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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 19:45

J'ai longtemps tergiversé avec moi-même avant de faire cette critique. Et encore, critique c'est pas le terme juste. Je ne suis pas foutu d'émettre un avis, et encore moins un avis cohérent, sur ce livre. Je ne sais même pas vraiment ce que j'en ai pensé.


J'ai longtemps hésité, non pas sur le fait de parler de ce livre, non ça, depuis que je me suis remis à bloguer régulièrement, la question, je ne me la pose même plus. (Le blog a une influence néfaste sur moi qui fait que je commence à croire que tout ce que je raconte peut s'avérer intéressant pour quelqu'un (ce qui entraîne chez moi des accès de mégalo assez frappants qui m'angoissent moi-même, décidément faut que je lève un peu le pied.))


Non, le point sur lequel j'ai pas réussi à me décider tout de suite, c'est : « Ce roman, je le critique ici ou chez les Chats ? », oui, parce que bon, je fais pigiste occasionnel pour les Chats maintenant, aussi.


Alors finalement, presque idiotement, je me suis dit que... c'était surement mieux de le faire ici, ne serai-ce que parce qu'il y a de plus grandes chances de croiser des amateurs de Nick Cave ici. Il y a aussi le fait que Les Chats sortent d'un cycle Philippe Jaenada, on va peut-être pas les traumatiser avec un bouquin aussi glauque que celui-ci. Et puis surtout... parce que je vais peut-être parler d'un livre, ok, mais ce que je vais écrire n'aura rien d'une critique littéraire. Du tout.


J'aime bien Nick Cave, le chanteur. Cela dit j'aime bien Bob Dylan le chanteur et je n'ai jamais lu son roman Tarantula, et n'ai aucune envie de le faire. Alors au final, qu'est-ce qui m'a poussé à le faire... On va dire que j'avais un a priori positif, en avait entendu de bons échos, et pensait que, bon, ben oui, Cave peut me tenir en haleine presque 500 pages. Et puis bon, un rockeur qui préfère écrire directement un bouquin plutôt que d'en faire un concept album imbittable, c'est forcément quelqu'un de bien intentionné.


Mais quand même, qu'est ce que ça raconte ? Euchrid Eucrow est l'honnête fils muet, à moitié autiste et légèrement psychopathe d'une alcoolique et d'un braconnier. Il vit dans Ukulore Valley, dont les productions principales sont la canne à sucre et les prédicateurs de la parole de Joseph Ukulore, fondateur de la secte des Ukulites qui règne en maître dans la vallée.


Admettons qu'on a, rien que dans cette description, suffisamment de choses : un muet, à moitié barge (qui d'ailleurs se parle à lui-même et vit un peu dans son monde), et un mysticisme franchement présent, assez de choses disais-je pour rappeler les pires des concepts album et opéra Rock jamais publiés. Ne manquent que des scooters.


Bon, vous voyez bien que je suis mal barré pour la critique littéraire.



Et je suis pas le seul à être mal barré, m'est avis.


Alors, d'un, ce livre est glauque. De deux, il est blindé de délires mystiques, pourtant pas toujours si délirants que ça. De symboles aussi. De malaise, de bêtise humaine, de cruauté, de... tout ce qui peut ne pas aller chez l'homme. Pour vous dire, même la météo est pourrie jusqu'à la moelle dans ce bouquin.


Et en fait je suis même pas capable de vous dire si j'ai aimé ce bouquin. Je l'ai fini, c'est bon signe. Mais j'ai hésité à le lâcher à une ou deux reprises (surtout au début du livre troisième, en fait...) . Mais le style, mes aïeux, le style !! Cette écriture, cette façon de prendre aux tripes, de tirer dessus et de retourner le lecteur comme une chaussette... Ce livre est saisissant.... On frémit d'horreur, on s'inquiète parfois pour la santé mentale de l'auteur...


Et puis on se rappelle que le bouquin est sorti à peu près au même moment que « Tender Prey »... Et qu'il faut le voir très certainement comme un morceau de l'œuvre Cavienne. On va pas non plus dire que les albums d'après le roman sont plus apaisés, mais ils sont moins... bruitistes, ou même foutraques. (Si, les premiers le sont un peu quand même pour une oreille non habituée, permettez-moi de le dire...)


A croire qu'il a lâché toute une part de son malaise dans le bouquin. Le bouquin, dans lequel on recherche sans même forcément le vouloir, des références aux albums. Un livre encore plus agréable, dans lequel on s'immerge plus encore, à l'écoute des (premiers albums des Bad Seeds  - « Tender Prey »). A croire que dans « From Her to Eternity », « The Firstborn is Dead », et « Your Funeral my trial », ce livre est en germe (et en toute logique il l'est surement), tandis que dans « Henry's Dream », « Let Love In », et «  Murder Ballads », il y résonne encore comme un écho.


Il occupe une place forte en fait dans l'œuvre cavienne, et explique pourquoi je trouvais que « Tender Prey » dépareillait dans la discographie... C'est parce que ce livre (sorti en 1989) y trouverai presque mieux sa place que l'album de 1988. Tiens, c'est marrant... C'est presque devenu un acte manqué révélateur, j'oublie toujours « The Good Son » dans la discographie du sieur Cave.


Bref. Je ne saurais dire si ce livre est bon ou non. Je ne saurais y trouver les références littéraires que tout le monde y attribue, ignorant tout ou presque de Faulkner, de Steinbeck, et de tant d'autres. Je sais que j'y ai trouvé une écriture franchement intrigante, mais qui porte l'histoire. Un gout pour la symbolique que je partage assez. Une folie que j'aime trouver dans ce que je lis. Des références, et quand il y a des références, mon égo est toujours flatté de les relever. Et surtout, j'y ai trouvé une ambiance cavienne comme je les aime. Même si , avec son goût du non-dit et de l'ellipse, je suis même pas sur d'avoir tout compris. Mais bon... c'est presque dans mes habitudes avec lui maintenant*.


Re - bref. Un livre à lire à tout prix si on aime Nick Cave. Malheureusement je ne suis pas apte à juger pour l'autre position.


Allez, je vous laisse avec le morceau que j'ai du écouter le plus durant la lecture de ce roman ... Et le pire c'est que c'en est un des rares qui, au final, me fait pas trop penser au roman.



A lire aussi, la critique du livre par BBB., mais chez Thom


* Ben oui, j'ai beau adorer le morceau, je sais toujours pas qui c'est ce gars qui a une main droite rouge.

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Published by Guic ' the old - dans Festival de Reading...
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commentaires

zaph 25/10/2008 00:28

Un muet qui se parle à lui-même !Bah dis-donc, heureusement qu'il est pas sourd en plus ! ;-)

Thom 23/10/2008 23:12

Attends... "Le Cosmonaute" de Jaenada est bien plus glauque, dans le fond, que ce livre :-)Bon, je trouve que tu te débrouilles plutôt pas mal (dommage que je siphone sous peu tes efforts... puisque c'est un des mes livres à moi (et rien qu'à moi) :)). A présent tu es près pour t'attaquer à B.O. signée Cave et Clayton-Jones (oui, ils ont fait une B.O.L.). Si tu y survis... c'est que tu n'as plus rien à apprendre moi, jeune padawan.(et pour les Chats... vu la pénurie de critiques actuelles on t'aurise à l'y mettre aussi :-))