Guic is in the radio

Désolé, y a pas assez de place pour écrire "Guic is in the Radio" en entier, titre complètement mégalo permettant de présenter cette radio du blog. Des titres tirés des différents articles de ce blog, un peu au hasard... pour se faire une idée!



Mardi 2 octobre 2007

Cette chronique est faite dans le cadre du crossover des blogs organisé par Thom


Il y a des livres qui vous marquent pour un bout de temps. Ceux qu'on se retrouve à relire meme quand on s'en souvient parfaitement. Et meme pas par petits bouts, comme ca, d'une traite.

C'est ce qui m'est arrivé il y a peu avec ce livre, High Fidelity, de Nick Hornby.


Un livre, un disque, un film a toujours un contexte duquel on ne peut le dissocier... Remontons un peu le temps, vers ma première lecture de ce livre. Rob Gordon a 35 ans, j'en ai 16, bientôt 17. Il est passionné de pop music, je suis en train de le devenir. Il vient de se faire larguer par une fille prénommée Laura ... moi aussi. Voilà les conneries qui font qu'au bout de 3 pages, on arrive parfois à s'identifier sans problème à un personnage sans que l'auteur n'ait rien fait pour ça.


High Fidelity donc, ce livre que je lisais dans le RER, que j'ai relu dans le tram. Le roman d'une avancée dans la vie. Trois points de vue à s'offrir dans un unique roman.


Le point de vue du fan de musique, celui qui s'allimente des top 5 de Rob, Barry et Dick, la joyeuse équipe de vendeurs de Championship Vinyl, qui comme Rob rêve de s'envoyer une chanteuse pour finir dans les remerciements du livret d'un disque. Qui s'amuse lui aussi a faire le top 5 des groupes–qui-passeront-par-les-armes-quand-sonnera-la-Revolution-musicale. Il y a une chose qu'on ne peut pas renier... Hornby sait parler de gens qui parlent de musique. L'integrisme musical borné (Barry), la mauvaise foi (Barry), la volonté de faire découvrir des merveilles à tous 


(Dick) ou d'imposer ses gouts aux autres (Barry). Au milieu de tout ça, Rob essaye de regner sur son magasin, tourne, parle musique, prépare la musique pour son enterrement, et se confie.


C'est l'autre vision du roman, celle qui touche non pas l'amateur de musique, mais le gamin de 17 ans ou beaucoup plus... Rob vient de se faire larguer, et cherche à comprendre pourquoi. Oui, précisons que Rob se fait toujours larguer. La seule fois ou la rupture est venu de lui, il l'a regretté une semaine plus tard... on deviendrait largophobe à moins que ca. Le livre s'ouvre d'ailleurs sur ce passage à la fois hillarant et déprimant: le Top 5 des ruptures les plus douloureuses vécues par Rob. Tous les gars à qui j'ai fait lire ce livre se sont reconnus dans au moins 2 d'entre elles. Une bonne part de ce roman est basée sur une reflexion sur le sentiment amoureux... depuis le point de vue d'un monomaniaque. Est ce normal que, si je passe mon temps à courir après l'ombre de mon ex, ca foire à chaque coup? Est ce que je peux tenir avec une fille qui n'a pas les memes gouts que moi, surtout dans un domaine qui est ma passion? (En gros, puis-je supporter de vivre avec une fille qui écoute Bright Eyes de Art Garfunkel ? dans le bouquin). Pourquoi ca a déconné à ce point avec les précédentes? La reponse est toujours personnelle, pour chacun de nous, mais dans ce bouquin, on peut tous trouver des pistes.

 



 

Enfin... l'histoire de Rob et Laura. C'est un peu le but du bouquin. Et, ici encore des questions importantes et des réponses tellement ridicules qu'elles sont vraies. Ma copine vient de me quitter, m'abandonant dans mon grand appart vide avec ma collection de disques. Dois- je essayer de recoller les morceaux, ou dois je passer à autre chose? En attendant je vais mettre un vinyle et fumer une clope c'est ce qu'il y a de mieux a faire. Et qui dois-je blamer? Elle? Le mec pour lequel elle me quitte? La fille avec laquelle je l'ai trompée? Ou (gasp) moi?

Rob va devoir trouver des réponses à ses questions, et, par ce biais... Hornby nous donne un début de réponses aux notres.


Un roman important, à relire régulièrement, pour faire le point... Quels morceaux cités dans le livre ai-je découvert depuis ma dernière lecture? Combien d'histoires pourries ai-je maintenant en commun avec Rob? Suis-je plutot Rob, Barry, ou Dick dans ma manière d'évoquer la vie, et bien sur la musique? Suis-je moi aussi un loser? Oui bien sur. Nous sommes tous des losers. A nous de lutter. Contre les emmerdes, contre les fans de Supertramp, ... contre nous mêmes.


Merci Mr. Hornby.


PS: Notez qu'un film a été tiré de ce livre, aves John Cusack, Jack Black, Tim Robbins, bref plein de gens bien. La réalisation est de Stephen Frears. Mais lisez le bouquin avant quandmeme, meme s'il est fort réussi, drôle et émouvant. Seul défaut: Detroit remplace Londres dans le film. Un estrait pour la route: bonne ambiance un lundi matin chez Championship vinyls

Par Guic ' the old - Publié dans : Festival de Reading...
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