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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

9 septembre 2008 2 09 /09 /septembre /2008 15:00

(Un article entrant dans le cadre du Rock n' Roll Hall of Shame, bien évidement.)


Allez-y, riez. Bon, c'est bon, vous êtes calmés,  on peut y aller ?


Replaçons les choses dans leur contexte. J'ai découvert et surtout commencé à apprécier le Rock (enfin, tous les trucs avec des guitares) quand j'étais au lycée. Pas de chance pour moi je suis arrivé au mauvais moment. Cobain, mourrant en 94, marquait la fin de la période Grunge. Is this It ?, premier album des Strokes ne sortira qu'en 2001, amenant avec lui un renouveau médiatique du Rock dit « garage ». Ce timing a une importance capitale. Si seulement j'avais pu m'éveiller au rock, même via une sorte de « pop punk », quelques années plus tôt, quand sortaient les Dookie, Smash et autres ... And out come the Wolves... Mais non : moi, ce sera « Enema of the state ». Rien moins.


Sachant que c'allait pas être mon entourage familial qui allait me rendre enclin à jeter une oreille sur ce style musical, il fallait s'en remettre à un entourage de camarades aux goûts pas beaucoup plus formés que moi, mais qui présentaient un avantage indéniable : eux, ils avaient des graveurs de CD chez eux.


Le premier disque de « Rock » que j'ai écouté et apprécié au moment de sa sortie, c'est le Americana d'Offspring. A l'époque, « Pretty Fly (for a white guy) » passait dans toutes les soirées ou je pouvais aller. Mais c'était bel et bien le SEUL morceau de Rock qui passerait dans la soirée.

Et derrière, arrive ce fameux album, de blink - 182, faut surtout pas oublier le chiffre sous peine de passer pour un profane. L'album de ce fameux mois de Juin... Celui des beaux jours qui reviennent, des jours de lycée où on a le sourire parce que bon, l'année est bientôt finie. L'album qu'on est fier d'écouter car il ne passe pas en radio (ou du moins sur NRJ). L'album fait par des mecs tatoués. Des rebelles. Un album qui s'appelle « Enema of the state », titre dont on ne comprendra que trop tard qu'enema n'est pas une déformation argotique d'enemy (comme on aurait « see ya » par exemple), mais un mot signifiant « lavement ». Rappelons, chose importante, qu'à cette époque, on ne comprends que peu l'anglais, et, surtout, on s'offre des traductions approximatives. « Offspring ? C'est trop commercial, moi j'écoute blink ». (Putain ce qu'on peut être con au lycée * !! Ce que JE pouvais être con.)


Mais avec tout ça.... Qu'y a-t-il dans cet album ?? Eh bien, un petit lot de pop songs tendance punk rock (c'est-à-dire pas l'esprit, mais la construction basique du punk), agréables à écouter, et totalement régressives. Voir What's my age again pour comprendre ce qu'est la régression dans ce qu'elle a de plus... bas, en fait.) Un humour pipi caca version anglo saxonne (Dyssentry Gary, quel titre !) avec, au centre de l'album, la ballade de rigueur, Adam's song, ou on essaye d'être un peu plus sérieux... D'ailleurs, dans la suite des publications de ce groupe, les textes plus sérieux prendront peu à peu plus de place (Stay together for the kids, don't leave me... ) A tel point que leur dernier album, le classique album éponyme du retour aux sources, mins égratigné par la critique (mais quand meme défoncé, hein...) est celui que je n'aime pas: trop adulte. Et aussi tout simplement chiant, et jamais réellement joyeux.


Il est une notion qui est l'ennemi le plus complet de l'amateur de Rock : l'efficacité. Parce que c'est ce qu'on retrouve dans tous les titres de tous les groupes qu'on prendra un malin plaisir à détruire. Ces groupes, les U2, Coldplay etc... sont capables de composer des morceaux « efficaces ». Ce qui veut dire qu'ils plairont à tous. Ils ont « trouvé la recette »  ©, pour faire des morceaux totalement accessibles, qui tapent dans l'oreille et sont agréables dès la première  écoute (mais qu'on aura oublié 3 jours plus tard, certes.) Cet album est vraiment, fondamentalement, efficace. Tous les titres de cet album sont gentillets, agréables à écouter... donnent envie de bouger, sautiller (pas headbanguer, quand même...), et, bon, bref, ça passe tout seul. Même aujourd'hui. Pour celui qui a passé les 10 dernières années à boire du Champagne, le diabolo fraise, qui est pourtant bien moins "évolué" aura un gout particulièrement agréable.

 


"Une truite comme ça que j'te dis !"


Et pourtant, en parallèle, cet album nous a fait poser (« nous » renvoyant aux 15 adolescents boutonneux et à la voix modulable constituant l'auditoire blinkien de ma classe de première) une question fondamentale. « Blink est il, ou pas, punk ?» Au final, la réponse importe peu, même si on sait tous que c'est non, l'important c‘est l'apparition du mot punk dans le paysage. Je sais pas parmi ces 15 combien auront été creuser derrière, essayer de comprendre, mais je sais que moi j'en suis de ceux là, et que... c'est le genre de choses importantes au final quand on se targue d'être un amateur de rock.... J'ai une dette d'honneur envers ces petits gars là. J'y serais certainement venu de toutes façons, mais c'est à cause de Blink - 182 que j'en suis venu à écouter les Sex Pistols, les Clash, les Ramones, Patti Smith.



Alors finalement... Enema of the State est le dernier album totalement insouciant, « pur », complètement déconneur. Juste des chansons sympa, à un moment ou le groupe ne savait pas encore ce qu'était un piano ou un bidouillage électronique, et ne pensait pas qu'une chanson puisse dépasser 3 minutes 30. Et justement c'est ça qui fait que je l'aime encore.


Déjà, il n'a pas vieilli. Oui, ce disque est nul. Mais étant moisi à la base, le vieillissement n'a aucun effet sur lui.


Sauf que... son écoute non plus n'a pas vieilli ! En écoutant cet album, ça y est, je suis de retour en ce beau mois de Juin 2002, de nouveau je suis avec ces potes dont je n'ai pas de nouvelles depuis des années, et ont beau être mes "Friends" sur Facebook, à qui je n'adresse plus la parole et dont j'ignore aujourd'hui tout. On est de nouveau là, à élaborer une antenne en fil de fer pour capter les matches de la Coupe du Monde sur la télé de la salle de classe ou on est censés réviser notre bac. De nouveau je replonge en ces temps insouciants ou mon plus gros problème, ma plus grosse angoisse, c'était le fait de pas avoir de gonzesse  (ça, en plus GROS problème, mais c'était un temps béni !!), ou j'allais bosser avec le sourire, le soleil dans les arbres... Où je savais que de doutes façons j'allais l'avoir mon bac... Et donc m'en foutais totalement. En ce temps où, déjà, je voulais profiter des derniers instants de ce genre que je pouvais vivre.

Pardon. Sincérement. Acceptez ces quelques roses en symbole de notre repentir.

Eux aussi n'avaient pas envie de grandir, avaient envie de rester à faire les cons. Ils étaient... presque comme moi.(Oui, déjà jeune j'étais très prise de tête quand même... et ne pouvait donc pas pleinement me reconnaitre en 3 punkoïdes régressifs californiens.)


C'est marrant, avec le recul, j'en arriverais presque à me dire que Juin 2002 fut le plus génial mois de ma vie... Et cet album y reste associé.


Alors c'est pas parce que je suis devenu un petit con snobinard qui ose dire à sa sœur que U2 c'est pas non plus le plus grand groupe du monde (bah oui, c'est Radiohead le plus grand groupe du monde), parce que je me suis pris de passion pour des groupes tous plus morts les uns que les autres, aux textes (parfois) profonds ou (dans le cas « pas profonds ») incompréhensibles, que je n'ai pas le droit de me faire, avec plaisir, une petite injection de connerie juvénile et de joie puérile. La preuve, en réécoutant cet album pour écrire cet article, je me suis retrouvé à faire semblant de jouer de la batterie pour la première fois depuis.... Des années. (Quand j'ai réalisé que c'était ridicule, et dangereux pour les objets m'entourant.).


En plus, alors que j'approche de l' « age auquel personne ne t'aime », il serait trop con de ne plus apprécier un bon petit « What's my age again ? »... Non ?


« And that's about the time she walked away from me
Nobody likes you when your 23
And you still act like you're in Freshman year
What the hell is wrong with me? »






 * Juste une remarque, qui pourrait vous aider à saisir le contexte (mon influençabilité, le dégoût du « moi à cet âge là » que je peux avoir aujourd'hui...) un peu mieux : le lycée, pour moi, ça a duré de mes 13 ans à mes 16.

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commentaires

Jul 02/07/2009 22:01

Bon je prends des risques mais tout le monde est passé par là ... pour soutenir Guic je suis d'accord sur le fait qu'en écoutant des merdes à un certain âge on finit par grandir et écouter des trucs bien (de mon côté j'ai tout eu, d'Offspring à Blink 182, de Linkin Park à Sum 41, de Green Day à Limp Bizkit et Korn, de Babylon Circus à Indochine, enfin j'assume tout à fait sinon je n'en serai pas là où j'en suis aujourd'hui. Même si c'est pas toujours très fixe c'est de la bonne musique. Définitivement.

dr franknfurter 12/09/2008 15:14

Dans un sens je comprends, moi l'annee de mon bac correspond a peu pres a l'explosion d'Offspring et leur Smash... n'empeche... deja a l'epoque je ne m'etais pas fait avoir (quota "je me la pete" :P)

Guic' the old 10/09/2008 21:56

Thom --> Ah, mais il fallait parler d'un album que j'aime quand meme, hein... Le dernier, à part celles qui rappelllent les anciens albums (Always, ... et c'est tout) Mais de toutes façons c'est qu'une resucée de l'album de Box Car Racer...Arbobo --> Mais des fois entre les photos, je mets des trucs bien aussi, hein!! (non, mais rendons grace à l'apotre de la légende qui tue, Chtif. Je ne suis que l'élève.)SysT --> Ah mais j'assume... mais le peu de réactions me dit que les gens préfèrent arborer cet article d'un silence pudique....

SysTooL 10/09/2008 20:13

Non mais là c'en est trop, Guic... tu ne peux pas continuer à te rouler dans la fange comme ça... BLINK, quoi, merde! 182 ou pas, certaines choses méritent d'être passées sous silence! :-)

SysT

arbobo 09/09/2008 22:46

j'ai un problème.maintenant que je suis au courant, voilà comment je fais : je vais direct aux photos lire tes légendes.et paf, je pète de rire pendant une heure, et j'en oublie de lire l'article.alors je lirai çuila plus tard ^^