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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

18 octobre 2008 6 18 /10 /octobre /2008 19:41

Je l'ai. En main, enfin, devant moi. En vrai. Cette fois ci, la question ne s'est même pas posée. Quand je l'ai vu dans le rayonnage, je l'ai pris de suite. Si j'ai regardé le prix, c'était vraiment à titre indicatif. Pour me faire une idée. Après... je me suis rué à la caisse. Pas parce que je me suis dit que, non, décidément, ce serait pas sérieux de prendre un autre disque, mais juste parce que... j'aurais pas pu trouver autre chose, mieux, ou même tout simplement intéressant après ça. Pas la peine de se prendre la tête.


Ce disque... j'en ai pas révé non plus, mais j'y ai beaucoup pensé. Dès l'instant où j'ai connu l'existence de cette édition, je savais que jamais je n'achèterais l'édition « classique ». C'est aussi simple que ça. Je ne suis pas un collectionneur. Juste... un doux réveur. Dont le rêve s'est réalisé aujourd'hui, et, par conséquent, a été brisé.


Une fois sorti du magasin... Je ne pouvais pas rentrer, comme ça, chez moi. Parce que, par habitude, je déshabille le CD dans le RER, au retour, impatient d'en découvrir le livret, le visuel, avant de me faire une idée du contenu musical. Là, c'aurait été... une insulte. Je suis donc rentré dans un petit café, place de la Sorbonne, ce café ou j'ai tant traîné à l'époque de mes études parisiennes. Il a le mérite d'être agréable, bien situé, et pas cher du tout. J'ai commandé un grand café, allumé une cigarette, et, pour la première fois depuis très longtemps, commencé à écrire, sur un carnet qui traînait dans mon sac. Ecrire, pas taper. Ecrire, décrire mes sensations, sachant déjà que.... Je risquais de l'oublier cette sensation.


Mon grand café est arrivé, et moi j'ai sorti l'objet. Et hésité. Hésité à le sortir de son emballage plastique. Alors j'ai déjà ouvert l'autre. Trout mask replica. Réalisant à quel point était ridicule mon plaisir de le trouver à pas cher du tout, cet album dont on m'a tant parlé. Et qui d'ores et déjà est relégué au rang de coéquipier. Il n e sera jamais pour moi le « génial album de Beefheart », mais « l'album que j'ai acheté le même jour que ».


Finalement.... Je dois ouvrir mon Graal. D'abord hésitants, mes doigts bourrus sont finalement pris d'une sorte d'hystérie, dépiautent le plastique souple, le réduisent en miettes. Puis le boîtier est là, nu devant moi. L'hésitation me reprend, à l'idée, de, cette fois, l'ouvrir. Et si cette occase était de mauvaise qualité ? Ou tout simplement pas à la hauteur de l'image fantasmée que j'en ai ? La raison reprend le dessus, Guic', tu es franchement ridicule, même les touristes anglais de la table d'à côté pourraient dire à quel point. Mais je les emmerde ! C'est mon grand moment à moi, le moment qui sanctifie 8 ans, presque, un peu plus en fait, de fanatisme, d'adoration de ce disque, bordel ! Bon. Je l'ouvre.



Le livret n'est pas celui que je connaissais. Il est brun, avec un côté « vieux livre », papier vélin, encadrement crénelé... Il ne contient que les paroles. Parce que pour les crédits, le reste de ce que contient le livret standard de ce disque, il y en a un second, en couleurs celui-ci...

Chose inhabituelle, l'intérieur des faces papier du disque sont imprimées, là, au centre du CD !! Oui, la conclusion est claire... L'objet est magnifique. Il y a beau ne pas y avoir les titres supplémentaires que je croyais y trouver dans ma version fantasmée (qui sont donc uniquement sur le vinyle), je me sens.... Bien, heureux, ravi, soulagé.... Etrangement complet.


Puis, d'un coup... le vide. Le rêve a disparu, il s'est brisé, ok, c'est parce qu'il s'est réalisé, mais.... Bref, c'est un sentiment aussi con qu'on cours de philo de terminale, mais il est là et il est dur à digérer ce sentiment. A quoi ca servira, maintenant, de faire les occases, vu que l'occase que j'ai espérée si longtemps est là, entre mes mains ? Je sais pas, que peut-il m'arriver de plus grandiose que ça, musicalement j'entends ? Trouver un exemplaire vinyle du Double Blanc numéroté, à 3 € dans une brocante ? Me faire une ligne de coke avec Pete Doherty ? Non, franchement ?


Alors on va rentrer, et taper un article là-dessus. Parce que cette sensation, si on en ressant le mauvais côté maintenant, on se sent bien de l'avoir vécue, au moins pour l'instant de joie, la découverte, la réjouissance.


Et vous savez c'est quoi le plus con ? C'est que depuis que je suis rentré... Je ne l'ai toujours pas écouté. Pas parce que je le connais par cœur, ça c'est rien... Mais parce que j'ai cette sensation qui fait que je ne trouve aucun système de sonorisation chez moi (entre le PC, le radio CD réveil, le poste.... Comme quoi c'est pourtant pas le choix qui manque), aucun système dis-je qui soit assez ... « digne » à mes yeux de le diffuser. Bizarre.


Mais bon...je sais bien que cette façon d'adorer ce CD va passer, d'ici peu il sera un disque parmi tant d'autres dans ma discothèque, peut être aurais-je un petit pincement en lorgnant dessus, de temps en temps... Peut être un sourire, par rapport à mon côté ridicule le jour de son achat... Mais plus la révérence que j'ai envers lui aujourd'hui.


Et c'est peut être ça le plus triste.



Quelques photos de l'objet du délit, quand même...





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Published by Guic ' the old - dans Megalomania
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commentaires

lhisbei 23/10/2008 11:51

Bien dit Guic' (mais aussi bien dit Ned - sauf que les filles ont un petit avantage : les ongles sont des outils parfaits pour fendre le blister sans rayer la pochette)

klak 22/10/2008 21:00

après on nous parle de la dématérialisation de la musique ! comment voulez vous qu'une telle chose arrive quand on lit de belles histoires comme ça ??? sniff.

Aurélie 22/10/2008 19:19

oh mon dieu mais tu es malade!!! ;-)

Guic' the old 21/10/2008 17:58

Tant que c'est pas physiquement que je lui ressemble... ;-)

alf 21/10/2008 17:16

... tu fais vraiment penser, sr ce coup-là, au personnage de Germain et nous (de Janin, années 80) : le chevelu aux grosses lunettes, fan absolu et collectionneur (de 33 bien sûr)... en version 2008 quoi ;-)