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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 10:00

Allez, cadeau : la mode étant au crossover en ce moment, je m’autocrossoverise ce soir : La Mort en Rock, une année, un artiste, un album, Gros Blogage et Le Rock Critique est un con réunis tous ensemble pour faire le spectacle !! Mais ceci n'est PAS ma participation au crossover des blogs 2008...

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Utero-copie-1.jpgC’est certainement le snobisme le plus répandu, le plus flagrant et le plus commun qu’on puisse rencontrer dans le monde du Rock. Préférer In Utero à Nevermind. Bon, certes, un snobisme aussi répandu perd un peu son statut de snobisme. Mais bon, soyons honnêtes : combien sont ils ceux qui ont commencé à apprécier Nirvana uniquement à l’écoute d’In Utero ? A la première écoute, il rebute un peu, à quelques titres près. Ecouté après Nevermind… ben le boulot est déjà fait, on sait qu’on a affaire à un groupe qui se débrouille. Quand même.

 
 
 

Non, In Utero n’est pas forcément le meilleur album de Nirvana. C’est surtout l’album du fantasme, parce que le dernier. C’est celui dans lequel on va chercher des pistes sur ce qu’aurait pu faire le groupe quelques années plus tard, si Cobain avait oublié de faire le plein de munitions. C’est l’autre moitié (avec le Unplugged in New York) du diptyque morbide dernier album – dernier live.

 
 
 
 
 

Franchement… Nevermind n’est pas mauvais. Loin de là. Mais c’est une autre part du snobisme Rock que de considérer que cet album, au son « trop poli »ne se conforme pas à la volonté du public ou même du groupe… bref du vrai amateur de Rock. De toutes façons, Butch Vig* aura été accusé a posteriori de tout ce qui n’allait pas dans le Grunge… Vu qu’il a fini batteur de Garbage, considérons le comme puni.

 
 
 

In Utero retient l’attention parce que le son, la longueur des titres ont changé depuis Nevermind. Mais le producteur aussi a changé. Cobain a changé. Bref, c’est pas non lus la révolution par rapport à Nevermind. D’ailleurs, Rape Me aurait très bien pu y figurer, sans aucun doute. Mais si… si Nirvana avait sorti un quatrième album ? On aurait eu droit à quoi ? **

 

C’est dans la recherche de la réponse à cette question que se trouve tout le sel de l’écoute d’ In Utero… Le défaut de cet album est de ne pas pouvoir être placé au cœur d’une discographie… Comme L.A. Woman, par exemple. Tentative de reconquérir l’auditoire indé, underground du groupe, déçu de Nevermind (comme semblent l’être l’ensemble des snobs du Rock…) ? Volonté de revenir à un son plus brut, plus rauque, maintenant que le succès commercial est quasi certain ? Ah, le rêve le fantasme… Pourquoi Nirvana a-t-il recruté un 4ème membre peu avant la fin ? Pour quoi faire ? Le quatrième album, c’aurait été quel style (je sais pas pourquoi, perso je verrais bien un album de Country). Finalement… In Utero vit dans l’ombre de son petit frère non conçu, pour toujours. ***

 
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Merde, t'as encore cadré ca n'importe comment...
 

Finalement… La mort de Cobain aura eu une triple conséquence assez dommageable : rendre Cobain, In Utero et Nirvana cultes et intouchables. Avouons le, personnellement, je ne comprends pas pourquoi on voit en Morrison un sale poseur alcoolique qui se prenait pour un poète et en Cobain un génie maudit qui n’a pas supporté le succès. J’ai deux hypothèses : la première, c’est qu’un suicide nécessite une raison, contrairement à une overdose, et donne du fond à celui qui le commet. La seconde, c’est qu’Oliver Stone n’a pas commis de film sur Nirvana. Je ne ferais aucun commentaire quant à celui de Gus Van Sant, j’ai pas réussi à dépasser la première heure (j’ai un peu de mal avec les films muets, ça me rappelle les films de vacances.)

 
 
 

Bref la grande question reste : et Nirvana ? Sans le suicide de Cobain, ca garde sa consistance ? Eh bien, franchement…oui et non. Un peu comme Jeff Buckley, dont l’album Grace est passé d’album au dessus de la moyenne à classic album via la mort de son auteur, Nirvana perd une grande part de son charisme, de sa classe, sans la mort de Cobain… Il reste quoi qu’il arrive un génie dans la composition des chansons, le mec qui aura appris à tous les nouveaux venus à la guitare leur premier riff (sauf ces salauds de snobs qui ont commencé par la musique de James Bond), et des titres qui ont un peu réveillé les grosses guitares au quatre coins du monde au début des années 1991. C’est un peu bête à dire, mais il n’est pas complètement con de penser que sans Nirvana, Blur, Oasis et consort n’auraient pas percé (j’ai pas dit « pas vu le jour », hein)

 
 
 

Alors, finalement… La Mort en Rock, le meilleur des plans marketing ? Assurément. L’overdose vous permet de mourir avant d’être trop mauvais à cause de la dépendance (Joplin, Hendrix), la mort peu banale, ou même un peu mystérieuse, permet d’entretenir ou même de créer un mythe (Brian Jones, Buckley fils, Morrison, Cobain), la mort peut aussi être l’apogée de la rébellion (Sid Vicious), une ultime blague, quoique pas forcément drôle (Keith Moon, décédé si je ne m’abuse d’une overdose de médicaments contre l’alcool), ou même mourir en délivrant un dernier mystère (Mercury)

 
 
 

Alors qu’on ne s’étonne pas que Thom ait choisi la Mort en Rock pour finir en beauté sa rubrique phare, que tant de personnes se pressent à réaliser des films sur les morts de rockstar, ou sur les rockstar mortes, ou pour écrire une biographie sur leur compte, avec, inclus dedans, une vraie enquête toute neuve sur les circonstances de la mort, appuyées de documents inédits****

 

Pas étonnant aussi que les amateurs de Rock soient si passionnés par les œuvres de gens décédés (jeunes de préférence).

 
 
 

Oui, le triptyque était incomplet : Sex, Drugs and Rock n’ Roll ? Non. Sex, Drugs, Death and Rock n’ Roll. Le quatrième ayant généralement pour thème l’un des trois premiers, voire les trois ensemble…

 
 
 

Mais tout cela, nous y reviendrons très bientôt. Très bientôt.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

* Note à l’attention de ceux qui sauraient pas : le producteur de Nevermind, et des deux premiers albums des Pumpkins… Considéré comme un architecte de la mouvance grunge.

 
 
 

** Avis tout a fait personnel de l’auteur : Si c’était pour avoir un album ave des titres dans le genre du semi-inédit « You know you’re right », louons le Seigneur d’avoir créé la Winchester.

 

*** Je peux pas m’empêcher : on se demande de quoi Cobain aurait accouché après In Utero.

 

**** Ca peut être une quittance de loyer, une lettre de suicide non signée ou une carte de bibliothèque… ne nous méprenons pas.

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 13:12

Cet article est bien évidement dédié à Thom aidé de G.T., en fait, bref, à cet article, sans qui je n'aurais jamais connu Nick Cave et n'aurait donc pas écrit cet article.


Quel unique album devais – je choisir pour évoquer les Bad Seeds ? C’est pas comme Bowie, chez qui Ziggy Stardust est tellement imposant qu’il ressort du lot de ses transformations… Quand un artiste ne réussit pas à sortir 2 albums un tant soit peu similaires (enfin, plutôt, ne s’en permet pas la facilité), ça ne facilite pas la tache aux critiques qui ont du mal à le classer dans une tendance, un style…. Et parlent alors d’artiste – caméléon. Nick Cave est de ceux là. Un des tout meilleurs.


 
murder-ballads.jpg20 ans de carrière, un album tous les deux ans, et un constat a fini par s’imposer : au-delà du rock ou des modes, Nick Cave et ses Bad Seeds font tout simplement de la musique. A partir de là, ce n’est pas chose facile de choisir avec quel album présenter tous ces gens. Mon préféré (pour l’instant, parce que ça change régulièrement) serait Let Love In, pour des raisons extrêmement simple que sont la beauté et la classe. Mais Murder Ballads est le premier album de ceux là sur lequel j’ai posé l’oreille, et une collection surprenante de très très bonnes chansons... Le tout regroupé dans un concept fort simple et fort plaisant : toutes ces chansons sont des « Muder Ballads », style de chanson traditionnelle anglo-saxon qui consiste à chanter des meurtres. Ces gens là sont très sains.
S’il est un étalage de tous les types de morts (noyade, arme à feu, incendie) et de tous les meurtres (passionnels, pour le plaisir, par folie), cet album est aussi l’étalage de tout ce dont est capable Nick Cave, avant et après cet album.
Avec le recul des autres albums des Bad Seeds que j’ai pu écouter, je ne peux pas m’empêcher d’associer chacun des titres de cet album à un autre d’un autre album : la folie pianifère (qui porte le piano, je sais pas si ça existe, mais passons) de O’Malley’s bar m’évoque les vrilles de clavier de The Carny sur Your Funeral My Trial. Song Of Joy se revendique presque de suite comme un Red Right Hand II (dans les paroles, pas la musique), et on pourrait en citer d’autres…
 
Un autre détail surprenant avec ce disque, c’est que c’est certainement le concept album le moins cohérent musicalement que j’aie jamais entendu (attention, ce n’est pas une critique, hein !). Par exemple, Doolittle ou n’importe quel album des Pixies, c’est pas un concept album, mais il y a une certaine cohérence entre les titres, d’un point de vue musical, mélodique… Ici, seul le thème est commun aux différents titres. Et leur qualité aussi. Mais on passe d’un ballade au piano à un titre bien groovy bien funky sans transition aucune… sinon passer de 4 morts à 2. 


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Un groupe qui respire la joie de vivre. Quand même.


Bon, excusez moi, là on arrive dans le passage un peu flippant, un peu bizarre mais bon, c’est mon avis : Cave reflète dans ses titres l’esprit du meurtrier avec une classe folle. Musique funky pour le bandit rétro Stagger Lee, violons et paroles douces pour crime passionnel dans Where the wild roses grows… Tuerie bon enfant avec sa musique limite piano bar sur « The Curse of Millhaven »… Et bien sur le piano entêtant, vrillant, qui rend littéralement dingue sur O’Malley’s Bar…
Le top du top de la beauté mêlée de complexité et de poésie : le titre d’intro, Song of Joy avec sa sorte de tonalité de téléphone occupé en fond, son piano crépusculaire, et la voix de Cave jouant au crooner malsain, le tout magnifié par quelques vers de John Milton… Et là c’est fini, vous êtes entrés dans le disque…
 
 
Contrairement à ce qu’on pourrait en penser ou tout simplement dire, cet album n’est pas déprimant. Il ne rend pas déprimé. Cet album rend dingue. Cet album est dangereux… Magnifier le meurtre avec une telle classe devrait être interdit. Cet album est beau, mélancolique, parfois marrant (désolé mais quand Cave commence à faire des voix dans Stagger Lee, je trouve ça plus marrant que déprimant…), et toujours de haute volée d’un point de vue musical…
 
Parce que oui, c’est un peu facile de considérer d’un album ayant pour thème principal la mort qu’il est déprimant. Mais bon, il y a bien une raison pour qu’il s’achève avec la reprise du Death is not the end de Dylan (repris par à peu près tout le monde ayant chanté sur le disque… ça en fait du monde). Pour la raison très simple que le thème principal de cet album n’est pas la mort, mais le meurtre, et le meurtre c’est déprimant que d’un des deux côtés de la barrière. Et Cave s’arrange pour toujours se placer du bon côté, celui du meurtrier. Les seules fois ou la victime a la parole, c’est dans les duos, et en ce cas, on a aussi la vision du meurtrier. Bref, les questions que peut poser cet album ne portent pas vraiment sur la Mort, ses causes, la vie a – t – elle un sens, etc…. Mais sur ce qui amène au meurtre, ce en quoi le meurtre peut être justifié ou pas, condamné ou pas, considéré comme beau ou pas. ET tous ceux de cet album on le point commun d’être racontés ave classe… 

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 Tournés vers l'Avenir. Oui, il est en haut à droite.

Alors, oui, c’est vrai, je chronique un disque et ça tient plus de l’analyse de texte que de la critique musicale, mais c’est justement ce qui fait que Cave est grand (et, accessoirement, plus cool que vous) : chacun de ses titres forme un tout. On peut trouver les paroles classes, la mélodie sympa séparément. Mais quand les deux se rejoignent, c’est là que se fait une alchimie particulière qui mène le titre vers de nouveaux sommets. Tous ces lieux communs pour finir avec celui-ci : la marque des grands génies, assurément.
 
Comme un extrait ne suffirait pas à représenter le disque (qui ne peut être représenté que par lui-même, dans son intégralité), voici deux titres assez différents :
 
Stagger Lee : Groove, meurtres dans un saloon… Le clip, avec un Cave possédé rappelant légèrement Vincent Vega (Travolta dans Pulp Fiction)


 
 
 
 
Where the Wild Roses Grow : Romantisme, Roses Rouges et crime passionnel… Le duo avec Kylie Minogue. Beau, Classe, Emouvant… les mots manquent.
 


 
 
Et si avec ça vous êtes pas convaincus… je peux plus rien faire pour vous.
Non, mais au moins ca montre la diversité, non ?
 
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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 11:14
1970, fin du début, mais pas début de la fin.
 
Je vous l’avoue : ce disque ça me fait flipper de le chroniquer. Mais c’est justement pour ça que j’ai envie de le faire. Cet article est dédicacé, ça me parait une évidence, à Chtif.
 
undefined1969 – 1971. Tout a changé durant ces années là. Le Rock est à son apogée, mais un grand changement s’amorce. Tous les mouvements des années précédentes vont y trouver leur fin. Tous les mouvements qui traverseront toutes la décennie 70’s vont y naître. Les plus grands (ou du moins les plus célèbres, et les plus fantasmatiques) festivals auront lieu pendant cette période, Woodstock en tête. Les mouvements mod, psychédéliques vont tomber dans l’oubli sous peu. Le hard Rock ne saurait tarder à exploser à la face du monde (Led Zep sort son premier album en 1969). Le punk attend tranquillement dans sa tanière (1969, The Stooges, 1970, Fun House). Il ne fait pas bon avoir 27 ans et être une rockstar à cette période, Morrison, Joplin, Hendrix, Jones le confirmeront. Et au final, peu de groupes réussiront à traverser cette période avec un succès égal de part et d’autre de ces 3 années. En Janvier 1970, Mc Cartney jette l’éponge Beatles pour voler de ses propres ailes. Les sixties sont définitivement révolues. C’est aussi simple que ça. Honnêtement, comment ne pas être passionné par ces années qui ont, finalement, changé complètement le paysage musical international ?
Au final bien peu de groupes traverseront cette tempete musico culturelle.
 
Les Stones y parviendront. Dylan, aussi, meme si sa musique des 70's est tres différente finalement de ses 60's. En plus 70 marque son retour sur scène. Accident de moto, tout ça, Wight is Wight, Dylan is Dylan. 
 
 
Mais au milieu de ce marasme, un groupe sortira son épingle du jeu. Un groupe exigeant, fou, passionnant, schizophrène, violent, mélodique, historique : les Who. Je n’ai pas peur de le dire, mais pour moi, les Who sont l’incarnation la plus absolue des termes Rock n’ Roll.
 
Les Who, qui sont ils ? Eh bien c’est ça qui les rend fondamentalement Rock n’ Roll, leur line-up qui contient un exemplaire d’incarnations classiques de personnages rock. Un chanteur beau gosse (Roger Daltrey), qui à cette période arbore une crinière blonde flamboyante, à mi chemin entre Rod Stewart et Robert Plant. Un guitariste torturé, principal compositeur du groupe, jeune homme complexé et revêche, mais une vraie bête dès son entrée sur scène, détruisant matériel et gêneurs (Abbie Hofmann, policiers…). Il y a, en Pete Townshend, une douzaine de Kurt Cobain et 2 Georges Harrison. Un bassiste surdoué, mais discret, même sur scène, calme, se transformant en génie quand il lui vient à l’idée de composer pour le groupe (Boris the Spider, Whiskeyman, Heaven & Hell, je ne citerai pas My Wife, j’aime pas ce morceau, merde c’est trop tard.) Le génie de McCartney dans la dégaine de Lemmy Killmeister, le tout dans un costume de squelette. Et enfin, le petit préféré de beaucoup de monde : le batteur fou. Gesticulant, sautant, sans aucune raison sinon celle d’être un chien fou fort sympathique, et un génie du rythme comme on en voit peu. La seule comparaison vraiment possible avec Keith Moon est le personnage qu’il a inspiré : Animal, le batteur des Muppets.
 

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Suiveurs géniaux ou génies suivis, il est dur de trancher. En 1970, les Who en sont déjà à leur troisième incarnation musicale : ex groupe mod, converti aux délires pop art en 1967 sur l’album The Who selling out, en 1970 ils sont en haut de l’affiche. Tommy, leur double album opéra rock de 1969 est un énorme succès (c’est d’ailleurs ce succès commercial qui sauvera le groupe). Cet album deviendra un des emblème de la période psyché sans qu’il ait vraiment été voulu comme psyché, mais seulement comme « un disque qui raconte une histoire », poussant le concept de concept album en sa plus haute incarnation.
 
Bon, avouons le, l’histoire de ce gamin devenu sourd, muet et aveugle (deaf dumb and blind) après avoir vu son père tuer l’amant de sa mère, c’est déjà pas super crédible. Que ce gamin se fasse maltraiter par son cousin et son oncle, ça passe déjà plus. Qu’il devienne champion de flipper, c’est n’importe quoi. Qu’il se voie, quand même,  lui, dans les miroirs, à la rigueur. Qu’il retrouve ses sens en cassant un miroir, franchement… Qu’il devienne un nouveau gourou, no comment. Qu’il se fasse finalement envoyer chier par ses disciples, là, au moins, c’est crédible. OK, je ne suis pas là pour parler de Tommy, mais c’est important. Sans ce disque, qui, quand même est musicalement génial (sauf « Underture », instrumental indigeste de 10 minutes…), les Who n’auraient pas fait Woodstock ou l’île de Wight. Et le Live at Leeds n’existerait pas.
 
Le Live at Leeds, donc. Pour pouvoir parler des Who, il fallait choisir ce disque. D’abord, parce qu’il y a déjà trop de monde qui clame les qualités de Who’s Next, même si je ne suis pas vraiment d’accord. Il y a beaucoup de raisons à mon choix. Pour tout dire, les Who font partie de ce genre de groupes que je qualifie de « groupes à Best of » (ou « groupes à singles » si vous préférez), c'est-à-dire qu’ils sont capables d’écrire des titres extraordinaires, mais qu’il est très rare de les voir sortir un vraiment bon album dans tout ce que ce terme demande de cohérence de logique, de qualités. Leurs meilleurs titres (à mon goût), comme Substitute, Magic Bus, Pictures of Lily, et tant d’autres sont absents des albums, sortis seulement en singles. 

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En ce sens, Who’s next est certainement le seul album jamais sorti par les Who. Musicalement, les autres sont trop décousus. Mais, franchement : que devient cet album si on en enlève Baba O’Riley, Won’t get fooled again ou encore Behind Blue eyes ? Quel que soit le titre choisi, si on l’enlève, cet album perd 40% de son intérêt. Et ça, finalement, ce n’est pas un album.
 
La raison de plus est donnée par Keith Moon himself:
 
We don’t make particularly good records. We have good ideas but not always a good sound. We are difficult to record because we don’t work any different in the studio to on stage. Drumsticks are in the air when they should be on drums and arms are flying when they should be on the guitar. In the studio you should be session musicians, but we are not experienced enough at getting the dynamic sound on record without leaping about. We record clumsily and as loud as possible, so you just hear a long, drawn out row which is old fashioned.
It’s much the same on stage.”
 
Qu’est ce que je peux ajouter à ça?
 
Non, franchement, il n’y a en fait rien à dire sur ce disque. Il n’y a qu’à le faire écouter. L’énergie, la vitesse… On dira ce qu’on veut, en 1970 les Who étaient le meilleur groupe du monde. Y a-t-il plus puissant, dopé, et dopant également qu’un Heaven & Hell lancé à pleine bourre dès l’ouverture ? Surtout pour l’enchaîner avec un Can’t explain dans son plus bel élément. Et ce Summertime Blues… L’hymne de l’adolescent frustré par excellence, qui devient ici puissant, lourd, transformant la frustration de l’original d’Eddie Cochran en rage finalement pleine d’espoir. Même l’enchaînement de singles central du concert est mythique : Substitute, Happy Jack, I’m a boy. Plus direct, plus génial, plus délirant, ça n’existe pas, désolé ! Et le final… un My Generation de 15 minutes, puis 7 minutes de Magic Bus…

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En Février 70, ce tour (au milieu duquel se place Tommy joué en intégralité, mais disponible uniquement sur la réédition) est rodé, c’est un spectacle qui tourne. Il a été joué à Woodstock, il le sera à l’île de Wight. Comme s’ils savaient ce qui allait arriver, les Who ont enregistré leur unique album live (certes, il y a le mini album Magic Bus, mais bon… Et le live in Toronto 1982 ne compte pas… D’ailleurs ne l’achetez pas c’est un conseil. Ne le téléchargez pas non plus, c’est même pas la peine) à leur apogée, comme au courant des drames qui allaient suivre : L’alcool, la drogue, la dépendance, les opéra rock à concepts ridicules et, pire que tout, les synthétiseurs.
 
Mais bon, il reste le Live at Leeds. Pour se rappeler qu’au-delà d’un style musical ou vestimentaire, d’un comportement, ou encore d’une manière de vivre, le Rock n’ Roll est avant tout une formidable source d’énergie. Renouvelable, en plus.
 
 
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28 novembre 2007 3 28 /11 /novembre /2007 13:00

Il est toujours difficile de s’attaquer à un monument. A un album Culte. A un groupe culte. A un groupe dont l’œuvre est riche, même si elle est peu imposante en quantité. 4 albums, un mini-album, de quoi remplir un CD de faces B et une démo mystérieuse, finalement rééditée, la purple tape. Surtout qu’on parle ici d’albums cultes. Pas de classic – album. Les Pixies donc. Doolittle en plus. Tendu. Eviter de sombrer dans le lieu commun. S’excuser par avance d’une critique qui n’en est pas une mais qui pourra forcément être mise en doute.

 

Eviter de détailler les chansons, d’y chercher des références. Eviter de parler technique, production, arrangement. Car tout cela ne tiens pas quand on parle des Pixies. Eviter de se cantonner aux banalités d’usage quand à la hargne, la rage, la force des morceaux.

 

Ah ça oui, on ne peut pas dire le contraire. Il y a une puissance dans cet album qui fait cruellement défaut à la plupart des productions des années 80. Ah oui. Il y a des textes profonds, blindés de références. Il y a de la folie. Des rythmiques démentielles. Des cris de gorets. Mais tout cela ne peut pas se livrer à la dissection et à l’interprétation qu’on a l’habitude de faire d’un disque.

 

pixies-doolittle.jpgDoolittle, et son singe mathématicien de la pochette. Son CD noir, d’une laideur infinie comparée à la richesse du monde graphique entourant ce groupe. 4 AD, LE label indé américain des années 80. Boston. Les Pixies. Je m’emmêle, je veux parler de cet album, mais c’est si difficile. Je vais devoir vous faire un aveu : je me sens minable devant Basile Farkas. Ca fait bizarre, même si j’ai beaucoup de respect pour lui.

 
 
 

Débarrassons nous de suite des lieux communs. Oui, les Pixies sont les sauveurs du Rock US des années 80. Avec Sonic Youth, mais Sonic Youth est un peu plus dur d’accès. Surtout dans les années 80. Oui ce groupe a une histoire complètement dingue : recrutement de la bassiste par petite annonce : « Recherche bassiste aimat Husker Dü et Peter, Paul & Mary ». Une réponse, une seule, celle de Kim Deal*. Le batteur accepté parce que ses parents avaient un garage dans lequel le groupe pouvait répéter. La séparation par annonce à la radio, puis envoi d’un fax au membre du groupe. Tout ceci aussi a contribué à ériger les Pixies en groupe culte.

 

L’imagerie. Ces photos un peu barrées, ce gout du sépia . Ca aussi ca a contribué au mythe. Les querelles intestines. Les délires mystiques. Les Pixies étaient fait pour être cultes. Pas classiques. Cultes. Ce groupe que chacun connait et adore, sauf qu’avant, il faut creuser. Même si on ne le retrouve jamais très loin, il faut chercher un peu.

 
 
 

Doolittle occupe une place particulière dans la discographie des Pixies. Si on prend les choses comme à l’époque, c'est-à-dire en séparant Surfer Rosa et Come on Pilgrim, on a la le troisième album d’une carrière qui en compte cinq. La Coupe de Feu pixienne. Le pilier central. La musique des précedents produite comme celle des suivants. Mais aussi le dernier volet de la trilogie Come on Pligrim / Surfer Rosa / Doolittle qui a elle seule justifie le génie des lutins de Boston. Une apogée.

 

On peut en fait distinguer deux grosses lignes directrices (du point de vue des paroles) dans l’œuvre des Pixies. Au début, les délires bibliques : Nimrod’s Son, Dead, I’ve been tired, Gouge Away font référence, au moins le temps d’un vers à un épisode de l’Ancien Testament. A la fin, c’est l’espace qui fait rêver Franck Black Francis : Motorway to Roswell, Velouria, Bird Dream on the Olympus Mont, et même en moindre mesure Alec Eiffel (Pioneer of aerodynamics).

 
                 pixies.jpg
Alors je sais pas: on trouve assez peu de photos des Pixies sur le net mais dans l'ensemble je trouve qu'elles ont toutes une classe absolue....                                                                                                                                                        
 

A la fois pilier, et tome de conclusion, Doolittle est à mon sens l’album le plus abouti des Pixies. Il a la hargne des premiers et le sens mélodique des derniers. Les délires des premiers, la production des derniers. Kim Deal y est présente, comme sur les premiers, aux cœurs et à la composition. Mais Franck Black occupe pas mal la place, comme dans les derniers. Même le monde graphique entourant le disque est à mi chemin : pochette couleur, comme pour les derniers, pour un livret sépia, comme pour les premiers…  Bref, tous les ingrédients qui font que les Pixies forment le plus grand groupe engendré dans les années 80 sont là, et à leur meilleur niveau.

 

liveus.jpgSur I bleed, l’entrecroisement des voix de Black et Deal (non ce n’est pas une marque d’équipent electroménager) fait dresser les poils du dos. Tout comme, finalement, les cris porcins de ce meme Frank sur Taaaaaaaame. Il est en fait strictement impossible qu’un homme normalement constitué puisse hurler de la sorte. Mais on a aussi des ballades comme La la love you, ou même une sorte de semi Rockabilly avec Here comes your man... Cet album est à la fois super cohérent et part dans tous les sens: bref, il échappe à toute tentative de définition. Doolittle est Doolittle, c'est tout.

 

L’utilisation de la « formule Pixies » couplet lent / refrain speed qui a tant inspiré ses successeurs (meme si, en fait, personne ne peut se targuer d’avoir succédé aux Pixies, mais c’est cette formule qu’on retrouve dans le Lithium  de Nirvana par exemple) est ici au top, et les Pixies jouent de ça, l’inversant pour l’entêtant Gouge Away par exemple. Ils s’offrent une "coda hypnotique" (c'est l'expression consacrée) pour N° 13… dans un état surement second, mais je ne peux pas le prouver. (Rappelons l’origine du nom de ce titre au passage : M est la 13ème  lettre de l’alphabet, ce chiffre est donc  là pour désigner la « sweet leaf ». Merde, J’ai rompu le commandement quant au détaillage des chansons.) 

 

Les paroles ne veulent rien dire. Parce qu’elles sont bourrées de clins d’œil. C’est quand même super ironique de parler de ca par rapport à Debaser. Les amateurs de Bunuel (ou des Pixies, ou des deux) comprendront.

 

Ce disque est beau, violent, rageur. Cohérent, sombre, tendu. Mélodique, bordélique, graphique. Encore une B.O. idéale pour un film complètement barré. Quand Franck Black chante, des fois, on dirait le bébé d’Eraserhead. Les amateurs de Lynch comprendront. Les Pixies ont un monde à eux. A chacun de faire l’effort de s’y plonger. Il est toujours difficile, non pas de décrire, mais de faire ressentir la force des entrelacs de guitares de Black et Santiago. La puissance avec laquelle la basse de Kim Deal va aller fouiller dans vos entrailles pour vous remuer les sangs.

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Mais pour vous convaincre de vous pencher sur ce disque (même si je pense que nombre d’entre vous le connaissent autant par cœur que moi…), je n’ai qu’une chose à dire : Ce disque, je l’ai acheté, prêté, perdu, racheté. 3 fois **. Heureusement qu’il est en promo perpétuelle depuis la reformation du groupe.

 

C’est un des disques qui font que je continue toujours à chercher au hasard des influences des groupes que j’aime. Je l’ai acheté parce qu’on m’avait dit que ce groupe avait influencé je sais plus qui (pas Nirvana, un autre groupe) et l’avais acheté comme ça sur un coup de tête. On est pas sérieux quand on a 17 ans. Et c’est pas les 30 premières secondes, l’intro de Debaser, cette montée/explosion qui va vous faire penser le contraire. Et au final… Quad ce morceau s’achève, vous savez que vous venez d’entrer dans un voyage qui ne vous laissera pas indemne. Et c’est tant mieux, parce qu’il faut se rappeler qu’on a eu un jour 17 ans, et que c’était pas si mal que ça.

 
 
 

Ce disque est là pour réveiller l’ado nerveux et teigneux qui reste au fond de nous… même quand on est devenu un vieux con de 20 ans.


Et finalement... quoi de mieux que de se refaire un petit coup de Debaser pour se passer les nerfs?

 


 
 
 

* Remarque : dans le R n F du mois dernier, il y en a qui voulaient monter un groupe influences Pink Floyd et Pixies. Comme quoi.

 

** Remarque 2 : Ne prêtez jamais un truc qui a de l’importance à vos yeux à votre dulciné(e) quand ça sent la rupture. J'y ai perdu Doolittle un best of de Led Zep (gravé OK, mais à l'époque...) et j'en passe.

 
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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 03:50

Je vais vous parler d’un album dont j’ai déjà parlé. Ici même. Quand ce côté « Discothèque idéale » du blog n’était pas encore structuré en années. Je vais vous parler d’un album tellement important que je ressens le besoin de le Re Critiquer, enfin, commenter, de telle sorte qu’il ait enfin une exposition décente en ce lieu. Parce qu’il est important. Parce qu’il est grand. Parce que je sais que nous serons unanimes… Parce que tout ça a bien du commencer un jour.


 
 
 

10/10/07 : In Rainbows, 7ème album studio de Radiohead, parait sur leur site officiel. Et uniquement sur leur site officiel. Lubie d’informaticien ? Non : le groupe n’a plus de maison de Disques, et ne ressent pas le besoin d’en retrouver une. Hail to the Thief marquait la fin de son contrat avec E.M.I., le groupe n’a pas jugé bon, pas nécessaire de renouveler celui-ci. Culoté, non ? Ou plutôt dingue ? Ni l’un ni l’autre : les génies ne sont pas fous : ils sont excentriques. Et Radiohead est excentrique à lier. Normal, c’est le plus grand groupe de Rock du monde

 
 




 

16/06/97 : Radiohead sort OK Computer. Radiohead a eu deux grands succès : Creep, ballade romantico-dépressive qui a failli les faire cataloguer directement One Hit Wonder. Et The Bends, leur second album, complètement pop, sublime, lumineux dans la musique mais sombre dans les textes, du valium pour les oreilles. OK Computer s’impose comme la claque de l’année 97. Comme la claque de toute une vie pour certains, moi le premier.


 

Ce disque est marqué par l’apparition extrêmement bien maitrisée des machines : Boucles, voix robotiques, les ordinateurs sont utilisés, au cœur d’un album de Rock, de la meilleure manière qui soit. Et avec une ironie mordante : cet album extrêmement sophistiqué, technologique est là pour dénoncer la robotisation du monde, sorte d’appel à l’ordre d’un être humain perdu qui désire le rester (humain, pas perdu). Un cri désespéré qui, faute de meilleur environnement, ne peut que résonner dans un écho métallique, se désincarner un peu plus à chaque rebond contre une paroi froide, vide et inhumaine.


 

Cet album n’est pas vraiment comme beaucoup ont voulu le montrer ou le croire, moi le premier, un concept album. Il ne recèle pas de message caché. Il est simplement dense, complet, cohérent comme pas permis, bourré de références plus ou moins bien dissimulées, de coups de génie… C’est aussi pour ça qu’on s’est retrouvé à y chercher une démarche secondaire de réalisation, une vision plus complexe. Alors, s’il y a des références directes à Dylan (Subterranean Homesick Blues), à H2G2 (Paranoid Android), s’il y en a des plus difficiles à dénicher à H2G2, toujours, à 1984 (mais vraiment tirées par les cheveux…)… La seule clé que nous offre cet album, c’est qu’on pourra chercher, on n’y trouvera pas un plan précis, fini… une sorte de prophétie j’oserai dire. OK Computer est un album qui se consomme, qui se découvre a posteriori. On ne trouvera pas les références dans OK Computer, mais dans les références elles-mêmes…

 


 

Quant à l’utilisation des machines… Radiohead a beau être un groupe réfléchi, posé, et fort intelligent, il n’en reste pas moins un groupe de Rock. S’il utilise les machines, ce n’est pas dans le but ultime de les utiliser. C’est pour en dénicher un son qu’on aurait surement pas réussi à avoir avec des instruments traditionnels, des guitares, des basses, des batteries. Ce qui rend le jugement sur cet album très difficile, son appréciation insidieuse, et son succès total. Les amateurs de prog y verront du prog mélodique. Les amateurs de pop, une pop expérimentale. Mais ici, point de masturbation mentale quand à la recherche de la note ultime qui pourrait suivre un do dièse. Simplement de la musique, de la vraie, celle qui vient des tripes et du cœur.



 

Cet album ne peut que plaire… et effrayer. Par sa dimension fondamentalement dépressive d’abord. Ce qui constitue, à mon avis, la première erreur que tout le monde fait sur cet album. A mon avis, The Bends, avec ses histoires de rupture, d’amour faux, ses trahisons, est mille fois plus déprimant qu’OK Computer. Certes, la voix trainante, lancinante de Thom Yorke inspire plutôt l’image d’une assemblée pleurant un requiem dans une église de campagne que la joie d’un feu d’artifice sur la plage un 14 Juillet. Et le dénuement métallique apporté par les machines n’arrange pas les choses. Mais il faudrait voir à pas oublier, que la voix déprimante, elle dit des mots, des paroles, qui, chez Radiohead, sont toujours bien, très bien écrites.

 

 


Et sur OK Computer, la majorité des titres s’achèvent sur une note d’espoir (certes, c’est un espoir tout ce qu’il y a de plus relatif, mais bon) : It will be alright à la fin de Subterranean Homesick Blues, I’m gonna grow wings à la fin de Let Down, An Airbag saved my life tout le long d’Airbag… Seule Fitter Happier (Voix de logiciel de dialogue pour Mac sur fond de piano crépusculaire) s’achève vraiment dans un marasme désespérant : A pig. In a cage. On antibiotics. Oui, ce disque est la revue de détails d’une société qui perd toute humanité, ou les comportements sont alignés sur une norme, ou les gens se robotisent de leur plein gré… Bref une société ou il ne fait pas bon vivre, mais alors pas du tout, mais c’est aussi (et à mon humble avis surtout) un recueil d’appels à s’en sortir, on nous donne pas la recette, on sait pas la solution… mais on sait qu’il faut aller à l’encontre de ça… Et c’est là toute la force de ce disque. Désabusé vraiment, limite pessimiste sur la situation actuelle. Mais finalement plein d’espoir sur la possibilité de s’en sortir. Et c’est peut être ca qu’il faut retenir de ce disque.

 


 

C’est marrant, parce que les gens ont une fâcheuse tendance à se foutre de moi quand j’ai le malheur de dire qu’en cas de coup de blues, ma solution, c’est d’écouter OK Computer. Pourtant, je viens de vous montrer pourquoi… du moins j’espère.


Eh oui... Maintenant qu'on est les plus grands on peut s'acheter des vraies Ray - Ban


 

Mais après toutes ces théories toutes plus tordues et fausses les unes que les autres, je me rends compte que je n’ai évoqué qu’à grand peine ce que, finalement, j’ai évoqué comme moteur principal de ce disque sans en parler… La musique elle-même. L’album s’ouvre sur le son de guitare électrique de J. Greenwood, lancé à plein tube, et vite rejoint par un Ed O’Brien au charleston endiablé…. Airbag lance les hostilités, sur un ton très rock… Paranoid Android... est fait pour être, et est, tout simplement, le Hapiness is a warm gun des années 90 : une chanson en plusieurs axes, une symphonie de 6 minutes, aux différents mouvements… un chef d’œuvre quoi*. Je suis bien parti pour, certes, mais en fait j’ai pas envie de donner dans le détail titre par titre en fait…. Chaque morceau contient une petite perle du point de vue musique, qui fait qu’on le retient d’une manière ou d’une autre… Les premiers mots, susurrés, de Exit Music (for a film)Wake, from your sleep… L’arpège de guitare qui introduit Let Down… La boite à musique de  No Surprises**… Ou bien sur cette boucle de bip bip lancinants en fin de Karma Police… C’est marrant de se dire qu’au milieu d’une chanson, on s’arrête à un détail, un truc comme ça, qui marque… alors que le groupe s’est acharné à concevoir une chanson dans son intégralité…


 


 


Après, OK Computer se situe dans la discographie de Radiohead come l’album de transition par excellence : transition entre les guitares et les machines, transition entre la dominante pop et la dominante électro. Hail to the Thief, 6 ans plus tard, lui fait en quelque sorte écho, sauf qu’il ne s’agit plus pour celui-là de transition, mais d’œuvre – somme, de bilan de 10 ans d’activité sur le devant de la scène mondiale. Je dois avoir un gout pour les albums de transition. OK Computer, évidement, de la pop vers l’électro… Mellon Collie, d’un truc typé Grunge à… autre chose. Rubber Soul, transition de la pop pour gamines en pleurs à une pop plus mature, plus adulte, celle de Revolver… Let Love In, découvert récemment mais qui contient, on le sent, le passage de la sauvagerie des débuts au crooning des années suivantes… Surement que ces albums, dont on ne peut juger du caractère de transition qu’à la lueur des albums suivants contiennent en eux une évolution, une avancée sous –jacente, déterminée juste par notre inconscient, mais qui justement nous ferait voir de l’avant d’une manière ou d’une autre… Mais je m’égare. D’ailleurs, en parlant de transition, d’évolution, je crois avoir oublié dans tout ceci une date importante…

 


 

04/11/00 : On m’offre OK Computer. Les choses ne seront plus jamais les mêmes.

 
 

 
 
 

* Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand on parle d’une chanson en plusieurs mouvements comme ça, on pense tout de suite à ce morceau des Beatles… Alors que merde, les premiers à avoir fait ça, quand même c’est les Who avec A quick one while is away !! (Autre chanson à tendance grivoise d’ailleurs)

 

** Qui est, je le rappelle, un morceau de Radiohead présent sur OK Computer. Ceci n’est PAS « la musique de l’Auberge espagnole », tout comme Iggy Pop ne devrait pas se définir comme  « le mec qui danse en caleçon dans la pub SFR. »

 
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4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 01:00

Il est toujours difficile, je pense (et je suis certainement pas le seul), de parler des Stooges. Groupe important, groupe fondamental, groupe révolutionnaire… Tout a été dit (ou presque), pour la simple raison que, sur eux, tout peut être dit (ou presque). Trois albums fondamentaux. Trois albums qui ont changés malgré eux la face du Rock. Et ici le premier. L’album éponyme, The Stooges.

 


 

Aout 1969 : Woodstock n’est même pas encore commencé quand sort cet album. Et pourtant, c’est déjà fini : le rêve, la paix, la révolution psychédélique n’aura pas lieu, c’est ce que peut vouloir dire cet album. Ou pas. S’il fallait choisir un verbe pour décrire cet album… je choisirais transpirer. Cet album transpire les hormones mal digérées, l’envie inassouvie, l’ennui qu’on trompe en grattant des guitares dans un sous sol miteux parce que les parents ont pas de garage. Oui on se fait chier à 21 ans coincé dans le garage de ses parents à Detroit. C’est aussi là qu’on se dit que les années 60 avaient un avantage, c’est que cette situation dans les années 60 nous a offert les Stooges. La même dans les années 90 nous a refourgué Eminem.


 

Bref. The Stooges, après la pop sucrée « Nuggets » de l’ère psyché, ou les expérimentations un peu barrées du Velvet, revient à du vrai, du dur, du brut. Arrêtons de rêver en un avenir meilleur et réalisons que le présent, c’est de la merde. Alors voilà : une musique extraordinairement actuelle. Des crétins de 21 ans qui ont créé une musique qui est l’incarnation même de l’adolescence, ce temps ou on s’emmerde parce que rien nous plait. Ses prestations scéniques mises à part (Rappelons qu’Iggy Pop est le mec même pour qui l’expression bête de scène a du être créée), Le Pop fait montre d’un talent de parolier et d’un talent vocal uniques. Exprimer la frustration, l’envie de voir les choses avancer et l’envie de serrer avec tant d’animalité, cette voix goguenarde, toujours tendue…


 

Et derrière… Les frères Asheton. Qui tiennent la baraque. Je ne suis même pas sur d’être capable de décrire cette musique. Le riff de No Fun parlerait à ma place. Acéré. Aiguisé. Dangereux. Torturé. Binaire en fait. Ces grosses salves de guitares, qui passent direct des oreilles aux tripes… bien rêches. Une autre particularité des morceaux de ce premier album, c’est aussi les fins de morceaux toutes en distorsions douloureuses, salaces, en larsen intrigants…

I wanna be your dog... ou ta table basse si besoin est...

 

La facilité voudrait qu’on dise que les Stooges étaient punk 5 ans avant le punk, mais ce serait réduire le truc. Ils ont influencé le mouvement. Ils ont apporté quelque chose d’unique qui allait engendrer ce mouvement, d’une manière ou d’une autre. Sans eux, il n’y aurait peut être (je dis bien peut être) pas eu de punk. Si j’ose dire, les Stooges sont au punk ce que les Pixies ont été au grunge : ils ont apporté les bases du mouvement, ils l’ont peut être engendré, sans faire exprès, mais ils n’en ont pas fait partie. Ils ont été les idoles, le groupe culte du mouvement, mais ils n’en ont pas fait partie.

 

 

(En plus, dire que les Stooges ont été punk c’est d’autant plus con que quand même, on parle des années 70… Maintenant on a un vague mouvement tous les 5 ans, mais à l’époque 5 ans c’était l’ensemble d’une carrière… Entre les Stooges et le mouvement Punk, il y eu la fin de la pop psyché, le début du prog, la vie et la mort du Glam, l’émergence du blues Rock type Led Zep, des solos de batterie et de guitare, l’élection de Richard Nixon… Je m’égare.)


Et dire que c'est les Ramones qui sont surnommés les Daltons du Rock... Y a aucune justice.

 

 

 

Mais The Stooges, c’est aussi des morceaux indémodables, éternels, connus (au point d’être repris par SFR !!! Mon Dieu). I wanna be your dog et son solo de clochettes tout le long, irritant, hypnotique… Le riff de No Fun, qui rythme les pas d’un Iggy goguenard qui traine dans les rues les plus pourries de Détroit, à la recherche de quelque chose à faire, d’une fille à embarquer, ou, à défaut, d’un mec à tabasser… 1969… incarnation de l’ennui de la jeunesse… On a pas tous les jours 20 ans, ouais, et heureusement.


 

Le seul petit bémol que j’apporterais, c’est sur We will fall, longue descente aux enfers semi religieuse, semi chamanique… qu’on imagine mieux réalisée par les Doors.

 
 
 

Malgré cela, un album essentiel. Violent, mais mélodieux. Rageur, mais apaisé, presque blasé. J’oserais dire que le seul mot susceptible de vraiment bien le décrire serait… indescriptible. Mais à écouter. De quoi passer…A real cool Time.

 
 
 

NOTA : petit jeu. Amusez vous à trouver pourquoi je choisis de parler de cet album aujourd’hui, et précisément aujourd’hui, Dimanche 4 Novembre 2007. La réponse se trouve dans l’album.

 
 
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25 octobre 2007 4 25 /10 /octobre /2007 18:00

Imagine… you’re in a pick up, travelling across the driest desert of Nevada State. The red sun is white heating the body of the car… and does the same to yours. It’s about time the night rises up. The red light coming from the disappearing sun makes you mistake your sweat for blood. It’s about time you got it done. About time you arrive. Where? Why should you care? Welcome. It’s song for the Deaf.

 

 

 


 

A mon tour de m’attaquer à cet album qui, bien que pas si vieux, tiens déjà du mythe. Pour le confirmer vous n’aurez qu’à regarder la liste de liens vers les articles qui en parlent que je vais caler en fin de cet article… On dirait presque ma liste de lien tout court.

 


Cet album est considéré par beaucoup comme un album presque fondamental, un petit Chef d’œuvre moderne du rock. Pour tout dire, selon moi, le dernier album (avant celui – ci) à s’être vu déclaré unanimement « Chef d’œuvre » par toute une génération de rockeux, ca doit être OK Computer, 5 ans avant. Je vais certainement y aller un peu fort (pour une fois) mais… ne pas aimer cet album, c’est soit :



                Ne pas aimer le rock

                Ne pas avoir écouté cet album (du moins pas assez, ni assez sérieusement)


 

Car oui, finalement ils existent vraiment ces albums qui surprennent (voir même répugnent carrément) à la première écoute, mais qui se révèlent sur le long terme… Personnellement, il n’a pas été pour moi une grande claque, d’un coup « whoa quel album génial ». J’ai vraiment commencé à l’apprécier à force d’écoutes successives, en l’entendant pas forcément chez moi mais chez des potes, passant petit à petit de « Ouais c’est assez chiadé comme truc » à la grosse claque qui fait que depuis quelques semaines il boucle comme pas permis.


Nick Oliveri pris en Flagrant délit de... concert habillé ?!

 


Cet album est surprenant.. il en ressort quelque chose d’à la fois malsain et inexplicablement sexy. Après, avec le recul, on peut dire que les choses ont très bien été faites. Mais revenons vite fait sur la genèse de cet album, pour y voir plus clair.



Les Queens of the Stone Age ont à leur actif deux albums, et le second a eu un certain succès. Deux têtes pensantes se partagent la direction des QOTSA : Joss Homme (Guitare, chant, concours de sosie d’Elvis Presley) et Nick Oliveri (Basse, exhibitionnisme, à l’occasion chant). Ces deux jeunes gens, ils leur manque un batteur. D’après vous à qui ils pensent ? Dave Grohl. Si. Sans Déconner. Et en plus il accepte. Et comme on en a jamais assez, nous, public de gout, ils nous rajoutent, sur 2 titres, Mark Lanegan et sa belle voix rauque et éraillée.


Dave Grohl: Un batteur qui s'adresse aussi à ceux qui sont au fond.

 


Déjà, c’est bien parti non ? Mais quand l’ensemble se met en branle, c’est…. Un grand moment de heavy rock, de blues rock, de métal… de stoner. La musique de Homme & Oliveri est tellement unique en son genre qu’elle y a gagné le droit à sa qualification perso : ils font du stoner rock TM.

 


 

Et cet album est si j’ose dire un « Manifeste du Stoner » comme Sgt Pepper put être celui du psychédélisme. Doublé d’un album… imagé. Il est des disques comme ca, qui vous suggèrent des images. Et celui-ci en est. De par les thèmes abordés, par la musique, par le cover art… Tout cet ensemble forme un tout cohérent, qui tient la route, logique… et génial. De plus la structure en radio pirate (interventions parlées, grésillements de changement de station…) m’a toujours fait penser à un croisement entre une B.O. de Tarantino et une bonne partie de G.T.A… Derrière c’est à ton imagination de faire le travail !!

Ceci n'est pas Lorenzo Lamas.

 


 

Ce qui s’est toujours imposé à moi c’est une longue traversée du désert du Nevada à bord d’un pick up, une traversée sous acide avec ses hauts (représentés pas les pop songs) ses bas (les titres saccadés, qui bouclent, limite oppressant) et qui s’achève par la découverte de l’objet de la quête (dont au final on ignore l’origine comme le but, ce qui rend la quête en elle-meme d’autant plus excitante), dans le grandiloquent « Mosquito Song », ses violons, son explosion de trompettes. L’album se conclut sur « Everybody’s gonna be happy », générique de fin idéal pour celui qui vient de se réaliser au terme d’une aventure aussi belle qu’éprouvante.


Chez les Queens of the Stone Age, on est très famille...




Cet environnement rouge et noir, l’explosion, la folie, les délires sous acide, tout ca se retrouve en 4 minutes dans le clip de « Go with the flow », tellement réussi qu’au final il marque les écoutes ultérieures de l’album.

 
 
 

Car les QOTSA ont plus d’un tour dans leur manche, et savent, avec un meme gimmick décliné plusieurs fois, rendre un morceau surprenant… Le morceau est lancinant, saccadé, il tourne, il tourne, quand tout d’un coup, un incursion 100 % mélodique de la voix de Joss Homme, qui ne dépareille pas DU TOUT avec la musique bourrine autour, vient redonner une tour de roue à la chanson, et la relance pour 2 minutes. On retrouve ca sur First is Giveth, Do it again, God is in the Radio et à chaque fois ça fait mouche.
A coté on a des pop song surprenantes, ultra mélodiques tout en etant assez heavy, comme Another love song ou Gonna Leave you.

 
 
 

Les QOTSA ont, au final, réappris à tous comment faire du neuf avec du vieux et du talent. Un album franchement surprenant, pas direct mais dont chaque écoute permet de découvrir un truc supplémentaire… C’est pas ca un album culte ?

 


 

So, listen… Now, you have to go.In the desert, no one will ever hear you scream. In the desert, you can drink whatever you want. But don’t even dream about water. This is the beginning of a new life. But don’t be afraid. Everybody’s gonna be happy.


 

Et maintenant que je vous ai dit ce que j’en pense, l’avis de:

 
 
 
 
 

Allez. On s'en lasse pas.
On se quitte en suivant le flow sur les routes tendues de pièges et du Nevada.

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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 14:00

1999, année... XIXéme siècle.


Bon, il n’est pas fréquent que j’écrive mes articles comme ca, sous le coup, non pas forcément de la colère, mais d’un évènement soudain. Bon, certes, je ne peux m’en prendre qu’à moi, je voulais créer une polémique, je l’ai eue… seul problème ce n’est pas celle que je cherchais. Je cite :

 
 
 

« Hmmm... Muse, laissons cela au moins de 20 ans... et préférons leur Queen car au moins, eux, ils avaient beaucoup d'humour »

 

« Muse, Queen, même combat.  Ca sert à rien d'en parler non ? Y a déjà RTL2, Europe 2 et Rire & Chansons qui en passent toute la journée... »

 
 
 

Mon Dieu … Oui, alors une première chose que je voudrais régler, quand j’étais jeune, oui, j’écoutais Rire & Chansons, et leur programmation était tout a fait respectable : Beatles, Stones, Blondie… de quoi s’offrir un début de formation rock fort sympathique.

 
 
 

Mais revenons-en à ceux que je me sens obligé de défendre maintenant : Muse. Oui Muse est un groupe que j’ai renié aujourd’hui, mais je n’ai jamais renié Showbiz. Cet album est grand, ou tout du moins le fut, pour moi, à … 15 ans. Ouais je sais encore un album de 15 ans oui.

 

Enfin bref, j’ai découvert Muse en même temps que Radiohead, au moment de la sortie de leur premier album, Showbiz, et, JE SUIS DESOLE, cet album est extrêmement réussi, 1) pour un premier album, 2) pour un groupe de rock anglais en l’an 2000, 3) pour m’avoir convaincu dès la première écoute.

 
 
 

Multi instrumentiste talentueux, Matthew Bellamy mène le groupe ou il l’entend, et la production de John Leckie (The Bends quand même !!) ajoute de la classe à ce grand œuvre. Sans vouloir rentrer dans les détails, ce sont les micros à condensateurs de John, ramenés d’Allemagne dans les années soixante, qui donnent cette texture à la voix sur Muscle Museum (en passant, le titre vient du fait que ces 2 mots sont ceux qui encadrent « Muse » dans le dictionnaire anglais. The Red Girl ou The Little Bob, je n’ai pas la source) … Comme quoi

 
 
 

Bref, rappelons qu’un disque, c’est pas seulement (comme beaucoup le croit, je le crains, sauf bien sur parmi les gens qui passent ici, evidement...), des chansons par un groupe. C’est aussi un producteur, un label, qui malgré tout ont leur importance. Et là, c’est fatal, Muse a récupéré un ancien producteur de Radiohead, la comparaison est tombée direct. (Nota : c’est pas parce que Charlotte Gainsbourg a enregistré avec Nigel Godrich que son album vaut du Radiohead, comme quoi ca ne fait pas tout…)

 
 
 

Enfin bref. Si Muse s’enfonce à l’heure actuelle dans un symphonico-pompeux grandiloquent digne des pires… Couine, il ne faut pas oublier cet album.


 

Tout d’abord, c’est un signe d’espoir : qu’un groupe, dans une époque pas foncièrement Rock, sorte un album d’une telle facture, avant ses 20 ans, et seulement après 2 démos, c’est vraiment un symbole d’espoir.


 

Et bien évidement c’est un très bel album. Les comparaisons et influences peuvent être nombreuses, voix torturée à la Jeff Buckley, ambiances glauques à la Radiohead, envolées guitaristiques qui essayent de ressembler à du RATM (référence ultime du groupe..).


Jeunes, doués, plein d'opportunités qui miroitent sous nos yeux... le bonheur quoi.


 

Les morceaux se suivent, ne se ressemblent pas forcément, mais sont vraiment réussis. La lente montée en puissance du titre Showbiz avec simplement 8 vers pour tout le titre… avant une explosion finale magnifique. Unintended, ballade désabusée, acoustique, très classe et émouvante, qui sent le vrai, le vécu !! Bien sur les titres les plus connus, Muscle Museum ou Sunburn sont très réussis, piano guitare, voix, une trilogie majeure chez Muse qui fait mouche à chaque coup sur cet album. Et mon petit préféré, Escape… Un coté Pixies / Lithium de Nirvana dans la structure pour raconter cette histoire de « schizophrénie sentimentale » de la rupture imminente (ca veut rien dire mais les paroles parleront mieux que moi…). Et aussi, Hate this & I’ll love you… Le premier morceau semi-symphonique du groupe, un chef d’œuvre. Une guitare acoustique, le bruit de la pluie, des cigales… au service d’un déchirement intérieur, pour clore en apothéose cet album.


 

Bref cet album, il faut le garder en tête… Pour l’espoir, bien entendu, que les jeunes fassent des chef d’œuvre, et que Muse revienne à ce genre de choses simples, vraies, émouvantes.


 

Et aussi pour cette pièce peu fréquente, un groupe de rock anglais qui sort un album qu’on sent (à tort ou à raison) nourri d’un romantisme à la française, un cote « introduction à la souffrance personnelle via les poètes français du XIXème siècle »… Cet album, je l’ai découvert à l’époque ou on lit Rimbaud et Baudelaire… il fut pour eux un splendide écrin.


 

La France a eu ses poètes, les anglais ont leurs rockers… un seul point commun : la Muse.

 
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20 septembre 2007 4 20 /09 /septembre /2007 11:42

"2004, c'est comme 1964, sauf que c'est 40 ans plus tard." Guic' the old


Les années 2000 à l’instar des années 60, ont connu un grand élan POPulaire vers le Rock. Et comme à l’époque, les meilleurs sont 4, avec un petit gout pour la provoc’, et deux leaders. Deux leaders qui ont un mal fou à se supporter, mais qui, quand ils se motivent à bosser ensemble, font des merveilles. Ces deux jeunes là, c’est Carl Barat et Pete Doherty, et le plus grand groupe pop des années 2000… c’est les Libertines.

 

 

 

Car oui, monsieur, oui madame, oui, vous, les lecteurs de Closer Voici ou Rock n Folk, rappelez vous que Pete Doherty a fait de la musique avant de devenir un gibier à scandales. Contrairement à, par exemple, Paris Hilton qui a pris le chemin inverse. Nous sommes en 2003. Yoko ne s’appelle pas encore Kate, mais les Libertines ne sont déjà plus. Auteurs du flamboyant  « Up the bracket !», produit par l’ex – « Beatle des années 70 – 80 » (entendez par là TheClash, évidement) Mick Jones, le groupe s’est dissous, et Pete mène une vie dissolue. Drogues, cambriolage chez Carl Barat dans le but de trouver de la drogue et désintox, on craint la trajectoire éclair à la Jeff Buckley.

 

 

 

Que Nenni ! Pete et Carl ont la bonne habitude d’inviter des fans à les écouter jouer dans leur appart pour se remettre en jambes et en bons termes, et finalement, sortent un second album en aout 2004. « The Libertines ». C’est fou : quand on veut sortir un album « de renouveau », il suffit qu’il soit éponyme. Cure l’a fait. Blink 182 l’a fait. Bizarrement on n’entend plus parler d’eux depuis. Ici il en est de même. Depuis, le groupe a consommé sa séparation. (Pete a consommé plein d’autres trucs, certes, mais là n’est pas le propos).

 

 

 

Mais nous sommes en l’an 200, tout va plus vite, vous savez… la preuve, en Juillet c’était déjà l’hiver et là en septembre c’est déjà le printemps. S’il a fallu 9 albums au 4 de Liverpool pour se séparer, 2 suffirent aux 4 de… tiens, je sais même pas d’où ils sont. « Up the bracket ! » possédait un entrain, une pèche, et une légère naïveté (dues à un enregistrement rapide) issus d’une redécouverte d’un truc qu’on appelle Rock n’ Roll. C’est entrainant, pas toujours Génial mais réussi. C’est With the Beatles . Alors qu’est The Libertines ? L’aveu des erreurs du passé, le choix de la maturité, une évolution dans la musique, mais sans pour autant changer totalement de direction ou renouveler le genre… Oui, je n’ai pas peur de le dire, The LibertinesRubber Soul de l’an 2000.

 

 


On est des rebelles, ok, mais on déconne pas avec le petit dej' les gars.

 

 

 

Vous connaissez mon avis sur Rubber Soul. Il n’est meme plus nécessaire de chroniquer ce The Libertines. De l’harmonica fougueux de Can’t stand me now à What became of the likely lads, ce disque est marqué par les tensions Barat – Doherty pardonnées. Le jazz de What Katie did, l’orgue funeste de Road to Ruin, sont autant d’avancées musicales dans l’univers des Libs. L’ironie (pas forcément volontaire) fait aussi une apparition remarquée sur « Arbeit macht frei », titre décrié à la sorti de l’album … pour son titre justement, par des critiques qui n’avaient certainement même pas cherché à saisir les paroles, vraiment fines et critiques, de ce titre central de l’album. (Central uniquement parce que c’est la plage 8 sur 14 titres, c’est pas plus étudié que ca…)

 

 

 

Bref, maintenant une question se pose… suite au récent rapprochement Barat – Doherty : à quelle rupture des Beatles avons-nous à faire ? La définitive, ou celle qui permettra d’accoucher du nouveau Double Blanc ? Vous devinez ce que j’espère…

 

 

 

Mais je viens d’apprendre que le nouveau John/Pete s’est séparé de sa Yoko/Kate…  Peut être que finalement, l’histoire ne reproduit pas toutes ses erreurs. Quoique la France a déjà droit à sa nouvelle vague Yé-yé.

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9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 20:00

1965, fin de la ligne droite.

 


 

Voilà. Je savais bien qu’à un moment ou un autre j’allais devoir en passer par là, ce moment je le redoutais, j’ai essayé de le reculer le plus possible, mais maintenant je suis au pied du mur. Comme tout amateur de rock qui se respecte et qui ose tenir un blog ou il parle de disques… Je vais devoir vous parler des Beatles.  Bon, après, soyons honnêtes, si je vous parle des Beatles maintenant ce n’est que pour mieux reculer le moment ou je devrais vous parler des Who. (Parce que là je vais souffrir ce jour là).

 

Maintenant, le pourquoi du comment de l’album. Je pouvais pas choisir Sgt Pepper, parce que, désolé, mais c’est loin d’être mon préféré. Je ne nie pas ses qualités, mais (je l’ai déjà évoqué un peu partout) pour moi il marque une époque, c’est un bel album, mais qui trouve plus d’importance dans l’évènement de sa sortie que dans l’album lui-même : je ne lui offre pas le qualificatif « intemporel ». Il est d’époque, c’est tout (si je dis « daté », je me fais insulter…). De toute façon, G.T. s’est occupé de le chroniquer il y a quelques temps… Pas envie de rivaliser.

 

Revolver non plus, vu que Thom s’en est fort bien occupé il y a peu, et que, bizarrement, alors que c’est un Album, un vrai, avec une consistance, il y a un certain nombre de titres qui me laissent indifférent (mais bon, « I’m only sleeping », par exemple, me transcende. « For no one » aussi.)

 

Le double blanc non plus. Parce que c’est un album des Beatles sans en être un. On dirait que c’est pas eux qui l’ont fait. Mais personne d’autre n’aurait pu le faire. Normal, c’est eux, mais ils font mumuse chacun dans leur coin, m’avait-on fait remarquer suite à un com’ posté je sais plus chez qui… Si vraiment il vous intéresse (ce qui est vraiment légitime, sans lui je sais pas de quoi parler en 1968…), allez voir ICI, chez Alex (d'ailleurs, elle est partie acheter le pain il y a 4 mois, là ca commence à faire longuet...)

 

 

Abbey Road ? Jamais eu le courage de l’écouter entier. Non, mais sérieusement, écoutez une fois « Maxwell’s silver hammer » et dites moi si vous avez envie d’écouter un album qui contient ça…  Ca doit être un de leurs rares albums ou j’aime QUE la partie faite par Lennon.

 

Et, par conscience professionnelle, j’allais pas choisir « Please Please me ». Quoique…

 

 

 

Finalement, ce sera Rubber Soul. Parce que je l’écoute en boucle depuis la mi-juin, parce que j’ai découvert qu’il y avait plein de trucs à y découvrir, parce que ca me libère es années 1966 et 1968 qui sont bien chargées…

 

Donc nous voilà en 1965, c’est le début de la fin des Beatles première version, la fin des Yé-yé. Enfin, c’était annoncé (Beatles for sale, puis Help !) et les voilà qui attaquent le virage, en prenant la corde, histoire de doubler tout le monde une première fois dans leur carrière. On le rappellera, 65, c’est (i can’t get no) satisfaction , et  Like a rolling stone , donc c’est pas rien. Pour l’instant, le tube des Beatles en 65 c’est  Eight days a week, qui n’est pas un sommet, désolé de le dire…

 

Bref nos Beatles se retrouvent au début du milieu de la seconde révolution Rock, celle qui va faire passer de la pop « classique » à l’expérimentation et au psychédélisme… Tous ces trucs bizarres qui vont permettre à des gens comme Hendrix de creuser leur trou et ouvrir la porte à des Tommy, des Woodstock et toute cette époque… Et bien, tous ces petits trucs, ces modifications techniques presque mineures, on les sent sur cet album, avant les collages de Revolver.

 

Bien sur il y a le fait qu’on retrouve sur cet album quelques-unes des chansons que je préfère des Beatles : Drive my car (la plus marrante), In my life (la plus émouvante),  The word (la plus rythmée)… C’est vrai, je sais pas pourquoi, mais j’adore « The Word », alors que cette chanson est ridiculement niaise, avec ses textes « pré-hippies »… Mais il y a une petite descente de guitare derrière… Pareil pour « Think for Yourself » et sa fuzz discrète… « Michelle », qu’il y a encore peu j’aurais classée comme la chanson des Beatles que je déteste le plus (maintenant c’est Yellow Submarine qui a le titre), et qui, quand on l’écoute vraiment, contient une surprenante ligne de basse. Deux morceaux un peu mélancoliques, mais splendidement maitrisés, comme Girl, ou In my Life.

 

 

 

D’ailleurs, je voudrais signaler là un truc. Avec leur orchestration pas minimaliste, certes, mais en tous cas pas surchargée jusqu’à l’abus, In my Life (avec For no one) est la chanson la plus émouvante jamais écrite par les Beatles… Au moins il y a du sentiment qu’on ressent, pas comme dans un Let it be ou un Hey Jude surproduit, amplifié… en même temps, Let it be a eu droit au « mur de son Spector © » donc…

 

 
Mais oui, moi aussi je t'aime...
 

 

Enfin bref, Rubber soul est le premier album de la série qui verra changer la face des Beatles, et, avec elle, celle des fans (moi le premier, même si j’ai un peu découvert leurs albums dans le désordre…), et donc celle du monde. Oui, car, rappelons le, c’est à cette époque que les Beatles sont « plus célèbres que le Christ »… Tiens, mon blog ne passera pas la censure américaine…

 

Bref, c’est avec cet album qu’on comprend pourquoi les 4 chevelus de Liverpool pouvaient vraiment se permettre de dire ça. On ne peut pas faire une telle musique sans intervention divine. Ou alors faut être vachement doué. Ce qu’ils étaient.

 

 

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