Be Quick or be Dead

Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Tell all the people

Mardi 2 juin 2 02 /06 /Juin 19:21

Mon Dieu qu'elle est longue la liste des artistes qu'on découvre trop tard... La faute à une séparation. Un décès prématuré. A pas de chance, parfois, aussi.


On a tous une histoire à raconter au sujet de nos albums préférés. Parfois liée à son achat, parfois à sa découverte, parfois aux découvertes qu'il a entrainées.


Figure 8, c'est le seul album que j'ai découvert par deux fois. Oh oui, certes, il y a ces albums que j'ai écoutés, laissés de côté, et auxquels je suis revenu par la suite, plus mur pour les apprécier : Songs for The Deaf, Up the Bracket, The Queen is Dead...


Mais celui - ci je l'ai adoré les deux fois que je l'ai découvert.


En réalité, au détour d'une copie ratée, d'une archive mal extraite ou de je ne sais quelle mauvaise manipulation informatique, j'ai passé deux ans à écouter... un demi album d'Elliott Smith. « Figure 4 » quoi.

Là où se situait la feinte, c'est que cet album, intitulé Figure 8, se retrouvait du coup à posséder 8 titres - chose qui m'apparaissait logique. Et en plus, l'album s'achevait sur l'envolée de Stupidity Tries qui constituait pour moi une « envolée finale » comme je les aime, du genre dont je vous ai parlé récemment.


J'aimais beaucoup les autres albums d'Elliott Smith, certes, mais celui là c'était quand même celui qui me parlait le plus. Moins Folk, plus pop. Des orchestrations plus riches, dont feu Elliott profitait bien. Le pont de Son of Sam, l'intro (et ce que j'oserai appeler « le break » ) de Junk Bond Trader, le refrain et l'outro de Stupidity Tries... L'album voit Eliott s'éloigner de ses terres acoustiques et déployer une aisance mélodique fascinante. Doublée d'une certaine luxuriance des orchestrations qui magnifiait sa voix, qi cristalline et brisée à la fois... pour l'emmener bien loin de la discrétion d'un « Needle in the hay » par exemple. C'est déjà prégnant dans XO (son album d'avant), mais là, c'est vraiment de la pop pure et dure, de toute beauté. Il m'arrive de dire que c'est le meilleur truc que j'aie entendu depuis les Beatles... Je ne sais pas, moi-même, si c'est une blague ou pas.


La supercherie aura tenu 2 ans. (ou 3, je sais pas, entre les deux disons).


Jusqu'à ce que... je décide une première fois d'écrire cet article. Et que, histoire de pas encore me planter d'année (foutus albums sortis en décembre), j'aille jeter un œil sur Wikipedia. Stupeur : cet album contient en fait 16 titres.


La colère et la frustration nous faisant faire des trucs bizarres, Figure 8 a rejoint dès ce soir là ma discothèque. En vrai, en dur, en CD et en livret. Et j'ai été gâté comme un gamin de 5 ans un jour de Noël. J'avais droit à « mon » album, avec 8 bonus tracks en quelque sorte. Bien entendu, une crainte existait : que la fin de l'album soit décevante... Il n'en est rien. Sur cette « nouvelle fin » on s'offre le luxe de la petite envolée (« Can 't  make a sound » ), puis un petit instrumental terminal. Soit, réunis, les « concepts de fin » de rien moins que deux de mes albums préférés... OK Computer (Radiohead) et Adore (Smashing Pumpkins).

Cet album est d'une beauté surprenante, enregistrée par un Elliott qui voit s'éloigner ses vieux démons, et dont on sent qu'il espère lui aussi qu'ils resteront bien loin. Certes, ça ne l'empêche pas d'ouvrir le bal avec une chanson sur un serial killer, mais bon. Cela, si on y réfléchit, rend d'autant plus traumatisante sa triste fin. Elles sont nombreuses, les stars qu'on a découvertes alors qu'elles étaient déjà disparues. Mais elles ne sont pas si nombreuses celles dont la fin nous touche vraiment : Morrison, Lennon, ou même Cobain, sont certes décédés, eux aussi avant que je ne découvre leurs œuvres, mais bon, c'est comme ça, et ça a toujours été comme ça. Leur musique est c qu'elle est, et leur mort ne la transcende pas plus qu'elle ne la descend, c'est comme si l'artiste et son œuvre avaient toujours été dissociés pour moi.

 


Elliott nous offre sa version du "pourquoi Figure 8".



Mais à l'écoute de cet album, si beau, si limpide, et aussi si plein d'espoir... On se dit que la vie est une sale garce (mais la mort ne vaut pas mieux qu'elle d'ailleurs.)

Alors oui, j'aime cet album car... l'ironie du contexte me fascine. Le seul concurrent, en ce sens, c'est le « My Way » de Sid Vicious , eu égard au contexte : ce mec qui chante une chanson de vieillard mourant, à 21 ans, c'était déjà une provocation... Malheureusement trop juste. Rien que d'y penser, j'ai des frissons. Mais voilà.


Bien entendu, le fait est que mon histoire personnelle avec cet album fait que j'ai toujours l'impression d'écouter une sorte de double album dont j'aurais usé le premier disque jusqu'à la corde, et négligé le second... Mais bon, pourquoi pas. Si c'est le prix à payer pour que j'aie à ce point l'impression que ce disque m'appartient...


En l'écoutant, chaque fois, me revient cette idée : ah oui, elle est longue la liste des artistes qu'on a découverts trop tard. Et le problème c'est qu'elle ne peut que s'allonger.

 

 



Ca c'est l'idée que je me fais d'un pop song "parfaite".

Par Guic ' the old - Publié dans : Une année, un artiste, un album - Communauté : Le Monde du Rock
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