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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 21:40

Vu que c'est un disque que je ne saurais pas aborder... Je vais tout simplement pas vous en parler.


Ce week-end j'ai raté un concert. Un concert qui, dès le départ, se révélait bizarre. Pour la nuit blanche, Patti Smith donnait un... « concert ». On serait dans les années 60 et Patti serait Yoko Ono, on appellerait ça une performance. C'est-à-dire un truc bizarre qui risque d'attirer du monde.


Et samedi soir, devant l'église de Saint Germain des Prés, elle devait donner un concert inspirés de textes de Saint François de Salles, accompagnée de son fils et de sa fille. C'aurait été n'importe qui d'autre, j'aurais éclaté de rire, là non. Parce que... parce que c'est Patti Smith, et qu'elle pourrait chanter le bottin, j'y croirais quand même.


Cependant les choses (le destin ?) en ont décidé autrement, et ce soir là, j'étais à des bornes de la petite église que l'œil droit de Sartre pouvait contempler depuis le comptoir du Flore tandis que le gauche touillait un grand crème avec 2 sucres. A la place, ce jour là j'ai acheté « Wave », du Patti Smith Group, comme ça, comme un hommage, à défaut de pouvoir finir ma soirée devant un demi de Jupiler, à draguer la fille de Dame Patti, Patti Smith, la plus grande des poétesses punk, oui, la plus grande car la seule à qui on a apposé ce qualificatif ronflant. En posant le disque sur la platine la déception ne s'est pas fait attendre, oh non : Patti chantait.


Patti chantait. Juste.


Qu'y a-t-il de plus intolérable pour l'indécrottable fanatique de Horses que je suis, qu'une Patti Smith qui chante, comme la dernière des Debbies Harries ? Patti a le droit de parler, de déclamer, de geindre, de hurler, de s'égosiller... mais pas de chanter, et certainement pas juste ! C'est trop intime. Se rend-elle compte que c'est ce que certaines personnes font sous la douche ?


Non... la voix de Patti est faite pour porter un texte fort, tout en changements, sans réelle répétition, le couplet refrain, non, c'est trop banal... Or Patti est unique.


Horses est sorti en 1975. Patti était déjà la femme de Fred Smith, du MC5, un des groupes qui allait sans le savoir changer la face du monde. Monsieur est guitariste dans un groupe de rebelles (que j'oserai qualifier de proto-punk), et Madame est artiste. A eux deux, ils offrent les deux visages du punk, un résumé parfait et pourtant anticipateur de ce qui arrivera des années plus tard (bon, O.K., 2 années plus tard), à savoir ce monstre bicéphale nommé punk, Television vs. Sex Pistols.


Excusez moi de partir comme ça, mais on ne va pas me reprocher de donner dans l'envolée lyrique en parlant de Horses quand même !!


De l'autre coté de Horses, assis derrière la table de mixage... rien moins que John Cale. Le guitariste du Velvet Underground, le producteur de The Stooges, ... et producteur de Horses, également.


L'album s'ouvre sur une reprise, s'achève sur une autre (sur ma version CD!). On ouvre avec un piano, sombre et clair, qui joue les mêmes 4 accords en boucle... La voix arrive, presque décharné, aigre, amère... mais douce. Subtilement douce.


« Jesus died for somebody's sins but not mine... »


Pendant 3 minutes, la musique va s'emballer, tourner de plus en plus vite, avant d'exploser dans une somptueuse reprise de "Gloria"... et ça y est, vous êtes partis.


Tiens, parlons encore d'autre chose que de ce disque, tant que j'y pense. En Juin dernier, le 21 pour être précis, des groupes de jeunes à guitare et à cheveux gras et/ou long avaient envahi la Grand Rue de ma ville d'adoption : Nancy. A peine arrivé dans la rue, un groupe attire notre attention : Converses, jean slim.... Si jamais ils n'ont pas bon gout, on pourra toujours se foutre d'eux, ces Naast du pauvre. Plus ils jouent. Ils commencent un rappel que personne n'a réclamé, mais.... Pour une raison que j'ignore, les accords de guitare provoquent en moi un frisson, et cette interrogation : je connais, mais j'arrive pas à me rappeler... C'est quoi ?


Et, tout à coup (bon, vous l'aviez deviné...) :


« Jesus died for somebody's sins but not mine... »


Les morceaux en crescendo comme celui - ci ont cette beauté, cette force qui empêche qu'on s'en dégoute en les passant en boucle. Le début est beaucoup trop bas par rapport à cette fin en apothéose que... Il nous désintéresse soudain. Il est inaudible à ce moment là. Alors on attendra une heure, un jour, un an avant de le réécouter, avec cette excitation due au fait qu'on sait ce qui va arriver, qu'on l'attend, et que ca ne nous décoit pas quand ça arrive.


Patti déprime: elle vient d'être rétrogradée en 14 ème division.

 

Enfin quoiqu'il en soit, à ce moment c'est bon, vous êtes entré dans l'album, suite de morceaux inspirés de poèmes plus ou moins longs de Mme Smith, qu'elle déclame, chante plus ou moins bien. Parfois la musique et la voix élaborrent une véritable chanson, c'est le cas sur Free Money. Parfois, la musique ne fait qu'accompagner, illustrer le texte déclamé (et surtout pas chanté) ... Et là on atteint des sommets, on décole, on va "up up up up up up up up up up up up uuuuup uuuuuuuup" comme sur Birdland...

C'est amusanbt car en parlant de ça, ça me rappelle le jour où je suis allé voir Boulevard de la Mort" au cinéma... C'était un petit cinéma d'art et d'essai sans prétentions, aux sièges durs malgré la mousse centenaire qui les recouvre, au petit écran mais à la programmation impeccable. Le Zola. J'arrive dans la salle, un peu en avance, car.... je ne supporte pas de rater les bande-annonces. C'est comme ça, on a tous des tics, des obsessions plus ou moins graves. Moi c'est les bande-annonces. Or, dans ce petit cinéma... rien sur l'écran, sauf le film. Et avant... un piano délicat, une basse qui entre... et la voix, troublée, vibrante...

Every night before I go to sleep
Find a ticket, win a lottery,
Scoop the pearls up from the sea
Cash them in and buy you all the things you need
.

Free Money. Le film pouvait être pourri, je m'en foutais, la sortie était réussie. (Bon, déjà, le film était pas pourri, et en plus après Patti, on a eu droit à "Elevation" de Television, c'est dire si j'étais joyeux dans ce petit ciné.)


Tous les snobs du Rock ont l'habitude de faire une distinction entre "culte" et "classique". Pour résumer à l'attention de ceux qui n'ont pas tout suivi : l'artiste culte n'a pas forcément (et même rarement ) connu le succès du temps de son existence, mais a inspiré le groupe « classique » qui a vendu des disques par palettes . Les Pixies sont cultes par rapport au classique Nirvana. Par exemple.


Horses est un album complètement azimuté. Il aurait du rester culte. Mais il est si bon que... c'est devenu un classique. L'emblème Pattismithien. Personne n'ira citer directement de Patti Smith ses albums plus « classiques » dans la forme, les « Easter », « Wave »... Non, on citera Horses. Parce que c'est le plus Patti Smithien des albums de Patti Smith.


D'ailleurs, si on demande à un quelconque quidam de citer un album de Patti Smith, soit il dira Horses, soit il dira « Patti Qui ? ».


Et en parlant de Qui (art de la transition) cet album se referme (en tout cas sur ma version CD, mais je crois que c'est juste un bonus) sur une reprise de My Generation, plus... Plus, quoi. Plus violente, plus sauvage, presque plus rageuse que l'originale.... Pas meilleure, certes pas. Mais plus... punk.


Voilà, le mot est laché. Le reste appartient à l'histoire. Pas comme le concert de samedi.


Et pour pas mourir idiot... L'album est en écoute chez Jiwa.

Et pour ceux qui n'auraient le temps que pour... un déferlement dans leur tête, petit cadeau.

 



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commentaires

Guic' the old 14/10/2008 22:57

Xavier -->Ben j'avais jamais fait gaffe à cet effet.... et pourtant malgré ca la photo est super classe quand meme, non?Chtif--> J'attendais avec crainte ton avis... Quant au vinyle... on verra ça en Septembre prochain ;-) (désolé, les autres, c'est une private... )

Chtif 14/10/2008 01:26

c'est vrai qu'elle est bien cette chro.par contre, je connais pas la version vinyle, le Xavier, là, il me fait regreter de pas l'avoir...

Xavier 09/10/2008 10:34

pas besoin de platine, le vinyle de Horses est "mieux" uniquement pour la légendaire pochette. Sur la version CD, on ne voit pas le rai de lumière en "aile d'ange" . PS et le photographe durent courir pour arriver à l'heure pour cet effet visuel, ce qui explique en partie l'aspect débraillé de la chanteuse, qui fit un peu scandale à l'époque...

Guic' the old 08/10/2008 19:27

En fait, je suis pas vraiment fan de Patti Smith, mais je suis fan de Horses... En fait on va dire que j'adore le personnage, mais musicalement, passé Horses... (quoique j'avais bien aimé twelve, l'album de reprises bizarres, et B.O. de mon été dernier....)Mais le fait est qu'après avoir écouté quelques albums du PSG... j'ai jamais laissé leur chance aux albums de retour, Alf...Sinon, concernant l'édition , peut être que le vinyle est "mieux", mais... n'ayant pas le matériel pour en profiter, je fais rarement les disquaires vinyle... (Mais la platine, c'est pour la troisième paye!!)

Xavier 08/10/2008 17:47

Moi non plus, je ne suis pas fan de Patti Smith, sauf de.... Horses, évidemment!à noter que cet album est impérativement à posséder en Vinyle. (et aussi en CD pour avoir le My Generation punk)