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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 12:00

Allez continuons à crossoverer... Des articles qui sont inclassables car mélangent tout, restons dans l'esprit "Mort et Rock n' Roll" encore un peu!!


Il y a un peu plus d’un mois, je faisais le tour des blogs où j’ai mes habitudes. Comme je n’avais pas pu me connecter durant le WE, j’attendais avec impatience de lire la Chronique du Dépressif du WE. Et là j’en ai vu le titre. « La Mort en Rock ». Et j’ai su que c’était la fin. Et soyons honnêtes, si vous n’avez pas lu cette chronique, vous allez rien comprendre à ce que j’écris derrière. C’était pas un éclair de lucidité, juste que comme je détiens les droits sur cette expression mon compte avait été crédité d’une somme exceptionnelle dont j’ignorais l’existence.  (Ne vous en faites pas, en fait l’expression est libre de droits et en fait j’avais juste touché un remboursement de soins dentaires). Mais je m’étais renseigné sur l’usurpateur qui m’avait annoncé qu’il voulait finir ainsi.

 

C’est marrant mais ça m’a fait un choc. Le Journal du Dépressif est à la fois l’œuvre littéraire que j’ai mis le moins de temps à lire (comptez vingt minutes pour 8 pages) et celle que j’ai mis le plus de temps à lire. 2 ans. Et là j’ai commencé à avoir des idées à la con. Plein d’idées à la con. Sur la narration en musique. Sur les artistes Caméléons. Sur le fait que le Golb est une unité, même s’il y a plusieurs catégories diverses dans cette même œuvre. Et j’ai décidé de pousser les limites de l’indécence jusqu’à renvoyer cet ascenseur virtuel… Voici La Mort en Rock de Thom, le personnage, mais surtout les réflexions qu’elles ont fait naître en moi, petit Chuck Klosterman de banlieue.

 

Oui, le personnage. L’incarnation, une des incarnations, de son auteur. Pourquoi j’ai pensé aux artistes caméléons ? Parce qu’en lisant cette chronique, j’ai pensé à Lay me Low, de Nick Cave. Cette façon de décrire la fin et ce qui se passerait derrière, ça m’a bizarrement frappé. Nick Cave, qui avait fait l’objet d’un Rekapituleidoscope. Comme Corgan, caméléon aussi. Comme Bowie. Et voilà, ça y est, on y est. Bowie. La 100ème chronique s’ouvrait sur un extrait de « Five Years ». La dernière s’achève dans un Rock n’ Roll Suicide. Et Ziggy Stardust fut un personnage, une incarnation, qui a vécu deux ans. Comme Thom, le personnage. Voilà, c’était parti pour une de ces séances de masturbation mentale dont j’ai le secret, sauf que celle-ci j’ai senti la nécessité de la coucher sur le papier. La voici.

 

Les morts qui attristent le plus ne sont pas forcément celles de gens réels. La mort de certains personnages vous attristeront plus que celle de son auteur (la mort de Jean Valjean, de Gavroche, de Javert n’est elle pas mille fois plus triste que celle de Victor Hugo lui-même ?)

 

bowiepatch_228x393.jpgC’est pour ça que, dans un nombre d’années que j’espère énorme, quand David Bowie passera l’arme à gauche, il sera pleuré, mais mille fois moins que n’a pu l’être son alter ego le plus célèbre : Ziggy Stardust, sacrifié sur l’autel scénique en 1973. Après presque deux ans de bons et loyaux services, par peur d’être enfermé dans son personnage d’extraterrestre glam venu sauver la terre d’une catastrophe (ce qu’il rate lamentablement, rappelons le, mais ça ne l’empêche pas d’être sympathique), David, le grand David Bowie décide d’abandonner ses habits de Starman. *

Ziggy ne sauvera plus jamais la terre de ce danger invisible qui la menace. Et son Rock n’ Roll suicide l’empêchera d’y parvenir pour un bout de temps.

 

Ziggy hantera Bowie pendant longtemps. Mais il se renouvellera, changera quatorze fois de personnage, et s’imposera comme un grand.

 

Il en est un autre qui est fan de Bowie. Un autre qui a voulu sauver sinon la Terre, au moins une partie de la Normandie. Un autre qui était un Personnage. Un autre qui fut sacrifié récemment sur l’autel de la littérature. Un autre qui nous l’avait annoncé. Un autre qui fut sacrifié par son auteur. Un autre qui a certainement été pleuré, mais pas trop quand même faut pas déconner…

 

C’était un fan de Bowie, la preuve, il s’appelait Thom. Si c’est pas un hommage flagrant à Space Oddity, qu’est-ce que c’est, hein ? Un hasard du calendrier ? Lui aussi a voulu sauver une partie de l’humanité. Car lui, il avait identifié le mal : la connerie humaine. Dont il s’était auto-déclaré médecin de garde.  Mais bon, la tache était ardue, et lui aussi a échoué, mais en est sorti grandi. Comme Ziggy. Son auteur aussi y a pris des habitudes, de la pratique, une expérience intéressante, enfin c’est ce qu’on espère pour lui. Comme Bowie.

 

Cependant, la tache étant trop ardue, il fallut se résoudre qu’il était temps d’en finir. Avec la mission, avec Major Thom. Pour que Thomas, derrière, retrouve sa liberté. Comme Bowie, mais sans les paillettes. Alors on nous l’a annoncé. Par sous entendus d’abord, puis, pour sa centième apparition, c’était clair : c’était le début de la fin. Le début du chant du cygne, le début de « The Rise and Fall of Major Thom and the human stupidity doctors ».

 

 

I had to cram so many things to store everything in there
And all the fat-skinny people, and all the tall-short people
And all the nobody people, and all the somebody people
I never thought I'd need...so many people

 

 

 

Tout s’est fini donc. De la façon dont ça devait finir. Evidement. In a Rock n’ Roll Suicide. Comme son prédécesseur.

 

C’est marrant de voir ça. Et j’en suis arrivé à me poser cette autre question quant à la rédaction des textes de chansons, une question qu’on se pose pas assez… Une question pourtant souvent posée dans les chroniques du Dépressif. Dans un Roman, ça se devine à peu près qui est le narrateur dans l’histoire, en quoi il peut se permettre de parler à la première personne, de savoir tel ou tel truc, de dire ceci ou cela à untel ou une telle. Mais, c’est marrant, en musique, tout le monde s’en fout. Bon, O.K., on devine facilement à qui s’adresse C. Jérome dans « Et tu danses avec lui », mais bon, là n’est pas le problème. Vous vous doutez que j’ai pas mal écouté Ziggy Stadust, l’album, pendant que je grattais ça. Pour réaliser que Bowie/ Ziggy, on sait jamais qui c’est qui parle. Dans « Moonage Daydream », qui présente le personnage de Ziggy, on est à la première personne, c’est « I’m an alligator ». Mais si on prend « Ziggy Stardust », le titre, c’est tout à la troisième personne… « Ziggy played guitar ». A partir de là, on peut se poser plein de questions, tout en ayant à l’idée qu’il s’agit là d’un album concept, d’un opéra Rock, qui donc doit raconter une histoire et rester cohérent. Alors, le David, il a voulu faire quoi en fait ? Ecrire une chanson extérieure au truc, un retour à la narration de l’extérieur ? Ou alors il a voulu montrer le côté mégalo de Ziggy devenu star en le faisant parler de lui à la troisième personne ? Ou alors c’est simplement que cette chanson ayant été écrite avant le reste de l’album, elle est pas écrite sur le même mode mais il y a pas touché et je suis en train de me prendre la tête pour des conneries ? Franchement quand on voit ce que fait cette chanson sur moi, heureusement qu’il le tue deux titres plus tard… (Et encore,dans Rock n’ Roll suicide il y a ce « You’re not alone », que je pense adressé à Ziggy, ce qui nous fait un troisième système de narration… enfin bref).

 

Et quand on voit ce qu’un article, ou plus précisément une chronique peut me faire me poser comme question, c’est vrai… qu’il fallait en faire quelque chose… Comme cet ersatz de chronique, sur une oeuvre qu'on aurait très bien pu choisir pour le crossover des blogs 2008 par exemple.

 

Alors voilà, ça y est, il a tué son Ziggy Stardust. J’attends de pied ferme son Thin White Duke, sa trilogie berlinoise, pour l’imposer définitivement. Pas trop son Let’s Dance.  Bon courage Thomas. Adieu Thom, décédé d’un sale coup de son auteur le Samedi 2 Février 2008. Et une pensée pour Chtif, G.T. et Alex La Baronne disparue via qui j’ai découvert cette joie bihebdomadaire qui n’est désormais plus.

 

 

Bon, excusez moi pour cet article finalement impudique (même si il est techniquement aussi impudique que n’importe laquelle de mes critiques positives pour lesquelles l’artiste pourrait me lire), et ce trop plein de compliments… Mais quand je parlais de repousser les limites de l’indécence, là je crois avoir réussi. Et désolé pour Thom, qui, je sais a horreur qu’on cherche à comprendre sa psyché…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Cette mort là correspond au suicide de Ziggy par son créateur. Son meurtre sera commis quelques années plus tard et sa dépouille profannée exhibée sur scène, dans une mise en scène grotesque : Ca s’appelle Starmania

 

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Published by Guic ' the old - dans La mort en Rock
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commentaires

laiezza 12/03/2008 13:46

Et pourtant j'aurais cru que la notoriété de Thom ferait exploser les ventes de Ziggy Stardust :)

Guic' the old 12/03/2008 11:35

En meme temps sur 24 heures... Rare est la deferlante de commentaires!!Sinon... de rien, on va dire, et sois la bienvenue laiezza!

laiezza 11/03/2008 20:52

Devant cette déferlente de commentaires, je tiens à intervenir : merci, de souligner le côté PERSONNAGE. Pour les proches de l'auteur, c'est très important ! Thom n'existe pas. Ni les autres, si j'ose dire. Merci, merci, merci ! :)