Rock (beaucoup), littérature (un soupçon), et mauvaise foi (surtout).
« Conne de légende, tiens ». La phrase est d'Arbobo. Bon, certainement que d'autres ont déjà dit des trucs approchant avant, mais bon, là, au moins, ça a été dit ici.
« Les filles foutent la merde dans tous les groupes ». Ca c'est de Chtif.
Bon, maintenant vous avez toutes les clés pour comprendre pourquoi j'ai été déçu par ce livre.
Ah non, il faut en rajouter une quand même... Je gardais le souvenir d'une critique positive dans Rock n Folk quand ce livre était sorti en français, il y a maintenant 3 ans.
Voilà, maintenant vous comprenez.
« Confessions d'une groupie » a le mérite de bien porter son titre, et d'arborer une couverture qu'on s'efforce de cacher quand on lit dans le métro. Les mésaventures sentimentalo- sexuelles de Mlle Miller dans le monde du Rock de la fin des années 60 aux années 80 sont certes intéressantes, mais posent de nombreux problèmes.
Tout d'abord, on est alléché par la liste de Rock star qui sont, on le sait citées dans ce bouquin... Des Byrds aux Stones, Mlle Miller a traîné avec un grand nombre de génies musicaux que, personnellement, j'admire. On s'attend, ou du moins moi, je m'attendais, à avoir une vision du Rock de cette période depuis les coulisses, un point de vue brut de décoffrage qui apporte ce qu'on ne pourrait pas lire dans les biographies officielles.
Car Pamela n'est pas n'importe qui, elle est quand même une des personnes qui a soutenu Mick Jagger au soir d'Altamont ! Elle a couché avec 50 % de Led Zeppelin (confirmant la théorie que le chanteur et le guitariste ont plus de chance que les autres.) ! Elle a vécu pendant 2 ans avec les Zappa !
Et vous savez quoi ? Malgré tout cela, ce livre ne présente pas grand intérêt. Pour une raison simple et pourtant annoncée partout : Pamela Des Barres est : « la groupie de référence ». Cela ne veut pas dire que son avis, ou son histoire, sont intéressants ! Ca veut juste dire que c'est une petite gourde (j'aime les insultes désuètes) qui se fait une fixette sur les Rock stars.
En ce sens on se dit qu'elle a bien réussi à rendre le truc en écrivant ça, du fait qu'une page sur deux on a envie de lui coller un claque tellement on la trouve niaise. La première fois qu'elle se fait avoir et devient un coup d'un soir, ok, on est attendri par sa naïveté, mais bon, la 4 ème fois ou Jimmy Page la trompe et qu'elle tombe toujours des nues on en vient à se demander si elle est pas un peu conne...
Bon j'ai été gentil parce que j'ai pas voulu sortir une photo de la dame aujourd'hui. Mais en en voyant, je me suis dit que les groupies devraient mourrir quand leurs groupes fétiches splittent, ca serait plus humain. Ah, merde, les Stones sont toujours ensemble.
Et cette sensation ne fait que s'amplifier quand elle avoue qu'elle ne supporterait pas de faire un concert du côté de la foule et veut à tout prix être côté coulisses, quand elle se plaint de ne pas atteindre la clébrité qu'elle recherche après publication d'un album (son seul) ou d'un petit rôle (entre autres dans le 200 Motels de Zappa)...
Bref, qu'a-t-on dans ce livre ? Une vie, un parcours d'une jeune fille, dont la vie fut Sex, Drugs, mais finalement pas très Rock n' Roll, bien que des Rockstars parcourent tout le livre. Et même dans le cas ou sa vie à elle n'est pas très Rock n' Roll, on s'attendait à un bouquin satisfaisant nos plus bas instincts de lecteur de Voici, on voulait, à la rigueur, savoir si Noel Redding est plus slip que caleçon, certes, mais... là, soit on en apprend trop, soit on apprend rien. Les performances sexuelles de Mick Jagger m'indifèrent, et ce n'est un scoop d'apprendre que « la folie de Keith Moon ébranlait l'univers ». Et j'en ai rien à foutre de savoir que Frank Zappa et sa femme aimaient prendre le thé à heures fixes. Et quand arrive dans le paysage Don Johnson (oui, vous savez, Nash Bridges) dont j'ai appris à cette occasion le passé de chanteur country, eh ben, on se dit, « c'est bon, on va pas pousser non plus. » Heureusement qu'il restait que 100 pages et Keith Moon sinon j'abandonnais direct.
Bref, Confessions d'une groupie, ou un bouquin écrit par une féministe, sur le Rock, mais qui n'est pas prêt d'arranger la misogynie inhérente au genre : You can't always get what you want.