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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 10:40

John Densmore fut pendant toute leur courte carrière, batteur des Doors. Dans « Riders on the Storm » (bizarrement rebaptisé en français « le vaisseau de Cristal »), il nous conte ses années, derrière les futs, sur scène ou en studio, auprès de la joyeuse bande formée par Jim Morrison, Ray Manzarek et Robbie Krieger. Et donc, lui aussi, et l'avantage certain qu'il tirera d'avoir écrit cette biographie, c'est qu'à partir de maintenant, au moins, je n'oublierais plus son nom (c'était, justement, le « Door » dont je me rappelait jamais du nom...). Et je suis sur que ca lui fait déjà plaisir.




Ce livre est... surprenant. « Ouais bof, c'est une biographie des Doors, encore une », allez vous me dire. Ben non, justement. Pas « encore une ». Parce que bon, les biographies des Doors sont peu nombreuses. Des biographies de Morrison, ah ca oui il y en a. Mais des Doors, en tant que groupe ? Eh bien, pas tant que ça, et celle-ci en est une.


Un livre qui est là pour rappeler que, malgré le charisme de son frontman, musicalement, les Doors sont issus des inspirations diverses (le jazz pour Densmore, les musiques hispanisantes pour Kriegger) des différents membres du groupe. Pour rappeler que si les morceaux sont crédités « The Doors », ce n'est pas nécessairement une largesse de Morrison, mais bel et bien le résultat du fait que chaque membre apportait une pièce à l'édifice. (Dans les faits, Morrison et Kriegger étaient les principaux paroliers, mais la composition des titres était collégiale.)


Et en plus, on a « enfin » j'oserai dire un point de vue interne sur la personnalité morrisonnienne... Parce que bon, quand un des techniciens de studio ou je sais plus trop quoi (un livreur peut être) est embauché comme consultant pour « No one here gets out alive », on se demande quand même un peu à quoi tient la réalité historique. Là non. Densmore a quelque chose que les autres n'ont pas forcément dans cette entreprise... La légitimité (c'est cette légitimité d'ailleurs qui fait que par défaut je me tourne plutôt vers les autobiographies que vers les bio rédigées par le critique littéraire du courrier du Nord qui, tiens, d'un coup a décidé, après son coup d'essai sur Bénabar, de rédiger une bio des Who... qui s'avère moins complète que l'article leur étant consacré sur Wikipedia. Ce raisonnement s'applique tout aussi bien, à, au hasard, je sais pas moi... le bouquin de Bégaudeau sur les Stones par exemple.)


Mais Densmore réussit à flirter avec le contresens sans pour autant jamais y tomber... La volonté de ce livre est de montrer que lui, John Densmore, était batteur des Doors, pas de Jim Morrison, et pourtant... les mésaventures du Lizard King occupent une grande place dans l'histoire, en particulier le ressenti qu'en a John... C'est-à-dire cette sensation prégnante que rester dans ce groupe est dangereux, que Morrison est un fou, que... ben que personne ne sortira vivant de cette histoire. Honnêtement, vu ce qu'il nous raconte, on le comprend.


Mais pourtant... il ne peut s'empêcher de narrer avec émotion et tristesse la descente aux enfers de son frère d'adoption, d'honorer à sa manière sa mémoire...

Rappelons que s'il s'acharne ici à montrer que les Doors étaient un véritable groupe, et que Morrison était leur chanteur, (pas leur leader) , il est celui qui a refusé de participer à la reformation du groupe avec, au chant, le leader de The Cult, celui qui a réalisé le premier que musicalement, les Doors lui colleraient toujours à la peau... Celui qui considère que respecter Jim n'est pas en faire une pub permanente... Bref il n'est pas Ray Manzarek.


Et c'est non sans une certaine émotion qu'on referme le livre, arrivé à la conclusion que nous offre John Densmore... « On me demande souvent si Morrison était un génie sympathique ou un sale trou du cul... Je pense qu'il était les deux. »



PS: Malgré l'image, je vous jure que ma version, le titre sur le bouquin (dans cette collection, hein, les éditions Camion Blanc qui regorgent de très bonnes biographies Rock), le titre c'est "Le vaisseau de cristal, je vous jure!!!)

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Published by Guic ' the old - dans Festival de Reading...
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commentaires

Guic' the old 15/12/2008 10:24

SysT: Le titre original du bouquin est "Riders on the Storm" en fait... Mais c'est vrai que Crystal Ship (qui est rappelons le une allusion à la drogue, hein...) c'est plus diaphane.Dr F (et, par conséquent, G.T. aussi) : ... Le fait est que ca parle beaucoup de jazz, de caves enfumées, et tout ça dans le début du bouquin... et que, n'ayant pas les références nécessaires, j'ai pas tout compris...Arbobo: Ah... Y aurait tout un bouqin à écrire (quoique c'est peut etre déjà fait) sur Charles Manson et le Rock n' Roll... Qu'on le veuille ou non, c'est quand meme le créatuer du serial killing RnR... (Quoiqu'il y aura toujours un mauvais coucheur pour vous dire que c'est une connerie de récupération par une chapelle comme Burroughs pour la littérature ;-) )G.T.: J'aurais pourtant cru que tu l'aurais déjà lu depuis fort long... Mais en fait j'ai un défaut concernant les biographies.... Je n'a ccorde du crédit presque uniquement aux AUTObiographies... Ou alors il faudrait vraiment que je reconnaisse l'auteur comme un spécialiste de son sujet d'étude (un Ungemuth, un Verlant, ... un gars comme ca quoi.)

G.T. 14/12/2008 20:31

J'en avais entendu parler, toujours pas lu (un comble, pour le fan des Doors que je suis...) mais bon, ton article m'a définitivement convaincu qu'il me le faut au plus vite !(Et je suis entièrement d'accord avec la remarque de DR. F.)

arbobo 02/12/2008 13:23

ben alors, t'as pas de scanner guic' ? ;-)
Pour ce qui est de ne pas suvivre à l'aventure, curieusement ça me fait penser qu'un des groupes qui a frolé de plus près la cata est aussi l'un des plus sages (quoique aussi un des plus géniaux), les Beach Boys, dont ce satané Dennis a flirté comme bien d'autres avec le tueur en série Charles Manson.
ça, c'est dangereux :-)

dr frankNfurter 01/12/2008 21:16

de toute façon... un homme, batteur de son état, qui a pour héros un certain Elvin Jones, LE batteur du John Coltrane quartet, ne peut pas être mauvais.

SysTooL 01/12/2008 19:16

C'est quoi cette version pirate que t'as chopé???Ben disons que The Crystal Ship, outre le fait d'être un bon morceau, c'est un joli titre pour le bouquin... toute la fragilité du groupe... diaphane, dirait-on en réponse à ton fameux article sur les termes pompeux utilisés par les rock critics ;-)SysT