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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 14:00

1999, année... XIXéme siècle.


Bon, il n’est pas fréquent que j’écrive mes articles comme ca, sous le coup, non pas forcément de la colère, mais d’un évènement soudain. Bon, certes, je ne peux m’en prendre qu’à moi, je voulais créer une polémique, je l’ai eue… seul problème ce n’est pas celle que je cherchais. Je cite :

 
 
 

« Hmmm... Muse, laissons cela au moins de 20 ans... et préférons leur Queen car au moins, eux, ils avaient beaucoup d'humour »

 

« Muse, Queen, même combat.  Ca sert à rien d'en parler non ? Y a déjà RTL2, Europe 2 et Rire & Chansons qui en passent toute la journée... »

 
 
 

Mon Dieu … Oui, alors une première chose que je voudrais régler, quand j’étais jeune, oui, j’écoutais Rire & Chansons, et leur programmation était tout a fait respectable : Beatles, Stones, Blondie… de quoi s’offrir un début de formation rock fort sympathique.

 
 
 

Mais revenons-en à ceux que je me sens obligé de défendre maintenant : Muse. Oui Muse est un groupe que j’ai renié aujourd’hui, mais je n’ai jamais renié Showbiz. Cet album est grand, ou tout du moins le fut, pour moi, à … 15 ans. Ouais je sais encore un album de 15 ans oui.

 

Enfin bref, j’ai découvert Muse en même temps que Radiohead, au moment de la sortie de leur premier album, Showbiz, et, JE SUIS DESOLE, cet album est extrêmement réussi, 1) pour un premier album, 2) pour un groupe de rock anglais en l’an 2000, 3) pour m’avoir convaincu dès la première écoute.

 
 
 

Multi instrumentiste talentueux, Matthew Bellamy mène le groupe ou il l’entend, et la production de John Leckie (The Bends quand même !!) ajoute de la classe à ce grand œuvre. Sans vouloir rentrer dans les détails, ce sont les micros à condensateurs de John, ramenés d’Allemagne dans les années soixante, qui donnent cette texture à la voix sur Muscle Museum (en passant, le titre vient du fait que ces 2 mots sont ceux qui encadrent « Muse » dans le dictionnaire anglais. The Red Girl ou The Little Bob, je n’ai pas la source) … Comme quoi

 
 
 

Bref, rappelons qu’un disque, c’est pas seulement (comme beaucoup le croit, je le crains, sauf bien sur parmi les gens qui passent ici, evidement...), des chansons par un groupe. C’est aussi un producteur, un label, qui malgré tout ont leur importance. Et là, c’est fatal, Muse a récupéré un ancien producteur de Radiohead, la comparaison est tombée direct. (Nota : c’est pas parce que Charlotte Gainsbourg a enregistré avec Nigel Godrich que son album vaut du Radiohead, comme quoi ca ne fait pas tout…)

 
 
 

Enfin bref. Si Muse s’enfonce à l’heure actuelle dans un symphonico-pompeux grandiloquent digne des pires… Couine, il ne faut pas oublier cet album.


 

Tout d’abord, c’est un signe d’espoir : qu’un groupe, dans une époque pas foncièrement Rock, sorte un album d’une telle facture, avant ses 20 ans, et seulement après 2 démos, c’est vraiment un symbole d’espoir.


 

Et bien évidement c’est un très bel album. Les comparaisons et influences peuvent être nombreuses, voix torturée à la Jeff Buckley, ambiances glauques à la Radiohead, envolées guitaristiques qui essayent de ressembler à du RATM (référence ultime du groupe..).


Jeunes, doués, plein d'opportunités qui miroitent sous nos yeux... le bonheur quoi.


 

Les morceaux se suivent, ne se ressemblent pas forcément, mais sont vraiment réussis. La lente montée en puissance du titre Showbiz avec simplement 8 vers pour tout le titre… avant une explosion finale magnifique. Unintended, ballade désabusée, acoustique, très classe et émouvante, qui sent le vrai, le vécu !! Bien sur les titres les plus connus, Muscle Museum ou Sunburn sont très réussis, piano guitare, voix, une trilogie majeure chez Muse qui fait mouche à chaque coup sur cet album. Et mon petit préféré, Escape… Un coté Pixies / Lithium de Nirvana dans la structure pour raconter cette histoire de « schizophrénie sentimentale » de la rupture imminente (ca veut rien dire mais les paroles parleront mieux que moi…). Et aussi, Hate this & I’ll love you… Le premier morceau semi-symphonique du groupe, un chef d’œuvre. Une guitare acoustique, le bruit de la pluie, des cigales… au service d’un déchirement intérieur, pour clore en apothéose cet album.


 

Bref cet album, il faut le garder en tête… Pour l’espoir, bien entendu, que les jeunes fassent des chef d’œuvre, et que Muse revienne à ce genre de choses simples, vraies, émouvantes.


 

Et aussi pour cette pièce peu fréquente, un groupe de rock anglais qui sort un album qu’on sent (à tort ou à raison) nourri d’un romantisme à la française, un cote « introduction à la souffrance personnelle via les poètes français du XIXème siècle »… Cet album, je l’ai découvert à l’époque ou on lit Rimbaud et Baudelaire… il fut pour eux un splendide écrin.


 

La France a eu ses poètes, les anglais ont leurs rockers… un seul point commun : la Muse.

 

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commentaires

Guic\\\' the old 10/10/2007 17:43

C'est justement le moment ou jamais de le découvrir!!

Tietie007 10/10/2007 17:27

Je ne connais pas ce groupe ...

Guic\\\' the old 08/10/2007 11:59

Fab --> Laisse leur quand meme une chance, il serait dommage de les renier directement. Il y a quelques bons trucs sur les 2 premiers albums.Eric --> Ok, Ok, c'est as Radiohead... (NOTA: Kraut Rock c'est quoi? C'est les trucs genre Kraftwerk?) Après, justement, Showbiz c'est un album qui ne cherche pas à révolutionner la musique, c'est des jeunes qui sortent un disque rock tout à fait agréable. Un peu comme il peut etre à 'occasion agréable de se réécouter l'album bleu de Weezer (qui ne révolutionne rien mais fait tres bien son boulot)... Origin of Symmetry est pas forcement mauvais, il est pompeux certes, mais ca passe parfois, et il etait porté par des titres géniaux (New Born, Plug in Baby en tete.)SysTooL --> Tout a fait d'accord: c'est un premier album, mais c'est un bon premier album. Mais quand j'écoute OOS, j'ai mauvaise conscience: c'est parce qu'il m'a plu qu'ils ont continué à creuser pour accoucher d'Absolution sans réaliser qu'il s'enterraient. Mais bon OOS est grand (iloquent) comme il le faut.Thom --> Que dire sans me repeter, sinon que je suis d'accord avec toi?G.T. --> J'ai découvert Muse et Radiohead en meme temps. Donc au final la deception n'a pas pu etre de mise...OK Computer et Showbiz sont arrivés sur ma platine simultanément... donc que du bonus. C'est ca la chance d'avoir eu 15 ans à l'époque ;-)Alex --> Carrément: Muscle Museum ou comment essayer de sortir des notes bizarres que la mue associée à un tabagisme naissant t'empechera à tout jamais d'aller retrouver...Ska --> Moi aussi j'ai eu un T shirt muse, noir avec le dessin de barricade qu'on retrouve en pochette du single de New Born et dans le livret de OOS. Ah oui: apres OOS, il y a aussi, en plus de la musique, le cover art de Muse qui a bien baissé...Pfiiuuu: plus jamais je laisse ce blog deux jours sans surveillance quand je viens de poster un article moi!

Ska 07/10/2007 16:11

Bon, effectivement, moi, je n'avais pas 15 ans quand est sorti Showbiz... J'en avais bien dix de plus, je crois (ouhla !)... Pourtant, j'ai beaucoup aimé cet album. Je crois que je l'aime encore même si je ne l'écoute plus. Par contre, Origin of Symetry, j'ai d'emblée trouvé ça beaucoup moins bien... Trop pompeux, trop vaniteux effectivement...Quand je disais "laissons Muse au moins de vingt ans", c'était une provocation gratuite pour venger Queen, malmené dans un précédent article...  :-)  Je considère qu'il n'y a pas d'âge pour écouter tel ou tel groupe... pour faire hurler sa guitare... Et encore moins pour aller à des concerts de rock... Toutefois, cette remarque s'appuyait sur un constat réel : lorsque j'ai vu Muse à Rock en Seine il y a trois ans (c'est la seule fois où je les ai vus), j'ai été frappé par le très jeune âge des "fans". Tous teenagers (voire pré-ados), très peu de jeunes adultes ou d'adultes tout court. Les "fans", on les reconnaissait très facilement à leur uniforme : un tee-shirt kaki, style camouflage à l'effigie du groupe... Depuis, j'associe le groupe aux cours de collège et de lycée (à tort peut-être)...Sans rancune... :-)

Alex la Baronne 07/10/2007 13:42

Etant donné que nous avons eu 15 ans à peu près en même temps, je ne peux qu'acquiescer, tant je me prenais tragiquement pour une poétesse maudite à l'écoute de "Muscle Museum"... Et "Showbiz" est la meilleure raison de trouver Muse totalement indigne de son talent maintenant.