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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 14:16
1977, année punk.
 

Ca suffirait de s’arrêter là, ca justifierai le choix de l’album, du groupe, et sans justification, ben, justement, ca ferait punk. Mais ce serait trop facile.

La facilité, elle est déjà bien engagée quand on dit que 1977 = Sex Pistols. Mais bon, je pouvais de toute façon pas caser ce groupe une autre année, non ?

Ce qui est marrant c’est que les Pistols n’ont rien inventé. Leur musique, c’est celle des Ramones (cf. Anthologie des Ramones : 3 chords, 2 minutes * 58 songs), et les paroles de rébellion non plus c’est pas nouveau. Ce qui les a rendu mythiques,  c’est l’engouement populaire. Si les fans des Beatles se retrouvaient dans l’adoration de leurs idoles, ceux des Pistols se retrouvent dans une volonté de tout foutre en l’air. En plus, ca devait faire déjà un an que les Clash tournaient quand ils sont sortis, non ?

 

Mais bon, certains secrets du marketing sont impénétrables. Deux singles aussi imparables que le « God Save the Queen " impeccablement massacré et un titre aussi clair que « Anarchy for the U.K. », qu’est ce qu’il leur faut de plus aux jeunes rebelles anglais excédés par le chômage, le disco et la crise du pétrole qui les empêche de mettre un peu de gazoline dans leur scooter pour s’offrir une virée et draguer les jeunes filles ?

Et il faut avouer que cet album (le seul que sortiront jamais les Pistols) est extraordinaire. La dégénérescence en 12 titres. Je sais pas si vous avez remarqué, mais il s’ouvre sur le bruit de bottes marchant au pas (en ouverture de Holiday in the Sun) et se ferme sur un sublime « Pet vocal » de Johnny Rotten à la fin d’EMI. Rien qu’avec ca j’oserais presque dire qu’on a fait le tour.

 

En plus l’album est blindé de paradoxes, que je suis incapable de savoir s’ils sont là pour faire parler seulement, ou s’il s’agit de véritables prises de position qui serait vraiment intrigantes, enfin je n’ai qu’un exemple pour cela et pour conclure cette phrase atrocement longue et donc pas punk du tout : Bodies, la chanson anti avortement…. Donc on a de quoi faire parler la presse aussi. Notons aussi que pour faire parler la presse, le simple fait d'appeler cet album "On s'en bat les couilles" aurait largement suffit, mais il est important de donner dans la surenchère quand on fait des concerts de 35 minutes...

 

Anarchy for my stomach...

Et puis, l’histoire qui traîne autour des pistols est énorme… Le groupe monté de toutes pièces par Malcolm Mc Larren… Sid Vicious, le bassiste incapable choisi pour son charisme et sa bellegosserie… Nancy Spungen, encore une femme qui fait chier… (après Yoko, avant Courtney…)

 

Enfin bref… un groupe qui valait plus par son image que par sa musique, mais qui finalement nous a laissé un album qu’on écoute toujours avec autant de plaisir, un album qui reflète bien un époque (la dernière de ce genre certainement), où on croyait encore qu’on allait pouvoir tout faire péter…et tout récupérer pour nous…

 

Bon, ça fait toujours plaisir d’essayer d’y croire de nouveau de temps à autre.

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commentaires

Chtif 12/03/2007 06:33

"Ca suffirait de s’arrêter là, ca justifierai le choix de l’album, du groupe, et sans justification, ben, justement, ca ferait punk. Mais ce serait trop facile."Là je te comprend : c\\\'est super dur de parler du punk, on se sent systématiquement con à essayer de vouloir mettre ça en mots, ça intellectualise un truc qui n\\\'est pas censé l\\\'être ! J\\\'en profite pour t\\\'envoyer un lien vers la chronique ultime, celle (la seule ?) qui a tout juste sur un album punk: http://www.sefronia.com/album/Loco-live.htmlpour l\\\'histoire du coup monté, rien n\\\'est vraiment sûr : McLaren avait déjà ouvert sa boutique londonienne début 70 quand il part aux USA. Là, il tombe sur les New York Dolls (quasiment les premiers punks historiques, ça dépend des versions), devient leur manager, leur forge une esthétique (cuir rouge etc...) dont ils n\\\'avaient pas besoin, et plombe le groupe qui tardera pas à disparaitre. Là-bas, il rencontre également les gars de Television, leur pique l\\\'idée du look déchiré, et revient en angleterre. Là, dans son magasin il rencontre Rotten qui porte un tee-shirt "I hate Pink Floyd" ou un truc comme ça : Rotten a déjà un groupe, composé des trois premiers futurs Sex pistols. C\\\'est sous l\\\'impulsion de McLaren que leur look évolue, leur radicalité en  musique aussi (au début, c\\\'était des reprises classiques 60\\\'s - le critic rock Nick Kent a joué un rôle aussi dans l\\\'orientation musicale). Mais le groupe n\\\'était pas monté de toutes pièces, en tous cas. Après McLaren a arnaqué/managé le groupe à grands coups d\\\'éclat, causant sans doute leur fin précipitée. Dans son documentaire, "The great rock\\\'n roll swindle", Mc Laren s\\\'attribue tous les mérites de l\\\'affaire, toute la génèse du punk, mais c\\\'est bien sûr faux, et les Pistols ne lui ont plus parlé depuis.

Guic ' the old 13/03/2007 13:10

Mc Laren c'est quand meme un mec qui s'est brouillé avec tous ceux avec qui il a bossé... Un peu comme Spector, mais sans gun...

pyrox 10/03/2007 16:32

well well, j'aime bien le ton!!Sinon, quant aux montage de toute pièce du mvt punk, je sais pas si t'as déjà fait un tour sur l'article punk de wikipedia, mais ce qui est précisé dedans, c'est ce qui est monté de toute pièce, c'est l'esthétisme du mouvement punk

Guic ' the old 10/03/2007 18:28

Le mouvement, je dis pas, mais après que les Ramones les Clash le MC5 Television etc... aient commencé à tourner, les Sex Pistols, eux, ont a priori été montés de toutes pièces pour cadrer dedans. Dans le lot, seul J.Rotten avait un semblant de volonté politique. Sid Vicious avait un talent certain pour la pose, et les 2 derniers, eux, ont avoué explicitement faire de la musique "pour se tapper des gonzesses" devant Pete Townshend (cf. bonus DVD du film Tommy)Mais bon, vu ce qu'ils nous ont laissé, on va tout de meme pas leur reprocher!

G.T. 10/03/2007 15:29

Effectivement, les questions sur la "sincérité" des Pistols, on peut en débattre longuement, mais peu importe. L'essentiel, comme tu le dis, est qu'ils ont laissé un album imparable et irrésistible, qui a su canaliser et exprimer les frustrations de toute une génération.
Du coup, tu m'as fait penser que j'avais oublié dans mon article sur 67 de parler des années en 7, je l'ai ainsi complété.
PS :  dans tes messages, il manque une lettre à l'adresse de ton blog, rectifie le lien qu'on puisse être redirigé.

Guic ' the old 10/03/2007 18:25

Le problème vois tu c'est que je la tappe au coup par coup (la flemme) alors s'il y a un pb... désolé, je ferais mieux la prochaine fois.