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Alors qu'Alice Cooper se voit accueilli au Rock n' Roll Hall of Fame, il me semble nécessaire de revenir rapidement sur cette formation qui a souffert bien plus de son image que de raison.
Et en particulier pour vous rappeler à quel point il est indispensable de se repencher (avec plaisir) sur son chef d'œuvre, à savoir Love it to Death:
1. Cet album a vu sa pochette censurée, parce qu'on voyait un peu trop explicitement un des membres se
toucher… ben le membre, sur la pochette. Si la censure n'est pas toujours gage de qualité, ca le reste tout de même assez fréquement: ça veut dire que le groupe a quelque chose à dire. Ou à
montrer.
2. C'est un album charnière: c'est le premier album qu'a publié le groupe à partir de son arrivée sur Detroit, après avoir quitté la Californie. En 1971. Le rêve hippie vient de finir, les Stooges ont déjà sorti Fun House… Cet album est issu du mélange de tout cela. En témoigne Black Juju, qui arrive à égaler les plus glauquement chamaniques des titres des Doors: long, sombre, tribal, fascinant.
3. C'est le premier album du carré d'as du groupe. A peine un an après, le groupe sort Killer, puis School's out et Billion Dollar Babies. Bob Ezrin s'occupe de la production de tous ces albums, qui sont autant de réussites. Autant commencer par le commencement.
4. Il est temps (si besoin est pour vous) de réévaluer le jugement qu'on a d'Alice Cooper, qui est un groupe véritablement important.. Certes, depuis 25 ans, Vincent " Alice Cooper" Furnier livre aux quatre coins du monde le même concert ultra mis en scène de grand-guignol, alignant les vieux tubes qui s'ils gardent leur efficacité, perdent leur sens dans cette mise en scène, mais… il est temps de redécouvrir la vraie provocation et la justesse du propos de ce groupe. Bref d'y voir enfin, un peu plus qu'un proto-Marilyn Manson.
5. I'm Eighteen: peu de titres sont aussi fabuleusement universels que ce morceau captant à la perfection l'essence profonde de l'adolescence. Les tirallement,s les hésitations, l'impression d'être perdu et incompris, résumés simplement et efficacement en 3 minutes.
6. Ballad of Dwight Fry: Si Cooper a pris l'habitude de désormais bazarder ce titre dans ses concerts, le jouant, mais le réduisant à 3 minutes, il est temps de redécouvrir ce titre à sa vraie place, parfaitement serti entre Second Coming et Sun Arise, intro et outro s'enchaînant parfaitement… Et surtout, ce morceau proprement fascinant, plongée dans les affres de la folie, Alice au top de son interprétation…
7. Is it my body: un glam-rock à l'ancienne, tendu, sexy, à la T-Rex, et pourtant… morceau presqeu mineur de l'album. Quand un si fabuleux morceau compte parmi les moins fondamentaux d'un album, n'est-ce pas là la raison ultime de se jeter dessus?

Allez, mes enfants… Il est temps d'aller réparer vos torts: L'album en écoute sur Deezer
Be Quick or be Dead