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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 20:00

Because it's back...



Il y a deux choses qui sont, finalement, insupportable chez un artiste.

 

La première, c’est la recherche à toutes fins du succès public. La putasserie. Tout le monde s’accorde à le dire, blogueurs, Rock-critics, mélomanes… Bref tout le monde sauf le grand public.

 

La seconde, c’est plus vicieux, car les blogueurs, mélomanes, rock-critics auraient presque tendance à l’encourager, depuis qu’ils ont décidé que la pop, c’est censé être un truc sérieux. C’est la quête de respectabilité. Bien sur, ça ne touche pas que les artistes mainstream désireux de se refaire une rock-credibility, mais aussi les artistes « normaux », ceux qu’on aime et qui pourtant restent indie. Et veulent à toutes fins le rester, même s’ils ont signé sur une major et seraient foutus de remplir des stades entiers ou à défaut un Bercy.

 

Et ça, c’est la faute des Rock-critics. Comme je le disais dans un article précédent, le Rock-critic ne supporte pas que les artistes stagnent dans le même registre, mais accueille généralement le changement de style de façon plutôt tiède.

 

En 2000, lorsque Polly Jean Harvey (car c’est d’elle qu’il est question là) sort « Stories From the City, Stories from the sea », l’accueil est assez mitigé, face à cet album beaucoup plus pop que les précédents, réalisé avec l’aide du magnat de la pop dépressive moderne, Thom « je vends des disques mais force le respect de la critique quand même » Yorke.

Donc sur l’album suivant, back to basics, PJ remets les couilles qu’elle n’a pas sur la table. Pas de chance, le retour aux sources espérés passe pour une régression, voire un aveu d’échec.

 

Octobre 2007. L’album intrigue, et a très vite fait de truster les premières places d’un CDB tout juste né. Tout le monde salue la performance, l’originalité, l’émotion de cet album.

 

Euh… Ouais. C’est sur que l’émotion est efficace et que le côté tire – larmes du disque peut à la rigueur jouer en sa faveur lors des premières écoutes et venir perturber les connexions neuronales du Rock-critic, connexions déjà bien attaquée par les excès.

 

Mais en 2007, qui viendra clamer que cet album est un des plus grands de la décennie ? Personne de sérieux, j’espère (a fortiori après le ridicule essai de 2009  - ou White Chalk pour les Nuls (on a mit des guitares et un single potable, enfin non, même pas : Audible)).

 

En 2007, PJ Harvey, certainement une des seules artistes à avoir réussi à réunir dans une même communion musicale les lecteurs des Inrocks et ceux de « Rockefok » réalise que c’est la crise et donc décide de sortir un album spécialement destiné à son public Inrocks, soit donc les cadres et professions libérales qui désirent garder leur côté indie, et non les routiers et les éleveurs de chèvres pas redescendus de leur bad trip de Mars 1974. Afin de passer à nouveau pour une artiste qui compte, elle lorgne du côté de ces gens dont le journal saluerai la performance même s’ils enregistraient un disques de reprises de chansons paillardes en rotant, genre Björk, Beck, et autres artistes – onomatopées.

 

Si je mets la main sur le con qui a tagué ma robe.... Je le force à écouter mon album.

 


 

S’il est possible de garder un bon souvenir de la performance commune PJ – Björk reprenant « Satisfaction », il n’en va pas de même de ce disque, où, sur fond de piano désaccordé, PJ alterne vrillement de tympan de l’auditeur uniquement égalé par les imitations de phoques adolescents en rut offerts par l’islandaise sur Medulla, et feulement intimiste et lourdingue (je soufre donc je parle pas fort) à la Carla B pas encore S à l’époque. L’auditeur, pendant ce temps là, garde la main sur la télécommande pour pouvoir baisser à tout moment : il n’ose pas encore couper le « chef d’œuvre » tant encensé.

Cependant, si l’écoute est atroce, elle n’est pas superflue. Cet album est effectivement un chef d’œuvre de concept, dont on se demande s’il n’est pas sponsorisé par l’OULIPO. En effet, tous les morceaux se ressemblant (on a quand même l’impression d’écouter le même morceau pendant 33 minutes), cet album est le premier « Album palindrome », et même plus, c’est le seul album qui reste strictement le même qu’on l’écoute dans l’ordre ou en random.

 

J’exagère, là, ça a déjà été fait par Sunn O))). Et dépassé par Manu Chao dont la discographie solo toute entière réalise cette même performance.

 

Je ne sais pas vraiment quel accueil a finalement reçu cet album (et à vrai dire je m’en contrefous), mais il est presque sur qu’il a du trouver une bonne place chez tous ceux qui veulent montrer qu’ils n’écoutent pas la même chose que tout le monde, entre un recueil de chants diphoniques mongols (Manu Chao, c’est si surfait) et la dernière compilation des meilleurs larsens de Thurston Moore bourré (on l’entend cependant étouffer un vomissement à 14 min 17 sec de la plage 23, ça gâche un peu le truc.)

 

Reste que le grand coup de génie de cet album est de rester dissimulé sous l’impression permanente de malaise qu’il distille : l’auditeur est saisi, au bout de trois titres, d’une telle crise de claustrophobie qu’il se sent obligé de couper et d’aller faire un tour. C’est après, à la lueur de l’efficacité de cet album à le faire se sentir mal qu’il saluera la performance (terme toujours à double tranchant que pourtant beaucoup considèrent comme un compliment).

Mais l’auditeur à l’esprit ferme que je suis vous le dit : après ces trois titres fatidiques, l’impression de malaise s’intensifie et serre le ventre au point de provoquer rien moins que suées et estomac noué, aboutissant à des vomissement convulsifs, mais des vrais, pas comme ceux de l’ami T.M.)

 

Mais bon. On ne peut s’empêcher de bien aimer PJ quand même, et, pour sur, à chaque album, on continuera à jeter une oreille, quitte à être déçu, quitte à devoir consulter son médecin (mystères du système hormonal… vous êtes insondables)

Reste qu’à chaque fois…. On se repassera un vieil album derrière, pour se rappeler pourquoi on a un jour aimé PJ avant qu’elle ne cherche à plaire aux gens sérieux.

 

Et là, pour le coup, pour moi, ce sera « to Bring you my love », histoire de se dire que, quand même, elle aura réussi à sortir au moins un album intéressant tout en ne dévoilant pas ses genoux.

 

Mais un seul.

 

 

 

 

 

 

PS : Si après lecture de cet article, vous ressentez le besoin de (au choix, plusieurs choix possibles) m’insulter, défendre les Inrocks, m’accuser de réécrire l’histoire, m’accuser de faire des comparaisons miteuses, me dire que je n’y connais rien, ou autres délicatesses vous êtes cordialement invité à la fermer  (cette page) et à passer votre chemin.


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Published by Guic ' the old - dans Gros Blogage
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commentaires

Arbordelais 24/12/2009 09:28


Excellent blog que le tien ! Polly c ma vie..donc quelle joie de lire des articles de fans sur elle !!! ps : bonh j'avoue j'ai trompé PJ avec Beth Ditto cette année...shame on me


klak 26/11/2009 20:11


moi aussi je trouve ce disque splendide !
mais c'est vrai que la rockeuse de bring to you my love qui se prend soudainement pour la princesse prisonière toute en haut du donjon et qui n'a comme seul ami que son piano, ça peut bien inspirer
un totf.

va falloir que je choisisse ma cible moi


diane cairn 24/11/2009 21:09


Snuls kit pas comme les autres :
Tu me feras une heure de gamelan javanais pour la peine et tu essaiera de trouver et d'écouter l'album africain de geinoh yamashirogumi (les ceusses qu'ont fait la b.o. d'Akira)
http://en.wikipedia.org/wiki/Geinoh_Yamashirogumi
pis en dessert ecoute les dezurik sisters
http://www.youtube.com/results?search_query=dezurik+sisters&search=Search
et en pousse café la harpe de david ethiopienne
http://www.youtube.com/watch?v=rwWFo2y_918

tu verras l'effet est saisissant !

Et pour prolonger la soirée Tanya Tagag mixé avec du pirate metal ou du folk metal finlandais genre finntroll, j'attend toujours le post-doom-yodel ceci-dit

bon je retourne à ma collec' de chiptunes

tchuss


Miss Sunalee 24/11/2009 21:01


rhaaaaaaa, le djembé, sauvez-moi de ça ! mais j'aime bien le chant diphonique, le vrai, de là-bas.


Guic' the old 24/11/2009 19:57


Ska: Si ce n'est toi, c'est donc Christophe... (En fait t'as parlé des albums, en partant de l'idée du disque. Même qu'on voulait en passer un à
l'endroit un à l'envers pour déclencher Armageddon quand les deux se rejoignent. Enfin passons.)

Xavier: Tu sais, une demi heure quand on aime pas... c'est long... Quant à te piquer une idée... Je savais que j'en piquais une mais je croyais pas
que c'était à toi (en fait c'est un recyclage d'une vanne dans les com d'un vieil artcile, ici, sauf que c'était pas Thurston, enfin... passons.)

Diane: Ah mais j'adore! Sauf que 4 heures de chant diphonique avnt 2 heures de polyphonies chez des potes amateurs de "trucs pas comme les autres" -
et je compte pas le relou au djembé... Ca dégoute ;-) Derriere, t'entends du Accept, tu pleures de reconnaissance et de soulagement.