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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 19:00

http://c5.img.v4.skyrock.net/c50/cam0uw-gram0ph0ne/pics/1668442944.jpgPlacebo. Dernier membre du Triumvirat de mes 15 ans. Voilà un groupe auprès duquel j'ai fini par observer des sentiments plus que mitigés, au point d'en faire une Mort en Rock avant l'heure.

Si j'ai toujours conservé le plus grand respect pour Radiohead au fil des ans, si j'ai toujours conservé une sympathie coupable à l'égard du trio de Matt Bellamy (jusqu'à très récemment),  Placebo par contre est un groupe qui a subi à plus d'une reprise mon ire et mon ironie. Pourtant j'ai passé un temps finalement incroyable à bramer tant bien que mal, mêlant accent anglais raté et voix nasillarde imitée ce "Piouuure Mornaing" qui ouvre "Without you I'm nothing".

Il était prévu de longue date que cet album figure dans cette sélection personnelle, et pourtant, il a un instant failli passer à la trappe (au profit d'une étude comparative de "Celebrity Skin" de Hole et d'"Adore" des Smashing Pumpkins, avant que je me rende compte que l'entreprise, même si non dénuée de sens, est bien trop grande pour un petit gratte – papier de ma trempe).

 

Puis le hasard (ou le Destin) a fait son œuvre, et, le jour ou j'ai failli ne pas reconnaître "Without you I'm nothing" (le morceau) lors d'un blind test (reconnaître Placebo étant à la portée du premier téléspectateur d'Ardisson venu, je me devais de retrouver le titre, absolument), je me suis dit que j'allais devoir réécouter cet album.

 

Cet album que j'ai toujours cité en référence, dont je sais qu'il est intimement lié à la période "romantisme noir" de mon adolescence, et que, finalement, le temps aidant, j'avais fini par moins écouter, voire pire: commencé à oublier.

 

Certains se disent très certainement devant leur écran "Ca y est, il nous refait le coup du certes c'est pas un album génial mais il a tellement changé ma vie que franchement…". Qu'ils se détrompent: cet album est toujours, plus de dix ans après sa sortie, un grand album.

 http://img370.imageshack.us/img370/5403/placebo1nn4.jpg
Où l'on voit que Brian hésite à se mettre à poils lui aussi.

 

 

Dès l'insertion du CD dans le lecteur, je me retrouvais à nouveau en terrain connu: Pure Morning, son frottement de cymbales, son alarme, on rythme entêtant, ses rimes en "-eed". Finalement, un hymne toujours aussi vif et vibrant. On a beau dire: c'est de la paresse que de vouloir écrire un hymne, c'est du génie que de parvenir à en écrire un malgré soi.

 

Certes, dix ans se sont écoulés depuis ma découverte de cet album, et il y a bien des choses que je ne réalise que maintenant. A quel point l'intro de "You don't care about us" sonne new—wave par exemple. Ou celle de "Allergic (to thoughts of mother Earth)" peut faire indus. Evidemment, je ne pouvais pas le réaliser à l'époque, vu que je ne connaissais pas ces genres musicaux. Et si je trouvais à l'époque que cet album était un chef-d'œuvre, je dois dire qu'aujourd'hui, si je lui ai retiré ce qualificatif, c'est pour lui apposer ceux de Grand album, et, surtout, d'album riche.

 

Un album riche en genres abordés, effleurés, attaqués de front. Riche en grands morceaux, qu'il s'agisse des tubes (Pure Morning, ou évidement Every you every me), ou de morceaux un peu moins connus (Scared of Girls, ou Burger Queen, qui eut l'honneur d'une version française, bien avant, et bien meilleure que "Protect me from what I want")

 

Bon, évidement, tout n'est pas parfait, et une ballade comme "Ask for answers", malgré l'émotion évidente qui s'en dégage, me laisse encore, aujourd'hui, de marbre. Au même titre qu'attendre que 15 minutes aient bien voulu défiler, le doigt coincé sur la touche ">>" de la télécommande pour entendre un vague riff en fond de Brian Molko consultant les messages de son répondeur rend à cette piste cachée une saveur bien amère, même si, avec le recul, je sais que c'est quand Placebo cessera de cacher des pistes à la fin de ses disques que la chute commencera véritablement.

 

Mais quand même… Without you I'm nothing et sa progression fatale, Every you every me, qui dix ans après n'a pas pris une ride, et toujours Pure morning, son son obsédant, hypnotisant, sa construction en anaphore, sa continuité, sa beauté…

 

C'était une époque lointaine, une époque ou Placebo pouvait encore paraître sulfureux sans avoir à attaquer Voici en justice (pour "cassage de cette image sulfureuse" (je résume)), où ce groupe était sexy, tendu, comme sa musique, une musique travaillée certes (plus que sur le premier album – l'autre grand album du groupe), mais toujours suffisamment brute pour toucher droit au cœur, pour qu'on y croie.

 

 

 

Depuis, Brian Molko, Samson moderne, a coupé ses cheveux et perdu l'inspiration. Ou peut-être est-ce moi qui ne peux plus le comprendre car j'ai coupé les miens. Mais ce n'est pas une raison pour se laisser aller à la nostalgie: "Without you I'm nothing" est là, bien là, destiné à rester. Parce que, finalement, sans lui, je ne suis plus grand chose.

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commentaires

Christophe 01/03/2010 12:02


J'ai du Placebo dans ma bécane mais je ne sais même pas si j'ai déjà écouté sérieusement.

Mais...


J'AI PEUR !!!

En effet, la dernière fois que Jeune Guichounet m'a fait découvrir quelque chose, j'ai amié.

Et c'était le dernier Muse...  


Guic' the old 01/03/2010 09:44


Drgbs: Je vais peut-être te décevoir, mais là, le but principal (même si pense le contenu de la phrase), c'était surtout de faire un jeu de mots
pourri sur le titre de l'album...

Benjamin: Je pense qu'au final, seuls les deux premiers albums de Placebo ont un côté "intouchable", ancré, fait pour rester. Parce qu'en plus
d'être bons "à leur époque", ces deux albums réussissent à bien tenir le temps je trouve.
(Sinon moi j'ai laché vers la troisième réédition de "Sleeping with Ghosts".)


Benjamin F 01/03/2010 02:29


Ca fait plaisir de lire ce texte qui réhabilite un album que je considère également comme "important". Réécouté il y a peu (après la purge Battle of the sun machin chose pour être exact),
il est indéniablement composé de nombreux titres passionnants. D'ailleurs c'était tellement bien que j'ai longtemps cru que Placebo était un groupe intouchable (en fait comme
Ska, je n'ai lâché l'affaire que tardivement avec la profonde vacuité de Meds...)


drgbs 27/02/2010 14:10


la phrase de conclusion est très belle, elle résume très bien le rapport que l'on a certains albums


Guic' the old 26/02/2010 10:03


Ska: Je comprends tout à fait la base de ta comparaison... Mais dès l'instant où on cherche à les comparer d'un plan strictement musical, on se
paume un peu... ;-)

Xavier: T'en fais pas, je suis sur que si je le réécoutais aujourd'hui je le trouverai pas mal, voire bien. Mais à l'époque il a bouclé tant et tant
que j'ai réussi à m'en lasser, puis, entendre derriè-re le groupe en rotation lourde permanente sur tous les radios a fini de me dégouter de cet album. Mais maintenant, avec le temps qui a pu
passer... J'essaierai, promis. (Par contre je me rapplelle l'avoir acheté dès sa sortie, aux alentours du 20 Mars 2003 si je me souviens bien.)

Arbobo (et Ska):  C'est un juste retour de baton, Mais surtout, je trouve que, à un autre niveau de lecture, c'est assez atroce: un côté "on
vous avait prévenu, mais non, vous avez fait comme vous vouliez". (Parce que si c'est formulé comme ça, on pourrait y comprendre que le public est un con (pas comme le lecteur des Inrocks). (Mais
bon, tu sais, dès l'instant ou tu as écrit "Inrocks", j'étais sur la défensive. :-)