Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

***


Here, There And Everywhere

8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 10:00

Rock Critic ça a l'air fun comme ça, mais quand même c'est vachement tendu comme boulot. Parce que bon : Admettez qu'un mec de 40 balais qui rappelle que les Who, qui chantaient « Hope I'll die before get old » sont ridicules à 60 ans et 50 % du groupe d'origine, faut qu'il ait un sacré aplomb, ou une bonne dose d'inconscience, pour se dire que personne osera lui rebalancer son âge à lui dans la gueule comme contre argument.




C'est que des positions dans le genre, soit fragiles, soit même contradictoires, il en prend un paquet le Rock - Critic.  Paraitrait même que la schizophrénie est reconnue comme une maladie professionnelle chez eux. C'est donc le moment de faire un rapide point sur les grands paradoxes du Rock - Critic.




1. Le Rock critic aime à rappeler que le Rock, c'est la musique de la rébellion adolescente, un truc de jeunes, qu'il faut encore avoir de l'acné et du duvet pour vraiment en comprendre la substantifique moelle, et que de toutes façons, à de très rares exceptions, un groupe de Rock qui passe les 7 ans de carrière va tourner en rond et perdre tout son intérêt et commencer à faire de la variété.

Mais bon, lui-même a déjà au moins 40 ans, 3 mômes et un max de thunes sur son PEL. Et il est l'incarnation même de la cause Rock n'Roll.



2. Le Rock Critic ne supporte pas qu'un artiste n'avance pas. Si un groupe a le malheur de sortir deux albums consécutifs un tant soit peu similaires, il va se faire laminer dans les grandes largeurs. A la rigueur, le second aura droit au qualificatif d'album de la confirmation. Mais un autre se fera détruire, annihiler, réduire à néant. Cependant, si l'artiste en question a fait preuve d'une certaine originalité au court de sa carrière, osant quelques expérimentations çà et là, et que cet album décalque de son début-album est, je sais pas moi, le 5ème, 6ème, 17ème... Il ne s'agit pas là d'une régression artistique, mais, évidement, d'un extraordinaire retour aux fondamentaux.



3. Le Rock - Critic aime que les artistes innovent, propose des choses nouvelles, et se plaint sans cesse que la musique n'avance plus de nos jours, que les artistes se sentent en permanence obligé de faire dans le « déjà entendu ». Pourtant il a gardé intacte sa capacité à s'émerveiller devant l'album d'un groupe qui « n'invente rien, mais le fait tellement bien / avec une telle classe ».



4.Le Rock Critic tient à rappeler que le Rock est avant tout une musique populaire, faite pour parler à tout le monde. Musique intemporelle également, qui s'adresse à la jeunesse, dont les buts premiers sont l'amusement, la déconne, la jeunesse dans toute sa splendeur, sans prise de tête. Mais il est tellement persuadé de son bon gout, de détenir la bonne parole, qu'il se sent obligé de démontrer par a+b le pourquoi du comment de ses opinions, faisant sans cesse appel à des références absconses (de préférences à des domaines artistiques dits majeurs, en particulier la littérature), ... rendant sa critique totalement hermétique à 60 % des gens à qui il croit s'adresser.



5. (Mon préféré) Le Rock Critic a une passion pour tous les artistes qui ont voulu soit revenir aux sources, soit tout détruire dans une furie dévastatrice, vouant un culte immodéré aux punks. Parce que le Rock des années 50 / 60 , la base, ça c'était vrai. La simplicité, l'urgence, la rage du moment, la volonté d'aller de l'avant et de briser les codes, voilà ce par quoi le Rock-Critic jure, par ça, et seulement ça. A ceci près qu'il le fait généralement à grands renforts de phrases de 10 lignes et de mots de 5 syllabes que les Académiciens (Goncourt ou français) ne renieraient pas. Avec ce petit bonus spécial Rock-Critic (oui, le reste pourrait s'appliquer au snob musical commun) que j'appellerai la « peur du vide qualificatif » qui sera notre bonus.


Un exemple, pioché dans un commentaire d'un illustre inconnu, chez G.T. : « le Rock ne prétend pas être une musique Savante. AC/DC, je l'écoute. Je ne suis pas fan, mais leurs morceaux simplissimes et accessibles dégagent une énergie communicative qui mérite d'être valorisée. »





Bonus : la peur du vide qualificatif. C'est une maladie qui touche les Rock Critic, qui fait qu'ils sont incapables d'écrire un nom sans y apposer un adjectif, un verbe sans adverbe, ou une phrase sans incise. Tendance qui atteint son apogée dans les listes de qualifiquatifs ou de qualités.  Quelques exemples pris à et là dans des critiques de collègues parleront surement mieux :


« Savoir, comme le fait Radiohead, composer des chansons très mélancoliques, émouvantes et lyriques sans tomber dans le pathos adolescent et pompier, c'est déjà un exploit. »


(Remarquez cette rythmique toute particulière, avec les énonciations par trois.)


« Qu'il s'agisse de mid-tempos arrosées de guitares saturées [...] ou de power-pop aérienne typique des college-bands américains [...], le groupe témoigne du même mélange d'aisance et de rigueur, de morgue et de maîtrise. »


(Variation du rythme, en « deux fois deux » : forme souvent employée pour former des couples d'opposés : « tout à la fois branleurs et consciencieux, génie oublié et obscur artiste surexposé », par ex.)


« Un peu moins rétro et lyrique qu'Elvis Perkins, un tantinet plus rock que les Pale Fountains malgré la trompette, plus proche peut-être de l-ll ou de Julie Doiron. »


(Une variante de la « surqualification » : la « sur-comparaison ». Très pratique, car on peut s'en servir pour les stickers qu'on accole sur les disques.



Mais bon. Arrêtons-nous là. D'une part, parce qu'il faut garder une part de mystère (ou de quoi faire un second article sur ce thème), d'autre part parce que... C'est bien mignon d'ainsi dénoncer ses petits camarades, mais bon... je ne pense pas valoir beaucoup mieux moi-même, question « tics d'écriture » !




Partager cet article

Published by Guic ' the old - dans Le Rock-Critic est un con
commenter cet article

commentaires

Thibault 16/09/2010 17:47



Fuck le 5 est so true !!!



Chtif 03/06/2009 20:21

tiens, remarque , ça me fait repenser à un épisode d'un bouquin sur Nirvana, où Cobain, (ou Grohl, sais plus), s'énervait sur les critiques de disques qui utilisaient trop d'adverbes en "...ment" avant de confettiser tous les 33T concernés de sa collection.

Chtif 03/06/2009 20:18

Oh pitain, le coup des adjectifs...Déjà, faut résister pour ne pas en coller 3 à chaque nom (un avant, deux après), alors si maintenant il faut se forcer pour n'en garder qu'un seul...Voire pas du tout...Pô possib'.

lou 15/05/2009 20:58

 Ca y est, je viens de retrouver l'inconnu de G.T. ! Le hasard des résurgences...Une première fois, j'avais cherché méthodiquement (quelle souffrance !) pour rien... sinon pour le blog rank de G.T.Pour le com 4, je n'ai fait que suivre ta recette : longues phrases, modules ternaires ou binaires en miroir et un ensemble qui ne veut rien dire. Indochine ? je ne sais pas. En ce moment, je défends U2, No Line On The Horizon, contre une secte de radicaux-socialistes dixneuviémistes échappés de leur sarcophages. Le dernier opus des Dublinois n'est pas un pudding pour faire passer le temps, c'est une oeuvre majeure. Encore faut-il l'écouter, puisque c'est une oeuvre chantée :) 

Xavier 11/05/2009 13:56

Tiens, je ne suis pas tant Rock Critic que ca.... excepté pour le bonus, bien sur, là j'en prend plein la gueule, presqu'autant que pour le lexique de GT...