Rock (beaucoup), littérature (un soupçon), et mauvaise foi (surtout).
David Bowie...
Ce nom veut dire tellement de choses maintenant. Figure emblématique, exemple type choisi pour le terme « touche à tout de génie ». Mais Bowie, c'est... l'artiste toujours en avance sur son temps, qui donne le la, qui lance la mode. Et quand par malheur il a eu l'idée d'avoir juste un peu de retard, il devient fer de lance, leader incontesté et incontestable. Chuter cent fois pour se relever cent, avec la manière en plus. 40 ans de carrière tout à la fois exemplaire et franchement Rock n' Roll, le talent mélé aux excès, la morgue et la classe, toujours.
Choisir 5 titres au cœur de 40 ans de carrière, ce n'est pas facile... Mais bon, autant essayer. Attention, sélection 100 % ressenti, option, poils qui se dressent sur les bras.
Life on Mars?
Ce morceau pour moi, c'est la pop dans son essence la plus pure et la plus directe. Ce piano délicat, puis ces cordes qui entrent en scène... Peu importent les paroles (je ne les connais d'ailleurs toujours pas vraiment), la musique et la voix forment un tout qui transporte... Et cela suffit amplement.
Rock n' Roll Suicide
C'est peut-être par ce titre que j'ai compris, enfin, ce que signifiait le terme « album en tant qu'album » (album cohérent si vous préférez). Car cette chanson est pour moi l'archétype de la chanson de fin d'album. Finir sur une envolée, comme ça, qui laisse pantelant l'auditeur qui sait que c'est fini, j'en connais au final assez peu de cette qualité. Et même prise isolément comme je le fais ici, cette notion de final grandiose reste ancré dans ce titre, que je ne saurais écouter sans joindre le geste à la parole de Ziggy : la clope au bec, évidement.
Cracked Actors
Si Ziggy est l'album le plus souvent cité comme emblème du Glam, c'est pour moi Aladdin Sane qui recèle le plus de titres vraiment Glam Rock en fait. Et Cracked Actors, c'est l'emblème de l'idée que je m'en fais, moi, du glam-rock : un truc sexy, binaire, sexy, sulfureux, sexy, légèrement dansant. Et puis sexy, aussi. Un peu.
Station to Station
Apprécier la partie « Station to Station » - « Lodger » de l'œuvre de Bowie, et par là j'entends, l'aimer sincèrement, l'apprécier, c'est un peu une sorte de Graal pour l'amateur de Rock. Disons une première étape, un Graal de bronze : c'est la marque que son ressenti approche d'un accord avec l'esthétique globale, car, avouons le, on a fait plus « easy-listening ». Station to Station, le morceau, j'ai trouvé moyen de bloquer dessus plus d'un mois entier, et au final, il me fascine toujours autant : des morceaux de dix minutes qui paraissent en durer 3, il n'y en a pas tant que ça. Et tous sont bons.*
Heroes
Outre la bande son d'une éreintante publicité pour un FAI, ce morceau fait surtout office de surprenante respiration au cœur de l'axe glauque évoqué plus tôt et que d'autres appellent « Station to Station et la trilogie berlinoise ». Un morceau niais, mais niais questions paroles, mais qui joint la musique à la parole : il respire l'espoir et fait que, bon, ... on y croit.
Yes, we can be heroes, just for one day. (But a little longer would be nice).
* A noter que certains morceaux de trois minutes qui paraissent en durer dix sont bons aussi (Hapiness is a Warm Gun), mais pas tous (tout Calogéro)