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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 18:22

http://sphotos-a.xx.fbcdn.net/hphotos-ash4/p480x480/483579_510864845618153_1728900662_n.jpgDemain c’est le fameux « Disquaire Day ». Vous ne pouvez pas ne pas être au courant à moins de vivre dans une cave privée d’Internet, et même à la radio et à la télé ils en parlent. Eh bien, tout discophile que je sois, je pense que je vais m’offrir le luxe d’une grasse matinée, car je vais être honnête avec vous : je n’en peux plus. Je ne supporte plus d’en entendre parler, je ne supporte plus ce débordement d’enthousiasme feint et sans fin.

 

L’amour dure trois ans

 

Pourtant la première année j’étais plutôt du genre motivé, enjoué moi aussi. J’avais traversé Paris dans tous les sens, retrouvé des potes dans quatre boutiques différentes et achevé ma soirée en voyant Jay Mascis en concert, il n’y avait vraiment pas de quoi se plaindre. Mais depuis… Eh bien depuis, déjà, je suis devenu sinon plus blasé, du moins plus connaisseur. Quand il s’agit d’aller quérir des vinyles, maintenant, je sais où je dois aller, je sais quelles boutiques m’intéressent, pour quels disques. Alors peut-être que je ne comprends pas ce jour parce qu’il ne me concerne pas vraiment (surement de la même manière que  - enfin peut-être, en vrai j’en sais rien – les gothiques trouvent qu’Halloween c’est naze).

 

Déjà l’an dernier, en me présentant devant un Gibert Joseph lyonnais bondé à l’ouverture, j’étais plus dubitatif quant à l’évènement. Parce que j’ai vu de mes yeux l’existence de ce que je suspectais pourtant mais qu’une part de moi (le hippie vivant en moi) refusait d’accepter : les spéculateurs. Et ça m’a juste gonflé au plus haut point de me faire bousculer par des mecs qui se rue sur la moindre édition (très) limitée. Sont-ce des collectionneurs maniaques ou juste, comme mon cerveau l’imaginait dans cet instant, des personnages méprisables qui seront connectés sur eBay moins de 10 minutes après leur passage en caisse, je n’en sais rien. Toujours est-il que j’ai chopé la réédition de « Face to Face » en partie pour empêcher le mec qui avait déjà pris « Something Else » et « Arthur » d’avoir la complète (édition limitée disais-je : un exemplaire de chaque dans le magasin). Ça reste un des disques les plus… cons de ma discothèque (le pricipe de la réédition 2 LP avec l’album en mono sur un et en stéréo sur l’autre, c’est un peu débile) ça reste un bel objet, et un album fabuleux. Mais je reste un brin amer en repensant aux circonstances de son achat. Mais bon, j’avais fait picoler Xavier, j’avais des bons disques à réécouter le lendemain, j’allais pas me plaindre. Et puis…

 

Aussi belle qu’une balle (dans le pied)

 

Enfin, pour être pleinement honnête, je trouve que l’initiative est bonne. Créer un jour pour rappeler l’importance que peut avoir un disquaire en tant que conseiller c’est une bonne chose. Un disquaire, c’est pas le mec en gilet de la Fnac (voire pire – de Virgin1), c’est pas non plus la rubrique « les acheteurs de ce produit ont également acheté… »  Un vrai disquaire, c’est l’ami de vos oreilles et l’ennemi de votre portefeuille. C’est quelqu’un qui finit par connaître tes gouts, et qui te conseille des trucs qui te plaisent même si tu lui demande rien. C’est un passionné qui a franchi un cap que toi tu n’as pas franchi : dévouer, à sa façon, sa vie à partager son goût pour la musique. C’est le prêtre de la grande confrérie des geeks musicaux, chacun a sa paroisse, ce qui n’empêche pas d’aller prêcher ou se faire sermonner dans d’autres chapelles, à l’occasion.

 

Sauf qu’évidement, un simple « jour des disquaires », pour noble qu’il serait, ne serait surement pas efficace. Il faut, si j’ose dire, de la matière. Des disques. Le disquaire Day sans disques spéciaux, ce serait comme le Téléthon sans Gérard Holtz qui te dit de te mobiliser. Et qui fait les disques ? Les maisons de disques. Ca y est, l’arme est chargée.

On sait tous que des années durant, les majors ont infiniment plus préféré traiter avec… les majors disquaires (donc les Fnac et Virgin – je ne sais pas si Gibert compte vraiment aussi ou pas… Et c’est volontairement que je ne compte pas les « Espaces Culturels Leclerc ») parce que ça facilité les circuits de distribution et que ca permet de toucher plus de monde. Il y a une logique au fait que les disquaires survivants qu’on peut trouver aux quatre coins de Paris soient généralement axés « vinyle ». Ils ont survécu parce qu’ils dealaient ce que les gros avaient arrêté de produire et ce que les autres gros ne voulaient pas vendre.

 

Bref, faire intervenir les maisons de disques dans la célébration des disquaires, c’est une idée qui paraît presque logique à la base, mais dans les faits… C’est comme de demander à Phillip Morris d’organiser la journée mondiale anti-tabac.

 

Vinyl Vidi Vici.

 

Il manque juste un petit détail pour finir de mettre en place le piège. Et ce détail… Il est là depuis un an. Mais il est aussi là depuis quoi… 60, 70 ans ? C’est évidemment le vinyle. Format qui ne cesse de faire son retour en force. Depuis dix ans. Au moins.

On ne compte plus les reportages sur « le retour du vinyle », il y a même eu un article sur le sujet dans Télérama, et tout le monde a en tête cette citation d’un grand philosophe français amateur des pantalons en pied-de-poule : « Les gens se remettent à acheter du vinyle. On a même pressé le dernier Marc Lavoine sur ce support ».

Et la grande valse des arguments spécieux de commencer, comme s’il avait fallu 30 ans aux gens pour réaliser que la pochette est plus grande sur un vinyle que sur un CD. Oui, bien sur il y a une part de snobisme là-dedans. De la part des gens se remettant à acheter des vinyles , par volonté de pas faire comme tout le monde, par envie de montrer qu’on est pas n’importe qui, qu’on sait vraiment apprécier la musique et qu’on sait que le son du vinyle est plus chaleureux (« depuis que j’ai encodé mon vinyle de Woodkid en USB, mes mp3 sonnent plus tendre dans mon oreille ».) De la mienne évidement, qui ne veut surtout pas, surtout pas, ô grand jamais être confondu avec ces gens. Une fois on m’a sorti qu’acheter des vinyles c’était un truc de hipster. C’est super dur de contredire une telle accusation. Parce qu’il est toujours plus facile de faire quelque chose que d’expliquer aux impies les causes profondes qui t’amènent à le faire.

Bref, le retour du vinyle, c’est la poule aux œufs d’or qui fait fantasmer l’industrie musicale mourante. L’option qui va la sauver. L’évidence. Vendons de la merde, oui, mais en vinyle. Parce que le truc génial, c’est que le vinyle, c’est plus cher que le CD. Ben oui. Quoi ? Comment ça, quand le CD est sorti c’était plus cher que le vinyle et c’est resté comme ça pendant presque toutes les années 90 ? Affabulations, jeune homme, le vinyle est plus cher forcément, vu que c’est plus beau et plus fragile. Alors quand en plus il est rare…

 

Medium Rare

 

Tout est prêt. Il suffit de sortir des vinyles, spécialement pour l’occasion, à tirage limité. Très limité. Trop limité. Créer du « collector immédiat », du truc qui sera tiré à quelque 100, 300, 500 exemplaires max. Et profiter de la possible perspective d’en tirer le double, triple sur eBay, pour faire grimper un peu les prix. Dès l’instant où les gens foutent les pieds chez le disquaire et achète quelque chose, le contrat du Disquaire Day est rempli, non ?

Sauf que l’amateur n’y trouve pas son compte. 300 exemplaires répartis sur toute la France, la probabilité de foutre la main sur un est quasi-nulle si on est pas au bon magasin à l’ouverture. Bon, certes, on peut espérer un peu en le mauvais goût des gens pour nous laisser des trucs, mais on n’est pas là pour ramasser les miettes des sandwiches que d’autres auront beurré. Que voulez-vous, l’égo.

 

Je n’ai rien contre les tirages limités, ceci dit. Quand ils sont justifiés. Des disques tirés à 300, 500 exemplaires, il y en a plein, souvent parce que l’investissement est conséquent, qu’il faut pouvoir les écouler. Bon, ok, pour amuser les gens on en fera 200 sur vinyle coloré, mais bon, on va pas limiter le pressage à ça. Et peut-être que si on vend tout, on en repressera. Mais le but de base reste de faire circuler, faire découvrir quelque chose.

Là, ce n’est pas la même chose. La volonté de créer du collector, puis la nécessité de dispatcher à l’échelle européenne font que… les disques les plus intéressants se trouveront en nombre oscillant entre 50 et 150 exemplaires à l’échelle de la France. Or ce n’est pas comme si EMI ou Universal  risquaient leur PEL à presser quelques exemplaires de plus d’un vinyle, malgré ce qu’ils racontent.

 

Prenons un exemple fort simple : Demain parait l’enregistrement live de Stephen Malkmus reprenant, avec quelques amis, l’album Ege Bayamsi de Can. Le truc est suffisamment intriguant, intéressant, pour que sans trop y réfléchir, je décide de l’acheter. En plus, c’est publié par Domino, qui a une politique tarifaire plutôt réglo concernant les vinyles. Sauf que, nombre d’exemplaires en vente en France : 100.

Passé la déception et la colère, le bilan à en tirer est simple : je vais pas pouvoir mettre la main dessus, et quand bien même j’y arriverais, je suis dans l’instant tellement gonflé par le fait qu’il y en ait si peu qu’il est possible que je le prenne même pas. Corollaire : par contre, je vais pas me priver d’essayer de le choper en mp3.

Même ordre d’idée (amusant) : l’an dernier, pour contenter les fans de Bowie, EMI a décider d’éditer un 45 tours de « Starman » en picture disc. Même si je suis pas fan des picture disc, je dois avouer que l’objet était plutôt joli, et puis, on le sait tous, le titre est fabuleux… Mais bon, le prix était tel que pour un ou deux euros de plus, il était possible de s’acheter l’album entier sur vinyle. Qui est également un objet plutôt joli, et avec encore plus de titres fabuleux, non ? (Remarquez : cette année, ils remettent ça avec « Drive-in Saturday »)

 

You go bangin’ on

 

Reste la question essentielle : ce jour-là profite-t-il aux disquaires eux – mêmes ? C’est beaucoup d’organisation, de travail, de stress (on n’est pas à l’abri d’une commande qui n’arrive pas)… Cela en vaut-il le coup ?

 http://i500.listal.com/image/2075460/500full.jpg

Huh? 7" by Coldplay? Get the Hell out of my store!


Bon, entre le ram dam fait autour du truc, la présence toujours possible de collectionneur obsessionnel et les spéculateurs, je ne doute pas que ce jour s’avère rentable du point de vue strictement financier. Par contre, la question reste de savoir si cet évènement permet vraiment de se faire découvrir par de nouveaux clients ? D’expérience, j’aurais tendance à en douter. Le nombre de gens ayant si j’ose dire la « politesse » de ne serait-ce que dans les rayons non estampillés « Record Store Day » paraît minime. Alors y acheter…

Un peu comme un magasin de fringues pendant les soldes, sauf que les gens se ruent sur les trucs plus chers que d’habitude.

 

Le plus joli des (passez-moi l’expression) « coups de pute » autour du Disquaire Day 2013 vient, étonnamment… des maisons de disques elles-mêmes (enfin de certaines), qui n’ont pas l’air d’avoir tout compris. Je vais pas me gêner pour les citer : demain, PIAS et Tricatel (et peut-être d’autres, je ne sais pas , n’hésitez à me dire lesquels) décident d’ouvrir un disquaire éphémère dans leur locaux, pour écouler leurs disques. C’est une bonne idée, j’aime beaucoup le fait de couper les intermédiaires… Mais pourquoi concurrencer soudain les disquaires lors du jour où l’on est censé les faire découvrir et les célébrer ? Où est la logique ? Il vous reste 364 jours par an pour faire votre opération portes ouvertes, les gars, oh ! Je comprends que vous ayez envie de participer, mais… c’est quand même un fabuleux coup de couteau dans le dos de certains de ceux qui vous permettent de tenir tout le reste de l’année, non ?

 

 

Mais mis à part ce petit coup en traitre, le Disquaire Day permet – il aux disquaires indépendants  de se faire de nouveau clients, ou juste de subir une journée en enfer, en ayant cependant l’occasion de voir l’adresse de leur échoppe recensée sur le site de l’évènement ? Sincèrement, je n’en sais rien. Mais j’espère vraiment que d’une certaine façon ça leur réussit. Parce que je sais que mon disquaire remplit pour moi le rôle que les maisons de disque et la radio ne sont pas foutues de remplir, et que j’aimerais bien, moi, qu’il en tire quelque chose : que plus de personnes se mettent à l’appeler « mon disquaire »

En attendant d’en savoir plus, je continuerais à considérer que le Disquaire Day est à la musique ce que la Saint Valentin est à l’Amour : un jour où l’on se sent obligé d’acheter une connerie pour montrer à quel point c’est important pour soi. Reste que demain, je vais peut-être rester couché, et passer seulement quand après la vague, ou peut-être pas. Pour deux raisons. La première, c’est qu’avec moi, c’est Disquaire Day toutes les semaines, je n’ai pas besoin qu’on me dise quel jour je dois passer. La seconde, c’est qu’il y a de grandes chances qu’au milieu de la foule, la seule chose que j’aie vraiment envie d’acheter soit une arme. Une arme blanche, bien évidemment, restons analogique jusqu’au bout.

 


 

PS : Je suis le premier surpris d’écrire un article aussi « sérieux ». Promis je le referais pas.

 

1 C’est pas mon genre de tirer sur les ambulances, mais… Je me rappelle, au moment de la liquidation de Virgin, avoir eu une conversation avec quelqu’un m’ayant sorti « quand on voit ce qui se passe avec Virgin, j’ai décidé de ne plus acheter sur Amazon »… Après avoir ri il m’a paru utile de rétablir la vérité : Virgin, en termes de musique, c’était quand même des prix (hors promos 4 disques pour 20 €) rédhibitoires, des stocks pourris (comprendre : de la merde à la pelle, mais plein de simplement absents – et je parle même pas du classement « stylistique » fait avec les pieds - même à celui des Champs-Elysées) et des vendeurs conseillers désagréables et incompétents. Mais ça personne il l’a dit à la radio.

 

Published by Guic ' the old - dans Le Rock-Critic est un con
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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 13:35

Non, vous ne rêvez pas: c'est bien un nouvel épisode de notre grande série "Le Rock-Critic est un con". Cadeau de Bonne année.

 

 

 

 

C'est pareil, identique, toujours la même chose. Comme un rituel immuable. Non, plutôt comme une pièce de théâtre: ça se déroule à l'identique, tous les soirs, et en matinée le week-end.

 

Je suis là, debout, devant les tours de CD achetées chez Ikea, pas pleines à ras bord, certes, mais quand même bien fournies.

 

Et je sais pas quoi mettre.

 

http://img.over-blog.com/300x400/0/32/02/56/Images-2/Images-200444.jpgPourtant, j'ai bien envie d'écouter quelque chose – il faut que j'écoute quelque chose. Mais quoi, hein, quoi? En plus, il y a de fortes chance que je me complique la tache parce que (bon, j'extrapole sûrement un peu) je dois pas me poser la question de la même façon que d'autres. Beaucoup d'entre vous doivent se poser la question "Qu'est  ce que je vais écouter?" – un peu comme si c'était le destin qui allait décider à votre place de la musique que vous allez "subir", pourtant de votre plein gré.  D'autres, ceux qui voient les piles de promo et d'achats s'entasser, se posent peut-être la question sous la forme "qu'est-ce que je dois écouter?", ou, si l'on veut négliger le côté "obligation" (car d'obligation il n'y a pas), "Qu'est-ce qu'il me reste à écouter?"

 

Moi, évidement, en passionné tordu que je suis, je me pose évidement la question sous cette forme qui dit tout:  "Qu'est-ce que j'ai envie d'écouter?" Alors autant vous dire que tous les soirs, à l'heure du berger, c'est une sorte de psychanalyse express personnelle que je me fade en parcourant les tranches multicolores qui décorent les murs du couloir.

 

Tous les soirs, mes yeux dérivent le long des noms d'albums qui ornent ma discothèque, et, tous les soirs, je trouve rien à mettre. Je vois les noms de ces albums, certains que j'aime, certains que j'aime moins, certains que je défendrais bec et ongles si d'aventure je les voyais attaqués… Et pourtant, chaque soir, la même constatation se fait: je n'ai rien envie d'écouter en particulier. Ou alors tout, j'en sais rien. Mes albums des Kinks me regardent, avec leurs tranches chamarrées, mais non, ce soir j'ai pas envie. Les disques des Smiths, Beatles, Pumpkins, Who, que j'aime pourtant, me supplient d'enfin les faire sortir du carcan de plastique qui les étouffe à longueur de journée, mais je me vois condamné à leur répondre par la négative. Comment est-il possible que je possède autant de disques que je n'écoute jamais? Si c'est pour pas les écouter, pourquoi je les ai achetés? Voici des questions qui finissent par m'assaillir. Tous les soirs.

 

Oui, tous les soirs – et le week-end en matinée. Suivez, s'il vous plaît.

 

Putain, pourquoi j'ai acheté un radio – réveil CD? Pourquoi j'ai pris cette mauvaise habitude de m'endormir en écoutant de la musique? Pourquoi je me suis habitué à haïr le silence, merde?

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/zoom/8/5/6/8712581315658.jpg

En plus, je le trouve moche, perso.

 

Parce que voilà: maintenant, j'aime m'endormir avec la musique. Mais je me réveille aussi avec la musique. Et ce doit être le même disque qui fait son office pour les deux. Bref c'est la merde.

 

Du point de vue théorique, c'est pourtant simple: il me faut un album calme, dont le premier titre est pêchu. Je peux comme ça m'endormir tranquillement sur le calme qui suit, et, le lendemain, me réveiller de bon pied sur une explosion de violence. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Déjà, parce que les disques organisés ainsi sont rares: Logique qu'un groupe capable d'être violent le soit un peu tout le long du disque. Et s'il ne l'est qu'une fois, il va caler ça à la fin.

De plus, il faut un album sur lequel mon esprit ne va pas se focaliser alors que je cherche le sommeil. Condition indispensable: que je ne connaisse pas les paroles. Condition subsidiaire: que rien ne dépasse dans la production et l'arrangement: que tout soit à plat, que tout cool de source, pas de break soudain, d'envolée guitaristique, voire un truc qui devienne une sorte de bouillie lointaine dès lors qu'on ne l'écoute pas bien à fond (celui-ci à un nom: "Fun House")… Juste un disque qui puisse inclure mon sommeil dans sa logique, sans pour autant être chiant: pour moi, l'expression "ce disque, je m'endors dessus" tient du compliment.

 

Au final, on atteint un truc du genre:

 

"Top 5 des disques que "ce disque, j'adore m'endormir dessus"":

 

  1. Patti Smith – Horses (Endormissement prévu sur Kimberly)
  2. Television – Marquee Moon (Endormissement prévu sur Marquee Moon / Elevation)
  3. Stooges – Fun House (Endormissement prévu sur Dirt)
  4. Noir Désir – En Public -  CD 2 (Endormissement prévu sur Des visages, des figures)
  5. Nick Cave - Abattoir Blues / The Lyre of Orpheus – CD 2 (The Lyre of Orpheus, donc) (Endormissement prévu sur Babe you turn me on. En cas d'échec, sur Carry Me – pour cause de Supernaturaly gênant l'accès au sommeil, le cas échéant.)

 

Hors concours: Hawkwind – Doremi Fasol Latido (Endormissement presqu'immédiat.)

 

Mais je vous entends déjà me rappeler le début de mon article: pourquoi les "matinées" du week-end? T'es tellement feignasse que tu te tapes des siestes?

Que nenni.

http://media.paperblog.fr/i/63/637592/salon-disque-vinyle-ramonville-L-1.jpegLe Week-end, je me tape… le ménage1. Et certes, le but n'étant pas le même, le choix prend un angle différent, mais surtout, une donnée s'ajoute au problème. Cette fois-ci, la musique je la mets pas dans la chambre, mais dans le salon. Donc possibilité de mettre des vinyles. Ca double pas le nombre des choix, quand même pas, loin de là. Mais vu que j'achète principalement en vinyle ces derniers temps, s'ajoute au besoin de choisir la bonne musique la nécessité d'écouter les nouveautés.  (Si cette phrase n'est pas claire pour vous, rassurez-vous, elle ne l'est pas vraiment pour moi non plus)

 

Il y a un argument fondamental pour ne pas mettre de vinyle: si je mets un vinyle, je ne peux pas passer l'aspirateur sous le meuble abritant la platine, de crainte de faire sauter le diamant. Autour non plus, sait-on jamais. Pourtant, j'aime bien écouter mes vinyles. Plus le temps passe, plus je préfère écouter des vinyles plutôt que des CD. Peut-être est-ce parce que j'ai un côté réac. Peut-être parce que je suis plus homme de goût que d'autres. Mais en fait, je crois que j'aime écouter les vinyles plus que je n'aime écouter des CDs pour ce genre de raison amoureuse inexplicable.  Un peu de la même manière que j'aime vraiment certains disques, tout en étant incapable de les défendre, je connais les arguments de défense du vinyle comme format idéal, mais je ne les reprends jamais à mon compte, car mes raisons ne sont pas celles-là.

 

Car, voyez-vous, j’aime mes vinyles. Ne vous méprenez pas : j’aime mes CDs aussi. Mais disons que si j’ai pour mes CDs une sorte d’amitié (je n’hésiterai d’ailleurs pas à dire que certains d’entre eux ont peut-être plus compté dans ma vie que certains de mes amis), j’ai pour mes vinyles, pas forcément de l’amour, mais en tous cas une sorte de tendresse bien particulière que je suis strictement incapable d’éprouver pour mes CDs.

Un CD, on ouvre la boîte, on le sort, on le met dans la chaîne, on choppe la télécommande et puis basta, on est prêt à écouter de la musique et à zapper les morceaux qui nous emmerdent.

Un vinyle, par contre…C’est différent. D’abord il faut ôter au disque ses apparats (car le disque vinyle est  femelle, et le bien écouter érotique), sa lingerie de papier2, l’admirer un temps, à la recherche d’hypothétiques imperfections, qui bien entendu surprennent au premier contact, mais qu’on apprend à apprécier, ces détails qui font que ce disque est mon disque, et pas un autre.

Tous les CDs se ressemblent, beautés glacées inaccessibles pressées en masse, à l’identique, comme des starlettes de magazines. Tandis que chaque vinyle acquiert, par sa vie, par ses lectures, une personnalité propre, une unicité qu’il n’avait pas à sa sortie de presse.

Dernier préliminaire, armé de la brosse antistatique, on achève la préparation du disque, l’époussetant, sans cesser d’admirer les reflets que fait la lumière sur la cire. On place délicatement le disque sur la platine, on lève le bras, on l’approche du sillon, puis… on écoute. Au lieu d’entendre.  Car quand le CD tourne négligemment en fond (encore plus négligemment lorsqu’il est soumis à la fonction « shuffle »), le vinyle est toujours présent et sait se rappeler à notre attention via, ici un craquement, ici un sursaut, ici une funeste rayure, et, bien entendu, par le déclic qui signifie "tiens, c’est la fin de la face A, il faut aller le retourner" , et on ne râle même pas, parce qu’on est déjà debout, parce que, je vous le rappelle, là, je fais le ménage, suivez bordel.

 

La face B achevée, on a vraiment écouté un album (et non pas des morceaux en vrac – je dois avouer que si, en bon « shuffliste » que je suis, il est vrai que le vinyle est une des rares possibilités – voire la seule -  de m’obliger d’écouter un album en entier chez moi, les albums que je possède en vinyle… ne s’y prêtent pas (Costello, Cheap Trick ou les Sonics, ça tient plus de l’album de chansons que du méga concept tordu qu’il faut absolument écouter l’album en entier et dans l’ordre) ; c’est pourquoi, sur ce coup là, je trouve que même si c’est pour moi un argument valable, l’utiliser me donne l’impression de faire dans l’escroquerie rhétoricienne de bas étage. Mes excuses.)

On retire alors le disque de la platine, on le rhabille, puis on le repose délicatement, « à la verticale, légèrement serré, comme dans une bibliothèque », encore empli d’une délicatesse dont on ignorait jusqu’alors l’existence en soi.

N’empêche, c’est pas comme ça que le sol va être lavé.


 

Top 5 « pour faire le ménage dans le salon sauf autour de la platine pour pas faire sauter le diamant » :


  1. AC/DC – Back in Black (Tout AC/DC conviendrait, l'idéal serait l'édition simple du live de 1992, mais bon, on parle vinyle là)
  2. Elvis Costello – My Aim is True (Welcome to the working week lance parfaitement le truc, et faut bien être le week-end pour écouter ce morceau sans un pincement au cœur - Par contre c'est mon booster ironique du lundi matin, quand même)
  3. Brimstone Howl – We Came in Peace (C'est un disque que j'écoute avec une régularité déraisonnable pour une raison très con: il est pressé sur une pâte translucide, et moi j'aime bien)
  4. The Sonics – Here are the Sonics (Principalement la face B en fait. C'est sur celle là qu'il y a tout: Psycho, Strychnnine – oui, j'ai jamais été trop fan de The Witch)
  5. Pavement – Crooked Rain, Crooked Rain (Parce que les rééditions récentes de Pavement en vinyle sont fabuleuses. Et parce que si ce disque n'est pas idéal pour faire le ménage en un samedi matin ensoleillé – pas forcément chaud, ensoleillé – je veux bien me pendre avec la serpillière.)

 

Malheureusement, le ménage ne se cantonne pas au salon.  Et comme on est pas trop salaud avec les voisins, on n'ose pas foutre le son de la platine à fo nd histoire de l'entendre jusqu'à l'autre bout de l'appart. Donc on en revient à se satisfaire de ses CDs, sanshttp://media.paperblog.fr/i/244/2442770/rockcollection-like-steak-machine-fabcaro-L-1.jpeg avoir cette fois – ci à faire de sélection particulière telle celle qu'on a réalisée pour dormir. Juste de la bonne musique.

A ce point de cet article, il faut l'avouer: chez moi, les CDs sont "rangés" en cinq endroits différents. Dans leurs étagères, évidement. En vrac sur la minichaîne. Un tas à côté du radio réveil CD ( donc à la tête de mon lit, par terre). Un tas sur le congélo dans la cuisine. Un tas par terre dans le couloir juste à côté de la porte de la salle de bains. Pourquoi dans le couloir? Parce que le fil du poste n'est pas assez long pour atteindre l'intérieur de la salle de bains. Voilà. Comme ça ça fait visite guidée de l'appart, bienvenue.

Enfin bref. Commençons par la salle de bains. Pour une raison que j'ignore, dans mon esprit tordu, SdB + Week-end = Chanson Française. La semaine, c'est les infos à la radio pendant la douche, mais le week-end, qu'il s'agisse de prendre une douche ou de briquer la salle de bains, c'est toujours la même rengaine: disques, plus particulièrement  des best of, plus particulièrement de chanson française. Et occasionnellement des albums d'Oasis, aussi. Mais bon, bref.

 

 

 

(Au passage, très bonne BD celle de l'image, je vous la conseille)


 

Top 5 "à chanter sous la douche".

 

  1. Jacques Dutronc – Pour être un crétin à Créteil. Enfin, pas loin.
  2. Nino Ferrer – Pour oublier que je suis coincé en ville.
  3. Michel Polnareff – L'écho de la salle de bains magnifie mon interprétation du Bal des Laze. Qui en a bien besoin, d'être magnifiée.
  4. Alain Souchon – J'ai toujours du Souchon à portée de main. C'est presque vital en fait.
  5. Serge Gainsbourg – Pas de best of, mais n'importe quel album parmi ceux que j'ai. Mais on va y revenir.

 

Pourquoi ce côté franco-français à mes ablutions? J'en sais rien. Mais le fait est là.  Ca justifie que je traîne dans les rayons variété française des disquaires, et c'est déjà ça (comme dirait notre numéro 4)

 

 

Allez, finissons simplement. La cuisine. A nettoyer. Et à faire à bouffer. Des CDs, qui squattent la pièce des mois entiers. Et quand j'y réfléchis, je me dis que… p'tain cette sélection est super bizarre tout de même.


 

Top 5 "fait à manger mon grand" :

 

  1. The Smiths – Meat is Murder (dans ma maison, la barbarie commence en faisant cuire des steaks)
  2. Elliott Smith – Either / Or (Intrus total. Je ne sais pas pourquoi, mais oui, Cupid's Trick est un des morceaux que j'écoute le plus en cuisinant).
  3. Serge Gainsbourg – Vu de l'extérieur. L'album mal aimé de Gainsbourg, alors qu'il contient des merveilles (Sensuelle et sans suite, Par hasard et pas rasé…). Plus pour le ménage que pour la cuisine cependant (Des vents, des pets, des poums…)
  4. Alice Cooper – The Alice cooper Show (Premier Live, vaut tous les best Of qui soient, ne serait-ce que pour l'enchaînement Under my Wheels / I'm Eighteen en ouverture)
  5. Pas vraiment de cinq qui soit "symptomatique". Il y a les enregistrements "en concert" de Brel, les autres albums des Smiths (Elliott, Patti, et The), bref, plein de disques qui me tombent sous la main au moment  où je me décide de me livrer à mes exactions culinaires.

 

 

Voilà. Finalement, cet article n'a d'autre but que de me rassurer, moi-même. Et ça marche plutôt bien. A force d'ordinateur, de prix cassés dont on ne saurait se plaindre, d'expéditions punitives dans les magasins d'occasion, ma collectionnite a beaucoup gagné en importance ces dernières années, je n'ai jamais acheté autant de disques pour finalement en écouter si peu. Il y a à peine 6 ans, je crois que le nombre de disques non gravés que je possédais était tel que j'aurais pu tous les citer de mémoire. Aujourd'hui, je les compte, les liste, et fait même des statistiques sur leur compte – statistiques dont je partagerai peut-être avec vous le manque d'intérêt, une sorte de bilan à la fin 2010 – considérant que fin 2000 j'en était aux prémisses de ma découverte du monde fabuleux de la pop-music.

 

Mais pourtant, il y a bien plus en ces disques que juste des tranches que je contemple avec hésitation. C'est l'incarnation physique de ma vie. Les mp3, tout ça, c'est bien joli. N'empêche… L'aspect physique et les pochettes, voici qui compte aussi (les pochettes, une des raisons de mon adoration du vinyle). Tant que je vivrais mal le fait de découvrir qu'une de mes pochettes est fêlée (même si c'est un de ces banals boîtiers cristal), ou qu'un coin de pochette cartonnée s'est enfoncé je saurais que oui, acheter des disques n'est pas vain. Tant qu'à la vue d'un de mes disques, n'importe lequel, j'arriverai à me rappeler d'au moins une fois où je l'ai écouté, juste une…  Ce sera légitime de continuer à traîner les rayonnages. Et tant que la simple contemplation de mes rayonnages perso me permettra de gratter 4 pages… Le Rock – Critic restera, et restera un con.

 

 

 

 

 

 

1 Quand j'y regarde à deux fois, le ménage est tellement le bon moment pour écouter du rock n' roll (ça colle si bien) que je ne comprends pas que mon appart – et par extension celui de tout amateur de Rock - ne soit pas en permanence dans un état de propreté à rendre jaloux une représentante Stanhome.

 

2 C’est une image, n’est-ce pas. Sauf pour School’s out.

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 10:43

Sometimes, you eat the ball, and sometimes, the ball eats you

Jeff "The Dude" Lebowski

 

 « N’empèche, t’as de la chance d’avoir cette passion pour la musique, toi. Moi j’ai pas vraiment de truc qui me passionne, c’est un truc qui me manque… »

 

Combien de fois ai-je entendu cette phrase ? Et ce, pour répondre un nombré égal de fois par un « ouais… » gêné, un sourire en coin (gêné, lui aussi), et une légère inclinaison de la tête…  En tous cas, jamais en répondant la vérité. Vérité qui est : « Tu n’as pas de passion, certes. Mais tu n’as pas idée de la chance que tu as. »

Car oui, j’entretiens depuis 10 ans maintenant une passion pour la musique. Le terme passion est important. Car il faudrait éviter d’oublier, là dedans, que la passion n’est jamais chose positive. La passion est dévorante, brûlante, destructrice, entraîne au crime, mais jamais ô grand jamais on n’entendra parler de « passion soft » (si j’ose dire). La passion amoureuse se solde toujours par l’échec et la destruction. La passion musicale, au même titre, ne peut, finalement,  pas apporter grand-chose de positif.


10 ans que j’ai découvert ce fameux « disque qui a changé ma vie », et que je réécoute pour une fois que je ne saurais compter alors que je tape ces mots. 10 ans que le virage a été pris. Et donc, fatalement, cela veut dire qu’il y a dix ans j’étais totalement, foncièrement, maladivement dysfonctionnel d’un point de vue social. Il est totalement anormal que ce soit un disque  qui ait changé ma vie. J’aurais pu l’adorer, et l’écouter encore à l’heure actuelle. Mais non. Il a fallu que sa découverte me marque à tout jamais, moralement, mentalement, socialement. Il fait partie intégrante de ma personnalité, il y a 10 ans comme aujourd’hui. On pourra détailler tous les « parcours musicaux » qu’on veut, cela n’a aucun intérêt. Comme de coutume, l’arrivée n’est pas importante. Mais à l’encontre de la coutume, cette fois –ci, le trajet non plus n’a aucun intérêt. La clé, c’est le point de départ. La brisure originelle, le germe sur lequel tout a cristallisé. La façon qu’on a eu d’autoriser à un moment à la musique à « Laisser son fiel s’insinuer dans les  moindres fêlures d’un cœur fragile ».  Fallait-il que je sois, dès le départ, sacrément handicapé pour me retrouver, me reconnaître avec plus d’aisance dans le chaos musical et dans les paroles (même pas dans ma langue) que proférait un illustre inconnu de 35 ans (et chauve de surcroît) vivant à Chicago que dans tout ce qu’était à même de me dire mes amis de l’époque ? Il va sans dire qu’évidemment les choses ne se sont pas arrangées : maintenant je suis capable de me reconnaître dans les dires d’un anglais mort cinq ans avant ma naissance. Et toujours très peu dans les dires de mes semblables.

 

Les choses évidement, ne peuvent que s’empirer sous le joug de la passion. Si Romeo et Juliette sont effectivement ensemble dans l’éternité, je me permets de vous le dire quitte à casser un mythe : ils ne peuvent plus se sacquer. La passion les a dévorés jusqu’à ce que l’un ne soit plus qu’une annexe de l’autre, chose qu’il n’a pas supportée. De la même façon, au bout d’un moment, la passion de la musique finit par bouffer le passionné. Si l’on m’enlève la musique, que reste-t-il de moi, de ma personnalité ? C’est la grande question qui fait que je ne supporte quasiment plus d’entendre la petite phrase inaugurale de cet article.


10 ans de passion musicale. 10 ans de lecture assidue de livres et magazines sur le sujet, également. 10 ans d’acquisition d’infos, de connaissance, de goûts qui… ne sont peut-être même pas les miens. Oh bien sur, il y a bien des choses que j’aime et qui sont respectables. Mais le fait est là : quand le moral est en berne, ce sont des choses qu’une grande majorité des mélomanes (mélomanes dont je clame à qui veut l’entendre mon appartenance)  que je connais honnissent qui me redonne du courage. A commencer par Oasis et les Guns N’ Roses. C’est dire. Pour être honnête, j’ai atteint le point où j’ai peur qu’un jour de mal être pas comme les autres, j’entende un morceau à la radio (genre au supermarché, je n’écoute pas la radio chez moi – tiens, encore un truc qui passe pour une forme de snobisme), et me dise que c’est pas mal, voire que ce morceau parvienne à me redonner un instant le sourire, avant que l’animateur n’annonce que c’était le nouveau Coldplay. Autant vous dire que si jamais ça arrive, je ne réponds plus de rien.

 

10 ans de connaissances musicales : groupes, albums, courants, années de sortie, nom des membres, influences amont et aval... j’en retiens des trucs, au final. Quand on rencontre de nouvelles personnes, c’est impressionnant pour eux. Ils ont une sorte de respect pour ce genre de choses. On leur fait découvrir avec plaisir de nouvelles choses, accueillies plus ou moins bien, et l’on est heureux de partager sa passion. Puis le masque se craquèle, et les questions se multiplient : et si cette façon de parler sans cesse de musique n’était qu’un paravent dissimulant la totale vacuité de l’amateur ? De même, cette façon de parler alambiquée (croyez moi si vous voulez, mais en général je parle comme j’écris), cette façon d’énoncer comme des banalités des choses qui n’en sont pas, et surtout cette façon de ne s’exprimer presque que par références et citations, tout cela n’est-il pas là pour cacher que derrière, il n’y a rien ? De là vient la peur. Comme on craint les clébards quand on est sur le chemin du retour de la boucherie, on craint de parler de musique en présence de passionné, car il est impossible pour lui de ne pas y aller de son petit commentaire tantôt exalté, tantôt condescendant. L’arrivée est simple : le passionné, à vouloir faire partager sa passion, en dégoute. Et peut même à l’occasion dégouter de sa personne tout entière –  ce qui ne serait que peu étonnant, tant sa personne est sa musique.  Comme les gens qui vous répètent cent fois qu’il faut voir tel ou tel film finissent par vous ôter toute envie d’y jeter un œil. Et c’est sans compter que derrière la plus atroce des questions se pose : est-il plus grave de ne pas savoir exprimer ses pensées et sentiments, ou de savoir le faire parfaitement, mais avec les mots des autres ?


Pourtant on a coutume de dire que la musique est un exutoire. Ce n’est qu’à moitié des foutaises. Pour ceux qui en font, c’est très certainement vrai. Mais pour celui qui en écoute, la musique n’est pas un exutoire, c’est tout au plus un paravent, une déviation, une esquive. La musique peut, on s’en convainc, aider à traverser de mauvaises  passes. Mais non. Elle permet d’oublier, d’éloigner le moment désagréable où la réalité va reprendre le dessus. La musique révèle les sentiments de celui qui la fait, mais anesthésie ceux de celui qui l’écoute, et qui se retrouve tour à tour triste, goguenard ou plein d’espoir selon les aléas et le bon  vouloir du musicien. Et c’est ainsi que, privée de ses sentiments, la personnalité se meurt pour laisser place à l’encyclopédie des sentiments des autres, au cliché ambulant du Rock critic.


Prenons notre exemple préféré : Tonton Philippe. Faites en une description rapide, et regardez. Je vous parie ce que vous voulez que dans les cinq premiers mots, on trouvera Ray-Ban, Perfecto, Rolling Stones. Et qu’aucun des cinq mots ne portera sur qui il est vraiment, mais uniquement sur sa dégaine et ses goûts. En voilà un qui a été bouffé par la passion. Oh, certes, certains réussiront à gagner au jeu de la passion la plus dévorante, et à finalement bouffer la musique plutôt que de se faire bouffer par elle. Malheureusement, je ne me sens ni le courage, ni la force, ni le talent de m’approprier cette partenaire par trop exigeante.  Oui, m’approprier. Car c’est là la clé de mon échec. Ma passion, mon accumulation de connaissances n’ont jamais débouché que sur elles-mêmes. A l’heure actuelle, je sais plus que je n’ai vécu. Et c’est peut-être le moment d’inverser la tendance, et d’enfin devenir plus que ma discothèque. Car même des milliers de CDs (bon, j’en suis seulement à quelques centaines) ne remplaceront jamais une personne.

 

On lit parfois que « la passion s’éteint ». Ce qu’on ne précise jamais, c’est que c’est uniquement faute de combustible. Et dix ans après, il est peut-être temps d’arrêter d’être « your lover, your zero », et de nettoyer le miroir pour à nouveau affronter son reflet.

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18 octobre 2009 7 18 /10 /octobre /2009 17:03

"Non mais j'vais te dire un truc: la musique ça part en couille. En même temps, c'est les majors, là, mais si les gros bonnets du disque là, ceux qui passent leur temps à râler qu'ils perdent de la thune à la télé, la crise du disque et tout ça, mais bon. D'un côté, notre crise à nous, ils sont pas au courant ou quoi? Et pis en plus, franchement, vu tout ce qu'ils dépensent en pub pour nous refourguer le dernier album de l'autre, là… mais si, là, le castrat qu'était dans le Roi Lion… Mais putain, si, le truc sur Louis XVI… Enfin bon, toute la thune qu'ils dépensent en pub, ben ils la garderaient, ptêt qu'ils nous feraient plus chier…

 

Et puis de toutes façons, je sais pas comment ils font, mais genre, t'as un groupe, que t'aime bien… Un jour il veut faire un album avec un peu plus de budget que là où il est. Il décide de signer sur une des majors, là… Et ben tu peux être sur que ça va être lisse, chiant, que tu vas pas retrouver ce que t'aimais chez eux. Et pourquoi? Mais c'est des histoires de gros sous ça! Ils veulent leur single, leur album banquable, là, comme ils disent les mecs des écoles de commerce, ils s'en foutent de la recherche esthétique et tout ça.

 

(…)

 

Mais me fait pas chier avec tes indés, toi! Parce que franchement. Les Indés. Y a quoi?... 2 types d'indés en gros. T'as les gros indés… Et ben en fait c'est rien d'autres que des petites majors, ils valent pas mieux, le fric, le fric, le fric tout ça… OK, surement qu'ils laissent un peu plus de place pour la recherche esthétique tout ça, c'que j'en sais moi, mais quand même: le fric, voilà. Et puis t'as les petits indés, eux ils sont réglos, ils sont sympas, ils bossent par goût de la musique, c'est limite la maison de disques parfaite… Sauf que bon, tu me permettras de te rappeller que je suis pas foutu, et toi non plus surement d'ailleurs de citer le nom d'une seule d'entre elles de ces super maisons de disques! C'est vrai ou c'est pas vrai? Eh ben c'est vrai, ils peuvent être aussi géniaux que tu veux tes petits indés, le seul truc c'est qu'à part eux personne sait qu'ils existent, merde!

 

(…)

 

Rhoo mais ouais bien sur! Et moi j'suis Albert de Monaco. La presse Rock. Kestucrois? Eux aussi ils ont des obligations à cause de la pub et tout ça. Eux aussi ils veulent vendre, faire du chiffre.Regarde, roquéfolk. Roquéfok, moi j'me rappelle, quand j'ai commencé à le lire, c'était vachement bien, même si c'était déjà Manœuvre, c'était intéressant, j'ai appris plein de trucs sur tous les groupes qu'ils sont devenus mes préférés depuis dedans. Et d'ailleurs, j'te l'dis, c'est bien pour ça que jamais JAMAIS tu m'entends, j'en dirais que c'est à chier. Je leur dois trop. M'enfin, n'empeche que leurs trips mégalos, ça commence à saouler sévère. En fait, depuis kek'temps, moi j'l'achète tous les mois pendant quoi, 5 ou 6 mois, et puis après je laisse tomber 4 ou 5 mois, et puis j'redémarre. Pask'en fait (attends, tiens, j'vais t'faire une métaphore: ) Roquéfok, c'est comme quand t'es jeune et que tu reviens en vacances dans ta famille. Au début c'est super, tu retrouves tout tes repères, tes onc' un peu chiants avec leurs mêmes vannes depuis ta naissance ils te font marrer un peu, et tout… Mais ça te saoule vite quand même, au final. Alors t'es content de repartir, mais après t'es content de revenir. Moi je vois bien, le premier que je rachète, je le lis entier (même les annonces et les articles de l'autre, là, la fan de Doherty, c'est dire), et pis à la fin, le dernier avant la pause, je lis les brèves et pis les rééditions. Pasque au moins, les rééditions, il est drôle, le mec. Même si je sais toujours pas comment qu'on prononce son nom.

Non mais tu vois, c'est ptet le magazine le plus pourri du monde pour toi, mais c'est mon magazine pourri à moi. Même si ce seraient des connards, tes parents c'est tes parents et tu les aimes quand même. Merde,v'là que j'me mets à citer Eudeline maintenant moi.

 

(…)

 

Mais tes Inrocks, mais Fuck bordel. Attends, arrête, là tu vas m'enerver. Attends, question: Est-ce que tu trouve que la fille qui fait la rubrique musique dans l'émission à Denisot c'est une référence en matière de musique? Non, ben non, évidement, tu vois, on est d'accord. Eh ben kestuviens me faire chier avec tes Inrocks. Regarde, toi qui t'y connais un peu en rock, si j'te dis NME, tu vas me dire quoi? Versatilité? Monte en épingle des groupes qui servent à rien? Hype, vu que t'es bilingue, toi? Eh ben d'une part ça veut dire que, quand même t'en tiens une plus légère que moi (paske bon, là chuis plus trop en état de prononcer correctement versatimachin), et d'autre aprt que désolé, mais tu peux pas te permettre de dire du mal du énémi et du bien des Inrocks en même temps pask'ils font le même sale boulot.

 

(…)

 

Nan mais d'tout'façon on est dans une impasse pasqu'on compare du pas comparable. Moi j'te dis que dans tes Inrocks ils font chier avec, soit des groupes arty que ça j'y reviendrais pas c'était la discussion d'l'aut'jour, soit des groupes de jeunes qui jouent de la musique comme les vieux, alors que chez roquéfok, ils parlent des groupes de vieux qu'essayent de nous faire croire qu'ils sont jeunes. Les deux ils sont ridicules, ok. Sauf que les vieux ils ont un passé que tes jeunes, là ils ont rien. D'toute façon y a que ceux qui ont pas d'avenir qui reprochent aux autres de se reposer sur les lauriers de leur passé. Bon OK, ceux qui se reposent sur leur passé aussi ils ont pas d'avenir, ouais. Mais on a dit qu'on arrêtait avec Eudeline, merde.

 

(…)

 

P'tain, ouais, Internet. Comment qu't'appelles ça, déjà, des Webzines? Des bogues? Ouaif, c'est sympa. Mais bon. J'me rappelle j'avais été traîner dessus, genre pas longtemps après la mort de Jackson. Eh ben ils en parlaient tous, juste pour en plus dire que ça allait créer un emballement médiatique (ils adorent c't'expression chais pas pourquoi) de tous les diables et que c'était une connerie. Mais en même temps, ça ressemeblait à une quète du scoop minable, et pis, franchement, l'emballement machin, là, finalement, ils en faisaient partie aussi. C'est con hein. Mais bon, les mecs, ils écrivent, c'est sympa, et puis des fois ils ont pas trop mauvais goût, même si finalement ils passent leur temps à critiquer des albums qu'on sait qu'ils sont bons et que des milliers d'autres sont passés avant. L'autre truc qu'est marrant c'est qu'ils passent leur temps à torcher des trucs qui font des pages et des pages en se plaignant dès qu'un autre fait un article qui passe les quinze lignes. Moi c'qui m'a fait marrer, c'est l'jour ou chuis tombé sur un mec, sur son bogue, y avait une rubrique "le Rock-critic est un con", ou il s'amusait, genre, à démanteler comment qu'ça marche un rock critic à se moquer vite fait des habitudes à la con, sauf que… ben la majorité du temps, il parle de son adolescence comme Eudeline, avec une sorte d'argot titi parisien du Faubourg Saint Antoine comme Manœuvre, et genre le gars te dis que la critique Rock c'est cliché mais lui-même c'est un p'tain de cliché ambulant.

 

(…)

 

Limite il entendrait notre conversation qu'il se sentirait obligé de la reproduire et d'l'analyser. Lol comme qu'ils disent."

 

 

 

L'analyse, la voilà: En fait, un Rock-Critic, c'est jamais rien d'autre qu'un pilier de PMU qui a une putain de discothèque.

 

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 18:00

Pour Chtif et Thom, récents compagnons de galère.





"Nan, mais, s'tu veux, je te graverai un CD".

 

Je commence souvent de mes phrases par "Non, mais, … ". Trop souvent. Et je regrette 90 % de celles-ci. Celle qui a été reproduite ci-dessus (et qui d'après nos soins serait du Guic' circa 2000 – 2003) et certainement la pire de toutes, d'autant plus que je trouve moyen de la sortir encore à l'occasion.

 

Parce que Rock-critic, c'est la classe. Tant que ça reste en superficie. Une personne, quand elle sait le temps que je passe à acheter des disques, ça la fait rire. Si elle est là pendant que je les achète, si elle assiste à mes incessants va-et-vient au sein des rayonnages, au fil des noms à vérifier qui me passent en tête… Elle risque de tout simplement péter un sévère câble.

De même, quand on rencontre de nouvelles personnes, il y a un laps de temps profitable qui sépare la découverte de votre passion musicale et le moment ou vous passez pour un snob qui n'aime rien. Un moment ou votre maniaquerie est drôle. Voire intéressante, parce que bon, évidement, vous connaissez plein de trucs. Et pendant un temps, les gens seraient presque intéressés à l'idée de partager votre savoir.

 

 

Enfin, je dis les gens… Mais les gens on s'en fout. Je pense surtout … à "la gent". Féminine.*

 

Des fois, les choses s'arrangent de telle sorte qu'une demoiselle s'intéressant peu ou prou à la musique vous intéresse, vous. Et là, la phrase maudite risque de passer vos lèvres sans que vous vous en rendiez compte.

 

J'ignore encore quel rouage de l'esprit est capable de nous faire faire (non: de me faire faire) des mixtapes, des compilations, des trucs comme ça. C'est un cliché, j'en ai conscience, et pourtant j'arrive pas à m'empêcher. Ca arrive en troisième place au grand concours de la manœuvre d'approche sentimentale la plus vouée à l'échec de tous les temps (Derrière "Tu veux être ma copine ?" et " On boit un verre ou on nique? Perso j'ai pas soif"). D'expérience je crois pas avoir eu d'histoire tenant plus d'une semaine avec une fille à laquelle j'ai refourgué de la musique pour la séduire.**

J'ai bien une hypothèse: je suis si timide que j'ai besoin de passer par le biais d'autres artistes pour exprimer ce que je ressens de façon correcte. Cette hypothèse fera sûrement marrer ceux qui connaissent ma grande gueule, mais bon.

 

Sans compter que proposer cette idée,  c'est signer pour s'offrir une grande séance d'analyse de sa propre psyché. (Façon classe de désigner la branlette intellectuelle)

 

Car sous couvert de graver un simple CD, c'est tout un lot de questions qui se ramène tel des lemmings au bord d'une falaise.

 

Déjà tu commences par être écartelé entre le but avoué (faire découvrir des morceaux et / ou des artistes que tu trouves sympa) et le but sous-entendu (une déclaration discrète, mais classe). Sachant qu'à moins d'avoir affaire à une gourdasse finie, le but sous-entendu risque d'être plus cherché par la destinataire que le but avoué. C'est bien pour ça qu'il est sous-entendu, et pas caché.

 

Alors au final, tel un funambule des sentiments,  on se retrouve à tenter de sélectionner des morceaux qui sont pile entre les deux domaines: des morceaux romantiques mais pas trop, sentimentaux, mais pas trop. En fait, si Mötörhead a jamais écrit une chanson d'amour (d'amour, pas de cul) c'est le moment idéal de la caser, sauf que non, en fait elle risque de prendre peur.

 

Pensez bien que mon cas personnel est assez difficile à gérer, parce qu'évidement, au départ, chacun va tenter de placer ses groupes préférés dans l'histoire. Et regardez donc la gueule de mes groupes préférés! C'est simple, pour une personne qui ne se passionne pas déjà pour la musique Rock, je vais passer, au choix, soit pour un suicidaire (Radiohead, Elliott Smith, Arcade Fire…), soit pour un serial killer en devenir (Stooges, Sex Pistols, Metallica…). Sans compter que mon groupe fétiche, lui, m'offre gentiment la possibilité de passer pour les deux à la fois, selon qu'on choisira ses morceaux "enlevés" ou "Adore".

 

Quoiqu'il arrive, on a plus le choix, on a proposé de préparer cette compilation, c'est un accord tacite, on est obligé de livrer la marchandise commandée… Et par conséquent, on est obligé de s'offrir une bonne grande séance de parano. La sélection de morceaux prend une ampleur démesurée, devenant tout à la fois une présentation de ses goûts propres (une sorte de carte de visite), une tentative de déclaration et un ensemble de morceaux sensé devenir le symbole d'une relation n'existant pas encore.

 

Car oui, si jamais "ça se fait", les morceaux de ce disque risquent d'être à jamais imprégnés de cette relation dans la mémoire du "sélectionneur". Idem pour la version négative… Et ça vous ferait pas franchement chier de penser à ce râteau que vous vous êtes pris il y a déjà tant de temps, chaque fois que vous écoutez un morceau que vous aimiez tant, avant? Le cas m'est d'ailleurs arrivé il y a pas longtemps, réentendant par hasard un slow que j'ai dansé il y a quoi … 7 ans, et qui s'était soldé par un échec monumental. Eh bien au bout de 30 secondes j'étais déjà énervé à nouveau. Mais bon, d'un autre côté, si ça marche? Faut quand même que dans ma tête, la musique associée à cette relation soit bien, non? (Vous savez ce que c'est, quand une personne avec laquelle vous avez vécu une histoire vous laissant un bon souvenir est associée dans votre esprit à… "Mr. Blue Sky" d'E.L.O. et au clip de "Thriller"? Non? Et ben moi, si.)

 

Et là, Guic se retrouve devant son PC, à s'amuser comme un petit fou. Sous un monceau de contraintes, il laisse libre court à … la créativité des autres. La contrainte principale étant évidement de ne caler ni chanson de drague, ni chanson de rupture, ni chanson trop sexy d'un point de vue strictement musical, le tout ne contenant aucune allusion grivoise dans les paroles, de préférence.

Remarque: certaines personnes dans mon entourage sont surprises par mon (très bon) niveau en anglais… L'explication est aussi simple que ça. La crainte que la fille à laquelle on va refourguer se disque maîtrise mieux l'anglais que vous et y décèle un sous –entendu sentimentalo-sexuel qui vous a échappé… C'est la meilleure raison qui soit pour bouffer du Harraps matin midi et soir.

 

Et chaque groupe que vous appréciez de se voir passé au tribunal de vos craintes et anticipations, chacun son tour.

 

 

"Bon , allez, un Beatles… The Word? I wanna hold your hand? She loves you? Non, mais mettre du Beatles, ça risque pas de faire un peu "C'est pas que je te prends pour une conne, mais au moins pour une inculte"… A moins que j'aille sortir un petit morceau du fin fond d'un album… Ouais mais là ça va faire super snob, non? Bon, joue dans la catégorie que tu connais.

 

Allez, les Pumpkins. Alors. Adore, tu zappes, Machina aussi. Gish aussi. Bon, Siamese Dream, il y a Disarm, mais non, trop déprimant, Today, oui mais non, si jamais elle découvre en se renseignant que c'est une chanson sur le suicide ça va pas passer… Cherub Rock, j'ai jamais compris ce que voulait dire le refrain ou ce que symbolise le "honey" dont il parle, alors faute de mieux on va pas le mettre, au nom du principe de précaution. Bon ben on va prendre sur Mellon Collie. Allez, on fait la blague? "Bodies". Mouhahaha. Non mais c'est bon, te prends pas la tête: tu vas pas mettre un morceau violent, tu vas pas mettre "Tonight tonight" (trop déclaration franche, même si tu sais pas ce que cette chanson raconte), ça va encore être "1979".

Et le pire c'est qu'elle va peut être me sortir qu'elle aime pas parce que la voix du chanteur est désagréable.(Ce à quoi je répondrais que le gros problème est que la production a vieilli, citant des noms qu'elle ne connaît pas tels que Butch Vig, Flood, et peut-être même Trent Reznor, alors que la pauvre ne sait même pas qui est Lou Reed…)

 

 

Radiohead… Et merde. Entre les trucs pas si accessibles que ça des derniers temps, les niaiseries des débuts, reste l'axe The Bends – OK Computer. Youpi, je mets quoi maintenant de telle sorte à ce qu'elle ne croie pas soudain que j'envisage de me tirer une balle dès que possible?

 

Placebo, Muse… Tu vas pas lui écrire un sonnet aussi tant que t'y es?"

 

 

Et au fur et à mesure que les morceaux se sélectionnent (ou plutôt, justement, ne se sélectionnent pas), se passe une transformation bizarre. Certaines personnes  pensent qu'on ne fait jamais des compilations que pour soi – même, y compris quand il s'agit de les offrir. C'est faux. Cependant, très vite, on cesse quand même de réaliser la sélection pour la fille à laquelle elle est destinée. Mais on réalise au final une compilation parfaite pour la fille qu'on voudrait qu'elle soit. Et bien que cette fille ne doivent certainement posséder, au final, "que" Nevermind, le Black Album, et peut – être un White Stripes, on se retrouve à aller sortir des petites pépites qu'elle est bien loin de pouvoir apprécier. C'est comme ça qu'on colle du Pavement dans une sélection pour quelqu'un ne connaissant même pas Radiohead, ou du Big Star pour quelqu'un qui ne connaît même pas Weezer. Alors autant dire que du point de vue "CD de découverte du monde de la pop", on aurait pu choisir des portes beaucoup moins dérobées. Mais que voulez – vous: on est snob, mais ça elle ne le sait pas encore.

 

Toujours est-il qu'on refourgue une fois de plus, après moult tergiversations inutiles avec soi-même, la même sélection que d'habitude, sélection que ne pourrait vraiment apprécier que l'idée que vous vous faites de la femme idéale.

 

Puis un jour, ça y est, c'est bon, la sélection est finie, le disque prêt, tout le monde content pour un moment encore. Tu lui offres gentiment le truc, comme ça, d'un air qui se veut détaché, comme si c'était un hasard que tu lui offres ça, histoire qu'elle comprenne bien qu'il n'y a aucun message caché et que non,tu n'as pas passé 3 nuits blanches à réfléchir dessus. D'ailleurs, quand, feignant d'être touchée par ce geste (ou l'étant vraiment, la question importe peu), elle te remercie, toi tu sors un "mais c'est normal", un "mais de rien", un "mais c'est tout naturel", bref un "mais – je déprécie mon propre boulot".

 

 

Et puis tu t'en vas, et tu n' oseras pas lui demander si elle veut aller boire un coup ou un truc comme ça, et puis, bêtement, tu vas finir par zapper, t'enticher d'une autre à qui tu offriras le même disque avec le même insuccès, de toutes façons tu sais bien que pour que tu réussisses à séduire, faut que t'aies 3 grammes.

 

Elle de son côté, fera l'effort d'écouter le disque, au moins une fois. Et alors qu'elle s'attendait à de la pop musclée, du rock bien comme il faut, légèrement arrogant, distingué et assez rentre dedans quand même, celui qui sous entendrait que t'es un homme fort et sur de lui (peut-être même capable de coller une droite à un mec qui la ferait chier…), en plus d'être un esthète légèrement snob… Et se retrouve avec un top 10 des plus grands titres de pop dépressive du XX ème siècle, entrecoupés, au hasard, de geignardises pumpkinsiennes, de beuglements porcins de Black Francis, et d'un "My Generation" qui lui aussi se demande ce qu'il fout là.

Évidement, elle reparlera à l'occasion de musique, mais ne demandera que rarement conseil. De toutes façons, chaque fois qu'elle évoque un truc qu'elle a découvert et aimé récemment, tu trouves moyen de déclarer que t'as préféré leur debut-EP, ou que c'était bien, mais depuis qu'ils ont du succès c'est nul. Pas dans ces termes là, mais c'est ce qu'on en retiendra.

 

Mais bon, tu t'en fous, la prochaine fois, on ne t'y reprendra pas: quitte à utiliser les mots des autres, autant être franc. Et ta nouvelle compilation, elle est déjà prête. Non contente d'être d'une grande qualité, elle est claire et nette: tu prendras peut-être une grosse claque dans ta gueule, mais au moins, tu seras fixé. Et puis comme ça, t'auras une bonne raison d'écouter de la pop dépressive.

 

 

 

* Faut définitivement que j'arrête de parler filles ici parce que je ne sais jamais quel terme utiliser: filles est trop enfantin, femmes trop adultes, nénettes trop rétro, gonzesses trop vulgaire… (J'en profite pour dire à Ama-L, si jamais lui venait l'idée de poser la même question que la dernière fois, que non, ma soirée d'hier fut tout à fait classique et sympathique)

** Evidement, il m'arrive d'en offrir après, quand tout se passe bien, quand même.

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 22:40

Des fois, je me fais peur. Des fois, je me dis qu'il doit y avoir un truc qui tourne pas rond avec moi, un truc qui s'est déréglé au fur et à mesure des années. Par exemple, mon tempérament vis-à-vis de la musique est extraordinairement fluctuant. Un habile mélange de lassitude, de gout esthétique, de vécu et de goût pour la nostalgie fait que, bizarrement, je ne ressens pas les albums ou même de simples titres comme il le faut.


C'est d'autant plus con que souvent ce sont des trucs que j'adore et me plait à citer régulièrement.


Ben tiens, Adore, justement.

Bon, vous aurez deviné que c'est un de mes albums préférés. D'ailleurs, si je devais être honnête, c'est même mon album préféré des Pumpkins. (Mellon Collie n'est « que » le plus important pour moi, et accessoirement l'album le plus important de ma vie). Vous serez d'accord avec moi (si vous l'avez écouté - sinon je vous enjoins de le faire) que c'est probablement un des albums les plus tristes, les plus déprimants qui existent.*

 Eh bien... c'est pourtant l'album vers lequel je me tournerais le plus facilement si jamais, justement, ça ne va pas. Ca tient, peut-être, pour partie, à un rituel, à une habitude : ado, j'avais tendance à écouter des albums déprimants quand j'avais pas le moral, justement persuadé qu'en écoutant des gens plus tristes que moi se lamenter ça aller me remonter le moral. Faut pas s'étonner que j'aie adoré Fight Club dès le premier ¼ d'heure tiens. Mais il n'y a pas que ça. L'âge venant, je m'y sens de mieux en mieux. C'est un des rares disques dont j'ai l'impression qu'ils font... partie de moi. Il est partie intégrante de ma vie au même titre que bien des trucs que j'ai vécu, c'est comme une anecdote dont on finit par rire, quand bien même à ce moment là on faisait pas le malin.**

Avec ce disque, bizarrement, je suis à la maison. Tranquille.

 



Mais il n'y a pas que ça. Je crains d'avoir réussi, via ce rituel auto - dépressif, a  faire sauter un interrupteur dans un recoin de mon cerveau. Ouais, étant plus jeune j'étais dans ce trip limite associal auto destructeur, mais moralement.  Vous en connaissez tous : ceux convaincus d'être des losers et qui, voyant le truc comme une sorte de malediction, font rien pour s'en sortir (vu que ça sert à rien...). J'avais un certain talent pour ça assorti d'une hypothèse peut-être très intelligente logiquement, mais bon, la logique et la vie... enfin : « Si je m'attends à ce qu'il ne m'arrive que des merdes, je suis forcément gagnant . S'il m'arrive une merde, je suis prêt, s'il m'arrive un truc bien, ça ne fera qu'amplifier la joie que ce truc bien m'arrive ».***

Bon, je vous rappelle qu'à l'époque j'étais fan de Radiohead, des Smashing Pumpkins, de Muse et de Placebo. (Comment ça, « C'est pas une raison » ?)



Peut-être qu'à force de gaver mon cerveau de trucs qui plombent le moral, celui-ci, dans un réflexe d'auto-préservation acquis par l'humanité à travers des siècles d'évolution, a décidé de bouger les frontières quand il s'est dit que c'était trop. Ceci expliquerait peut-être pourquoi, quand j'ai découvert Funeral d'Arcade Fire, je l'ai trouvé extrêmement enjoué cet album. Idem avec les Smiths. A la rigueur j'arrive à comprendre que I know it's over est triste, et j'aime bien me lamenter dessus (je suis un cliché humain), mais non, j'arrive pas à la trouver vraiment triste. Déchirante, oui, elle l'est... en théorie : j'ai totalement consciente qu'elle l'est, et qu'elle boxe dans une catégorie vachement élevée, mais par contre, non, elle ne me déchire pas moi-même, désolé.


Et des trucs comme ça, il y en a une palanquée : The Bends a été l'album de fond de nombre de mes lectures (jusqu'à ce que je m'intéresse aux paroles en fait). Yesterday me remplit d'un confort totalement incompatible avec ce titre... Je vais pas tout énumérer, juste vous coller une rapide playlist à la fin. (Mais bon, sachez que pour me donner du baume au cœur, j'écoute « Mathilde » de Brel.)

 

Bon, comment dire... je trouvais pas d'image pour illustrer l'article, j'ai décidé de taper des trucs dans Google Images... Et puis je suis tombé sur ça en tappant "le lycée m'emmerde"... Alors je me suis dit pourquoi pas.



Bizarrement, j'en ai établi (pour, très certainement, combler ma propre vanité), que j'avais évolué, et que ma sensibilité pour la beauté de ces titres, de ces albums, l'a emporté sur le sentiment qu'ils cherchent à me faire passer. Toucher ainsi à la beauté la plus pure est fascinant... Comment peut-on se laisser aller à la tristesse en écoutant un To Sheila alors qu'en fait, on a l'extraordinaire chance de l'écouter, de connaître ce titre... (j'allais dire « d'être un élu »). Enfin, quel que soit ce mécanisme, je vous jure qu'il a pris le dessus. Pour preuve : j'ai réécouté une bonne dizaine de fois cet album  la semaine passée (c'est une tradition aussi : c'est mon « album d'été ». Cherchez pas.) Eh bien, rien, pas une larme, pas de nœud dans le ventre, pas un malaise vagal, rien. Sinon une somptueuse sensation de bien-être.


Enfin bref... Vous vous doutez bien, quand même, que la victoire n'est pas non plus éclatante. Car chaque médaille a son revers (oui, je suis resté un réservoir à clichés), et ici, la tristesse a gagné du terrain sur un autre côté. Parce que c'est bien sympa de connaître tous ces titres splendides... Mais c'est bien désespérant, au milieu de ce désert musical que je traverse (depuis 2007, aucun album sorti récemment n'est resté bien longtemps sur ma platine : beaucoup de bonne surprises, mais pas d'adoration ni de révélation extraordinaire), de se dire que tous ces titres que j'aime, je ne les redécouvrirais jamais. Et ça me rend malade. La découverte d'un Sexy Sadie, d'un Sunny Afternoon, ou même d'un Sure Shot, ou un Initials BB, c'est une sensation si agréable, si pleine de joie, qu'il est honteux qu'on ne puisse en profiter qu'une fois. Des fois, j'ai envie de recommencer le jeu, sur une nouvelle sauvegarde : certes, ce sera parfois moins exaltant ; les passages chiants le resteront, mais foutre leur raclée aux boss sera toujours aussi sympa. En plus, ce sera plus facile, je saurais peut être déjà où ils sont.


C'est le piège de ma propre nostalgie : je ne suis pas nostalgique des évènements. La passé est le passé, ce qui est arrivé est arrivé et basta. Je le suis des sentiments et sensations. Parce que eux, on croit qu'on pourra les revivre : rien du tout. C'est bien plus vicieux.



Chose promise, chose due... Le player, avec, certes, quelques merdes, mais des merdes déprimantes (mais qui ne me rendent même pas tristes, si vous avez suivi vous avez compris) quand même, et même pas au second degré. Comme je suis gentil à la fin y a de quoi redonner un peu de moral. Au cas ou.






* Pas LE plus déprimant : pour moi, le « Marble Index » de Nico est indétronnable.


** Un peu comme un contrôle de papiers quand on déambule bourré à 5 h du matin, mais vu du moment ou on le raconte à ses potes le lendemain.


*** La continuité du truc, malheureusement, c'est que ce comportement fait qu'il t'arrive pas grand-chose de bien, malheureusement : retour au point 1 du raisonnement.

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 10:00

Rock Critic ça a l'air fun comme ça, mais quand même c'est vachement tendu comme boulot. Parce que bon : Admettez qu'un mec de 40 balais qui rappelle que les Who, qui chantaient « Hope I'll die before get old » sont ridicules à 60 ans et 50 % du groupe d'origine, faut qu'il ait un sacré aplomb, ou une bonne dose d'inconscience, pour se dire que personne osera lui rebalancer son âge à lui dans la gueule comme contre argument.




C'est que des positions dans le genre, soit fragiles, soit même contradictoires, il en prend un paquet le Rock - Critic.  Paraitrait même que la schizophrénie est reconnue comme une maladie professionnelle chez eux. C'est donc le moment de faire un rapide point sur les grands paradoxes du Rock - Critic.




1. Le Rock critic aime à rappeler que le Rock, c'est la musique de la rébellion adolescente, un truc de jeunes, qu'il faut encore avoir de l'acné et du duvet pour vraiment en comprendre la substantifique moelle, et que de toutes façons, à de très rares exceptions, un groupe de Rock qui passe les 7 ans de carrière va tourner en rond et perdre tout son intérêt et commencer à faire de la variété.

Mais bon, lui-même a déjà au moins 40 ans, 3 mômes et un max de thunes sur son PEL. Et il est l'incarnation même de la cause Rock n'Roll.



2. Le Rock Critic ne supporte pas qu'un artiste n'avance pas. Si un groupe a le malheur de sortir deux albums consécutifs un tant soit peu similaires, il va se faire laminer dans les grandes largeurs. A la rigueur, le second aura droit au qualificatif d'album de la confirmation. Mais un autre se fera détruire, annihiler, réduire à néant. Cependant, si l'artiste en question a fait preuve d'une certaine originalité au court de sa carrière, osant quelques expérimentations çà et là, et que cet album décalque de son début-album est, je sais pas moi, le 5ème, 6ème, 17ème... Il ne s'agit pas là d'une régression artistique, mais, évidement, d'un extraordinaire retour aux fondamentaux.



3. Le Rock - Critic aime que les artistes innovent, propose des choses nouvelles, et se plaint sans cesse que la musique n'avance plus de nos jours, que les artistes se sentent en permanence obligé de faire dans le « déjà entendu ». Pourtant il a gardé intacte sa capacité à s'émerveiller devant l'album d'un groupe qui « n'invente rien, mais le fait tellement bien / avec une telle classe ».



4.Le Rock Critic tient à rappeler que le Rock est avant tout une musique populaire, faite pour parler à tout le monde. Musique intemporelle également, qui s'adresse à la jeunesse, dont les buts premiers sont l'amusement, la déconne, la jeunesse dans toute sa splendeur, sans prise de tête. Mais il est tellement persuadé de son bon gout, de détenir la bonne parole, qu'il se sent obligé de démontrer par a+b le pourquoi du comment de ses opinions, faisant sans cesse appel à des références absconses (de préférences à des domaines artistiques dits majeurs, en particulier la littérature), ... rendant sa critique totalement hermétique à 60 % des gens à qui il croit s'adresser.



5. (Mon préféré) Le Rock Critic a une passion pour tous les artistes qui ont voulu soit revenir aux sources, soit tout détruire dans une furie dévastatrice, vouant un culte immodéré aux punks. Parce que le Rock des années 50 / 60 , la base, ça c'était vrai. La simplicité, l'urgence, la rage du moment, la volonté d'aller de l'avant et de briser les codes, voilà ce par quoi le Rock-Critic jure, par ça, et seulement ça. A ceci près qu'il le fait généralement à grands renforts de phrases de 10 lignes et de mots de 5 syllabes que les Académiciens (Goncourt ou français) ne renieraient pas. Avec ce petit bonus spécial Rock-Critic (oui, le reste pourrait s'appliquer au snob musical commun) que j'appellerai la « peur du vide qualificatif » qui sera notre bonus.


Un exemple, pioché dans un commentaire d'un illustre inconnu, chez G.T. : « le Rock ne prétend pas être une musique Savante. AC/DC, je l'écoute. Je ne suis pas fan, mais leurs morceaux simplissimes et accessibles dégagent une énergie communicative qui mérite d'être valorisée. »





Bonus : la peur du vide qualificatif. C'est une maladie qui touche les Rock Critic, qui fait qu'ils sont incapables d'écrire un nom sans y apposer un adjectif, un verbe sans adverbe, ou une phrase sans incise. Tendance qui atteint son apogée dans les listes de qualifiquatifs ou de qualités.  Quelques exemples pris à et là dans des critiques de collègues parleront surement mieux :


« Savoir, comme le fait Radiohead, composer des chansons très mélancoliques, émouvantes et lyriques sans tomber dans le pathos adolescent et pompier, c'est déjà un exploit. »


(Remarquez cette rythmique toute particulière, avec les énonciations par trois.)


« Qu'il s'agisse de mid-tempos arrosées de guitares saturées [...] ou de power-pop aérienne typique des college-bands américains [...], le groupe témoigne du même mélange d'aisance et de rigueur, de morgue et de maîtrise. »


(Variation du rythme, en « deux fois deux » : forme souvent employée pour former des couples d'opposés : « tout à la fois branleurs et consciencieux, génie oublié et obscur artiste surexposé », par ex.)


« Un peu moins rétro et lyrique qu'Elvis Perkins, un tantinet plus rock que les Pale Fountains malgré la trompette, plus proche peut-être de l-ll ou de Julie Doiron. »


(Une variante de la « surqualification » : la « sur-comparaison ». Très pratique, car on peut s'en servir pour les stickers qu'on accole sur les disques.



Mais bon. Arrêtons-nous là. D'une part, parce qu'il faut garder une part de mystère (ou de quoi faire un second article sur ce thème), d'autre part parce que... C'est bien mignon d'ainsi dénoncer ses petits camarades, mais bon... je ne pense pas valoir beaucoup mieux moi-même, question « tics d'écriture » !




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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 18:41

Je ne sais pas si vous vous en souvenez (encore faudrait-il que vous me lisiez déjà à l'époque), mais j'avais déjà abordé dans cette série d'articles les mésaventures tragi-comiques du danseur de slow Rock - critic. Continuons donc aujourd'hui avec les mésaventures du guitariste séducteur- loser Rock Critic... En gros, moi.



Bon, certes, si l'on parle de rock critic guitariste et de guitare, on peut s'orienter vers des débats autrement plus élevés, comme de savoir si l'on peut juger objectivement un art que l'on pratique, et aboutir à la conclusion « Les critiques sont des artistes ratés », raccourci facile pour dire au critique de fermer sa gueule, que ce n'est qu'un jaloux, qu'il pourra critiquer quand il en fera autant, et au passage allez visitez mon skyblog sur les BB Brunes qui eux sont trop beau gosses et jouent bien de la guitare alors arrête de dire que c'est de la merde.


Mais ce serait trop facile, ce serait ouvrir la porte à un débat intéressant et fighto-culturel, et c'est pas le genre de la maison : restons donc dans la légèreté.



Je vais donc vous parler de ma guitare. Pas du moi - guitariste, mais juste de ma guitare. Pour une raison très simple, je suis un des plus piètres guitaristes qui soit, tellement piètre que je suis infoutu de retenir le nom des accords (ce qui complique légèrement les conversations avec d'autres guitaristes), par exemple. Pourtant je possède ma délicate six-cordes depuis bientôt 7 ans. Mais j'ai une excuse, ou plutôt, j'ai une raison de ne pas avoir d'excuse : je n'ai jamais « travaillé » ma guitare. J'ai tenté d'apprendre quelques morceaux, d'ailleurs j'irais même jusqu'à dire que j'en connais certains, même... Mais jamais je n'ai fait de gros efforts pour retenir des grilles d'accord, réussir mes barrés (quand je vois un barré dans un morceau, c'est plus une raison pour chercher à en apprendre un autre, pour moi...), et j'en passe...



De plus la nature (fortement aidée en ce sens par mon ascendance génétique) m'a doté de mains plus adaptées à exercer un métier tel que boucher ou étrangleur à mains nues qu'à effleurer délicatement les cordes de métal de ma belle amie folk. Cordes que j'appelle, dans l'intimité : « putain de cordes de merde qui défoncent les doigts, bordel ». Chacun sa notion de la complicité. (Mais assez parlé de moi)


Tout ça pour vous dire, que si ils sont nombreux les possesseurs de « Guitare à pécho », je suis un des rares possesseurs d'une authentique « Guitare à Rateau », un modèle qui tel Excalibur ne développe tout son pouvoir qu'au contact d'un utilisateur particulier, une sorte d'Elu. Moi. (Ah merde.)




L' arme du crime




    Or donc, vient toujours, que vous le vouliez ou non, l'instant de la confrontation. Une femme, une guitare, vous au milieu, ridicule. Car que vous le vouliez ou non... La guitare intrigue, la guitare est une occasion de dialogue, la guitare c'est pas forcément un truc qu'on rencontre chez n'importe qui, et la jeune femme que vous avez invitée à dîner vous demandera forcément une démonstration, et vous vous maudissez de pas l'avoir rangé cette foutue gratte.


Parce qu'en fait c'était même pas avec l'idée d'impressionner les filles que vous avez décidé d'investir là dedans, juste vous offrir un petit plaisir, de temps en temps gratter 3 accords pour la bonne bouche et puis vous donner l'illusion d'avoir une possibilité d'exprimer votre côté artiste parce que bon, Rock - Critic c'est plus un truc de sciences sociales que d'art... Entre un Rock Critic et Mick Jagger, il y a la même différence qu'entre Lagarde & Michard et Napoléon, voire même plus : le même différence qu'entre Haroun Tazieff et le Vésuve.


Alors, de mauvaise grâce, vous la sortez de son étui. Vous passez outre la mine renfrognée qu'elle arbore en voyant que non, ce n'est pas une guitare électrique (« En même temps est-ce que t'as vu un ampli trainer dans le salon ? » Pensez-vous, vous retenant tout juste de l'insulter en pensée. A ce moment là d'ailleurs vous envisagez de composer dès son départ (Parce que vous connaissez déjà la suite et vous savez qu'elle va pas finir dans votre lit) un hymne punk nihiliste désabusé intitulé « Est-ce que t'as vu un ampli quelque part connasse ? » Intégralement en accords de puissance. Vous ne savez pas composer autrement.).


Et alors vous vous installez (deuxième mine contrite : vous jouez assis.) Et vous vous posez la question fatidique... « Je joue quoi ? » Parce que votre répertoire étant ce qu'il est, à savoir réduit, vous n'allez pas lui demander à elle ce qu'elle veut entendre. Surtout que, sait-on jamais, on risque une désillusion si la jeune fille réclame du Christophe Maé.




Le coupable. Salaud.



Alors bon, vous grattez, en vrac, quelques suite de notes simple, pour passer le temps de la réflexion : l'intro de Paint it Black, celle de Ne me quitte pas, le solo de « And I love her » ou de Smell Like teen Spirit. Parce que bon, comme vous ne voulez pas vous griller tout de suite, vous vous dites que quand même, ce serait abuser que de sortir le banal « Come as you are ».


Là, vous avez un truc qui ressemble à une échappatoire mais qui finalement ne ferait que vous ridiculiser par un de ces contrecoups du sort dont le Destin a le secret : dire que votre instrument est désaccordé. Parce que, bien sur, si vous voulez y échapper, vous allez dire que votre accordeur vous l'avez prêté à votre voisin, votre cousin, votre neveu, je ne sais pas moi... Ne dites pas que vous n'en avez pas, ca ferait amateur. Mais là (ô fatalité), la demoiselle va vous dire dans 99,9 % des cas que « Ben, tu sais pas accorder à l'oreille ? » Et vous, malgré tout, vous essayerez... Même si le résultat final sera une guitare encore plus désaccordée qu'avant. La poisse.



Maintenant, disons que ça y est, vous avez choisi ce que vous alliez interpréter. Et à partir de là c'est une multitude de mésaventures poissardes qui vous tombent dessus. Les propositions suivantes sont loin d'être exhaustives.


    - Vous jouez un truc, et essayez de chanter par-dessus pour faire classe : cependant vous ne savez pas chanter, et en plus jouer en chantant c'est quand même vachement plus difficile... Vous perdez sur les deux fronts.


    - Vous jouez un morceau... mais la jeune fille ne le connaît pas. C'est fou comme un morceau aussi fort que « Heart of Gold » de Neil Young peut perdre en charisme dans ces moments là.


    - Vous tombez sur une perfectionniste : en manque d'originalité, vous vous lancez dans une interprétation pénétrée de « Stairway to heaven », pour vous voir répondre : « Ah ouais, quand même, sans la flute, c'est pas aussi bien ».


     - Vous jouez un truc, que la jeune fille ne reconnaît pas. Pensant que, tout simplement, elle ne le connaît, vous lui assurez que ce que vous avez gratté était « Live Forever », d'Oasis. Visage impassible : « Ah ben dis donc... t'es sur ? » . Oui, oui, je suis sur. Enfin presque.


Et j'en passe est des meilleures, les possibilités sont multiples. Passons en vrac sur : jouer un morceau recelant un sens caché (de préférence d'ordre sexuel) que vous n'aviez pas isolé auparavant, la traditionnelle comparaison « Tiens, c'est un morceau que mon ex adorait jouer », quant il ne s'agit pas d'une comparaison à l'artiste d'origine... Je n'ai par contre jamais rencontré le cas où l'artiste d'origine est également l'ex, mais je serais content de l'éviter celle là.





Si je vous épargne la photo de la victime c'est surtout que j'en ai pas trouvée de potable.




Et j'ai failli oublier ce qui est bien entendu le pire des cas : la demoiselle elle-même est guitariste, de surcroît bien plus douée que vous, genre conservatoire, et prend la guitare en main après vous (toujours après, c'est là qu'est la feinte), et vous ridiculise lamentablement. La demoiselle n'en devient que plus désirable et vous que plus ridicule (Remarque : cet article marche aussi en échangeant les sexes des intervenants : échangez simplement les pronoms)


Puis, la belle part. Oui, après votre pitoyable prestation, il est rare qu'elle reste, ou alors c'est que vous avez sous-estimé son taux d'alcoolémie, et permettez moi de vous dire que profiter de l'ébriété d'une de quelqu'un, c'est minable (mais humain). Pour elle c'est déjà oublié cet évènement, pour nous non. On oubliera jamais l'affront subit, la honte pesante. Et on se promet de travailler un peu plus pour pas être ridicule la prochaine fois aussi. Ou alors de bien penser à planquer tout ce qui pourrait faire croire qu'on est musicien, de la guitare au moindre médiator en passant par les tablatures qui trainent sur le bureau du salon comme du PC... Mais bien sur on ne le fait jamais.






Il y a des soirs, comme ça, où le Rock Critic se sent très Rockstar. Mi-Pete Townshend, mi-Ian Curtis en fait. Avec une étrange envie de défoncer sa gratte avant d'aller se pendre dans sa cuisine. Avec une corde de mi, de préférence.

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 19:13


La critique rock est comme un programme libre de patinage artistique. La liberté se situe dans le « plus ». On est libre de faire des choses supplémentaires, mais il y a un minimum de figures imposées. Des choses auxquelles on ne peut pas couper, à moins de vouloir expressément se faire remarquer.

 

Aujourd'hui, première série de notre recensement de ces « Souverains poncifs » de la Critique Rock n Roll, Wikipedia à l'appui.


 

 

éthéré (adj.) : Qui a rapport à l'éther, aux espaces célestes.  (Figuré) Se dit des sentiments très purs, très immatériels,** parfois raffinés, et des Personnes qui les éprouvent.

onirique (adj.) : Qui a rapport aux rêves.

Ethéré, onirique : se dit d'une musique minimaliste, jouée de préférence dans les aigus.

Synonyme : atmosphérique.

Figure imposée pour la critique de disques de Pink Floyd (sauf the Wall) et Sigur Ros.

 


dandysme (n.m.) : Mode masculine de la fin du XIXe siècle, prétendant à l'élégance et au raffinement.

Dandy : Se dit d'un artiste, de préférence chanteur, de préférence masculin, dont on doute des préférences sexuelles. Peut accessoirement avoir une voix androgyne.

Souvent employé suivi de l'adjectif décadent

Figure imposée pour la critique d'un album de David Bowie ou des Smiths (a fortiori de Morrissey solo).

 


dépoter (v. tr) (Jardinage) Ôter une plante d'un pot pour la mettre en terre ou dans un autre pot. Dépoter un rosier, des œillets.(Par analogie) Dépoter du vin, des liqueurs, Les changer de vase. Ce vin étant très vieux, il a fallu le dépoter. (Transports) Décharger des marchandises pulvérulentes, liquides ou gazeuses, d'un véhicule de transport. (Transports) Décharger des marchandises d'un conteneur ou d'une caisse mobile.

Dépoter : verbe dont personne ne saurait définir précisément le sens, souvent associé à l'expression « à mort ».

Synonymes (Remarque : on ne connaît pas non plus les définitions exactes des synonymes, mais on préférera « dépoter », plus classe, ou –par défaut – moins adolescent) : défourailler, tuer, défoncer, envoyer du gros (ou du lourd), déchirer sa mère.

Figure imposée de la chronique de disque de Hard – Rock, voire de métal. Indispensable chez Mötörhead, voire chez Pantera.

 


chamanisme (n.m.) : Système symbolique de médiation entre les humains et les esprits de la nature.

Ake Hultkrantz présente le chamanisme comme un complexe culturel religio-magique et conclut : puisque le monde surnaturel est le monde de la religion, le chamanisme joue donc un rôle religieux et il n'est pas interdit de supposer que toutes les expériences extatiques à l'origine de renouveaux religieux remontent aux chamans des temps anciens.

 

Chamanique : Qualificatif utilisé pour désigner toute prestation scènique s'achevant dans un flot de mots sans queue ni tête (Ex : « The blue bus is calling us »), de préférence en vomissant sur scène (l'effet du mescal), de préférence agité de spasmes et de convulsions que le public prendra pour une entrée en transe.

Figure imposée pour la critique d'un album des Doors.

 

 


magma (n.m.) : (Géologie) Mélange pâteux, plus ou moins fluide, de matières minérales (roches) en fusion, provenant des zones profondes de la terre, où les roches en fusion sont soumises à des conditions extrêmes de pression et de températures. En se refroidissant et en se solidifiant, à la surface du globe, suite à une éruption volcanique, le magma donne naissance aux roches éruptives.

Magma sonore : se dit d'un album bourrin, plein de bruit, mais qu'on aime bien. Dans le cas d'un album, ou d'un morceau bourrin, plein de bruit, mais qu'on aime pas, on privilégiera l'expression « Tentative bruitiste ».

Figure imposée pour la critique de « Fun House » des Stooges, pour cause de pochette.

 

 

** Vous remarquerez que Wikipédia considére que des sentiments peuvent être matériels.

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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 23:00

Quand il reste plus qu'un Go de libre et qu'on a 15 albums qui traînent en vrac sur le bureau du PC, il faut agir. Agir ça veut dire ranger le bordel musical du PC. Pas le choix. Et quand en plus il ne reste plus de place ça veut dire... Qu'il va falloir liquider.


Quoi, « t'as pas besoin de liquider, t'as qu'à graver ! » ? Non, y a pas « qu'à graver » ! Et la sélection alors ? La sélection dure, inflexible, ou je vais devoir admettre que celui là, celui-ci, je vais l'écouter moins que cet autre ? Et si je le perds ce disque ? Et si, plus simplement j'ai envie d'écouter un morceau précis et que celui-ci est sur ce disque et que j'arrive pas à remettre la main dessus ? Et que quand je le retrouve jpar hasard un jour je me rends compte que comme un con je m'étais débrouillé pour récupérer déjà tout ce qu'il y a sur ce disque parce que je croyais plus l'avoir DU TOUT, ce fameux morceau ?


Acte 1 : Liquidation.


Non, non, des fois on a pas le choix, il faut liquider. Oui, mais liquider quoi ? Bon, priorité à ce que je n'écoute jamais. Bon... Absolument 80. J'écoute jamais. Mais si... si il y a une soirée ? Une soirée sans un passage beauf / 80, c'est pas possible. Si quelqu'un ressent absolument le besoin d'écouter du Jean Shulteis, un jour, comme ça, en passant ? Bon, on met de côté pour l'instant on y reviendra plus tard si y a toujours pas assez de place.


Bon... Led Zeppelin. In through the Out door. Bon, OK, je l'écoute jamais et je considère que c'est un album franchement moyen. Dehors ? Mais dans ce cas la mon intégrale de Led Zep c'est plus une intégrale ? Et si je « casse »  une intégrale c'est parti, cassons les autres. Virons les mauvais albums d'AC DC ! Et pourquoi pas virer les chansons au cœur des albums, celles que j'aime pas, hop, dehors !! Y en aurait des doubles albums pompeux qui deviendraient simples sans aucun défaut à ce rythme là. Non mais et puis quoi encore ! Bon j'arrête les conneries. Mais...


Tiens, AC/DC. Pourquoi j'ai le live de 1992 en double ? Simple édition, et édition limitée double. Bon, j'écoute quasiment que la simple. Mais je peux pas virer la double, y en a beaucoup plus (le double !!) et la simple est comprise dedans. Alors pourquoi pas virer la simple ? Oui, mais j'écoute que la simple ! Bon, laisse tomber.


Mozart. Putain, j'ai un dossier « Mozart » moi ? Bon, j'écoute jamais, je vire ? Ouais, bon, on sait jamais, faudra peut être que je reçoive des gens de la haute société un jour, je vais pas caler les Pumpkins en fond quand même. Autant garder.



« Humour ». Merde. Euh... on va faire un dossier Desproges et le reste on bazarde. Merde, maintenant Desproges est coincé entre Deftones et Dinosaur Jr. La vache, Deftones, ça fait combien d'année que j'ai pas écouté ça ?? Ouais, bon, c'est vrai, les premiers albums sont biens mais j'écoute pas. Bon, j'écoute pas = je vire. Mais pourtant c'est un truc bien, je peux pas supprimer ça et laisser le Absolument 80, qui est une merde, que j'écoute pas, et que je garde parce qu'on sait jamais. Comme si c'était impossible que quelqu'un qui passe ait envie de s'écouter un « My own summer » en bon souvenir de notre jeunesse. Non mais... Bon, on verra plus tard. Et merde y a du Korn aussi.


Bon, c'est quoi les dossiers les plus imposants ?? Bon, OK, j'aurais du m'en douter. Alors. Ces démos toutes pourries qui font 5 CD mais dans lesquelles je sauverais que 3 titres ? Si je les vire, est ce que ça fait de moi un fan - traître ? En plus je suis sur que ce serait trop la lose d'essayer de les récupérer le jour ou j'aurais changé d'avis... Quoi ? Graver ça ? Bon, je l'ai déjà dit, hein !!! Et puis ça me gâcherait tout le rangement par années, de la discographie du groupe, avec cette progression qui se fait... Bon, alors ce bootleg au son tout pourri de 2000 qui prend l'équivalent de 3 CD ? Attends, merde c'est le concert d'adieu, le dernier... Faut que je le garde, c'est un truc important, même su le son est pourri... je le garde en attendant de le trouver en meilleure qualité, c'est tout...


Tiens, en parlant de bootlegs...Les concerts que j'ai récupérés pour un seul titre, pas joué sur les autres concerts de la même tournée et mystérieusement joué ce soir là... Je peux pas le garder de coté ? Ouais, mais bon, seul... Et on va pas l'incorporer à un autre ça ferait trop bidouillage, surtout si le volume varie ou un truc comme ça... Bon ben soit on garde, soit on vire.... Et ce morceau il est super, en plus cette version live est vachement réussie, je garde.


2 eme acte : Rangement.


Bon, Birthday Party je le laisse comme ça, ou je le range avec les Nick Cave ? Sauf que là c'est « & the Bad Seeds », c'est complètement con. Ou alors je fais un dossier à part, « Nick Cave », dans lequel je réunis les deux ? Non mais si je veux être logique, il faudrait que je range le Zwan avec les Pumpkins dans un dossier « Corgan », et ça rime a rien... Bon on va pas toucher, au moins là je sais où c'est...


En plus se pose la grande question !!! Quand on a des titres en vrac? Pas des albums, juste des titres, en vrac, comme ça, sans trop de raison, parce qu'ils vous plaisent des trucs comme ça, on fait quoi ? On les laisse en vrac dans le dossier « Musique », ou on crée un dossier « Divers » en plein milieu, dans lequel on  aura jamais idée de chercher parce que un dossier au milieu de 200 autres c'est discret, alors que 100 titres au milieu de ces dossiers ça se voit ?? Ou alors, encore pire, on appelle ça « A trier », tout en sachant qu'on le fera jamais ?

Sans oublier une des grandes questions: Quand est - ce qu'on met un "The" devant le nom?


Alors ces titres on en fait quoi ? Ben on fait le tri dedans, pas de question à se poser, c'est là qu'on va faire le ménage, pesant le pour et le contre pour chacun (America vs. Patrick Topaloff, parce que oui, c'est la dedans qu'on range les trucs bien nuls, plutôt que de faire un dossier "Conneries" qui saute aux yeux du gars qui cherche du Chopin sur votre PC (en même temps qui lui a permis d'y toucher, merde !!))


Et encore heureux que je n'adopte pas un classement par genre mais uniquement par artiste. Car, vu la majorité écrasante que représente le rock dans ma discothèque virtuelle, il serait indispensable de pousser plus loin la distinction, par mouvement au minimum... Mais ou classer Zappa ? Bowie ? Et même, Bowie, dois - je découper sa discographie en plusieurs morceaux, vu qu'il a jamais fait 2 fois la même chose ou presque ? 2 albums rangés dans Glam Rock, d'autres dans Electro rock... Et je parle même pas des groupes plus anecdotiques... Trail of Dead, Spinto Band...

Va - t- il falloir vraiment mettre en place, un jour, le fameux « classement par qualité intrinsèque de l'album », mais dans ce cas il faudrait réévaluer tous ces albums (qui seront notés, ça c'est défini, « sur une échelle allant de Phil Collins aux Who »)

 


Acte 3 : Délivrance


Alors que les yeux commencent à se plisser sous le sommeil et la fatigue et l'effort, il faut enfin les détourner de l'écran, et se focaliser sur la vraie vie. C'est la qu'apparaît la providence. Au dessus du bureau, une affiche précise :


« Quand je perds du temps à chercher des affaires dans mon bordel, je me console en me disant que ceux qui retrouvent tout facilement ont du en perdre encore plus en rangeant tout parfaitement. »


Bilan : 2 heures de perdues. A peine un giga de place de récupéré. Bon ben on va virer des films alors.


On peut en tirer plusieurs conclusions :


1)      Oui, c'est facile de se prendre la tête sur des détails.

2)      Imaginez le moment de ranger les CD.

3)      Oui : le Rock n' Roll est définitivement une musique du chaos.



Published by Guic ' the old - dans Le Rock-Critic est un con
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