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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 20:45

Depuis le temps que j'écoute de la musique, enfin, que j'en écoute vraiment, et d'autant plus depuis que j'écris dans ces pages, j'ai eu l'occasion de remarquer certaines redondances dans mon comportement musical annuel. Automatiquement, presque inconsciemment, certains groupes, certains albums, reviennent à une certaines période de l'année. Je ne dirais pas que j'en ai un pour chaque mois, ça non, mais bon... Il y a des automatismes liés à mon histoire personnelle avec ces disques... qui m'apparaissent plus évidents chaque année.


Cette année de plus dans ma besace est pour moi l'occasion de faire le point, et, via quelques anecdotes pas édifiantes du tout, de vous livrer un semblant de parcours musical... A défaut d'en publier un complet.


A tout seigneur tout honneur... Occupons-nous de la douce saison automnale, que, pourtant, je déteste. (C'est nul, l'automne.)



Septembre : Songs for the Deaf


Replaçons les choses. 2007, Lyon. Je bosse. Des journées pas forcément harassantes, mais très longues : pas encore l'habitude de faire 9 h 18 h, ca me change de mon rythme habituel, celui des écoliers. Le soir, pour rejoindre mon petit appart', je prends, tranquillement, le tram. (Mon parcours changera dans les moins qui suivent, quand j'aurais découvert qu'une combinaison tram + métro diminue amplement mon temps de trajet.

Durant cette période, c'est, bizarrement, « Songs for the Deaf » que je suis en train de redécouvrir. Quand il était sorti, je l'avais écouté et apprécié modérément... Puis quelques titres se sont imposés à moi à force d'écoutes répétées, dans divers apparts, avec divers potes, consommant diverses marques de bière.

Et là, dans ce tram... « The sky is fallin' », un des titres que j'aime le moins, commence à résonner dans mes oreilles... Tandis que le soleil commence à se coucher et que le ciel commence à se colorer de rouge... C'est très con, mais je suis sur de détenir là le moment idéal pour écouter ce morceau. Encore aujourd'hui, ces images sont imprégnées dans mon esprit quand je dois évoquer ce disque...


Cette expérience aboutira évidement à la chronique de cet album en ces pages... Première chronique de la série des « chroniques barrées » qu'on peut y trouver.


Octobre : Up the Bracket


Celui-là, je l'avais acheté dès sa sortie. Pas le jour même, mais bon, pas longtemps après. En octobre 2002 donc. Sur les conseils de Rock & Folk, si je me souviens bien. La première écoute était... assez décevante. Pas prêt, que je me dis que j'étais, avec le recul. A l'époque j'avais encore mon bon vieux walkman à cassette, et sur celle que j'écoutais à cette période (c'était toujours des compilations maisons, j'ai rarement eu un album entier dessus, à part peut-être Surfer Rosa...). Sur ce coup là, j'avais gardé les 3 premières, et « Up the Bracket », la chanson-titre. Pas le meilleur choix possible, avec le recul, en fait.

Pourtant... pourtant que je le veuille ou non, cet album m'a marqué. Il correspond exactement à la période ou j'ai commencé à « fignoler mon style » (qui au final n'a rien de MON style tant il est commun : Dr Martens et manteau noir, tout le monde l'a fait ou presque. Quant aux cheveux longs ou presque, on va y venir.), au début de mes années de taupe, et, maintenant, dès que résonnent les premières notes de « Vertigo », je me revois, vouté comme à l'habitude, attendant mon RER avec une mine patibulaire sur le quai de la gare de Lyon.

Cette image est d'autant plus mystérieuse pour moi que mon changement se faisait à Chatelet en temps normal... Au moins ça explique la sale tête, ca sous-entend qu'il y avait encore eu un problème d'interconnexion sur mon RER maudit.

Quelques années plus tard, j'avais déjà laissé cet album de côté, quand j'ai posé une oreille distraite sur le second album de ceux que je n'aurais jamais qualifié à l'époque de « Likely Lads »... Album qui a tourné quelques années plus tard, quand, cette fois ci, j'arpentais la Gare Montparnasse pour aller bosser à l'autre bout de Paris, « Can't stand me now » déchirant la membrane des écouteurs de mon iPod.

Puis j'en suis revenu au premier. Puis aux EP précédant ce premier album. Encore aujourd'hui, mes titres préférés du quatuor sont « What a waster » et « Don't look back into the Sun »... A ce rythme là, je vais devoir me mettre à écouter les enregistrements qu'ils ont fait avant de créer le groupe.


Et à chaque mois d'octobre, leur discographie complète revient faire un tour dans le lecteur. C'est comme ça. Et puis c'est pas pour la place que ça prend.




Novembre : Strange Days.


17 ans. C'est l'age que j'avais quand je suis devenu fan des Doors. Et de Jim Morrison. Surtout de Jm, à l'époque. C'est l'âge auquel j'ai décidé de me faire pousser les cheveux, par exemple. C'est l'anniversaire pour lequel on m'a offert un double best of des Doors. Mais aussi une biographie de Morrison (un mini - livre de chez Maxi - Livres...)

Et aussi des vacances (à moins qu'il s'agisse d'un WE prolongé pour cause de 11 Novembre ?) dans la maison familiale, à la campagne, dans cette période de nuit qui tombe trop tôt, de température qui chute trop bas, d'ennui qui se fait trop pesant. Encore et toujours des cassettes qui tournent...

On avait fêté les 30 ans de la mort du Lizard King, et c'est comme ça que j'avais entendu parler un peu plus que d'usage de ce groupe. Et pourtant... Pourtant, j'arrive pas à comprendre le souvenir que j'ai de cette période. Découvrir les Doors, OK, mais quand même... Mes plus gros chocs, c'étaient les classiques, les « Break on Through », « Light my fire », « The End »... Ma préférée a toujours été « Moonlight Drive »...

Et pourtant...l'image de moi-même que me renvoie cette période a pour fond sonore « People are Strange » et « You're lost little girl ». Pourquoi pas les autres ? Non, je suis là, léthargique, en train de finir ce livre minuscule, à admirer une photo du buste qui a longtemps orné la tombe de Jim, allongé, et écoutant ces deux morceaux, certainement les plus déprimants du groupe... Voilà ce dont je me souviens. Depuis, à chaque mois de Novembre, j'ai une période « Doors ». Et, encore cette année, ça loupe pas vu que je suis en train de lire la biographie de John Densmore... Sur fond de « When the music's over ».



Décembre : OK Computer.


Alors, oui, de par son histoire avec moi, OK Computer devrait avoir le mois de Novembre à lui, mais bon. Le fait est qu'à partir du moment ou cet album est entré dans mon champ musical, les choses ont été très vite et que finalement il a coïncidé avec un évènement qu'il faut bien vivre une fois dans sa vie, à savoir se faire larguer. Et se faire virer avec OK Computer qui t'attend dans la platine, ca magnifie l'expérience dans des proportions qu'on va passer le reste de sa vie à éviter. En Décembre, les jours sont trop court, c'est déprimant, mais les jours sont beaux. Rien n'est plus agréable qu'on bon soleil d'hiver.

C'est un disque à la fois beau et dangereux, en ce sens qu'il magnifie la déprime, et... donnerai presque gout à cet état. Heureusement ça passe, et un peu après on se met à focaliser sur l'avenir.... Et la dimension du disque change, on l'écoute pour se remémorer les moments passés à se lamenter... pour deux raisons, suivant les cas : soit avec nostalgie, en se disant que quand même, c'était bien le bon vieux temps ou on se prenait la tête pour des conneries, ou pour se dire que, finalement, c'est passé ce mauvais moment, et que donc... le mauvais moment actuel finira bien par passer lui aussi.



Janvier : Velvet Underground & Nico.


L'hiver, à Nancy, il fait froid. Mais il fait beau. Le soleil d'hiver est beaucoup plus fréquent dans l'Est que dans ma région parisienne originelle, et les dimanche après midi ont beau être tristes car courts et parsemés des conséquences de la veille, ils sont agréables. Mon cher voisin de l'appartement 105 a une facheuse tendance à oublier ce qu'il a fait de ses soirées, et a pris l'habitude de passer chez moi pour en avoir un compte rendu détaillé. Certains dimanches, vers 15 heures, mon appart résonne d'un « Guicard, qu'est ce que j'ai fait hier soir ? » qui fait plaisir à entendre. Mon voisin du 105  est un fan d'électro, d'abstract hip hop et d'autres courants dont les noms m'échappent. Pourtant, il aime beaucoup l'album « The Velvet Underground and Nico ». Alors, pendant que je lui raconte sa soirée de la veille, devant un bon café (enfin... une lavasse comme je sais les faire...), « Venus in Furs » tourne, tranquillement, sur le PC qui trône dans mon petit appart aux murs recouverts de posters.

Quand, à l'occasion d'un squat lyonnais impromptu, deux ans plus tard, pendant un réveil des plus difficiles pour lui commme pour moi, je verrais ce disque en évidence sur son bureau, je ne saurais m'empêcher de sourire. Certaines choses ne changent jamais.


Février : Funeral


A Nancy, certains de mes potes font du théatre. Ca m'aurait pas déplu d'en faire, mais je suis revenu de stage trop tard pour pouvoir me joindre à la troupe. Débarquer en Janvier pour jouer mi-février, c'est un peu juste. Mais bon. Leur metteur en scène est un thésard de l'école, sympa, guitariste, fan de musique, pire que moi, et ça c'est réconfortant. En plus, j'ai pris mes habitudes avec eux. Le mercredi soir, quand la répétition est finie, on va se poser au Bar du Faubourg, un rade tout ce qu'il y a de plus banal (imaginez ce qu'on appelle couramment un PMU, mais sans personne qui parie sur les chevaux ni d'écran où défilent les résultats du Rapido), la bière est pas chère, et à partir de la troisième semaine, le patron a commencé à nous offrir, altrenativement, soit des olives, soit une tournée. Et pendant ce temps là, on discute, on raconte des conneries, et on joue au « contrat » (que d'aucun appelle « Tarot africain ». Ca se joue avec les atouts d'un jeu de tarot, mais comme on a pas ca, on joue avec les cœurs, les piques, et les 7, 8, 9, 10 et Valet de carreau d'un jeu de 32 cartes.) Puis, de temps en temps, on finit chez notre collègue thésard qui blinde de musique les 2 Go de mémoire de mon iPod. Parfois, un film (Spinal Tap, entre autres), mais surtout, ce Funeral... Cet album d'automne, pourtant si resplendissant dans une lumière d'hiver, dans ce soleil blanc mais bon là il fait nuit. « Tu veux quoi, une Chimay ou un Four Roses ? » « Attends, y a une vidéo qu'il faut que j'te montre absolument, tu verras c'est du grand n'importe quoi » « mes chaussons de Rock n Roll »... Plein de phrases sont associées à ce grand appart en bordel permanent croulant sous les BD et les CD, les DVD et les vinyles... On en a passé des soirées dans cet appart, toutes plus folles les unes que les autres, et j'en ai découverts des morceaux, des albums grandioses... Mais aucun n'arrivera à égaler l'émotion ressentie à la première écoute de Funeral. L'émotion ressentie quand on se rend compte que le « Ca, je suis sur que ca va te plaire, je te jure » du Patron sonne très souvent juste. Tout comme sa variante chez les disquaires : « Franchement, prends ça, si ça te plait pas je te le rachète, je l'ai pas en CD, mais bon, je suis sur que ca va te plaire. »


A suivre...

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Published by Guic ' the old - dans Megalomania
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commentaires

klak 06/11/2008 20:15

des disques qui reviennent aux mêmes saisons ? ça me l'a jamais fait ?!en tout cas regarder le ciel rougir est bien le meilleur moment pour écouter the sky is fallin, même si c'est depuis un tram lyonnais et pas le désert du nevada ...

alf 06/11/2008 12:29

ça nous fait 2 disques de novembre au moins en commun (ok & funeral), ce qui n'est déjà pas si mal au fond...