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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

22 décembre 2008 1 22 /12 /décembre /2008 19:04

Les vieux en 2008 ou: les impacts de la canicule



Bon, des fois c'est comme ça. Il y a des trucs que ça fait un peu chier d'en parler, sur lesquels on a un avis, mais qu'on est pas sur de réussir à théoriser comme il faut... Mais bon, il faut en parler. Alors lançons-nous.



 Si depuis... disons 2004, on observait une sacrée vague de reformation, l'année 2008, et plus particulièrement cette fin d'année, aura finalement été marquée par les retours de vieux. C'est-à-dire des groupes non séparés, non nouveaux, dans le coin depuis au minimum les années 80, et dont on était sans nouvelles depuis un bout de temps.

 J'en vois quelques-uns saliver au fond : oui, je vais donner mon avis sur le truc des chinois, là.


 Donc cette année, on a eu droit à : Metallica, AC/DC, Guns and Roses.



Certes, dans une (très) moindre mesure, Noir Désir a fait un retour cette année, et vien tcompléter ce carré des retours de vieux à la voix reconnaissable entre mille. Mais outre ces deux titres dont ils nous ont gratifié, dont seulement un original, qui s'avère plus que moyen, il est impossible de tirer une quelconque tendance... On peut juste se poser un bon millier de questions sur des histoires de légitimité, d'avenir, et, dans mon cas, de sens caché dans le fait de reprendre « Le temps des cerises ».



Bon, on va commencer par le plus consensuel : AC/DC, et ce « Black Ice », qui arrive après 8 ans de silence en dehors des stades. Bon, autant être clair, « Rock n' Roll train », premier titre de l'album et premier single qui en a été tiré, est un des titres que j'ai le plus écouté ces derniers temps, c'est une véritable bombe, du AC / DC pied au plancher comme on dit, un titre comme je les aime chez eux, avec certes, une structure quasiment identique à celle de Highway to hell mais on ne va pas chipoter.


Pour la faire courte : ce titre est à lui seul une raison de passer son permis de conduire.


 Mais bon. Ce n'est qu'un titre. Sur 15. Enfin, avant de parler du disque lui-même, rien qu'un truc qui m'a fait marrer : Tout le monde s'est réjoui du retour d'AC / DC au « blues - rock de l'époque Bon Scott ». Bref, tout le monde s'est réjoui d'une régression  musicale de 30 ans. De la part de gens crucifiant le moindre artiste qui a le malheur de faire deux fois de suite le même album, avec un peu de recul, c'est quand même franchement marrant.


 Alors finalement qu'est qu'il donne cet album là ? Ben... Joie des retrouvailles, talent toujours présent, cette voix qu'on n'avait pas entendue en dehors de nos vieux disques, c'est sur que ça le fait vachement. Mais 15 titres c'est long, et malheureusement je trouve que les papis du Hard tiennent pas trop la route là-dessus. De temps en temps ils trouvent le moyen de refroutre un coup de pêche, comme avec War Machine qui porte si bien son nom qu'on se retrouve à opiner farouchement du chef comme un militaire, et qui définit aussi ce qu'est devenu AC/ DC : une machine de guerre pour les stades.


"En fait, on a fait une pause pour qu'Angus réussisse à passer en 6ème, mais bon... Alors faute de mieux on a fait un album."



Comme le disait si bien Ned, on sait que les gars vont réussir à transcender les morceaux de cet album pour en faire de grands moments des shows à venir, mais justement... Le savoir gâche encore plus l'album, parce qu'on commence à se dire que ben, c'est sur, en studio ... Et quand, comme moi, on a pas réussi à se dégotter une place pour Bercy, on se penche moins sur cet album qu'on aura pas la chance de découvrir dans l'élément qui lui conviendra le mieux....


 Cependant je dois admettre que c'est maintenant une constante pour moi avec les albums récents d'AC / DC : j'en écoute plus que le premier titre avec une certaine régularité. Où alors, c'est sur un live.

 

 



 Maintenant passons à Metallica. Outre un titre assez ridicule (Death Magnetic... Un brûlot contre les IRM et les fours à micro-ondes ?), cet album fait se poser une question : qu'est ce que Metallica aujourd'hui ? Et a quoi ressemble sa fan-base ? Moi j'ai un parcours très particulier avec eux : le premier titre que j'en ai entendu, c'est Until it sleeps, le premier album entier, c'est Reload. Autant dire que je n'ai pas démarré avec ce que le commun des mortels considère comme leur meilleure période.


Mais bon... force est de constater que ce Death Magnetic n'est rien d'autre ... qu'un album de Metallica. Les fans aimeront, les détracteurs nous rappelleront que le groupe est « way too overrated », et que ça ne vaudra jamais la décharge furieuse d'un Slayer ou la virtuosité d'un Megadeath selon l'école à laquelle on se trouvera confronté.


 Qu'est ce que je cherche dans un album de Metallica, moi, Guic' the old, tenancier de ce blog ? Des rythmiques martelées presque militaires, mais entraînantes quand même, une voix unique, à mi-chemin entre le canin et le général allemand en goguette, des solos de gratte dans tout les sens mais d'une durée convenable quand même, et des paroles parlant de thèmes aussi guillerets que la guerre, la mort (et les dieux nordiques)...


 Que trouve-t-on dans ce « Death Magnetic » ? Voir paragraphe précédent.


 Bref, on retrouve dans cet album ce qui fait que les pro - Metallica aiment Metallica, et que les anti ne l'aiment pas. Fin du débat. Eh bien non, pas fin du débat. Parce que, encore une fois, on se retrouve à ce que tout le monde se réjouisse, du moins parmi ceux qui se réjouissent, d'une volonté de faire un album comme ceux qu'ils faisaient il y a maintenant 20 ans. Comme AC/DC tiens ! Tu remplaces le chanteur Bon Scott par le bassiste Cliff Burton (d'ailleurs les deux sont morts dans un véhicule motorisé, sauf que le premier conduisait pas, ah, merde le second non plus), et voilà, on a un étonnant parallélisme que je n'envisageais même pas au début de cet article : le monde du Rock est décidément plein de surprises.


 Bref, cette volonté, annoncée à bien des reprises, a attirée l'attention de ceux qui préfèrent le Metallica des années Cliff, mais aussi... des « snobs  de Metallica », qui aiment exclusivement les  albums de la période Cliff Burton, sauf Kill'em all. Je ne cite pas les fans de Metallica aimant les derniers albums pour la simple raison que, bien évidemment, ils étaient déjà à l'affût.


 Alors le problème se pose. Contrairement à un AC / DC qui a fait quasiment le même disque tout le long des années 80, avant de se faire plus discret à partir de disons 1992, et pour lequel revenir au son de 1979 n'est pas forcément... J'allais dire difficile, mais je veux simplement dire que la recette AC / DC n'a pas forcément beaucoup évolué depuis Highway to Hell. (Ne faites pas vos hypocrites, c'est même pas de la provocation, juste une évidence. Un peu comme dire que si Mötörhead ressortait Ace of Spades demain, la moitié des fans ne se rendraient pas compte que ca leur dit déjà quelque chose et croiraient véritablement à une nouveauté. Même à jeun. Bon, oui, je caricature et perds le propos de départ.)



Par contre (remontez d'un paragraphe pour voir contre quoi on se place), Metallica a pas chômé pendant cette période, du point de vue « évolution du style ». Entre le coup d'éclat MTV du Black Album, les deux Load, et St Anger  on peut pas dire qu'ils ont tout le temps décliné la même recette. Et ce, en se faisant crucifier quasiment à chaque fois.


Bilan :


 -         Il est tout à fait logique qu'après avoir été bidouiller dans tous les sens, et s'être fait chaque fois défoncer, ils décident à un moment de revenir à ce qui a fait leur succès de départ.


-         Ils ont tellement bidouillé dans tous les sens qu'il est tout à fait logique qu'ils aient égaré une partie de la recette du succès de leurs débuts, et je ne parle même pas du fait qu'en 20 ans, il s'en est passé des choses dans la musique comme dans les mentalités.



Ouais, c'est nous Metallica, toujours dans la place!!



 Quoiqu'il en soit, on a ainsi un album fort agréable à écouter, mais dont le plus gros défaut est dans la longueur franchement imposante des morceaux. Conséquence, on se noie un peu dans la masse. A l'exception de  quelques titres comme le « The Unforgiven III » que je redoutais (presque à raison) et son intro au piano, « Cyanide » et  son petit côté bondissant - System of a Downien. (Bon, je trouve, mais c'est souvent que j'établis des parentés.... que je suis seul à établir)


Bref, c'est presque par défaut que cet album se retrouve à arborer une véritable cohérence, tant j'ai l'impression d'écouter un unique morceau de 50 minutes... Metallica a enfin écrit sa symphonie, du moins en format.




Et maintenant, mais oui, je vous vois sautiller sur vos chaises ou bailler discrètement, oui, vous qui êtes venus que pour que je vous parle de Chinese Democracy, mais oui, c'est là...


 Allez, go. Fixons bien les choses : oui, c'est l'album solo d'Axl Rose. Mais c'est quand même Axl Rose lui-même qui nous l'annonce depuis 15 ans. Donc, le fait que ce soit l'album solo excuse qu'on ne trouve pas ici un album des Guns, mais n'excuse pas le fait que ce ne soit pas celui que son créateur a annoncé à grands renforts de « meilleur album du monde ».


Bref cet album a au moins le mérite de me coller en porte à faux.


La première constatation c'est que le plus grand album du monde aura gardé sa perfection pendant 1 minute 49 secondes. Jusqu'au début du premier couplet de « Chinese Democracy », en gros, parce que l'intro est vraiment bonne, la guitare discrète mais pas longtemps, le riff, la batterie, des solos en arrière plan, certes, on est dans la démesure, mais pas dans le pompiérisme ni dans l'esbroufe. Puis première faute, enfin en tout cas dans mon optique, Axl se calme, alors qu'on a qu'une envie, c'est qu'il continue à tracer, à aboyer...


Enfin. Admettons une chose : si cet album est le plus grand du monde dans un domaine, c'est dans l'irrégularité, dans l'inégalité. Cet album présente une étonnante variabilité de la qualité, pas seulement sur le long cours, mais au sein même de certains morceaux ! Un exemple de disparité au sein de l'album, c'est par exemple « I.R.S. », la diatribe anti-impôts d'Axl, qui au moins sur ce point montre qu'il est plus doué que le Florent Pagny moyen (désolé, j'ai pas pu retenir la comparaison). Le morceau, même si son alternance piano / guitare saturée n'est pas sans rappeler ce qui fait que je n'aime pas « Use your Illusion », n'est franchement pas désagréable à écouter. Sympa, entrainant dans sa  majeure partie. Quand on l'entend, on se dit, « Tiens, voilà un des bons morceaux de l'album, un bon point pour Axl. » Mais ce morceau à peine fini, on a droit aux cuivres introductifs de « Madagascar », et, désolé, mais ça gâche. Ca gâche le plaisir du morceau d'avant. Et ça, franchement, c'est vraiment dommage.



Pour les variations de qualité internes aux morceaux eux-mêmes, mon exemple préféré reste la plage qui conclue l'album : Prostitute. Un morceau franchement pas mal, en son cœur, coincé entre une intro au piano totalement banale et dépourvue d'intérêt, et une outro de cordes dont seule l'insupportable longueur traînante égale la médiocrité. Alors qu'entre les deux, le morceau est pas si mal.


Cette horrible outro a aussi la particularité d'achever l'album, et l'auditeur par la même, le laissant pantelant, subjugué par le trop plein, et légèrement soulagé quand même : c'est fini.

Et c'est à ce moment là qu'on se dit qu'on va se ruer sur son clavier et taper des mots et des mots et des mots pour détruire cet album dans les grandes largeurs... Mais bon, pas le courage, donc on va se coucher. Et petit à petit, alors qu'on repousse le moment fatidique ou on va devoir donner son avis (qui, dans l'instant, est, rappelons-le : « Quoi ? Quinze ans de travail pour cette merde ? »), on se calme et on se dit que quand même, il y a quelques trucs pas mal pour au final aboutir à un truc qui ressemble à ce que j'ai écrit au-dessus. Bref : des moments agréables, malheureusement trop souvent gâchés par le pompiérisme et les tentatives lyriques (façon raccourcie de décrire le fait de mettre des violons ou des cuivres là où il n'y en a pas besoin.)


Ah, tu le vois comme ça toi?


Il n'empêche que je me pose une question dans un coin de ma tête. Même si j'ai conscience que mon manque de connaissances « techniques » en matière de musique fait que je n'ai pas conscience de tout... Quelle serait la face de la musique si cet album était sorti en 1994/1995, comme cela aurait du être au départ le cas ? Il est fort probable, que, d'un point de vue technique, ce soit aussi con que de se demander ce qui se serait passé si Matrix était sorti en 1973, mais bon, n'empêche...





Enfin, tout ça pour dire que trouver une conclusion est tout un art, car je ne suis pas capable de vous offrir une bonne façon de résumer mon sentiment sur le fait que le temps crée des dommages irréparables : qu'il s'agisse du public, des groupes, ou même des possibilités techniques, trop de choses se retrouvent en opposition les unes avec les autres pour que l'on puisse apprécier sincèrement la musique des papis du rock, ou au moins l'approuver sans ressentir le besoin de se justifier pendant 5 pages comme je viens de le faire.


La prochaine fois, je reviendrais sur mes passions de l'année... Mes fixettes, mes joies, un article écrit à l'encensoir. A très bientôt.





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Published by Guic ' the old
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commentaires

Guic' the old 05/01/2009 17:18

Christophe et Arbobo: Ouaif, vous savez, j'ai... un maitre de stage qui m'a fait cette blague sur Who / Qui pendant pres d'un mois... Aux débuts de ce blog d'ailleurs, tiens... alors autant dire que je suis armé dans ce domaine;-)Ska: Oh, ca va hein... Le pire c'est que si j'y vasi pas c'est la faute de Chtif: j'aurais pu prendre une place pour le mercredi sans sans problème, mais non, monsieur pour qu'il monte a Paris il fallait qu'on ait des places pour le vendredi, donc attendre que celle du mercredi soient écoulées...Et voilà: me suis fait niquer, et lui qui avait appelé tous ses potes a la resconusse a une place et pas moi...

Ska 04/01/2009 16:41

Comment ça, Guic, tu ne vas pas à Bercy ?! Gnark, gnark ! (bis)

arbobo 30/12/2008 11:27

"voulant par la meme réaliser, je suppose, un jeu de mots sur Who / Qui..."comme quoi y'a pas que toi qui les aime foireux ^^ (les jeux de mots !)c'était bien ça le fin mot de l'histoire, tu peux réveillonner tranquille guic'

Christophe 29/12/2008 17:52

Ah sacré Guichounet ! Dis toi qu'il m'arrive encore à piéger Arbidule après 15 ans !

Guic' the old 29/12/2008 14:43

0) J'ai rien contre la chanson... J'ai quelque chose contre les paroles ;-) On a connu Cantat plus inspiré question écriture en fait.1) J'ai pas non plus voulu faire le détail... Et la décharge du premier titre est un truc constant avec AC /DC pour moi (et ce... depuis Highway to Hell ou presqeu, c'est toujours le premier titre que je préfère...) Bercy... Sadique va.2) Le bon gros tube, là chuis d'accord. Un nouvel enter Sandman, quoi. (quoique, Until it sleeps, quand meme, c'etait bon, non?)3) Tant que t'en espere rien...4) Ca fait 3 articles que Christophe me harcele avec la question "Behind Blue Eyes c'est de Qui?" (voulant par la meme réaliser, je suppose, un jeu de mots sur Who / Qui...) Alors, moi, apres avoir tenté les plus diverses des feintes, sans qu'il cesse pour autant (tenté Townshend, les Who, "un groupe mod des années 60" et tout), là je me disqeu renier la vérité historique c'est peut etre comme ca qu'il arretera :-D