"Non mais j'vais te dire un truc: la musique ça part en couille. En même temps, c'est les majors, là, mais si les gros bonnets du disque là, ceux qui passent leur temps à râler qu'ils perdent de la thune à la télé, la crise du disque et tout ça, mais bon. D'un côté, notre crise à nous, ils sont pas au courant ou quoi? Et pis en plus, franchement, vu tout ce qu'ils dépensent en pub pour nous refourguer le dernier album de l'autre, là… mais si, là, le castrat qu'était dans le Roi Lion… Mais putain, si, le truc sur Louis XVI… Enfin bon, toute la thune qu'ils dépensent en pub, ben ils la garderaient, ptêt qu'ils nous feraient plus chier…
Et puis de toutes façons, je sais pas comment ils font, mais genre, t'as un groupe, que t'aime bien… Un jour il veut faire un album avec un peu plus de budget que là où il est. Il décide de signer sur une des majors, là… Et ben tu peux être sur que ça va être lisse, chiant, que tu vas pas retrouver ce que t'aimais chez eux. Et pourquoi? Mais c'est des histoires de gros sous ça! Ils veulent leur single, leur album banquable, là, comme ils disent les mecs des écoles de commerce, ils s'en foutent de la recherche esthétique et tout ça.
(…)
Mais me fait pas chier avec tes indés, toi! Parce que franchement. Les Indés. Y a quoi?... 2 types d'indés en gros. T'as les gros indés… Et ben en fait c'est rien d'autres que des petites
majors, ils valent pas mieux, le fric, le fric, le fric tout ça… OK, surement qu'ils laissent un peu plus de place pour la recherche esthétique tout ça, c'que j'en sais moi, mais quand même: le
fric, voilà. Et puis t'as les petits indés, eux ils sont réglos, ils sont sympas, ils bossent par goût de la musique, c'est limite la maison de disques parfaite… Sauf que bon, tu me permettras de
te rappeller que je suis pas foutu, et toi non plus surement d'ailleurs de citer le nom d'une seule d'entre elles de ces super maisons de disques! C'est vrai ou c'est pas vrai? Eh ben c'est vrai,
ils peuvent être aussi géniaux que tu veux tes petits indés, le seul truc c'est qu'à part eux personne sait qu'ils existent, merde!
(…)
Rhoo mais ouais bien sur! Et moi j'suis Albert de Monaco. La presse Rock. Kestucrois? Eux aussi ils ont des obligations à cause de la pub et tout ça. Eux aussi ils veulent vendre, faire du chiffre.Regarde, roquéfolk. Roquéfok, moi j'me rappelle, quand j'ai commencé à le lire, c'était vachement bien, même si c'était déjà Manœuvre, c'était intéressant, j'ai appris plein de trucs sur tous les groupes qu'ils sont devenus mes préférés depuis dedans. Et d'ailleurs, j'te l'dis, c'est bien pour ça que jamais JAMAIS tu m'entends, j'en dirais que c'est à chier. Je leur dois trop. M'enfin, n'empeche que leurs trips mégalos, ça commence à saouler sévère. En fait, depuis kek'temps, moi j'l'achète tous les mois pendant quoi, 5 ou 6 mois, et puis après je laisse tomber 4 ou 5 mois, et puis j'redémarre. Pask'en fait (attends, tiens, j'vais t'faire une métaphore: ) Roquéfok, c'est comme quand t'es jeune et que tu reviens en vacances dans ta famille. Au début c'est super, tu retrouves tout tes repères, tes onc' un peu chiants avec leurs mêmes vannes depuis ta naissance ils te font marrer un peu, et tout… Mais ça te saoule vite quand même, au final. Alors t'es content de repartir, mais après t'es content de revenir. Moi je vois bien, le premier que je rachète, je le lis entier (même les annonces et les articles de l'autre, là, la fan de Doherty, c'est dire), et pis à la fin, le dernier avant la pause, je lis les brèves et pis les rééditions. Pasque au moins, les rééditions, il est drôle, le mec. Même si je sais toujours pas comment qu'on prononce son nom.
Non mais tu vois, c'est ptet le magazine le plus pourri du monde pour toi, mais c'est mon magazine pourri à moi. Même si ce seraient des connards, tes parents c'est tes parents et tu les aimes quand même. Merde,v'là que j'me mets à citer Eudeline maintenant moi.
(…)
Mais tes Inrocks, mais Fuck bordel. Attends, arrête, là tu vas m'enerver. Attends, question: Est-ce que tu trouve que la fille qui fait la rubrique musique dans l'émission à Denisot c'est une référence en matière de musique? Non, ben non, évidement, tu vois, on est d'accord. Eh ben kestuviens me faire chier avec tes Inrocks. Regarde, toi qui t'y connais un peu en rock, si j'te dis NME, tu vas me dire quoi? Versatilité? Monte en épingle des groupes qui servent à rien? Hype, vu que t'es bilingue, toi? Eh ben d'une part ça veut dire que, quand même t'en tiens une plus légère que moi (paske bon, là chuis plus trop en état de prononcer correctement versatimachin), et d'autre aprt que désolé, mais tu peux pas te permettre de dire du mal du énémi et du bien des Inrocks en même temps pask'ils font le même sale boulot.
(…)
Nan mais d'tout'façon on est dans une impasse pasqu'on compare du pas comparable. Moi j'te dis que dans tes Inrocks ils font chier avec, soit des groupes arty que ça j'y reviendrais pas c'était la discussion d'l'aut'jour, soit des groupes de jeunes qui jouent de la musique comme les vieux, alors que chez roquéfok, ils parlent des groupes de vieux qu'essayent de nous faire croire qu'ils sont jeunes. Les deux ils sont ridicules, ok. Sauf que les vieux ils ont un passé que tes jeunes, là ils ont rien. D'toute façon y a que ceux qui ont pas d'avenir qui reprochent aux autres de se reposer sur les lauriers de leur passé. Bon OK, ceux qui se reposent sur leur passé aussi ils ont pas d'avenir, ouais. Mais on a dit qu'on arrêtait avec Eudeline, merde.
(…)
P'tain, ouais, Internet. Comment qu't'appelles ça, déjà, des Webzines? Des bogues? Ouaif, c'est sympa. Mais bon. J'me rappelle j'avais été traîner dessus, genre pas longtemps après la mort de Jackson. Eh ben ils en parlaient tous, juste pour en plus dire que ça allait créer un emballement médiatique (ils adorent c't'expression chais pas pourquoi) de tous les diables et que c'était une connerie. Mais en même temps, ça ressemeblait à une quète du scoop minable, et pis, franchement, l'emballement machin, là, finalement, ils en faisaient partie aussi. C'est con hein. Mais bon, les mecs, ils écrivent, c'est sympa, et puis des fois ils ont pas trop mauvais goût, même si finalement ils passent leur temps à critiquer des albums qu'on sait qu'ils sont bons et que des milliers d'autres sont passés avant. L'autre truc qu'est marrant c'est qu'ils passent leur temps à torcher des trucs qui font des pages et des pages en se plaignant dès qu'un autre fait un article qui passe les quinze lignes. Moi c'qui m'a fait marrer, c'est l'jour ou chuis tombé sur un mec, sur son bogue, y avait une rubrique "le Rock-critic est un con", ou il s'amusait, genre, à démanteler comment qu'ça marche un rock critic à se moquer vite fait des habitudes à la con, sauf que… ben la majorité du temps, il parle de son adolescence comme Eudeline, avec une sorte d'argot titi parisien du Faubourg Saint Antoine comme Manœuvre, et genre le gars te dis que la critique Rock c'est cliché mais lui-même c'est un p'tain de cliché ambulant.
(…)
Limite il entendrait notre conversation qu'il se sentirait obligé de la reproduire et d'l'analyser. Lol comme qu'ils disent."
L'analyse, la voilà: En fait, un Rock-Critic, c'est jamais rien d'autre qu'un pilier de PMU qui a une putain de discothèque.
J'ignore encore quel rouage de l'esprit est capable de nous faire faire (non: de me faire faire) des mixtapes, des compilations, des trucs comme ça. C'est un
cliché, j'en ai conscience, et pourtant j'arrive pas à m'empêcher. Ca arrive en troisième place au grand concours de la manœuvre d'approche sentimentale la plus vouée à l'échec de tous les temps
(Derrière "Tu veux être ma copine ?" et " On boit un verre ou on nique? Perso j'ai pas soif"). D'expérience je crois pas avoir eu d'histoire tenant plus d'une semaine avec une fille à laquelle
j'ai refourgué de la musique pour la séduire.**
Et au fur et
à mesure que les morceaux se sélectionnent (ou plutôt, justement, ne se sélectionnent pas), se passe une transformation bizarre. Certaines personnes pensent qu'on ne fait jamais des
compilations que pour soi – même, y compris quand il s'agit de les offrir. C'est faux. Cependant, très vite, on cesse quand même de réaliser la sélection pour la fille à laquelle elle est
destinée. Mais on réalise au final une compilation parfaite pour la fille qu'on voudrait qu'elle soit. Et bien que cette fille ne doivent certainement posséder, au final, "que"
Nevermind, le Black Album, et peut – être un White Stripes, on se retrouve à aller sortir des petites pépites qu'elle est bien loin de pouvoir apprécier. C'est comme ça qu'on
colle du Pavement dans une sélection pour quelqu'un ne connaissant même pas Radiohead, ou du Big Star pour quelqu'un qui ne connaît même pas Weezer. Alors autant dire que du point de vue "CD de
découverte du monde de la pop", on aurait pu choisir des portes beaucoup moins dérobées. Mais que voulez – vous: on est snob, mais ça elle ne le sait pas encore.
Ben tiens, 

Bon, certes, si
l'on parle de rock critic guitariste et de guitare, on peut s'orienter vers des débats autrement plus élevés, comme de savoir si l'on peut juger objectivement un art que l'on pratique, et aboutir
à la conclusion « Les critiques sont des artistes ratés », raccourci facile pour dire au critique de fermer sa gueule, que ce n'est qu'un jaloux, qu'il pourra critiquer quand il en fera
autant, et au passage allez visitez mon skyblog sur les BB Brunes qui eux sont trop beau gosses et jouent bien de la guitare alors arrête de dire que c'est de la merde.

D'ya think it's alright?