VIOL, Gun Street.
Je suis le premier à souffrir de voir le dernier album de l'ami Ernesto Violin apparaître ici, dans cet enchaînement de chroniques à la va-vite. C'aurait été volontiers que j'aurais offert au sieur Violin une vraie chronique, longue et ampoulée et chamarrée faisant l'apologie de cet album fabuleux. Mais les choses sont ce qu'elles sont: Ernesto m'épuise, par son talent comme par sa prolificité (je doute de l'existence de ce dernier terme, mais vous me comprenez). Je n'ai pas le tiers de l'inspiration fabuleuse ou de la flamme qui habitent ce jeune homme, et, au moment d'aborder un des plus beaux albums de ce début d'année, ma plume s'avère aussi sèche que la guitare et la voix de notre folkeux préféré sur cet album.
Alors oui, cela a été dit un peu partout… Cet album est fabuleux, passionnant, rugueux, sombre, habité… On pourrait le résumer avec cette formule (à la va-vite, elle aussi): Ernesto vient d'enregistrer le pendant de "VIIOL" réécrit à l'aune de la maturité acquise au cours des trois derniers albums. Avec toujours ce talent qui nous fait chanter des vers prêtés à des serial killers, faire sa déclaration de "Nazi Love", et draguer des galloises en choeur avec lui.
Finalement, c'est peut-être ça la touche Ernesto: des mélodies si tendres et / ou fascinantes qu'on se rend même plus compte qu'on est parfois en train de chantonner des horreurs: évidement, voilà qui est hautement addictif.
Plus chez Le Golb, Le Bal des Vauriens, Tasca
Potosina
PJ Harvey, Let England Shake
N'en faisons pas trois tonnes: album décevant, production minable, minauderies insupportables, concept absurde, et arrangements définitivement mous du cul.
Après, j'aime bien certains titres quand même, mais reste que les gens, s'ils avaient deux sous de logiques et de réalisme vis-à-vis de PJ, devraient se poser des questions sur des sujets autrement plus primordiaux que les trois trompettes de cavalerie à la fin de la plage trois (débat vu non seulement sur les blogs, mais également dans les Inrocks, Rock & Folk, Tecknikart… Oui, j'ai beaucoup pris le train ces derniers temps). Mon avis perso est que ces trompettes leur ont fait interrompre leur écoute, mais que, bien incapable de dire du mal de PJ, ils ne veulent pas l'avouer. Et débattent donc sur ce qu'ils ont supporté d'entendre.
Plus sur Le Golb, Le Bal des Vauriens, Playlist Society
The Kills, Blood Pressures
Je vais peut-être en faire gueuler quelques-une. Moi je l'aime bien cet album. 'Tention, j'ai pas dit qu'il était génial, hein. Mais perso, je trouve qu'il gagne en concision par rapport au précédent, qui était certes vachement sympa, mais que je trouvais un peu trop long.
Après, ouais, on est quand même sévèrement loin d'un bon "Fuck the people" ou "Fried my little brains", et il n'y a pas vraiment de grand titre qui ressort de l'album, n'empèche moi ça me déplait pas forcément.
Résumons ça vite fait mal fait: C'est une déception, mais tellement moindre par rapport aux autres déceptions qu'on a subi ces derniers temps, que finalement, ça passe. De justesse.
Plus sur Planetgong, Tasca Potosina, Playlist
Society
Josh T. Pearson, Last of the country gentleman.
C'est un ami qui m'a fait découvrir Lift to Experience. Il m'avait narré comment cet album l'avait accompagné lors de trajets d'une durée incroyable en train à travers la France, en bus à travers des pays que je ne connaîtrais sûrement jamais. Un ami capable de m'envoyer un texto pour me dire, soit qu'il est en train d'écouter des vinyles de Black Sabbath dans un rade du Cambodge, soit qu'il est en train d'admirer ce qu'il reste de la façade du CBGB.
Tout ça pour vous dire que cet album n'offre aps le voyage. Mais il l'accompagne parfaitement.
Il en est – et en sera sûrement – de même pour cet album solo de Josh T. Pearson, qui m'accompagnera, moi, dans mes déambulations actuelles et à venir. Je pense. Car c'est un album pesant à écouter, mais fabuleux à entendre, ce genre de truc idéal en fond, qui occasionnellement te saisit l'oreille et refuse de la laisser partir, au détour d'un accord surprenant ou d'une voix qui se brise sous le coup de l'émotion. Très bon. Mais très exigeant. De l'auditeur.
Plus par Playlist
Society
The Strokes, Angles
Jamais auparavant je n'avais entendu due ma vie un album dont je pouvais assurément dire, dès la première écoute, que c'était fondamentalement à chier. Cet album, surtout, me pose problème d'un point de vue théorique. Tout le monde nous parle du revival 80's dont on est censé être tout juste sortis, et voilà qu'on nous sort un album qui est en plein dedans. Enfin, disons plutôt qu'il est entré en phase 2. Après tous ces albums qui s'inspiraient du post punk Joy disionno- siouxsiesque / Cure première période (ouh que voilà un adjectif démesurément long qu'on réutilisera pas de sitôt) comme ce qu'a fait Interpol de par le passé, on est donc maintenant entré en phase garçons-coiffeurs. Pochette atroce (si, si, faut vraiement être dans une sorte de snobisme post-moderne pour apprécier les damiers de Penrose fluo à la 3D avatarienne), quelques morceaux à sauver (mais qui ressemblent à des morceaux écartés des sessions des deux premiers albums), et du bidouillage flippant, vain, insupportable.
Finalement, le groupe qui était le plus fascinant des années 2001 réussit vraiment un parfait revival 80's, sauf qu'ils décident de revivaliser les Stones, qui, de meilleur groupe du monde en 1971 publiaient en 1981 Tatoo You. (Dont quelques morceaux sont à sauver, qu'on dirait échappés des sessions de Sticky Fingers, genre Start Me up.)
En quelque sorte l'inverse total de ce que nous offrait MGMT l'an passé. J'ai cru que j'allais en vomir mes Raider.
Plus avec Tasca Potosina, Planetgong Playlist
Society
PS: Si vous trouvez ces quelques phrases alambiquées à tort, lourdes, et vides, voyez-y une impressionnante mise en abyme de l'album, et non pas une maladresse scripturale, évidement.
Voir les 16 commentaires - Ecrire un commentaire
1. Cet album a vu sa pochette censurée, parce qu'on voyait un peu trop explicitement un des membres se
toucher… ben le membre, sur la pochette. Si la censure n'est pas toujours gage de qualité, ca le reste tout de même assez fréquement: ça veut dire que le groupe a quelque chose à dire. Ou à
montrer.
Des fois, je prends ma guitare, et je gratte quelques accords.
Parfois, c'est même "pas mal" je trouve. Et Dieu sait que je suis exigeant vis-à-vis de moi-même. Quoique, d'un point de vue musical, je fais preuve d'un peu plus de tolérance vis-à-vis de
moi-même: je sais que je ne suis pas vraiment doué.
Pourtant, je réussis à avoir un vague souvenir d'une époque où "Mechanical Animals"
a tourné plus qu'à son tour dans ma piaule (avec, évidement, des chœurs additionnels des parents reprenant "Mais baisse ta musique de dégénéré s'il te plaît"). Après une introduction au monde
Mansonien via le live de la tournée ayant suivi la sortie de cet album, je m'étais, à l'époque, penché sur ce"Mechanical Animals" car il contenait le titre le plus populaire de MM en ce
temps, "Rock is Dead" (oui, le plus connu, enfin celui connu de tous, c'est la reprise de "Sweet Dreams", mais à cette époque là, parmi les gens que je fréquentais, non), merci
Matrix*
Be Quick or be Dead