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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

18 mars 2010 4 18 /03 /mars /2010 19:35

http://www.buffalospree.com/Blogs/Talk-about-Arts/November-2009/The-Box-Tops-In-Niagara-Falls-Friday/alex-chilton-sized.jpgLa faucheuse ne prend décidément jamais de congés. Déjà, elle ne respecte pas les fêtes sacrées (Vic Chesnutt, le jour de Noël), mais maintenant elle s’en prend aux autres fêtes.  Et ce coup-ci,  elle s’est carrément attaquée à la plus Rock n’ Roll des fêtes. La mort d’Alex Chilton pour la Saint Patrick, c’est pas le meilleur des cadeaux. A la rigueur, je crois que j’aurais encore préféré un chapeau Guinness ridicule.
 

Alex Chilton est né William Alexander Chilton le 28 décembre 1950, à Memphis. Le fameux berceau du Rock. Alex Chilton a réussi à scorer dans les deux catégories les moins enviées qui soient dans le Rock. One Hit Wonder 60’s, à 16 ans, avec les Box Tops, pour « The Letter ». Membre d’un groupe culte des années 70, ensuite, avec Big Star.


Ah… Big Star
. #1 Record et Radio City. Deux albums comme deux classiques confidentiels, qu’on découvre souvent par un détour presqu’infini au sein d’une quête musicale guidée par la seule curiosité. Alors que Big Star, de par son influence sur les générations d’après, on en entend, en quelque sorte, presque tous les jours. Mais voilà deux albums qui ressemblent furieusement à des anomalies. Deux albums de pop tout à la fois « lumineuse et mélancolique », d’une simplicité désarmante et aux mélodies imparables (In the Street est à ce sens un chef d’œuvre), dont on a du mal à croire qu’ils sont effectivement parus en ce début des années 70 où le monde n’a d’yeux que pour le Hard Rock et le Glam. La pop semble morte et enterrée, certes pour mieux renaître, mais Chilton, avec Chris Bell, puis sans lui, parvient à sortir deux albums beaux, simples, émouvants, et qui semblent appelés à ne jamais vieillir.
 

http://3.bp.blogspot.com/_tRg73iZIquM/Syd84URAyKI/AAAAAAAAd_M/5WyLgAgppiw/s320/big+star+debut.jpg

Après un troisième album et la dissolution (la vraie) de Big Star, Chilton mènera une carrière solo qui, bien qu’il se voit érigé petit à petit comme parrain d’une nouvelle scène musicale (en gros la power pop et une partie de la pop indé), restera finalement assez confidentielle (quel artiste américain à succès viendrait signer sur un label indé français, je vous le demande ?)

C’est bien des années plus tard, 30 ans après la sortie de « Radio City », que, sous la houlette des Posies, il se décidera à donner une suite à l’aventure Big Star, avec  l’album « In space ».

Et le voici mort, le 17 Mars 2010, des conséquences d’une crise cardiaque, à la Nouvelle – Orléans. Naître dans le berceau du Rock pour finir ses jours dans celui du jazz, à même pas 60 ans…

 http://riekels.files.wordpress.com/2009/07/big-star-radio-city-album-cover.jpg


Je me sens au final un peu ridicule d’en savoir aussi peu que ça sur Chilton. L’impression de ne pas être digne de me sentir touché par sa mort. Pourtant, parmi tous les groupes des années 70 que j’ai eu l’occasion de découvrir, seul Big Star me touche ainsi. J’aime bien des groupes de cette période. Pourtant, aucun ne me donne l’impression d’être mien. Black Sabbath, Led Zeppelin, les Pistols, Clash, voilà des groupes que j’aime admire et respecte, mais… Seul Big Star, avec ses mélodies tendres, son inclinaison à la mélancolie, sa vision sentimentale des choses, et pourtant ce côté rêche qui perce de temps en temps…  Est capable de me donner l’impression de me parler, à moi, à 30 ans de distance.


J’aurais voulu être triste, vraiment, pour les disparus de la musique depuis le début d’année… Et je ne le suis que pour celui dont, finalement, tout le monde à l’air de se foutre un peu. Et cette mort et d’autant plus ironique que je ne connais quasiment aucun album capable de rivaliser avec
#1 Record pour agrémenter la sensation que peuvent faire ressentir les premiers crépuscules printaniers. Trop vieux pour que ce soit  surprenant, trop jeune pour qu’on s’apitoye vraiment, trop oublié pour qu’on en parle, et surtout une mort trop banale pour faire rockstar (contrairement par exemple à son ancien camarade étoile filante Chris Bell.)

Autant dire qu’il meurt comme il a vécu. Dans un silence qui finalement ne dérange que ceux à qui il parlait droit au cœur.

 

Et si comme moi vous avez une fâcheuse tendance à découvrir les gens seulement une fois qu’on a parlé d’eux pour cause de décès, une rapide playlist (tirée presqu’exclusivement des deux premiers Big Star) : 

 

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Published by Guic ' the old - dans La mort en Rock
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commentaires

Guic' the old 08/04/2010 16:26



Concernant le troisième... le fait est que je ne l'ai pas écouté souvent. Faudrait peut-être que je m'y remette, histoire de le réévaluer un peu, surement.



Dahu Clipperton 07/04/2010 13:45



Guic, on n'a certes, globalement, vachement pas les mêmes goûts (bouh ! le vilain qui dit du mal de Kurt Vile et de Karen Koltrane de Sonic youth )...


 


Mais avec Chilton, on peut trouver un terrain d'entente^^ Sa mort m'a moins touché que celles de Chesnutt et Linkous, parce qu'au fond, je devais m'y préparer inconsciemment, connaissant ses
excès psychotropés des années 70, et puis l'alcool, la clope à haute dose... Ses chansons m'accompagneront toujours, ça c'est sûr.


Je te suis à fond sur le #1 et ses 4 premiers titres (cet enchaînement de folie...), et puis ce disque est magnifique de A à Z, de toute façon (Give me another chance, au
hasard, quelle splendeur...). Radio city m'a moins marqué, ça ne m'empêche pas de l'écouter avec le plus grand plaisir.


 


C'est moins ta tasse de thé, le 3ème ??? (je sens que tu vas dire : oui ^^) Parce que celui-là, je l'ai sur-écouté et s'il y a un album qui mérite le titre de "chef d'oeuvre maudit"
(pouloulou ce que c'est romantique, cette expression), pour moi c'est celui-là. Entre la chanson la plus désagrégée que je connaisse (Kangaroo... une pure chanson d'amour,
pourtant), l'une des plus désespérées jamais écrites (pffff, Holocaust... Big black car est pas loin non plus), ce Kizza me imparable en ouverture (et ses paroles,
hum, explicites), et ces chansons belles à pleurer toutes les larmes de son corps (Stroke it Noel, et l'enchaînement déchirant Nightime / Blue moon / Take
care en conclusion)...


 


Je crois que t'auras compris que tout le monde s'en fout pas, d'Alex Chilton ;D


 


(au fait : j'ai parlé de You and your sister de Chris Bell ?)


(comment ça, c'est hors-sujet ?)


(nan mais faut le dire : putain ce qu'elle est belle...)       



Guic' the old 22/03/2010 09:44


Ska: Moi aussi je ne connais que Big Star (et encore, les deux premiers) , mais ces albums sont d'une telle force, d'une telle puissance que...
Ca suffit amplement pour me marquer qu'il soit parti...

Xavier: En fait, je ne cesse d'être surpris par l'influence qu'a pu avoir Big Star en fait... Avec ce côté "jouer en 1970 de la musique des années
90"

lou: Moi aussi ça m'angoisse. Parce que merde, 1950 c'est si jeune au fond.

Arbobo: Moi je les découvre une fois morts en général... Ca fait du tri tout seul.

Chtif: Marrant, parce que les deux morceaux que tu cites... C'est encore plus loin qu'il faut aller en fait: L'enchainement de début du premier
album, "Feel / Ballad of El Goodo / In the Street / Thirteen", c'est vraiment un des meilleurs trucs que j'aie entendu en fait.


Chtif 21/03/2010 18:45


Je suis tout le temps passé à côté de Big Star, sans doute parce que je les avais découvert il y a une bonne douzaine d'années (putain...) pendant mon époque de transition - comprendre :
entre à mi-chemin entre la période heavy-metal et la période Jeff Buckley. Du coup, ça n'était pas assez extrême, ni dans un sens ni dans l'autre, et je n'y suis jamais revenu par la suite.
Et c'est là que c'est utile un petit rappel, tu vois, Guic', parce qu'un morceau comme Thirteen que j'avais complètement oublié ressort sonne aujourd'hui de manière toute neuve. Et puis Feel aussi,
un peu stonien, là... Ouep, il était temps.


arbobo 20/03/2010 20:23


je crois que j'avais lu plein de fois son nom, et celui de big star, mais je n'ai écouté que l'an dernier,
effectivement c'est bizarre de découvrir des artistes juste avant qu'ils claquent.

je vais me mettre à Obispo, tiens, on sait jamais...