Rock (beaucoup), littérature (un soupçon), et mauvaise foi (surtout).
Imagine… you’re in a pick up, travelling across the driest desert of Nevada State. The red sun is white heating the body of the car… and does the same to yours. It’s about time the night rises up. The red light coming from the disappearing sun makes you mistake your sweat for blood. It’s about time you got it done. About time you arrive. Where? Why should you care? Welcome. It’s song for the Deaf.
A mon tour de m’attaquer à cet album qui, bien que pas si vieux, tiens déjà du mythe. Pour le confirmer vous n’aurez qu’à regarder la liste de liens vers les articles qui en parlent que je vais caler en fin de cet article… On dirait presque ma liste de lien tout court.
Cet album est considéré par beaucoup comme un album presque fondamental, un petit Chef d’œuvre moderne du rock. Pour tout dire, selon moi, le dernier album (avant celui – ci) à s’être vu déclaré unanimement « Chef d’œuvre » par toute une génération de rockeux, ca doit être OK Computer, 5 ans avant. Je vais certainement y aller un peu fort (pour une fois) mais… ne pas aimer cet album, c’est soit :
Ne pas aimer le rock
Ne pas avoir écouté cet album (du moins pas assez, ni assez sérieusement)
Car oui, finalement ils existent vraiment ces albums qui surprennent (voir même répugnent carrément) à la première écoute, mais qui se révèlent sur le long terme… Personnellement, il n’a pas été pour moi une grande claque, d’un coup « whoa quel album génial ». J’ai vraiment commencé à l’apprécier à force d’écoutes successives, en l’entendant pas forcément chez moi mais chez des potes, passant petit à petit de « Ouais c’est assez chiadé comme truc » à la grosse claque qui fait que depuis quelques semaines il boucle comme pas permis.
Nick Oliveri pris en Flagrant délit de... concert habillé ?!
Cet album est surprenant.. il en ressort quelque chose d’à la fois malsain et inexplicablement sexy. Après, avec le recul, on peut dire que les choses ont très bien été faites. Mais revenons vite fait sur la genèse de cet album, pour y voir plus clair.
Les Queens of the Stone Age ont à leur actif deux albums, et le second a eu un certain succès. Deux têtes pensantes se partagent la direction des QOTSA : Joss Homme (Guitare, chant, concours de sosie d’Elvis Presley) et Nick Oliveri (Basse, exhibitionnisme, à l’occasion chant). Ces deux jeunes gens, ils leur manque un batteur. D’après vous à qui ils pensent ? Dave Grohl. Si. Sans Déconner. Et en plus il accepte. Et comme on en a jamais assez, nous, public de gout, ils nous rajoutent, sur 2 titres, Mark Lanegan et sa belle voix rauque et éraillée.
Dave Grohl: Un batteur qui s'adresse aussi à ceux qui sont au fond.
Déjà, c’est bien parti non ? Mais quand l’ensemble se met en branle, c’est…. Un grand moment de heavy rock, de blues rock, de métal… de stoner. La musique de Homme & Oliveri est tellement unique en son genre qu’elle y a gagné le droit à sa qualification perso : ils font du stoner rock TM.
Et cet album est si j’ose dire un « Manifeste du Stoner » comme Sgt Pepper put être celui du psychédélisme. Doublé d’un album… imagé. Il est des disques comme ca, qui vous suggèrent des images. Et celui-ci en est. De par les thèmes abordés, par la musique, par le cover art… Tout cet ensemble forme un tout cohérent, qui tient la route, logique… et génial. De plus la structure en radio pirate (interventions parlées, grésillements de changement de station…) m’a toujours fait penser à un croisement entre une B.O. de Tarantino et une bonne partie de G.T.A… Derrière c’est à ton imagination de faire le travail !!
Ceci n'est pas Lorenzo Lamas.
Ce qui s’est toujours imposé à moi c’est une longue traversée du désert du Nevada à bord d’un pick up, une traversée sous acide avec ses hauts (représentés pas les pop songs) ses bas (les titres saccadés, qui bouclent, limite oppressant) et qui s’achève par la découverte de l’objet de la quête (dont au final on ignore l’origine comme le but, ce qui rend la quête en elle-meme d’autant plus excitante), dans le grandiloquent « Mosquito Song », ses violons, son explosion de trompettes. L’album se conclut sur « Everybody’s gonna be happy », générique de fin idéal pour celui qui vient de se réaliser au terme d’une aventure aussi belle qu’éprouvante.
Chez les Queens of the Stone Age, on est très famille...
Cet environnement rouge et noir, l’explosion, la folie, les délires sous acide, tout ca se retrouve en 4 minutes dans le clip de « Go with the flow », tellement réussi qu’au final il marque les écoutes ultérieures de l’album.
Car les QOTSA ont plus d’un tour dans leur manche, et savent, avec un meme gimmick décliné plusieurs fois, rendre un morceau surprenant… Le morceau est lancinant, saccadé, il tourne, il tourne, quand tout d’un coup, un incursion 100 % mélodique de la voix de Joss Homme, qui ne dépareille pas DU TOUT avec la musique bourrine autour, vient redonner une tour de roue à la chanson, et la relance pour 2 minutes. On retrouve ca sur First is Giveth, Do it again, God is in the Radio et à chaque fois ça fait mouche.
A coté on a des pop song surprenantes, ultra mélodiques tout en etant assez heavy, comme Another love song ou Gonna Leave you.
Les QOTSA ont, au final, réappris à tous comment faire du neuf avec du vieux et du talent. Un album franchement surprenant, pas direct mais dont chaque écoute permet de découvrir un truc supplémentaire… C’est pas ca un album culte ?
So, listen… Now, you have to go.In the desert, no one will ever hear you scream. In the desert, you can drink whatever you want. But don’t even dream about water. This is the beginning of a new life. But don’t be afraid. Everybody’s gonna be happy.
Et maintenant que je vous ai dit ce que j’en pense, l’avis de: