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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 19:25

Une lourde semaine de non-travail, un week end qui s'annonce ensoleillé mais dépourvu de toute activité prévue... On va quand même pas passer le WE à rattraper son retard en séries américaines, ce serait dommage.... Pourtant, même la perspective d'aller dilapider son salaire durement acquis au non-travail en disques et en livres ne m'excite même pas.


Et puis le hasard guide mes pas (enfin, le hasard), chez Arbobo, qui annonce un concert de Siobhan Wilson dans un bar du XIXème.


Siobhan, suffit de lire arbobo et on ne peut pas l'ignorer. Articles, invitations à rejoindre des groupes de fans sur Facebook, c'est clair, arbobo adore et il veut qu'on connaisse.


Bon, j'irais faire un tour.




J'arrive à l'Abracadabar tranquillement, avec un petit quart d'heure d'avance sur l'horaire prévue. C'est le moment des balances, bon, je me prends une bière, me pose, regarde les musiciens se mettre en place, jouer quelques notes, bouquine un peu, sors fumer une clope, tourne en rond, arbobo n'arrive pas, reprends une bière parce que ca fait plaisir des tarifs aussi bas, refume une clope, attends, rencontre arbobo, on discute, Siobhan se joint à la conversation, elle parle français avec un léger accent qui la rend vraiment craquante, et au bout d'un moment, alors qu'on parle Pixies avec arbobo je crois, le concert commence.


Et dès le premier morceau, je me mets à penser à... High Fidelity (oui, encore !!) A une scène précise du film, celle ou les trois losers sont subjugués par Marie De Salle. N'ayant pas trouvé de vidéo sur YouTube, sinon en espagnol, seuls les monomaniaques comprendront la référence, je m'en excuse.


Dans la foule de 12 personnes venues assister au concert, le silence se fait, tous les yeux sont fixés sur Siobhan... qui s'avère être une artiste des plus paradoxales. Elle rayonne mais est particulièrement timide. Elle a une voix splendide mais qui tremble dès qu'il s'agit de s'adresser au public. Elle joue de la guitare avec un talent certain tout en passant une majeure partie du temps à essayer de se cacher derrière elle.


Pourtant, dans la salle, tout le monde n'a d'yeux que pour elle (malgré 3 musiciens très doués en backing band). L'ambiance s'installe, vibrante, émouvante, rendant grâce à un répertoire magnifique, et en demi-teinte. A l'image de cette salle sombre, à peine éclairée par la lumière du dehors, et dans laquelle un unique spot éclaire Siobhan... On ne saurait dire quel est le but de ses chansons. Pendant une minute on se dit qu'on va chialer, la suivante on s'imagine déjà, par un après midi de mai ou Juin, allongé dans l'herbe à rêvasser en écoutant « Winter Song »... Quoiqu'il en soit, on se laisse transporter, agréablement, par la musique, par la voix, par ces textes (dont je ne comprends qu'un mot sur 3).


Bon.... je sais. Ces photos sont toutes pourries. Mais 1) Je les ai fait avec mon portable (je sais c'est mal) et 2) Pour une fois que je pique pas mes photos sur le net pour une chronique de concert....


Et, à un moment, oui, il faut bien que ça arrive, le concert s'achève. Siobhan pose sa guitare, et on revient à la réalité. A ce métro qu'on va devoir aller prendre. Mais on a vécu un grand moment, avec un artiste douée et simple, qui s'enquiert de savoir si on a aimé le concert, et à laquelle on ose pas vraiment avouer que... Oui, on a adoré le concert. Oui, on la trouve géniale, on trouve qu'elle a un talent extraordinaire (la pauvre, elle parait déjà si timide sur scène on va pas lui asséner ça au sortir de la scène...) Et que, si on reconnaît qu'elle devrait avoir du succès, un succès monstre, en toute logique.... On souhaite égoïstement, au fond de soi, que non. Pour continuer à la voir en concert comme ça, dans cette ambiance intime, ave pas plus de 15 autres quidams. Pour se sentir comme ça, bien. Privilégié. Chanceux.


Mais il faut redescendre la Seine, maintenant, retourner au métro, tranquillement.  En pensant au soleil, quand on pense à Siobhan.


(Et là, face à cette chute, je me demande combien de dizaines de personnes l'ont déjà utilisée.)


Donc il me reste plus qu'à vous laisser avec Siobhan... Faute de vidéo digne de ce nom sur YouTube, je vous laisse donc avec son Myspace.

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Published by Guic ' the old - dans It's a Live
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commentaires

arbobo 15/10/2008 11:10

j'avais du folk une définition assez restreinte importée des 70s, du genre dylan, karen dalton ou Vashti Bunyan (pour compléter la série des prénoms pas banals)Alela Diane ou Mariée Sioux entrent tout à fait dans ce cadre.mais on met aujourd'hui l'étiquette folk sur des artistes assez variés, même si certains se sont ironiquement batisés "antifolk" autour de devendra Banhart la référence reste le folk.alors, folk les Forest fire, bon iver, shearwater... ?pas certain, pour moi. Beaucoup de gens disent même que Cat Power est folk, pourtant je doute qu'elle l'aie jamais été bien qu'elle en écoute et en aime (mais elle écoute ausis du rap, so what?). Sur ma dernière sélection je met par exemple un titre de Robert Forster, plus connu comme co-fondateur des Go-Betweens, une des perles pop des années 80 avec par exemple les Pale Fountains.On a toujours appelé ça de la pop, certes aujourd'hui ce qu'il fait est dépouillé, mais quand on écoute le Before hollywood des go-betweens ça l'était tout autant.Ceci pour en venir à ma conclusion : s'il y a du folk chez Siobhan, pour moi ça reste avant tout sur une base pop, comme pouvait le faire Judee Sill à l'époque apr exemple. En même temps elle est bien utile cette nouvelle utilisation du mot "folk" même si elle ne me convainc pas totalement, elle correspond à une vague de fond qui parcourt la musique indé depuis plusieurs années et qui atteint aujourd'hui le grand public (Alela Diane, Moriarty, Elvis Perkins...).Je crois que je vais devoir m'en accomoder, faute de trouver mieux :-)

Guic' the old 14/10/2008 22:55

Ben.... le folk, je me suis jamais vraiment penché dessus. On va dire que passé Dylan... j'ai jamais trop creusé (j'ai encore trop a découvrir en Rock "pur", je me disperse pas... ;-) )Mais vraiment c'etait cool comme concert. Et c'est vrai ce que dit Arbobo... on rale contre les grosses machines à remplir les stades bien huilées, mais des qu'on retombe dans le cadre "intimiste" de ce type de concerts... c'est presque indécent en fait.

klak 14/10/2008 20:58

je reviens de myspace, ouhais c'est mignon tout ça !ça me fait penser à mariee sioux que j'avais vu avec alela diane, elle osait à peine regarder le public, elle chuchotait plus qu'elle parlait et puis dès qu'elle chantait, une merveille.est ce que tu lui as dis de passer à ton magasin de disques à siobhan ??? (est que les chanteuses de folk font un concours de prénom bizarre ?)

arbobo 14/10/2008 16:51

merci guic pour ces impressions de concert ci communicatives :-)je m'y retrouve parfaitement.c'est amusant comme dès qu'on sort du rock à gros volume et qu'on se trouve face à une jeune folkeuse douée et timide, on marche sur des oeufs et se trouve tout intimidé soi-même ^^zaph si tu es à Paris elle joue souvent en ce moment, ses concerts sont annoncés sur sa page, n'hésite pas.

zaph 14/10/2008 11:19

Ah, il y a plein de musiciens folk extrêmement talentueux qui ne risquent pas de devenir connus tout simplement parce qu'ils ne risquent pas de signer un vrai contrat, et plus généralement, parce que les gens se foutent de ce genre de musique :-(J'aurais bien aimé y être à ce concert.