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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 18:43

Je dois l'avouer, j'ai parfois un faible pour les trucs foncièrement nuls, kitsch, parfois même pompiers, en un mot : ridicules.

J'ai beau apprécier le musique dite de qualité, ils sont nombreux les morcceaux que j'aime juste parce que bon, ils me font marrer. En ce sens, les années 80 sont une mine d'or. Le  Hard Rock 80 encore plus. Jamais je ne cracherai sur un petit Motley Crue (peu de choses sont aussi délirantes que gueuler « Shout at the Devil » seul avec Vince Neil ou  se dandiner sur « Dr Feelgood »... tant qu'on reste bien, entendu, à l'abri des regards.)


Ces derniers temps, deux des morceaux que j'ai le plus écouté sont de cet accabit, puisqu'il s'agit de... « Poison » d'Alice Cooper (morceau sur lequel nous reviendrons sous peu), courtesy of . G.T., et de « 18 and life » de Skid Row (courtesy of Chtif), morceau dans lequel le « Yeah yeah, yeah yeah... » à 2 min 40 que nous envoie Sebastian Bach déclenche chez moi des convulsions de rire gras qui ne sont pas sans rappeler les grandes heures de Philippe Bouvard et Thierry Roland réunis.


D'autant plus que ces morceaux sont soutenus par des clips d'un mauvais gout que d'aucuns qualifieraient d'affligeants, et que personnellement je trouve à la limite du génie.


Et au milieu de tout cela, il y a... Billy Idol. Alors là on va très loin.


C'est l'apothéose de tout ça, et Billy ne peut que régaler la partie de moi qui s'enquiert toujours d'un peu plus de nullité.


Replaçons les choses : Billy Idol est issu de génération X, groupe dit « de punk » mais renié par beaucoup, comme quoi ils seraient arrivés trop tard, que ce seraient des suiveurs, tout ça... Je ne connais pas la véritable histoire (si jamais il y en a une), mais bon, admettons qu'on s'en fout totalement, parce que désolé, celui qui oserai qualifier « Dancing with myself » de morceau punk est soit sourd, soit croit que Calogéro est vraiment un artiste Pop-Rock. Pourtant ce morceau contient déjà en germe, tout ce qui fera Billy Idol.


Billy, c'est plus qu'une idole. C'est un concept. Avant il y avait des concept albums, lui il est le concept singer. Il n'a de punk que l'attirail (cheveux hérissés, cuir, ... et mine patibulaire). Entouré de guitar heroes, il livre une sorte de hard FM croisé avec un punk discoïde aseptisé, sans aucune aspérité, sur fond de synthétiseurs post new wave... En gros il réussit à cristalliser dans chacun de ses morceaux tout ce qui a pu être fait dans les années 80 et qui a de suite été renié sauf par quelques monomaniaques. Et dans les clips on atteint le summum.






Ecouter un best of de Billy Idol est un truc à vivre. Chaque morceau touche au génie tant on est assailli sous une vague d'orchestrations qui réussissent à être tout à la fois surchargées, pompeuses et pourtant livrées dans un dénuement le plus total. Chacun de ses titres aurait gagné à être plus court. Et les plus courts de ses titres auraient aussi gagnés à être plus court au point de ne pas exister ! Et pourtant... l'écoute de chacun d'eux me procure un grand moment de bonheur.


Un exemple idéal serait ce "Eyes without a face", ou l'on sent une volonté de construire une ballade, un truc désemparé, triste, peut être même émouvant... Mais Billy ne peut s'empécher de caler un passage plus énervé.... Et fout tout le titre en l'air. LA seul description cohérente de ce morceau qui me vient à l'esprit, c'est... "Behind Blue Eyes du pauvre".






Ma recherche d'une musique qui me plairait issue des années 80 m'a amené aux Smiths. Morrissey est, comme chacun sait, un grand parolier. Quand j'écoute un de leurs morceaux, sans lire les paroles, et que j'en comprends un bout (anglais affiné, mais quand même...) à chaque fois, ma réaction est « waouh, quand même, c'est bien tourné, bien dit, bien torché. ».

En ce sens, Billy Idol est l'anti-Morrissey par excellence. Quand je saisis un bout de ses paroles, je suis obligé d'avoir une sorte de rictus croisé entre le rire nerveux et l'expression affligée, comme devant un épisode de Benny Hill ou un sketch de Bigard, devant lequel si l'on rit, ce n'est pas parce que c'est drôle en soi, mais parce qu'on est affligé de l'existence même d'une forme d'humour aussi basse, aussi ridicule. Billy c'est pareil : on se demande comment on peut oser publier des morceaux avec de telles paroles.


Prenons le tube « Flesh for fantasy » (qui se traduirait, vu le contexte fortement sexuel de la chose, par « Chair à fantasme », de la même façon qu'on pourrait dire « Fromage à raclette ».)


Face to face and back to back

You see and feel

My sex attack

(Flesh)

Flesh for fantasy...






Ce refrain, personnellement, fait mon régal. Considérons les mots « Back to back you see [...] my sex attack" avec l'esprit cartésien qui est le mien... Et intéressons nous à leur romantisme militaire... Et nous savons que nous sommes là en face d'un authentique chef d'œuvre.


Et Billy Idol est un génie. Oui, je n'ai pas peur d'employer le mot, juste peur que vous ne le compreniez pas dans le sens ou je l'entends... Mais le fait est que, si faire un album ou toutes les chansons sont de petits chefs d'œuvre relève du coup de génie, c'est tout autant génial que de réaliser coup sur coup autant de morceaux si sauvagement mauvais. Cet homme est un impressionnant cliché ambulant...


Mon premier contact avec lui, ce fut un enregistrement public de Tommy des Who. Ou il incarne Cousin Kevin. Puis un autre, de Quadrophenia, ou il est le « Bell Boy ». Arborant son éternel cuir et sa décoloration  qui commence à être en fait une coloration... Il m'est tout de suite apparu sympathique. Surtout, voir un vieux punk ridé jouer un rôle de rebelle adolescent, ca fait toujours plaisir.

De plus, ne nions pas les choses... Billy Idol est un has been. Un vrai. Dans les années 2000, qui s'est réclamé de Billy Idol, à part Spike de Buffy contre les vampires? Personne. Pas même lui-même dont j'ignore totalement ce qu'il est devenu depuis 1997.


Et bizarrement, toute cette accumulation... me le rend étrangement sympathique, fait que j'aime m'écouter de façon totalement premier degré « Rebel Yell », admirer cette façon qu'il a de quand même balancer la sauce dans « Eyes witout a face » alors qu'on avait l'impression qu'il tentait de faire une ballade, mais que bon a un moment il y tient plus...


Et se repasser ces clips, summum du mauvais gout 80's, bariolés et plein de formes géométrique, sauf « Dancing with myself », joyeusement peuplé de... zombies dansant.






Voilà...c'est assez franchement ridicule, d'un mauvais gout déroutant, mais si agréable à se repasser !!


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commentaires

Léa 15/08/2013 12:15


Il y a un bar à Lyon dont la playlist te plairait fortement (si elle n'a pas déjà été conçue par toi-même) : l'autre jour ils ont enchainé How Soon Is Now ? et Dancing with Myself :D

Guic ' the old 04/09/2013 20:05



Non je l'ai pas conçue, mais...


Enfin, Dancing with myself c'est très certainement le seul titre de Billy Idol dont on peut avouer en public qu'on l'aime sans avoir à en rougir. Mais bon, on dira que c'est un titre de
Generation X parce qu'on sait jamais.


(Ready Steady Go est pas dégueu non plus d'ailleurs)



thierry 22/12/2011 23:29


ah là on voit bien la graine du gars qui aurait tellement aimé y comprendre quelque chose en musique, le même style de gars qui dirait que le solo de gilmour dans confortabely numb de Floyd ne
sert à rien ! pour analyser les choses il faut savoir les extraires de son contexte.


oui billy idol était un pantin époque  MTV, comme d'autres mais c'est une vision très superficielle des choses. De toutes façons, chez tous les artistes il faut faire le tri, il y a 20 % de
génie et 80 % de marchandise.


 


être critique et cynique masturbatoire, c'est démodé. Mets-toi au travail et à l'analyse constructive.


 


Pour ma part je conseillerais : les morceaux  "white wedding", "hot in the city", "do not stand in the shadow" (précurseur de Green day et compagnie"), "to be a lover", "fatal charm" et son
autodérision, "one night one chance" (sublime), "sweet sixteen" (balade folk dont les lyrics sont très touchants et bien écrits), "lady guitar" et "cherie" deux morceaus qui se suivent dans son
dernier album, tous deux excellents.


Quant à son guitariste, écoutez plutôt la partie guitare en son clair de "flesh for fantasy" et le long solo final sur "blue highway", un sommet méconnu du rock'en'roll.


 

Guic' the old 15/12/2008 10:17

Thom: Pour moi Billy entre dans tout ce qu'il y a de minable et honteux et purement estampillé 80's, que j'ai découvert en tant que.... "trucs min&ables et honteux estampillés 80's", tout ce qui comprend le Hard FM et compagnie en fait... Donc pour moi, oui, c'est honteux parce que c'est censé l'être... Et je suis sur que si c'était pas aussi kitsch, j'aimerai baucoup moins. Quant à Génération X, je me suis jamais vraiment penché sur le truc, en fait...Quentin: Oh non, tu sais pas tout... Y a plein de trucs que je garde cachés...G.T.: Oui, tout a fait d'accord pour Rebel Yell... D'ailleurs j'ai récement crossoverisé deux de mes articles (celui ci et le suivant...) : le mec qui s'est fait sortir de scene samedi dernier en tentant de jouer "Rebell Yell" sur la borne de démonstration "Guitar Hero : World tour" de la Fnac de Thiais, oui, c'était moi. (PS: Ravi de te revoir dans le coin ;-))

G.T. 14/12/2008 20:37

Très bon, cet article^^Je n'ai pas de sympathie particulière pour Billy Idol, je ne supporte pas Eyes without face... mais pourtant, parce que c'est ma jeunesse, je ne peux cracher sur Rebel Yell, un titre que je peux toujours écouter avec plaisir... et j'ai même pas honte... enfin si, un peu quand même... 

Quentin 11/12/2008 22:27

Billy c'est ? ho ho Billy ?Trés bien, je sais tout maintenant