Rock (beaucoup), littérature (un soupçon), et mauvaise foi (surtout).
Un article en speed sur cet album que j’ai récemment réécouté et qui vient de voler la place de l’année 1994, originellement prévue pour le « Definitely Maybe » d’Oasis. Désolé les gars, vous n’apparaîtrez finalement pas dans cette série d’articles….
C’est bien simple cet album, unique album du fils de Tim Buckley est extraordinaire. La voix de Jeff Buckley, même s’il est facile de la comparer à celle des accros du falsetto, les Thom Yorke, les Matt Bellamy est unique. Et elle supporte à elle seule l’album entier.
C’est bien simple, Jeff Buckley était double. Sa voix est aigue mais pourtant, au fond, elle est rauque. Comme un chanteur d’opéra qui aurait abusé du bourbon et des clopes (comme un bluesman quoi). Les ¾ du disque sont larmoyants à souhait, mais « Eternal Life » reflète son côté hargneux et colérique (tout comme la reprise de « Kick out the jams » du MC5 qui est présente sur certain live … Et enfin, le Jeff Buckley qu’on s’imagine en écoutant est une sorte de Rimbaud moderne, un gamin romantique et dépressif… Une vidéo live suffit pour comprendre que ce mec est une grosse bête de scène suant sang et eau au service des ses chansons, qui, elles, sont supra sentimentales.
Galette des rois chez les Buckley?
Personnellement, il n’y a qu’un titre que je n’aime pas sur cet album… Buckley a une voix magnifique, les accompagnements (pas mal de cordes) sont super… La complainte sentimentale sur le passage à l’age adulte qu’est « Lover you should’ve come over » est un hymne, les changements de rythmes sur « Last Goodbye » sont splendides…
Et les 2 tubes que sont « Grace » (encore une chanson de lover) et la reprise du « Halleluya » de Leonard Cohen,chanson qui n’a qu’un défaut, indépendant de toute volonté : elle a perdu toute intégrité en apparaissant dans la B.O. de Shrek. Ce qui en a fait : « La chanson qu’il y a dans Shrek ». Enfin, Iggy Pop est bien de nos jours « le mec de la pub SFR » …
Après, OK, d'autre chef d'oeuvres comme Lilac Wine ou So Real sont surtout là pour démonstration vocale et passent un peu innapercus dans la masse mais bon... l'album s'écoute d'une traite.
En bref un album à conseiller à quiconque à un cœur et des larmes à faire sortir. Ou simplement aux amateurs de belles voix.
Sans oublier que Buckley fit la carrière d’une rock star idéale : percée, album, succès, tournée, mort. Comme papa (Tim Buckley, mort à … 27 ans. Encore un). On reverra ça dans « La mort en Rock vol.2 ou : Comment nager dans le Mississipi sans ses Doc Martens pour les nuls)