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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 14:05
La façon par laquelle on arrive à découvrir un groupe, un morceau, un livre, bref un truc qu’on pourrait qualifier de culturel, enfin, les façons, sont multiples. Un conseil, un prêt, le hasard, peuvent changer votre vision des choses, votre vie, vos gouts.

Bon, on arrête avec l’intro Amélie Poulain, et on redevient Rock n’ Roll. Vous savez (maintenant) bien que mon groupe fétiche, les Smashing Pumpkins, je les ai découverts en piquant une cassette à ma sœur. Beaucoup de groupes, de trucs comme ça, je les ai découverts par hasard, par chance. Penchons nous maintenant sur le plus gros coup de foudre de mon existence : les Pixies.


 
Les Pixies, à la maison ,tranquille.


En 1987/88, les Pixies, quartet Rock de Boston, fait parler de lui dans la scène indé américaine. Ils ne le savent pas encore, mais ils participeront en grande partie à la survie du rock à travers les années 80. Après un mini album de 8 titres, déjà foutrement réussi, Come on Pilgrim, ils sortent leur premier « vrai » album : Surfer Rosa. Les deux sont aujourd’hui réunis en format CD (coupons court à toutes les discussions sur la distinction entre ces deux albums). Sur cet album, la chanson la plus connue des Pixies. Mais surement la moins représentative du reste de leur œuvre. La preuve : tout le monde l’aime. Franck Black (oups, Black Francis) y chanterai presque juste, sa guitare est presque accordée… mais surtout, on serait presque dans le studio.



La guitare débute, presque lente pour les Pixies, 3 accords, en boucle. Le cœur des sirènes et ses « wouhou » commence, derrière. Puis la batterie sonne les trois coups, et l’affaire est lancée : La basse de Kim Deal, la Les Paul de Joey Santiago et la voix de Franck Black Jr., 4eme du nom commencent leur œuvre de destruction presque simultanément. Quelque 3 minutes 30 plus tard, il ne reste plus rien. Quelques « Wouhou » résiduels en écho au cœur du silence, la seule chose à laquelle se rattacher en ce studio déserté simultanément par tous ses musiciens. Il ne reste bientôt plus rien. Vous, et… le silence le plus bruyant que l’on peut entendre. Celui là même qui prend la place des marteaux piqueurs qui s’acharnent à réduire en miettes le bâtiment voisin de votre lycée.


 

En 1996, un jeune auteur du nom de Chuck Palahniuk publie un premier Roman remarqué : Fight Club. Le narrateur (dont on ignore le nom mais que nous appellerons Jack pour plus de facilité) est un jeune cadre moyen, agent d’assurances. Sa vie aussi, est cadrée, et très, très moyenne. Il est atteint d’insomnies, mais découvre que pleurer est la solution à son problème. Alors, tous les soirs, il se rend dans un groupe d’entraide aux personnes malades, voire en phase terminale. Lundi, cancer des testicules, vendredi anémie falciforme. Il rencontre alors au cours de ces réunions Marla Singer, tricheuse, tout comme lui, qui vient là parce que « c’est plus distrayant que le ciné et en plus il y a du café gratos ».  Alors qu’il voyage de ville en ville en avion, dans sa vie à usage unique, il rencontre un représentant en savon un peu barré : Tyler Durden. De retour chez lui, il trouve son appartement réduit en cendres : il décide d’appeler Tyler. Ce soir là, nos deux compères, passablement éméchés, se colleront des droites sur un parking miteux : c’est la création du Fight Club. Contrairement à ce que j’aurais cru avant lecture, ce synopsis ne rend pas le moins du monde compte de la force de ce livre… Subversif, décadent, fort, marquant. Un style, qui plus est, puissant, qui porte le lecteur là ou il ne voudrait pas aller, mais de son plein gré. Tous les termes ont finalement été accolés à ce bouquin… Nihiliste, Anarchiste, nietzschéen… Pompeux et superflu : ce livre n’est ni plus ni moins que la cristallisation par écrit de toutes les rancœurs, les haines adolescentes, mise en place par un adulte qui sait très bien ce qu’il fait. Un petit génie de la plume. Un mec qui a un gros, gros problème. Et en plus c’est la découverte du « style Palahniuk ». Un mec qui sait vous faire lire une description, une énumération de 3 pages sans que vous vous lassiez, et même en vous surprenant. Des Gimmicks qui structurent le bouquin. Des phrases chocs. Des slogans pour une nouvelle révolution, qu’on ne fera jamais. Une destruction qu’on osera jamais mener à bien. Il n’est ni envisageable ni utile de préparer une révolution dans un monde aussi codé et figé que le notre. Je vous préviens c’est pas joyeux :

 

« Vous n’êtes pas votre travail, vous n’êtes pas votre compte bancaire, vous n’êtes pas votre voiture, vous n’êtes pas votre portefeuille, ni votre putain de treillis, vous êtes la merde de ce monde prête à servir à tout. »


« C’est seulement lorsqu’on a tout perdu qu’on est libre de faire tout ce qu’on veut. »


« Une issue de secours à 9000 mètres d'altitude: l'illusion de la sécurité »


« La publicité nous fait courir après des voitures et des fringues, on fait des boulots qu'on déteste pour se payer des merdes qui ne nous servent à rien. On est les enfants oubliés de l'Histoire. On n'a pas de but ni de vraie place. On n'a pas de grande guerre. On n'a pas de grande dépression. Notre grande guerre est spirituelle. Notre grande dépression, c'est nos vies. La télévision nous a appris à croire qu'un jour on serait tous des millionnaires, des dieux du cinéma ou des rockstars, mais c'est faux et nous apprenons lentement cette vérité. »


« Nous sommes les sous-produits d’un mode de vie devenu une obsession. J’ai envie de loger une balle entre les deux yeux de tous les pandas qui n'étaient pas foutus de baiser pour sauver leur espèce. »

 

En 1995, David Fincher, déjà réalisateur du troisième volet d’Alien, qui à l’époque était encore une trilogie (je vous parle d’une époque ou Ripley était encore morte, vous vous rendez compte, ça remonte), réalise Se7en, avec Brad Pitt jouant un jeune flic pêchu affrontant un serial killer qui tue dans l’ordre des péchés capitaux (splendide, c'est-à-dire complètement barré, Kevin Spacey), et Morgan Freeman, qui joue le rôle du vieux flic black à deux doigts de la retraite l’aidant (c'est-à-dire qu’il joue … Morgan Freeman. A la rigueur Danny Glover).



Pour son film suivant, il décide d’adapter Fight Club au cinéma. Jack sera incarné par Ed Norton (American History X), et Tyler, par Brad Pitt (Se7en). Marla Singer sera incarnée par Helena Bonham Carter, pas encore mondialement connue, et pas encore femme de Tim Burton, mais déjà impressionnante dans un rôle d’hystérique semi malsaine.


 

Ce film est pour moi un film culte. L’histoire est assez bien adaptée, le film reste rythmé, même s’il est très intrigant… En effet l’histoire est telle qu’on peut y distinguer quatre grandes parties, qui s’imbriquent parfaitement, chacune répondant avec exactitude aux questions posées dans la précédente, en posant de nouvelles… Bref, j’adore ce film. C’est surement le film que j’ai vu le plus souvent (avec Pulp Fiction).


Ce qui rend ce film extraordinaire (outre le jeu des acteurs, plus impressionnant à chaque nouveau visionnage, du grand Ed Norton), c’est son côté film à clé. A savoir que ce film est à regarder en intégralité pour émettre un jugement, la dernière demi-heure vous faisant revoir toute votre lecture du film… Et vous encourageant à le revoir. Que serait Usual Suspects sans ses 5 dernières minutes : un film de gangsters minables, et c’est tout. Là c’est pareil, ce film se regarde ENTIER.

 

« Alors, allez vous me dire (ou pas, si vous vous en tapez), OK, le rapport entre le film et le bouquin OK, mais les Pixies ils viennent faire quoi là dedans ? Rien à voir… »


Eh bien en effet… Ce film n’a rien à voir avec les Pixies. Mais pour moi, les Pixies ont tout à voir avec ce film, oui, je sais, je joue sur les mots. C’est grâce à ce film et à sa magnifique scène de fin que j’ai découvert ce groupe, et Where is my mind ?, chansons des Pixies que ce film a rendu phare dans leur répertoire (elle n’était jamais sortie en single avant, et c’est pourtant ce titre qui est celui connu de tous, pourquoi à votre avis ? Demandez à un fan des Pixies, il vous citera pas forcément celle là en référence direct, Debaser sortira plus facilement…).

 

Ce film, je l’ai découvert un an après sa sortie je crois. Mes potes de lycée étaient allés le voir au ciné. Ils l’avaient trouvé bien. Un an plus tard, peu convaincu (toujours) par cette histoire de club de boxe clandestin, je louais ce film (oui, on avait une carte de Vidéo Club à l’époque). Un quart d'heure après la dernière image du film, je pense, je n’avais pas encore retrouvé mes esprits. Et si je le connais aujourd’hui par cœur, je prends toujours plaisir à le revoir. Ne serais-ce que pour lui rendre hommage. Ne serais ce que parce que je lui dois ma passion pour les Pixies. Ou pour Chuck Palahniuk.

Qu’eux aussi je connais maintenant presque par cœur et retrouve avec toujours autant de plaisir, chez moi ou… sur vos blogs.


Attention: c'est un spoiler (et encore, qu'à moitié, meme pas), mais c'est si beau. Et vu qu'il l'a réclamé, ce qui ne se fait pas... Mais qu'il le mérite vu que c'est lui qui a retrouvé cet extrait, remercions Thom


  

« On est une génération d'hommes élevés par des femmes, j'pense pas qu'une autre femme soit la solution à notre problème »

Tyler Durden

Plus d'enseignements sur Chuck Plahniuk chez Systool:

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Published by Guic ' the old - dans It's a Live
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commentaires

Guic' the old 03/11/2011 16:35



Faudra que je jette un oeil à ce film parce que bon...


Déjà, j'ai rien contre Fincher (mis à part qu'il fait un film sur deux de bon), et contre Palanhiuk encore moins (si ce n'est que je ne suis jamais sur de l'orthographe de son patronyme).... Mais
de là à hurler derechef au plagiat...


 


'Fin bref, sinon, merci pour la rafla de compliments.



Cathedrale 03/11/2011 15:56



oui oui le livre le livre, pâle copie lui même de Tokyo Fist!! 


dans ce cas c'pas Fincher à blâmer, c'est l'auteur... m'enfin même si ça venait du trou du cul d'une déesse, sérieux naan quoi... Fincher est au cinéma ce qu'Indochine est au rock...


sinon, j'ai effectivement continué, tout lu, (c'pas dur, c'est vraiment génial) et je vous remercie pas. Je vais encore plus m'emmerder en lisant d'autres blogs/articles/revues, tout paraît
vraiment chiant à coté d'ici...  


 


je vous dérangerai plus, Fincher c'est un peu mon Pink Floyd à moi, je comprends pas, je trouve ça chiant et creux, (Zodiac HAHAHAHA, le film sur fessbouque HIHIIHI, Seven MOUohohohohoho)
m'enfin, ce qui compte ici c'est la musique.


et pour ça, j'ai pas été déçue, encore merci 


 



Guic' the old 02/11/2011 11:14



Cathedrale: Sauf ton respect (et Dieu sait que je respecte mes lecteurs, surtout ceux qui disent du bien de mes articles), Pour moi, Fincher cite parfaitement bien sa source, en l'occurence
"Fight Club", le bouquin de Chuck Palanhiuk dont est tiré ce film.


 


Après bon, libre à toi de zapper cet article sur ce préjugé, mais n'hésite pas à lire la suite... Bon séjour en ces pages ;-)



Cathedrale 29/10/2011 04:13



Nan :( 


cela fait 2jours entiers que je suis collée à votre blog, accessoirement à mon ordi, je prends un pied d'enfer, je découvre un peu, je rigole beaucoup, j'me gave de votre prose qui me fascine (et
bon sang que j'suis difficile) il est 4heures du mat et mes yeux clignotent. pas fincher. pas fight club . par pitié, non. 


 


premier article que je ne lirai pas. ou alors après avoir tout fini. 


car c'est une chose de pas être en accord avec l'auteur d'un -aussi bon- blog, c'pas grave, c'est même très excitant, mais c'en est une autre de parler fight club. ouais. non. blocage. 


 


je ne sais donc même pas ce que vous en dites, j'ai cru voir Pixies, c'donc ptêtre juste d'un point de vue musical, certes mais ... Tokyo Fist est là pour tout le reste :) merci
fincher de ne pas avoir cité ta source, d'avoir pondu un truc aussi foireux que ce navet, d'avoir -un peu- éteind mon enthousiasme ahurissant quant à ce blog, putain, il me pourrira la vie encore
combien de TEMPS?? 


 


 



Guic' the old 09/09/2009 22:29

C'est en effet de très bons gouts. J'ai, de fait, les mêmes.N'hésite pas à repaser à l'occasion!