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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

***

De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

***


Here, There And Everywhere

8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 20:18

Gentlemen, soyez les bienvenus.


Je ne sais pas si vous le savez, mais je pense que vous le saviez déjà : j'aime beaucoup les reprises. C'est pas pour rien que j'ai fini second du Kikapiké d'Ama-L. Les reprises de classiques, les reprises plus surprenantes, toutes. Peut être parce que je me dis que les reprises sont un passage presque obligé pour un groupe, et que c'est via ces reprises qu'il va forger sa personnalité. Puis, une fois plus connu... Il refera des reprises, pour rendre hommage à ses références, ou tout simplement pour récupérer une mélodie catchy et amasser les millions (j'aime moins le second cas.)


Pour vous dire, j'aime même les reprises vraiment mauvaises. Enfin pas toutes, il faut qu'elles fassent preuve d'originalité, quand même, qu'elles ne soient pas qu'un déclaque de l'original. Mais si le groupe  qui reprend y insufle une part de sa personnalité propre, ça m'interessera (ca fait très « Nouvelle Star » comme phrase, je sais).


Même certains massacres purs et simple, soit me font marrer, soit m'enervent profondément. Et sous couvert de « Mais putain c'est pas possible d'être aussi con !! », je me la repasse, pour comprendre, et m'enerve encore plus.... Oui, je passe des soirées très enrichissantes.


Par exemple, ça, ça a beau pas être un coup de génie, ca me fait marrer.








Et encore je vous passe la reprise qu'ils ont fait de « Oops... I did it again ».


Mais laissez moi vous livrer un petit top des reprises pourries parce que le groupe a pas tout compris à la chanson.

Pour chacun de ses titres, je vous invite à cliquer sur le titre pour vous remémorer l'originale, et d'explorer la reprise via les lecteurs disséminés.


On commence avec « Je touche à titre repris 600 fois » et je tombe en plein à côté... Love will tear us apart, par Fall out boy.





Pourquoi je me suis interessé à ça ? Ben j'ai pas fait exprès, j'ai récupéré un max de reprises parce que j'ai une compil de reprises à réaliser... Et en fouillassant, je suis tombé sur ça.


Cette reprise est... mignonne. C'est là son drame. Parce que merde, c'est une chanson sur le pire truc qui existe au monde, la rupture insidieuse, la rupture qu'on sait qu'elle est là, mais que personne a le courage de déclencher, ces moments de malaise, d'intimité glauque... Et la voix de Ian Curtis, trainante, blasée, n'est là que pour augmenter cet effet (le synthé n'est qu'une diversion, je vous avais dit que ces instruments étaient traitres).


Et là on a quoi ? Une chanson pour bal de promo ricain, interprétée par un mec qui a une voix étrangement semblable à celle d'Ewan McGregor quand il chante dans Moulin Rouge (et peut être dans la vie de tous les jours aussi...).  Bref, via cette reprise, on réussit à transformer un sommet d'amour glauque, un « je-préfère-me-pendre-dans-ma-cuisine-plutôt-que-de-t'avouer-que-je-veux-te-quitter » *, en B.O. idéale pour la scène finale du baiser au bal de promo à la fin de « High School Musical 3 », et là je dis non.


On continue avec « J'ai rien compris mais je chante quand même » en deux temps.


La première la voici la voilà vous saviez qu'elle arriverai, c'est bien sur « Behind Blue Eyes » par Limp Bizkit...





Ah, Fred Durst. Après avoir été leader d'un des groupes de la vague néo-métal, il a décidé, un jour de montrer son côté sensible en piétinant par la même des Who en sale état mais encore vivants à 75 %, mais depuis il y a eu la récession. La ou était la bonne feinte, c'est qu'une bonne partie du public de notre ami Fred ** ignorait tout des Who. Et n'a certainement même pas fait l'effort de se pencher sur l'original, vu les palettes de cette reprise qui ont été écoulées.


Fred a eu une bonne idée, enfin une idée : changer le pont de la chanson. Et même, encore plus innovant : en supprimer les paroles. Mais quiconque connaît l'original (j'avoue, bien entendu, ne l'avoir découvert qu'après, mais bizarrement (bon gout inné ?) n'ait apprécié que l'originale, quand je l'ai découverte.) sait que le pont, d'un point de vue parole, a une importance prédéterminante. Après s'être lamenté sur son sort, sur le fait que personne ne l'aime, le gars planqué derrière les yeux bleus avoue, que, oui, il a besoin d'un garde fou, de quelqu'un qui lui tende une main, qu'il est paumé, que non, il ne s'en sortira pas tout seul.

Fred Durst, lui, à ce moment là colle des « meumeumeum haoum » de chœurs féminins... Whaou quel talent. Ou comment tranformer une des chansons les plus émouvantes des Who, une des plus sincères, en... vulgaire bluette super chiante.



Et la dernière, c'est... Sympathy for the Devil, soit donc, un des plus grands morceaux d'un des plus grands groupes du monde, repris pas... les Guns n' Roses. Je sais, vous allez encore dire que je fais de l'anti-gunsnrosisme primaire, ce à quoi je vous répondrais que c'est faux parce que j'aime beaucoup cette reprise (ne serais- ce que parce qu'avec ses 7 minutes 32, elle dure juste le temps qui sépare ma descente du RER*** à mon arrivée sur ma porte palière, ce qui fait que je l'écoute presque tous les soirs en ce moment. Na.). Mais ca ne l'empèche pas d'être à coté de la plaque.






Pour rappel (inutile, certes, mais sait on jamais), dans ce titre, quelqu'un nous dit d'être gentil avec lui et cool, et courtois, tout en nous dressant la litanie des crimes qu'il a commis. Vu qu'il a été emmerder Jésus au Mont des Oliviers et qu'il a tué les Kennedy, on se dit que le gaillard a un sacré CV, et qu'en plus il est pas tout jeune. Mais au milieu de tout ça, il nous dit pas son nom ! (Bon, nous, pas cons, on se dit que le morceau, vu son nom, donne peut être un peu trop d'indices...). Et là, d'un coup, bam, il nous dit que si on le croise, on peut l'appeler « Lucifer », soit « le porteur de lumière », ca c'est un nom qu'a la classe, en plus il a l'air sympa, gouailleur, beau gosse (bon, en même temps il ressemble vachement à Mick Jagger, hein), sur de lui, bref, on a bien envie d'aller faire la tournée des bars avec lui.


Mais quand le rôle est joué par Axl Rose, là... franchement c'est angoissant mais pas pour les bonnes raisons. C'est-à-dire que la chanson commence bien (en plus y a des solos de ci de là, on se dit que franchement il se la pète en plus cette fois ci, putain, en 20 ans il s'est pas calmé c'est un marrant ce Lucifer.) Et là c'est le drame. Ca se passe à 4 minutes 00 (le 4 est symbole de malheur dans certaines civilisations orientales, je suis sur que c'est un signe, j'veux dire, Chinese Democracy tout ça.). Et on atteint le couplet dit « de l'aveu », là ou on a la révélation, la grande explosion, qu'on imagine avec force flammes et déhanchements... Et je sais pas ce qui leur est passé par la tête, mais là ils nous collent du piano et  un Axl tout gentil à moitié en sourdine qui dans un souffle nous avoue « Lucifer » comme s'il en avait honte comme si il nous avouait être fan de U2, je sais pas , et désolé, on est obligé de tirer la conclusion qui s'impose, Belzebuth c'est plus ce que c'était, là, on a juste envie de vérifier que sa perf est bien en place et de lui tendre l'urinal.


La preuve, il lui a fallu 14 ans pour faire un album qu'est même pas génial. Alors qu'à l'époque, Beggar 's Banquet il nous l'avait torché en même pas un an.


Bon, voilà, c'était une première session. Gentlemen, si ca vous tente, prochaine session dans quelques temps.



 

 

 

 

 

* Je sais que c'est pas ça qu'il s'est passé en vrai, mais bon, après une reprise pareille, la réalité historique, elle se rend même plus compte des outrages qu'on lui fait subir
** Au passage, je tiens à vous signaler qu'on a des nouvelles de lui : il est barman. Dans 2 épisodes de Dr House.

*** D'ailleurs, Paradise City fait partie de mon top 5 des chansons à écouter dans son lecteur mp3 pour se creuser efficacement à coup d'épaules à 8 h 30 entre la ligne 14 et la sortie à St Lazare. Si je ne l'ai pas publié c'est parce que je pense qu'il n'intéressera que peu de mes lecteurs.

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Published by Guic ' the old - dans Compilations pirates
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commentaires

Christophe 15/12/2008 17:12

La phrase du jour :"Aujourd'hui, ce type de reprises ne surprend plus vraiment, c'est devenu comme une nouvelle orthodoxie de la cover"[souligné par nous, NDLR]Y a pas à tortiller : pas mieux !Ce qui n'enlève pas l'intérêt de la traque à la reprise ratée (according to the Guic's theory).5g7 

Ska 15/12/2008 14:59

Je suis d'accord avec toi sur le fond, Christophe. Mais il est évident - quand je vois l'un des membres de Nouvelle Vague sortir un disque de reprises de tubes ciné des années 80 - que ce qui était intéressant au départ se mue peu à peu en formule... Et l'on pourrait aussi tout à fait imaginer que c'est Béatrice Ardisson, qui a prospéré avec les compilation de Paris Dernière, qui a demandé à Nouvelle Vague de prolonger l'expérience... Histoire d'avoir des trucs à sortir dans 10 ans... Bien sûr, j'exagère, mais bon...Il faut faire autre chose maintenant. D'ailleurs, quand Doré faisait ses reprises Nouvelle Star, je me souviens que nous avions tous à la bouche les noms de Richard Cheese, de Paul Anka, voire de Pat Boone (qui avait commis un album dans le genre il y a plus de dix ans...). Parfois, c'était pour "pervertir" le morceau d'origine et c'était vraiment chouette (Lolita). Aujourd'hui, toutefois, ce type de reprises ne surprend plus vraiment, c'est devenu comme une nouvelle orthodoxie de la cover (vas-y que je te joue Killing in the Name en mode country, Toxic au piano, Amoureux solitaire en mode neurasthénique, etc...). Bon, j'ai l'air de chipoter, mais en fait j'adore ça (quand c'est bien fait, ce qui est définitivement le cas des trois que je viens d'évoquer).

Christophe 15/12/2008 12:21

Pour Doré, Nouvelle Vague ou Richard Cheese, je crois qu'ils ont au contraire bien compris le principe puisque ces reprises sont des transgressions ouvertement opposées pour souligner avec une certaines candeur (ou une dureté opposée) la caractère violent de la chanson à sa base.Dans ces cas là, on n'est pas dans les ratages proposés par Guic, où les repreneurs n'ont objectivement pas compris le sens réel des chansons reprises, en appuyant trop fort pour certains (sympathy for the devil, qui se doit d'être davantage dans l'understatement), ou en passant complètement à côté.je ne dis pas que Nouvelle Vague n'est pas non plus un joli exercice ludique, et qu'il n'oublie pas parfois les paroles pour rechercher surtout un effet de retournement de la violence formelle du morceau d'origine en une bluette, mais je crois quand même que ces petites voix minaudant sur des textes hyper sur le fil du rasoir en rajoutent une couche sur la violence du propos.Reste que ces reprises n'ont ici de valeur que parce qu'on connaît les originaux.Alors que pour les cas cités ici, les repreneneurs se croient plus forts et pensent interpréter la version ultime, débarrassée des approximations de l'original. Ils pensent même pouvoir faire oublier la version originale en imposant leur version comme LA version de ces chansons. Et ils se gourrent. D'où le concept des reprises ratées au sens Guichonesque.Voilà voilà, beaucoup de bruit pour pas grand choses, mais le sujet m'intéresse en ce sens.Sinon, sérieux, tu ne m'as pas répondu (je sais que tu étais occupé comme moi à te débarrasser d'un tag aussi collant que le sparadrap d'Haddock), mais c'est de qui behind blue eyes ?  9gw 

Ska 15/12/2008 11:36

Excellent !Oui, c'est un super angle que tu as trouvé là pour parler des reprises.Quand tu veux pour une deuxième salve...Après, le risque avec ce genre d'approche, c'est que le décalage volontariste d'avec l'original, l'ironie exhibée, est aussi devenu un des principes qui a le plus cours aujourd'hui en matière de covers... C'est devenu, même, pour certains une marque de fabrique (cf Nouvelle Vague - parce que Guns of Brixton en douce bossa-nova, quand même, il y a un problème - ou Julien Doré...)

lou 14/12/2008 16:36

 A show-set recall ?En ce moment, ça déconnecte en 1 minute. Quand on vous dit que si l'orange est bleue pour Eluard, elle n'est pas blanc-bleue pour France Telecom Orange... je reviendrai pour l'article.Maintenant,Un tag pour toi ici.Selon la règle du jeu, tu réponds chez toi, aux cinq questions – et tu peux commenter où tu veux les précédents pénitents de cette chaîne de Saint-Antoine…