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Songs for the Deaf

La moitié de l'ancienne playlist, liée au contenu de ce blog, ayant été engloutie dans les entrailles de Deezer, vous trouverez ici "seulement" quelques titres épars que j'aime, avec des variations aléatoires representatives de mon humeur.

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De toutes façons personne écoute jamais les playlists sur les blogs, alors...

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Here, There And Everywhere

23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 11:14
1970, fin du début, mais pas début de la fin.
 
Je vous l’avoue : ce disque ça me fait flipper de le chroniquer. Mais c’est justement pour ça que j’ai envie de le faire. Cet article est dédicacé, ça me parait une évidence, à Chtif.
 
undefined1969 – 1971. Tout a changé durant ces années là. Le Rock est à son apogée, mais un grand changement s’amorce. Tous les mouvements des années précédentes vont y trouver leur fin. Tous les mouvements qui traverseront toutes la décennie 70’s vont y naître. Les plus grands (ou du moins les plus célèbres, et les plus fantasmatiques) festivals auront lieu pendant cette période, Woodstock en tête. Les mouvements mod, psychédéliques vont tomber dans l’oubli sous peu. Le hard Rock ne saurait tarder à exploser à la face du monde (Led Zep sort son premier album en 1969). Le punk attend tranquillement dans sa tanière (1969, The Stooges, 1970, Fun House). Il ne fait pas bon avoir 27 ans et être une rockstar à cette période, Morrison, Joplin, Hendrix, Jones le confirmeront. Et au final, peu de groupes réussiront à traverser cette période avec un succès égal de part et d’autre de ces 3 années. En Janvier 1970, Mc Cartney jette l’éponge Beatles pour voler de ses propres ailes. Les sixties sont définitivement révolues. C’est aussi simple que ça. Honnêtement, comment ne pas être passionné par ces années qui ont, finalement, changé complètement le paysage musical international ?
Au final bien peu de groupes traverseront cette tempete musico culturelle.
 
Les Stones y parviendront. Dylan, aussi, meme si sa musique des 70's est tres différente finalement de ses 60's. En plus 70 marque son retour sur scène. Accident de moto, tout ça, Wight is Wight, Dylan is Dylan. 
 
 
Mais au milieu de ce marasme, un groupe sortira son épingle du jeu. Un groupe exigeant, fou, passionnant, schizophrène, violent, mélodique, historique : les Who. Je n’ai pas peur de le dire, mais pour moi, les Who sont l’incarnation la plus absolue des termes Rock n’ Roll.
 
Les Who, qui sont ils ? Eh bien c’est ça qui les rend fondamentalement Rock n’ Roll, leur line-up qui contient un exemplaire d’incarnations classiques de personnages rock. Un chanteur beau gosse (Roger Daltrey), qui à cette période arbore une crinière blonde flamboyante, à mi chemin entre Rod Stewart et Robert Plant. Un guitariste torturé, principal compositeur du groupe, jeune homme complexé et revêche, mais une vraie bête dès son entrée sur scène, détruisant matériel et gêneurs (Abbie Hofmann, policiers…). Il y a, en Pete Townshend, une douzaine de Kurt Cobain et 2 Georges Harrison. Un bassiste surdoué, mais discret, même sur scène, calme, se transformant en génie quand il lui vient à l’idée de composer pour le groupe (Boris the Spider, Whiskeyman, Heaven & Hell, je ne citerai pas My Wife, j’aime pas ce morceau, merde c’est trop tard.) Le génie de McCartney dans la dégaine de Lemmy Killmeister, le tout dans un costume de squelette. Et enfin, le petit préféré de beaucoup de monde : le batteur fou. Gesticulant, sautant, sans aucune raison sinon celle d’être un chien fou fort sympathique, et un génie du rythme comme on en voit peu. La seule comparaison vraiment possible avec Keith Moon est le personnage qu’il a inspiré : Animal, le batteur des Muppets.
 

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Suiveurs géniaux ou génies suivis, il est dur de trancher. En 1970, les Who en sont déjà à leur troisième incarnation musicale : ex groupe mod, converti aux délires pop art en 1967 sur l’album The Who selling out, en 1970 ils sont en haut de l’affiche. Tommy, leur double album opéra rock de 1969 est un énorme succès (c’est d’ailleurs ce succès commercial qui sauvera le groupe). Cet album deviendra un des emblème de la période psyché sans qu’il ait vraiment été voulu comme psyché, mais seulement comme « un disque qui raconte une histoire », poussant le concept de concept album en sa plus haute incarnation.
 
Bon, avouons le, l’histoire de ce gamin devenu sourd, muet et aveugle (deaf dumb and blind) après avoir vu son père tuer l’amant de sa mère, c’est déjà pas super crédible. Que ce gamin se fasse maltraiter par son cousin et son oncle, ça passe déjà plus. Qu’il devienne champion de flipper, c’est n’importe quoi. Qu’il se voie, quand même,  lui, dans les miroirs, à la rigueur. Qu’il retrouve ses sens en cassant un miroir, franchement… Qu’il devienne un nouveau gourou, no comment. Qu’il se fasse finalement envoyer chier par ses disciples, là, au moins, c’est crédible. OK, je ne suis pas là pour parler de Tommy, mais c’est important. Sans ce disque, qui, quand même est musicalement génial (sauf « Underture », instrumental indigeste de 10 minutes…), les Who n’auraient pas fait Woodstock ou l’île de Wight. Et le Live at Leeds n’existerait pas.
 
Le Live at Leeds, donc. Pour pouvoir parler des Who, il fallait choisir ce disque. D’abord, parce qu’il y a déjà trop de monde qui clame les qualités de Who’s Next, même si je ne suis pas vraiment d’accord. Il y a beaucoup de raisons à mon choix. Pour tout dire, les Who font partie de ce genre de groupes que je qualifie de « groupes à Best of » (ou « groupes à singles » si vous préférez), c'est-à-dire qu’ils sont capables d’écrire des titres extraordinaires, mais qu’il est très rare de les voir sortir un vraiment bon album dans tout ce que ce terme demande de cohérence de logique, de qualités. Leurs meilleurs titres (à mon goût), comme Substitute, Magic Bus, Pictures of Lily, et tant d’autres sont absents des albums, sortis seulement en singles. 

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En ce sens, Who’s next est certainement le seul album jamais sorti par les Who. Musicalement, les autres sont trop décousus. Mais, franchement : que devient cet album si on en enlève Baba O’Riley, Won’t get fooled again ou encore Behind Blue eyes ? Quel que soit le titre choisi, si on l’enlève, cet album perd 40% de son intérêt. Et ça, finalement, ce n’est pas un album.
 
La raison de plus est donnée par Keith Moon himself:
 
We don’t make particularly good records. We have good ideas but not always a good sound. We are difficult to record because we don’t work any different in the studio to on stage. Drumsticks are in the air when they should be on drums and arms are flying when they should be on the guitar. In the studio you should be session musicians, but we are not experienced enough at getting the dynamic sound on record without leaping about. We record clumsily and as loud as possible, so you just hear a long, drawn out row which is old fashioned.
It’s much the same on stage.”
 
Qu’est ce que je peux ajouter à ça?
 
Non, franchement, il n’y a en fait rien à dire sur ce disque. Il n’y a qu’à le faire écouter. L’énergie, la vitesse… On dira ce qu’on veut, en 1970 les Who étaient le meilleur groupe du monde. Y a-t-il plus puissant, dopé, et dopant également qu’un Heaven & Hell lancé à pleine bourre dès l’ouverture ? Surtout pour l’enchaîner avec un Can’t explain dans son plus bel élément. Et ce Summertime Blues… L’hymne de l’adolescent frustré par excellence, qui devient ici puissant, lourd, transformant la frustration de l’original d’Eddie Cochran en rage finalement pleine d’espoir. Même l’enchaînement de singles central du concert est mythique : Substitute, Happy Jack, I’m a boy. Plus direct, plus génial, plus délirant, ça n’existe pas, désolé ! Et le final… un My Generation de 15 minutes, puis 7 minutes de Magic Bus…

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En Février 70, ce tour (au milieu duquel se place Tommy joué en intégralité, mais disponible uniquement sur la réédition) est rodé, c’est un spectacle qui tourne. Il a été joué à Woodstock, il le sera à l’île de Wight. Comme s’ils savaient ce qui allait arriver, les Who ont enregistré leur unique album live (certes, il y a le mini album Magic Bus, mais bon… Et le live in Toronto 1982 ne compte pas… D’ailleurs ne l’achetez pas c’est un conseil. Ne le téléchargez pas non plus, c’est même pas la peine) à leur apogée, comme au courant des drames qui allaient suivre : L’alcool, la drogue, la dépendance, les opéra rock à concepts ridicules et, pire que tout, les synthétiseurs.
 
Mais bon, il reste le Live at Leeds. Pour se rappeler qu’au-delà d’un style musical ou vestimentaire, d’un comportement, ou encore d’une manière de vivre, le Rock n’ Roll est avant tout une formidable source d’énergie. Renouvelable, en plus.
 
 

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commentaires

Guic' the old 18/02/2008 22:38

Attends Eric, quand même... On est à 82.5% d'accord sur les Who,n tu vas pas laisser les Stones gacher ça!! Non?

Eric 17/02/2008 18:27

Je suis d'accord avec toi à 200% : Who's Next est le premier mauvais  album des Who. Hormis ces trois morceaux, on s'y ennuie quand même pas mal.Je comprends qu'on puisse considérer que les Who soient un groupe à  best of, étant donné que la plupart de leurs singles les plus célèbres sont sortis hors album : "Can't Explain", "Substitute", "Pictures Of Lily", "Magic Bus", "Happy Jack", "Anyway Anyhow Anywhere"...Par contre, leurs albums sont quand même assez complets pour qu'on puisse parler de grands disques : My Generation n'est ni plus ni moins que la Bible mod, The Who Sell Out est un des plus grands albums psychédéliques des années 60, LE disque qui fait la jonction entre rock psyché (Beatles, Pink Floyd) et freakbeat (The Creation, The Move). Bon ensuite je conçois qu'on aime moins Tommy (un peu longuet, imparfait) et A Quick One, un peu léger.D'accord aussi pour "A Quick One" : la version Rock'n'roll Circus est de loin la meilleure. Quelle claque !Je te suis moins pour les Stones : groupe à singles? Hum...

Pyrox 08/02/2008 00:41

sticky fingersexile...let it bleedbeggar's banquet+ qq livepour les who je sais pas, je t'ai pas encore piqué leur best of ^^

Guic' the old 07/02/2008 14:19

Alors, ça, je savais que j'allais me prendre dans les dents celui là...Bon, le truc c'est que les Stones ont pas vraiment d'album qui s'écoute entier, en tant qu' album... selon moi, sauf Exile et quelques autres de période 68 - 73. Mais d'un autre côté, un VRAI best of des Stones devrait contenir 100 titres au moins.Mais de meme, les Who ont leur album, en l'occurence Who sell out . La preuve, t'en trouves jamais aucun titre sur leurs Best Of... Si c'est pas une preuve ca.

Pyrox 06/02/2008 17:31

ah non, je m'insurge!!les Stones ne sont pas un groupe à best of! Enfin dans leur jeunesse s'entend...d'ailleurs, c'est bien beggar's banquet dans ta banderole?