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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 14:09

« En France, on a pas de rockers, mais on a des yé-yés ». Certes, la France n’a jamais été « l’autre pays du Rock n’ Roll », dont l’arrivée correspond du point de vue temporel à une période de gel des mentalités dans le pays : Avant le « sois jeune et tais-toi », d’aucuns auront expérimenté le « sois jeune et BAISSE TA MUSIQUE DE DEGENERES !!! »

Ce serait donc logique, sans idole vraiment rock (désolé, Johnny n’est une version française ni d’Elvis, ni des Beatles) que le journalisme rock en pâtisse. Mais ce serait aller un peu vite, vous oubliez qu’on est dans le pays de Molière, Baudelaire et Lautréamont (et qui accouchera de Frederic Beigbeder, ne remuez pas le couteau dans la plaie.) Et c’est justement le but de cette compilation de textes, qui retrace vite fait le rock vu de la France entre 1960 et 1975 (c’est censé être le tome 1 d’une trilogie… on attend toujours la suite), articles réunis par Gilles Verlant.

(J’ouvre ici une parenthèse pour évoquer Gilles Verlant : quelle que soit l’opinion qu’on peut avoir sur lui, le journaliste touche à tout et multi biographe, de Gainsbourg à Lio…, c’est quelqu’un à qui je dois une grande partie de ce que j’ai découvert dans le monde du rock, par le biais de son émission L’odyssée du Rock sur Oui FM.)

Et on peut découvrir dans ce recueil une écriture rock qui n’est pas de la critique rock comme on peut en rêver avec Lester Bangs, mais une sorte de « journalisme rock », avec compte rendus de concerts etc…, de la vraie presse, en tous genres, mais qui parle du rock.

Au passage, quelques piqûres de rappel : le premier disque de Rock français est en fait une « parodie », dont le but est à la base de se foutre des rockeurs américains. C’est le disque de Henry Cording, contenant les titres « Rock Hoquet » ou « Va t’faire cuire un œuf, man ».  Avec le succès qu’il a eu, la véritable identité de ceux qui l’ont commis a été révélée : Vian aux paroles, Michel Legrand à la musique, et Henry Cording n’est autre que Henry…Salvador. Voilà pour les débuts, on passera sur les réactions de la presse suite au mythique concert de la Nation en 1963 etc… Et là arrive le presse spécialisée.


Avec toutes ses facettes. D’un côté le journal du fan de base, « Salut les Copains », dont est extrait un article finalement tordant sur les Beatles… « Sgt Pepper » vient de sortir et  sur trois pages d’article… 5 lignes sont consacrées au disque. On parle de la Rolls de Lennon, de la salle télé de Ringo…pour, à la fin, évoquer l’album mais surtout « la peur de perdre des milliers de fans en s’éloignant de plus en plus de la musique de variétés »

Puis arrive la presse Rock, avec en porte drapeau Rock & Folk, qui compte parmi ses lignes quelques-unes des plus belles plumes de l’époque, et qui plus est des gens qui ont eu l’occasion de picoler avec Hendrix, ou de recueillir un Morrison totalement torché et incapable de quoi que ce soit chez lui…

 
On s’offre avec ce bouquin un panorama de festival en festival, d’artistes en artistes, des « fous » (Zappa, Pink Floyd ) aux « Décadents » (Bowie, Iggy Pop dans un morceau de bravoure d’Yves Adrien )…

Mais aussi un détour par tous les styles… l’ironie de Jackie Berroyer qui nous raconte comment devenir riche en tirant les bijoux fraîchement déposés sur la tombe de Morrison (encore, oui…) ou Gotlib qui explique comment a été créé Hamster Jovial  pour Rock & Folk : « Le Totem sera Hamster Jovial. Parce que un hamster, c’est con. C’est mignon, mais c’est con. Par ailleurs, la jovialité aussi c’est con. »

Enfin bref, ce livre n’est certainement pas LE livre indispensable à tout fan de rock, « Awopbalabop Alopbambom » ou je sais plus bien est une bien meilleure introduction. Mais bon, ici on trouve des trucs uniques… des gens qui chroniquent du Rock au moment ou ça se passe et qui n’y comprennent rien, pour une raison que j’ignore, ça me parle vraiment. Et aussi des maladresses, et la contagion, celle de la nostalgie d’une époque qu’on a pas vécue.


De toutes façons, c’est un bouquin que j’ai du payer 5€ chez Maxi Livres, ce serait trop bête de s’en priver.

 

 

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commentaires

alu 26/04/2007 20:18

moi jé la chance que ma mére est gardé c rock and folk de la belle epoque (1970 et oui ma mére a pas 60 ans) alors par exemple un article de 1977 ou on apprend que lou reed a exploser sur le crane de bowie une soupiére en porcelaine dans un grand restaurant anglais MERVEILLE

G.T. 18/04/2007 20:16

J'ai lu ce bouquin... enfin, feuilleté, tous les articles ne m'intéressaient pas forcément. Mais c'est vrai qu'il est assez bon...

pyrox 11/04/2007 14:49

hey ouais, on est nés 40 ans trop tard!