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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 10:00

Allez, cadeau : la mode étant au crossover en ce moment, je m’autocrossoverise ce soir : La Mort en Rock, une année, un artiste, un album, Gros Blogage et Le Rock Critique est un con réunis tous ensemble pour faire le spectacle !! Mais ceci n'est PAS ma participation au crossover des blogs 2008...

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Utero-copie-1.jpgC’est certainement le snobisme le plus répandu, le plus flagrant et le plus commun qu’on puisse rencontrer dans le monde du Rock. Préférer In Utero à Nevermind. Bon, certes, un snobisme aussi répandu perd un peu son statut de snobisme. Mais bon, soyons honnêtes : combien sont ils ceux qui ont commencé à apprécier Nirvana uniquement à l’écoute d’In Utero ? A la première écoute, il rebute un peu, à quelques titres près. Ecouté après Nevermind… ben le boulot est déjà fait, on sait qu’on a affaire à un groupe qui se débrouille. Quand même.

 
 
 

Non, In Utero n’est pas forcément le meilleur album de Nirvana. C’est surtout l’album du fantasme, parce que le dernier. C’est celui dans lequel on va chercher des pistes sur ce qu’aurait pu faire le groupe quelques années plus tard, si Cobain avait oublié de faire le plein de munitions. C’est l’autre moitié (avec le Unplugged in New York) du diptyque morbide dernier album – dernier live.

 
 
 
 
 

Franchement… Nevermind n’est pas mauvais. Loin de là. Mais c’est une autre part du snobisme Rock que de considérer que cet album, au son « trop poli »ne se conforme pas à la volonté du public ou même du groupe… bref du vrai amateur de Rock. De toutes façons, Butch Vig* aura été accusé a posteriori de tout ce qui n’allait pas dans le Grunge… Vu qu’il a fini batteur de Garbage, considérons le comme puni.

 
 
 

In Utero retient l’attention parce que le son, la longueur des titres ont changé depuis Nevermind. Mais le producteur aussi a changé. Cobain a changé. Bref, c’est pas non lus la révolution par rapport à Nevermind. D’ailleurs, Rape Me aurait très bien pu y figurer, sans aucun doute. Mais si… si Nirvana avait sorti un quatrième album ? On aurait eu droit à quoi ? **

 

C’est dans la recherche de la réponse à cette question que se trouve tout le sel de l’écoute d’ In Utero… Le défaut de cet album est de ne pas pouvoir être placé au cœur d’une discographie… Comme L.A. Woman, par exemple. Tentative de reconquérir l’auditoire indé, underground du groupe, déçu de Nevermind (comme semblent l’être l’ensemble des snobs du Rock…) ? Volonté de revenir à un son plus brut, plus rauque, maintenant que le succès commercial est quasi certain ? Ah, le rêve le fantasme… Pourquoi Nirvana a-t-il recruté un 4ème membre peu avant la fin ? Pour quoi faire ? Le quatrième album, c’aurait été quel style (je sais pas pourquoi, perso je verrais bien un album de Country). Finalement… In Utero vit dans l’ombre de son petit frère non conçu, pour toujours. ***

 
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Merde, t'as encore cadré ca n'importe comment...
 

Finalement… La mort de Cobain aura eu une triple conséquence assez dommageable : rendre Cobain, In Utero et Nirvana cultes et intouchables. Avouons le, personnellement, je ne comprends pas pourquoi on voit en Morrison un sale poseur alcoolique qui se prenait pour un poète et en Cobain un génie maudit qui n’a pas supporté le succès. J’ai deux hypothèses : la première, c’est qu’un suicide nécessite une raison, contrairement à une overdose, et donne du fond à celui qui le commet. La seconde, c’est qu’Oliver Stone n’a pas commis de film sur Nirvana. Je ne ferais aucun commentaire quant à celui de Gus Van Sant, j’ai pas réussi à dépasser la première heure (j’ai un peu de mal avec les films muets, ça me rappelle les films de vacances.)

 
 
 

Bref la grande question reste : et Nirvana ? Sans le suicide de Cobain, ca garde sa consistance ? Eh bien, franchement…oui et non. Un peu comme Jeff Buckley, dont l’album Grace est passé d’album au dessus de la moyenne à classic album via la mort de son auteur, Nirvana perd une grande part de son charisme, de sa classe, sans la mort de Cobain… Il reste quoi qu’il arrive un génie dans la composition des chansons, le mec qui aura appris à tous les nouveaux venus à la guitare leur premier riff (sauf ces salauds de snobs qui ont commencé par la musique de James Bond), et des titres qui ont un peu réveillé les grosses guitares au quatre coins du monde au début des années 1991. C’est un peu bête à dire, mais il n’est pas complètement con de penser que sans Nirvana, Blur, Oasis et consort n’auraient pas percé (j’ai pas dit « pas vu le jour », hein)

 
 
 

Alors, finalement… La Mort en Rock, le meilleur des plans marketing ? Assurément. L’overdose vous permet de mourir avant d’être trop mauvais à cause de la dépendance (Joplin, Hendrix), la mort peu banale, ou même un peu mystérieuse, permet d’entretenir ou même de créer un mythe (Brian Jones, Buckley fils, Morrison, Cobain), la mort peut aussi être l’apogée de la rébellion (Sid Vicious), une ultime blague, quoique pas forcément drôle (Keith Moon, décédé si je ne m’abuse d’une overdose de médicaments contre l’alcool), ou même mourir en délivrant un dernier mystère (Mercury)

 
 
 

Alors qu’on ne s’étonne pas que Thom ait choisi la Mort en Rock pour finir en beauté sa rubrique phare, que tant de personnes se pressent à réaliser des films sur les morts de rockstar, ou sur les rockstar mortes, ou pour écrire une biographie sur leur compte, avec, inclus dedans, une vraie enquête toute neuve sur les circonstances de la mort, appuyées de documents inédits****

 

Pas étonnant aussi que les amateurs de Rock soient si passionnés par les œuvres de gens décédés (jeunes de préférence).

 
 
 

Oui, le triptyque était incomplet : Sex, Drugs and Rock n’ Roll ? Non. Sex, Drugs, Death and Rock n’ Roll. Le quatrième ayant généralement pour thème l’un des trois premiers, voire les trois ensemble…

 
 
 

Mais tout cela, nous y reviendrons très bientôt. Très bientôt.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

* Note à l’attention de ceux qui sauraient pas : le producteur de Nevermind, et des deux premiers albums des Pumpkins… Considéré comme un architecte de la mouvance grunge.

 
 
 

** Avis tout a fait personnel de l’auteur : Si c’était pour avoir un album ave des titres dans le genre du semi-inédit « You know you’re right », louons le Seigneur d’avoir créé la Winchester.

 

*** Je peux pas m’empêcher : on se demande de quoi Cobain aurait accouché après In Utero.

 

**** Ca peut être une quittance de loyer, une lettre de suicide non signée ou une carte de bibliothèque… ne nous méprenons pas.

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7 mars 2008 5 07 /03 /mars /2008 18:57

 Parfois on se surprend soi même. La preuve, je vais vous parler de… pas de Rock, mais de chanson française (oui, je suis pas aussi sectaire qu’on voudrait bien le croire…).

 
 
 

Alors o.K., la chanson française, il y a du bon et du mauvais, du niais et du (généralement faussement) provoc’, et il y en a quelques uns qui, eux, réussissent à sortir du lot. Tout en étant extrèmement populaires (oui, désolé, les Bashung, Arno, bien que reconnus, je les considère pas comme ayant un succès populaire démentiel…). Non, aujourd’hui il est question du plus grand esthète que la chanson française nous ait offert. Alain Souchon.

 
 
 

Bon, je m’excuse d’avance pour cet article qui ne sera peut être pas extraordinaire, car Souchon fait typiquement partie de ces artistes qui me parlent.

 

Bon, entendons nous… Souchon, c’est surtout Souchon-Voulzy. Mais c’est Souchon qui s’occupe des textes. Oui, car bien sur, qui dit chanson française dit Textes. Si on arrive parfois à les négliger ou à les yaourtiser quand ils sont en anglais, là c’est pas possible de négliger.

 
 
 

Bon, au niveau textes… Souchon est un génie pour utiliser des mots communs avec une élégance, une poésie surprenante. Ce qui a fait qu’on l’a propulsé « parrain » de la « Nouvelle Chanson Française » sans qu’il l’ait forcément demandé. Ce qui est très con, parce que ce genre de chanson n’a rien de nouveau au final, ca fait 30 ans que Souchon fait ça, avec toujours le même talent. Et le name-dropping à la Delerm aussi d’ailleurs. Réécoutez « Tout m’fait peur ».

 
 
 

undefinedLes textes… ah. Souchon réussit donc à sortir des textes tout à fait poétiques avec des mots communs, ce n’est pas une qualité au final, c’est ne pas avoir le défaut de la plupart des paroliers français, qui voudraient qu’on compare leur production à du Baudelaire. Mais aussi un langage au final très enfantin, et je parle pas des « J’ai 10 ans » ou « Jamais content ». Souchon ne parle pas des femmes. Il parle des filles, de ses amies, copines. « C’était menti », y en a beaucoup d’entre vous qui ont utilisé cette phrase dans cette formulation passé vos 12 ans ? Ca pourrait être ridicule, et ben là c’est juste émouvant. Les rêves, l’espièglerie, les amours simples et mignonnes, tout ça ne mourra jamais, et ce grace à lui. Au cinéma, pour ça, on a Tim Burton ou Michel Gondry, et en musique, Souchon. Pas besoin d’écouter Henry Des pour retomber en enfance, et oublier son crédit à 12,6% échelonné sur 25 ans le temps d’une chanson.

 

Et quand il décide de devenir adulte, il ne peut s’empêcher de stagner à l’adolescence, en sortant des chansons narquoises, colériques, rebelles mais pleines d’humour et d’ironie. « J’veux du cuir », ou encore « C’est comme vous voulez », qui chronique la prostitution des artistes auprès de l’argent de leur labels avant même que je naisse…Bon, l’orchestration de ces titre a vieilli mais ecoutez une version live récente… Et ne nions pas son gout pour le jeu de mot, pas forcément facile à prononcer, mais… Petit tas tombé, petit a sans petit b…On nous prend faut pas déconner dès qu’on est nés pour des cons alors qu’on est… Rien que pour réussir à chanter ça, il mérite le respect.

 
 
 

Après, Souchon me parle. Quand on rêve en secret d’être une Rock Star (mais bon, c’est assez difficile quand on a aucun talent contrairement a l’idée reçue et au succès de Jean Louis Aubert, ça c’est fait), mais qu’on s’apprête à devenir cadre, écouter « Le Bagad de Lann-Bihoué », ca fait bizarre. Je défie quiconque de ne pas avoir au moins un pincement au cœur en écoutant « Ultra – Moderne Solitude ». J’avoue sans honte que j’adore siffloter « J’ai 10 ans », « Jamais Content » ou « Bidon » à l’occasion…

 

Et cette voix… vaporeuse, délicate, hésitante… Quand il chante « Le Baiser », Souchonundefined est un ado boutonneux et hésitant de 55 ans, c’est tout.

 
 
 

Mais parlons maintenant de musique. Et là on parle de Souchon – Voulzy. Deux jeunes français élevés à la pop anglaise, Rockcollection (qui ne signifie pas « collection de pierres ») faisant foi. Pas besoin de violons pour faire passer l’émotion. Une guitare, une batterie, une basse, un clavier… ca suffit. Surtout quand, comme lui, on sait s’entourer de musiciens de talent. Franchement, le solo de guitare d’ »Ultra moderne solitude » a tout ce qu’on peut demander à un solo de guitare ! En particulier de durer juste la longueur qu’il faut.

 
 
 
 
 

Et au final, qu’est ce qu’on a ? Simplement de belles chansons, simples, agréables, et qui sonnent juste, profondes… humaines.

 
 
 

Voilà, je viens de vous présenter un de mes péchés mignons, dont je n’ai pas honte, et que je n’ai pas à défendre devant vous. Les suivants, ce sera plus dur.

 
 
 

Je vous laisse avec deux de mes préférés , et c’est pas facile de choisir, en l’occurrence C’était menti et Jamais content.

free music
 



Cet article est dédié au final à (je sais, ca fait niais, mais faut être honnète) ma mère (qui est quand même plus Voulzy, mais bon…), a feue sa platine vinyle, et au 6-titres bizarres que j’ai du lui achever, contenant J’ai 10 ans, Jamais content, Allo maman bobo, Quand je serais K.O., Papa Mambo et Y a de la Rumba dans l’air.

 

J’y associerais une morale à l’égard des jeunes adolescents en crise qui risqueraient de me lire : c’est pas parce que ca a été publié avant votre naissance et que c’est ce que vos parents écoutent que c’est FORCEMENT mauvais. Vous risqueriez de rater des trucs.

  

Note à l’égard de ceux qui trouvent que je suis trop gentil en ce moment, un gros blogage pour le prochain article.

 
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 13:48
Vous y croyiez plus, hein ? A vrai dire moi non plus. Quand tout à coup, j'ai reçu celle ci. Nyko, le patron de l' "alternative sound", vient de nous envoyer SES 80 minutes.

On lui laisse la parole juste après la page de pub réglementaire:

nyko.JPG





ce fut difficile mais j ai enfin réussi à terminer ma sélection pour cette ultime compilation. J'ai laissé tombé plusieurs fois mais j'essayais de m y remettre de temps en temps quand j avais le temps.
Bon, j ai quand même quelques regrets : j'aurais voulu mettre plus de folk et d'électro, Public Enemy, Dylan, Patti Smith,Miles Davis, etc. Mais c'est le jeu et malgré les sacrifices, je suis quand même très satisfait de la sélection que voici :
 
1) Pink Floyd : one of these days (5:56)
2) Akron/Family : ed is a portal (7:21)
3) The Doors : roadhouse blues (4:04)
4) Iggy Pop : sixteen (2:26)
5) Sonic Youth : kool thing (4:06)
6) Nick Cave & The Bad Seeds : stagger lee (5:15)
7) Tom Waits : singapore (2:45)
8) Johnny Cash : folsom prison blues (2:42)
9) Page & Plant : nobody's fault but mine (4:06)
10) Ali Farka Toure : ali's here (3:17)
11) Nusrat Fateh Ali Khan : mustt mustt (5:18)
12) Frank Zappa : peaches in regalia (3:37)
13) Funkadelic : standing on the verge of gettint it on (5:10)
14) Beastie Biys featuring Q-Tip : get it together (4:05)
15) Wu Tang Clan : C.R.E.A.M. (4:12)
16) Nine Inch Nails : eraser (4:53)
17) Aphex Twin : come to daddy (4:20)
18) Mr Bungle : desert search for techno allah (5:24)
Total : 79'30

free music

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 19:00


J'ai découvert ce titre au hasard de mes déambulations sur mon stock de musique. Pour tout dire j'ai recherché toutes les chansons contenant "Love" sur mon PC, c'est marrant de voir la différence de style qu'on rencontre de Love me tender au Today your love, Tomorrow the World des Ramones...


Bref, au milieu du Garage Inc. on trouve cette pépite que je me suis fait boucler dans les oreilles pendant un moment... Une agréable surprise, une surprenante reprise. Maintenant je vous la laisse écouter tranquillement. Elle tombe d'autant mieux qu'elle constitue une parfaite transition entre le dernier disque que je viens de chroniquer, et le prochain...


Allez, profitez bien!
(La vidéo est certes une image fixe mais c'est la seule que j'ai trouvé ou on a pas un montage d'extraits de film par dessus....)

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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 13:12

Cet article est bien évidement dédié à Thom aidé de G.T., en fait, bref, à cet article, sans qui je n'aurais jamais connu Nick Cave et n'aurait donc pas écrit cet article.


Quel unique album devais – je choisir pour évoquer les Bad Seeds ? C’est pas comme Bowie, chez qui Ziggy Stardust est tellement imposant qu’il ressort du lot de ses transformations… Quand un artiste ne réussit pas à sortir 2 albums un tant soit peu similaires (enfin, plutôt, ne s’en permet pas la facilité), ça ne facilite pas la tache aux critiques qui ont du mal à le classer dans une tendance, un style…. Et parlent alors d’artiste – caméléon. Nick Cave est de ceux là. Un des tout meilleurs.


 
murder-ballads.jpg20 ans de carrière, un album tous les deux ans, et un constat a fini par s’imposer : au-delà du rock ou des modes, Nick Cave et ses Bad Seeds font tout simplement de la musique. A partir de là, ce n’est pas chose facile de choisir avec quel album présenter tous ces gens. Mon préféré (pour l’instant, parce que ça change régulièrement) serait Let Love In, pour des raisons extrêmement simple que sont la beauté et la classe. Mais Murder Ballads est le premier album de ceux là sur lequel j’ai posé l’oreille, et une collection surprenante de très très bonnes chansons... Le tout regroupé dans un concept fort simple et fort plaisant : toutes ces chansons sont des « Muder Ballads », style de chanson traditionnelle anglo-saxon qui consiste à chanter des meurtres. Ces gens là sont très sains.
S’il est un étalage de tous les types de morts (noyade, arme à feu, incendie) et de tous les meurtres (passionnels, pour le plaisir, par folie), cet album est aussi l’étalage de tout ce dont est capable Nick Cave, avant et après cet album.
Avec le recul des autres albums des Bad Seeds que j’ai pu écouter, je ne peux pas m’empêcher d’associer chacun des titres de cet album à un autre d’un autre album : la folie pianifère (qui porte le piano, je sais pas si ça existe, mais passons) de O’Malley’s bar m’évoque les vrilles de clavier de The Carny sur Your Funeral My Trial. Song Of Joy se revendique presque de suite comme un Red Right Hand II (dans les paroles, pas la musique), et on pourrait en citer d’autres…
 
Un autre détail surprenant avec ce disque, c’est que c’est certainement le concept album le moins cohérent musicalement que j’aie jamais entendu (attention, ce n’est pas une critique, hein !). Par exemple, Doolittle ou n’importe quel album des Pixies, c’est pas un concept album, mais il y a une certaine cohérence entre les titres, d’un point de vue musical, mélodique… Ici, seul le thème est commun aux différents titres. Et leur qualité aussi. Mais on passe d’un ballade au piano à un titre bien groovy bien funky sans transition aucune… sinon passer de 4 morts à 2. 


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Un groupe qui respire la joie de vivre. Quand même.


Bon, excusez moi, là on arrive dans le passage un peu flippant, un peu bizarre mais bon, c’est mon avis : Cave reflète dans ses titres l’esprit du meurtrier avec une classe folle. Musique funky pour le bandit rétro Stagger Lee, violons et paroles douces pour crime passionnel dans Where the wild roses grows… Tuerie bon enfant avec sa musique limite piano bar sur « The Curse of Millhaven »… Et bien sur le piano entêtant, vrillant, qui rend littéralement dingue sur O’Malley’s Bar…
Le top du top de la beauté mêlée de complexité et de poésie : le titre d’intro, Song of Joy avec sa sorte de tonalité de téléphone occupé en fond, son piano crépusculaire, et la voix de Cave jouant au crooner malsain, le tout magnifié par quelques vers de John Milton… Et là c’est fini, vous êtes entrés dans le disque…
 
 
Contrairement à ce qu’on pourrait en penser ou tout simplement dire, cet album n’est pas déprimant. Il ne rend pas déprimé. Cet album rend dingue. Cet album est dangereux… Magnifier le meurtre avec une telle classe devrait être interdit. Cet album est beau, mélancolique, parfois marrant (désolé mais quand Cave commence à faire des voix dans Stagger Lee, je trouve ça plus marrant que déprimant…), et toujours de haute volée d’un point de vue musical…
 
Parce que oui, c’est un peu facile de considérer d’un album ayant pour thème principal la mort qu’il est déprimant. Mais bon, il y a bien une raison pour qu’il s’achève avec la reprise du Death is not the end de Dylan (repris par à peu près tout le monde ayant chanté sur le disque… ça en fait du monde). Pour la raison très simple que le thème principal de cet album n’est pas la mort, mais le meurtre, et le meurtre c’est déprimant que d’un des deux côtés de la barrière. Et Cave s’arrange pour toujours se placer du bon côté, celui du meurtrier. Les seules fois ou la victime a la parole, c’est dans les duos, et en ce cas, on a aussi la vision du meurtrier. Bref, les questions que peut poser cet album ne portent pas vraiment sur la Mort, ses causes, la vie a – t – elle un sens, etc…. Mais sur ce qui amène au meurtre, ce en quoi le meurtre peut être justifié ou pas, condamné ou pas, considéré comme beau ou pas. ET tous ceux de cet album on le point commun d’être racontés ave classe… 

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 Tournés vers l'Avenir. Oui, il est en haut à droite.

Alors, oui, c’est vrai, je chronique un disque et ça tient plus de l’analyse de texte que de la critique musicale, mais c’est justement ce qui fait que Cave est grand (et, accessoirement, plus cool que vous) : chacun de ses titres forme un tout. On peut trouver les paroles classes, la mélodie sympa séparément. Mais quand les deux se rejoignent, c’est là que se fait une alchimie particulière qui mène le titre vers de nouveaux sommets. Tous ces lieux communs pour finir avec celui-ci : la marque des grands génies, assurément.
 
Comme un extrait ne suffirait pas à représenter le disque (qui ne peut être représenté que par lui-même, dans son intégralité), voici deux titres assez différents :
 
Stagger Lee : Groove, meurtres dans un saloon… Le clip, avec un Cave possédé rappelant légèrement Vincent Vega (Travolta dans Pulp Fiction)


 
 
 
 
Where the Wild Roses Grow : Romantisme, Roses Rouges et crime passionnel… Le duo avec Kylie Minogue. Beau, Classe, Emouvant… les mots manquent.
 


 
 
Et si avec ça vous êtes pas convaincus… je peux plus rien faire pour vous.
Non, mais au moins ca montre la diversité, non ?
 
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 07:00
NOTA : Désolé de revenir avec un article aussi indigent. Mais je bloque sur un autre depuis début Février… C’est juste histoire de donner signe de vie et de dire du mal en fait.
 
Vous vous dites sûrement que finalement ca commence à faire un moment que j’ai pas été saignant, méchant, sur Pink Floyd ou autres. Ne trouvant pas de gros Blogage à vous faire partager, voici la première série des petits blogages…
 
Car oui, même les plus grands ont eu des sacrés passages à vide… ou alors une inspiration soudaine qu’ils auraient mieux fait de jamais avoir en fait…
 
On va commencer avec trois grands… grands groupes, grandes fautes de goût, les voilà…
 
 
The Beatles – Yellow Submarine : 

Là, le collage sonore a montré ses limites. Entre Ringo qui chante, les bruits de cuisine, le refrain hymnique qui reste en tête sans vouloir partir  (record actuel pour moi 37 h…)… Franchement, c’est bien joli d’accuser Lennon et les collages musicaux du seul morceau raté du Double Blanc, mais là, quand meme…
Remarquez, celui – ci est le plus mauvais. Pour le prix du plus ridicule, il y a Ob-la-di, Ob-la-da….
 
  
 
Les Rolling Stones – Anybody seen my baby ?
 
Bon, OK, les Stones a partir de 1980 c’est pas toujours au top, mais bon… pire que le morceau pourri, le morceau pourri qui devient un tube… Le pire c’est que ca part pas mal, la basse est classe… Mais le refrain avec les chœurs, déjà…  et à 2 :45, le drame… les Stones essayent d’être dans le vent… mais je vous laisse la surprise. Bon courage.
 
 


Led Zeppelin – Hot Dog :
 
 

Grosse ambiance piano-bar, c’est la fête dans le Saloon Atlantic… et on a envie de sortir la Winchester pour que tout cela cesse. Jugez par vous-même. 
 
 


Ca vous scandalise que je revienne avec un article aussi simple, court mais quand même marrant j’espère… Moi aussi. Mais admettez que quand on entend des trucs pareils... on a envie de faire une pause d'avec les grands du Rock... A bientot.
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Published by Guic ' the old - dans Gros Blogage
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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 18:00

 

Jim Morrison… Ah. Jim. Ce nom évoque tant de choses. Quiconque s’est un peu intéressé au rock, surtout au « vieux rock » (avant 1975 dans ma vision) aura été passionné par le personnage. Quelle meilleure incarnation du triptyque « Sex, Drugs & Rock n’ Roll » ?
 
Morrison, sex symbol, compositeur, parolier, chanteur pour les Doors. La provocation faite homme, et qui aurait enfilé un pantalon de cuir. LE Lizard King.
 
Les choses auront commencé pour moi à 17 ans, quand on m’a offert un best of des Doors. On avait pas mal entendu parler de lui à ce moment là : il était mort il y a 30 ans. J’avais vu sa tombe pour la première fois sans vraiment savoir qui c’était. Depuis, cette tombe… J’ai du m’y rendre plus souvent que sur celle de certains membres de ma famille. J’ai une excuse, qui est celle de la distance, quand même. Ce personnage m’a littéralement passionné. J’ai du lire au moins 3 ou 4 biographies, toutes moins renseignées les unes que les autres, mais bon, j’étais pas aussi exigeant que je peux l’être maintenant. Et d’ailleurs, quand j’y pense, je me dis que c’est peut être un reportage sur la Cinq vu à l’époque qui a déclenché en moi cette passion. Un instant précis, en fait : Une télé américaine ou le groupe jouait « Moonlight Drive », titre qui reste certainement mon préféré. Sachant cela, parlons du personnage. Je vais essayer de vous en parler uniquement avec ce que je me souviens de sa vie, vous verrez ainsi l’importance que peut avoir Wikipedia dans la rédaction des articles de la Mort en Rock. Ca ne rendra que le pied de page de ce blog plus vrai que jamais.
 
 
Jim Morrison est né en 1948 en Floride. Son père était dans l’armée. Dans les années 60, il décide d’entrer à la faculté de cinéma de San Fransisco (ou c’était UCLA, à L.A. comme disent les jeunes.. ?). Enfin bon, il est passionné par les poètes romantiques français du XIX eme siècle comme les Rimbaud Verlaine et tout ça. Il s’intéresse aussi beaucoup au mouvement dadaïste. Ceci constituera ses références principales d’un point de vue artistique. Vous en déduirez bien vite que ses films, personne n’y capte rien (peut même que lui non plus ne les comprenez même pas d’ailleurs…). Enfin bref, ses études d’aspirant cinéaste sont un échec. Mais il rencontre Ray Mankzarek, futur clavier des Doors, qui cherche un membre pour son groupe de rock. Une nuit changera le cours de leurs vies à tous : sur une plage californienne, tous sous LSD et variantes, réunis, ils écoutent Morrison déclamer un poème commençant ainsi : Let’s swim to the moon, let’s climb to the tide, penetrate the evening where the city slips to hide... Ce soir là, les Doors seront en fait créés, tenant leur nom du livre sur les drogues indiennes de Aldous Huxley, The Doors of perception. Qui lui-même tient son titre d’un poème de, je crois, William Blake.
 

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Meuh non, j'suis pas bourré j'te dis!!

 


Les Doors sont signés sur Elektra, et sortent en 1967 leur premier album, album sans titre, on va pas dire éponyme, ça va énerver Arbobo…) Porté par Break on Through et Light my fire (qui a été, rappelons le, composée par Robbie Krieger, oui, on l’accuse toujours d’avoir commis The Soft Parade, ce qui est vrai, mais quand même reconnaissons lui ce mérite sur un titre phare du groupe), l’album cartonne, c’est sur. Au milieu du mouvement psychédélique, les Doors, avec leur côté sombre, défoncé, pas trop trop fun, font figure d’opposant. Ce ne sont pas de vulgaires défoncés prônant l’amour et la paix. Ce sont de sales défoncés qui veulent briser les règles et faire ressortir le côté sombre de l’humain. Et leur Frontman, en plus, est beau gosse, charismatique, et hypnotise les foules. En plus il porte un pantalon de cuir, ce qui fait toujours son petit effet.

 
Je ne vous ferait pas le détail des albums suivants, sinon pour dire que Strange Days, sorti peu après, est très bon, puis que ça commence à chuter petit a petit , pour sombrer jusqu’à The Soft parade, dont, oui, Krieger est coupable (beuh, ces cuivres, ce symphonisme pompier raté… Comme me l’a dit un jour un pote éminemment cultivé, « Krieger, il serait né 10 ans plus tard, on le retrouvait dans Queen ». Tout est dit.) Puis ça remonte petit à petit au fur et à mesure que le groupe en revient à ses racines blues et que Morrison laisse pousser sa barbe (et son bide) : Morrison Hotel, puis  LA Woman.
 
undefinedDu point de vue personnel, Morisson devient de plus en plus défoncé, et alcoolique, passant plus de temps dans les bistros que sur scène ou en studio. Quand il est pas au poste ou au tribunal. Ce qui lui laisse peu de temps.
Le côté sex symbol se pert, au profit d’un profil d’ermite tombé en disgrace, de prophète renié. Sa relation plus qu’agitée avec Pamela Courson, ex model et régulière de l’ami Jim, qui en bon Lizard King  a tendance à laisser traîner certain de ses attributs un peu n’importe où, n’améliore pas son état ou sa passion pour les troquets. En plus, il a eu le bonheur de faire publier certaines de ses poésies, qui, malheur, ont fait un four (non, je ferais pas un jeu de mots pourri sur « bide »).
 
Bref, lassé, il décide de partir. Pour une ville qu’il aime, une ville ou il peut passer incognito, flâner chez les bouquinistes, et cette ville s’appelle Paris. Il s’installe au 17, rue Beautreillis, 3 eme gauche. (Ami fan des Doors en quête de pèlerinage, voilà pour toi plus original que le père Lachaise ! Tu pars de Bastille, tu remontes la rue du Faubourg Saint Antoine, c’est la seconde ou la troisième sur ta gauche. Tu avances jusqu’au 17, qui sera sur ta droite, en face d’un restaurant népalais. Le troisième gauche c’est là où il y a des jardinières blanches avec des géranium roses dedans. En plus, les photos avec flash sont acceptées !! Rock n Roll !!)
 
Il s’installe avec Pam. Lui aime l’alcool, elle, elle aime l’héroïne. Bon ben vous avez compris, tout ce qui est nécessaire pour nouer un drame est là… Jim va tenter l’héro alors qu’il est pas habitué, et mourra dans sa baignoire (quel comble, mourir comme Marat alors qu’on habite à Bastille), le 3 Juillet 1971, concluant la série des 3J. (Note à l’attention des non initiés : Non, c’est pas les promos de la Samaritaine, c’est Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison)
 
Il sera enterré au Père Lachaise, ou il aiundefinedmait traîner de temps en temps pour écrire à l’ombre des arbres centenaires, devant une foule de 5 personnes. Pam, 2 membres des Doors, Alain Resnais et sa femme. Rejoignant ainsi Oscar Wilde, Guillaume Apollinaire et  bientôt rejoint par Yves Montand.
 
Voilà pour la vie de James Douglas Morrison. Je laisse le soin à G.T., le fan inconditionnel, et à Chtif, le destructeur de mythes forcené de signaler toutes les erreurs, omissions et contresens que j’aurais pu faire. Ou pour me féliciter de la façon la plus dithyrambique qui soit. Libre à vous.
 
MAIS :
 
La vraie question n’est pas que Morrison ait été un génie incompris, poète et rocker dans l’âme ou un sale drogué montrant sa b*** en concert qui n’aurait jamais du sortir du caniveau ou ses parents l’avaient finalement jeté, et qui en plus se prenait pour un poète.
Le seul truc, c’est qu’un mec qui a aidé tant de jeunes gars à traverser l’adolescence, qui les a entraîné dans une tentative rapidement avortée de se faire pousser les cheveux (avant de se rendre compte que c’est moche et chiant à coiffer, et qu’en plus on a pas les mêmes jolies frisettes), qui leur a enseigné au moins une définition du mot Rock n Roll utilisé comme adjectif, ne peut être que quelqu’un qui a été vraiment important, au final.
Merci Jim. Je passe te voir dès que possible.
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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 11:14
1970, fin du début, mais pas début de la fin.
 
Je vous l’avoue : ce disque ça me fait flipper de le chroniquer. Mais c’est justement pour ça que j’ai envie de le faire. Cet article est dédicacé, ça me parait une évidence, à Chtif.
 
undefined1969 – 1971. Tout a changé durant ces années là. Le Rock est à son apogée, mais un grand changement s’amorce. Tous les mouvements des années précédentes vont y trouver leur fin. Tous les mouvements qui traverseront toutes la décennie 70’s vont y naître. Les plus grands (ou du moins les plus célèbres, et les plus fantasmatiques) festivals auront lieu pendant cette période, Woodstock en tête. Les mouvements mod, psychédéliques vont tomber dans l’oubli sous peu. Le hard Rock ne saurait tarder à exploser à la face du monde (Led Zep sort son premier album en 1969). Le punk attend tranquillement dans sa tanière (1969, The Stooges, 1970, Fun House). Il ne fait pas bon avoir 27 ans et être une rockstar à cette période, Morrison, Joplin, Hendrix, Jones le confirmeront. Et au final, peu de groupes réussiront à traverser cette période avec un succès égal de part et d’autre de ces 3 années. En Janvier 1970, Mc Cartney jette l’éponge Beatles pour voler de ses propres ailes. Les sixties sont définitivement révolues. C’est aussi simple que ça. Honnêtement, comment ne pas être passionné par ces années qui ont, finalement, changé complètement le paysage musical international ?
Au final bien peu de groupes traverseront cette tempete musico culturelle.
 
Les Stones y parviendront. Dylan, aussi, meme si sa musique des 70's est tres différente finalement de ses 60's. En plus 70 marque son retour sur scène. Accident de moto, tout ça, Wight is Wight, Dylan is Dylan. 
 
 
Mais au milieu de ce marasme, un groupe sortira son épingle du jeu. Un groupe exigeant, fou, passionnant, schizophrène, violent, mélodique, historique : les Who. Je n’ai pas peur de le dire, mais pour moi, les Who sont l’incarnation la plus absolue des termes Rock n’ Roll.
 
Les Who, qui sont ils ? Eh bien c’est ça qui les rend fondamentalement Rock n’ Roll, leur line-up qui contient un exemplaire d’incarnations classiques de personnages rock. Un chanteur beau gosse (Roger Daltrey), qui à cette période arbore une crinière blonde flamboyante, à mi chemin entre Rod Stewart et Robert Plant. Un guitariste torturé, principal compositeur du groupe, jeune homme complexé et revêche, mais une vraie bête dès son entrée sur scène, détruisant matériel et gêneurs (Abbie Hofmann, policiers…). Il y a, en Pete Townshend, une douzaine de Kurt Cobain et 2 Georges Harrison. Un bassiste surdoué, mais discret, même sur scène, calme, se transformant en génie quand il lui vient à l’idée de composer pour le groupe (Boris the Spider, Whiskeyman, Heaven & Hell, je ne citerai pas My Wife, j’aime pas ce morceau, merde c’est trop tard.) Le génie de McCartney dans la dégaine de Lemmy Killmeister, le tout dans un costume de squelette. Et enfin, le petit préféré de beaucoup de monde : le batteur fou. Gesticulant, sautant, sans aucune raison sinon celle d’être un chien fou fort sympathique, et un génie du rythme comme on en voit peu. La seule comparaison vraiment possible avec Keith Moon est le personnage qu’il a inspiré : Animal, le batteur des Muppets.
 

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Suiveurs géniaux ou génies suivis, il est dur de trancher. En 1970, les Who en sont déjà à leur troisième incarnation musicale : ex groupe mod, converti aux délires pop art en 1967 sur l’album The Who selling out, en 1970 ils sont en haut de l’affiche. Tommy, leur double album opéra rock de 1969 est un énorme succès (c’est d’ailleurs ce succès commercial qui sauvera le groupe). Cet album deviendra un des emblème de la période psyché sans qu’il ait vraiment été voulu comme psyché, mais seulement comme « un disque qui raconte une histoire », poussant le concept de concept album en sa plus haute incarnation.
 
Bon, avouons le, l’histoire de ce gamin devenu sourd, muet et aveugle (deaf dumb and blind) après avoir vu son père tuer l’amant de sa mère, c’est déjà pas super crédible. Que ce gamin se fasse maltraiter par son cousin et son oncle, ça passe déjà plus. Qu’il devienne champion de flipper, c’est n’importe quoi. Qu’il se voie, quand même,  lui, dans les miroirs, à la rigueur. Qu’il retrouve ses sens en cassant un miroir, franchement… Qu’il devienne un nouveau gourou, no comment. Qu’il se fasse finalement envoyer chier par ses disciples, là, au moins, c’est crédible. OK, je ne suis pas là pour parler de Tommy, mais c’est important. Sans ce disque, qui, quand même est musicalement génial (sauf « Underture », instrumental indigeste de 10 minutes…), les Who n’auraient pas fait Woodstock ou l’île de Wight. Et le Live at Leeds n’existerait pas.
 
Le Live at Leeds, donc. Pour pouvoir parler des Who, il fallait choisir ce disque. D’abord, parce qu’il y a déjà trop de monde qui clame les qualités de Who’s Next, même si je ne suis pas vraiment d’accord. Il y a beaucoup de raisons à mon choix. Pour tout dire, les Who font partie de ce genre de groupes que je qualifie de « groupes à Best of » (ou « groupes à singles » si vous préférez), c'est-à-dire qu’ils sont capables d’écrire des titres extraordinaires, mais qu’il est très rare de les voir sortir un vraiment bon album dans tout ce que ce terme demande de cohérence de logique, de qualités. Leurs meilleurs titres (à mon goût), comme Substitute, Magic Bus, Pictures of Lily, et tant d’autres sont absents des albums, sortis seulement en singles. 

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En ce sens, Who’s next est certainement le seul album jamais sorti par les Who. Musicalement, les autres sont trop décousus. Mais, franchement : que devient cet album si on en enlève Baba O’Riley, Won’t get fooled again ou encore Behind Blue eyes ? Quel que soit le titre choisi, si on l’enlève, cet album perd 40% de son intérêt. Et ça, finalement, ce n’est pas un album.
 
La raison de plus est donnée par Keith Moon himself:
 
We don’t make particularly good records. We have good ideas but not always a good sound. We are difficult to record because we don’t work any different in the studio to on stage. Drumsticks are in the air when they should be on drums and arms are flying when they should be on the guitar. In the studio you should be session musicians, but we are not experienced enough at getting the dynamic sound on record without leaping about. We record clumsily and as loud as possible, so you just hear a long, drawn out row which is old fashioned.
It’s much the same on stage.”
 
Qu’est ce que je peux ajouter à ça?
 
Non, franchement, il n’y a en fait rien à dire sur ce disque. Il n’y a qu’à le faire écouter. L’énergie, la vitesse… On dira ce qu’on veut, en 1970 les Who étaient le meilleur groupe du monde. Y a-t-il plus puissant, dopé, et dopant également qu’un Heaven & Hell lancé à pleine bourre dès l’ouverture ? Surtout pour l’enchaîner avec un Can’t explain dans son plus bel élément. Et ce Summertime Blues… L’hymne de l’adolescent frustré par excellence, qui devient ici puissant, lourd, transformant la frustration de l’original d’Eddie Cochran en rage finalement pleine d’espoir. Même l’enchaînement de singles central du concert est mythique : Substitute, Happy Jack, I’m a boy. Plus direct, plus génial, plus délirant, ça n’existe pas, désolé ! Et le final… un My Generation de 15 minutes, puis 7 minutes de Magic Bus…

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En Février 70, ce tour (au milieu duquel se place Tommy joué en intégralité, mais disponible uniquement sur la réédition) est rodé, c’est un spectacle qui tourne. Il a été joué à Woodstock, il le sera à l’île de Wight. Comme s’ils savaient ce qui allait arriver, les Who ont enregistré leur unique album live (certes, il y a le mini album Magic Bus, mais bon… Et le live in Toronto 1982 ne compte pas… D’ailleurs ne l’achetez pas c’est un conseil. Ne le téléchargez pas non plus, c’est même pas la peine) à leur apogée, comme au courant des drames qui allaient suivre : L’alcool, la drogue, la dépendance, les opéra rock à concepts ridicules et, pire que tout, les synthétiseurs.
 
Mais bon, il reste le Live at Leeds. Pour se rappeler qu’au-delà d’un style musical ou vestimentaire, d’un comportement, ou encore d’une manière de vivre, le Rock n’ Roll est avant tout une formidable source d’énergie. Renouvelable, en plus.
 
 
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18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 13:34

Revenons encore une fois sur le délire de la mort du C.D., qui est, je voudrais le rappeler au passage un constat alarmiste plus ou moins monté de toutes pièces par les maisons de disques (enfin, je dis ça, je sais pas si j’ai raison ou pas, le seul truc c’est que quand je vois la réaction de panique de ma mère à l’idée de devoir apprendre à se servir encore d’une autre truc, question musique, alors qu’elle ignore encore tout du mode « lecture aléatoire » de son poste C.D, j’ai pas envie de vous paniquer, on sait jamais…). Le format mp3, le p2p et tout ça, c’est bien, ne serais ce que parce que ça offre des perspectives inespérées. Bien sur, l’accès à la musique sans rien payer c’est sympa, mais le vrai truc intéressant se situe dans le fait de pouvoir obtenir des trucs qu’on aurait jamais dénichés autrement : pirates ultra rares parus seulement à l’autre bout du monde, éditions limitées qui portent trop bien leur nom, et qu’on a donc pas pu se fournir. (Je parle évidement des vraies éditions limitées, ou c’est ce qu’il y a sur le CD qui diffère de l’édition standard, pas seulement la pochette. Par exemple la version 30 titres, et non 28, de Mellon Collie and the Infinite Sadness. Je l’ai vue une fois dans un bac, et j’avais pas conscience de ce que c’était. Je me hais à 15 ans.)

 
Mais bon… trouver un truc, même le plus grand album de tous les temps, sur la mule, c’est tellement commun… On trouve tout dessus. Sacrément chargée, comme mule. Mais ça ne remplacera jamais cette vraie sensation, agréable, belle, unique : trouver la bonne occase dans les bacs d’un disquaires. D’occasion ou pas. Quand on fout la main sur un disque qu’on cherche depuis un bout de temps, pour moins de, allez, 7 €, c’est quand même une sensation unique. Les seuls moments plus agréables dont j’arrive à me souvenir, ne sont que de ponctuelles réussites scolaires comme avoir mon bac. Ou alors, ça implique des filles (j’ai écrit « des », mais comprenez « une à la fois, et pas ma mère »). 
undefinedPlus jeune, j’avais pas Internet. Oui, j’ai connu une telle époque. Et, quand j’étudiais à Paris, j’étais pas loin (je dirais 1 min 30 à pied depuis le lycée) d’un magasin nommé « Gibert Joseph Musique », qui, pour info, est en gros 4 fois plus grand que celui de Lyon, et encore je compte que les rayons disques. Après analyse de mes rayonnages CD (bon, je vous mens pas, y en a qu’un chez moi), j’ai déterminé que 60 % de mes CD en proviennent. (Ouais, ma mémoire a tenu à se rappeler du lieu et souvent du prix d’achat de tous les CD que je possède. Le seul qui m’échappe, c’est le Live at Fillmore East de Ten Years After. En même temps c’est pas pour ce que je l’ai écouté, franchement). Au cœur d’eux se niche la perle rare : Led Zeppelin II payé 2,30 €. Un record pour un classique, je dis pas chef d’œuvre, j’ai jamais eu la patience de l’écouter entier, comme aucun Led Zep d’ailleurs, sauf Physical Graffity, vous voyez à quel point j’arrive à être cohérent dans mes pensées, c’est un truc de dingue.) Guic', arrête de faire des phrases aussi longues s’il te plait, surtout pour rien dire. Tu digresses tellement que tu te retrouves à fermer des parenthèses que t’as jamais ouvertes.
 
Bref : un rayon d’occase rock indé, c’est génial pour faire des affaires, mais aussi pour réaliser une sorte d’étude sociologique. Les gens qu’on y croise sont aussi diversifiés et disparates que ceux qu’on peut croiser à un concert des Stones ou de Metallica, bref, un groupe qui a au moins 20 ans de carrière derrière. Les petits jeunes en qui essayent de prendre conscience de ce que leur parents ont raté (j’en suis : je connais mieux les groupes de ses 20 ans que ma mère. Mon père j’en parle pas, il a arrêté d’écouter de la musique pendant quasiment toutes les années 70, c'est-à-dire entre les adieux de Brel à la scène, et la sortie des Marquises. Et depuis la mort de Brassens je raconte pas.). Les vieux hippies (sur le retour, ça va sans dire, catogan blanc et vieux cuir ou daim, qui recherchent les rééditions d’albums de leurs folles années. Les bobos lecteurs des Inrocks qui viennent acheter chaque semaine la sensation de… la semaine, que ce soit indifféremment Mika ou une réédition de Pink Floyd. Mais aussi le bon père de famille qui vient faire son tour, celui qui essaye de dénicher un truc pour éduquer sa jeune fille malheureusement fan de Britney Spears, et celui qui lutte pour installer le casque de la borne d’écoute sur les oreilles de son gamin de 5ans, en lui demandant s’il aime ce qu’il entend (NOTA : vraiment vu, et c’était les White Stripes). Bon, y a aussi un panorama de jeunes de toutes castes, le petits punk qui ressortiront, indifféremment, avec les Pistols, Greenday ou Simple Plan, les goths qui ressortiront avec… je sais pas, j’ai l’impression que tant qu’il y a une tête de mort sur fond noir et que l’artiste a un nom d’origine norvégienne, ça leur convient… Bon, OK, je caricature. Quoique…
 
Bon, je ne saurais résister à vous raconter cette anecdote vécue qui me fait toujours marrer. Ca se passe au rayon livres étrangers de Gibert Joseph (Livres). Deux jeunes goths arrivent auprès de la sympathique « indicatrice de livres » (chef de rayon, peut être… je ne sais pas). Quoiqu’il en soit, la mieux des 2 (ça marche par duo, il y a la meneuse, et sa copine moche… c’est un système immonde, mais si commun…), s’adresse à l’aimable hôtesse de comptoir : « Bonjour (manquait juste le « ma brave »), je cherche Dracula, l’original. En anglais. » Plutôt que de lui faire remarquer que si elle le voulait en français, elle était 2 étages trop bas, elle lui indique la direction du rayon Horreur. Le silence suivant fut palpitant. Voire notre amie gothique avouer à reculons qu’elle en ignorait l’auteur occasionna chez moi un fou rire difficile à contenir. Oui, de la même manière que voir des punk en panoplie (crête, rangers, baggy, T- shirt Greenday, pics badges et tags au Tipp-Ex sur le sac Eastpack, non je n’ai pas fait sponsoriser mon blog, même si c’est la troisième marque que je cite en moins de deux pages.) me dire que le punk c’est un état d’esprit me fait vraiment marrer, les gothiques et leur air hautain généralement généraliser me fait marrer. Oui, pour ceux qui ne me connaissent, pas, vestimentairement, je ressemble à un fan d’Oasis tout ce qu’il y a de plus standard, désolé c’est la seule comparaison qui m’est venue à l’esprit.
 
Bref, revenons en à nos petits disques d’occase qui nous attendent dans leurs bacs. Franchement, le cas Led Zep II est un cas rare. Un BON CD en occase, on le trouvera généralement, dans le meilleur des cas, entre 5 et 10 €. C’est logique, l’occase dépend beaucoup plus de l’offre que de la demande. Et vu que quoi qu’il arrive, le mec qui revend son CD le fait à contrecoeur, enfin sauf les maniaques de la copie, mais généralement, un disque revendu pas trop à contrecoeur, c’est qu’il est mauvais, et là il y a une chance sur deux que ce soit un cadeau… Enfin bref, il faut que le disquaire le reprenne pas pour rien quand même. Donc il ne le revend pas pour rien non plus. C’est marrant le nombre de paramètres qui rentrent en compte dans le marché du disque d’occase. Je me suis fait la réflexion que si ça se peut, quand je trouve un super CD en occase, je me réjouis indirectement qu’un gars se soit fait minablement larguer par une gonzesse* qu’avait super bon goût en matière de musique, ou du moins des goûts similaires aux miens. La situation inverse est possible, mais celle-ci est celle qui me fait regretter le statut d’ « inconnus complets » qu’on ces gens dans ma sphère de connaissances.
 
Les occases recèlent de quelques paradoxes qui m’ont permis de comprendre que, même en occase, on pratique pas les tarifs qu’on veut. Tomber sur un album vendu, en promo, à 7 € (6.99 en fait… no comment), avec, à côté, le même, qui en coûte 9 en occase. Explication : c’est pas le même tirage, et ils ont pas le choix, le prix de revente dépend du tirage. Ca m’a fait un choc. Un petit.
Les occases permettent également d’estimer la qualité d’un album : un album pourri, on en trouvera plein en occase. Un pote m’a rappelé qu’il y a encore peu, si t’allais chez un disquaire d’occase et que tu trouvais pas 10 exemplaires de l’album de Maroon 5 en occase… c’est qu’ils faisaient un inventaire, sûrement. L’autre qui me vient à l’esprit, personnellement, c’est le Diorama de Silverchair. C’est là que me viens à l’esprit un bon conseil de tonton Guic’ the old : fréquentez des gens avec des goûts pourris et faites les occases, Noël vous coûtera moins cher. A l’opposé, j’ai déjà vu des albums des Beatles au boîtier pété, au livret déjà à moitié froissé, pas remasterisé, hein, le CD de 1989 au moins… à 14 €. Normal, le mec qui est assez dingue pour se débarrasser d’un album des Beatles, même Love me Do, hein, on le croise pas tous les jours. C’est d’ailleurs là que m’était venu l’idée de la théorie de la rupture sentimentalo-musicale douloureuse… Bref, j’en arrive au point fondamental de ma théorie tordue : si les chiffres de vente n’indiquent rien sur la qualité d’un album, le marketing y étant aujourd’hui pour beaucoup, le nombre d’exemplaires qu’on peut en trouver en occase donne, par contre, une bonne idée de la qualité de celui – ci. Si un disque est disponible en plus de 5 exemplaires d’occasion, dans un même rayonnage, ne l’achetez pas : c’est une merde.
 
Il y a cependant quelques exceptions notables. La mode actuelle des rééditions immitant les vinyles d’époque (ce qui est complètement con, parce que l’interet d’une pochette de vinyle, c’est sa taille, je veux diire, les petites fenètres de Physical Graffiti c’est sympa, mais en 15 cm x 15 cm ça rime vraiment à rien), les rééditions remasterisées, généralement accompagnées de CD bonus de plus ou moins inédits, font que les disques originaux version précédente se retrouve à plus bas prix, mais aussi que les collectionneurs maniaques revendent leur édition pas remasterisée… Plein de raisons pour voir des chef d’œuvres envair les bacs à soldes. Mais les prix ne défient pas toute concurrence pour autant, ce que j’ai dit sur les Beatles est valable pour les Stones ou Dylan.
 
D’autres raisons peut faire baisser le prix d’un album (je parle de la baisse du prix d’un album neuf, je parle pas d’occase, mais les occases suivent la tendance, sauf exceptions.), je cite en vrac : la mort d’un membre d’un groupe, la sortie d’un best of, voire d’un nouvel album (par exemple sur ce coup, The weirdness, qui a descendu les autres Stooges à 7 €, ce qui devrait être un maximum pour des disques aussi indispensables), et, fait observé plus récement, la sortie d’un biopic au cinéma. Bien entendu, ces conditions peuvent se recouper, on peut tout a fairt sortir un best of d’un artiste qui a fait l’objet d’un film, et ce, peu après sa mort, Johnny Cash m’en est témoin. Mais bon, cette supposition a ses limites, Control n’a pas fait baisser le prix des albums de Joy Division. Par contre, Dylan coûte moins cher depuis quelques temps (film + Noël = Best of + Promos, belle équation.)
 
Bref, je tiens à rassurer les grands leaders des maisons de disques, et vous aussi, amis réfractaires à la technologie mp3, mais vous devez être peu nombreux à rôder sur le net : il n’y a pas vraiment de crise du CD, il y a une crise de la musique… Le problème sera résolu quand vous arreterez de nous vendre la soupe populaire comme vous aimez tant le faire à l’heure actuelle. Un disque n’est pas une machine à laver : ça ne profite à personne qu’au bout de 3 ans on ne s’en serve plus, ni à l’auditeur, ni au vendeur.
 
Voilà où on en est aujourd’hui : le Rock critic n’aime pas les contacts humains, sauf dans une fosse de concert ou dans un magasin de disques (ce qui exclue les FNAC, Virgin et espaces culturels de Leclerc. En particulier celui de Vitry – sur – Seine qui est un scandale. Vraiment.)
 
 
 
* Oui, je sais, ce terme fait vraiment années 50, mais je l’utilise, c’est plus fort que moi. J’aime utiliser des mots désuets… comme désuet.
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Published by Guic ' the old - dans Le Rock-Critic est un con
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4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 12:01

Des fois, il arrive des trucs au Comme trouver cette compilation au pied du sapin, à Noël. Je savais bien que ma sœur lisait plus ou moins régulièrement mes déambulatios bloguiennes, mais bon… J’aurais pas cru qu’elle pousserait le vice jusqu’à faire ses 80 minutes, vu que de gens m’ayant dit qu’ils plancheraient dessus ne m’ont toujours rien rendu, c’est scandaleux. Enfin, je vise personne….
 
Bref, ma chère sœur m’a offert ces 80 minutes. Je vais être honnête avec vous (et elle par la même occasion) : j’ai du mal à la croire quand elle dit que c’est pas une selection « pour me faire plaisir », mais « une vraie selection de titres importants du pint de vue de mon (son) existence ». Autant, sur ce point, je veux bien la croire en voyant U2 ou les Cranberries, autant quand je vois arriver AC/DC… je tique. Par contre, quand on voit les titres choisis pour représenter les Beatles ou les Stones, aucun doute : c’est bien une fille qui a fait la sélection (attention, cette année je fais dans le message subversif).
 
Allez, enjoy, et encore merci à elle pour y avoir pensé.
 
AC/DC
Highway to hell
03:28
Metallica
Nothing else matters
06:26
U2
Sunday bloody Sunday
04:42
The Cranberries
I can't be with you
03:08
Noir Désir
Comme elle vient
02:25
Radiohead
Karma Police
04:23
The Smashing Pumpkins
Tonight Tonight
04:16
Placebo
Song to say goodbye
03:36
Massive Attack
Tear drop
05:28
The Cure
Boys don't cry
02:34
U2
With or without you
04:58
Soft Cell
Tainted love
02:39
Indochine
L'aventurier
03:54
Eric Clapton
Layla
04:22
Police
Message in a bottle
04:49
Queen
The Show must go on
03:37
The Rolling Stones
Angie
04:21
The Beatles
Let it be
03:52
Scorpions und die berliner Philharmoniker
Still loving you
07:28
 
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