Rock (beaucoup), littérature (un soupçon), et mauvaise foi (surtout).
Je n'aime pas danser, mais souvent j'aime bien faire de grands gestes en écoutant de la musique. J'aime headbanguer en chantant du Slayer, chanter en pleurant sur du Radiohead, danser sur du Hushpuppies. En chantant, aussi.
Mais finalement, rien ne me fait plus bouger que... Ce morceau de classique qui n'est pas vraiment du classique parce que quand même au XIX ème siècle, les valses viennoises c'était pas forcément ce qui plaisait aux érudits de la Grande Musique.
En 2008, qu'en est - il ? Il en est que s'il est un évènement classique que je souffre de rater, c'est bien le concert du Nouvel An, et surtout son rappel : Le Beau Danube Bleu - La Marche de Radetzky.
La Marche de Radetzky, on dirait pas, mais c'est vachement innovant. Et le cérémonial autour de ce morceau me fascine toujours autant chaque année. On vient de jouer le Beau Danube Bleu, le chef d'Orchestre vient de recevoir son Bouquet. Il se tourne vers le public, auquel il adresse ses vœux, dans facilement une dizaine de langues, comme le Pape mais en plus cheap.
Puis, tout le monde le sait, le morceau commence. Le chef d'orchestre reste tourné vers le public, qu'il dirige, car le rythme martelé par les mains du public ( qui résonne de force chevalières et solitaires) fait partie intégrante du morceau. Lorsqu'il est ainsi joué.
C'est véritablement un moment que je ne raterai pour rien au monde... sauf cette année. (Et évidement en 2005, lorsque cette marche n'a pas été jouée, en signe de deuil (Tsunami))
Alors j'ai décidé de m'offrir une séance de rattrapage avec cette œuvre. Parce que bon, on a tergiversé pendant des jours sur le fait d'être un dominant-/dominé intello précaire qui a bon gout mais pratique la violence symbolique ... ou pas, mais finalement, l'important, le véritablement important... c'est la musique et ce qu'elle nous offre et nous fait faire.
Donc faites comme moi, mettez le son à fond et jouez au chef d'orchestre en agitant les bras, et ce, tout en chantant « Tindindin, tindindin, tin - din popopopop pö, pôooo ». Et surtout, surtout, le fait est que.... Certains morceaux me collent la chair de poule quand je les écoute, mais celui-ci est le seul, je dis bien le seul qui me colle la chair de poule quand j'y pense simplement.
Remarquez quand même qu'avec ce choix, je me comporte comme un sale dominant culturel adepte de musique noble.