Rock (beaucoup), littérature (un soupçon), et mauvaise foi (surtout).
Cet album est la preuve même que les experts auto déclarés du Rock peuvent se planter tous ensemble, comme des grosses buses. Souvent encensé comme « l'album le plus important du Rock » (voir « meilleur album »... eurk.) « album décisif de l'histoire de la pop music... » J'en passe et des meilleurs.
Bref à peu près toutes les conneries prépensées que vous ont sorties vos profs de Français pour vous convaincre de lire Germinal...
Alors que si on y regarde bien, franchement... C'est tout bêtement le pire album des beatles. (en même temps, si on reste honnête c'est leur dernier en tant que groupe, chacun compose dans son coin derrière, je vous le rappelle... Ca leur aura au moins évité de refaire ça...)
Bon, replaçons le contexte. On est en 1967. Les Beatles ont arrêté la scène et décident de devenir un groupe de studio, s'octroyant la possibilité de bidouiller les bandes comme ils veulent, d'arrêter de faire de la pop, de commencer à faire de la Musique. Et a votre avis, quel est le grand meneur de cette mascarade pompeuse ? Personne d'autre que Sir Paul McCartney. Qui n'a pas encore fini sa petite querelle personnelle avec les Beach Boys (on rappellera que le coup qu'il a joué précédemment c'est quand même Yellow Submarine, ouais bien joué Paul... Franchement, retourne draguer des photographes tu seras moins chiant.)
Et donc Paul a les nerfs. Les Beach Boys viennent de sortir « Pet Sounds » (autre album honteusement surestimé... mais je préfère pas en parler, les pseudos - harmonies vocales des frères Wilson me débectent...). Et là il a l'idée la plus géniale du monde... « L'album concept ».
C'est fou comme aujourd'hui tout le monde s'accorde à dire qu'un album concept c'est une grosse connerie, que tous les concepts choisis sont miteux, mais aussi comment tout le monde s'accorde à dire que cet album-ci est génial.
Alors je rappelle le principe de celui - ci... il est à peu près aussi développé que les jeux que s'imaginent des gamins de dix ans :
« - On dirait qu'on est pas les Beatles mais qu'en fait on est un autre groupe. Sgt Pepper's lonely hearts club band qu'on s'appellerait. Et on enregistre un disque que ce serait un live mais en fait comme c'est une histoire on le ferait en studio quand même mais qu'on mettrait des applaudissements.
- Super idée Paul, répondit Ringo, complètement défoncé.
- J'peux jouer du sitar ? , demanda alors George
- Mais bien sur, de toutes façons on va mettre plein de cuivres, de violons, et puis Brian se démerde pour mixer tout ça derrière, ok ? Mais au fait, ou est John ?
- T'occupes il est parti à une expo d'une artiste d'avant-garde japonaise qui se fait découper ses vêtements... Il doit bien se marrer, lui, au moins... Eh, tant qu'on y est , Paul j'aurais le droit de chanter sur celui - là aussi de disque ? Ah Ah Ah !! (Ringo)
- Bon ben au moins John me fera pas trop chier. Il écrira 2 titres à la con, on les mettra au début et après on s'attaquera au gros du boulot. »
Et voilà comment s'est décidé un des moments les plus désespérants de l'histoire de la pop music. L'opération Overlord du Rock. Menée de main de maître par le sergent Pepper.
Et donc voilà l'objet du délit. LE truc qui est bien avec, c'est qu'il suffit d'écouter ça pour avoir un aperçu de tout ce qui peu ne pas aller dans un album des Beatles seconde période.
Lennon démarre fort avec des textes codés (Lucy in the sky with diamonds), inspirés par un dessin de son fils mais qui se livre aux plus désespérantes interprétations sur la drogue. Dans la même catégorie, Mc Cartney tape avec « Fixing a hole ». Sauf que quand on lui demande explication, il répond que sa chanson parle de « réparer un trou ». Grand parolier, McCartney, transcende déjà le quotidien 30 ans avant Vincent Delerm.
Mais bon, ils ne peuvent pas paraître totalement ridicule vu que juste avant ils nous ont imposé Ringo au chant sur « With a little help from my friends » *
Sur « She's leaving home « , McCa sort les violons pour faire pleurer dans les chaumières en évoquant les différents parents enfants, avec cette belle histoire de gamine qui fugue en douce... Un grand titre. **
Le pire c'est que comme un con, je croyais que "Getting Better", ça voulait dire "on va faire mieux"... Que nenni.
Bonjour à tous, alors ceci est la musique de l'avenir, c'est compris ou on vous colle nos avocats au cul?
La face B (de l'époque) s'ouvre sur la pire des dégénérations indophiles de Harrison, « Whithin you, without you » (dont le titre sera honteusement parodié par U2, qui, on se fait rendre des hommages par qui on peut), ses 5 minutes de Sitar... Au moins on peut remercier le côté pratique : on avait qu'à se lever une seule fois pour changer la face ET sauter ce morceau.
En même temps comment dire... Pas la peine de retourner le disque, vu qu'après ne s'enchaînent que des perles de nullité. Depuis le « When I'm sixty four » de Mac Cartney (évidemment, un titre pareil). Manquent juste dans ses paroles un « Je serais encore en train d'essayer de refaire Yesterday sans y parvenir et vivrai juste sur ma légende » pour que ce ne soit plus une chanson mais une prémonition.
Sans parler de Lovely Rita, fantasme de gamin sur une contractuelle... ridicule.
Ou de « Good Morning, Good Morning », après avoir fait sur l'album précédent un « Good Day sunshine » déjà pas mal ridicule... Et enfin, la libération. « Sgt Pepper's reprise ». OK, on aurait préféré qu'ils ne la reprennent pas, mais bon... au moins, ça augure de la fin.
Mais non, c'est pas fini ! Il reste « A day in the life ». Là, je dois cependant m'avouer... non pas vaincu, mais plus modéré. Cette chanson est bien. Et sa place en fin d'album ne fait donc que confirmer la médiocrité de cette galette.
Personne n'aurait osé la caler plus tôt, elle est trop bien pour faire partie de ce concept minable du faux groupe.
Elle est placée en dehors, mais sur le disque, quand même, tel un argument publicitaire de premier choix Et en plus elle ne sortira pas en 45 tours. Le single de qualité (mais qui ne sort pas en single, hein...) pour promouvoir un album de merde, inventé par les Beatles 20 ans avant MTV... Quand on les dit avant gardistes, hein.
Bref, un album important pour l'histoire du Rock, oui, car il contient déjà, en germe ou déjà éclos, toutes les tares de la pop et du Rock dans les années à venir : De la carrière solo de McCartney à la « promo » qu'on va faire chez Cauet en passant par MTV, en passant par les concept ridicules, tordus, et incompréhensibles mais de toutes façons ils sont trop mal rendus dans les disques qui s'en revendiquent pour qu'on le comprenne, et non, j'ai pas dit Pink Floyd, ou les orchestrations inutilement complexes mais non j'ai pas parlé de Queen.
Pour conclure, je voudrais juste qu'on se rappelle de ceux qui ont su garder la simplicité, les « Pre FAb Four », et leur meneur, le grand Eric Idle.
** En meme temps vous attendiez quoi, vous, de la part d'un mec dont le plus grand succès solo sera une B.O. de James Bond? Et encore, repris par les Guns and Roses... Même Tina Turner est pas tombée aussi bas. J'en arrive à me demander si ce serait pas lui en fait qui aurait lancé la rumeur sur sa mort pour pas qu'on lui en veuille de rien avoir fait de bien depuis 30 ans...