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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 14:10

http://4.bp.blogspot.com/_iRTj3YHEhNY/SMrN7lzptnI/AAAAAAAAEys/tAo2yV0CnBk/s400/1989+-+Tin+Machine+-+Front.jpgL'envie. Voilà quelque chose de Beau. Voilà ce qui nous motive, ce qui nous porte, ce qui nous fait rester en vie.

Si le terme, lorsqu'il désigne autre chose que le péché capital du même nom ou ce foutu bout de peau qui s'effiloche sur le côté du doigt (et qui fatalement se terminera par une petite zone de votre index écorchée vive et source de douleurs atroces) a été totalement fourvoyé par Johnny Hallyday (bien aidé en cela par Jean-Jacques Goldman, qu'on ne remercie pas), le sentiment associé est incroyablement noble.

 

C'est l'envie qui fait que j'écris ici. C'est l'envie qui fait que j'écoute des disques. En choisir un plutôt qu'un autre? L'envie, encore.

 

Bien évidement, c'est facile de jouer sur les mots, et, bien souvent, l'envie n'est jamais qu'un besoin dont on veut faire croire qu'on le contrôle. Par exemple, moi, j'ai souvent envie de fumer, et, bizarrement, je n'en ai jamais besoin. Un besoin, c'est nul, c'est sale. Une envie, c'est classe, c'est maîtrisé, c'est assumé. J'ai si souvent envie d'aller acheter des disques que c'en est pathologique, mais jamais, ô grand jamais je n'avouerais que j'ai besoin de traîner les étalages et rayonnages de galettes, alors que merde, je suis discomane, je le sais.

 

C'est comme ça qu'on reconnaît un adulte d'un enfant. L'enfant essaye de convaincre ses parents que, ce dont il a envie, il en a besoin. L'adulte, dans toute sa splendide vanité, considère que tous ses besoins sont des envies. Par exemple, le soir, il ne se demande pas ce qu'il a besoin de manger, mais ce qu'il a envie de manger. Pourtant, s'il ne cède pas à cette envie, il risque de pas tenir très longtemps.

 

Quand on a envie de rien, ça commence à être grave. "Boarf, j'ai pas envie" qu'on dit. Généralement, c'est le signe qu'on est amoureux, ou dépressif, ce qui finalement revient à la même chose, à ceci près que quand on est amoureux, la dépression a un petit nom, qu'on trouve en général charmant (et ce, même si c'est  Justine ou Casimir (là vous devinez que j'ai eu envie de regarder le calendrier à début Mars pour trouver des prénoms moches – désolé si vous avez des Justine et des Casimir dans vos familles) ce qui prouve que le manque d'envie fait perdre le sens des réalités).

 

L'envie me fait écouter une centaine de disques nouveaux par an. Pas plus, parce que j'en ai pas envie. J'écoute des disques par envie, pas par curiosité, boulimie, ou volonté d'exhaustivité, non. Par envie. Juste histoire de ne pas perdre le goût des choses: j'ai trop souvent voulu être au fait de tout par le passé, j'ai trop souvent risqué de perdre goût et envie, je veux pas jouer au con.

 

L'envie… voilà le moteur tant de mon goût musical que du fonctionnement de nombre d'artistes que j'apprécie. Trop d'artistes font des albums qu'ils disent faire par envie alors qu'ils ne les font que par besoin: besoin d'argent, besoin d'un prétexte pour repartir en tournée histoire de recycler une fois de plus le vieux répertoire, besoin de retrouver un succès passé, besoin d'exposition médiatique. Vanité que tout cela.

Mais certains travaillent à l'envie. Quand les Smashing Pumpkins décident de balancer un album entier gratos à leurs fans, c'est bien qu'ils avaient envie de le faire. (Les mauvaises langues diront besoin de se faire remarquer, certes… C'est là aussi qu'est la faille de mon raisonnement: ce qui sera une envie selon l'un serait un besoin selon l'autre, ah, beauté de la critique ou tout peut se dire de deux façons différentes selon qu'on aime ou pas)

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/b/b3/Tin_machine.jpg


Par exemple là, je n'avais pas envie de mettre une image, mais j'en avais besoin par souci de lisibilité.


Mais revenons donc à ce sujet qui nous intéresse (moyennement, en fait). Dans les années 70, Bowie a toujours travaillé à l'envie. Envie de faire de la musique, sacrifice du groupe qui l'a porté au pinacle par peur de ne plus avoir envie, de s'essouffler… L'envie l'a mené tour à tour au succès, puis à l'avant-garde, à l'aube des années 80.

Puis, dans les années 80, le besoin le cède à l'envie. Au lieu d'être en avance sur la mode, David la suit (et c'est pas toujours heureux.) Ce n'est plus l'envie d'essayer qui domine, mais le besoin de réussir, le besoin d'être sur le devant de la scène.

 

On en arrive alors en 1989, deux ans après le minable Never Let me Down.Bowie, au détour, surement d'une descente de came, ou peut-être parce qu'il a vu ce que donnait son clip d'avec Mick Jagger, a décidé soudain d'arrêter les conneries.

Reste que soudain, Bowie a eu envie de redevenir un artiste musicalement valable. Et il s'est dit que pour arriver à ses fins, il avait besoin de disparaître quelques temps. Mais comme il a besoin de faire de la musique… L'idéal est de devenir membre d'un groupe (synonyme, pour un artiste qui compte, de rétrogradation en National, d'habitude, on quitte un groupe pour une carrière solo, pas l'inverse).

 

Puis, après deux albums, il dissout Tin Machine. Même si dans le Rock & Folk de Mars 1992, ils disent que le groupe se porte très bien et envisage de sortir un live, un an plus tard David ressortait son premier album solo depuis 6 ans, sur lequel on va quand même pas revenir.

 

Maintenant, la question se pose: en 2010, qu'est-ce qui peut donner envie à quelqu'un d'écouter cet album? Réponse: rien. Mais vraiment. Qui a quoi que ce soit à foutre de Tin Machine? De toutes façons, même pour un gros maniaque Bowien tel que moi (c'est quand même le seul artiste dont j'ai tant de disques que je peux pas les faire tenir sur une seule étagère dans mes tours! *), il y a un trou dans la discographie de Bowie entre 1983 et 1995 – et dans ma discothèque, aussi. C'est vraiment le pervers du dernier degré, le maniaque de l'exhaustivité qui va avoir envie de fouiller dans cette période, qu'il s'appelle Xavier ou Thomas.

 

Au départ, je voulais faire une chronique ironique, mais ça ne tenait que deux titres: Effectivement, "Bus Stop" est super pour attendre le bus, et "Run run run" ferait magnifiquement tapis d'une pub Nike (pour les premières Nike Air, par exemple).

Et puis je me suis dit que ça tenait pas debout. Puis j'ai réalisé que finalement, ce qu'il manque à cet album… C'est de la niaque. De... (tous en chœur!)... l'envie . Sur cet album, Bowie doit très certainement être le seul à se faire plus chier que l'auditeur. Qui lui, passé la quatrième minute de l'album, fait déjà autre chose. Parce qu'il est là le problème. Non seulement j'avais pas vraiment envie de l'écouter cet album (j'étais contraint et forcé par un accord tacite passé avec le magnat du David Bowie Blog Tour), mais j'y arrivais même pas. Ca ressemblait vraiment à du boulot. J'étais contraint de la faire, et la moindre raison d'y échapper faisait l'affaire, même, parfois, sans faire gaffe. J'en arrivait presque à siffloter un air n'ayant rien à voir alors que j'avais "Under the God" qui crachait à fond dans mes oreilles. Impossible de me concentrer. Obligé de penser à autre chose, ou alors je dérivais de moi-même, au hasard des choses.

 

 

D'ailleurs, si j'ai réussi mon œuvre, on atteint ici le point de non retour, celui où vous vous y êtes déjà pris à trois fois pour relire le dernier paragraphe, relisant de plus chaque phrase deux fois, sans pour autant toujours les saisir. Cet article vous gonfle malgré vous et vous pensez déjà à celui que vous devriez écrire, au menu de votre repas du soir, au gamin qui beugle, au prochain match du XV de France, à l'endroit ou vous avez rangé le Doliprane.

 

Dans ce cas, vous comprenez ce que j'ai ressenti en écoutant "Tin Machine", l'album que David Bowie n'avait pas vraiment envie de faire.

 

Et que moi, j'avais pas vraiment envie de chroniquer.

(Mais bon, Xavier avait besoin de cette chronique.  David Bowie Blog Tour oblige)

 

 

* Nick Cave, c'est pas pareil, c'est les coffrets qui le font tricher

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commentaires

Jacques de Molay 21/11/2012 13:42


Le 3 décembre 2012.. is the D-day !


et pourquoi le D-day?


et bien, un nouvel Album du Grand Scott, Scott Walker sort ce jour!!!!


 


so, WELCOME THE NEW SCOTT WALKER, BICH BOSCH!!!

Karl Borisov 15/11/2012 12:57


faut dire que t'as pas été gaté par le tirage, par le GRATTAGE, par le PRURIT ^^


big brother is watching YOU:
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"Je suis sale. Les poux me rongent. Les pourceaux, quand ils me
regardent, vomissent. Les croûtes et les escarres de la lèpre
ont écaillé ma peau, couverte de pus jaunâtre. Je ne connais
pas l'eau des fleuves, ni la rosée des nuages. Sur ma nuque,
comme sur un fumier, pousse un énorme champignon, aux
pédoncules ombellifères. Assis sur un meuble informe, je n'ai
pas bougé mes membres depuis quatre siècles. Mes pieds ont
pris racine dans le sol et composent, jusqu'à mon ventre, une
sorte de végétation vivace, remplie d'ignobles parasites, qui
ne dérive pas encore de la plante, et qui n'est plus de la
chair. Cependant mon coeur bat. Mais comment battrait-il, si
la pourriture et les exhalaisons de mon cadavre (je n'ose pas
dire corps) ne le nourrissaient abondamment? Sous mon
aisselle gauche, une famille de crapauds a pris résidence,
et, quand l'un d'eux remue, il me fait des chatouilles.
Prenez garde qu'il ne s'en échappe un, et ne vienne gratter,
avec sa bouche, le dedans de votre oreille: il serait ensuite
capable d'entrer dans votre cerveau. Sous mon aisselle
droite, il y a un caméléon qui leur fait une chasse
perpétuelle, afin de ne pas mourir de faim: il faut que
chacun vive. Mais, quand un parti déjoue complétement les
ruses de l'autre, ils ne trouvent rien de mieux que de ne pas
se gêner, et sucent la graisse délicate qui couvre mes côtes:
j'y suis habitué. Une vipère méchante a dévoré ma verge et a
pris sa place: elle m'a rendu ennuque, cette infâme. Oh! si
j'avais pu me défendre avec mes bras paralysés; mais, je
crois plutôt qu'ils se sont changés en bûches. Quoi qu'il en
soit, il importe de constater que le sang ne vient plus y
promener sa rougeur. Deux petits hérissons, qui ne croissent
plus, ont jeté à un chien, qui n'a pas refusé, l'intérieur de
mes testicules: l'épiderme, soigneusement lavé, ils ont logé
dedans. L'anus a été intercepté par un crabe; encouragé par
mon inertie, il garde l'entrée avec ses pinces, et me fait
beaucoup de mal! Deux méduses ont franchi les mers,
immédiatement alléchées par un espoir qui ne fut pas trompé.
Elles ont regardé avec attention les deux parties charnues
qui forment le derrière humain, et, se cramponnant à leur
galbe convexe, elles les ont tellement écrasées par une
pression constante, que les deux morceaux de chair ont
disparu, tandis qu'il est resté deux monstres, sortis du
royaume de la viscosité, égaux par la couleur, la forme et la
férocité."

karlborisov

Frank Booth 15/11/2012 12:46


"Если у произвольного человека есть волосы, то они могут пройти через несколько стадий: прическа девушки не та же, что у замужней женщины или у вдовы – существует целый код (le code) прически.
Человек, поскольку он носит волосы, представляет себя типическим образом перехватывающим потоки волос, которые выходят за пределы его и его частного случая, тогда как сами эти потоки волос
закодированы в соответствии с весьма различными кодами: код вдовы, девушки, замужней женщины и т.д. В конце концов, это и есть главная проблема кодирования и территориализации (la
territorialisation), заключающаяся в том, чтобы всегда как-то кодировать потоки, а фундаментальным средством выступает маркировка отдельных людей (поскольку люди находятсянаперехватеи насрезе
потоков, они существуют вточках среза потоков)."


la prochaine fois, je vous donne la version de Jaz Coleman sur la panspermie, l'épandage du moi dans un monde qui nous traverse de phylums..., la catharsis Killing Joke, PIL' 79, Geordie Walker
& Damage Manual.


chalut,


Frank groucha Booth

tin man 14/11/2012 18:11


Il est des instants où j'ai l'impression d'être un schizo un tantinet monomaniaque entouré d'oligophrènes.


Si vous en avez assez des normopathes de tout poil, si vous en avez marre de remonter le courant du mainstream, faites comme moi... écoutez "Moanin'" d'Art Blakey (highly recommanded by... Hunt
Sales).


Salut,


HP l'Outrecuidant


 


au fait, connaissez-vous Karl Amadeus Hartmann???


vous devriez en causer sur votre blog, c'est positivement régénérant!

Guic' the old 14/11/2012 12:39


Ah mais en plus c'est el même commentaire trollesque recyclé!! Avec les mêmes passages obligés Ungemuth / Deleuze :-)


Thanks Xavier, l'espace d'un instant j'ai cru que je pouvais avoir à faire à autre chose qu'un troll énamouré de Tin Machine errant sur le net pour contredire les gens ayant l'outrecuidance de
dire du mal d'un album dont tout le monde se fout.