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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 10:00

Et ouais, un Bowie "mineur", ça existe. Un Bowie en demi teinte, ça existe...

J'aurais pas cru.


Nous sommes donc en 1993. La terre entière ne jure que par le grunge, et David Bowie, le Génie des 70's, est peut – être le seul à être plus Has Been que les Stones, vu que même Lou reed et Iggy Pop ont déjà réussi à signer un album de retour presque gagnant. Maintenant, c'est au Dave de faire son come – back. Pas de chance, attends encore un peu.

 

Si l'on jette un coup d'œil à la carrière de David Bowie, enfin, à sa discographie, il y a un truc assez fascinant à remarquer: on n'a jamais vu le Thin White Duke évoluer. Il a touché à tous les styles, excellé dans certains, mais chaque nouvelle période apparaît plus comme la conséquence d'une transformation plus que d'une évolution… En gros: le concept même d'album de transition est quasiment absent de la discographie de Bowie.

 

A la rigueur, on peut considérer Station to Station, Let's dance et Hours comme tels. Mais sur une vingtaine, ça fait peu. Non, l'évolution de la musique de l'ex – Ziggy se déroule dans une boité noire dont on ne connaît pas les ficelles.

C'est pourquoi les années 80’s bowiennes resteront pour longtemps un des mystères les plus fascinants de l'histoire du Rock n' Roll. Au sortir des années 70 qui l'ont consacré comme génie, prolixe, et imposant les modes, il trouve moyen de réussir un triple exploit (triple exploit pour l'époque, de nos jours c'est presque devenu la norme dira le vieux con que je suis): rencontrer un succès mondial, se faire connaître de tous, et ce, en produisant peu et mal. Mais comment fait-il ?

(Non, je suis taquin, Let’s Dance était pas mauvais : il manque juste de génie.)

 

Passons sur la parenthèse Tin Machine, sinon pour dire que ce groupe, dont Bowie aurait voulu simplement être le chanteur reste encore dans les mémoires comme "le groupe de Bowie", ce qui explique son échec.

 

Reste qu'en cette année 1993, cela fait 6 ans que David Bowie n'a pas sorti d'album "en tant que lui-même", un record pour lui qui ne sera égalé qu'en … 2009. (A ceci près que là ca fait 6 ans sans rien à se mettre sous la dent, ça commence à faire longuet David.)

Et Bowie de surprendre son public de la façon la plus surprenante venant de lui… C'est-à-dire en ne surprenant personne. Pour la première fois en 25 ans, il regarde en arrière, et sort un album de soul qu'on résumera juste par les mots suivants: "Pas dégueu".

 

On trouve sur cet album tous les collaborateurs mythiques de Bowie ou presque, Reeves Gabriel, Mike Garson, et même Mick Ronson, et Nile Rodgers (le coupable de Let's Dance) à la prod. Manqueraient juste Eno et Visconti – vous en faites pas, c'est pour le prochain. D’habitude, quand on réunit autant d’habitués, c’est pour marquer la fin de quelque chose : enterrement de vie de garçon, dernier épisode d’une série, un truc comme ça.

(Dans le cas de Bowie, c’est d’autant plus ironique que, si c’est « l’artiste solo par excellence », c’est aussi le mec qui a su le mieux s’entourer tout au long de sa carrière : il a beau bouffer ses collaborateurs, sans eux, il est quand même un ton en-dessous.)

 

 


 

 Eh bien là, on est en plein dedans : Black Tie, White Noise, c’est certainement le dernier épisode de la série noire. Et si la « chute » fut soudaine, là, on assiste à la remontée, tranquille : Dave se remet en jambes, et l’on peut donc facilement voir dans cet album le jumeau pendulaire du maudit « Let’s Dance »… et l’on aurait pas forcément tort. En effet, « Black Tie White Noise », c’est un peu comme Let’s Dance sans les défauts… et sans les qualités aussi.

 

Un peu moins accessible (même si pas hermétiquement clos non plus !), moins dansant (par moments), mais bon… pas dégueu non plus.

 

Alors, au final, sur cet album, qu’y a-t-il ? Eh bien, des titres de soul bowienne fort sympathiques (Black Tie White Noise), manquant quand même un peu de relief, des trucs dansants (Jump they say, Lucy can’t dance (tellement bon qu’il est pas sur l’album mais dans les bonus du CD)), et même une petite escapade aux frontières du trip hop (Pallas Athena). Mais aussi des morceaux « justes  bons », dont, par exemple, « Miracle Goodnight », gâche par un jingle en arrière plan assez horripilant…

 

Mais on a aussi droit à des reprises, dont le « I feel free » de Cream, sympa, mais manquant du groove de l’originale (le comble pour une reprise « soul »… Non, j’exagère, c’est juste la voix traînante qui gâche le truc : la première fois de ma vie que j’aime pas la voix de Bowie, tiens.), ou  « I know it’s gonna happen someday » de Morrissey, qui elle s’avère fascinante car… c’est quand même un titre de Morrissey tiré de son album « revival glam » (« Your Arsenal »), et qui ressemble à s’y méprendre à… Rock n’ Roll Suicide de Bowie himself. Entendre Bowie reprendre une reprise de lui (si j’ose dire) c’est fascinant… surtout quand il s’agit d’en offrir, comme ici, une sorte de gospel hanté franchement touchant. Je ne parle pas de la reprise de Scott Walker, ne connaissant pas assez le bonhomme. Et sinon, malgré le titre, pas de reprise de Madness.

 

Bref, avec le recul, rien que de très commun, mais certainement qu’à l’époque… ça devait être… surprenant.

 

Voilà un des problèmes qui se pose maintenant à moi : avec le recul, et surtout connaissant ce qui a été produit derrière, je juge très certainement cet album à la baisse. Disons que c’est un bon album dans l’absolu. Mais ce n’est pas un bon Bowie, car un bon Bowie, dans l’absolu, c’est un chef d’œuvre. Mais bon… Après une décennie en bad boy rapportant des bonnes notes, puis une de premier de la classe se laissant aller à la facilité et cultivant les taules, … On a ici un Bowie travaillant juste ce qu’il faut pour assurer le passage, mais bon, la troisième décennie sera décisive, attention ! (Au dernières nouvelles, David est bien passé dans la classe supérieure : génie intemporel qui regarde son passé  et le narre avec tendresse dans des albums calmes)

 

Bref, concluons : Black Tie White Noise, c’était le seul album de Bowie que j’avais jamais écouté. Le seul que j’aurai été capable d’oublier si on m’avait demandé de sortir la liste des albums qu’il a sorti de tête. Alors autant dire que quand Xavier m’a dit que j’allais devoir le chroniquer dans le cadre du David Bowie Blog Tour 2009, j’en menais pas large : pas possible de faire une critique déballant mon admiration et mon adolescence, ni de me faire plaisir en tirant à vue sur une des rares daubes qu’a commis le Thin White Duke… J’allais être obligé de faire une critique …. Objective ! Bref, un sacré numéro d’équilibriste pour moi. J’espère juste avoir respecté ma gageure.

 


 

Allez, pour finir:

 

 



Eh, merde, critique objective = mettre des notes ou pas ? Bon, disons 14/20. Pour t’encourager, Dave.

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Published by Guic ' the old
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commentaires

Guic' the old 04/11/2009 16:49


Thomas: (là le mec qui va hériter de Tin Machine peut commencer à me remercier ^^)
(Je voulais juste faire ressortir l'ironie de la chose)


stanleywhite 19/10/2009 08:16


petite note, Visconti n'est pas sur le prochain mais revient en 2002. Chouette article , tout à fait d'accord ave ton idée de "remise en jambe", amplifié d'ailleurs sur Buddha of suburbia de
l'année suivante.


arbobo 19/09/2009 11:41

je reviens faire amende honorable :-)le début du disque m'avait bloqué, chiant, pas de morceaux...là je l'ai pris direct au dernier tiers et j'aime bien, pas exctraordinaire mais j'aime bien :-)donc au final je me range à ton avis (avec des réserves sur le début, de grosses réserves)

Ska 14/09/2009 11:18

Oui, mais sur Hours, il y a ce morceau qui donna lieu à un clip absolument génial... http://7and7is.over-blog.com/article-3783183.html

Guic' the old 14/09/2009 10:33

Bon, désolé d'avoir laissé tout le monde en plan, mais bon... j'était en "vrai" Week end.Alors... Bon, je pmense que nous sommes tous d'accord pour dire que BTWN est un album qui n'est pas mauvais mais bon... c'est pas non plus l'album qu'on passe en boucle. En fait c'est simple: quand on a envie d'écouter du Bowie, ça doit très certainement le dernier qu'on pensera à mettre dans la platine en fait. Parce qu'il y a bien assez de chef d'oeuvre à passer avant.Bref: un album qui est pas mauvais (pas du tout), mais quo'n a quasiement jamais "envie" d'écouter.Concernant les autres que vous évoquez... "Heathen" et "Reality" passent très souvent dans la platine, mais plus pour en écouter quelques titres précis (Never Get Old, Bring me the Disco King etc...) que pour me faire l'album en entier.Hours... je dois l'avoir écouté une fois, et jamais l'avoir ressorti.