Rock (beaucoup), littérature (un soupçon), et mauvaise foi (surtout).
Remarque préliminaire: même probleme avec Deezer que pour AC/DC. La norme originelle va devenir exception, je le sens.
Faut -il que mon esprit soit pervers pour que je m'inflige ainsi, dès la seconde séance, la pire des tortures ? Sélectionner 5 titres des Beatles, dans la discographie, certes pas la plus grosse qui soit, mais la plus riche et la plus complète, quand même ? Déjà, sélectionner mes 5 albums préférés serait un supplice...
(Non, je déconne : Help, Rubber Soul, Revolver, White Album, Abbey Road)
Je dois quand même avouer que je suis le premier à être étonné de ma propre sélection, au final. Aucun titre de Revolver, ni du double blanc dans la sélection de base. Tout simplement, surement, parce que la sélection est trop ardue à faire au cœur de ces chefs d'œuvre. (Bizarrement, c'est plus facile au cœur de Sgt Pepper)
Mais bon... C'est une de mes convictions personnelles que les Beatles, plus que tout autre, est un groupe avec lequel chacun élabore un lien très personnel... Mais c'est quelques chose sur lequel je reviendrai sous peu. Dans la semaine, par exemple. Passons à la sélection.
A hard day's night
Tout d'abord, parce que c'est l'essence de la pop music. Une chanson simple, couplet refrain couplet refrain pont refrain refrain. Ensuite, pour cet accord d'ouverture, qui résonne un rien, et qui finalement marque à jamais. Enfin parce que c'est à l'heure actuelle encore mon record personnel en Blind test, la seule chanson que j'aie reconnu en moins d'une seconde.* Rien que pour ça, je devais la choisir (à noter qu'elle a écarté au tout dernier moment Eight days a week.)
The Word
La voilà, ma perle à moi, mon trésor enfoui. Bon, il est pas enfoui bien loin, ce n'est pas une obscure face B... Juste un des morceaux non single-isé de Rubber Soul (mon fétiche !). Un morceau qui, littéralement, me fascine, car totalement banal (ou presque, aucun morceau des Beatles n'est vraiment « banal »), paroles sévèrement niaises, mais... une descente de guitare délicieuse en arrière, un rythme saccadé du plus bel effet... Bon, écoutez, et puis voilà !
A Day in the life
Bon, j'étais obligé. C'est vrai que c'est objectivement un des morceaux les plus aboutis du groupe. De plus, en le plaçant, je satisfais tous ceux considérant que mon mépris de Sgt Pepper est la marque de l'infamie sur ma pauvre tête. Mais la raison est plus... scientifique, pour moi. Tous les amateurs éclairés connaissent la façon dont a été élaborée cette motée de cordes finales (les amateurs non éclairés sont invités à jeter un œil sur Wikipedia) : notes de départ et d'arrivées communes à tous les instruments, seule consigne, monter dans les aigus, mais le chemin de notes emprunté est laissé à la liberté de chaque musicien.
Et ça rend de façon magnifique. Moi qui déteste cette forme d'intellectualisation de la manière de composer (L'analyse doit pour moi être une conséquence de la musique et pas son processus de cration), je me retrouve à chaque fois le cul par terre à la fin de ce morceau. Indispensable.
Something
Un jour j'ai eu le malheur de dire à un pote que « je devais surement être en train de vieillir, car plus le temps passe, plus je me sens plus Lennon que McCartney ». Ce à quoi il a rien trouvé de mieux à répondre que « T'en fais pas... l'étape suivante c'est de devenir plus Harrison. »
Le pire c'est qu'il avait raison, ce con. Dont acte.
I want you (She's so heavy)
Juste parce que c'est le meilleur morceau de rock planant qui soit pour le détesteur de Pink Floyd que je suis. Enfin, planant... c'est hypnotique, légèrement glauque, parfois nerveux, souvent tendu, virevoltant avant de tomber plus lourdement... Le dernier grand chef d'œuvre de l'ère Beatles issu de l'esprit dérangé de Lennon. Bon, le fait est que j'ai longuement hésité. Mais le fait que le medley McCartnesque soit effectivement un medley et non pas un titre en soi a permis de faire le tri. Mais ca m'a fait mal au cœur de devoir abandonner par la même le solo de batterie le plus drôle du monde, sachez le.
Reste cependant un regret : aucune ballade dans cette sélection : en choisir une aurait été trop crève cœur, ou alors j'aurais du feinter, faire un top 5 des Top 5 des Beatles... bon, bref, quand même, je m'autorise 5 ballades Beatlesiennes : Yesterday, For no one, In my life, Girl, et You've got to hide your love away.
On finit sur un petit bonus : The Dirty Mac - Yer Blues
En l'honneur du Rolling Stones Rock n' Roll Circus, un supergroupe reprend le « Yer Blues » du White Album : Lennon au chant, Clapton à la guitare, Keith Richards à la basse, et Mitch Mitchell (du Hendrix Experience) à la batterie. Grande version.
Concluons : j'avais promis de faire court dans cette sréie, mais faire court quand on parle des Beatles s'apparenterait presque à un crime de lèse-majesté dans mon système moral personnel. Désolé.
* Le seul autre titre pouvant rivaliser, c'est "Les lacs du Connemara" de Sardou, que je reconnais au second coup de vent.