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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

***


Here, There And Everywhere

19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 18:54

Voilà. C'est parti d'un article sur Yahoo Music, ca a dégénéré en débat comme d'habitude et puis voilà, ça dégénère en gros blogage. Comme au bon vieux temps, je me fais une crise de vampirisme intellectuel, allant piocher mes sujets de billets au sein des commentaires des blogs voisins. Quoique, ce coup ci, je vais piocher ça dans un commentaire écrit par moi, donc on peut pas m'accuser de tricherie.



Un gros blogage donc, un gros blogage non pas musical mais médiatique. Autant le dire tout de suite, Radio qui vous vendez comme Rock de France et de Navarre, je vous emmerde. (J'aurais pu dire « vous me décevez » mais bon on est pas chez Drucker.)


On peut compter, en gros, sur Paris, l'existence de 4 radios dites « Rock ». Ou du moins qui se targuent de l'être. Depuis le temps que je traîne mes guêtres dans la capitale j'ai eu le temps de les écouter pas mal de fois. Certaines font même partie intégrante de mon patrimoine culturel. Mais je finirais par celle là.




RTL 2 : S'il est une chose qu'on peut leur concéder aux gens de chez Radio Luxembourg deuxième du nom, c'est qu'eux au moins n'ont pas joué les opportunistes. Quand le rock est redevenu à la mode il y a maintenant quelques années (pour un topo du sujet, je vous renvoie à l'article très juste de Thom, à cause de laquelle cet article sera l'occasion de quelques redites), ils passaient déjà ce qu'ils passent à l'heure actuelle. En fait RTL 2 et son fameux « Son pop-rock des années 80-90-2000 », c'est un peu comme une faille spatio-temporelle. Une radio qui a été à la pointe de la mode entre 1988 et 1992 et qui d'un coup aurait décidé de ne plus jamais renouveler sa playlist. Comme le faisait très justement remarquer NedLabs il y a quelques temps, cette radio passe sans arrêt les mêmes titres et donne une vision très réduite de beaucoup des groupes qu'elle diffuse. Seuls quelques uns échappent à cette règle et voient une grande partie de leurs tubes de l'époque passer sur leurs ondes... Bizarrement ce sont exactement ceux qui sont défendus corps et armes par les commentateurs de la tribune qui a mis le feu aux poudres : Dire Straits, Telephone, Police, U2. Et encore.

Mais bien sur, ils ont leur caution « classique », leur caution culturelle... Francis Zegut. Zégut est connu en particulier pour un truc... comment dire... Zegut est à AC/DC ce que Philippe Manœuvre est au Rolling Stones : un ambassadeur français, un fervent défenseur, un critique perdant tout sens critique dès qu'on en vient à parler de son groupe fétiche.  Il présente la seule émission dans laquelle la programmation change un peu...tout en recevant des coups de fils d'auditeurs pour leur faire gagner des casquettes à cornes.


Pour résumer RTL 2 est au Rock ce que les blind tests de génériques de dessins animés sont à l'apéro dinatoire du samedi soir : un passage obligé pour les trentenaires en mal de nostalgie qui veulent oublier qu'ils se font chier dans les embouteillages. Et pour résumer encore plus : c'est la radio préférée de ma sœur.




Europe 2 : Le concurrent légitime de RTL 2, et surtout le roi du retournement de veste. Ah, oui, merde, maintenant c'est Virgin Radio, excusez-moi. Rock quand le Rock est à la mode, pop quand c'est la pop, RnB quand il faut, Madonna quand elle sort un nouvel album... Du grand art. En fait je ne sais même pas pourquoi j'en parle, ils se disent Rock depuis deux ans, c'est-à-dire depuis qu'ils passent du Placebo et du white Stripes, certes 4 ans après toutes les radio qui s'intéressent un tant soi peu plus à la musique qu'aux chiffres de vente, mais bon. Au moins, le dernier Coldplay et le dernier Keane, ils l'ont passé en même temps que tout le monde. Sans la moindre prise de risque, sans la moindre tentative de faire découvrir quoi que ce soit, ils parviennent à inverser la portée de la radio : plutôt que de jouer un rôle de défricheur qui fait découvrir des trucs aux gens et leur donne envie d'acheter l'album, ils passent ce qui s'est déjà vachement bien vendu, ou qu'ils savent qui se vendra bien, Coldplay, Madonna, tout ça... Au moins comme ça, on est sur que ça plait aux gens et que par conséquent, ils changeront pas de fréquence. Pour tout dire, même Fun Radio est plus intègre : au moins, ça fait 10 ans qu'ils passent de la merde et ca risque pas de changer.




Le Mouv' : Ah qu'il est doux mais aussi douloureux de se rappeler le moment ou Le Mouv' a été racheté par Radio France et a par conséquent commencé à être diffusée sur la région Parisienne (rappelons que cette radio diffusait au départ essentiellement dans le Sud-Ouest.) Je voyais le logo de cette radio orner les affiches de concert de nombreux groupes que j'adorais à l'époque... Et elle avait donc acquis un rang symbolique, une portée fantasmatique et c'est transi d'attentes que j'allumais mon transistor en 2002 pour couter pour la première fois ce que diffusaient ces ondes... Et là ce fut l'angoisse : la musique diffusée était certes  pas celle que j'étais susceptible d'entendre ailleurs, mais... la radio voulait faire jeune, en plus. Et je ne sais pas qui est le con qui a décrété que pour plaire au jeune, une radio devait à tout prix se fournir d'un lot d'animateurs grande gueule tête à claque, mais je lui en tiens rigueur depuis bientôt dix ans déjà. J'ai essayé de réécouter le Mouv' il y a peu. A cause de Thomas VDB, dont j'avais adoré le spectacle, et qui y anime une émission... sympa, mais sans plus. Pas marrante marrante, quoi. Et puis, la programmation... Certes quand on touche au rock anglo-saxon, c'a a le mérite d'être original, varié, vachement bien... Mais on est sur Radio France, donc on passe du Français, et en matière de Rock, la France ne joue pas dans la catégorie des grands, et on tombe dans cette catégorie qu'est ... le « Chanson Rock ». Ah la la... le drame. Parce qu'en France est considéré comme rock tout ce qui comporte une guitare et réussi à se passer de violon ou de piano j'ai l'impression. En vrac.... Elista, Cali, Renan Luce, le mec qui a massacré Du Bellay avec en plus une sorte de gimmick qui te reste dans la tête des heures et des heures, Sinsemilia, Tryo (argh, non, pas Tryo...) j'en passe et des pires. (Remarque au passage : je ne dis pas que j'ai entendu tous ces titres sur le Mouv' explicitement. C'est juste que c'est à ce moment là de la rédaction de l'article que j'y pense. Mais c'est valable pour l'ensemble. Mais ne vous en faites pas, j'ai également consicence que le fait d'être obligé de passer à l'antenne 30 % minimum de musique de langue fraçaise alors que la France est le second pays le moins Rock n Roll du monde derrière l'Afghanistan fait qu'on y perd sur la qualité de programmation). Et après l'émission de Thomas VDB, ça a enchaîné avec « Better » du nouveau Guns n Roses. J'ai zappé. Pourtant l'animatrice qui prenait le relais avait pas l'air trop tête à claques.




Oui FM : Alors là c'est le pire des crèves cœurs. J'ai la même tendresse pour Oui FM que pour Rock n' Folk, la tendresse qu'on a pour ceux qui vous ont fait découvrir des trucs, qui vous ont formé en fait.  Cette radio a hébergé deux des émissions radio que j'ai le plus aimé : le Monde de Monsieur Fred, et L'Odyssée du Rock.

La première, c'était une émission humoristique complètement absurde, mais jouissive, trippante, qui fait partie intégrante des repères que j'avais avec mes potes de lycée. C'est mes 15 ans. Aujourd'hui, je dois en avoir facilement 1,3 Go de mp3 de cette émission (il y a du y en avoir un peu plus de 700, et je dois en avoir environ 300 en mp3)...

L'Odyssée du Rock, c'est l'émission qui a eu vite fait de remplacer la messe. 10 h-13 h le samedi et le dimanche (enfin le dimanche, parce que le samedi y a cours). Thomas Caussé, Gilles Verlant. Qui discutent, de l'histoire du rock, qui passent des morceaux, qui t'explique pourquoi ce morceau est important, de quoi il parle... Je me rappelle de la 200 ème, qui avait pour thématique : les pires morceaux des plus grands groupes ... et s'ouvrait avec « Ob-la-di, ob-la-da »... « L'intégrale Beatles moins un » : deux morceaux par semaines, l'intégrale des Beatles, sauf... devinez lequel.


Et la programmation était cool, aussi, cette radio m'a fait découvrir Muse, System of A Down, Placebo, les White Stripes, les Libertines, m'a appris à découvrir les classiques, Who, Stones, Led Zep... Certes, ça reste du classique, du simple, du Rock normal, pas barré dans tous les sens, mais bon... il faut un début à tout, et peut-on rêver meilleur début ? Non, on peut pas.


Puis je suis parti 4 ans dans l'Est, écoutant toujours l'Odyssée du Rock les week ends ou je revenais, puis... je suis revenu à Paris, une bonne fois pour toutes. Et, tradition oblige, j'ai réécouté ma radio fétiche. Et là j'ai réalisé le décalage entre leur dernière campagne de pub (qui, faisant office de calendrier 2008 de Rock n Folk m'avait accompagnée presque un an) et leur programmation : ai-je jamais entendu les Ramones, Les Clash ou quoi que ce soit du genre classique Rock depuis que j'ai recommencé à écouter Oui FM ? Nenni. Car, en bons pionniers, ils ont décidé de lancer des Web radios, respectivement nommées Oui FM 2 et 3, la 3 étant dévolue aux classiques... Et sa programmation enfonçant largement la programmation de la Radio « officielle ».

Finalement je n'écoute plus Oui FM que deux fois par semaines : le temps de l'Odyssée du Rock (qui n'a plus lieu que le Dimanche) et le temps de « Mes Classiques à moi », version radio du « Mes Disques à Moi » de Rock n' Folk. Ma radio fétiche est une web radio, c'est Oui FM 3.


Là-dessus, rajoutez-moi le rachat de la station par... Arthur (présenté de façon humoristique par un « Vous auriez préféré quoi ? Yoko Ono ? » Ben oui, limite, parce qu'elle il lui reste surement moins de temps à vivre qu'à l'agité touche à tout du PAF... (Arthur et les medias, il me fait penser à un gamin dans un supermarché faut qu'il touche à tout, et quand il renverse une pile de boites de conserves sa mère le regarde d'un œil attendri en trouvant ça mignon avant de la gronder vite fait, pour la forme, pour pas paraître irresponsable. Ben lui, c'est pareil, il fait du théâtre, du stand up, de la télé de la radio... bon, nous on râle, mais dans le supermarché des médias tout le monde ferme sa gueule, ou alors plaisante là-dessus mais sans attaquer frontalement... faut dire qu'il possède les ¾ du magasin. C'était l'instant engagé.)


Tout ça pour dire que Oui FM et moi, on a passé des bons moments ensemble, mais le temps a fait son affaire, comme face à un duo de bons amis qui s'éloignent, et maintenant quand je recroise son chemin, je me demande comment j'ai pu trainer avec ça, et je me dis que si on me présentait cette personne aujourd'hui, sans que je la connaisse, j'aurais plus tendance à lui coller une droite qu'à aller enquiller des bières en faisant des commentaires salaces sur les filles qui passent depuis la terrasse d'un bistrot... C'est triste, mais c'est comme ça. On a changé tous les deux, dans des directions différentes. (Sauf que moi j'ai moins changé. Quand même.)


Alors il reste quoi ? Couleur 3 ? Mais c'est suisse, et j'arrive même pas à la chopper en web radio. Nova ? Trop éclectique, pas assez centré rock... Les radios Deezer ? Laisse moi rire.


Au final, je suis devenu vieux : la radio sur laquelle je suis le plus à même d'entendre les Beatles et les Stones, c'est Nostalgie... Mais bon, ce serait un aveu trop fort.


Non. J'attends le soir, et j'écoute George Lang sur RTL, à Minuit. L'émission pour routiers par excellence, mais avec des morceaux que j'adore. Je me rappelle que pour les 40 ans de Sgt Pepper, ils avaient passé l'album d'une traite le soir du premier Juin 2007. Malgré mon aversion pour cet album, je savais que j'étais bien tombé. Maintenant c'est mon petit rendez vous du soir, le truc que je mets en fond, sur le radio réveil, avant de dormir. C'est mieux que rien, mais ça ne vaut quand même pas les émissions de ma folle jeunesse.


Ouais, je suis vieux. La radio c'est bon pour les jeunes.



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Published by Guic ' the old - dans Gros Blogage
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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 18:41

Je ne sais pas si vous vous en souvenez (encore faudrait-il que vous me lisiez déjà à l'époque), mais j'avais déjà abordé dans cette série d'articles les mésaventures tragi-comiques du danseur de slow Rock - critic. Continuons donc aujourd'hui avec les mésaventures du guitariste séducteur- loser Rock Critic... En gros, moi.



Bon, certes, si l'on parle de rock critic guitariste et de guitare, on peut s'orienter vers des débats autrement plus élevés, comme de savoir si l'on peut juger objectivement un art que l'on pratique, et aboutir à la conclusion « Les critiques sont des artistes ratés », raccourci facile pour dire au critique de fermer sa gueule, que ce n'est qu'un jaloux, qu'il pourra critiquer quand il en fera autant, et au passage allez visitez mon skyblog sur les BB Brunes qui eux sont trop beau gosses et jouent bien de la guitare alors arrête de dire que c'est de la merde.


Mais ce serait trop facile, ce serait ouvrir la porte à un débat intéressant et fighto-culturel, et c'est pas le genre de la maison : restons donc dans la légèreté.



Je vais donc vous parler de ma guitare. Pas du moi - guitariste, mais juste de ma guitare. Pour une raison très simple, je suis un des plus piètres guitaristes qui soit, tellement piètre que je suis infoutu de retenir le nom des accords (ce qui complique légèrement les conversations avec d'autres guitaristes), par exemple. Pourtant je possède ma délicate six-cordes depuis bientôt 7 ans. Mais j'ai une excuse, ou plutôt, j'ai une raison de ne pas avoir d'excuse : je n'ai jamais « travaillé » ma guitare. J'ai tenté d'apprendre quelques morceaux, d'ailleurs j'irais même jusqu'à dire que j'en connais certains, même... Mais jamais je n'ai fait de gros efforts pour retenir des grilles d'accord, réussir mes barrés (quand je vois un barré dans un morceau, c'est plus une raison pour chercher à en apprendre un autre, pour moi...), et j'en passe...



De plus la nature (fortement aidée en ce sens par mon ascendance génétique) m'a doté de mains plus adaptées à exercer un métier tel que boucher ou étrangleur à mains nues qu'à effleurer délicatement les cordes de métal de ma belle amie folk. Cordes que j'appelle, dans l'intimité : « putain de cordes de merde qui défoncent les doigts, bordel ». Chacun sa notion de la complicité. (Mais assez parlé de moi)


Tout ça pour vous dire, que si ils sont nombreux les possesseurs de « Guitare à pécho », je suis un des rares possesseurs d'une authentique « Guitare à Rateau », un modèle qui tel Excalibur ne développe tout son pouvoir qu'au contact d'un utilisateur particulier, une sorte d'Elu. Moi. (Ah merde.)




L' arme du crime




    Or donc, vient toujours, que vous le vouliez ou non, l'instant de la confrontation. Une femme, une guitare, vous au milieu, ridicule. Car que vous le vouliez ou non... La guitare intrigue, la guitare est une occasion de dialogue, la guitare c'est pas forcément un truc qu'on rencontre chez n'importe qui, et la jeune femme que vous avez invitée à dîner vous demandera forcément une démonstration, et vous vous maudissez de pas l'avoir rangé cette foutue gratte.


Parce qu'en fait c'était même pas avec l'idée d'impressionner les filles que vous avez décidé d'investir là dedans, juste vous offrir un petit plaisir, de temps en temps gratter 3 accords pour la bonne bouche et puis vous donner l'illusion d'avoir une possibilité d'exprimer votre côté artiste parce que bon, Rock - Critic c'est plus un truc de sciences sociales que d'art... Entre un Rock Critic et Mick Jagger, il y a la même différence qu'entre Lagarde & Michard et Napoléon, voire même plus : le même différence qu'entre Haroun Tazieff et le Vésuve.


Alors, de mauvaise grâce, vous la sortez de son étui. Vous passez outre la mine renfrognée qu'elle arbore en voyant que non, ce n'est pas une guitare électrique (« En même temps est-ce que t'as vu un ampli trainer dans le salon ? » Pensez-vous, vous retenant tout juste de l'insulter en pensée. A ce moment là d'ailleurs vous envisagez de composer dès son départ (Parce que vous connaissez déjà la suite et vous savez qu'elle va pas finir dans votre lit) un hymne punk nihiliste désabusé intitulé « Est-ce que t'as vu un ampli quelque part connasse ? » Intégralement en accords de puissance. Vous ne savez pas composer autrement.).


Et alors vous vous installez (deuxième mine contrite : vous jouez assis.) Et vous vous posez la question fatidique... « Je joue quoi ? » Parce que votre répertoire étant ce qu'il est, à savoir réduit, vous n'allez pas lui demander à elle ce qu'elle veut entendre. Surtout que, sait-on jamais, on risque une désillusion si la jeune fille réclame du Christophe Maé.




Le coupable. Salaud.



Alors bon, vous grattez, en vrac, quelques suite de notes simple, pour passer le temps de la réflexion : l'intro de Paint it Black, celle de Ne me quitte pas, le solo de « And I love her » ou de Smell Like teen Spirit. Parce que bon, comme vous ne voulez pas vous griller tout de suite, vous vous dites que quand même, ce serait abuser que de sortir le banal « Come as you are ».


Là, vous avez un truc qui ressemble à une échappatoire mais qui finalement ne ferait que vous ridiculiser par un de ces contrecoups du sort dont le Destin a le secret : dire que votre instrument est désaccordé. Parce que, bien sur, si vous voulez y échapper, vous allez dire que votre accordeur vous l'avez prêté à votre voisin, votre cousin, votre neveu, je ne sais pas moi... Ne dites pas que vous n'en avez pas, ca ferait amateur. Mais là (ô fatalité), la demoiselle va vous dire dans 99,9 % des cas que « Ben, tu sais pas accorder à l'oreille ? » Et vous, malgré tout, vous essayerez... Même si le résultat final sera une guitare encore plus désaccordée qu'avant. La poisse.



Maintenant, disons que ça y est, vous avez choisi ce que vous alliez interpréter. Et à partir de là c'est une multitude de mésaventures poissardes qui vous tombent dessus. Les propositions suivantes sont loin d'être exhaustives.


    - Vous jouez un truc, et essayez de chanter par-dessus pour faire classe : cependant vous ne savez pas chanter, et en plus jouer en chantant c'est quand même vachement plus difficile... Vous perdez sur les deux fronts.


    - Vous jouez un morceau... mais la jeune fille ne le connaît pas. C'est fou comme un morceau aussi fort que « Heart of Gold » de Neil Young peut perdre en charisme dans ces moments là.


    - Vous tombez sur une perfectionniste : en manque d'originalité, vous vous lancez dans une interprétation pénétrée de « Stairway to heaven », pour vous voir répondre : « Ah ouais, quand même, sans la flute, c'est pas aussi bien ».


     - Vous jouez un truc, que la jeune fille ne reconnaît pas. Pensant que, tout simplement, elle ne le connaît, vous lui assurez que ce que vous avez gratté était « Live Forever », d'Oasis. Visage impassible : « Ah ben dis donc... t'es sur ? » . Oui, oui, je suis sur. Enfin presque.


Et j'en passe est des meilleures, les possibilités sont multiples. Passons en vrac sur : jouer un morceau recelant un sens caché (de préférence d'ordre sexuel) que vous n'aviez pas isolé auparavant, la traditionnelle comparaison « Tiens, c'est un morceau que mon ex adorait jouer », quant il ne s'agit pas d'une comparaison à l'artiste d'origine... Je n'ai par contre jamais rencontré le cas où l'artiste d'origine est également l'ex, mais je serais content de l'éviter celle là.





Si je vous épargne la photo de la victime c'est surtout que j'en ai pas trouvée de potable.




Et j'ai failli oublier ce qui est bien entendu le pire des cas : la demoiselle elle-même est guitariste, de surcroît bien plus douée que vous, genre conservatoire, et prend la guitare en main après vous (toujours après, c'est là qu'est la feinte), et vous ridiculise lamentablement. La demoiselle n'en devient que plus désirable et vous que plus ridicule (Remarque : cet article marche aussi en échangeant les sexes des intervenants : échangez simplement les pronoms)


Puis, la belle part. Oui, après votre pitoyable prestation, il est rare qu'elle reste, ou alors c'est que vous avez sous-estimé son taux d'alcoolémie, et permettez moi de vous dire que profiter de l'ébriété d'une de quelqu'un, c'est minable (mais humain). Pour elle c'est déjà oublié cet évènement, pour nous non. On oubliera jamais l'affront subit, la honte pesante. Et on se promet de travailler un peu plus pour pas être ridicule la prochaine fois aussi. Ou alors de bien penser à planquer tout ce qui pourrait faire croire qu'on est musicien, de la guitare au moindre médiator en passant par les tablatures qui trainent sur le bureau du salon comme du PC... Mais bien sur on ne le fait jamais.






Il y a des soirs, comme ça, où le Rock Critic se sent très Rockstar. Mi-Pete Townshend, mi-Ian Curtis en fait. Avec une étrange envie de défoncer sa gratte avant d'aller se pendre dans sa cuisine. Avec une corde de mi, de préférence.

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Published by Guic ' the old - dans Le Rock-Critic est un con
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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 00:01

Tout d'abord excusez moi pour l'absence d'images dans cet article, mais quand on décide de publier depuis le boulot faute de temps avant la date fatidique, il faut savoir faire des sacrifices.



Alors que les classements de l'année sont monnaie courante en ce moment sur les blogs, ce serait tout de même le dernier scandale si j'y allais pas du mien. Mais bon. Ici, point de classement au sens strict, mais plutôt des sélections, des sélections de cinq éléments par  catégorie représentée.


Mais passons aux choses sérieuses.


Soyons clairs : 2008 n'est pas une année dont on se souviendra forcément comme « la grande année des années 2000 où plein de disques géniaux sont sortis. » (Pour l'instant, pour moi, ce serait plus 2002 qui récupèrerait ce titre, mais c'est tout à fait personnel comme opinion.)


Mais commençons par ce par quoi la logique me dicte de commencer :


5 disques vachement bons et que j'écouterais surement encore en 2009 voire après et qui sont sortis en 2008 :


-         Dig, Lazarus, Dig, de Nick Cave

-         The Legend of Yeti Gonzales, Yeti

-         Dig out your soul, Oasis

-         Sunday at Devil Dirt, Isobel Campbell & Mark Lanegan

-         The Bedlam in Goliath, The Mars Volta.


Je dois avouer que je suis bien le premier surpris par cette sélection, et que si elle prouve bien une chose, c'est que, ben... non, j'ai rencontré aucun album vraiment apte à me transcender cette année... Dommage.


5 disques sortis avant 2008 (je ne me sens pas encore de juger ceux sortis après 2008) et que ce fut un plaisir de découvrir, même sur le tard, même cette année seulement, et que vous allez vous foutre de moi parce que je les connaissais pas d'avant :


-         The Queen is Dead, The Smiths.

-         Angel Dust, Faith no More

-         And all that could have been (live), Nine Inch Nails

-         Never Trust a live (je precise pas mais c'est un live aussi), les Wampas

-         Arthur (or the decline of the British empire), les Kinks.


Pas grand chose à dire dans le détail, disons seulement que... bien entendu, mes découvertes de l'année ne se limitent pas à cette seule liste, mais qu'il serait beaucoup trop long de toutes les lister. Ceci n'est là que pour donner un aperçu rapide de ce qui m'a plu dans l'esprit ou j'étais en cet an 2008



Maintenant intéressons-nous un peu  à d'autres aspects de la vie culturelle...


Cinq livres dont j'ignore même la date de parution, mais que j'ai lu cette année et que, la vache !  ils m'ont franchement plu :


-         Electrons libres, James Flint

-         Shutter Island, Denis Lehane

-         Le Chameau Sauvage, Philippe Jaenada

-         The Dirt, Mötley Crüe

-         Sex, Drugs, and cocoa puffs, a low culture manifesto, de Chuck Klosterman


Bon, je reviens vite fait sur cette sélection... Déjà, ce sont tous des livres lus ces derniers mois (Juillet pour The Dirt, après Septembre pour les autres), donc, plus vifs dans mon esprit.

Dans cela, 3 romans issus des conseils blogosphèriens que j'ai pu lire chez Thom, chez G.T., ou chez les Chats... Pour trois ravissements.

The Dirt, lu suite à la critique de Chtif, sur un groupe que je ne connaissais pas du tout, et une lecture ayant eu une mauvaise conséquence, à savoir me faire apprécier la musique de ce groupe.

Enfin, Chuck Klosterman, dont j'apprécie chaque fois un peu plus les écrits, qui livre ici la quintescence de la branlette intellectuelle matinée de crise de la trentaine et de culture pop... Un livre franchement délirant, qui part dans tous les sens (du « Pourquoi John Cusack est responsable de la misère sentimentale des trentenaires » dans un coin,  du « Réalisme vs. Réalité par l'exemple : Star Trek vs. Sauvés par le Gong » dans un autre, avec du « Pourquoi L'Empire contre - attaque est le meilleur symbole de la Génération X » au centre. Ne passez pas par la case « Réhabilitons la discographie de Billy Joël », ne touchez pas un dollar.



D'un autre côté, le côté grand écran, offrons-nous un détour par Cinq films que j'ai vu au cinéma et que je n'ai franchement pas regretté de pas l'avoir téléchargé à la place en sortant de la salle :


-         Juno, de Ivan Reitman

-         The Dark Knight, de Christopher Nolan

-         Mesrine, de Jean-François Richet

-         Bons Baisers de Bruges, de Martin McDonagh

-         Be kind, Rewind de Michel Gondry


Bref... Des gangsters, des branleurs, des super héros qui doutent, et une mère adolescente. Une sélection variée, des films géniaux mais pour des raisons différentes...

Le premier est simplement très touchant et drôle aussi en abordant un sujet pas forcément fait pour être drôle (ceux qui ont essayé auparavant ont réussi certaines des pires pantalonnades cinématographiques que ce siècle nous ait offert...)

Le second est juste un film de super héros « intelligent », avec un méchant... extraordinairement bien étudié, et presque plus passionnant et moins manichéen que le gentil, et ça c'est rare...

Les troisièmes... un biopic de Mesrine très réussi, mais avec de gros défauts dans la seconde partie : un « disclaimer » ne garantissant pas la véracité du film ne suffit pas à me faire digérer qu'on présente des faits dont on a jamais connu le véritable déroulement, les passer sous silence n'aurait pas rendu le film moins bon, mais l'aurait rendu plus... « crédible ».

Le quatrième, un petit film de gangster qui se vanne tout en jouant leur vie dans une ville charmante... C'est pas sans rappeler l'époque ou Guy Ritchie était célibataire et donc faisait des bons films( rhoooo ça balance !!) dans la lignée de Snatch, par exemple.

Le cinquième, tout simplement un Michel Gondry accessible, donc rêveur, drôle, une ode au support cassette contre le modernisme à tout va et au bidouillage qui fait chaud au cœur.




Maintenant une vague en vrac de « 1 », pour présenter des choses qui m'ont marquées, mais qui, fatalement, font moins partie de mon quotidien en fait...


1 expo vraiment passionnante : La rétrospective Keith Harring au Musée d'Art Contemporain de Lyon. Ca faisait très longtemps que j'étais pas ressorti bouleversé d'une expo... Le « décaptyque » final « Apocalypse » n'y est pas pour rien.


1 concert marquant : Siobhan Wilson à l'Abracadabar. (Ramrque : j'ai du faire 3 concerts cette année, grand maximum... mais celui-ci sort vraiment du lot, ne serait-ce que pour l'ambiance intimiste vraiment agréable.)


1 réconciliation inattendue : Moi et Philippe Manœuvre, qui est passé de tête à claques et à Ray Ban à un poste qu'on pourrait qualifier de... « Sympathique tonton radoteur », qui fait que même quand il dit des conneries plus grosses que lui, au lieu de m'énerver, je me marre franchement maintenant. Nota : je supporte maintenant plus de le voir ou de l'entendre que de le lire... C'est quand même angoissant.


1 tête à claques de remplacement : Chris Martin, qui, non content de dénaturer une de mes œuvres d'art préférées, ne se lasse pas d'inonder les ondes de ses titres qui se ressemblent tous (si, si...). Sachant que U2 sort un album en 2009, on aura pas encore cette année droit à une pause pour pouvoir ne pas être bien-pensant.


1 nouvelle de merde : Arthur qui rachète Ouï FM, de quoi gâcher une fin d'année... (Quand est-ce que couleur 3 se décide à diffuser sur Paris ??)


1 décès qui marque : l'an dernier, Jean-François Bizot, cette année Horst Tappert, c'est pas la même catégorie, mais c'est un petit morceau de culture populaire qu'on perd.


Et maintenant, les attentes de 2009...


Déjà, à ma grande surprise, rien que dans les 2 premiers mois de 2009, sortent 3 disques qui m'intéressent. En l'occurrence :


- Tonight : Franz Ferdinand. Je suis le premier à en être surpris, parce que bon, Franz Ferdinand je trouvais ca sympa mais sans plus, sauf que là, les deux titres sortis, Lucid Dreams, et Ulysses, je les trouve vraiment, vraiment bons. On jugera donc sur l'album.


- Les Wampas sont la preuve que Dieu existe. Un titre comme « Universal », c'est du Wampas, ca fait toujours plaisir, et puis bon, on sait qu'on est jamais déçu par eux. C'est fun, ca donne le sourire, et puis c'est le principal.


- « Years of Refusal », de Morrissey : dans la droite conséquence de ma fixette Smiths cette année, a suivi une plongée dans la discographie morriséenne... Et comme j'ai déjà ma place pour aller le voir sur scène en Juin, autant s'intéresser à l'album qui sera au centre de cette tournée « Tour of Refusal », non ? (Et puis le fait est que j'aime bien les deux derniers... alors espérons.)

(On en vient d'ailleurs ainsi au concert que j'attends avec impatience pour 2009 : Morrissey au Grand Rex.)



Bon, ben mon bilan synthétique aura finalement été sacrément long !! Il ne me reste donc plus qu'à vous souhaiter, à tous, chers lecteurs, une très bonne nouvelle année, ainsi qu'à « Laisseriez vous votre fille coucher avec un Rock addict ? » un très bon second anniversaire, tiens, tant que j'y pense...


On se retrouve en 2009 ! (OK, ca veut dire dans ... 5...4...3...2... ah merde. Trop tard.)

Bonne année à tous.

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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 18:57

Il faut bien que je le dise : pour moi, dans les sorties 2008, il n'y a rien eu de bien transcendant. Pour prenve, je ne parviens même pas à sélectionner ne serais-ce qu'un album pour l'élire comme mon chouchou de l'année. C'est d'ailleurs en grande partie pour ça que je me sens mal de vous livrer un quelconque top pour cette fin d'année, en toute logique. Mais ça ne m'empèchera pas de le faire quand même.




En toute logique, parce que la plupart des groupes que je suis vraiment de près, la plupart des groupes que j'apprécie, ont déjà sorti un album en 2007 : White Stripes, Smashing Pumpkins, Radiohead, Queens of the Stone Age... On ne va pas non plus leur demander de truster l'actualité musicale tous les ans non plus. Ce qui fait que pour moi reste quand même une grande année. En plus, Coldplay comme U2 avaient eu le mérite de se taire cette année là.

Alors, comme on le fait dans ces moments là, on jette un œil dans le rétro et on se tourne vers la grande discothèque du passé qui recèle toujours de merveilles qu'on ne connaît pas, ou pas assez.


Si vous avez suivi les épisodes précédents, vous devriez vous souvenir qu'on m'a laissé en Janvier en pleine fixette obsessionnelle sur l'œuvre de Nick Cave. Entre la découverte, l'acquisition et la digestion de son œuvre (qui n'est jamais vraiment digérée, certains titres donnent toujours la même grosse claque ou le même délicat frisson après écoutes répétées), j'ai quand même fini par me calmer. Et ce qui m'a calmé, c'est... « Dig !!! Lazarus Dig !!! », de Nick Cave and the Bad Seeds, sorti en Mars dernier.


Parce que bizarrement, ce qui m'attirait et d'ailleurs m'attire toujours dans l'œuvre du... du Gars qui est respecté par tous les rockeurs mais qui est tellement respecté que personne a pensé à lui coller un surnom ridicule comme « Moz » ou « Zim »... C'est ce côté rage sombre, colère glauque, déprime énervée, bref tout ce qui fait que son œuvre a beau être écoutable sans aucun problème par le commun des mortels, elle n'est pas non plus accessible. Alors que cet album là, non seulement accentue un côté plus rock, a un côté plus... rock n' roll aussi, plus décontracté presque. Du moins, c'est ainsi que je l'ai ressenti, allant jusqu'à trouver « Dig Lazarus Dig » (le morceau) dansant !! Incapable que j'étais de trouver un morceau contenant la tension qui fait de « No pussy blues » un de mes morceaux préférés du prophète australien. Mais à côté de ça, je voyais tout le monde s'enflammer à plus ou moins grande échelle pour cet album, comme dans un effet pré - Third. Etais-je un mauvais fan de Nick Cave ? Un insensible ? Ou pire... un snob ? Toujours est - il que j'en reste là, depuis Avril disons, à réécouter régulièrement mon Live Seeds, Let Love In, et les autres, avec un paradoxe qui me réjouit : l'album le plus Rock des Bad Seeds ne me touche que peu (quoique, je compte bien y revenir un jour), et pourtant ce sont d'ordinaire les morceaux les plus rock du groupe qui me réjouissent le plus, de Loverman à There she goes, my beautiful world.




Sur ce, il faut bien passer aux obsessions 2008, aux disques qui ne lâcheront pas avant un moment, non sans se faire le petit plaisir d'aller au moins une fois à contre courant. En effet, alors que tout le monde s'est plu à célébrer les 40 ans de Mai 68 à l'exception de quelques mauvais coucheurs, nombre de journaux ont voulu revenir sur « les grands disques de l'année 68 ». Et moi, bien sur, de m'enticher de disques de l'époque que je n'ai vu apparaître dans aucun de ces classements regorgeant de Beatles, de Stones, de Janis Joplin... Et de chanter les louanges de « The Kinks are the village green preservation society », « Odgen's nut gone flake », et « Odyssey and Oracle ». Disques sur lesquels je reviendrais bien sur lorsqu'il sera temps d'évoquer... l'année 1968.




Puis est venue une passion pour un groupe totalement mineur, et au final franchement ridicule... Passion qui a eu plusieurs conséquences qu'il vous sera aisées de deviner. Ce groupe je l'ai découvert, avant même d'écouter sa musique, par sa biographie, que Chtif m'avait fort gentiment prêtée... Oui, on parle bien de Mötley Crüe. Eh ouais, j'ai passé une partie de mon été à lire « The Dirt », et franchement... C'est typiquement le même processus que celui que j'ai décrit dans mon article sur Billy Idol : se prendre de sympathie pour une bande de has-been, de losers, et par conséquent, avoir une certaine tendresse pour leur musique, aussi pourrie soit-elle.


Il va sans dire que c'est un des évènements fondateurs de l'idée du Rock n' Roll Hall of Shame (je profite d'ailleurs de l'occasion pour vous remercier du fond du coeur, vous tous qui y avez participé...).


Rendez vous compte : un groupe qui est plus connu pour le fait que certains de ses membres ont tourné la version hard de « Alerte à Malibu ». Et de toutes façons plus connu pour ses frasques que pour sa musique. Qui a été au top pendant les années 80 et est maintenant devenu le symbole même de tout ce qu'on renie de cette période et de ce mouvement entier qu'est le Hard FM. Et qui pourtant a sorti des morceaux que, bizarrement, j'aime vraiment : Shout at the Devil, Dr Feelgood, Too Fast for Love...et même les ballades imbuvables comme « Home Sweet Home »...


Faudrait pas vieillir...




Et le pire, c'est que le disque que j'ai le plus écouté d'eux (et même qu'en plus je l'ai acheté... avec un super sticker collector offert, la classe),  c'est le live « Carnival of Sins », à savoir donc un live de 2006, de pseudo-reformation, ou ils sont tous vieux gras fatigués ou presque. J'ai regardé de vidéos ou ils sont pêchus, jeunes, prêts à bouffer le monde, et c'est nul. Je ne vais pas m'appesantir sur les raisons de mon amour pour ce groupe, c'est sensiblement les mêmes que celles de ma passion pour l'œuvre discographique de notre Père Noël préféré, mais bon, je dois bien avouer que la dernière partie de mon année a fortement été dirigée vers la découverte des bas-fonds de la production discographique de ces 20 dernières années, vers ce qui est unanimement considéré comme médiocre, mauvais, le renié, le honni, le honteux. Mais en évitant cependant la mauvaise new wave et le rock prog, on a quand même son honneur.



Le pourquoi du comment tient en un unique nom : les Smiths. L'obsession 2008, celle qui succède à Nick Cave pour 2007 et aux Who pour 2006.



Car voyez vous, ce fameux fil musical qu'on remonte, redescend, et qu'on suit dans ses tours et détours tout le long d'une adolescence qui ne demande qu'à durer est parfois, quand même, jalonné de panneaux indicateurs présentant les grandes agglomérations. C'est la logique même qui veut que quelqu'un qui s'intéresse un tant soit peu à la musique rock se sente presque « obligé » d'aller voir du côté de tel ou tel groupe. Quiconque n'a jamais écouté les Beatles ne pourrait parler des 60's, quiconque n'a jamais écouté Radiohead ne saurait parler des années 90 - 00, ou du moins ne saurait en parler sans perdre sévèrement de sa crédibilité.


J'ai personnellement contourné de nombreuses années la décennie 80 durant laquelle l'histoire du Rock s'est, pour moi, durant très longtemps,  fermée sur le suicide de Ian Curtis pour se rouvrir avec les Pixies. Et cette année, suivant au final un mouvement très à la mode en ce moment, j'ai décidé d'aller explorer cette impasse pour y redécouvrir certains trésors...

Et c'est là que, arrivé devant le dernier panneau indicateur dont j'avais noté les coordonnées, je l'ai suivi, vers les Smiths. Peut-être n'aurais-je jamais du. Car bien sur, découvrir un groupe aussi riche, aussi passionnant est toujours une grande expérience... Mais sa conséquence directe est ... je le dirais en conclusion sinon j'aurais pas de conclusion.



Ah putain... les Smiths. Je suis véritablement heureux d'avoir vécu cette dernière étape de mon parcours avec eux. Je pense sincèrement que des groupes comme celui là, on doit avoir la possibilité d'en découvrir, quoi... 3 dans une vie peut-être ? Parce que des groupes intéressants, de qualité, fascinants, passionnants, certes, on peut en découvrir beaucoup. Mais je pense sincèrement qu'à l'heure actuelle, seuls les Smiths ont pu rejoindre les Pumpkins au Panthéon des groupes qui me parlent. Je viens de relire mon article sur  « The Queen is Dead », et je viens de me dire que cet article est totalement pourri. Ecrit trop dans l'instant, dans l'émotion, écrit dans un instant où, sous le contrecoup de la fin de la vie d'étudiant, j'ai pas cherché à aller puis loin que ce qui était évident, là, sous mes yeux, bêtement... Ouais, c'est sur, se lamenter en écoutant « I know it's over », c'est classe, mais bon, déjà ca n'a aucune originalité, et surtout, c'est passer totalement à côté de bien d'autres choses...


Maintenant que je me suis véritablement plongé dans l'intégralité de leur discographie (4 albums, 2 compilations de singles et faces b, il n'y a pas non plus de quoi se noyer), il en ressort que... merde, les années 80 ont donné naissance à un des plus grands groupes que j'ai jamais connu !! Ce groupe revêt au final une apparence presque fantasmatique à mes -eux : il y a dans ces titres une délicatesse, une beauté... Je n'ai qu'un terme qui s'impose forcément à mon esprit en évoquant les Smiths : classe. LA classe à l'Anglaise, la vraie. L'incarnation même de ce qui fait que ce pays (du moins la vision idéalisée de ce pays que je me fais) me fascine à ce point.


Certes, Morrissey, avec ses manifestes anti-carnivorisme, est bien loin de l'image qu'on peut avoir envie de se faire de la Rockstar avec un grand R. Et c'est bien à tort qu'on lui a accolé l'image de dandy (« décadent » en option) qu'il se traîne aux basques depuis un bout de temps. Pourtant, ça peut s'expliquer. Car Morrissey, non content d'être un brillant parolier truffe ses compositions d'aphorismes qui font le bonheur de l'amateur de bons mots. De plus, entre la classe qu'il arbore et ses inclinaisons sentimentales (qu'on devine), il y a là tout ce dont on a besoin pour se reconstituer celui qui manquait à cette fin de siècle, celui dont l'ironie et l'humour pince sans resteront dans les mémoires pour que, pendant un siècle encore, tout le monde se dise « Ah putain quel génie » à chaque fois que quelqu'un le citera, sans pour autant en savoir beaucoup plus sur son œuvre que ce qu'ils veulent bien en connaître...



Bref un « nouvel Oscar Wilde » pour les amateurs de raccourcis. De là, le raccourci vers le dandy décadent désabusé est tout tracé. Remarquez que pour la France des années 80, cette description pourrait tout à fait se voir correspondre à Desproges (dont tout le monde a oublié de célébrer les 20 ans de la mort cette année, ce qui est scandaleux ! Ah, ça, pour venir tous les mois de mars nous les briser avec l'anniversaire de l'électrocution du blondinet gesticulant, y a du monde, mais quand un des derniers génies que la France nous ait offerts au siècle dernier passe ses métastases à gauche, personne. Désolé, fallait que ça sorte.).



Mais bon bien au-delà de tout ça, il est temps que je résume pourquoi ce groupe m'a offert la plus grosse claque que j'ai jamais prise depuis un sacré bout de temps :


- La discographie des Smiths est incroyablement dense : c'est-à-dire qu'il n'y en a pas beaucoup, mais que c'est vraiment du lourd. Et c'est pas tous les jours qu'on peut s'offrir une quasi intégrale en 6 disques.


- Chacun de leurs 4 albums a une... « teinte » différente. Résultat, quel que soit l'état dans lequel on est, on est susceptible de trouver un album qui nous parle.


- Avec son accent impeccable (on dirait pas qu'il est de Manchester, il a un accent tellement... oxfordien) Morrissey offre des paroles non seulement géniales, mais qu'on peut comprendre sans lire le livret ! Et en plus ponctuées de petites phrases qui claquent dans l'oreille, qui sonnent comme pas permis, des éclairs de génie, des aphorismes qui tuent.


- Et bien sur une musique extraordinaire, qui réussit à être.. comment dire, années 80 sans être datée. C'est-à-dire qu'on sait que c'est les annés 80 mais sans tout ce qui marque irrémédiablement une grande partie de la production de l'époque... à savoir synthés, batterie électrique, bref une musique chaude et touchante, et pas désincarnée par la force de la production comme trop souvent dans ce que j'ai pu entendre de cette époque.



La conséquence en est simple : plongée dans la discographie solo de Morrissey, achat d'un eplace pour le Grand Rex le 2 juin prochain, fanitude totale et certainement irréversible.

En un sens... Achever la première phase de mon parcours musical (c'est-à-dire faire le tour de tous ces groupes considérés comme d'énormes références par la majorité des gens qui peuvent avoir une influence sur la musique que j'écoute) avec les Smiths, c'est à la fois un honneur et un plaisir. Mais en conséquence a eu lieu une bien triste déprime post-partum, déprime de type... « Et maintenant on va où ? »


J'en sortirais (un soubresaut tout au plus) rapidement, mais pas longtemps, avec la découverte du grand album de Faith no More, « Angel Dust ». Surprenant, agréable, efficace pour se frayer un chemin dans le métro, bondissant, parfois même franchement drôle. Mais ces choses là ne dure qu'un temps... Alors on se raccroche aux vieilles valeurs, qui en plus on sorti un album récemment, les Oasis (j'en ai pas parlé mais j'aime beaucoup le dernier une fois qu'on en a viré les ballades présentes pour assurer le minimum syndical de guimauve), les... tous ceux qui ont fait l'objet des articles précédents quoi. Vous voyez, tout se tient ! Mais bon...





J'en étais rendu là, quand, finalement, vers le premier Décembre 2008... Je me suis posé la question que j'aurais du me poser depuis un bout de temps : «  Et si je m'intéressais aux albums qui viennent de sortir, enfin, sortis cette année ? » Bonne idée.



      


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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 00:01
Ne vous en faites pas, pas de U2 pour le nouvel an.

Mais par contre, ce que je vous prévois pour la Saint Valentin....




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22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 19:04

Les vieux en 2008 ou: les impacts de la canicule



Bon, des fois c'est comme ça. Il y a des trucs que ça fait un peu chier d'en parler, sur lesquels on a un avis, mais qu'on est pas sur de réussir à théoriser comme il faut... Mais bon, il faut en parler. Alors lançons-nous.



 Si depuis... disons 2004, on observait une sacrée vague de reformation, l'année 2008, et plus particulièrement cette fin d'année, aura finalement été marquée par les retours de vieux. C'est-à-dire des groupes non séparés, non nouveaux, dans le coin depuis au minimum les années 80, et dont on était sans nouvelles depuis un bout de temps.

 J'en vois quelques-uns saliver au fond : oui, je vais donner mon avis sur le truc des chinois, là.


 Donc cette année, on a eu droit à : Metallica, AC/DC, Guns and Roses.



Certes, dans une (très) moindre mesure, Noir Désir a fait un retour cette année, et vien tcompléter ce carré des retours de vieux à la voix reconnaissable entre mille. Mais outre ces deux titres dont ils nous ont gratifié, dont seulement un original, qui s'avère plus que moyen, il est impossible de tirer une quelconque tendance... On peut juste se poser un bon millier de questions sur des histoires de légitimité, d'avenir, et, dans mon cas, de sens caché dans le fait de reprendre « Le temps des cerises ».



Bon, on va commencer par le plus consensuel : AC/DC, et ce « Black Ice », qui arrive après 8 ans de silence en dehors des stades. Bon, autant être clair, « Rock n' Roll train », premier titre de l'album et premier single qui en a été tiré, est un des titres que j'ai le plus écouté ces derniers temps, c'est une véritable bombe, du AC / DC pied au plancher comme on dit, un titre comme je les aime chez eux, avec certes, une structure quasiment identique à celle de Highway to hell mais on ne va pas chipoter.


Pour la faire courte : ce titre est à lui seul une raison de passer son permis de conduire.


 Mais bon. Ce n'est qu'un titre. Sur 15. Enfin, avant de parler du disque lui-même, rien qu'un truc qui m'a fait marrer : Tout le monde s'est réjoui du retour d'AC / DC au « blues - rock de l'époque Bon Scott ». Bref, tout le monde s'est réjoui d'une régression  musicale de 30 ans. De la part de gens crucifiant le moindre artiste qui a le malheur de faire deux fois de suite le même album, avec un peu de recul, c'est quand même franchement marrant.


 Alors finalement qu'est qu'il donne cet album là ? Ben... Joie des retrouvailles, talent toujours présent, cette voix qu'on n'avait pas entendue en dehors de nos vieux disques, c'est sur que ça le fait vachement. Mais 15 titres c'est long, et malheureusement je trouve que les papis du Hard tiennent pas trop la route là-dessus. De temps en temps ils trouvent le moyen de refroutre un coup de pêche, comme avec War Machine qui porte si bien son nom qu'on se retrouve à opiner farouchement du chef comme un militaire, et qui définit aussi ce qu'est devenu AC/ DC : une machine de guerre pour les stades.


"En fait, on a fait une pause pour qu'Angus réussisse à passer en 6ème, mais bon... Alors faute de mieux on a fait un album."



Comme le disait si bien Ned, on sait que les gars vont réussir à transcender les morceaux de cet album pour en faire de grands moments des shows à venir, mais justement... Le savoir gâche encore plus l'album, parce qu'on commence à se dire que ben, c'est sur, en studio ... Et quand, comme moi, on a pas réussi à se dégotter une place pour Bercy, on se penche moins sur cet album qu'on aura pas la chance de découvrir dans l'élément qui lui conviendra le mieux....


 Cependant je dois admettre que c'est maintenant une constante pour moi avec les albums récents d'AC / DC : j'en écoute plus que le premier titre avec une certaine régularité. Où alors, c'est sur un live.

 

 



 Maintenant passons à Metallica. Outre un titre assez ridicule (Death Magnetic... Un brûlot contre les IRM et les fours à micro-ondes ?), cet album fait se poser une question : qu'est ce que Metallica aujourd'hui ? Et a quoi ressemble sa fan-base ? Moi j'ai un parcours très particulier avec eux : le premier titre que j'en ai entendu, c'est Until it sleeps, le premier album entier, c'est Reload. Autant dire que je n'ai pas démarré avec ce que le commun des mortels considère comme leur meilleure période.


Mais bon... force est de constater que ce Death Magnetic n'est rien d'autre ... qu'un album de Metallica. Les fans aimeront, les détracteurs nous rappelleront que le groupe est « way too overrated », et que ça ne vaudra jamais la décharge furieuse d'un Slayer ou la virtuosité d'un Megadeath selon l'école à laquelle on se trouvera confronté.


 Qu'est ce que je cherche dans un album de Metallica, moi, Guic' the old, tenancier de ce blog ? Des rythmiques martelées presque militaires, mais entraînantes quand même, une voix unique, à mi-chemin entre le canin et le général allemand en goguette, des solos de gratte dans tout les sens mais d'une durée convenable quand même, et des paroles parlant de thèmes aussi guillerets que la guerre, la mort (et les dieux nordiques)...


 Que trouve-t-on dans ce « Death Magnetic » ? Voir paragraphe précédent.


 Bref, on retrouve dans cet album ce qui fait que les pro - Metallica aiment Metallica, et que les anti ne l'aiment pas. Fin du débat. Eh bien non, pas fin du débat. Parce que, encore une fois, on se retrouve à ce que tout le monde se réjouisse, du moins parmi ceux qui se réjouissent, d'une volonté de faire un album comme ceux qu'ils faisaient il y a maintenant 20 ans. Comme AC/DC tiens ! Tu remplaces le chanteur Bon Scott par le bassiste Cliff Burton (d'ailleurs les deux sont morts dans un véhicule motorisé, sauf que le premier conduisait pas, ah, merde le second non plus), et voilà, on a un étonnant parallélisme que je n'envisageais même pas au début de cet article : le monde du Rock est décidément plein de surprises.


 Bref, cette volonté, annoncée à bien des reprises, a attirée l'attention de ceux qui préfèrent le Metallica des années Cliff, mais aussi... des « snobs  de Metallica », qui aiment exclusivement les  albums de la période Cliff Burton, sauf Kill'em all. Je ne cite pas les fans de Metallica aimant les derniers albums pour la simple raison que, bien évidemment, ils étaient déjà à l'affût.


 Alors le problème se pose. Contrairement à un AC / DC qui a fait quasiment le même disque tout le long des années 80, avant de se faire plus discret à partir de disons 1992, et pour lequel revenir au son de 1979 n'est pas forcément... J'allais dire difficile, mais je veux simplement dire que la recette AC / DC n'a pas forcément beaucoup évolué depuis Highway to Hell. (Ne faites pas vos hypocrites, c'est même pas de la provocation, juste une évidence. Un peu comme dire que si Mötörhead ressortait Ace of Spades demain, la moitié des fans ne se rendraient pas compte que ca leur dit déjà quelque chose et croiraient véritablement à une nouveauté. Même à jeun. Bon, oui, je caricature et perds le propos de départ.)



Par contre (remontez d'un paragraphe pour voir contre quoi on se place), Metallica a pas chômé pendant cette période, du point de vue « évolution du style ». Entre le coup d'éclat MTV du Black Album, les deux Load, et St Anger  on peut pas dire qu'ils ont tout le temps décliné la même recette. Et ce, en se faisant crucifier quasiment à chaque fois.


Bilan :


 -         Il est tout à fait logique qu'après avoir été bidouiller dans tous les sens, et s'être fait chaque fois défoncer, ils décident à un moment de revenir à ce qui a fait leur succès de départ.


-         Ils ont tellement bidouillé dans tous les sens qu'il est tout à fait logique qu'ils aient égaré une partie de la recette du succès de leurs débuts, et je ne parle même pas du fait qu'en 20 ans, il s'en est passé des choses dans la musique comme dans les mentalités.



Ouais, c'est nous Metallica, toujours dans la place!!



 Quoiqu'il en soit, on a ainsi un album fort agréable à écouter, mais dont le plus gros défaut est dans la longueur franchement imposante des morceaux. Conséquence, on se noie un peu dans la masse. A l'exception de  quelques titres comme le « The Unforgiven III » que je redoutais (presque à raison) et son intro au piano, « Cyanide » et  son petit côté bondissant - System of a Downien. (Bon, je trouve, mais c'est souvent que j'établis des parentés.... que je suis seul à établir)


Bref, c'est presque par défaut que cet album se retrouve à arborer une véritable cohérence, tant j'ai l'impression d'écouter un unique morceau de 50 minutes... Metallica a enfin écrit sa symphonie, du moins en format.




Et maintenant, mais oui, je vous vois sautiller sur vos chaises ou bailler discrètement, oui, vous qui êtes venus que pour que je vous parle de Chinese Democracy, mais oui, c'est là...


 Allez, go. Fixons bien les choses : oui, c'est l'album solo d'Axl Rose. Mais c'est quand même Axl Rose lui-même qui nous l'annonce depuis 15 ans. Donc, le fait que ce soit l'album solo excuse qu'on ne trouve pas ici un album des Guns, mais n'excuse pas le fait que ce ne soit pas celui que son créateur a annoncé à grands renforts de « meilleur album du monde ».


Bref cet album a au moins le mérite de me coller en porte à faux.


La première constatation c'est que le plus grand album du monde aura gardé sa perfection pendant 1 minute 49 secondes. Jusqu'au début du premier couplet de « Chinese Democracy », en gros, parce que l'intro est vraiment bonne, la guitare discrète mais pas longtemps, le riff, la batterie, des solos en arrière plan, certes, on est dans la démesure, mais pas dans le pompiérisme ni dans l'esbroufe. Puis première faute, enfin en tout cas dans mon optique, Axl se calme, alors qu'on a qu'une envie, c'est qu'il continue à tracer, à aboyer...


Enfin. Admettons une chose : si cet album est le plus grand du monde dans un domaine, c'est dans l'irrégularité, dans l'inégalité. Cet album présente une étonnante variabilité de la qualité, pas seulement sur le long cours, mais au sein même de certains morceaux ! Un exemple de disparité au sein de l'album, c'est par exemple « I.R.S. », la diatribe anti-impôts d'Axl, qui au moins sur ce point montre qu'il est plus doué que le Florent Pagny moyen (désolé, j'ai pas pu retenir la comparaison). Le morceau, même si son alternance piano / guitare saturée n'est pas sans rappeler ce qui fait que je n'aime pas « Use your Illusion », n'est franchement pas désagréable à écouter. Sympa, entrainant dans sa  majeure partie. Quand on l'entend, on se dit, « Tiens, voilà un des bons morceaux de l'album, un bon point pour Axl. » Mais ce morceau à peine fini, on a droit aux cuivres introductifs de « Madagascar », et, désolé, mais ça gâche. Ca gâche le plaisir du morceau d'avant. Et ça, franchement, c'est vraiment dommage.



Pour les variations de qualité internes aux morceaux eux-mêmes, mon exemple préféré reste la plage qui conclue l'album : Prostitute. Un morceau franchement pas mal, en son cœur, coincé entre une intro au piano totalement banale et dépourvue d'intérêt, et une outro de cordes dont seule l'insupportable longueur traînante égale la médiocrité. Alors qu'entre les deux, le morceau est pas si mal.


Cette horrible outro a aussi la particularité d'achever l'album, et l'auditeur par la même, le laissant pantelant, subjugué par le trop plein, et légèrement soulagé quand même : c'est fini.

Et c'est à ce moment là qu'on se dit qu'on va se ruer sur son clavier et taper des mots et des mots et des mots pour détruire cet album dans les grandes largeurs... Mais bon, pas le courage, donc on va se coucher. Et petit à petit, alors qu'on repousse le moment fatidique ou on va devoir donner son avis (qui, dans l'instant, est, rappelons-le : « Quoi ? Quinze ans de travail pour cette merde ? »), on se calme et on se dit que quand même, il y a quelques trucs pas mal pour au final aboutir à un truc qui ressemble à ce que j'ai écrit au-dessus. Bref : des moments agréables, malheureusement trop souvent gâchés par le pompiérisme et les tentatives lyriques (façon raccourcie de décrire le fait de mettre des violons ou des cuivres là où il n'y en a pas besoin.)


Ah, tu le vois comme ça toi?


Il n'empêche que je me pose une question dans un coin de ma tête. Même si j'ai conscience que mon manque de connaissances « techniques » en matière de musique fait que je n'ai pas conscience de tout... Quelle serait la face de la musique si cet album était sorti en 1994/1995, comme cela aurait du être au départ le cas ? Il est fort probable, que, d'un point de vue technique, ce soit aussi con que de se demander ce qui se serait passé si Matrix était sorti en 1973, mais bon, n'empêche...





Enfin, tout ça pour dire que trouver une conclusion est tout un art, car je ne suis pas capable de vous offrir une bonne façon de résumer mon sentiment sur le fait que le temps crée des dommages irréparables : qu'il s'agisse du public, des groupes, ou même des possibilités techniques, trop de choses se retrouvent en opposition les unes avec les autres pour que l'on puisse apprécier sincèrement la musique des papis du rock, ou au moins l'approuver sans ressentir le besoin de se justifier pendant 5 pages comme je viens de le faire.


La prochaine fois, je reviendrais sur mes passions de l'année... Mes fixettes, mes joies, un article écrit à l'encensoir. A très bientôt.





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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 20:00


2008 se fait vieux et ne saurait tarder à rendre l'âme. Alors que ce blog s'apprête à fêter son second anniversaire, il est temps de faire le bilan sur :  « bon, qu'est ce qui s'est passé en 2008 dans le monde des disques et plus particulièrement dans celui de mes disques. »


Plutôt que de faire un vulgaire top, une simple remise de prix... le format que je m'octroie cette année est un peu bâtard... Nous allons nous offrir le luxe d'un enchainement de minis éditos ou presque afin de revenir sur le monde musical dans lequel j'ai vécu en 2008.



Alors volume 1 : de la réception des disques.


Commençons par le disque dont tout le monde parle, a parlé, et risque de parler encore un peu, mais dont moi je me tape complètement. Ce titre est bien évidement offert au Third, de Portishead. Bon, OK, je ne suis pas un fondu de trip-hop, ce n'est un secret pour personne. Disons que, bien entendu, j'aime bien Mezzanine, que je connais l'air de Glory Box, que je peux citer une demi-douzaine de groupes affiliés à ce mouvement sans pour autant devoir aller sur Wikipedia pour ça, mais bon, ça s'arrête là.


Pour tout dire, quand cet album est sorti, je savais même pas qu'il était attendu.


Mais là, ça s'est enchainé de chronique dithyrambique en apologie, et même quand Thom explique pourquoi il en parlera pas, il en parle quand même. Et puis, les faits sont là : l'album truste la première place du Classement des blogueurs (devenu, en 2008, le CDB), récolte des 10 à la pelle, détrône Nick Cave au passage, d'ailleurs cette place il l'a en étant aussi un des plus notés, et ça c'est un coup surprenant, alors moi, pas con, je me dis que, quand même, je vais y jeter une oreille.


Quelle idée. C'est après, seulement, que je me suis dit qu'en fait c'est mon droit le plus fondamental de... même pas de ne pas l'aimer (le jour ou je m'en voudrais de pas aimer un album, autant que je me pende direct, ou que je devienne sourd), juste que c'est mon droit le plus strict de rester dans mon domaine à moi (le Rock), de m'y passionner, et que, non, devenir éclectique à tout prix, juste histoire d'avoir un avis à donner, avoir des connaissances juste pour le plaisir de me la péter avec mon savoir, ouais, ben non, pas mon truc.


Mais c'est aussi à ce moment là que je me dis que ma vie bloguienne m'a déformé : avant, j'aurais même pas été au courant qu'il était sorti (à moins qu'il ait été Disque du mois de Rock n' Folk, et encore, je l'ai même pas acheté ce mois là), et donc, c'est même pas que j'en aurait rien eu à faire : juste que j'aurais pas été averti de son existence.


Cependant ce disque reste la raison d'un des trucs les plus marrants que j'aie vu cette année. Imaginez une grande soirée, avec DJ Arbobo aux platines. Sur le haut de la pile de CD trône ledit « Third ».



Moi : attends, t'as ramené le dernier Portishead ? Mais c'est pas dansant, ce truc.


Arbobo : Attends, tu l'as écouté au moins ? Y en a au moins deux qui... Genre celle là.


Sur ce, il s'exécute, mets le disque, la plage huit je crois, et, en effet, un beat répétitif option Martin Solveig sous acide envahit la soupente.


Moi : Ouais, c'est sur... pourquoi pas. Mais moi, les rythmes technoïdes comme ça, ça me fait vraiment pas trop danser. Bon, question de goût perso je suppose.


Plus tard, Portishead ayant laissé place à C'mon Billy de PJ Harvey... Arrive, sur ces entrefaites, Ama-L.


Ama-L : Attends, t'as ramené le dernier Portishead ? Mais on peut pas danser là-dessus !!



Certes, c'était plus drôle à vivre que raconté comme ça, j'en suis sur, mais bon. Tout ça pour prouver que j'associe au moins un truc positif à ce disque. Le reste... m'en fous, vous dis-je !




Putain... mais elle était affligeante ton histoire, mon gars, tu sais...



Mais il y a également son jumeau maudit. Entendez par-là Le disque dont tout le monde s'est contrefoutu cette année, sauf, bien évidement, moi. Le « Bien évidement », vous indique derechef qu'il s'agit des Smashing Pumpkins dont au sujet desquels on va parler maintenant. Et le disque en question est un EP 4 titres nommé « American Gothic », qui, comme son nom l'indique... contient 4 titres.


C'est marrant comme l'an dernier, entre une reformation live sur le sol parisien (au Grand Rex, concert dont le bootleg fait partie de 5 trucs que j'ai le plus écouté cette année, en particulier pour une version de « Shame » démentielle, toute en tension et au bord de l'explosion... les connaisseurs (connaisseuses) apprécieront, les autres ont va y venir...), et un album de renaissance, « Zeitgeist », qui avait déclenché de houleux débats... Tout le monde avait d'un coup son mot à dire sur les Pumpkins, même ceux qui n'avaient jamais apprécié particulièrement leur musique « de leur vivant » si j'ose dire.


Parce que bon, ils sont revenus à grands renforts de « plus grand groupe des années 90 », et que démonter cet album permettait à tout un chacun de rétablir la (sa ?) vérité et de redonner leur véritable place à qui son Radiohead, qui son Nirvana, qui son Massive Attack, qui son Silverchair. Alors que finalement, cet album n'est ni plus n moins qu'un album des Pumpkins très honnête, avec quelques décharge bourrines bien massives, les envolées lyriques nécessaires, une voix nasillarde comme on l'aime... Bref, ce qu'on appelle dans le langage des spécialistes du groupe : un album des Smashing Pumpkins, avec des qualités, et des défauts. Et fallait pas chercher beaucoup plus loin.



Enfin!!!! On parle de MOI !!!!




D'ailleurs il était amusant de voir que les plus fervents défenseurs de Zeitgeist n'étaient autre que... les fans déclarés du groupe, ceux qui aimaient déjà les anciennes productions, et que bon, c'est plutôt bon signe, ça veut dire qu'ils sont identiques à eux-mêmes. En gros.


Mais bon, si un fan a des œillères (et encore, peut être moins qu'un détracteur aveugle), il n'est pas aveugle (justement), et, même moi, j'avais conscience des faiblesses de cet album : d'une part la longue plage bruyante qu'est « United States », d'autre part la terrifiante bassesse du niveau des morceaux les plus calmes, « For God and Country », « Pomp and circumstances » entre autres, du piano, une voix, mais on est bien loin du dépouillement touchant d'Annie Dog ou Blank Page.


Aussi inégal qu'OK Computer, comme pourraient le dire certains.


Sauf qu'American Gothic (oui, revenons à cet EP qui nous préoccupe) nous offre le versant « doux » des Smashing Pumpkins qui leur réussit le mieux : guitare acoustique, ambiance légèrement éthérée, romantisme délicat. Oui, ca fait très adolescent, mais bon, on touche là à ce qui a dans le temps fait la beauté de morceaux comme « To Sheila » ou « Believe » (mais les cordes en moins.) Bref : les Smashing Pumpkins nous offrent quatre titres agréables, simples et franchement beaux et vraiment bons, et ce, dans l'anonymat le plus total hors le cercle des fans.


Je passerais sur leurs autres productions, entre autres « Superchrist », un titre isolé qui rappelle « United States », et « G.L.O.W. », qui, outre son mode de sortie (dispo uniquement sur leur myspace, sur iTunes, et sur... Guitar Hero : World Tour), n'est pas transcendant.


Ce que je constate sur ce coup, c'est qu'on a là une reformation qui tourne, ne s'en sort pas trop mal musicalement ou tout du moins qui parvient encore à régaler le fan que je suis. Mais « l'effet reformation » étant dissipé, la suite se passe entre les Pumpkins et leur public, et je suis ravi d'en faire partie.


Au point que je suis ravi de vous laissez en écouter un extrait:





Bref, la constatation de cette année fut que, passé ce côté plan marketing (entendez, la pub que ca fait) de la reformation, et l'attente fébrile du premier album post-reformation histoire de pouvoir faire tomber le verdict sur la fameuse « utilité » de celle-ci, le soufflé est retombé, et tant qu'aucune overdose ne pointe à l'horizon, les Pumpkins resteront dans leur coin et puis voilà. Comme les Who. Comme les Stooges. A surveiller.


Et maintenant, relisez le paragraphe précédant, et remarquez à quel point je maîtrise l'art de la transition maladroite, puisqu'il est venu le moment de parler du « Soufflé qui retombe » de l'année, et bien entendu, oui-m'sieur-oui-m'dame, il s'agit bien là de parler du dernier (j'espère) album des Guns and Axl Roses.


Ah là là. Le voilà le Chinese Democracy, qu'il va falloir que j'arrête d'écrire à chaque fois « Democraty ». La fameuse « arlésienne du Hard Rock » n'est plus.


Alors déjà, permettez-moi de faire une remarque que je n'ai pas encore lue, mais qui me démange : sortir « Chinese Democracy » l'année des J.O. de Pékin, c'est bas.


Bon, ça, c'est fait, maintenant passons au disque. Vous avez remarqué comment... une fois la critique publiée, dans n'importe que magazine, webzine, il est devenu normal d'observer un silence poli concernant les Guns ? C'est-à-dire que, oui, bon, faut montrer qu'on l'a écouté, mais... on va pas s'étaler ?

C'est le même silence que celui qu'on observe juste après qu'un mec a sorti une blague pas drôle, voire pire, qu'en plus il en rit lui-même, mais qu'il est le seul...


Comme l'avait fait remarquer klak à mon auguste personne, cet album serait sorti de toutes façons, au pire sous forme de chutes de studio, comme un « Smile » du Hard Rock, et c'est sur que sur ce point là je suis d'accord. Mais s'il n'avait jamais été achevé, la déception aurait une excuse.


Alors que là... 14 ans d'attente, l'album le plus cher de tous les temps... c'est ça ? Alors que bon, cet album était mythique avant de sortir ! Et maintenant... ben il était mythique, avant de sortir.  « Chinese Democracy », c'était presque devenu une expression à part entière, ca voulait dire un truc qu'on verra jamais, et en ce sens, le titre de l'album revêtait une ironie mordante : il était vachement bien nommé. Et on nous a ôté ça, ce raccourci fabuleux, unanimement compréhensible, pour nous refourguer un album de ... de quoi d'ailleurs ? Un coup c'est du métal surproduit, au point qu'on a l'impression de l'écouter au casque anti-bruit, puis après une bluette piano, on se perd, on se demande ou est Slash, on se rappelle qu'il s'est barré, mais putain qui c'est qui va monter sur le piano pendant la tournée alors, on attend, on attend, ouf, c'est fini. Bref, on a un enchainement de titres remplis de bruit mais dépourvus de fureur, dans lequel la pose se sent à travers les chansons même.


Surtout que, même si on avait du mal à l'avouer (ah, cette retenue qu'on a, nous les esthètes qui ne veulent pas passer pour des fans), malgré cette façon de tourner en ridicule les déboires du gars Axl, sa mégalomanie, sa volonté de sortir le plus grand album de tous les temps à grands renforts d'effets d'annonce (ca fait bien 4 ans déjà qu'il doit sortir dans les 6 mois), et ben, tous, je pense, en tout cas, même moi (qui pourtant ne suis pas un grand admirateur du bonhomme), gardaient une sorte de respect pour ne pas dire d'admiration face à l'opiniâtreté dont il faisait preuve, confit dans son idée de réaliser l'album parfait.




Le problème, c'est qu'il croit peut-être encore que c'est ce qu'il a fait.


Attends, tu veux vraiment te la prendre, celle-là, c'est ça??



Alors il nous faut retrouver ce qu'on a perdu, retrouver cet oxymore compréhensible de tous qui représente un idéal inaccessible, et comme je suis gentil...  Je vous annonce officiellement que j'ai commencé à plancher sur un album. Oui, un album de musique, destiné à révolutionner l'art musical au XXIème siècle. Ni plus ni moins.


Il est déjà prêt dans ma tête, je n'ai plus grand-chose à faire pour le finaliser (juste apprendre à chanter, à jouer de la guitare, de la batterie, de la basse, et peut-être aussi du piano, voire du violon, du violoncelle et du glockenspiel, apprendre à composer et à écrire des paroles dignes de ce nom, bref, des broutilles...) Il devrait être bientôt prêt (reste à trouver une maison de disques... ah non, en faire des démos, trouver une maison de disques, réserver le studio, enregistrer, virer le producteur, réenregistrer, apprendre à mixer, mixer moi-même, le faire presser, en créer moi-même l'artwork, livret etc., trouver un distributeur, organiser la série de showcase, non sans oublier de changer 4 fois de line up avant, devenir une star, vendre mon album par palettes.), Bientôt prêt, donc, c'est-à-dire que d'ici... Allez, disons 10 mois il sera dans les bacs de vos disquaires préférés. N'oubliez pas d'y jeter un œil pour y trouver « Good Faith Guic' the old ».


Assurément la sensation Rock de 2009.



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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 17:27

Un tag littéraire que m'a transmis lou, et qui me permet de remplir une petite page de ce blog... Faute d'article interessant, vraiment (plein en maturation, mais pas en phase de rédaction, en fait.)

 

 

 

1. Le dernier livre que vous ayez acheté et terminé.

 

Alors, déjà c'est un peu con comme question dès le départ... les livres je les achete par 4 ou 5.... Faut bien profiter des occases tant que c'est encore des occases. Alors ma dernière session, j'en suis sorti avec :


Mon idée du plaisir, Will Self

Electrons libres, James Flint

Sex, Drugs and Cocoa Puffs, a low culture manifesto, Chuck Klosterman

Le crime de Lord Arthur Saville, Oscar Wilde


Et était offert avec (super promo de chez Points pour Noël et pour écouler les stocks, je le crains...) Verre Cassé, d'Alain Mabanckou.

2. Quel est le livre que vous êtes en train de lire ? Qu'en pensez-vous pour l'instant ? Quelle est la phrase qui se trouve à la ligne TREIZE de la page QUARANTE-DEUX (parce que c'est important, 42) ?


Ben c'est le « Electrons libres » de la liste ci-dessus. Pour l'instant c'est franchement bien, et même marrant parfois... Cet enchainement de mésaventures pour un geek loser timide... j'adore. En plus ca parle nucléaire, donc j'aime bien. Non, le seul truc c'est que c'est un livre assez barré, très documenté, qui mêle hippies en flashback, geeks au présent, et centrales nucléaires au futur... donc en fait, je m'ennuie pas en le lisant et déjà ca c'est beaucoup pour moi... Mais le jugement final, pour ça, faudrait.... Que je le finisse. Ce que ce tag m'empèche de faire, d'ailleurs !


Bon, la page 42, vous avez de la chance que je l'ai passée, sinon jamais j'aurais été la lire. Donc :


Merde, la phrase commence ligne 13, mais va jusqu'à la 17...


« Armes de dissuasion nucléaire, toilettes à chasse d'eau, grands immeubles de banlieue, chauffage central, fast foods, hygiène individuelle... tout ça, c'était l'ennemi. »



3. Choisissez l'un de vos livres favoris, quel est-il ? Pourquoi fait-il partie de vos favoris ? Quelle est la dernière phrase qui se trouve à la page 65 ?


Je vais pas vous reparler de High Fidelity, hein... Alors vu que c'est l'Aristochat actuel, je vais évoquer Edgar Poe. A défaut, « les nouvelles Histoires extraordinaires », mais ca tiendrait qu'a moi je vous parlerai que de la nouvelle « Le Chat Noir ». (Ca tombe d'autant mieux que dans mon edition, la page 65 est dans cette nouvelle là.). C'est une nouvelle que j'adore parce que c'est le premier.... « truc d'adulte » que j'ai lu, je devais avoir... 11 ou 12 ans, et ca m'a traumatisé si j'ose dire. Cette histoire de chat noir-porte-malheur, qui, une fois tué se réincarne en un autre chat noir symbole de chatiment... le tout raconté par l'homme qu'on va bientôt executer, les images qui s'imposent, tout ça... c'est vraiment marquant pour un esprit comme le mien à l'époque. Bon, j'en raconte aps plus parce que  sinon je gache tout. L'autre nouvelle m'ayant marqué, c'est « Le puis et le pendule » mais pour des raisons autres : l'imagerie de la torture de l'inquisition, de la condamnation à mort lente ... c'est tellement fascinant.


La phrase :

« Le lecteur se rappellera sans doute que cette marque, quoique grande, était primitivement indéfinie dans sa forme. »



4. Quel est le dernier livre que vous avez lu et pas vraiment aimé ? Pourquoi ?


Oh là... c'est assez dur à définir parce que bon, généralement...un livre que j'aime pas je le finis même pas, angoissé que je suis à l'idée du temps que je perds à lire un truc mauvais alors que je pourrais l'employer à découvrir un chef d'œuvre. Ah, si ! « Au secours pardon » de Frederic Beigbeder. Il n'y a même pas a expliquer pourquoi j'ai pas aimé ce roman : pour cela il faudrait déjà que c'en soit un, de roman, ce qui n'est pas la spécialité de Beigbeder, qui préfère délirer sur son auguste personne, d'anecdote egocentrique en phrase choc rappelant son ancienne condition de publicitaire.... Sauf qu'il y avait un humour mordant, un cynisme pas désagréable, un j'm'en foutisme sympa, un je ne sais quoi qui rendait cette bouillie lisible. avant... Et il a perdu tout ça à la moitié de « 99 Francs ».... Donc, c'est a fortiori absent dans cette suite. Qui n'a qu'un mérite : c'est le premier Beigbeder post 99 F que j'arrive à finir.



5. Quelles sont les 5 bloggeurs à qui vous passez le relais et pourquoi ?


Non, aucun, je n'en choisis aucun : prenez le si ca vous tente, les cinq premier arrivés seront les 5 premiers servis, et je les ajoute ici. Voilà, c'est simple comme ça.

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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 20:18

Gentlemen, soyez les bienvenus.


Je ne sais pas si vous le savez, mais je pense que vous le saviez déjà : j'aime beaucoup les reprises. C'est pas pour rien que j'ai fini second du Kikapiké d'Ama-L. Les reprises de classiques, les reprises plus surprenantes, toutes. Peut être parce que je me dis que les reprises sont un passage presque obligé pour un groupe, et que c'est via ces reprises qu'il va forger sa personnalité. Puis, une fois plus connu... Il refera des reprises, pour rendre hommage à ses références, ou tout simplement pour récupérer une mélodie catchy et amasser les millions (j'aime moins le second cas.)


Pour vous dire, j'aime même les reprises vraiment mauvaises. Enfin pas toutes, il faut qu'elles fassent preuve d'originalité, quand même, qu'elles ne soient pas qu'un déclaque de l'original. Mais si le groupe  qui reprend y insufle une part de sa personnalité propre, ça m'interessera (ca fait très « Nouvelle Star » comme phrase, je sais).


Même certains massacres purs et simple, soit me font marrer, soit m'enervent profondément. Et sous couvert de « Mais putain c'est pas possible d'être aussi con !! », je me la repasse, pour comprendre, et m'enerve encore plus.... Oui, je passe des soirées très enrichissantes.


Par exemple, ça, ça a beau pas être un coup de génie, ca me fait marrer.








Et encore je vous passe la reprise qu'ils ont fait de « Oops... I did it again ».


Mais laissez moi vous livrer un petit top des reprises pourries parce que le groupe a pas tout compris à la chanson.

Pour chacun de ses titres, je vous invite à cliquer sur le titre pour vous remémorer l'originale, et d'explorer la reprise via les lecteurs disséminés.


On commence avec « Je touche à titre repris 600 fois » et je tombe en plein à côté... Love will tear us apart, par Fall out boy.





Pourquoi je me suis interessé à ça ? Ben j'ai pas fait exprès, j'ai récupéré un max de reprises parce que j'ai une compil de reprises à réaliser... Et en fouillassant, je suis tombé sur ça.


Cette reprise est... mignonne. C'est là son drame. Parce que merde, c'est une chanson sur le pire truc qui existe au monde, la rupture insidieuse, la rupture qu'on sait qu'elle est là, mais que personne a le courage de déclencher, ces moments de malaise, d'intimité glauque... Et la voix de Ian Curtis, trainante, blasée, n'est là que pour augmenter cet effet (le synthé n'est qu'une diversion, je vous avais dit que ces instruments étaient traitres).


Et là on a quoi ? Une chanson pour bal de promo ricain, interprétée par un mec qui a une voix étrangement semblable à celle d'Ewan McGregor quand il chante dans Moulin Rouge (et peut être dans la vie de tous les jours aussi...).  Bref, via cette reprise, on réussit à transformer un sommet d'amour glauque, un « je-préfère-me-pendre-dans-ma-cuisine-plutôt-que-de-t'avouer-que-je-veux-te-quitter » *, en B.O. idéale pour la scène finale du baiser au bal de promo à la fin de « High School Musical 3 », et là je dis non.


On continue avec « J'ai rien compris mais je chante quand même » en deux temps.


La première la voici la voilà vous saviez qu'elle arriverai, c'est bien sur « Behind Blue Eyes » par Limp Bizkit...





Ah, Fred Durst. Après avoir été leader d'un des groupes de la vague néo-métal, il a décidé, un jour de montrer son côté sensible en piétinant par la même des Who en sale état mais encore vivants à 75 %, mais depuis il y a eu la récession. La ou était la bonne feinte, c'est qu'une bonne partie du public de notre ami Fred ** ignorait tout des Who. Et n'a certainement même pas fait l'effort de se pencher sur l'original, vu les palettes de cette reprise qui ont été écoulées.


Fred a eu une bonne idée, enfin une idée : changer le pont de la chanson. Et même, encore plus innovant : en supprimer les paroles. Mais quiconque connaît l'original (j'avoue, bien entendu, ne l'avoir découvert qu'après, mais bizarrement (bon gout inné ?) n'ait apprécié que l'originale, quand je l'ai découverte.) sait que le pont, d'un point de vue parole, a une importance prédéterminante. Après s'être lamenté sur son sort, sur le fait que personne ne l'aime, le gars planqué derrière les yeux bleus avoue, que, oui, il a besoin d'un garde fou, de quelqu'un qui lui tende une main, qu'il est paumé, que non, il ne s'en sortira pas tout seul.

Fred Durst, lui, à ce moment là colle des « meumeumeum haoum » de chœurs féminins... Whaou quel talent. Ou comment tranformer une des chansons les plus émouvantes des Who, une des plus sincères, en... vulgaire bluette super chiante.



Et la dernière, c'est... Sympathy for the Devil, soit donc, un des plus grands morceaux d'un des plus grands groupes du monde, repris pas... les Guns n' Roses. Je sais, vous allez encore dire que je fais de l'anti-gunsnrosisme primaire, ce à quoi je vous répondrais que c'est faux parce que j'aime beaucoup cette reprise (ne serais- ce que parce qu'avec ses 7 minutes 32, elle dure juste le temps qui sépare ma descente du RER*** à mon arrivée sur ma porte palière, ce qui fait que je l'écoute presque tous les soirs en ce moment. Na.). Mais ca ne l'empèche pas d'être à coté de la plaque.






Pour rappel (inutile, certes, mais sait on jamais), dans ce titre, quelqu'un nous dit d'être gentil avec lui et cool, et courtois, tout en nous dressant la litanie des crimes qu'il a commis. Vu qu'il a été emmerder Jésus au Mont des Oliviers et qu'il a tué les Kennedy, on se dit que le gaillard a un sacré CV, et qu'en plus il est pas tout jeune. Mais au milieu de tout ça, il nous dit pas son nom ! (Bon, nous, pas cons, on se dit que le morceau, vu son nom, donne peut être un peu trop d'indices...). Et là, d'un coup, bam, il nous dit que si on le croise, on peut l'appeler « Lucifer », soit « le porteur de lumière », ca c'est un nom qu'a la classe, en plus il a l'air sympa, gouailleur, beau gosse (bon, en même temps il ressemble vachement à Mick Jagger, hein), sur de lui, bref, on a bien envie d'aller faire la tournée des bars avec lui.


Mais quand le rôle est joué par Axl Rose, là... franchement c'est angoissant mais pas pour les bonnes raisons. C'est-à-dire que la chanson commence bien (en plus y a des solos de ci de là, on se dit que franchement il se la pète en plus cette fois ci, putain, en 20 ans il s'est pas calmé c'est un marrant ce Lucifer.) Et là c'est le drame. Ca se passe à 4 minutes 00 (le 4 est symbole de malheur dans certaines civilisations orientales, je suis sur que c'est un signe, j'veux dire, Chinese Democracy tout ça.). Et on atteint le couplet dit « de l'aveu », là ou on a la révélation, la grande explosion, qu'on imagine avec force flammes et déhanchements... Et je sais pas ce qui leur est passé par la tête, mais là ils nous collent du piano et  un Axl tout gentil à moitié en sourdine qui dans un souffle nous avoue « Lucifer » comme s'il en avait honte comme si il nous avouait être fan de U2, je sais pas , et désolé, on est obligé de tirer la conclusion qui s'impose, Belzebuth c'est plus ce que c'était, là, on a juste envie de vérifier que sa perf est bien en place et de lui tendre l'urinal.


La preuve, il lui a fallu 14 ans pour faire un album qu'est même pas génial. Alors qu'à l'époque, Beggar 's Banquet il nous l'avait torché en même pas un an.


Bon, voilà, c'était une première session. Gentlemen, si ca vous tente, prochaine session dans quelques temps.



 

 

 

 

 

* Je sais que c'est pas ça qu'il s'est passé en vrai, mais bon, après une reprise pareille, la réalité historique, elle se rend même plus compte des outrages qu'on lui fait subir
** Au passage, je tiens à vous signaler qu'on a des nouvelles de lui : il est barman. Dans 2 épisodes de Dr House.

*** D'ailleurs, Paradise City fait partie de mon top 5 des chansons à écouter dans son lecteur mp3 pour se creuser efficacement à coup d'épaules à 8 h 30 entre la ligne 14 et la sortie à St Lazare. Si je ne l'ai pas publié c'est parce que je pense qu'il n'intéressera que peu de mes lecteurs.

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 10:40

John Densmore fut pendant toute leur courte carrière, batteur des Doors. Dans « Riders on the Storm » (bizarrement rebaptisé en français « le vaisseau de Cristal »), il nous conte ses années, derrière les futs, sur scène ou en studio, auprès de la joyeuse bande formée par Jim Morrison, Ray Manzarek et Robbie Krieger. Et donc, lui aussi, et l'avantage certain qu'il tirera d'avoir écrit cette biographie, c'est qu'à partir de maintenant, au moins, je n'oublierais plus son nom (c'était, justement, le « Door » dont je me rappelait jamais du nom...). Et je suis sur que ca lui fait déjà plaisir.




Ce livre est... surprenant. « Ouais bof, c'est une biographie des Doors, encore une », allez vous me dire. Ben non, justement. Pas « encore une ». Parce que bon, les biographies des Doors sont peu nombreuses. Des biographies de Morrison, ah ca oui il y en a. Mais des Doors, en tant que groupe ? Eh bien, pas tant que ça, et celle-ci en est une.


Un livre qui est là pour rappeler que, malgré le charisme de son frontman, musicalement, les Doors sont issus des inspirations diverses (le jazz pour Densmore, les musiques hispanisantes pour Kriegger) des différents membres du groupe. Pour rappeler que si les morceaux sont crédités « The Doors », ce n'est pas nécessairement une largesse de Morrison, mais bel et bien le résultat du fait que chaque membre apportait une pièce à l'édifice. (Dans les faits, Morrison et Kriegger étaient les principaux paroliers, mais la composition des titres était collégiale.)


Et en plus, on a « enfin » j'oserai dire un point de vue interne sur la personnalité morrisonnienne... Parce que bon, quand un des techniciens de studio ou je sais plus trop quoi (un livreur peut être) est embauché comme consultant pour « No one here gets out alive », on se demande quand même un peu à quoi tient la réalité historique. Là non. Densmore a quelque chose que les autres n'ont pas forcément dans cette entreprise... La légitimité (c'est cette légitimité d'ailleurs qui fait que par défaut je me tourne plutôt vers les autobiographies que vers les bio rédigées par le critique littéraire du courrier du Nord qui, tiens, d'un coup a décidé, après son coup d'essai sur Bénabar, de rédiger une bio des Who... qui s'avère moins complète que l'article leur étant consacré sur Wikipedia. Ce raisonnement s'applique tout aussi bien, à, au hasard, je sais pas moi... le bouquin de Bégaudeau sur les Stones par exemple.)


Mais Densmore réussit à flirter avec le contresens sans pour autant jamais y tomber... La volonté de ce livre est de montrer que lui, John Densmore, était batteur des Doors, pas de Jim Morrison, et pourtant... les mésaventures du Lizard King occupent une grande place dans l'histoire, en particulier le ressenti qu'en a John... C'est-à-dire cette sensation prégnante que rester dans ce groupe est dangereux, que Morrison est un fou, que... ben que personne ne sortira vivant de cette histoire. Honnêtement, vu ce qu'il nous raconte, on le comprend.


Mais pourtant... il ne peut s'empêcher de narrer avec émotion et tristesse la descente aux enfers de son frère d'adoption, d'honorer à sa manière sa mémoire...

Rappelons que s'il s'acharne ici à montrer que les Doors étaient un véritable groupe, et que Morrison était leur chanteur, (pas leur leader) , il est celui qui a refusé de participer à la reformation du groupe avec, au chant, le leader de The Cult, celui qui a réalisé le premier que musicalement, les Doors lui colleraient toujours à la peau... Celui qui considère que respecter Jim n'est pas en faire une pub permanente... Bref il n'est pas Ray Manzarek.


Et c'est non sans une certaine émotion qu'on referme le livre, arrivé à la conclusion que nous offre John Densmore... « On me demande souvent si Morrison était un génie sympathique ou un sale trou du cul... Je pense qu'il était les deux. »



PS: Malgré l'image, je vous jure que ma version, le titre sur le bouquin (dans cette collection, hein, les éditions Camion Blanc qui regorgent de très bonnes biographies Rock), le titre c'est "Le vaisseau de cristal, je vous jure!!!)

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