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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

***


Here, There And Everywhere

2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 12:08

Chers Win et Régine,

 

J'espère que vous vous portez bien depuis la dernière fois qu'on s'est vus, ce qui remonte quand même à trois ans de là. Mais si, putain, le petit endimanché, au second rang, derrière le gros italien qui squattai les barrières, c'était moi. Je sais que ça fait longtemps que j'ai pas donné de nouvelles, mais d'un autre côté, jusqu'à l'arrivée de votre dernière production, vous en avez pas donné des masses non plus. Enfin bref, toutes mes excuses.

 

Si je suis si cordial et poli au début de cette lettre, autant vous le dire, c'est parce que je crois que je vais pas pouvoir le rester très longtemps.

 

http://1.bp.blogspot.com/_iY28eFWQM_Q/TD9S5et2BDI/AAAAAAAAAnU/1DKuwyIJgWY/s1600/TheSuburbs_Artwork_cover1.jpgEn effet, j'ai bien écouté votre "The Suburbs", et… dites-moi… C'est quand même un peu à chier, non? Qu'est-ce qui vous a pris, dites-moi? J'ai passé l'intégralité de l'album à attendre que ça démarre! Je me suis fait avoir quand au bout de 7 minutes de musique, Win a annoncé "Now I'm ready to start" – pour se recalmer aussitôt… Je me suis fait avoir quand le riff de "Month of May" est venu rappeler à mon bon souvenir un "Laika" qui parait si loin maintenant… Entre temps j'ai cru que l'arrivée de Régine au chant (super tardive, quand même, faut attendre la plage 5) vienne sauver le truc… mais non… Rhaaaa.

 

Mais qu'est-ce qu'il t'arrive, Win? Tu nous fais une crise de conscience et tu as peur de perdre ta voix si jamais tu pousses un peu haut, ou fort? Tout au long de l'album, ta vois est à l'image de tes potes violonistes (c'est évident sur "Modern Man"): ça monte, ça monte, ça monte, et au moment ou on voudrait que ça explose, d'un coup, tu te calmes!!

 

Il vous arrive quoi? Il est où le joyeux bordel qui a fait qu'on vous aimait les mecs (et les filles)? La folie, l'emphase, le jeu avec les limites du pompiérisme, tout ça c'est où? "Rococo" (ce titre….) y arriverait presque, vu ta façon de lancer un dernier "Rococo" avant l'irruption des violons, l'espace d'un instant, on croit qu'on est dans le bon… Mais bon, d'un autre côté, c'est une telle scie ce morceau qu'après l'avoir écouté j'en suis presque à vouloir entendre "It's a small small world" pour pouvoir me sortir ce refrain affligeant de la tête)

 

(Là vous voyez pourquoi j'étais super courtois au début.)

 

En fait, disons qu'au moment ou vous réussissez à nous rappeler votre grandeur passée, c'est surtout en sortant des morceaux rappelant ceux qu'on aimait pas sur Neon Bible. (Empty Room, c'est "Antichrist Television Blues", mais chanté par Régine, même nous on s'en rend compte, nous prenez pas pour des cons.)

 

Neon BibleNeon Bible qu'à l'écoute de cette dernière production on a envie d'accuser de tous les maux. Je me rappelle qu'à sa sortie, tout le monde s'accordait à le trouver meilleur que Funeral (sauf moi et quelques autres – c'est pas par snobisme que je dis ça: je rappellerai juste qu'il m'a fallu vous voir jouer les morceaux de Neon Bible sur scène – donc en version "gros bordel" pour que je les apprécie vraiment), sous des prétextes fallacieux genre "ils se sont enfin calmés, maîtrisent mieux leur truc, ils se font enfin lyriques et c'est plus le gros marasme de Funeral", et tout le monde s'en réjouissait et vous en félicitait.

Pendant ce temps là, les fans de Funeral ne pouvaient pas nier l'évidence, oui, l'album était très bon, mais continuaient de penser par-devers eux que le petit nouveau paraissait finalement vachement plus mort que le précédent (ironie suprème.)

 

La question reste posée: pourquoi c'est ceux-là que vous avez écoutés? Pourquoi écouter les Rock-critics? A quoi ça sert que je vous rappelle régulièrement que ce sont des cons?

La question jumelle étant évidement: qu'attendait-on de ce "The Suburbs"? Les fans en attendaient certainement une fusion des deux précédents: la maîtrise mélodique de Neon Bible au service de l'explosion de joie et de vie que constituait au final Funeral.

Les Rockcritics… eux, évidement, ils n'en attendaient foutrement rien. Depuis Mars 2007 (date à laquelle est sorti Neon Bible), et une fois leur critique publiée et le concert passé, ils ont du réécouter l'album 3 fois, et encore, la dernière c'est juste qu'ils se sont gourés, ils voulaient sortir le dernier animal collective et puis quelqu'un les a interpellés, ils ont pris le disque d'à côté, voilà, ils se sont dit que c'était bizarre, ça ressemble pas trop à Animal Collective (ben oui, il y a une mélodie), qu'est-ce que… rha mais j'suis con!, Ah ouais, Arcade Fire, il était sympa cet album tu t'en souviens, allez, passe moi le bon disque, on va pas se le réécouter quand même. Bon, évidement, ils considèrent "The Suburbs" comme un des albums les plus attendus de l'année, mais ne nous voilons pas la face, c'est juste parce que le nouveau Radiohead est attendu pour Janvier 2011.

 

http://www.voir.ca/blogs/popculture_quebec/Arcade%20Fire.jpg

 

Et donc, ce "The Suburbs"? Eh bien, c'est un album de pop carré aux entournures, jamais désagréable, mais jamais surprenant. (En un sens, l'opposé parfait de celui dont je parlais dans l'article précédent). Je n'ai rien contre les petits albums de pop carrée et sympa, la preuve j'ai été voir Nada Surf en concert y a deux jours. Mais d'Arcade Fire, j'attendais un peu plus que du carré, et, surtout, ce qui me gène le plus: désincarné. A aucun moment la voix ne m'a vraiment embarqué, à aucun moment je n'ai retrouvé cette emphase qui me faisait frissonner sur le précédent, les quelques moments voulus de bravoure m'ont laissé de marbre (la fin de "Suburban War" par exemple, réussie, mais tellement prévisible que, ben en fait elle est ratée*…)

Vraiment, j'attendais plus de vous, oui, d'Arcade Fire, le groupe qui a forcé les Rock-Critics à ressortir le terme "Organique" de leurs tiroirs à clichés en 2005, j'attendais plus qu'un bon album de pop. J'attendais tout sauf l'album de la maturité, car c'était pour moi un groupe qui ne devait surtout pas mûrir… sous peine de pourrir.

 

The Suburbs? Banlieue dortoir, oui.

 

J'envisage même de passer cet album à ma très chère sœur. Ma sœur, sa collection d'albums de U2, sa sonnerie de portable Coldplay, sa tendance à apprécier les groupes avec laquelle je l'ai tannée pendant 5 ans (soit le temps des deux premiers albums) une fois que je les ai reniés (soit à partir du quatrième): Placebo, Muse, la liste est longue.

Je parie que "The Suburbs" lui plairait.

 

J'évoque Placebo, Muse, Coldplay, ce n'est pas anodin. Si je vous écris cette lettre, c'est surtout par égoïsme. Dans 3 ans, quand sortira votre quatrième album, que vous remplirez Bercy dans un concert sponsorisé par Virgin Radio, et que la majorité des gens que je connais chanteront vos louanges alors que je vous renierais définitivement, je veux avoir une trace écrite à leur montrer, pour leur prouver que non, ce n'est pas par snobisme que je vous ai renié une fois que vous avez commencé à vendre des disques par palettes. Non, c'est vraiment par goût, par amour contrarié pour votre musique que je me verrais obligé de prendre un chemin autre que le vôtre.

 

Malgré cela, c'est avec plaisir que je vous verrais sur scène à la fin du mois. Enfin j'espère. Prouvez-moi que j'ai tort, faites mentir le paragraphe précédent, embarquez moi avec vous, histoire que je ne passe pas une heure à espérer entendre enfin résonner la batterie de l'intro de "Rebellion (Lies)". Faites-moi mentir, je ne demande que ça.

 

Allez, je vous embrasse fort tous deux (surtout Régine) et vous dit à bientôt. Passez le Bonjour aux six autres.

 

Guic'.

 

 

 

 

 

 

* Je ne parle même pas de "Sprawl II (Mountains beyond Mountains)" qui m'a fait croire l'espace d'un instant que j'étais tombé sur un inédit de Rose Laurens.

 

A lire aussi: L'avis de Benjamin sur Playlist Society

Published by Guic ' the old - dans Blank Page for a Dead Letter
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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 20:23

Très chers lecteurs,

 

Je vous adresse cette lettre ouverte pour vous mettre en garde contre ce que je dis à l'occasion: méfiez – vous. Des fois, je fais des erreurs de jugement graves. Et même pire. Des fois, je n'ose pas recouper les informations.

 

C'est pourquoi, je dois l'admettre, j'ai péché. Mais genre grave.

 

J'avais évoqué, il y a quelques temps, toute la drôlerie que m'évoquait la chanson Poison interprétée par Vincent "Alice" Furnier. Et avais dit, vite fais que, ouais, bon, Alice Cooper ptet que ses albums du début 70's étaient bons, mais bref ça c'est marrant, voilà."

Le premier péquin venu aura remarqué la réponse toute prête, et il aura raison: j'ai délibérément évité la question à l'époque, sachant que ma réponse aurait été Rock n' Rollement incorrecte: en effet, je trouvais pas ça transcendant Alice Cooper, même les vieux. Ouais, School's out c'est sympa, mais bon. Sans doute n’ai-je pas osé le dire par courtoisie envers Vincent/Alice, car, d’aussi loi que je me souvienne, le gaillard m’a toujours paru éminemment sympathique.

 

Mea Culpa, Mea maximae maxima culpa (sua matris).

 

J'avais commis ce jour là plusieurs erreurs fondamentales. La première, et la plus grave, ayant été de ne pas recouper les infos, ne me fiant qu'aux quelques "tubes" dans leur incarnation live en fin de mon best of d'Alice (acheté 2 € dans le seul but de pouvoir me réveiller en écoutant Poison). Et ça m'avait pas fait rêver plus que ça.

La seconde erreur est une écoute pas plus attentive que ça, sûrement au détour d'une lecture, dans un RER bondé.

 

Bref, j'ai merdé.

 

La délivrance vient des efforts conjoints de Xavier (grand Cooperiste devant l'éternel) et de Chtif.

Cela se passait un mercredi, le Chtif et moi-même étions invité à une grande cérémonie de maltologie dans l'antre de perdition que Xavier à construit de ses blanches mains, le "In Heaven's Bar". Au milieu de tergiversations diverses sur nos collections de disques, Xavier nous sortit quelques exemplaires vinyle de l'œuvre du shock rocker de l'ère Nixon. Oui, en plus d'être Cooperiste, il est Alissologue. J'ai toujours bien aimé les vinyles classes, avec de petits dispositifs amusants, or Alice Copper fut (furent?) génial(aux) dans ce sens. Bon, évidement, je connaissais l'histoire de School's out, mais là, avec sous les yeux des exemplaires de From the Inside et surtout Billion Dollar Babies de belle facture… Ben j'étais quand même sur le cul (intérieurement).

 

Pour ce soir là, j'en restais là.

 

Cependant, le lendemain, alors que je traînais mon désarroi et ma gueule de bois en caleçon chez Chtif, je décidai d'écouter, enfin non, d'enclencher dans la chaîne "A fistfull of Alice", live daté de 1997. Ai-je consciemment cherché du Cooper dans les rayonnages monstrueux de Chtif, ou ai-je choisi ce disque après être tombé dessus en écumant les étagères, je ne saurais le dire. Reste que c'est cet album que j'ai choisi.

 

Il s'ouvre sur "School's out", morceau que j'apprécie, certes, mais connais suffisamment pour n'y prêter qu'une oreille distraite, alors que je dégustais une cigarette en feuilletant une BD issue, elle aussi de rayonnages fort bien achalandés.1 La suivante, je l'avais certes déjà entendue, mais jamais écoutée. Elle s'appelle I'm Eighteen. Et là, quand elle est passée dans la chaîne…

 

Ben rien.2 Tout au plus ai-je légèrement opiné en rythme, et tapoté mon pied, en me disant "Tiens, en fait elle est pas mal celle là". Mais rien de plus.

 

Je laissais alors courir le disque, allant jusqu'à "Poison", morceau sur lequel je délaissais ma BD, et me levait pour aller me resservir un coca en esquissant quelque pas de danse.

 

 

Bizarrement, la suite me branchait un peu moins, et, arrivé à "Feed my Frankenstein", je stoppais le disque dans sa course. Ou plutôt: je décidai de revenir à ce titre qui avait légèrement attiré mon attention un peu plus tôt. Découvrant par la même quel était son titre, puisque la boîte était loin de moi (sur la chaîne) et que par conséquent, je remettais, de fait, "la 2". Ce fameux "I'm Eighteen".

 

 

I'm Eighteen and I don't know what I want

 

Moi non plus

 

I wanna get out of this place

 

Tu parles de ton boulot? Ouais, moi aussi, en quelque sorte, pour ça que je suis en vacances dans l'antre du Rock n' Roll d'ailleurs.

 

I got a baby's brain and a old man's Heart

 

Tu parles de mon rapport à la musique ou de mon rapport à la vie Alice? En même temps, p'tet que tu parles des deux… Ben t'aurais raison.

 

Took me eighteen years to get this far

 

P'tain t'es un rapide, 23, moi.

 

 

Partant de là, je me suis intéressé à la discographie studio du groupe Alice Cooper. Et je sais pas, mais bon, je crois que les termes "putain de révélation" ne sont pas encore assez forts pour exprimer à quel point cette rencontre s'est avérée forte.

 

Oh, tous les titres ne sont pas des chefs d'œuvre, certes. Mais Alice sait taper là où il faut… Et bizarrement, on se dit que, finalement, l'humanité ne changera jamais (oui, oubliez vos conneries de révolution des 70's tout ça, hein). L'ado de "I'm Eighteen" est le même en 71 et en 2009 (et en 2003 aussi)."Elected", écrit pour Nixon? Ouais, mais ça s'applique encore vachement aujourd'hui, même si pas au même. "I love the Dead", c'est toujours aussi vénéneux, le shock rocker arrive encore à me choquer, moi, le vieux jeune de l'an 2000 en contant "Million Dollar Babies"…

Ca fait franchement plaisir de retrouver, comme ça, un petit moment, ce côté grandiloquent, non pas de la musique, mais de son auteur, le côté sexy, légèrement glauque…

 

Le Rock est chiant quand il est prétentieux… mais quand c'est le Rocker qui l'est, ça peut faire des merveilles, et en ce sens, Is it my body, Under my wheels, Be my lover sont juste… j'allais dire jouissives, eh bien ce serait certes de mauvais goût mais ce serait ça.

 

Et face à Alice, tout plein de remords, je me sens, à l'instar de Wane Campbell, comme une larve.

 

Car finalement, draguer les filles en conduisant des Cadillac bourré à la bière, c'est ça le Rock… n' Roll.

 

C'est juste dommage d'être obligé de s'en retourner en 1970 pour en avoir une dose.

 

Ah j'oubliais.

 

Quand Chtif est rentré (ouais, parfois il travaille, aussi), je lui fis part de ma "découverte". A laquelle s'associait une interrogation finalement légitime:

 

-         Dis-moi, tu crois que c'est raisonnable qu'à 23 ans je me reconnaisse parfaitement dans une chanson qui s'appelle I'm Eighteen?

 

-         Boarf… Tu sais, moi j'en ai bien 29."


 

Merci, Obi Wan.


 

Sur ce, très chers lecteurs, je vous laisse et vous prie de m'excuser. Je le ferais plus.

 

Cordialement,

 

Guic' the old.

 

 

Je me sens bien obligé, maintenant, de propager la bonne parole, d'où cette rapide playlist, qui pour une fois n'est pas un top 5.

 

 

 


 

1 Oui, le Rock – Critic que je suis, en plus de souffrir de la peur du vide qualificatif, est aussi sujet à la peur du vide actif. Par conséquent, je lis en écoutant de la musique et en fumant et buvant (le plus souvent du café) en alternance, parce qu'on a que deux mains, si vous le voulez bien.

 

2 Oui, là on parle de la vraie vie.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 19:02



Matthew,

 

Permets moi de t'appeler Matt, ne serais-ce que parce que je t'appelle ainsi par-devers moi depuis des années, et que quitte à insulter copieusement les gens comme je m'apprête à la faire, autant prendre un ton familier.

 

Donc.

 

Mon petit Matt, je viens d'écouter ton dernier-né (enfin, le dernier-né de ton groupe), et pour ne rien te cacher… C'est très mauvais tu sais. Très très mauvais. Je me permets de te le dire gentiment car, vois-tu, je suis un fan de la première heure, enfin, de la seconde, disons depuis Showbiz. Reste que je connais tous tes albums par cœur, ainsi que les faces B et même certaines démos trouvées de façon tout à fait malhonnête. Et c'est aussi pourquoi, même si depuis déjà deux albums je n'adhérais plus vraiment à tes délires mystico – SF, tu gardais à mes yeux un capital sympathie non négligeable. Peut-être étais-je naïf, mais pour moi, depuis deux albums, tu t'égarais.

 

Quand j'ai écouté le dernier, "The Resistance", je me suis bien marré. Et j'ai l'impression que c'est le cas pour beaucoup de monde. En ême temps, je m'étais déjà marré par avance en voyant la pochette de l'album, ce montage "Word/ Couleur de la police / autres couleurs" mélangé à un screenshot de "rencontres du troisième type". Mais bon, c'est toujours sympa de filer du boulot à des stagiaires, quand même.

 

Donc, comme je te le disais, je me suis bien marré en écoutant "The Resistance". C'était trop. Trop grandiloquent, trop cliché (tu as conscience que tes morceaux sont désormais prévisibles comme des épisodes de Dr. House?), trop tout. Et, bien évidement, trop mauvais. Même les plagiats éhontés disséminés le long de l'album m'arrachaient des sourires, même si, je dois l'avouer, j'ai passé la majorité de l'écoute les yeux "inorbités" (c'est l'inverse d'exorbité, si tu veux, en gros c'est quand t'as l'impression, sous le choc de l'affliction, que tes yeux rentrent à l'intérieur…)

 

Et puis, tous ces "plagiats" (je mets des guillemets, car je sais à quel point cette accusation est forte) ont commencé à avoir un goût amer. Celui de la bile, peut-être. Parce Que bon… On ne va pas tous les lister, le très bon article de PlanetGong le fait très bien, le gros problème pour moi, c'est les conséquences possibles de tout ça.

 

J'ai bien une hypothèse, mais je n'ose croire qu'elle soit valide. Peut-être qu'après l'affaire Coldplay – Satriani, qui a vu une majeure partie du grand public prendre parti pour Coldplay (ben, oui, c'est qui, ce "Satriani"? Encore un illustre inconnu qui cherche à se faire mousser en diffamant un groupe génial et plein de succès…), tu t'es dit qu'en multipliant les opportunités d'attaque, tu pourrais réaliser ainsi un plan com' dantesque pour pas un rond. Ben oui, maintenant que Muse est sur son propre label (Helium 3,  le secret de ta voix?), faut se charger de la promo un peu plus, non?

 

Tu ne dois pas me lire, pas plus que tu ne lis les blogs de mes petits camarades de jeu. Mais sache qu'en Janvier dernier, quand est sorti "Working on a dream", le dernier Springsteen, beaucoup ont été effarés par les ressemblances incroyables entre "Outlaw Pete" et un morceau de Kiss, "I was made for lovin' you". Et bizarrement, nulle part dans la presse officielle cette similarité n'est apparue, et même pire: dans chaque critique de l'album ce morceau là, tout particulièrement, était encensé.

Je crains malheureusement qu'il en soit de même pour "The Resistance" sur lequel, pourtant, il n'y a pas un seul morceau dessus qui ne pue pas le plagiat ou l'influence si mal digérée qu'elle est revomie directement sur disque. C'est d'ailleurs déjà bien parti quand on voit à quel point la presse anglaise se motive à aligner les étoiles.

 

Il est là, mon problème: même quand tu nous sortais des morceaux pourris, c'étaient TES morceaux pourris. Là on a l'impression que tu as sorti ta discothèque, fait ton marché de riffs, de phrases de piano, de rythmiques, mélangé le tout, recollé quelques morceaux pour atteindre le temps désiré pour un morceau, écrit des paroles à la va-vite (tu n'as certes jamais été un grand parolier, mais bon, là, tu me ferais réévaluer à la hausse Grand Corps Malade), et enregistré le truc, avec des ingés son si bons que finalement, c'est plus eux qu'on a envie de féliciter que toi (réussir à reproduire à ce point de similarité le son de guitare de Brian May, ça dépasse l'entendement).

 

Finalement, après "Supermassive Black Hole", Muse vient de sortir "Massive Music Quiz, le disque"... The Resistance n'est qu'un méga blind test qui va de Chopin à Blondie en passant par Robert Miles et Depeche Mode, sauf que pour DM on t'en voudra pas, "Map of the Problematique" était déjà un morceau d'eux en fait.

 

Maintenant, ce que je crains, c'est à quel point tu vas réussir à usurper cette position de "génie musical" que t'offre une grande part de ton public en pompant allègrement dans le répertoire des autres. Parce que bon: dans ton public, au complet, combien vont véritablement acheter le disque, et combien liront dans le livret autre chose que les paroles (car j'ose espérer que les morceaux de classique pompés directement, tu les a quand même cités – c'est bien le minimum) ? La majorité a du l'écouter via Deezer sur son iPhone et puis voilà…

 

Après un rapide tour du net, j'ai quand même vu à plusieurs reprises des gens saluer "l'originalité" de "Exogenesis"… j'ai failli faire un infarctus direct… Même moi, moi le mec qui y connaît rien au classique, au jazz, à tout ce qui n'est pas Rock, j'ai été foutu de reconnaître "Rhapsody in Blue".

 

Bon, j'avais dit que je ne ferais pas la liste, mais je l'ai quand même bien entamée… Mais bon. La critique évoquée ci-dessus présente un avis sur l'album en lui-même que je partage totalement.

 

Reste que, en ces temps où on nous tanne et où on s'apprête à nous couper l'Internet sous prétexte de droits d'auteur, je trouve cet album… à la fois du dernier mauvais goût et du plus grand humour. C'est pourquoi, Matthew, je te propose le deal suivant: tu peux continuer à faire ce que tu veux, mais ne viens pas pleurer si ton "œuvre" est trop téléchargée, car bon: au nom de quel droit d'auteur pourras-tu venir te plaindre?

 

Sinon, mes conseils, avant de te laisser, sont les mêmes que ceux prodigués la dernière fois: n'oublie pas que si les stupéfiants s'accordent parfois bien à la démarche artistique, il n'en est pas de mêmes de la démarche scientifique, donc s'il te plait, arrête de lire les bouquins de Stephen Hawking en fumant du crack, et entame une thérapie.

 

Bien cordialement,

 

Prends soin de toi,

 

Guic' the old.

 

 


 

Ps: Je disais "Stephen Hawking", mais peut-être préfères-tu les livres des frères Bogdanov… Ca expliquerait certaines choses.

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