Rock (beaucoup), littérature (un soupçon), et mauvaise foi (surtout).
Bon. Excusez-Moi. Excusez moi, excusez moi, mais je vous ai menti. Cela devient trop lourd à porter, alors, en cette soirée, l’alcool aidant… je suis obligé de vous livrer ma confession. Tout cela est à mon avis allé trop loin, et je suis obligé de stopper les choses. Oui je vous ai menti : j’abhorre les Smashing Pumpkins. (Non, c’est pas une faute de frappe, c’est bien j’ABHORRE, pas j’adore. De toutes façons, c’aurait été un jeu de mots bien trop minable pour que j’ose le poser par écrit.). Billy Corgan, sa Calvitie et ses pantalons de cuir me révulsent. Et je me répugne tout autant d’avoir voulu vous faire croire en mon amour de ce groupe, pour des raisons qui dépassent mon entendement. Surement un snobisme de bas étage, qui a voulu que, soudainement, je prenne la défense de l’éternel numéro 2, du loser patenté. Tout le monde est toujours du côté de Guignol.
Mais là c’en est trop. L’article qui a mis le feu à mes poudres se trouve ici. Et les commentaires dithyrambiques que j’ai fait sur ce groupe, dans cet article, ne m’amusent même plus. Et, avec le recul, la moindre des choses que je puisse faire pour mériter votre pardon est de dénoncer cette immense entreprise de désinformation lancée à votre égard par le camarade Thom, entreprise qui risquerait presque, tant elle est réussie, à vous faire écouter certaines de pires productions des années 90… voire même de la musique tout court.
Alors déjà, mettons fin à cette rumeur (franchement minable et ridicule) qui veut que les Pumpkins (comme les appellent leur « fans ») soient le plus grand groupe des années 90. Mais déjà, ou vous avez vu ca, ce délire selon lequel chaque décennie à un grand groupe ? Hein ? Les Beatles ont été le groupe qui a marqué les 60’s, OK, et depuis on en cherche un pour chaque décennie ? Quelle originalité !! Mais pas plus qu’il n’y a eu de groupe principal de 70’s ou des 80’s, ben les années 90… non plus. A la rigueur, il y a eu 2 grands groupes en ces années : Nirvana de 1991 à 1994, et Radiohead de 1995 à 2000. Si vraiment vous cherchez un grand groupe qui a su faire preuve de talent et de constance tout le long des années 90, le seul envisageable, c’est U2. C’est tout.
En fait c’est très simple : on ne peut pas haïr les Smashing Pumpkins, pour une raison très simple. ce n’est pas un groupe. On hait Billy Corgan. De la même manière que Bénabar est un artiste solo qui enregistre ses albums avec les mêmes musiciens, et part en tournée avec eux derrière, les Smashing Pumpkins ne sont qu’un groupe de musiciens de studio que « Sa Majesté auto-déclarée » Billy Corgan daigne emmener avec lui sur scène. Car oui, n’oublions pas, deux choses caractérisent Billy Corgan de façon encore plus flagrante que sa coiffure de détergent ménager : sa mégalomanie et sa voix nasillarde.
Franchement, vous vous marrez pas, vous, quand vous l’entendez essayer d’être romantique avec sa voix de pivert enrhumé ? Franchement je le plains, il doit quand même avoir du mal à draguer, parce que dire « I love you » avec ce ton de porte de château hanté de chez Disney ça doit faire fuir plus d’une donzelle. (L’autre catégorie similaire qui m’intrigue, c’est les allemands, parce que dire des mots romantiques en allemand ca doit faire bizarre. Pourquoi Scorpions chantait en anglais d’après vous ?). Il y a bien une raison pour laquelle la seule chanson à peu près vraiment romantique, et presque touchante de ce groupe, c’est James Iha qui la chante ! (Ca s’appelle Believe, et c’est une face B, comme à peu près toutes les contributions des membres du groupe autres que B.C. his majesty himself.). L’apogée est quand même atteinte sur l’album Adore, que tous les fans des Pumpkins préfèrent ou presque (pour la même raison qu’ils aiment le groupe, simplement parce que c’est un flop retentissant en terme de ventes et de critiques, retour de leur snobisme forcené), où là, en plus de rester nasillard, Corgan sacrifie presque tous les musiciens pour s’achever en piano voix… ca donne Blank Page, ballade lénifiante, pesante… chiante en fait. Finalement, d’un point de vue musical, le plus gros défaut des Smashing Pumpkins, c’est Corgan lui-même.

Franchement, celle là je l'adore perso...
Ah… Billy, Billy… remarquez à quel point ca rime bien avec mégalomanie. Celui-là même qui clamait vouloir écrire, en 1995, le « The Wall » de la génération X… Deux références (Pink Floyd et D. Coupland) pour cacher un manque d’originalité évident, certes, mais…. Un gros accès de mégalo surtout ! Sa spécialité. Car oui, non content d’être leader, principal (pour pas dire unique) compositeur et songwriter, sur l’avant de la scène toujours à se faire remarquer, le Billy juge, il préside, il inspire, toutes choses dans son empire. Tu te drogues trop, DEHORS ! J’ai besoin d’un batteur, parce que franchement, sans batteur on vaut rien, REVIENS ! Franchement, même un batteur, ca reste plus ou moins un être humain quand même ! Et on se comporte pas comme ça avec les gens.
Et là ou on confine au ridicule, c’est franchement, dans l’alliance entre cette mégalomanie affichée, cette manière d’être persuadé d’apporter quelque chose à la musique, alliée à un mercantilisme forcené. Une volonté de réussir et d’être dans le coup qui finit par constituer une discographie franchement décousue. Comment peut on se vanter d’apporter quelque chose à la musique quand on est pas foutu de faire deux albums dans la continuité l’un de l’autre ?
Je vous ai rappelé récemment mon gout pour les albums de transition… ben là, la transition est inexistante, zappée. Quand Nirvana est au top, les Smashing Pumpkins font du grunge, ça donne Siamese Dream. Quand Marylin Manson commence à cartonner avec du glam-métal, ils en font, du glam-métal, et sortent Machina. Au moins sur ce coup là ils auront réussi à tenir un pari, un seul : être aussi pompeux, chiant, grandiloquent et ridicules que le Pink Floyd de The Wall. Pas de chance, c’est pas avec cet album là qu’ils l’avaient prévu, mais avec Mellon Collie and The Infinite Sadness. Ca aussi c’est un exemple de pompièrisme rarement égalé, ce titre. De toute façon, il faut être logique: c’est un pléonasme que d’accuser de pompiérisme un groupe dont Pink Floyd et Queen sont des références affichées.
La pop dépressive de Radiohead est à la mode ? Adore y répond.
Et c’est quasiment minuté, prêt à l’année près : 1991, Nevermind : 1993, Siamese Dream. 1997, OK Computer : 1998, Adore. 1998, Mechanical Animals : 2000 Machina I : The Machines of God. CQFD.
Non, c'est pas de la pose: les guitares disto et le cuir, c'est moi qui ait trouvé le premier que ça allait vachement bien ensembel (B.Corgan, 2000)
Et bien sur, quand on est un groupe d’une telle qualité, d’une telle importance quant à l’évolution du future de la musique, il est légitime de connaître sa place : en haut de l’affiche, mais pas trop près des fans. Les concerts, c’est juste histoire de faire rentrer des fonds… On fait un beau show à l’américaine, parce que finalement, c’est ça qui les amuse… et ca fait plaisir aux journalistes et aux critiques, parce que, finalement, c’est eux qui nous intéressent, c’est eux qui détiennent la vérité. Alors que franchement, cette troupe de badaud trop niais pour comprendre le sens de notre musique…. Certes, ils sont attendrissant, mais…
Eh ouais, car on a beau faire du Rock, on en est pas moins des vrais artistes…Et tant qu’a faire, autant qu’on nous étudie dans quelques années encore… John Lennon a écrit les paroles d’I am the Walrus dans le but précis que personne n’y comprenne rien. Des paroles sans aucun sens. Et si on construisait une carrière entière la dessus ?
Franchement, existe –t-il une personne, je ne sais pas, le fan le plus hardcore des Pumpkins, qui ait un jour compris de quoi parle la chanson Tonight, Tonight ?? Des fois ca atteint des niveaux ou ont croirait qu’il a utilisé la même méthode que celle choisie par Thom Yorke pour écrire les paroles de Kid A, à savoir sortir des bouts de phrases d’un chapeau…. Regardez plutôt :

Quoiqu’il arrive, à un moment ses jeunes camarades en ont eu marre à un moment. D’Arcy, la bassiste du groupe, se tire sans autre forme de procès, on ne sait toujours pas ce qu’elle est devenue. Alors, à qui Billy fait –il appel pour la remplacer… à son ex, ex-bassiste du groupe d’une autre de ses ex (car oui, le Billy a du succès avec les femmes quand même, ca on peut pas le nier) : Melissa Auf der Maur, la bassiste la plus incompétente de l’Univers. Enfin, n°2 on va dire… laissons son titre à Sid Vicious.
Puis, après la tournée, c’est l’implosion : MADM va enregistrer un album solo, ou tous les invités vont lui permettre d’honorer son titre de Jean Claude Brialy du rock indé des 90’s (Dave Grohl ou Josh Homme sont allés se compromettre sur ce douteux « Auf der Maur »). James Iha va rejoindre A Perfect Circle (oui, même Maynard laisse plus de place sur scène à ses zicos que Corgan, c’est dire…).
Et Corgan va monter un groupe. Avec Chamberlain à la batterie, oui, ce même batteur qu’il avait viré puis repris. Ce serait vraiment petit de justifier un comportement aussi bizarre par le passé de toxicomane de cet homme, mais le doute subsiste). Bide. Oui, les fans n’aiment pas quand Billy chante (…) des trucs joyeux. Ca ne lui va pas.
Alors il dissous son groupe comme un efferalgan un lendemain de cuite. Et se lance dans la production d’un nouvel album. Solo. Parce que c’est là qu’il se sent bien, seul. Ah oui, il faut préciser un truc… Là encore, il expérimente dans l’espoir de trouver un truc qui plaise au public… Pop légère et joyeuse avec Zwan…. New Wave avec son solo….

Non, c'est clair maintenant, "I'm not the messiah" ... Et j'en suis très attristé (B. Corgan, 2007)
Mais le gaillard est malin et a le sens du commerce (je suis sur qu’il doit avoir l’équivalent américain d’un BTS action de vente mais j’arrive pas à le prouver). Le jour même de la sortie de son album, il publie sur une page pleine de Chicago Times un article annonçant son envie de reformer les Smashing Pumpkins.
Franchement c’est un coup de génie : beaucoup de gens sont assez naïfs pour considérer les Smashing Pumpkins comme un grand groupe. Dès lors ils pensent que son leader est certainement doué aussi en solo. Ici Corgan rappelle d’un coup :
Que c’est certainement le seul album solo qu’il fera, alors ce serait dommage de le louper. (Ah oui, parce qu’il colle une pub pour l’album solo dans le coin, pas fou. Et une photo de lui sur la moitié de la page.
Bien sur il rappelle tout cela après un passage émouvant ou il explique à quel point sa ville de Chicago lui tient à cœur et comment il a voulu y rendre hommage à travers sa musique. Rappelons au passage que cette musique donne un peu envie de se tirer une balle. Chicago l’en remercie tous les jours, je suis sur. Il a du bien booster le tourisme. Mais plutôt celui des habitants de Chicago.
Mais je vais quand même vous laisser déguster le meilleur passage de la lettre en V.O. (pour lire cette page en entier, RDV ICI ).
For a year now I have walked around with a secret, a secret I chose to keep. But now I want you to be among the first to know that I have made plans to renew and revive The Smashing Pumpkins. I want my band back, and my songs, and my dreams .In this desire I feel I have come home again.”
C’est quand même beau non? Comptez les « my » et les « I ». Il parle d’un groupe, mais…. A la première personne du singulier. Non, ce n’est pas une auto fiction, c’est une auto réclame.
Bref cet année est sorti l’album le plus médiocre de leur carrière, resucée ratée de leur passé…
Mais, pour vous laisser tranquilles et vous laisser juger sur pièce, je vous offre cette splendide tentative progressive et bruitiste, un truc ridicule comme on en avait pas fait depuis…. Les Smashing Pumpkins avec XYU. Quand les Smashing Pumpkins, enfin ce qu’il en reste… essaye de faire que Queens of the Stone Age mais n’y arrive pas, ca donne le sommet de Zeitgeist : United States. Régalez vous. Riez bien.
Révolution, Révolution clame –t-il. La révolution pour Corgan, ce serait peut être de faire une musique simple, audible, agréable, et compréhensible… Comme ces chefs d’œuvres de Queen dont il dit être fan….