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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

9 mars 2008 7 09 /03 /mars /2008 10:00

Allez, cadeau : la mode étant au crossover en ce moment, je m’autocrossoverise ce soir : La Mort en Rock, une année, un artiste, un album, Gros Blogage et Le Rock Critique est un con réunis tous ensemble pour faire le spectacle !! Mais ceci n'est PAS ma participation au crossover des blogs 2008...

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Utero-copie-1.jpgC’est certainement le snobisme le plus répandu, le plus flagrant et le plus commun qu’on puisse rencontrer dans le monde du Rock. Préférer In Utero à Nevermind. Bon, certes, un snobisme aussi répandu perd un peu son statut de snobisme. Mais bon, soyons honnêtes : combien sont ils ceux qui ont commencé à apprécier Nirvana uniquement à l’écoute d’In Utero ? A la première écoute, il rebute un peu, à quelques titres près. Ecouté après Nevermind… ben le boulot est déjà fait, on sait qu’on a affaire à un groupe qui se débrouille. Quand même.

 
 
 

Non, In Utero n’est pas forcément le meilleur album de Nirvana. C’est surtout l’album du fantasme, parce que le dernier. C’est celui dans lequel on va chercher des pistes sur ce qu’aurait pu faire le groupe quelques années plus tard, si Cobain avait oublié de faire le plein de munitions. C’est l’autre moitié (avec le Unplugged in New York) du diptyque morbide dernier album – dernier live.

 
 
 
 
 

Franchement… Nevermind n’est pas mauvais. Loin de là. Mais c’est une autre part du snobisme Rock que de considérer que cet album, au son « trop poli »ne se conforme pas à la volonté du public ou même du groupe… bref du vrai amateur de Rock. De toutes façons, Butch Vig* aura été accusé a posteriori de tout ce qui n’allait pas dans le Grunge… Vu qu’il a fini batteur de Garbage, considérons le comme puni.

 
 
 

In Utero retient l’attention parce que le son, la longueur des titres ont changé depuis Nevermind. Mais le producteur aussi a changé. Cobain a changé. Bref, c’est pas non lus la révolution par rapport à Nevermind. D’ailleurs, Rape Me aurait très bien pu y figurer, sans aucun doute. Mais si… si Nirvana avait sorti un quatrième album ? On aurait eu droit à quoi ? **

 

C’est dans la recherche de la réponse à cette question que se trouve tout le sel de l’écoute d’ In Utero… Le défaut de cet album est de ne pas pouvoir être placé au cœur d’une discographie… Comme L.A. Woman, par exemple. Tentative de reconquérir l’auditoire indé, underground du groupe, déçu de Nevermind (comme semblent l’être l’ensemble des snobs du Rock…) ? Volonté de revenir à un son plus brut, plus rauque, maintenant que le succès commercial est quasi certain ? Ah, le rêve le fantasme… Pourquoi Nirvana a-t-il recruté un 4ème membre peu avant la fin ? Pour quoi faire ? Le quatrième album, c’aurait été quel style (je sais pas pourquoi, perso je verrais bien un album de Country). Finalement… In Utero vit dans l’ombre de son petit frère non conçu, pour toujours. ***

 
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Merde, t'as encore cadré ca n'importe comment...
 

Finalement… La mort de Cobain aura eu une triple conséquence assez dommageable : rendre Cobain, In Utero et Nirvana cultes et intouchables. Avouons le, personnellement, je ne comprends pas pourquoi on voit en Morrison un sale poseur alcoolique qui se prenait pour un poète et en Cobain un génie maudit qui n’a pas supporté le succès. J’ai deux hypothèses : la première, c’est qu’un suicide nécessite une raison, contrairement à une overdose, et donne du fond à celui qui le commet. La seconde, c’est qu’Oliver Stone n’a pas commis de film sur Nirvana. Je ne ferais aucun commentaire quant à celui de Gus Van Sant, j’ai pas réussi à dépasser la première heure (j’ai un peu de mal avec les films muets, ça me rappelle les films de vacances.)

 
 
 

Bref la grande question reste : et Nirvana ? Sans le suicide de Cobain, ca garde sa consistance ? Eh bien, franchement…oui et non. Un peu comme Jeff Buckley, dont l’album Grace est passé d’album au dessus de la moyenne à classic album via la mort de son auteur, Nirvana perd une grande part de son charisme, de sa classe, sans la mort de Cobain… Il reste quoi qu’il arrive un génie dans la composition des chansons, le mec qui aura appris à tous les nouveaux venus à la guitare leur premier riff (sauf ces salauds de snobs qui ont commencé par la musique de James Bond), et des titres qui ont un peu réveillé les grosses guitares au quatre coins du monde au début des années 1991. C’est un peu bête à dire, mais il n’est pas complètement con de penser que sans Nirvana, Blur, Oasis et consort n’auraient pas percé (j’ai pas dit « pas vu le jour », hein)

 
 
 

Alors, finalement… La Mort en Rock, le meilleur des plans marketing ? Assurément. L’overdose vous permet de mourir avant d’être trop mauvais à cause de la dépendance (Joplin, Hendrix), la mort peu banale, ou même un peu mystérieuse, permet d’entretenir ou même de créer un mythe (Brian Jones, Buckley fils, Morrison, Cobain), la mort peut aussi être l’apogée de la rébellion (Sid Vicious), une ultime blague, quoique pas forcément drôle (Keith Moon, décédé si je ne m’abuse d’une overdose de médicaments contre l’alcool), ou même mourir en délivrant un dernier mystère (Mercury)

 
 
 

Alors qu’on ne s’étonne pas que Thom ait choisi la Mort en Rock pour finir en beauté sa rubrique phare, que tant de personnes se pressent à réaliser des films sur les morts de rockstar, ou sur les rockstar mortes, ou pour écrire une biographie sur leur compte, avec, inclus dedans, une vraie enquête toute neuve sur les circonstances de la mort, appuyées de documents inédits****

 

Pas étonnant aussi que les amateurs de Rock soient si passionnés par les œuvres de gens décédés (jeunes de préférence).

 
 
 

Oui, le triptyque était incomplet : Sex, Drugs and Rock n’ Roll ? Non. Sex, Drugs, Death and Rock n’ Roll. Le quatrième ayant généralement pour thème l’un des trois premiers, voire les trois ensemble…

 
 
 

Mais tout cela, nous y reviendrons très bientôt. Très bientôt.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

* Note à l’attention de ceux qui sauraient pas : le producteur de Nevermind, et des deux premiers albums des Pumpkins… Considéré comme un architecte de la mouvance grunge.

 
 
 

** Avis tout a fait personnel de l’auteur : Si c’était pour avoir un album ave des titres dans le genre du semi-inédit « You know you’re right », louons le Seigneur d’avoir créé la Winchester.

 

*** Je peux pas m’empêcher : on se demande de quoi Cobain aurait accouché après In Utero.

 

**** Ca peut être une quittance de loyer, une lettre de suicide non signée ou une carte de bibliothèque… ne nous méprenons pas.

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commentaires

Guic' the old 02/04/2008 13:31

Y a pas de mauvzais outils, y a que de mauvais ouvrier j'oserais dire...

dragibus 01/04/2008 21:32

c'était une winchester ?j'aurais dis un fusil de chasse.....

klak 11/03/2008 19:50

c'est bizarre, penser à ce que serait devenu nirvana sans le suicide de son leader ne m'a jamais traversé l'esprit. y aurait il eu un 4ème ??? pas sûr. vu l'unplugged je pense que cobain aurait pu sortir des choses magnifiques en solo, version country folk surement, comme mark lanegan, mais bon de toute façon il est bel et bien mort.

Thom 11/03/2008 14:40

"Ah mais ma syntaxe est tout à fait de bonne qualité, excuse moi!! "...dit celui qui dans un autre article a écrit " il fallut se résoudre qu’il était temps d’en finir"Effectivement, ta mauvaise foi est impressionnantes ;-)(tu croyais quand même pas que tes flagorneries incessantes te protèreraient indéfiniment...Thom est un personnage, mais c'est aussi une partie de moi :))(pure vanne entre potes, tu peux supprimer le com)-

Guic' the old 10/03/2008 11:13

Ah mais ma syntaxe est tout à fait de bonne qualité, excuse moi!! Ce que tu peux me reprocher à la rigueur, c'est cette superbe capacité que j'ai pour m'accrocher aux branches histoire de pas reconnaitre que j'ai tort, voire meme persuader que j'ai raison ;-)Vertu numéro 1 du Rock Critic: La Mauvaise Foi