, qui comme Rob rêve de s'envoyer une chanteuse pour finir dans les remerciements du livret d'un disque. Qui s'amuse lui aussi a faire le top 5 des groupes–qui-passeront-par-les-armes-quand-sonnera-la-Revolution-musicale. Il y a une chose qu'on ne peut pas renier... Hornby sait parler de gens qui parlent de musique. L'integrisme musical borné (Barry), la mauvaise foi (Barry), la volonté de faire découvrir des merveilles à tous 


(Dick) ou d'imposer ses gouts aux autres (Barry). Au milieu de tout ça, Rob essaye de regner sur son magasin, tourne, parle musique, prépare la musique pour son enterrement, et se confie.


C'est l'autre vision du roman, celle qui touche non pas l'amateur de musique, mais le gamin de 17 ans ou beaucoup plus... Rob vient de se faire larguer, et cherche à comprendre pourquoi. Oui, précisons que Rob se fait toujours larguer. La seule fois ou la rupture est venu de lui, il l'a regretté une semaine plus tard... on deviendrait largophobe à moins que ca. Le livre s'ouvre d'ailleurs sur ce passage à la fois hillarant et déprimant: le Top 5 des ruptures les plus douloureuses vécues par Rob. Tous les gars à qui j'ai fait lire ce livre se sont reconnus dans au moins 2 d'entre elles. Une bonne part de ce roman est basée sur une reflexion sur le sentiment amoureux... depuis le point de vue d'un monomaniaque. Est ce normal que, si je passe mon temps à courir après l'ombre de mon ex, ca foire à chaque coup? Est ce que je peux tenir avec une fille qui n'a pas les memes gouts que moi, surtout dans un domaine qui est ma passion? (En gros, puis-je supporter de vivre avec une fille qui écoute Bright Eyes de Art Garfunkel ? dans le bouquin). Pourquoi ca a déconné à ce point avec les précédentes? La reponse est toujours personnelle, pour chacun de nous, mais dans ce bouquin, on peut tous trouver des pistes.

 



 

Enfin... l'histoire de Rob et Laura. C'est un peu le but du bouquin. Et, ici encore des questions importantes et des réponses tellement ridicules qu'elles sont vraies. Ma copine vient de me quitter, m'abandonant dans mon grand appart vide avec ma collection de disques. Dois- je essayer de recoller les morceaux, ou dois je passer à autre chose? En attendant je vais mettre un vinyle et fumer une clope c'est ce qu'il y a de mieux a faire. Et qui dois-je blamer? Elle? Le mec pour lequel elle me quitte? La fille avec laquelle je l'ai trompée? Ou (gasp) moi?

Rob va devoir trouver des réponses à ses questions, et, par ce biais... Hornby nous donne un début de réponses aux notres.


Un roman important, à relire régulièrement, pour faire le point... Quels morceaux cités dans le livre ai-je découvert depuis ma dernière lecture? Combien d'histoires pourries ai-je maintenant en commun avec Rob? Suis-je plutot Rob, Barry, ou Dick dans ma manière d'évoquer la vie, et bien sur la musique? Suis-je moi aussi un loser? Oui bien sur. Nous sommes tous des losers. A nous de lutter. Contre les emmerdes, contre les fans de Supertramp, ... contre nous mêmes.


Merci Mr. Hornby.


PS: Notez qu'un film a été tiré de ce livre, aves John Cusack, Jack Black, Tim Robbins, bref plein de gens bien. La réalisation est de Stephen Frears. Mais lisez le bouquin avant quandmeme, meme s'il est fort réussi, drôle et émouvant. Seul défaut: Detroit remplace Londres dans le film. Un estrait pour la route: bonne ambiance un lundi matin chez Championship vinyls

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