Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

***


Here, There And Everywhere

16 juin 2009 2 16 /06 /juin /2009 19:41

Bon, j'aurais préféré essayer d'éviter ça, deux étapes de « top » à la file, mais bon... D'une part c'est plus facile à écrire, d'autre part, celui-ci n'est pas comme les autres : c'est le premier « Hors série » des top, à savoir ceux consacrés à des artistes français, qui n'ont pas forcément leur place sur ce blog volontairement axé « Rock », mais qui ont une place importante dans mes gouts musicaux. Avant toute remarque de Ska, je tiens à préciser que non, Benabar n'y sera pas.

Notez que les hors série seront effectivement classés eux aussi alphabétiquement, mais pas forcément à leur place par rapport à la série courante...




Ah... écouter Brel. C'est un pas important. Dans une vie, dans la mienne a fortiori en ce sens que, là, c'est vraiment écouter la musique de mes parents. Car si ma mère possède une belle collection de 45 tours pop, ses 30 cm sont bien gravés dans la langue de Rabelais : Brel, Brassens. Idem pour la collection paternelle. Et si le gout de la pop a passé chez ma mère l'âge venant, c'est carrément le gout pour la musique qui est passé chez mon père, la mort de ces deux là arrivant.


Un jour, on décide de s'attaquer au monument. On en connaît bien quelques titres, les « Ne me quitte pas », les « Quand on a que l'amour », les belles déclarations, mais bon... C'est de la chanson, quoi. Je savais qu'Amsterdamla valse a Mille Temps... « Rosa » voyait ses paroles écrites sur mon cahier de Latin, aussi... par ironie, par lassitude, par pédanterie, je sais pas. Désir de connivence avec le prof, peut-être. J'étais un petit con à l'époque. était une grande chanson, connaissait


Et j'y suis arrivé, finalement, par plusieurs voix : la satire, l'humour, d'abord : En bon parisien, le sens d'une chanson comme « Les F... » m'échappait complètement (et m'échappe très certainement encore pas mal), mais elle contient une charge dont la virulence est assez grande pour satisfaire un ado, mais bon, là je veux parler de « la parlotte ». Pour avoir trainé et les collèges et les bistros, je peux vous dire qu'une telle chanson... et super bien vue, et même si écrite dans les années 60 est encore d'une actualité surprenante : a croire que la personnalité humaine ne changera jamais.


Puis j'ai prêté l'oreille aux autres chansons, qui m'ont offert quelques rudiments en matière de distinction des styles : la valse a mille temps étant effectivement une valse, Rosa un Tango... on a les oreilles qui s'ouvrent bien vite.


Puis j'ai grandi, muri, utilisez le terme que vous voulez... et bizarrement, chaque fois, je reviens vers Brel. Car c'est vraiment celui qui fait mentir ma distinction personnelle de la chanson et de la pop, a savoir que chez Brel, jamais le texte ne prime sur l'arrangement (ou presque jamais), musique et paroles sont intimement liées. C'est d'ailleurs quand j'écoute le Grand Jacques que je regrette de pas m'être penché plus avant sur l'étude théorique de la musique tant les mots pour décrire tout ce que j'aime dans son œuvre.  Certainement le seul chanteur pour lequel j'oserai presque utiliser le terme de « progression narrative » tant des titres comme « Ces gens là » ou « La quête » reposent sur une montée en puissance... qui échappe d'ailleurs à tous ceux qui veulent reprendre ce dernier titre et l'attaquent quasi-toujours en bramant, tambour battant, des les premiers vers.


Il y a certainement une seule et unique chose sur laquelle je serais toujours d'accord avec mon paternel : on ne reprend pas Brel. Les reprises de Brel sont presque toujours des massacres. Mais j'y apporterai personnellement une nuance : on peut, par contre, reprendre ses chansons. Bowie l'a fait avec un talent certain - au point que je préfèrerai presque « son » Amsterdam. « Ces gens là », repris par Noir Désir, ça passe... grâce à la montée en puissance des instruments. Mais il manque ces cuivres, ces cuivres éclatants qui frappent, comme toujours, au moment le plus opportun*. Brel, l'homme qui m'a fait découvrir la véritable puissance des cuivres, et m'a même fait apprécier l'accordéon. C'est dire.


Même le plus grand des interprètes ne pourraient pas reprendre correctement Brel... Enfin, justement, surtout le plus grand. Car ce qui rend ces chansons parfaites ce sont leurs défauts. « La Quête » sans ses R roulés, ce n'est plus la même chose, et, pour tout dire... c'est moins bien. Regardez -M- qui reprend « Au suivant »... C'est mignon, mais c'est lisse comme le sont ses « Suivant ! ». Tandis que Brel interprète, vraiment, il est autant chanteur qu'acteur, et oui, on y croit, on y est dans ce bordel de campagne, c'est glauque, ca pue, et on maudit en vrac les militaires et les putains**...


L'apogée du ressenti musical, c'est très certainement, soit les larmes (fort peu agréable en soi, mais ça prouve que l'auteur touche à son but), soit le frisson. Ce frisson que je parviens si souvent à ressentir en écoutant, je ne sais pas moi, Jef, Ces Gens là, etc... la liste est longue.


Subséquemment... ce que je préfère faire, avec ces chansons, c'est m'en priver. Parce que, comme la clope qui arrive après de longues heures de privations offre le fugace étourdissement qu'on a ressenti en fumant la toute première de sa vie, retrouver Brel après l'avoir laissé un peu de côté... c'est la garantie d'une session de frissons, de larmes, mais aussi de rires, parfois.


Reste qu'elle est bien longue, cette « introduction ». Et bien bordelique. Mais vu que je ne parlerai très certainement qu'une seule fois de Brel... autant y dire tout ce que j'avais à dire.


Ah, une dernière chose (promis, après on passe à la sélection) : en promenade bruxelloise il y a peu, les gens ont du me prendre pour un barge, vu que j'ai quand même pris des photos... un peu bizarres. A cause de ca justement. Et je vous en aurait meme bien offert deux en pature, mais bon, là, over blog a décidé de refuser de les uploader. Le salaud. Elles sont meme pas sous copyright en plus. Bon, on va passer aux choses serieuses alors.








La sélection : 5 titres, comme d'hab, même si j'aurais plus de facilité à en sélectionner 5 que je n'aime pas en fait. Et encore... Mais bon, la sélection sera faite ainsi : que des chanson qui « me parlent. ». En gros.



Jef : Parce que c'est un splendide hymne a l'amitié. Malgré la chute finale (qui me déprime à chaque fois).


Les Bourgeois : Parce que là, j'en suis au second couplet dans ma vie... Espérons que je n'atteigne jamais le troisième.


Mathilde : Ah... la fatalité de l'amour. La volonté qui plie... C'est horrible mais c'est vrai.


L'air de la bêtise : Parce qu'on devrait toujours se rappeler que « Les Putains, les vraies sont celles qui font payer pas avant, mais après ».


La Bière :  Oui, quand ça sent la bière, Dieu qu'on est bien.

 

 




OK, j'ai été laconique sur le choix des morceaux, ok. Mais bon... Considérez que tous ceux cités (ou même juste évoqués) mériteraient d'y être, et que j'ai essayé d'éviter l'écueil des classiques... Et aussi que, comme je l'ai dit, je ne sais pas comment en parler justement.





*  C'est un des grands mystères de ma vie : j'adore le son des cuivres, et j'aime leur irruption dans la chanson, dans le rock... mais le jazz (et aussi la musique militaire, tiens) c'est pas vraiment ma tasse de café. Oui, j'aime pas trop le thé non plus.


** Second point traumatisant : quand on se fait engueuler par ses parents parce qu'à 15 ans on jure(déjà) comme un charretier (habitude que je n'ai toujours pas perdue), et qu'en même temps, on voit qu'ils considèrent comme chef-d'œuvre ces chansons au langage pour le moins fleuri, quand même... On en perd ses repères.

Partager cet article

Published by Guic ' the old - dans Top à ...
commenter cet article

commentaires

Guic' the old 26/06/2009 10:32

Non, pas de probleme de poids, juste over - blog qui fait son malin. Mais bon.La premiere c'était un photo de touriste "normal" de la plade De Brouckère.La seconde, moins normale, c'est l'indication de la correspondance pour le tram 33 dans le métro...

Jul 26/06/2009 10:29

En effet, mea culpa j'oubliais ces films (surtout "L'emmerdeur", et dire que j'ai été une inconditionnelle de Lino Ventura pendant des années :/). Ma culture ciné est tombée à zéro alors qu'elle a marqué mon adolescence comme d'autres vivent de la musique à cet âge-là ... Pour les photos de Bruxelles ce n'est pas un problème de poids ? Overblog devient très vite chiant dès qu'un fichier dépasse un (ou un et demi) méga octet

Guic' the old 23/06/2009 10:31

Oh non, pas son seul film, non...Il fut un brillant "Emmerdeur" pour Molinaro (seule version, la vraie, avec Ventura, pas le remake massacre de l'an dernier), "Mon Oncle Benjamin" je crois, et surtout "Les Risques du métier" pour Sautet...Et je dois en oublier un tas... En meme temps, faut voir que pendant longtemps, gamin, je confondais sur écran Brel et... Montand. :-/Sinon, merci pour la correction, mais bon... le fait est que je fais un sacré paquet de fautes en fait.

Jul 23/06/2009 08:59

Je crois que tu as mal ecrit une phrase ca doit etre quelque chose commeJe savais qu'Amsterdam était une grande chanson, connaissait la valse a Mille Temps... « Rosa » voyait ses paroles écrites sur mon cahier de Latin, aussi... par ironie, par lassitude, par pédanterie, je sais pas. Désir de connivence avec le prof, peut-être. J'étais un petit con à l'époque. J aime beaucoup Brel aussi, inoubliable, entre autres pour "Les remparts de Varsovie" et son crescendo, ou "Vesoul". Et puis pour le film de Lelouch "L aventure c est l aventure" (son unique film je crois comme acteur). tres bien cet article c est sympa de changer et de retrouver Brel sur ce site !

arbobo 18/06/2009 12:38

t'es sûr que c'est pas Delon?^o^